Dossier : La question des programmes     

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Programmes : la réforme impossible ?

Nous présentons dans ce premier numéro un dossier sur la difficile, - ou ne faut-il pas dire l’impossible -, réforme de l’enseignement de la philosophie dans les classes terminales des lycées. Ce sont maintenant quinze années de péripéties, de brouilles, de querelles et d’invectives parfois violentes, qui amènent une partie grandissante de la profession à un sentiment de grande lassitude, exprimant le désir qu’on en finisse et que chacun puisse enfin travailler tranquillement dans ses classes avec ses élèves dans un semblant de paix retrouvées. Dans le même temps, cette agitation et les formes parfois extrêmes et grandiloquentes qu’elle a pu prendre, cette incapacité de la profession à se réformer, inquiètent et irritent ceux qui à des titres divers, à commencer par les parents d’élèves, attendent de l’enseignement de la philosophie une évolution sérieuse et responsable.

Pourquoi revenir encore une fois sur ces péripéties, au risque d’en rajouter à cette lassitude et à cette irritation ?

Nous avons choisi de courir ce risque : si l’enseignement de la philosophie doit continuer de tenir une place importante dans la formation des élèves, et aujourd’hui d’une proportion incomparablement plus importante que jadis, il est essentiel que chacun puisse disposer d’éléments qui éclairent la situation présente, pour être à même de comprendre la nature et l’histoire de cet enlisement.

Pour cela, nous avons choisi trois perspectives :

Tout d’abord la présentations des éléments de ce dossier : les cinq projets de réforme qui se sont succédés en quinze ans.

Ensuite, le retour sur le premier épisode de cette histoire, le "Rapport Bouveresse-Derrida", nous a paru doublement éclairant. D’une part, le récit de l’opposition à laquelle il s’est heurté, de la façon dont le débat a été confisqué, la réflexion collective interdite, nous ramène à notre présent le plus immédiat. D’autre part, ce rapport est aujourd’hui à la fois ignoré et introuvable. Nous en présentons des extraits, convaincus que ses analyses et ses propositions sont maintenant encore du plus vif intérêt.

Enfin, à l’autre bout de cette histoire, nous publions une analyse du dernier projet, que l’on retiendra peut-être un jour sous le nom de "Fichant 2" : celui-ci se veut être un texte de compromis permettant de sortir de la crise. Il n’est qu’une fausse fenêtre, proposant les aspects les plus rétrogrades du programme de 1973.

Ce dossier sera peut-être perçu comme un retour sur les ombres et les spectres qui longtemps encore risquent de hanter la profession. Il sera aussi, nous l’espérons une pièce dans le débat permettant la construction d’une réflexion collective.

A chacun de la poursuivre...

© Côté Philo

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