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"Faut-il réformer la philosophie?" Vous avez quatre heures... Dépêche AFP - 12 juillet 2010 - 14H01
Suite des réactions après la publication du Rapport de l’Inspection Générale par l’ACIREPh… ! [ndlr : l'AFP rend compte d'une manière assez équilibré et juste des diverses positions sur cette question ; mais relevons deux choses : l'AFP a interrogé l'APPEP... mais elle n'a pas cherché à nous contacter, bien que que ce soit l'ACIREPH qui ait relancé le débat. De même quand l'AFP dit que le rapport a été "publié récemment sur plusieurs sites internet de professeurs", d'abord cela ne veut pas dire grand chose ("site de professeurs ?"), ensuite, c'est tout simplement faux... c'est bien l'ACIREPh qui a sorti le Rapport dérangeant ! ]
AFP - Même si elle reste la discipline reine du baccalauréat, la philosophie apparaît fragilisée, prisonnière de son image élitiste et confrontée aux difficultés du lycée à s'adresser au plus grand nombre.
"Doit-on réformer l'enseignement de la philosophie?" Cela pourrait sans doute constituer un sujet d'examen tant cette question divise les professeurs de terminale.
Un rapport d'un ancien doyen de l'inspection générale de philosophie, remis au ministère de l'Education en 2009 et publié récemment sur plusieurs sites internet de professeurs, sur l'état de l'enseignement, dresse un constat parfois alarmant et se conclut par un avertissement solennel: "L'enseignement philosophique se trouve à la croisée des chemins. Il se perdra si (...) il refuse de changer sa manière d'être, c'est-à-dire sa manière d'enseigner". Spécificité française, cet enseignement en terminale a fleuri dans le contexte "particulièrement élitiste du lycée général du milieu du XXe siècle", rappelle le rapport, et doit désormais relever le défi de l'élargissement du lycée au plus grand nombre et de la démocratisation.
Une partie des professeurs, rassemblés au sein de l'Association pour la création d'instituts de recherche sur l'enseignement de la philosophie (Acireph), attirent l'attention sur une matière "en panne". "Un grand nombre d'élèves (...) ne parviennent pas à tirer un réel profit de l'enseignement de la philosophie tel qu'il leur est actuellement dispensé", est-il expliqué dans leur "Manifeste pour l'enseignement de la philosophie". D'après l'Acireph, pour que la "philo" reste "une matière vivante", elle doit tout simplement assumer sa dimension scolaire. Objectif: offrir une culture philosophique aux lycéens à partir d'un programme précis, au lieu de fixer des finalités trop vagues comme "penser par soi-même" ou "développer un esprit critique". Mais tous les enseignants ne partagent pas cette inquiétude. Du côté de l'Appep (Association des professeurs de philosophie de l'enseignement public), on rappelle que le programme actuel a été accepté par "80 à 90% des professeurs". [ce qui est un énorme mensonge !, ndlr]
"C'est un programme de notions. On étudie le bonheur, la justice, le travail... pour permettre aux élèves de passer d'une simple opinion sur ces notions à un raisonnement qui se justifie, que l'on peut confronter aux idées de grands auteurs", explique son président Simon Perrier. Cette année, la série S a par exemple dû plancher sur la question: dépend-il de nous d'être heureux? Pour M. Perrier, il n'y a pas urgence à réformer la philosophie. "Les difficultés sont celles de l'école. On réussit avec les élèves qui sont bons dans les autres disciplines et on échoue avec ceux qui sont en difficulté dans les autres matières. C'est une matière exigeante, reconnaît-il, mais il n'y a pas plus de problèmes qu'en histoire ou en français. En anglais par exemple, après sept années d'étude, le niveau n'est pas terrible. Pourquoi on s'attaque à nous?"
Les deux associations se retrouvent néanmoins sur la nécessité de faire évoluer l'épreuve du bac pour les classes technologiques où les difficultés sont "criantes" selon l'Acireph. De fait, quelle que soit leur série, chaque candidat doit choisir entre deux sujets de dissertation et un commentaire de texte, une épreuve ardue pour ces élèves, qui représentent environ un quart des lycéens de terminale. Une refonte des programmes de terminale est prévue pour la rentrée 2012, mais aucune indication n'a été fournie sur l'enseignement de la philosophie. Sollicité par l'AFP, le ministère n'avait pas fait de commentaire lundi.
France 24 : http://www.france24.com/fr/20100712-faut-il-reformer-philosophie-vous-avez-quatre-heures |