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A.c.i.r.e.ph. Association pour la Création d'Instituts de Recherche sur l’Enseignement de la philosophie ___________________________________
Développer une réflexion ouverte sur les pratiques d’enseignement.
Prendre en compte les évolutions de notre métier.
Agir pour renouveler l’enseignement de philosophie
Si vous partagez ces ambitions,
Assemblée générale 2010 samedi 20 mars 14h00 - 18h00 Maison des Associations du 3ème arrondissement 5, rue Perrée, 75003 Paris (métro Arts et Métiers, temple ou République, juste derrière vla Maireie du 3ème) Thème d'étude de l'association pour 2010-2011 : la progressivité
Thème d'étude de l'association pour 2010-2011 : la progressivité
L’ENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE AU LYCÉE : ENCORE UNE NON-RÉFORME ! Dans le nouveau lycée qui nous attend en principe à la rentrée 2010, rien ne change pour la philosophie. Pourtant, la conclusion du rapport de l’Inspection générale sur L’état de la philosophie en 2007-2008 était claire : "l'enseignement philosophique se trouve à la croisée des chemins", "vraisemblablement il se perdra s'il (…) refuse de changer sa manière d'être c'est-à-dire d'enseigner". Comment pourrait-on, dans ces conditions, se réjouir du maintien du statu quo, dont l’enseignement de la philosophie souffre depuis trop longtemps déjà ? Cette réforme déclare changer l’économie générale du lycée : faire découvrir des enseignements de spécialité dès la seconde, distinguer entre un tronc commun et des options d’approfondissement. Toutes les matières sont redistribuées en fonction de ces nouvelles dénominations (dont on peut craindre qu’elles n’aient aucun effet réel, ou critiquer l’intention et l’esprit, mais c’est un autre problème). Or la philosophie reste la seule discipline, immuable, la seule dont les horaires ne sont pas redéfinis, même de manière formelle, qui ne peut être ni « découverte » en seconde, ni « approfondie », ni faire l’objet d’un tronc commun… Pourquoi ? Manifestement pour ne pas s’attaquer à cette conception passéiste de l’enseignement de la philosophie, dont les défenseurs ont fait échouer jusqu’ici toutes les tentatives de réforme. Plus qu’une conception, il s’agit d’un vieux fantasme : la philosophie discipline du couronnement, qui perdrait son âme si elle s’adaptait un tant soit peu aux réalités du lycée d’aujourd’hui, si elle acceptait de répondre aux besoins des élèves et aux exigences démocratiques de l’institution. Nous avons toujours combattu cette conception de l’enseignement de la philosophie, c’est encore elle que nous combattons à travers ce projet de réforme[1]. En effet, dans la réforme Chatel, il y a ce qui change subrepticement et de façon marginale : de fait, la suppression du dédoublement pour les élèves de Terminale S, qui n’était d’ailleurs qu'une concession tactique initialement octroyée aux professeurs de philosophie pour leur faire avaler la pilule de la réduction de l'horaire de 4 à 3 heures, mesure de compromis sans aucune intention pédagogique, qui s'est pourtant révélée suffisamment positive, là où elle a été appliquée, pour faire regretter qu'elle n'ait pas été étendue aux autres séries générales (ES spécialement). Et ce qui ne change pas… Dans le détail, une TL dont la nouvelle identité de « série d’excellence tournée vers l’international » ne justifie absolument pas l’horaire de 8h de philosophie obligatoire, qui ne manquera pas d’apparaître désormais de manière évidente comme une anomalie. Rien ne permet d’expliquer pourquoi les élèves de cette série auraient davantage besoin de philosophie que les autres (et dans quelle proportion) ! Et inversement pourquoi les élèves des autres séries en auraient moins besoin ! La philosophie demeure une discipline reléguée en dernière année de lycée et donc vouée à rester une matière entièrement déterminée par l’examen, alors même que son évaluation fait l'objet de critiques méritées. On aurait pu espérer que la philosophie soit enfin enseignée dès la Première, comme le réclament d’ailleurs les élèves et comme l’impose le bon sens ! La réforme annonce : « classe de détermination, la seconde devient un moment privilégié pour mieux découvrir toutes les voies et séries ». Comment expliquer alors que les élèves ignorent tout de cette discipline, et qu’elle ne fasse pas partie des matières « à découvrir », alors qu’elle reste de facto la matière principale de la série L ? Enfin, l’identité disciplinaire de la philosophie reste toujours aussi floue et génératrice de frustrations aussi bien pour les élèves que pour les enseignants: avec en particulier un programme de notions comme noyau… mou, la dissertation et l'explication de texte comme formes intellectuelles mal cadrées. Alors qu’on annonce des nouveaux programmes dans les autres disciplines, dans le fil de la réforme, le programme de l’enseignement de philosophie reste fidèle à ce qu’il était déjà il y a quarante ans… Si un véritable débat sur ces urgences de fond était ouvert, nous y défendrions : - un enseignement de la philosophie sur deux années (au moins), et donc son introduction dès la classe de première et pour tous les élèves ; - l'alignement de toutes les séries en terminale sur un horaire commun raisonnable ; - une transformation du programme et des épreuves, pour les rendre compatibles avec une formation et évaluation effectives ; - la participation de la philosophie à des travaux transdisciplinaires et interdisciplinaires : pour former les élèves à la maîtrise du raisonnement, de l'argumentation, de l'analyse et de la synthèse… ; mais aussi pour aider les élèves à comprendre "les grands enjeux du monde contemporain" (pour reprendre l'expression ministérielle) : les questions bioéthiques, les "droits de l'homme", pour ne citer que ces deux exemples, parmi beaucoup d’autres possibles, pour l’étude desquels l’enseignement de la philosophie serait fort utile. Pour être démocratique et réellement formateur, le lycée du XXIe siècle pourrait compter sur la philosophie. Malheureusement cette contribution risque de rester virtuelle. Non seulement les mesures annoncées n’améliorent pas la situation de l’enseignement de la philosophie, mais elles risquent de le rendre plus difficile encore, dans la mesure où elles ne l’intègrent pas dans l’ensemble du cursus des lycéens de manière cohérente. En rendant cet enseignement de plus en plus incompréhensible aux élèves, aux parents, et aux autres disciplines, en le marginalisant toujours davantage, on le condamne, à moyen terme. Et la France, qui le revendique comme son « exception », dans l’ignorance de ce qui se fait ailleurs, risque de le perdre alors que tant d’autres pays commencent à lui donner son véritable rôle. C’est incompréhensible. Et c’est désolant.
Journées d'étude de l'ACIREPh sur l'évaluation
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