Propositions de l’ACIREPH pour un enseignement de philosophie en classe de 1ère

 

 

 

 

MANIFESTE POUR L’ENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE

 

Neuvième chantier :

Sortir l’enseignement de la philosophie de son enfermement en terminale.

 

L’enseignement de la philosophie étouffe en terminale ; l’avenir de l’enseignement de la philosophie passe par son extension en amont et en aval.

Pour des raisons purement historiques, l’enseignement de la philosophie occupe, dans l’institution scolaire française, une position d’exception : installé en classe terminale et dans cette seule année, assuré par un enseignant qui restera à jamais, dans la plupart des cas, l’unique professeur de philosophie rencontré par chacun dans sa vie, il est toujours conçu, même si on n’ose plus guère employer cette expression, comme le “ couronnement ” des études secondaires. Or cette position est loin d’avoir les effets bénéfiques qu’on lui suppose. Au lieu d’être une année marquante et réellement formatrice, elle est en réalité le plus souvent une parenthèse dans le cursus des élèves, parenthèse aussi vite refermée qu’elle a été ouverte : on se souvient d’un professeur charismatique et du sujet tombé au bac, mais il ne reste le plus souvent de la terminale ni culture ni savoir-faire philosophiques effectifs. Les professeurs de philosophie du supérieur le savent bien, et ils ne présupposent souvent aucun acquis déterminé chez leurs étudiants de classes préparatoires ou d’Université.

En réalité, l’enseignement de la philosophie souffre de son confinement dans la classe de terminale. Il ne peut y avoir de vraie formation à la philosophie si on ne reconnaît pas que, comme toutes les autres disciplines, son apprentissage demande du temps et doit être conduit selon une progression.

L’avenir de l’enseignement de la philosophie passe par son extension en dehors de la terminale. Extension en amont d’abord, c'est-à-dire au moins à partir de la classe de première : les élèves le demandent fréquemment, ce qui traduit l’inadéquation du modèle actuel d’une “ éclosion soudaine ” et le besoin qu’ils ressentent d’avoir du temps devant eux pour se former efficacement. Extension en aval, c'est-à-dire dans toutes les branches des études supérieures : l’enseignement en terminale prendrait ainsi un sens nouveau en devenant la base d’une formation qui se continuerait de manière diversifiée selon les études poursuivies.

Concevoir et mettre en œuvre les modalités de cette extension est sans doute l’un des chantiers les plus ambitieux et les plus neufs pour l’enseignement de la philosophie.