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PARUTION des Actes du séminaire national 2009 Enseigner la philosophie, faire de la philosophie
COMMENTAIRE
L’incapacité du corporatisme braillard à penser l’avenir de l’enseignement de philosophie Ou l’extravagante histoire des coulisses d’un Colloque....
Chaque année, le baccalauréat rappelle cruellement cette triste réalité : l’enseignement de philosophie n’est pas aussi formateur qu’il prétend et pourrait l’être. Et cette année encore, il est certain qu’au palmarès des moyennes les plus basses, la philosophie sera de nouveau première. Beaucoup de professeurs de philosophie ne supportent plus cette situation. Certes, il y a la culture lacunaire des élèves, la pauvreté de leur lexique ou leur faible niveau en français. Mais c’est aussi la manière d’enseigner la philosophie, d’évaluer les élèves, les programmes et la place de la philosophie (et l’extension en 1ère ?) qu’il faudrait repenser. Or, en mars dernier, l’Inspection Générale de Philosophie, jusqu’ici réticente à un tel projet, décidait de réunir un grand nombre de professeurs lors d’un Colloque National pour faire le point sur l’enseignement de la philosophie et penser les conditions de son avenir. Des universitaires de renom acceptèrent d’y contribuer. On put entendre Jean-Luc Marion, Alain De Libera, Pascal Engel, Pierre Manent, Bertrand Saint Sernin. Excusez du peu ! Que croyez-vous qu’il arriva ? L'Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public - dont les positions très étroitement conservatrices sont bien connues - ne cessa de manifester sa prévention et son hostilité systématique à l'égard de ce Colloque ; et ce, par l'orchestration de toute une campagne de "rumeurs" et de procès d'intention tandis que ses seconds couteaux s'affairaient à empêcher la tenue du Colloque en exerçant des pressions sur le Comité scientifique chargé de son organisation. On poussa même le ridicule jusqu'à organiser un simulacre de manifestation (les 7 à 8 excités qui beuglaient en face de la Sorbonne laissèrent parfaitement indifférents les 300 participants) - dans l'unique but de prendre la posture - toujours payante - du "martyr" réprimé par le méchant "Pouvoir". Après quoi une lettre, véritable libelle de désinformation et d'intoxication, fut largement diffusée, reprise sur divers blogs, sans aucune vérification des prétendues "informations" au sujet de cette curieuse manifestation. La fraction la plus corporatiste de la profession s’employa donc par tous les moyens à faire échouer ce Colloque. Elle n’a de cesse, depuis, de le dénigrer, à l’exemple de cet article de Nicolas Franck intitulé « la mise au pas d’un enseignement critique » qui comme le fait observer Sylvain Reboul, n’est « qu’un plaidoyer totalement dépourvu d'argumentation sur le fond pour que rien ne change dans l'enseignement de philosophie dont on sait pourtant dans quelles contradictions il se débat ; ce qui précisément mérite un débat argumenté » (philosophie.blogs.liberation.fr/noudelmann/2009/04/la-philo-en-ter.htm). Nul doute que dans les prochains jours, une nouvelle campagne de cette Association et de ses affidés présentera, à coup d'amalgames, de citations fallacieusement tronquées et abusivement isolées du contexte, une caricature proprement ahurissante des Actes de ce Colloque. Les professeurs de philosophie s’y laisseront-ils prendre ? J’en doute. Ils savent l’incapacité du corporatisme braillard à penser l’avenir de l’enseignement de philosophie. C'est pourquoi nous mettons les Actes du Colloque sur le site de l'ACIREPh afin que chacun, disposant du texte authentique et intégral, soit en mesure, jugeant lui-même sur pièces, de faire usage de son propre entendement, sans que des "Tuteurs" prétendent diriger a priori sa lecture et conditionner ses réactions.
Nous nous félicitons de cette publication : 1° parce qu'elle met à disposition de tous les professeurs les Conférences de la première journée (Jean Luc Marion, Alain De Libera, Pascal Engel, Pierre Manent, Bertrand Saint Sernin) 2° parce qu'elle permet, à travers les ateliers de la deuxième journée, de prendre la mesure de la diversité et de la richesse des échanges entre les professeurs de philosophie lorsqu'ils se retrouvent pour réfléchir ensemble sur leur métier. Un dernier mot : nous remercions les collègues de l'APPEP d'avoir quitté le comité d'organisation de ce Colloque et d'avoir refusé, ensuite, d'y participer. La qualité du Colloque n'en a été que meilleure ; cela nous a aussi permis d'échapper à leurs jérémiades habituelles, à leurs discours stéréotypés et assommants sur la "vraie nature" d'un "enseignement authentiquement philosophique de la philosophie" (sic !) dont ces idéologues de la philosophie des "Maîtres" se proclament les vigilants et inamovibles procureurs.
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