Communiqué du Comité Laïcité République

Paris le 27 novembre 2002

 

Après l'entreprise de démantèlement de l'unité républicaine que constitue la modification de l'article un de la Constitution, c'est encore la laïcité qui fait les frais d'une politique identique d'un gouvernement à l'autre.

On demeure effaré par la prolifération du tout-religieux qui envahit le discours politique et médiatique, jusqu'à forcer, comme on devait s'y attendre, les portes de l'école. Désireux de profiter de la vogue du religieux, des intellectuels décevants prônent l'enseignement de cet obscur et indéfinissable "fait religieux" comme panacée des "violences délinquantes et terroristes".

Sous couvert de reverdir le désert culturel de nos têtes blondes ou brunes, et sans égard pour la neutralité de l'école, il s'agit de redonner  une  place, non pas à l'ensemble des manifestations culturelles et spirituelles de l'humanité, mais aux trois religions du Livre et rien d'autre.

Le but inavoué est en fait d'offrir une tribune à la moins bien lotie des trois dans l'espace français et ce pour acheter une paix bien illusoire dans les banlieues. Inutile de préciser que les sicaires de la religion dite " dominante " sont déjà sur le pied de guerre pour forcer la brèche ouverte par les pouvoirs publics.

Monsieur le Ministre délégué a récemment déclaré que cet enseignement devra être  "critique" et "totalement laïque", afin d'éviter un retour de "Dieu à l'école". Saura-t-il  rappeler à Monsieur le Recteur d'Auvergne (et ses collègues d'autres académies) qu'organiser des journées de formation en étroite collaboration avec un Institut théologique viole le principe de laïcité ?

C'est dans le même esprit qu'une récente note ministérielle accorde des jours de congé dérogatoires aux fidèles d'un nombre restreint de religions, au mépris le plus total d'une foule de croyances non recensées et, cela va de soi, des incroyants, des athées, des agnostiques et des non-pratiquants. Comment les bénéficiaires possibles de ces journées prouveront-ils leur droit à ces congés ? Par une mention particulière sur leur carte d'identité ? Par le reçu de leur participation à l'impôt du culte ?

 Avant  de déplorer les conséquences désastreuses de cette politique pour la paix civile, le Comité Laïcité République rappelle que la neutralité de l'État, et au premier chef de l'école, est le plus sûr garant du respect des croyances individuelles, que le retour à un enseignement solide de la discipline Histoire, sous toutes ses formes - politique, sociale et religieuse - est la meilleure façon d'éclairer les consciences et que les humanités - sciences, lettres et arts - élargies à toutes les productions de l'intelligence humaine sont le meilleur moyen d'unir les individus au-delà de leur diversité.

 

Le Bureau National