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Nouveau : en complément, de nos Journées d’Études d’Octobre 2008 En complément, de nos Journées d’Études d’Octobre 2008 1. Un dossier sur la question de la brevetabilité du vivant 2. Un exemple de dialogue entre philosophes sur la corrida 3. Deux articles de Jean-Yves Goffi (« Les relations entre l’homme et l’animal » ; « Animaux ») 4. Un dossier sur l’étonnant et controversé ouvrage de Charles Patterson Éternel Treblinka
Et le numéro 13 de Côté-Philo également consacré à ces journées
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Enseigner la philosophie à partir de questions contemporaines ? "Quel droit sur le vivant, quels droits du vivant ?"
Argument
Si l'élève "ne doit pas avoir l'impression que la réflexion philosophique se meut dans un monde à part, sans relation avec celui de la science ou celui de la vie, pourquoi craindrait-on d'aborder devant lui les question "d'actualité" ?" Anatole de Monzie, lettre circulaire dite "instructions"de 1925
Enseigner une philosophie vivanteACIREPh - Manifeste pour l'enseignement de la philosophie – huitième chantier
La classe de philosophie se veut le lieu d'une réflexion instruite et vivante. Les grands textes et questions de la tradition n'y sont convoqués que pour former le jugement. L'enseignement de philosophie refuse légitimement de verser dans un simple apprentissage de "doctrines". Il est admis que la culture philosophique n'a de sens que si, grâce à elle, les élèves sont mieux armés pour appréhender de façon critique les problèmes du monde contemporain. Mais comment se fait le lien précisément entre les problèmes tels qu'ils se posent dans la culture philosophique et ceux du monde contemporain ? Par exemple, suffit-il de comprendre la problématique du Contrat Social ou celle du Traité de paix perpétuel pour comprendre comment se posent les questions politiques aujourd'hui ? Est-ce à l'élève de faire le lien ? Au professeur ? Et comment ? Nous connaissons ces difficultés. Nous savons aussi qu'il est différentes manières d'y répondre qui engagent à chaque fois une certaine conception de l'enseignement de philosophie. Certains pensent que le meilleur moyen d'articuler la philosophie et le réel est de partir des questions vives du moment (par exemple celles que pose le clonage d'embryons humains) pour remonter aux grandes questions de philosophie (morale, politique, anthropologique, etc.). D'autres y voient un écueil pour la formation : des questions trop arrimées à une actualité sensible faisant obstacle à la distanciation critique ; d'autres encore redoutent une dissolution du philosophique dans le médiatique. Les prochaines journées d'études de l'ACIREPh seront consacrées à ce problème professionnel : comment enseigner une philosophie vivante ? Peut-on et faut-il pour cela enseigner la philosophie à partir de questions contemporaines ? Nous souhaitons que ces questions puissent y être librement et véritablement réfléchies, discutées, débattues !
"Quel droit sur le vivant, quels droits du vivant ?"
Mais pour ne pas séparer la réflexion sur les pratiques et les finalités de celle sur les contenus, nous avons choisi d’aborder ce problème à travers la question suivante : quel droit sur le vivant, quels droits du vivant ? Si d'autres étaient évidemment possibles, celle-ci nous paraît assez emblématique des difficultés qui se présentent. Des questionnements philosophiques décisifs s'y jouent aujourd'hui. Prenons trois exemples. 1. La question du droit des animaux. Elle est ancienne : la philosophie a souvent réfléchi sur la souffrance animale : Montaigne, Bentham, Mill, Schopenhauer. L'utilisation actuelle d'animaux pour se divertir (corrida, cirque, combats d'animaux, etc.), se nourrir (élevage intensif et en batterie, abattage industriel, etc.), ou se guérir (expérimentation animale) renouvelle le questionnement. De nouveau la philosophie est convoquée, car l'analyse engage des thèses et des argumentations anthropologiques, morales, politiques et métaphysiques qu'il faut bien identifier et approfondir, pour tenter d'y voir clair et dépasser un tant soit peu le débat d'opinions. 2. La question des brevets sur le vivant. On assiste à une multiplication des brevets sur le vivant. Pourtant l'idée même qu'une "forme vivante" puisse être l'objet d'une appropriation privée ne va de soi ni moralement ni métaphysiquement ; les enjeux économiques et politiques sous-jacents sont ici considérables y compris pour la recherche scientifique, son financement comme sa liberté. 3. Les questionnements au croisement de la science, du droit et du vivant permettent enfin, et de façon plus générale, de réfléchir à la manière dont, dans une démocratie s'élaborent les normes de l'existence collective. Que faire en effet si mes convictions personnelles s'opposent à celles de mon voisin sur la question du droit des animaux ? Comment trancher un conflit entre adversaires et partisans de l'expérimentation animale ? Chacun voit à travers ces trois exemples que c'est la manière dont l'enseignement de philosophie participe à la formation d'un homme et d'un citoyen éclairé qui est interrogée. Notre enseignement ne cesse de proclamer sa valeur éminemment formatrice. Est-ce le cas ? Est-ce possible sans enseigner la philosophie à partir des grandes questions contemporaines ? Quel est le rôle du professeur de philosophie ? Est-il surtout (voire seulement) d’initier les élèves à la culture philosophique occidentale classique ? Ou bien (aussi ?) de développer chez eux un « sens philosophique » destiné à s’investir dans les débats du présent, voire du proche avenir ? Faut-il d’ailleurs opposer les deux ? Et si on ne les oppose pas, comment les articuler ? Tout cela questionne la finalité de notre enseignement : qu'est-on en effet en droit d'attendre ici d'un cours de philosophie ?
PROGRAMME
Samedi 25 octobre
9h00 - Accueil des participants
9h30 - Allocution d’ouverture
10h – 12h - Conférence-débat
Les animaux ont-ils des droits ? Avons-nous des devoirs envers eux ? L’éthique animale en question.
Georges CHAPOUTHIER Directeur de recherche au CNRS Approche historique de la question
Enrique UTRIA Dcotorant en philosophie, Université de Rouen Approches philosophiques contemporaines (Peter Singer, Tom Regan, Mark Rowlands et Joel Feinberg)
13h30 – 15h30 - Ateliers. Plusieurs ateliers seront présentés portant sur une question de métier à partir de travaux menés en classe sur le thème des journées d’étude (droit et vivant, l’homme et l’animal, science et morale, etc.). à partir de nos pratiques réelles avec les élèves réels (!), des contraintes et des objectifs propres de notre profession, il s’agit de réfléchir aux questions que nous nous posons tous, comme professeurs de philosophie, aux difficultés que nous rencontrons, à la manière dont nous y répondons.
16h- 18h - Conférence débat
Agnès RICROCH maître de conférences à AgroParisTech, chercheuse au CNRS, laboratoire d’évolution et systématique, université Paris-XI. Les brevets sur le vivant. Enjeux scientifiques, éthiques et politiques.
Dimanche 26 octobre
9h30 – 11h15 - Conférence-débat
Carlos DE SOLA juriste, chef du Service de santé et de la bioéthique au Conseil de l’Europe .
Consensus et conflits en matière de bioéthique en Europe.
11h15 – 12h30 Ateliers Peut-on, doit-on enseigner la philosophie à partir de questions contemporaines ? Que faisons-nous, nous mêmes dans les classes ? Nous servons nous de l’actualité ? Comment ? Pourquoi ? La discussion portera sur cette question en général ; elle ne sera pas restreinte au thème abordé lors des journées.
14h – 16h30 Trois tables rondes autour des thèmes suivants :
1) Histoire de la philosophie et enseignement de la philosophie, point de vue et discussion avec Christophe GIOLITO L'enseignement en terminale n'est pas un enseignement historique de la philosophie. Mais cela laisse ouvertes bien des interrogations: qu'on parle de "tradition" ou de "culture" philosophique, nul ne considère les philosophies et les philosophes comme effectivement contemporains les uns des autres. Alors, faut-il faire comme si c'était le cas lorsque nous les confrontons? Le souci de l'intelligibilité et la simple honnêteté intellectuelle l'excluent. Quelle dose d'histoire de la philosophie choisissons-nous en pratique d'inclure ? Comment le faisons-nous? Christophe Giolito enseigne en classes préparatoires au lycée militaire de Saint-Cyr, il défend l'utilité pour chacun de nous de "réfléchir sa pratique, en statuant sur sa conception de l'histoire de la philosophie".
2) Où en est l’enseignement de la philosophie dans les séries technologiques ? Difficultés, échecs : quelles conditions pour une réussite ? Les difficultés extrêmes et souvent intolérables de l'enseignement de la philosophie en séries technologiques sont nombreuses et bien connues. En dépit de certaines réussites, ces difficultés donnent le sentiment à de nombreux collègues que cet enseignement est trop souvent dispensé en pure perte et dans des conditions pénibles. Cette table ronde a pour but de faire le point sur les problèmes qu'on rencontre particulièrement – sinon exclusivement – dans ces séries, et d'évoquer les pistes pédagogiques et les propositions de réformes à mettre en œuvre pour le rendre possible, et profitable aux élèves. Dans cette perspective, deux professeurs Frédéric YVAN (Lycée Jean Prouvé de Lomme - 59) et Catherine ROBERT (Lycée Le Corbusier d'Aubervilliers - 93) dont l'expérience dans ces séries est conséquente nous présenteront un état des lieux, de leur point de vue, et leur manière de travailler avec ces élèves
3) Enseigner la philosophie en première : témoignages, enjeux. Nouvelles perspectives ouvertes par la réforme des lycées. La philosophie enseignée dès la première, c'est un vœu récurrent des élèves, une revendication de l'Acireph, et un fantomatique projet de réforme.... mais c'est aussi, et d'abord pour certains d'entre nous, une pratique professionnelle. Nous partirons donc de ce que font nos collègues avec les élèves de première qu'ils ont en charge ; ils nous présenteront leur travail, et le bilan qu'ils en tirent à ce jour. A partir de là nous pourrons discuter sur pièce de l'intérêt d'un tel enseignement : ce qu'on doit en faire, ce qu'on peut en espérer.
16h30 – 17h30 - Final L’ACIREPh invite tous les participants à un pot pour fêter l’anniversaire de ses dix années d’existence.
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