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Qu’est-ce que l’Acireph ?
L’Acireph a été crée en 1998 par des professeurs de philosophie conscients du fait que l’enseignement de philosophie tel qu’il est défini actuellement est, pour de multiples raisons, impraticable ; que sa situation se détériore profondément d’année en année ; que la traditionnelle défense-de-la-philosophie n’a jamais su organiser que sa propre retraite, murmurant ses protestations ou sollicitant d’inutiles entrevues dans les ministères depuis plus de cinquante ans. L’Acireph travaille à créer les conditions d’une extension et d’une transformation de l’enseignement de philosophie en ouvrant des débats, en diffusant les idées, les expérimentations, en organisant périodiquement des rencontres où les professeurs de philosophie peuvent échanger leurs idées, analyser en commun les difficultés, découvrir ou confronter leurs pratiques, dans un esprit pluraliste, sans tabou, sans autoritarisme et sans prétention à détenir ce qui serait LA vérité de l’enseignement de philosophie. Parce que l’Acireph soutient que l'enseignement de la philosophie peut et doit être rénové dans ses contenus, ses pratiques et ses finalités, afin de le rendre plus vivant, plus créatif et surtout plus formateur, elle est régulièrement attaquée par les conservateurs de tout poil, ceux qui, par exemple, ont tout fait pour empêcher l’extension de l’enseignement de philosophie en première en s’y opposant purement et simplement ou en posant des conditions telles qu’ils savaient qu’elles seraient refusées…
Quelques unes des idées dont nous débattons et qui nous valent de furieuses attaques : - réformer immédiatement l’enseignement de philosophie dans les séries technologiques, càd repenser ses contenus, ses pratiques, ses exercices et ses conditions - commencer la philosophie dès la 1ère ; mettre ainsi en place un véritable cursus permettant une progressivité et « donnant de l’air » à un enseignement qui étouffe dans l’étroite année de Terminale sur laquelle pèse l’examen final - repenser les épreuves du baccalauréat, notamment pour les séries technologiques ; instituer des rapports de jurys diffusés à tous, préciser les attentes, sortir des ambiguïtés sur l’interprétation de l’exercice sur texte, etc. - introduire un véritable apprentissage de l'argumentation philosophique - de remplacer les infaisables programmes de « notions » par des programmes de « problèmes », plus limités, plus précis, et tout simplement plus conforme à la philosophie. - assurer de meilleures conditions pour les apprentissages (dédoublement, travaux dirigés, diversification des pratiques et des exercices, etc…) Etc.
L’Acireph est à l’initiative d’un Manifeste pour l’enseignement de la philosophie qui dresse un état des lieux de la philosophie scolaire en France. Ce Manifeste dégage des objets de réflexion et de travail – dix « chantiers » - pour que la philosophie reste ou redevienne au lycée une discipline vivante et formatrice et déterminer les conditions de réussite de la démocratisation de l’enseignement de philosophie. Dix chantiers ouverts à tous ceux qui le souhaitent, pour élaborer un projet concernant aussi bien les finalités de l’enseignement de philosophie, que ses contenus, ses méthodes, la formation initiale et continue des professeurs. Historiquement, l'ACIREPh s’est créée en 1998, fédérant des professeurs venus de tous horizons (GREPh, GFEN, APPEP, etc.) convaincus qu’il fallait oeuver à une transformation positive de l’enseignement de philosophie pour en assurer le succès et la pérennité. La première revendication était la Création d’Instituts de Recherche sur l’Enseignement de la Philosophie (les IREPh – d’où le nom de l’association !) afin d’offrir aux professeurs de philosophie eux-mêmes des lieux de réflexion et de recherche où ils pourraient analyser collectivement les besoins de formation, inventorier les ressources, réfléchir aux pratiques d’enseignements, échanger leur expérience. A l’heure où l’on supprime la formation des enseignants, nous continuons à penser que la création des IREPHS est absolument nécessaire. Car à la différence des autres disciplines, les professeurs de philosophie sont le pus souvent isolés, ils ont peu de moyen de s'informer, de se former, ou tout simplement d'échanger leurs interrogations concernant le métier. En attendant … les professeurs réunis autour du projet de l’Acireph, ont décidé de créer ce site, pour mettre à la disposition de tous leurs collègues des informations, des ressources pédagogiques, des éléments de réflexion sur l’enseignement de philosophie, son histoire, etc. Construit dans un esprit collaboratif, le site évolue constamment. Si vous souhaitez participer à ce travail collectif, c’est avec plaisir que nous vous accueillerons.
Pour comprendre rapidement l'objet de notre association... voici un extrait de notre Manifeste pour l’enseignement de la Philosophie : « L’enseignement de la philosophie au lycée est en panne. Certes, il n’a jamais touché autant d’élèves qu’aujourd’hui et sa légitimité n’a jamais été mieux établie dans une société où la demande de philosophie, quelle que soit son ambiguïté, n’a jamais été aussi forte. Mais sa vitalité, sa capacité de renouvellement sont atteintes et les symptômes d’un dépérissement de la philosophie scolaire se multiplient. (…) * Les effectifs des terminales littéraires s’effritent d’année en année. (…) * Un grand nombre d’élèves — et pas seulement dans les séries technologiques — ne parviennent pas à tirer un réel profit de l’enseignement de philosophie tel qu’il leur est actuellement dispensé. (…) * Face à l’expression de nouvelles demandes et de nouveaux besoins, on enregistre dans la profession des réactions de frilosité et de crispation. (…) La philosophie est-elle encore formatrice ? Devant ces phénomènes de fragilisation, de sclérose et de désarroi, on peut se demander combien de temps encore la philosophie sera en mesure de justifier et de conserver sa place si particulière dans l’enseignement secondaire français. Et la question qui se pose est la suivante : A quelles conditions la philosophie au lycée peut-elle rester ou redevenir une discipline vivante et formatrice ? (…) Articuler philosophie et pédagogie On ne sortira pas l’enseignement de la philosophie de l’impasse où il s’est mis lui-même sans un réexamen collectif de ces idées reçues et de ces représentations qui gouvernent la profession depuis des décennies, la replient sur elle-même et paralysent son évolution. Il ne s’agit pas de remplacer une doctrine par une autre, mais de lever les verrous et de libérer les initiatives et les échanges. Il s’agit d’ouvrir un espace de débat et de réflexion où l’expérience de chacun — qu’il enseigne en série technologique dans un lycée de zone sensible ou dans un grand lycée parisien (…) — soit également reconnue et où la pluralité des démarches pédagogiques ne soit plus considérée comme une menace pour le caractère philosophique de l’enseignement, mais comme l’expression normale et stimulante d’un enseignement vivant et formateur de philosophie. (…) Ce manifeste propose d’ouvrir 10 chantiers pour l’enseignement de la philosophie Ces chantiers doivent contribuer à faire vivre et étendre la philosophie au lycée et à l’Université. Ils relèvent évidemment de la responsabilité des professeurs. Ce sont eux qui doivent opérer, dans le respect de leur tradition, le renouvellement nécessaire de leur enseignement : ils sont en effet les mieux placés et les mieux armés (pour autant qu’ils s’en donnent et qu’on leur en donne les moyens) pour réfléchir, expérimenter et échanger collectivement sur leurs pratiques. Ces chantiers font concourir philosophie, pédagogie et didactique au développement de l’esprit critique et de l’autonomie du jugement des élèves. Parce qu’ils développent les moyens de favoriser l’appropriation et l’exercice par le plus grand nombre du savoir et de la réflexion philosophique, ces chantiers apportent par là même leur pierre à la difficile et nécessaire démocratisation de la philosophie et de son enseignement. »
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