ACIREPh

La guerre des Programmes, 1975-2005

Documents rassemblés par S. Cospérec

Avis du conseil national des programmes sur le projet de programme de philosophie

Conseil national des programmes Séance du 27 mars 2001

Le Conseil national des programmes a examiné, lors de sa séance plénière du 13 mars 2001, la nouvelle version du projet de programme de philosophie pour les classes terminales des séries générales présenté par le Groupe d'experts après la consultation nationale des professeurs.

Le CNP constate que les observations formulées à l’occasion de cette consultation ont été très largement prises en compte dans le projet modifié qui lui a été soumis. Le texte de présentation ainsi que les recommandations sur l’apprentissage de la dissertation mettent davantage l’accent sur la spécificité de la réflexion philosophique que sur sa dimension argumentative. La liste des notions a été révisée dans le sens souhaité d'une dissociation de certaines notions afin d'atténuer l’impression de trop grande détermination du traitement qui aurait pu en être fait : c'est ainsi que les items langage et communication et liberté et déterminisme ont disparu.

Les questions sont désormais conçues comme des questions d'approfondissement pour insister encore davantage sur l'unité du programme. Chacune, correspondant à un ensemble structuré de concepts fortement ancrés dans les traditions philosophiques, est précisée par deux items au lieu des trois prévus dans le projet initial. Cette réduction répond à l'objection, formulée dans la consultation, d'une lourdeur excessive en regard des nouveaux horaires de philosophie.

Les énoncés des questions et leurs items ont été modifiés afin d'éviter tout soupçon de référence à des courants philosophiques particuliers. Pour chaque question, le premier item est centré sur la culture philosophique et historique, le second sur les résonances philosophiques de ces questions dans l'actualité. Chacune de ces orientations ne peut être réduite ni à une question de cours (sans histoire de la philosophie aujourd'hui devenue "problématique", Cet enseignement serait dénué de sens), ni à un asservissement à la mode ou aux thèmes médiatiques (on ne peut dénier à. la philosophie la possibilité de parler au "présent"). Le CNP estime que la présence de ces items dans le programme est tout à fait justifiée ils sont l'occasion de donner des repères communs à tous les élèves et permettent de préciser le cadre des sujets de baccalauréat.

Le CNP unanime rappelle de manière solennelle qu'un programme national doit définir un cadre commun. Il s'étonne du refus qu'opposent certains à la volonté, pourtant très limitée, du Groupe d'experts de déterminer quelque peu les contenus d'enseignement cette "exception philosophique" n'est pas imaginable dans les autres disciplines. De plus, tous les membres du CNP ont manifesté leur réelle préoccupation face aux résultats de l'épreuve de philosophie au baccalauréat. Dans létat actuel de la diversité des options philosophiques contemporaines, de telles positions risqueraient de rendre l’enseignement de la philosophie si flou, ses attentes si imprécises, son évaluation si problématique, qu'il en sera de plus en plus menacé, ce qui est déjà très largement le cas dans l’esprit de beaucoup de parents et d'élèves.

Dans l'idéal, le CNP aurait préféré un programme plus déterminé avec des références plus affirmées à une culture philosophique commune mais, compte tenu de l'état actuel de la consultation, il émet un avis favorable au projet qui lui est soumis en insistant très fortement pour que le programme n'aille pas dans le sens d'une plus grande indétermination.