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Dossier : La question des
programmes
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14 ans après,
le rapport
Bouveresse-Derrida n’a pas pris une ride
par Henriette
Saulnes
Les controverses autour des
projets Renaut et Fichant qui occupent le devant de la scène depuis plus
de 3 ans mettent aux prises deux conceptions différentes du programme de
philosophie en terminale : faut-il ou non le déterminer ?
faut-il qu’il explicite avec un minimum de précision les connaissances, la
culture et les compétences que doivent acquérir les élèves ?
Cette exigence de déterminer
le programme n’est pas une idée neuve : elle a été formulée pour la
première fois avec netteté dans le rapport Bouveresse-Derrida, il y a
maintenant 14 ans.
Étonnamment, ce rapport n’a
jamais fait l’objet d’un débat sérieux et argumenté.
D’abord, le Ministre auquel
il était destiné, Lionel Jospin, ne l’a jamais fait circuler. Aujourd’hui
encore, le texte intégral n’est accessible que comme annexe d’un fort
volume publié par Jacques Derrida en 1990 : Du droit à la
philosophie (Éditions Galilée). Autant dire que l’immense majorité des
professeurs de philosophie ne l’ont pas lu. Il est même probable que parmi
ceux qui ont moins de 40 ans, une bonne partie ignorent jusqu’à son
existence.
Ensuite, parce qu’un certain
nombre de responsables de la profession, qui lui étaient hostiles ont tout
fait pour qu’il soit discrédité, perçu comme une menace gravissime pour
l’identité même de l’enseignement de la philosophie, et par conséquent
rejeté avant même d’avoir été lu.
Une politique et un état des
lieux
Rappelons quelques faits.
A la différence des groupes
techniques ou d’experts qui lui ont succédé (Beyssade 1991-1993,
Lucien-Dagognet 1994-1997, Renaut 1999-2001 et Fichant depuis 2001), la
commission Bouveresse-Derrida n’a jamais été chargée de rédiger des
programmes. Le rapport qu’elle a remis en juin 1989 dresse, d’une part, un
état des lieux sans complaisance de la philosophie au lycée - en mettant
particulièrement l’accent sur les problèmes révélés par la correction des
épreuves du baccalauréat et sur la situation critique dans les séries
techniques -, et formule, d’autre part, le projet d’une nouvelle
politique de la philosophie qui, pour le dire en mot, la
désacralise : une politique qui en fasse non plus une discipline
d’exception, auréolée de sa présence initiatique dans la seule terminale
et de son refus de définir au bout du compte ce qu’elle enseigne, mais une
discipline fondamentale qui assume, comme toutes les autres, non seulement
la progressivité de son enseignement et de ses apprentissages, mais aussi
son caractère scolaire et donc les règles d’un véritable
programme.
Deux propositions, entre
autres, découlent de ces analyses.
La première est de
désenclaver l’enseignement de philosophie de la seule année de terminale
(qui est de surcroît une année d’examen) en instaurant un véritable cycle
d’enseignement : initiation en première, formation en terminale,
approfondissement dans l’enseignement supérieur. A cet égard, la mesure
phare est l’introduction en première d’un enseignement de philosophie
articulé aux autres disciplines - sciences exactes, sciences humaines,
lettres et langues - : la philosophie n’est plus pensée comme
couronnement ou comme récapitulation réfléchissante des études, mais comme
accompagnement des autres disciplines et lieu de leur mise en relation,
devant aider l’élève à donner un sens, une unité et une dimension critique
à sa culture à mesure qu’il l’acquiert.
La seconde proposition est
de modifier profondément la structure du programme en articulant notions,
distinctions conceptuelles et problèmes de façon à être certain que
l’élève, à l’examen, ne sera évalué qu’à partir de ce qu’il a pu
effectivement apprendre en classe ; faute de quoi, ce sont les
capacités acquises à l’extérieur de l’école qui deviennent déterminantes,
capacités dont chacun sait qu’elle ne sont pas les mieux partagées
socialement. (La commission Bouveresse-Derrida, précisons-le, était en
réalité la branche « philosophie » d’une commission plus vaste,
présidée par Pierre Bourdieu et François Gros, et chargée de concevoir les
principes d’une réforme globale de l’enseignement au lycée qui assure les
conditions effectives de sa démocratisation.) Les modifications proposées
aussi bien pour les programmes que pour le déroulement du bac sont
exposées dans leur détail dans ce même numéro de Côté philo (voir
Les projets de programme depuis 15 ans). On peut évidemment
discuter de leur pertinence, mais l’exigence pédagogique et démocratique
qui les sous-tend est sans équivoque.
Le débat n’a pas eu
lieu
Quelques mois plus tard,
alors que le ministère n’a toujours rien fait pour rendre ce rapport
public, commence à circuler une pétition : elle ne cite pas une seule
ligne du rapport, elle ne mentionne qu’une partie des mesures proposée,
sans faire état des arguments qui les justifient, mais elle appelle les
professeurs de philosophie à s’y opposer. Cette pétition, qui finira par
revendiquer 1500 signatures, émane d’un Collectif pour l’Enseignement
philosophique, créé pour la circonstance et animé par Françoise Raffin et
Henri Pena-Ruiz. Après 10 ans d’inactivité complète ou d’hibernation
totale, le même collectif, avec les mêmes responsables, resurgira soudain
pour lancer contre le projet Renaut une pétition bâtie exactement sur le
même modèle. Ce collectif, purement réactif, n’a jamais apporté à la
réflexion collective des professeurs de philosophie la moindre suggestion
nouvelle.
Comme le fait observer
Derrida à l’époque, attaquer un rapport de ce genre, « c’est un peu
comme si on lançait des invectives [et] invitait à descendre dans la rue
contre une réflexion. Invectiver, dénoncer et faire signer une pétition là
où il s’agit de discuter des propositions ou de faire des
contre-propositions, être incapable de le lire et de reconnaître le statut
d’un tel texte, c’est donner un exemple désastreux, qu’il s’agisse de
philosophie ou de politique. » (Libération,
25-11-90)
Le climat devient vite
violent et haineux, rendant impossible tout véritable débat. Certains
membres de la Commission se font traiter de « collabos ». Au
cours d’un débat au Collège international de philosophie, on leur demande
combien ils ont été payés. Lors d’une séance de la Société française de
philosophie, un inspecteur général honoraire les accuse de collusion avec
un ministère qui, depuis 15 ans et quelles que soient les alternances
politiques, aurait pour idée fixe de réduire ou de supprimer
l’enseignement de la philosophie. Ce procédé est bien connu de ceux qui
dénoncent aujourd’hui l’Acireph comme « une officine
ministérielle » sous prétexte que certaines de ses analyses
coïncident avec celles du Conseil National des Programmes. Ceci dit, il
faudra bien un jour s’interroger sur les conditions culturelles et
institutionnelles qui rendent possibles de telles réactions (on n’ose pas
dire « arguments ») dans notre profession. Comment se fait-il
qu’y soit immédiatement dénoncé comme traître tout professeur de
philosophie qui ose être d’accord avec un ministre quand celui-ci estime,
par exemple, que la démocratisation de l’enseignement exige qu’un
programme, même de philosophie, prenne la forme d’un contrat clair avec
l’élève ? Quelles idées de l’école, de la démocratie, de la
république et de la philosophie circulent parmi nous pour que ces
automatismes sectaires et ces amalgames de basse politique y aient
cours ?
Quoi qu’il en soit,
l’opération ne réussit que trop bien et le rapport fut enterré. Mais,
comme on pouvait s’y attendre, le constat qu’il dressait et les questions
qu’il soulevait font régulièrement retour chaque fois que la question des
programmes revient sur le tapis. Comme si, empêchée d’être lucide sur
elle-même, notre profession était condamnée depuis 14 ans à répéter
névrotiquement cet épisode traumatique.
« Il vaut toujours
mieux savoir... »
Nous publions ci-dessous un
long extrait du rapport Bouveresse-Derrida où les auteurs justifient un de
leurs principes : qu’il faut « spécifier d’une manière bien plus
rigoureuse les exigences à l’égard des élèves ». On pourra faire sans
peine deux constations.
1. Ce diagnostic n’a pas
pris une ride : pas une phrase qui ne pourrait être écrite
aujourd’hui. Les auteurs peuvent être satisfaits d’avoir vu juste. Mais
nous devrions tout de même nous inquiéter de notre
immobilisme.
2. Tous les arguments qu’on
oppose aujourd’hui à l’exigence de détermination - entre autres, la
prétendue opposition entre apprendre la philosophie et apprendre à
philosopher, le spectre du bachotage et celui de la question de cours -
sont discutés avec soin. Il est par exemple souligné que restituer et
réutiliser intelligemment, c’est déjà penser. (Et que faisons d’autre à
longueur de cours et de corrigés ?) Mais il semble que ces
clarifications et ces nuances n’ont pas été lues puisque nous continuons
de subir des discours manichéens qui ne voient d’alternative qu’entre le
psittacisme et la génialité, entre la pensée sans rivage et le
QCM.
Comme le faisait observer
Derrida, contre ceux qui s’indignaient que le rapport propose qu’une
partie de l’épreuve du bac porte sur des connaissances, « il vaut
toujours mieux savoir qui est l’auteur du Contrat Social ou qui a
parlé d’"attraction universelle" ! Cela vaut mieux en général, cela
vaut mieux pour la philosophie. Il faut tout faire pour que cela se sache,
sans chercher à ridiculiser cette exigence de savoir et sans tourner en
dérision ceux qui la soutiennent. Il y a pour dispenser et vérifier ce
savoir d’autres moyens que les "pense-bêtes" Qui a jamais appris le latin
en apprenant les déclinaisons latines ? Mais il faut les connaître,
en particulier si l’on veut apprendre à lire le latin et maintenir
l’esprit critique dans la lecture des textes écrits en latin. Je ne sais
pas ce que peut être un esprit critique allégé de savoir et qui
s’exercerait sans savoir. » (Ibid.)
Si bien qu’on a envie de
faire une proposition : et si nos formateurs d’IUFM donnaient ce
rapport à lire et à discuter aux jeunes professeurs ?
Un extrait du rapport
Bouveresse-Derrida
Spécifier d’une manière bien
plus rigoureuse les exigences à l’égard des élèves.
"Le cours de philosophie est
en particulier, doit être en tout cas, le lieu de l’apprentissage de
l’exercice d’une pensée libre. C’est pourquoi les instructions qui
régissent aujourd’hui l’enseignement de la philosophie donnent au
professeur une entière liberté dans la manière de conduire son
enseignement, pourvu que celui-ci soit authentiquement
philosophique ; elles définissent en conséquence un programme de
notions, conçues non comme les titres de chapitres successifs, mais comme
des « directions dans lesquelles la recherche et la réflexion sont
invitées à s’engager », l’étude des notions étant « toujours
déterminée par des problèmes philosophiques dont le choix et la
formulation sont laissés à l’initiative du professeur ». Les
enseignants de philosophie sont tous très légitimement attachés à cette
liberté, garante du caractère réellement philosophique de leur
enseignement qui, s’il doit évidemment fournir de solides connaissances en
matière d’histoire de la philosophie et de sciences humaines, ne saurait
s’y réduire.
Cette conception, qui a
trouvé son expression la plus claire et la plus ferme dans le réforme du
programme de 1973, ne saurait à nos yeux être remise en cause.
Mais, tous les témoignages
que nos avons réunis le montrent, l’application de cette conception,
notamment au moment de l’épreuve du baccalauréat, conduit à une série de
dérives, dont les effets négatifs se sont déjà fortement fait sentir dans
les classes terminales, et qui risquent, à terme de déconsidérer et de
remettre en cause l’enseignement de la philosophie au lycée.
Le souci légitime, autrement
dit la bonne intention, d’échapper à la simple question de cours
conduit :
- à ce que des questions
d’une extrême diversité puissent être posées sans que les élèves aient eu
matériellement la possibilité de s’y préparer efficacement ;
- à ce que le lien de ces
questions avec le programme soit suffisamment oblique pour que les élèves
soient contraints d’inventer de toute pièce le cadre même de leur
réflexion, ce qu’on ne saurait raisonnablement exiger d’un élève moyen de
terminale ;
- à ce que la formulation
des questions elles-mêmes soit souvent si énigmatique que la plupart des
élèves sont hors d’état d’identifier simplement le problème posé ;
- à ce que le sens
philosophique des textes soumis au commentaire, indépendamment de tout
contexte, de toute référence, de toute question (et souvent dans une
langue qui, de fait, qu’on le veuille ou non, est difficilement accessible
aux élèves actuels) soit rigoureusement hermétique à la plupart des
candidats.
Bref, les conditions
actuelles de l’épreuve du baccalauréat supposent de la part des élèves une
capacité rhétorique et une culture générale largement supérieures à ce qui
peut être raisonnablement demandé aux élèves de terminales. Plutôt le
genre de dispositions qu’on exige traditionnellement des
khâgneux.
Un tel fonctionnement est
désastreux quand 40% des élèves d’une classe d’âge passent le bac. S’il
devait se perpétuer quand 60 % ou 80 % y auront accès, il serait tout
simplement suicidaire pour l’enseignement de la philosophie dans le
secondaire.
Les conséquences de cette
situation sont bien connues des professeurs :
- désarroi des élèves,
sentiment d’impuissance et impression que l’épreuve de philosophie au bac
est une « loterie » (voir « La loterie philosophique »
dans Le Monde de l’éducation, avril 1989).
- découragement et forte
dévalorisation de la philosophie dans les sections scientifiques notamment
(pour ne pas parler du technique) ;
- bachotage des élèves les
plus sérieux qui ont besoin de se rassurer et qui pour se préparer à
l’impréparable voient dans les notions du programme, contrairement à son
esprit, les têtes de chapitre d’un cours à remplir, puis se ruent sur
toutes sortes de manuels ou fascicules de plus ou moins bonne qualité, qui
tous traitent le programme chapitre par chapitre ;
- mise en difficulté des
enseignants comme professeurs, partagés qu’ils sont entre le souci de
former les élèves à la réflexion et les contraintes du bachotage ;
- mise en difficulté des
enseignants comme correcteurs, puisque la plupart des copies ne satisfont
ni aux exigences minimales de la dissertation ni à celle d’une devoir de
philosophie ; la moyennes sont trop faibles (anormales pour un
examen), et la notation devient passablement aléatoire. Il n’est pas
normal que des élèves simplement moyens, ayant sérieusement travaillé, ne
soient pas assurés d’obtenir une note avoisinant la moyenne.
Il est nécessaire que les
instructions officielles déterminent avec une précision suffisante les
compétences qu’on sera en droit d’exiger des élèves à la sortie de
terminale. S’il est vrai que tout enseignement philosophique doit
contribuer à former les élèves à l’exercice d’une réflexion personnelle,
on ne saurait pour autant les mettre en situation d’avoir à construire une
problématique sur des questions avec lesquelles ils n’ont pas été
directement familiarisés auparavant, ou avec lesquelles le cours suivi
durant l’année n’a qu’un rapport oblique ; ni en situation d’avoir à
proposer une réponse à un problème philosophique donné sans qu’on soit
assuré qu’ils ont pu durant l’année étudier sérieusement des doctrines et
des théories qui constituent des solutions appropriées à ce
problème ; ni en situation d’avoir à entreprendre la reconstitution
hypothétique de la pensée d’un philosophe qu’ils ne sont pas censés
connaître à partir de vingt lignes coupées de tout contexte.
Un élève n’a pas à être
original, ni à tirer de son propre fonds ce qu’on ne lui a jamais
appris ; il n’est pas un philosophe en herbe ou en penseur en germe.
Savoir reconnaître dans un
texte un problème philosophique déjà rencontré, pouvoir reproduire de
manière pertinente des idées et des arguments préalablement étudiés, être
capable d’établir un lien entre une idée philosophique connue et un
exemple tiré de sa culture personnelle : ce sont là des capacités
éminemment philosophiques, constitutives d’une aptitude à la réflexion, et
en outre susceptibles d’être méthodiquement acquises et sérieusement
évaluées.
A cet égard, la formule
« apprendre à penser par soi-même » à quoi l’on résume souvent
l’ambition de notre enseignement, est pour le moins ambiguë :
- son indétermination semble
autoriser à poser toutes sortes de sujets auxquels les élèves n’ont pu
être directement préparés et qui supposent de leur part bien autre chose
qu’une application intelligente de connaissances acquises ;
- sa radicalité met les
élèves devant une tâche impossible et produit un désarroi qui s’exprime
aussi bien par la recherche de recettes que par le renoncement ;
- sa généralité, quoique
justifiée à bien des égards, rend hasardeuses les tâches de correction et
d’évaluation, et met fort mal à l’aise le professeur qui veut préparer
sérieusement ses élèves aux épreuves de l’examen.
Quoiqu’on pense de la phrase
kantienne selon laquelle on n’apprend pas la philosophie mais à
philosopher, et quelle que soit l’interprétation qu’on en donne, cette
formule ne peut servir à justifier la situation actuelle où, à traiter les
élèves comme de petits philosophes, on finit par ne plus trouver de
philosophie dans leurs travaux. Qu’on parle d’apprendre à philosopher ou
d’apprendre la philosophie, il s’agit toujours d’apprendre et on doit donc
pouvoir déterminer avec une précision suffisante, comme dans toute autre
discipline, les savoirs et les compétences exigibles.
Il est étrange à cet égard
que l’épithète « scolaire », dans l’enseignement secondaire en
général et dans celui de la philosophie en particulier, soit devenue
systématiquement péjorative. La hantise du scolaire ne conduit-elle pas
souvent à des sujets démesurément ambitieux et à des exigences
insensées ?
Que la nature d’une épreuve
d’examen ou que le travail remis par un élève soient
« scolaires » n’est pas une qualité qui devrait conduire à les
discréditer. Que demander à un examen sinon de permettre de contrôler
qu’un certain nombre de connaissances et de compétences ont été acquises
grâce à l’école, c’est-à-dire scolairement ? Que demander à un élève
sinon qu’il soit en mesure de restituer correctement et d’utiliser
intelligemment un certain nombre de connaissances et de modes de
raisonnements scolairement assimilés ? Le mépris généralement affiché
à l’égard des questions de cours ne se justifie nullement si par
« question de cours » on entend non pas des incitations à
réciter ce qui a été dit en cours, mais simplement des questions avec
lesquelles on s’est familiarisé et à propos desquelles une réflexion a
déjà été engagée.
Il convient, nous
semble-t-il, de réhabiliter le « scolaire » qu’on ne saurait
confondre avec le bachotage. Le bachotage, c’est l’accumulation
superficielle et hâtive de connaissances destinées à faire illusion le
jour de l’examen. L’apprentissage scolaire, c’est ce qui rend capable de
reproduire et d’utiliser à bon escient des concepts et des distinctions
qu’on n’a pas nécessairement inventés, de reconnaître des problèmes et des
idées qu’on a déjà rencontrés. Si certains élèves sont de surcroît
originaux, créatifs, cultivés et brillants, tant mieux. Mais un
enseignement philosophique n’a pas à rougir d’être et de se reconnaître
scolaire."
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