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	<title>ACIREPh</title>
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		<title>ACIREPh</title>
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		<title>Pour mieux conna&#238;tre l'ACIREPh et ses positions </title>
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		<dc:date>2026-05-06T11:09:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicole Grataloup, Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cette pr&#233;sentation de l'ACIREPh a &#233;t&#233; faite en ouverture de son Congr&#232;s le 13 juin 2025 par Nicole Grataloup et Serge Cosp&#233;rec en pensant aux nouveaux adh&#233;rents et &#224; ceux qui pourraient nous rejoindre.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/" rel="directory"&gt;Pr&#233;sentation de l'ACIREPh&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Journ&#233;es d'&#233;tude - Congr&#232;s de l'ACIREPh, 13 et 14 juin 2025&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Intervention initiale de Nicole Grataloup et Serge Cosp&#233;rec&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Remarque pr&#233;alable : beaucoup des documents que nous citons et que nous avons consult&#233;s pour pr&#233;parer cette intervention sont sur le site de l'ACIREPh, en particulier &lt;/i&gt;Le Manifeste&lt;i&gt;, les textes des interventions de l'ACIREPh devant les groupes d'experts, des propositions de programme etc., soit dans les Bulletins et dans les rubriques du sommaire du site, et dans les &lt;/i&gt;Cot&#233;-Philo&lt;i&gt;, dont le n&#176;24, &#171; Conna&#238;tre l'ACIREPh &#187; de mai 2024. Vous pourrez donc vous y r&#233;f&#233;rer.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I. 1998 Cr&#233;ation de l'Acireph : contexte, intentions, le projet et son &#233;volution&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nicole Grataloup&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine de l'ACIREPh, il y a un Appel pour la cr&#233;ation des IREPH (1997), et a d&#233;bouch&#233; en mars 1998 sur la cr&#233;ation de l'association. Pourquoi cet appel et pourquoi la cr&#233;ation de l'ACIREPh ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre le contexte, il faut remonter un peu dans le temps, jusqu'aux ann&#233;es 1975-80, et brosser &#224; grands traits un &#233;tat des lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un contexte institutionnel et social g&#233;n&#233;ral : la massification de l'enseignement secondaire, processus continu depuis les ann&#233;es 50, fait que l'&#233;cole en g&#233;n&#233;ral est confront&#233;e &#224; la n&#233;cessit&#233; de faire face &#224; l'arriv&#233;e de nouveaux publics, on a m&#234;me parl&#233; des &#171; nouveaux lyc&#233;ens &#187; ; l'&#233;cart entre massification et d&#233;mocratisation, avec un &#233;chec scolaire assez massif des &#233;l&#232;ves de milieu populaire ; le d&#233;veloppement des sciences de l'&#233;ducation, avec des courants tr&#232;s divers ; la cr&#233;ation en 1982, par le ministre de l'Education Nationale du 1er gouvernement Mitterrand Alain Savary des MAFPEN (Missions Acad&#233;miques de Formation des Personnels de l'&#201;ducation Nationale, qui deviendront les IUFM puis ESP&#201; puis INSP&#201;) charg&#233;es de la formation initiale et continue des enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la philosophie, on a le programme de 1973, programme de notions construit pour la s&#233;rie A qui va devenir L en 1995 et d&#233;clin&#233; par soustraction pour les autres s&#233;ries, y compris les s&#233;ries technologiques qui existent depuis 1968 ; et au bac l'&#233;preuve reine de la dissertation (l'explication de texte &#233;tant consid&#233;r&#233;e comme une dissertation sur texte). L'enseignement de la philo est, institutionnellement, caract&#233;ris&#233; par un immobilisme revendiqu&#233;, comme acte de r&#233;sistance &#224; toutes les formes de &#171; modernit&#233; &#187; ennemies de la philosophie (p&#234;le-m&#234;le : la soci&#233;t&#233; de consommation, les sciences humaines, les sciences de l'&#233;ducation, les media et la communication &#8230;), c'est ce qu'on nommera dans le Manifeste le &#171; syndrome de la forteresse assi&#233;g&#233;e &#187;. En effet l'Inspection G&#233;n&#233;rale et l'APPEP sont arque-bout&#233;es sur :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;La philosophie comme &#171; couronnement des &#233;tudes &#187; : il fallait avoir d'abord appris les savoirs positifs (langues, sciences, math&#233;matiques, histoire etc&#8230;) avant de pouvoir les ressaisir dans une pens&#233;e que seule la philosophie rend possible.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;La philosophie est &#224; elle-m&#234;me sa propre p&#233;dagogie, &#171; la pens&#233;e n'a qu'&#224; para&#238;tre pour faire aussit&#244;t penser &#187; (Jacques Muglioni, alors doyen de l'IG). Toute recherche p&#233;dagogique ou didactique est proscrite au motif qu'elle d&#233;tourne de la vraie pens&#233;e, et seul le cours magistral, parce qu'il donne l'image &#171; d'une pens&#233;e en acte qui se d&#233;roule devant les &#233;l&#232;ves &#187;, est apte &#224; leur apprendre &#224; philosopher et &#224; disserter.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;La dissertation d&#233;finie comme le seul exercice &#171; authentiquement philosophique &#187;, &#171; forme naturelle de la pens&#233;e &#187;, toute critique qui la vise est per&#231;ue comme une trahison.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;La formation initiale est strictement limit&#233;e &#224; ce qui s'enseigne &#224; l'Universit&#233; pendant les &#233;tudes de philosophie : histoire de la philo et philo g&#233;n&#233;rale, et la formation continue, lorsqu'elle est instaur&#233;e dans les MAFPEN, se compose uniquement de cours d'universitaires pour actualiser les connaissances sur les auteurs ou les notions. Elle est dans la majorit&#233; des Acad&#233;mies d&#233;livr&#233;e par les IPR et l'APPEP, qui veillent &#224; ce que cette &#171; doctrine officieuse &#187; (mais qui n'&#233;tait de fait pas si officieuse que &#231;a, puisqu'on la trouvait &#233;crite noir sur blanc dans les textes, articles, en particulier du doyen Muglioni) soit bien transmise !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte cependant, des voix discordantes commencent &#224; se faire entendre, qui viennent de 3 groupes, qui se connaissent, ne sont pas toujours d'accord mais peuvent en parler, travaillent parfois ensemble et parfois pas, mais ont en commun de partager l'id&#233;e que le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; n'est plus tenable, qu'il faut changer les choses dans l'enseignement de la philo, et c'est de leur rencontre que va na&#238;tre l'ACIREPh :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) une critique de la forme institutionnelle de l'enseignement de la philo appara&#238;t avec en 1974, la cr&#233;ation du GREPH, par un groupe de professeurs de philosophie de lyc&#233;e et de l'Universit&#233; autour de Jacques Derrida, Sarah Kofman, Jean-Luc Nancy, Roland Brunet, Jean-Jacques Rosat &#8230;. Le GREPH publie en 1977 &lt;i&gt;Qui a peur de la philosophie&lt;/i&gt;, organise en 1979 des &lt;i&gt;&#201;tats G&#233;n&#233;raux de la philosophie&lt;/i&gt;. Deux id&#233;es force : il n'y a pas d'&#226;ge naturel pour philosopher ; il n'y a pas non plus de lieu naturel pour l'enseignement de la philosophie (la classe terminale du lyc&#233;e). Le GREPH pr&#244;ne, met en &#339;uvre et encourage tout ce qui permet de faire sortir la philosophie du carcan institutionnel y compris donc des exp&#233;rimentations avec des classes de primaire ou de coll&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) La recherche de Michel Tozzi, qui fonde sur le plan universitaire la didactique de la philosophie (il soutient sa th&#232;se en 1988) et formule la fameuse trilogie &#171; probl&#233;matisation, conceptualisation argumentation &#187;, obtient du minist&#232;re la possibilit&#233; d'organiser deux Universit&#233;s d'&#233;t&#233; de formation de formateurs en 1992 et 93 (ou 91 ?). Tozzi est proche des Cahiers P&#233;dagogiques et du CRAP (Cercle de recherche et d'action p&#233;dagogique)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) En 1989 la cr&#233;ation au sein du GFEN (Groupe Fran&#231;ais d'Education Nouvelle) d'un secteur philosophie, qui se donne pour objectif de cr&#233;er de nouvelles pratiques pour l'enseignement de la philo, bas&#233;es d'une part sur une conception constructiviste de l'apprentissage, sur l'id&#233;e de la mise en activit&#233; et mise en recherche des &#233;l&#232;ves, et d'autre part sur l'id&#233;e que la formation des enseignants (et donc l&#224;, des profs de philo) doit passer par le travail collectif d'&#233;laboration, par l'&#233;change autour de leurs pratiques, par des allers et retours entre l'exp&#233;rimentation dans les classes et l'analyse critique des pairs sur ces pratiques. Sur cette base, nous (j'&#233;tais alors responsable de ce secteur philo du GFEN) organisons donc chaque ann&#233;e depuis le premier en 1990 un stage pour les coll&#232;gues de philo, mais sur le temps de vacances, b&#233;n&#233;volement pour les animateurs, et payant pour les stagiaires ; jusqu'au jour o&#249; on se dit que ce travail l&#224;, ce type de formation continue, il faut demander au minist&#232;re de l'institutionnaliser et de le financer, sous la forme d'IREPH sur le mod&#232;le de ce qui existait alors en Math&#233;matiques, les IREM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; qu'on a sortis nos carnets d'adresses, contact&#233; Tozzi et Rosat pour le GREPh, et les universitaires qu'on connaissait les uns et les autres, et lanc&#233; l'Appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel a rassembl&#233; en quelques mois 230 signatures, et en mars 1998 nous avons cr&#233;&#233; l'association (130 adh&#233;rents en juin 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet de l'association &#233;tait donc d'obtenir du minist&#232;re la cr&#233;ation de lieux d'&#233;changes et de discussion sur les pratiques d'enseignement, les exigences de formation des &#233;l&#232;ves, et aussi sur l'&#233;valuation au Bac. Nous sommes partis du constat de l'inexistence de la formation p&#233;dagogique et didactique dans les MAFPEN qui allaient devenir les IUFM, et de l'insuffisance des r&#233;unions d'harmonisation du bac pour r&#233;soudre les probl&#232;mes de l'&#233;valuation des copies. Et donc du constat d'une inad&#233;quation entre l'ambition de notre enseignement, notre exigence de d&#233;mocratisation (par del&#224; la massification depuis les ann&#233;es 80) et les moyens institutionnels existants, en termes de formation et de r&#233;flexion collective des professeurs de philosophie, pour les r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il s'est av&#233;r&#233; assez rapidement dans l'ann&#233;e (98-99) qui a suivi la cr&#233;ation de l'association, par les contacts que nous avons eus avec le Minist&#232;re (Direction des Lyc&#233;es et Coll&#232;ges, Cabinet du ministre etc&#8230;), que la cr&#233;ation des IREPH n'&#233;tait pas &#224; l'ordre du jour, se heurtant &#224; la fois &#224; la cr&#233;ation par le minist&#232;re des IUFM et &#224; la mainmise de l'Inspection et de l'APPEP sur les dispositifs de formation initiale et continue, qui d&#233;veloppaient une conception de la formation tr&#232;s &#233;loign&#233;e de ce que nous voulions dans les IREPH. Nous avons donc d&#233;cid&#233; (tout en maintenant la demande de cr&#233;ation des IREPH) de &#171; prouver le mouvement en marchant &#187; et d'organiser en octobre 1999 notre premier colloque selon les modalit&#233;s qui auraient d&#251; &#234;tre &#224; notre sens celles des IREPH, c'est-&#224;-dire une alternance d'interventions de &#171; sp&#233;cialistes &#187; et d'ateliers d'&#233;changes de pratiques entre coll&#232;gues, avec en outre une dimension interdisciplinaire et internationale. Ce colloque, intitul&#233; &#171; Enseigner la philosophie aujourd'hui, pratiques et devenirs &#187;, dont les Actes ont &#233;t&#233; publi&#233;s par le CNDP en juin 2001, a r&#233;uni 175 participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001 nous avons r&#233;dig&#233; et publi&#233; le &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt;, avec la formulation des 10 chantiers, comme objets de travail collectif, programme de travail en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons continu&#233; dans cette voie, en organisant chaque ann&#233;e un colloque, nomm&#233;s ensuite Journ&#233;es d'&#233;tude, avec le souci de travailler aussi bien sur les questions de type didactique et p&#233;dagogique (ex la dissertation, la place des savoirs dans l'enseignement de la philosophie, les s&#233;ries technologiques, la probl&#233;matisation&#8230;) que sur les questions philosophiques li&#233;es aux notions du programme (ex la religion, le vivant, la philosophie politique, la morale, le travail&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce premier colloque nous avions invit&#233; Alain Renaut &#224; venir exposer l'&#233;tat provisoire de la r&#233;flexion du GTD (Groupe Technique disciplinaire) qui avait &#233;t&#233; charg&#233; &#224; partir de janvier 99 de faire de nouveaux programmes de philo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulions contribuer au d&#233;bat sur le programme, non pas parce que nous avions en t&#234;te un mod&#232;le de programme, mais pour rester conforme aux buts de l'association qui &#233;taient de favoriser le travail collectif des professeurs de philosophie sur les questions concernant leur enseignement. Et en cons&#233;quence il nous est apparu comme une &#233;vidence que nous ne pouvions pas rester en dehors de ce d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que la question du changement des programmes de 73 avait fait l'objet, depuis 10 ans, de plusieurs tentatives infructueuses et de violents affrontements : le Rapport Derrida Bouveresse avait fait une proposition en 1989, puis le GTD Beyssade en 92-93, puis le GTD Lucien-Dagognet en 1997. Nous avions les uns et les autres (les initiateurs de l'appel et fondateurs de l'Acireph), &#224; des titres et &#224; des degr&#233;s divers, individuellement (ou collectivement par le GREPH et le GFEN) pris des positions sur ces diff&#233;rents projets qui &#233;taient tous rest&#233;s lettre morte. Avec le GTD Renaut, nous avions l'impression qu'enfin quelque chose de nouveau allait pouvoir aboutir, et ce pass&#233; commun n'a pas &#233;t&#233; pour rien dans la d&#233;cision de notre association de s'int&#233;resser &#224; la question des programmes. Du moins c'est la lecture que j'en fais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc comment et pourquoi l'ACIREPh s'est engag&#233;e dans la dite &#171; guerre des programmes &#187;, qui a dur&#233; de 1999 &#224; 2005 (depuis la nomination du GTD Renaut jusqu'&#224; la publication des deux programmes du GEPS Fichant 2, en 2003 pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et en 2005 pour les s&#233;ries technologiques). D'abord pour favoriser les &#233;changes dans la profession, puis pour prendre position, d&#233;velopper des propositions et tenter de les faire valoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. L'ACIREPh et la question des programmes&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Serge Cosp&#233;rec&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour mon intervention, j'avais pr&#233;par&#233; un floril&#232;ge de citations et de r&#233;f&#233;rences caract&#233;ristiques des &#233;ternels opposants &#224; tout changement en philo. Ces citations ayant suscit&#233; un certain int&#233;r&#234;t, m&#233;lange d'&#233;tonnement, de stupeur et de rire, je m'y suis arr&#234;t&#233; plus longtemps que pr&#233;vu. J'ai donc choisi de les introduire dans le texte de ma communication initiale. Chacun pourra ainsi les retrouver, avec quelques autres, et se faire une id&#233;e de la somme de mauvaise foi, de grossi&#232;ret&#233; et de b&#234;tise que l'ACIREPh et tous les &#171; progressistes &#187; (GFEN, GREPh, didacticiens et p&#233;dagogues) ont d&#251; affronter. La partie de l'intervention qui du coup n'a pu se faire, figure apr&#232;s les citations. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a rappel&#233; Nicole, l'objet de l'ACIREPh &#233;tait initialement d'obtenir des &lt;i&gt;Instituts de recherche sur l'enseignement de la philosophie&lt;/i&gt;. Mais l'ACIREPh s'est trouv&#233;e engag&#233;e dans &#171; la guerre des programmes &#187; autour du projet du GTD d'Alain Renaut. Et pour deux raisons :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; une raison conjoncturelle : la discussion sur une r&#233;forme a &#233;t&#233; lanc&#233;e un an apr&#232;s la cr&#233;ation de l'ACIREPh, qui a saisi cette occasion pour lancer une s&#233;rie de rencontres (les Colloques) et discuter &#224; l'ensemble des professeurs, sans exclusive, de leurs attentes et de leurs souhaits.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la raison de fond : une r&#233;forme implique d'ouvrir la r&#233;flexion sur les &lt;i&gt;finalit&#233;s&lt;/i&gt; de l'enseignement de philosophie, son &lt;i&gt;cursus&lt;/i&gt;, ses &lt;i&gt;contenus&lt;/i&gt;, ses exercices et les &lt;i&gt;pratiques&lt;/i&gt; ou modalit&#233;s du &#171; cours &#187;. Les IREPh avaient vocation en effet &#224; d&#233;battre de ces questions &#8211; perspective refus&#233;e par le camp des conservateurs, l'APPEP et l'Inspection de philosophie, &#224; savoir les IG (Muglioni, Menasseyre, Chauve, Ch&#226;teau, etc.) et la garde des IPR partageant leur vision (Leroux, Chopelin, Conrad, Durand-Colson, Perrin, Doly, Elie, Jung, etc.). Apr&#232;s 3 ans de travail collectif, l'ACIREPh publie en 2001 son &lt;i&gt;Manifeste pour l'enseignement de la philosophie&lt;/i&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;C'est donc sans surprise que la question des programmes s'est trouv&#233;e, pour un moment, au centre de notre r&#233;flexion. Pour l'ACIREPh, une r&#233;forme doit&lt;i&gt; &lt;/i&gt;partir des difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves, analyser leurs besoins, s'attacher aux &lt;i&gt;conditions&lt;/i&gt; de leur r&#233;ussite. Les &#171; conservateurs &#187;, ont en effet la f&#226;cheuse habitude, &#171; au nom de la raison et de l'universel &#187;, de d&#233;fendre des choix programmatiques assez simples (surtout ne rien changer) qui dans les faits reviennent &#224; interdire l'acc&#232;s &#224; la philosophie aux &#233;l&#232;ves du &#171; nouveau lyc&#233;e &#187;, celui d'apr&#232;s la massification. Ils affirment, par exemple, que la philosophie, comme la raison, est &lt;i&gt;une&lt;/i&gt;, et en d&#233;duisent qu'il faut donc un seul et m&#234;me mod&#232;le d'enseignement (programmes, exercices, cadre p&#233;dagogique), celui du lyc&#233;e &#233;litiste des ann&#233;es d'avant la massification, soit impos&#233; &#224; tous, en tout lieu et en tout temps. L'universel est ainsi sauf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est &#233;videmment pas le point de vue de l'ACIREPh. Parmi ses orientations fondamentales, je veux revenir sur la &lt;i&gt;question des programmes&lt;/i&gt;. Pourquoi ? D'abord, parce qu'en l'absence de toute perspective de r&#233;forme, beaucoup de professeurs de philosophie l'ont perdue de vue, d'autres n'ont jamais eu l'occasion d'y r&#233;fl&#233;chir. Mais la cons&#233;quence en est que le lien entre les &lt;i&gt;programmes de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;notions&lt;/i&gt; et les difficult&#233;s rencontr&#233;es en Terminales par les professeurs et les &#233;l&#232;ves leurs &#233;l&#232;ves, est redevenue un point aveugle, ce qui nourrit l'illusion que la p&#233;dagogie suffira &#224; se sauver et &#224; sauver les &#233;l&#232;ves. On s'accommode d'un cadre qui rend le m&#233;tier impossible et exige des &#233;l&#232;ves ce qu'il emp&#234;che de leur donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut certainement faire &#171; avec &#187; le programme. On peut aussi faire &lt;i&gt;mieux&lt;/i&gt; dans les classes, &#234;tre meilleur p&#233;dagogue, ce sera d&#233;j&#224; beaucoup. Mais ce sera toujours un &lt;i&gt;mieux&lt;/i&gt; dans un cadre &lt;i&gt;p&#233;dagogique&lt;/i&gt; &#8211; le programme de &lt;i&gt;notions&lt;/i&gt; - avec ses pr&#233;suppos&#233;s, ses attendus et ses cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rendre plus sensible ce probl&#232;me, je vais partir du discours des &#171; conservateurs &#187; sur &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; &lt;i&gt;qu'est&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;doit-&#234;tre&lt;/i&gt; l'enseignement de la philosophie, dont un programme de notions serait l'expression dans sa quintessence. Ce discours a &#233;t&#233; constamment mobilis&#233; pendant 40 ans contre toutes les tentatives de r&#233;forme, mais ses racines remontent aux ann&#233;es 50-60. Il s'&#233;nonce &#224; travers un ensemble d'affirmations h&#233;t&#233;roclites martialement assen&#233;es, r&#233;v&#233;latrices d'une conception de l'enseignement de la philosophie qui accorde tout au professeur et rien &#224; l'&#233;l&#232;ve. Une conception mythifi&#233;e, &#224; la teneur initiatique, voire mystique : on &#171; entrerait en philosophie &#187; comme en religion, par une r&#233;v&#233;lation ou conversion. Mais surtout une conception &#233;litiste, antid&#233;mocratique et bien &#233;videmment antip&#233;dagogique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques exemples (parmi mille) de ces affirmations s&#251;res d'elles-m&#234;mes...&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='idaffd_c0' colspan='2'&gt;Qu'est-ce qu'un professeur de philosophie ? Un Philosophe : &#171; Pour que Socrate reste fonctionnaire, il faut qu'il prouve qu'il est bien Socrate. &#187;&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idaffd_c0'&gt;&lt;strong&gt;1951.&lt;/strong&gt; Rose-Marie Moss&#233;-Bastide, APPEP&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#234;me obligation revient donc toujours : &lt;strong&gt;nous devons &#234;tre nous-m&#234;mes des philosophes&lt;/strong&gt;. Il faut avouer que ce n'est pas facile et que bien des ann&#233;es peuvent se passer avant que notre cours devienne un tout organique et unifi&#233;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984 &lt;/strong&gt;Jean-Luc Marion&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour que Socrate reste fonctionnaire, il faut qu'il prouve qu'il est bien Socrate.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1989 &lt;/strong&gt;Bernard Duquesne, APPEP&lt;br class='autobr' /&gt;
L'unit&#233; du cours de Philosophie est une Id&#233;e, et c'est l'Id&#233;e de la philosophie ; elle meut tout professeur de philosophie qui se veut et &lt;strong&gt;professeur et philosophe&lt;/strong&gt;, et qui accepte de ne la r&#233;aliser que fort mal avec les seuls moyens dont il dispose, parce que l'histoire ne retiendra pas son nom.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1993 &lt;/strong&gt;Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'il s'agit d'apprendre &#224; enseigner la philosophie [&#8230;] il faut d'abord que le professeur soit en quelque fa&#231;on &lt;strong&gt;un philosophe&lt;/strong&gt;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id501a_c0' colspan='3'&gt;Qu'est-ce qu'enseigner ? Faire une Le&#231;on Magistrale devant un auditoire attentif qui prend des notes : &#171; Une le&#231;on r&#233;ussie est une f&#234;te de l'intelligence &#187;&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id501a_c0'&gt;&lt;strong&gt;1992 - &lt;/strong&gt;Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;La le&#231;on&lt;/strong&gt; de philosophie [&#8230;] elle est l'acte m&#234;me, indivisible, d'instruire ou de s'instruire [&#8230;] Aussi l'&#233;l&#232;ve ne doit-il pas rester les bras crois&#233;s comme s'il assistait &#224; un d&#233;fil&#233; auquel il ne participe pas. &lt;strong&gt;Prendre des notes est pour l'&#233;l&#232;ve la seule preuve d'attention&lt;/strong&gt;. [&#8230;] &lt;strong&gt;Suivant ainsi le cours magistral&lt;/strong&gt;, si du moins le ma&#238;tre est un &lt;i&gt;vrai ma&#238;tre&lt;/i&gt;, &lt;strong&gt;l'&#233;l&#232;ve se hausse&lt;/strong&gt; jusqu'&#224; retrouver les sources premi&#232;res d'une&lt;strong&gt; pens&#233;e&lt;/strong&gt; qui ne se pr&#233;sente pas comme ayant d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pens&#233;e, mais &lt;strong&gt;qui se forme&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;devant lui&lt;/strong&gt;, avec lui, en lui. C'est pourquoi dans la meilleure le&#231;on&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;l'&#233;l&#232;ve n'a&lt;strong&gt; pas besoin d'&#234;tre interrog&#233;&lt;/strong&gt; nomm&#233;ment pour r&#233;pondre, voire pour interroger lui-m&#234;me et soulever les objections. II&lt;strong&gt; se sent int&#233;rieurement sollicit&#233;&lt;/strong&gt; [&#8230;] &lt;strong&gt;La le&#231;on&lt;/strong&gt; est ce discours sans &#233;loquence qui &lt;strong&gt;suscite la r&#233;flexion&lt;/strong&gt; sans rien cr&#233;er par lui-m&#234;me : il &lt;strong&gt;incite simplement l'esprit &#224; penser&lt;/strong&gt;.&lt;/td&gt;
&lt;td colspan='2'&gt;&lt;strong&gt;1992 - &lt;/strong&gt;Jean-Fran&#231;ois Robinet, APPEP&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;La le&#231;on a la forme apparente&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;de la parole magistrale&lt;/strong&gt;. Mais cette parole magistrale proc&#232;de par questionnement, hypoth&#232;se, difficult&#233;s explicit&#233;es, reconnues comme apor&#233;tiques ou capables d'une solution. &lt;strong&gt;La le&#231;on est le &lt;/strong&gt;d&#233;ploiement dans une seule parole &lt;strong&gt;d'une discussion int&#233;rioris&#233;e&lt;/strong&gt;, elle est de part en part &#171; dialectique &#187;. D'autre part, &lt;strong&gt;il est faux de croire que la le&#231;on place l'&#233;l&#232;ve dans une situation de r&#233;ception passive&lt;/strong&gt;. La le&#231;on associe l'&#233;l&#232;ve &#224; la progression de la pens&#233;e dans une collaboration active &lt;strong&gt;puisque son accord est exig&#233;&lt;/strong&gt;, son attention &lt;strong&gt;et sa compr&#233;hension&lt;/strong&gt; continuellement &lt;strong&gt;sollicit&#233;es&lt;/strong&gt;. Le &lt;strong&gt;travail d'intelligence&lt;/strong&gt; de l'&#233;l&#232;ve dans le&lt;strong&gt; suivi d'une le&#231;on&lt;/strong&gt; est s&#251;rement&lt;strong&gt; plus intense &lt;/strong&gt;que dans l'expression bavarde et vaniteuse de certaines mauvaises discussions. [&#8230;] Une le&#231;on r&#233;ussie est une f&#234;te de l'intelligence.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id07f8_c0' colspan='3'&gt;Corollaire : quel &#233;chec scolaire ? &#171; Il est douteux que la notion d'&#233;chec scolaire ait r&#233;ellement un sens &#187;&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id07f8_c0'&gt;&lt;strong&gt;1984&lt;/strong&gt;. L&#233;on-Louis Grateloup, IPR&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est douteux que la notion d'&lt;i&gt;&#233;chec scolaire&lt;/i&gt; ait r&#233;ellement un sens. [&#8230;] Au lyc&#233;e, les &lt;strong&gt;conditions socio-&#233;conomiques&lt;/strong&gt; jouent ce r&#244;le de &lt;strong&gt;facteurs exog&#232;nes&lt;/strong&gt;, qui tendent &#224; redevenir pr&#233;pond&#233;rants d&#232;s qu'on s'avise de les prendre en compte et qui r&#233;duisent &#224; rien la part du philosophique d&#232;s que le p&#233;dagogique est appel&#233; &#224; pr&#233;valoir. La &lt;strong&gt;classe de philosophie&lt;/strong&gt; est un &lt;strong&gt;lieu &lt;/strong&gt;o&#249; les r&#233;alit&#233;s de l'existence quotidienne flottent &lt;strong&gt;en &#233;tat d'apesanteur sociologique&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984. &lt;/strong&gt;Jacques&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Muglioni, IG (Doyen) &lt;br class='autobr' /&gt;
Beaucoup d'&#233;checs scolaires viennent de ce que l'enfant&lt;strong&gt; n'a jamais appris &#224; se tenir un moment tranquille&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;devant une table&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984&lt;/strong&gt;. Jean Svagelski, IPRL'enseignement philosophique [s'adresse] &#224; des &#233;l&#232;ves dont on sait qu'ils sont de plus en plus [&#8230;] issus des classes populaires et dont &lt;strong&gt;on entend dire qu'ils sont culturellement d&#233;favoris&#233;s&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;bien qu'on ne voie pas le rapport de cause &#224; effet&lt;/strong&gt;, et que par cons&#233;quent l'intelligibilit&#233; de cette affirmation soit nulle.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1992 -&lt;/strong&gt; Jacques Muglioni, IG (Doyen) &lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord &lt;strong&gt;on ne peut entendre une le&#231;on que si la discipline du corps&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;t&#233;moigne,&lt;/strong&gt; pour le sujet lui-m&#234;me en premier lieu, &lt;strong&gt;d'une attente&lt;/strong&gt; [&#8230;] &lt;strong&gt;Qui n'est pas capable d'&#233;couter, c'est-&#224;-dire de&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;garder le silence&lt;/strong&gt;, de faire taire ses opinions et ses humeurs, &lt;strong&gt;ne comprendra ni n'apprendra jamais rien&lt;/strong&gt;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='ide5e8_c0' colspan='3'&gt;Contre la p&#233;dagogie : &#171; Le comble de la vulgarit&#233; en p&#233;dagogie, c'est le souci d'int&#233;resser &#187;&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='ide5e8_c0'&gt;&lt;strong&gt;1984. &lt;/strong&gt;Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le comble de&lt;strong&gt; la vulgarit&#233; en p&#233;dagogie, c'est le souci d'int&#233;resser&lt;/strong&gt;, qui revient toujours &#224; croire que le vrai ne trouve pas de lui-m&#234;me le chemin des esprits, ce qui est m&#233;priser l'&#233;l&#232;ve. Quand on n'est pas capable de mettre l'&#233;l&#232;ve en pr&#233;sence du vrai, c'est alors qu'on imagine des adjuvants. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984. &lt;/strong&gt;Jacques&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on ne sait ni les math&#233;matiques ni l'histoire, il reste &lt;strong&gt;la p&#233;dagogie, ce palliatif universel&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984. &lt;/strong&gt;Jacques&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
[Le]&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;mot &lt;strong&gt;p&#233;dagogie&lt;/strong&gt; (&#8230;) couvrira encore longtemps toutes sortes de &lt;strong&gt;men&#233;es contre l'enseignement&lt;/strong&gt;. Mais il est souhaitable qu'elles ne re&#231;oivent pas l'appui inconsid&#233;r&#233; des pouvoirs publics. Ceux-ci ont le devoir de d&#233;fendre les ma&#238;tres contre les p&#233;dagogues. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984.&lt;/strong&gt; Jean-Claude Milner&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute personne qui parle de l'&#233;cole tient pour oblig&#233;e la r&#233;f&#233;rence p&#233;dagogique. Il n'est question que d'acte p&#233;dagogique, d'innovation p&#233;dagogique, de technologies p&#233;dagogiques, de p&#233;dagogie, etc. [&#8230;]. &lt;strong&gt;Le signifiant p&#233;dagogie devient alors un pur et simple instrument de terreur&lt;/strong&gt;, destin&#233; &#224; r&#233;duire au silence toutes les oppositions.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1989.&lt;/strong&gt; Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
La&lt;strong&gt; p&#233;dagogie &lt;/strong&gt;n'est jamais que&lt;strong&gt; le succ&#233;dan&#233; d&#233;risoire de la philosophie&lt;/strong&gt;. [&#8230;] Il est, en effet beaucoup&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;plus difficile (&#8230;) de philosopher soi-m&#234;me que de&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;s'adonner aux&lt;strong&gt; activit&#233;s conviviales&lt;/strong&gt; aujourd'hui tant vant&#233;es sous le titre d'&lt;strong&gt;animation p&#233;dagogique&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1991. &lt;/strong&gt;Jean Lefranc, Pr&#233;sident de l'APPEP&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont souvent les &#171; philosophes &#187; qui r&#233;sistent le plus lucidement aux &lt;strong&gt;entreprises p&#233;dagogistes&lt;/strong&gt;&#8230;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1992 -&lt;/strong&gt; Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;La p&#233;dagogie tapageuse &lt;/strong&gt;voue &#224; l'indiff&#233;rence et &#224; l'ennui. L'int&#233;r&#234;t est nul s'il n'est inspir&#233; sans adjuvant par le seul contenu, s'il n'est cr&#233;&#233; par l'enseignement lui-m&#234;me. Car &lt;strong&gt;l'int&#233;r&#234;t ne pr&#233;c&#232;de pas l'enseignement, mais il en r&#233;sulte&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1992 -&lt;/strong&gt; Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le ma&#238;tre ne va pas &#224; l'&#233;cole &lt;strong&gt;pour lui-m&#234;me d'abord&lt;/strong&gt;, les &#233;l&#232;ves ne l'&#233;coutent pas et s'ennuient.&lt;strong&gt;Ce qui retient l'attention&lt;/strong&gt;, dans un cours de philosophie [&#8230;] c'est le cheminement recueilli&lt;strong&gt;,&lt;/strong&gt; le progr&#232;s de la pens&#233;e sur elle-m&#234;me [&#8230;] &lt;strong&gt;Alors l'&#233;l&#232;ve a le sentiment&lt;/strong&gt;, non pas de suivre passivement la pens&#233;e d'autrui, de se charger comme d'un fardeau d'une pens&#233;e d&#233;j&#224; pens&#233;e, mais&lt;strong&gt; de former lui-m&#234;me sa propre pens&#233;e.&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1992. &lt;/strong&gt;Christiane Menasseyre, IG (Doyenne)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Nous disons tous ici :&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;nous ne savons pas ce qu'est la p&#233;dagogie en philosophie.&lt;/strong&gt; [&#8230;] Th&#233;oriquement, philosophiquement, nous savons ce qu'il en est &lt;strong&gt; : &lt;/strong&gt;il n'y a pas d'exigence professionnelle,&lt;strong&gt; il n'y a d'exigence p&#233;dagogique&lt;/strong&gt;, en philosophie,&lt;strong&gt; que philosophique&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1993. &lt;/strong&gt;Jacques&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Muglioni, IG (ex-Doyen) &lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;connaissance de la finalit&#233; du sens comme question centrale de la philosophie pratique [&#8230;] laisse libre court &#224; &lt;strong&gt;l'invasion de la p&#233;dagogie&lt;/strong&gt;, tant&#244;t par les proc&#233;d&#233;s dits d'animation, tant&#244;t par les techniques d'apprentissage calqu&#233; sur des mod&#232;les emprunt&#233;s aux formes du travail industriel. [Les] &lt;strong&gt;recherche de p&#233;dagogie&lt;/strong&gt; savante t&#233;moigne d'une &lt;strong&gt;guerre inexpiable conduite contre le sens&lt;/strong&gt; [&#8230;] Cette p&#233;dagogie repose donc sur une psychologie du comportement qui a pris ses mod&#232;les [&#8230;] dans la &lt;strong&gt;psychologie animale&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1999&lt;/strong&gt;. Charles Coutel, Pr&#233;sident APPEP &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Actuellement le p&#233;dagogisme r&#232;gne&lt;/strong&gt; : j'appelle &#171; p&#233;dagogisme &#187; l'art de multiplier les pr&#233;alables inutiles &#224; l'acte d'apprendre et &#224; l'acte d'enseigner.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id370e_c0' colspan='2'&gt;Une certaine &#171; p&#233;dagogie &#187; quand m&#234;me, celle de l'initiation : &#171; Engager l'&#233;l&#232;ve dans une conversion philosophique, l'engager &#224; &#171; entrer en philosophie &#187; &#187;&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id370e_c0'&gt;&lt;strong&gt;1963.&lt;/strong&gt; Georges Gusdorf&lt;br class='autobr' /&gt;
La parole du ma&#238;tre est &lt;strong&gt;une&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;incantation&lt;/strong&gt; : un esprit se dresse &#224; l'appel d'un autre esprit ; par l'efficace de &lt;strong&gt;la rencontre&lt;/strong&gt;, une vie est chang&#233;e. [&#8230;] Le &lt;strong&gt;myst&#232;re p&#233;dagogique&lt;/strong&gt; aur&#233;ole la naissance d'un esprit, la venue d'un esprit au monde et &#224; lui-m&#234;me. [&#8230;] La rencontre face &#224; face sur les th&#232;mes impos&#233;s par l'emploi du temps n'est donc que le masque de cette autre rencontre plus &lt;strong&gt;secr&#232;te&lt;/strong&gt;, d'un&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;caract&#232;re&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;presque &lt;strong&gt;initiatique&lt;/strong&gt;. La plus haute fonction de la ma&#238;trise semble ainsi d'&#234;tre &lt;strong&gt;messag&#232;re de r&#233;v&#233;lation &lt;/strong&gt;par-del&#224; l'expos&#233; du savoir. Le rapport du ma&#238;tre au disciple est &lt;strong&gt;un dialogue sans communication&lt;/strong&gt;, une communion indirecte et sans pl&#233;nitude, une fugue dont la solution et r&#233;solution serait ind&#233;finiment refus&#233;e. &lt;strong&gt;Bergson&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;devant ses disciples les plus fid&#232;les, pensait tout haut, et tout seul&lt;/strong&gt;.&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1975&lt;/strong&gt; Louis Marie Morfaux, pr&#233;sident de l'APPEP,&lt;br class='autobr' /&gt;
La philosophie, si on l'enseigne dans l'ann&#233;e terminale et avec un horaire substantiel, concentr&#233;, est &lt;strong&gt;une esp&#232;ce de r&#233;v&#233;lation, un choc, une mise en question soudaine&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984. &lt;/strong&gt;Fran&#231;ois Dagognet, APEPP (Pr&#233;sident du Jury de l'Agr&#233;gation)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le professeur de philosophie est appel&#233; &#224; une &lt;strong&gt;t&#226;che si dramatique et si ardue&lt;/strong&gt; que tout doit &#234;tre &#224; son service afin de favoriser &lt;strong&gt;cette op&#233;ration m&#233;tamorphosante.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1989.&lt;/strong&gt; Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;L'initiation philosophique &lt;/strong&gt;est avant tout cette&lt;strong&gt; conversion&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;intellectuelle&lt;/strong&gt; supposant la pr&#233;sence des grands exemples qui, pour ainsi dire, met en sc&#232;ne l'audace de la pens&#233;e. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;2013.&lt;/strong&gt; Simon Perrier, pr&#233;sident de l'APPEP &lt;br class='autobr' /&gt;
Le cours de philosophie au lyc&#233;e doit donc &#234;tre philosophique, c'est-&#224;-dire &lt;strong&gt;engager l'&#233;l&#232;ve &lt;/strong&gt;dans une &lt;strong&gt;conversion philosophique&lt;/strong&gt;, l'engager &#224; &#171; &lt;strong&gt;entrer en philosophie&lt;/strong&gt; &#187;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='ide4cc_c0' colspan='2'&gt;Et une p&#233;dagogie de la rupture : &#171; L'auditoire doit se sentir d&#233;sesp&#233;r&#233; &#187;&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='ide4cc_c0'&gt;&lt;strong&gt;1978&lt;/strong&gt;. Bernard Bourgeois, Pr&#233;sident du Jury de l'Agr&#233;gation &lt;br class='autobr' /&gt;
L'esprit de la p&#233;dagogie h&#233;g&#233;lienne nous semble &#234;tre ce qui fait d'elle-m&#234;me &lt;strong&gt;une p&#233;dagogie de la rupture &lt;/strong&gt; [...] Il faut assur&#233;ment aller chercher ceux qui sont &#224; &#233;duquer, l&#224; o&#249; ils sont, mais&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;pour&lt;strong&gt; les arracher &#224; ce qu'ils sont&lt;/strong&gt; (dans le ph&#233;nom&#232;ne). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984. &lt;/strong&gt;Fran&#231;ois Dagognet, APEPP, Pr&#233;sident du Jury de l'Agr&#233;gation&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Un drame, d'abord&lt;/strong&gt;. La philosophie provoquera, effectivement, un &lt;strong&gt;bouleversement, une mutation&lt;/strong&gt;. Elle &lt;strong&gt;doit &#234;tre tenue pour une&lt;/strong&gt; &#171; &lt;strong&gt;effraction&lt;/strong&gt; &#187;. [&#8230;] Si elle se d&#233;finit comme &lt;strong&gt;'rupture' ou 'effraction'&lt;/strong&gt; on ne saurait la m&#234;ler &#224; d'autres disciplines (&#8230;)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984&lt;/strong&gt;. Georges Laforest, IPR puis IG&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui sont attentifs au premier chef &#224; l'int&#233;r&#234;t des &#233;l&#232;ves, de tous les &#233;l&#232;ves, pr&#233;f&#233;reront &lt;strong&gt;une p&#233;dagogie de la rupture&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1992 -&lt;/strong&gt; Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Le ma&#238;tre doit d&#233;cevoir toutes les attentes&lt;/strong&gt;. Et m&#234;me dans les commencements, &lt;strong&gt;l'auditoire doit se sentir d&#233;sesp&#233;r&#233;&lt;/strong&gt; : il d&#233;couvre, en effet, qu'il ne peut rien attendre que de son attention. C'est le grand secret d'enseigner, et qui pr&#233;pare la plus ferme audience.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='idf926_c0' colspan='2'&gt;Contre l'extension de la philosophie
&lt;p&gt;&#171; Le pire aura &#233;t&#233; &#233;vit&#233; : il n'est plus question de philosophie en Premi&#232;re &#187; (APPEP)&lt;/p&gt;
&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idf926_c0'&gt;&lt;strong&gt;1961. &lt;/strong&gt;Louis-Marie Morfaux, pr&#233;sident APPEP&lt;br class='autobr' /&gt;
[La philosophie est] le centre autour duquel doivent s'organiser les autres enseignements qui sont tous et doivent tous &#234;tre des enseignements de compl&#233;ment ou d'entretien. &lt;strong&gt;C'est pourquoi la tr&#232;s grande pluralit&#233;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;des professeurs&lt;/strong&gt; de philosophie est &lt;strong&gt;r&#233;solument hostile &lt;/strong&gt;&#224; tout projet qui r&#233;partirait cette initiation &lt;strong&gt;sur les deux derni&#232;res ann&#233;es&lt;/strong&gt; de l'enseignement secondaire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1977. &lt;/strong&gt;Jean Lefranc, pr&#233;sident de l'APPEP&lt;br class='autobr' /&gt;
Faut-il que les trompettes philosophiques appellent &#224; la conqu&#234;te de &lt;strong&gt;tous les niveaux de l'enseignement des lyc&#233;es et m&#234;me des coll&#232;ges ?&lt;/strong&gt; Il faut y r&#233;fl&#233;chir deux fois avant de se laisser aller &#224; de telles r&#234;veries un peu imp&#233;rialistes [&#8230;] le &lt;strong&gt;risque le plus grave&lt;/strong&gt; est le plus certain d'une expansion inconsid&#233;r&#233;e, et qu'elle ne puisse se r&#233;aliser effectivement que dans la confusion des disciplines (&#8230;). Si l'enseignement de la philosophie perd sa sp&#233;cificit&#233;, &lt;strong&gt;la pire d&#233;gradation id&#233;ologique est in&#233;vitable&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984. &lt;/strong&gt;Fran&#231;ois Dagognet, APEP, Pr&#233;sident du Jury de l'Agr&#233;gation&lt;br class='autobr' /&gt;
[La philosophie] suppose une &lt;strong&gt;unit&#233; de lieu&lt;/strong&gt;. La philosophie &lt;strong&gt;ne peut pas se diviser&lt;/strong&gt;. Elle ne se situe qu'&#224; un moment donn&#233;, &#224; la fin de la scolarit&#233;, lorsqu'un certain nombre d'exp&#233;riences, de lectures et de connaissances ont &#233;t&#233; re&#231;ues, qu'il s'agit de mettre en ordre et d'interroger ou de &#171; juger &#187;. Un enseignement de la philosophie&lt;strong&gt; donn&#233; en seconde&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;ou en premi&#232;re&lt;/strong&gt; d&#233;finit &lt;strong&gt;la pire des perversions&lt;/strong&gt; : on disperse, on feint d'&#233;tendre alors qu'on dilue. &#192; mettre la philosophie partout, il est clair qu'on ne la met nul part.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1991&lt;/strong&gt;. Jean Lefranc, pr&#233;sident de l'APPEP, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;apr&#232;s l'abandon du projet Derrida-Bouveresse notre action, celle de nos coll&#232;gues dans les associations, les syndicats, ont &#233;t&#233; efficaces. &lt;strong&gt;Le pire aura &#233;t&#233; &#233;vit&#233; : il n'est plus question de &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;philosophie en Premi&#232;re&lt;/strong&gt; !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;En 1961, Louis-Marie Morfaux, pr&#233;sident APPEP, r&#233;sume d'une phrase l'importance de notre enseignement : &lt;i&gt;La pens&#233;e philosophique est, sans aucun doute, directement ou indirectement, &lt;strong&gt;la plus belle parure de la civilisation fran&#231;aise&lt;/strong&gt;, celle &lt;strong&gt;par laquelle notre nation garde dans le monde une place de premier rang&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une importance menac&#233;e par la cr&#233;ation d&#233;j&#224; ancienne des s&#233;ries scientifiques : &lt;i&gt;Une d&#233;gradation [&#8230;] menace la classe de &lt;i&gt;Philosophie&lt;/i&gt; [&#8230; :] les professeurs de sciences y d&#233;versent tous les sous-produits des Sections-Scientifiques &#8230; &lt;strong&gt;&#233;l&#232;ves m&#233;diocres qui auraient d&#251; depuis longtemps &#234;tre &#233;limin&#233;s de l'enseignement secondaire&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant il est vrai, que Joseph Moreau avertit en 1966 :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La voie de &lt;strong&gt;l'instruction philosophique&lt;/strong&gt; est donc simple, mais aust&#232;re. Elle &lt;strong&gt;ne convient pas &#224; un enseignement de masse&lt;/strong&gt;. Mais la philosophie, en raison m&#234;me de sa finalit&#233; humaine et de son int&#233;r&#234;t universel, &lt;strong&gt;ne saurait &#234;tre vulgaris&#233; sans perdre son caract&#232;re, sans se d&#233;naturer&lt;/strong&gt;. La &lt;strong&gt;classe de philosophie&lt;/strong&gt; a longtemps &#233;t&#233; le couronnement des &#233;tudes classiques ; elle a &#233;t&#233; progressivement &lt;strong&gt;envahie et submerg&#233;e par des &#233;l&#233;ments m&#233;diocres&lt;/strong&gt;, venus des sections modernes, et qui se d&#233;tournaient des math&#233;matiques. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&#171; Civilisation &#187;, d&#233;sespoir devant &#171; l'invasion &#187;, la &#171; submersion &#187;, &#171; d'&#233;l&#232;ves m&#233;diocres &#187; qu'il faudrait &#171; &#233;liminer &#187;, la d&#233;ploration conservatrice r&#233;appara&#238;t avec force &#224; chaque tentative de r&#233;forme, le &#171; p&#233;dagogue &#187; faisant figure de l'ennemi, ou du tra&#238;tre s'il est lui-m&#234;me professeur de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question p&#233;dagogique est une question politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les conservateurs sont &#233;litistes&lt;/strong&gt;. Ils refusent la politique de &lt;i&gt;d&#233;mocratisation p&#233;dagogique&lt;/i&gt; initi&#233;e par la gauche dans les ann&#233;es 1990, parce qu'ils refusent &lt;i&gt;la d&#233;mocratisation sociale &lt;/i&gt;du lyc&#233;e, c'est-&#224;-dire la transformation du lyc&#233;e issue des grandes r&#233;formes structurelles (1945-1975). Faute de pouvoir retrouver le lyc&#233;e (mythifi&#233;) d'antan, il vaudrait mieux r&#233;server l'enseignement philosophique &#224; une minorit&#233;, car seule une minorit&#233; d'&#233;l&#232;ves peut satisfaire les exigences de son cadre. Ils refusent pour cette m&#234;me raison toute extension de la philosophie au lyc&#233;e professionnel ou en amont de la Terminale. C'est pourquoi ils attaquent l'id&#233;e d'une n&#233;cessaire &lt;i&gt;progressivit&#233;&lt;/i&gt; de l'enseignement philosophique. Qu'importe que le lyc&#233;e ait chang&#233;, eux ne veulent pas changer, ils d&#233;fendent donc le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;C'est pour justifier cet immobilisme, qu'ils ont &#233;labor&#233; un discours&lt;i&gt; &lt;/i&gt;sur l'essence de la philosophie&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;et de son enseignement (Ma&#238;tre-Philosophe, Le&#231;on, Dissertation, Prise de notes). La fonction de ce discours est &lt;i&gt;id&#233;ologique &lt;/i&gt; : occulter la question de la d&#233;mocratisation, qu'ils refusent. Ils proclament la destination universelle de la philosophie mais refusent l'universalisation des moyens d'y satisfaire, rendant la philosophie inaccessible &#224; ceux qui n'ont pas d&#233;j&#224; acquis, &#224; l'ext&#233;rieur de l'&#233;cole, les dispositions qu'elle requiert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les progressistes sont &#233;galitaires&lt;/strong&gt;. Ils acceptent &lt;i&gt;la d&#233;mocratisation sociale&lt;/i&gt; de lyc&#233;e parce qu'&#224; leurs yeux elle r&#233;sulte du processus d&#233;mocratique qu'ils soutiennent. Ils r&#233;cusent l'id&#233;e que la &lt;i&gt;nature &lt;/i&gt;de la philosophie interdirait son enseignement &#224; tous et avant la Terminale. Ils souhaitent la &lt;i&gt;d&#233;mocratisation p&#233;dagogique&lt;/i&gt; qui conditionne pour eux l'acc&#232;s &lt;i&gt;effectif&lt;/i&gt; de tous &#224; la philosophie, et pas seulement un acc&#232;s &#171; en droit &#187; et refus&#233; en fait. La &lt;i&gt;d&#233;mocratisation p&#233;dagogique&lt;/i&gt; implique de &lt;i&gt;scolariser&lt;/i&gt; pour de bon l'enseignement philosophique, d'accepter que la philosophie soit une discipline &#171; comme les autres &#187;, de sortir de la mythologie de l'exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que l'on retrouve la question des &lt;i&gt;programmes&lt;/i&gt; parce qu'ils d&#233;finissent le cadre p&#233;dagogique de l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;CE QUI NE VA PAS DANS LES PROGRAMMES DE NOTIONS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a)&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Un programme de notions est un non-programme&lt;/strong&gt;. Il fonctionne comme un catalogue de mots que chaque enseignant peut interpr&#233;ter &#224; sa guise. En l'absence de tout contexte de d&#233;termination s&#233;mantique ou r&#233;f&#233;rentielle, les &#171; notions &#187; ne sont en effet que de simples &lt;i&gt;items lexicaux&lt;/i&gt; ne connotant ou ne d&#233;notant rien de pr&#233;cis, rien de d&#233;termin&#233;. La philosophie est ainsi la seule discipline qui se refuse &#224; indiquer ce que les &#233;l&#232;ves &#233;tudieront et apprendront effectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b) Un programme de notions est par d&#233;finition infaisable&lt;/strong&gt;. Le nombre de probl&#232;mes auxquels renvoient chaque notion est lui-m&#234;me ind&#233;fini. &#192; la limite, une seule notion pourrait remplir une ann&#233;e d'&#233;tude, comme &#224; l'agr&#233;gation ou en pr&#233;pa. L'ACIREPH a montr&#233; qu'en s'en tenant aux seuls les sujets du baccalaur&#233;at sur l'&lt;i&gt;art&lt;/i&gt;, celle-ci renvoyait &#224; 23 probl&#233;matiques diff&#233;rentes (et celle de &lt;i&gt;langage&lt;/i&gt; &#224; 27 probl&#233;matiques). D'o&#249; la plainte r&#233;currente des professeurs (&#171; je n'arrive jamais &#224; finir le programmes &#187;), les acc&#233;l&#233;rations brutales en fin d'ann&#233;e (&#171; j'ai fait l'inconscient en deux heures &#187;), ou les cours en &lt;i&gt;pdf&lt;/i&gt; transmis aux &#233;l&#232;ves qui ne suffisent pas &#224; se donner bonne conscience. Une illusion assez commune est &#224; noter : croire qu'en r&#233;duisant le &lt;i&gt;nombre&lt;/i&gt; de notions, cela irait mieux. Cela ne changerait pas grand-chose, une &lt;i&gt;notion&lt;/i&gt; ind&#233;termin&#233;e restant une notion &lt;i&gt;ind&#233;termin&#233;e&lt;/i&gt;. M&#234;me avec 4 ou 5 notions, le temps ne suffirait pas, en raison du nombre ind&#233;finissable de probl&#233;matiques qui leur seraient li&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c) La loterie de l'enseignement. &lt;/strong&gt;Un programme de notions fait qu'il y a autant de cours que de professeurs. Chaque professeur interpr&#232;te les &lt;i&gt;items lexicaux&lt;/i&gt; du programme selon ses orientations pr&#233;f&#233;rentielles, les hasards de sa formation (&#171; je ne connais pas Zhuangzi &#187;, &#171; je ne comprends rien &#224; Wittgenstein &#187;, etc.). La libert&#233; du professeur va jusqu'&#224; pouvoir interpr&#233;ter les &#171; notions &#187; du programme au gr&#233; ses diverses associations m&#233;taphoriques ou m&#233;tonymiques. L'&#233;galit&#233; des &#233;l&#232;ves devant l'enseignement et les examens ne s'y retrouve pas. Les parents croisent les doigts pour que leur enfant &#171; tombe sur le bon prof. de philo &#187;. Car les r&#233;putations se font vite et sont &#224; la mesure des errances rendues possibles par un enseignement sans cadre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c) La loterie du baccalaur&#233;at.&lt;/strong&gt; En philosophie la notation n'est pas arbitraire. Mais il y a un al&#233;atoire massif : celui de la &lt;i&gt;rencontre&lt;/i&gt; entre ce que le professeur a&lt;i&gt; &lt;/i&gt;fait pendant l'ann&#233;e et&lt;i&gt; &lt;/i&gt;ce que ses &#233;l&#232;ves auront &#224; traiter au baccalaur&#233;at. Il est tr&#232;s rare en effet que les sujets co&#239;ncident avec ce que les &#233;l&#232;ves ont &#233;tudi&#233;. Un peu comme si on faisait un &#171; bac blanc &#187; en &#233;vitant soigneusement de donner aux &#233;l&#232;ves des sujets en rapport avec ce qui &#233;tudi&#233; en classe. Cette absurdit&#233; est de r&#232;gle &#224; l'examen. Les &#233;l&#232;ves sont pratiquement assur&#233;s d'avoir des sujets auxquels ils auront &#233;t&#233; peu ou mal pr&#233;par&#233;s, ou de mani&#232;re trop indirecte ou oblique (&#171; mais si on en avait aussi parl&#233; quand on a fait telle notion &#187;). Pour les conservateurs, c'est une garantie que le baccalaur&#233;at demeure &#224; la hauteur de &#171; l'exigence philosophique &#187;. Chaque &#233;l&#232;ve doit ainsi inventer en 4 heures une solution originale &#224; un probl&#232;me qu'il d&#233;couvre le jour m&#234;me. Avoir le choix entre 3 sujets n'est qu'un pi&#232;tre palliatif qui ne trompe personne. C'est pourquoi chaque ann&#233;e, les professeurs scrutent avec anxi&#233;t&#233; les sujets et sont mortifi&#233;s quand aucun d'eux ne s'approche &lt;i&gt;suffisamment&lt;/i&gt; du travail de l'ann&#233;e, car le travail a bien &#233;t&#233; fait et les &#233;l&#232;ves ont travaill&#233;. La philosophie est ainsi la seule discipline o&#249; les &#233;l&#232;ves sont &#233;valu&#233;s sur ce qu'ils n'ont pas &#233;tudi&#233; et ne le sont pas sur ce qu'ils ont &#233;tudi&#233;. Que les copies de bac soient vides, d&#233;sesp&#233;rantes, n'a rien de surprenant. Les professeurs ne savent plus ce qu'ils corrigent (le fran&#231;ais, une trace de cours ou de bonne volont&#233; ?). Et quelles raisons les &#233;l&#232;ves auraient-ils de croire que le travail paye en philo ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;d) Le sophisme de &#171; la libert&#233; du professeur &#187;.&lt;/strong&gt; Les adversaires de la d&#233;termination des programmes lui opposent toujours la &#171; libert&#233; du professeur &#187;. Ils entretiennent la confusion entre d'un c&#244;t&#233;,la &lt;i&gt;libert&#233; doctrinale &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;la libert&#233; p&#233;dagogique&lt;/i&gt;, et de l'autre, la &lt;i&gt;libert&#233; programmatique&lt;/i&gt;, celle de faire soi-m&#234;me &lt;i&gt;son&lt;/i&gt; programme. Nombre d'enseignants qui se croient progressistes ou d&#233;mocrates partagent ce point de vue et tiennent aux programmes de notions pour cette seule raison (faire ce qu'on veut). Il faut donc rappeler qu'un programme qui limite et pr&#233;cise les objets de l'&#233;tude, laisse enti&#232;re la &lt;i&gt;libert&#233; doctrinale&lt;/i&gt;, celle des r&#233;f&#233;rences et des conclusions, et la &lt;i&gt;libert&#233; p&#233;dagogique&lt;/i&gt;, celle des m&#233;thodes, des pratiques et des exercices. Rappeler aussi que l'argument la &#171; libert&#233; du professeur &#187; demeure l'obstacle le plus r&#233;sistant &#224; la &lt;i&gt;scolarisation&lt;/i&gt; de la philosophie, et donc &#224; la &lt;i&gt;d&#233;mocratisation&lt;/i&gt; de son enseignement. Le programme de philosophie en HLP suffit &#224; prouver qu'un programme qui pr&#233;cise les questions &#224; &#233;tudier, les objectifs d'apprentissage, parfois les r&#233;f&#233;rences, ne diminue en rien la libert&#233; des enseignants d&#232;s lors qu'on ne la confond pas avec libert&#233; exorbitante de d&#233;cider soi-m&#234;me du programme, la libert&#233; de d&#233;scolariser, de d&#233;r&#233;guler le plus possible l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;POSITIONS DE L'ACIREPh SUR LES PROGRAMMES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le programme de philosophie doit circonscrire le petit nombre de questions &#224; &#233;tudier&lt;/strong&gt;. Pour savoir ce qui &#224; &#233;tudier ou pas, disposer du temps n&#233;cessaire pour le faire, et surtout pour exercer les &#233;l&#232;ves, d&#233;velopper leurs comp&#233;tences, s'approprier les exigences discursives sp&#233;cifiques &#224; la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le programme de philosophie doit indiquer les &#233;l&#233;ments de la culture philosophique &lt;/strong&gt;initiale qu'il est cens&#233; offrir &#224; &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; les &#233;l&#232;ves. Avec les programmes de notions, personne ne sait ou ne peut dire ce qu'un &#233;l&#232;ve a effectivement appris au terme de son ann&#233;e de philosophie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#233;l&#233;ments consisteraient par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en &lt;i&gt;rep&#232;res doctrinaux&lt;/i&gt; attach&#233;s &#224; chaque question du programme (th&#232;ses et argumentations fondatrices, et leur discussion)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en &lt;i&gt;rep&#232;res lexicaux et conceptuels&lt;/i&gt; li&#233;s &#224; chaque question, n&#233;cessaires &#224; la conceptualisation et &#224; l'analyse du probl&#232;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en &lt;i&gt;un ou deux textes&lt;/i&gt; courts pour chaque question du programme, mais pas plus pour que le professeur conserve la libert&#233; de proposer les compl&#233;ments de son choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un programme de philosophie doit indiquer les objectifs d'apprentissage&lt;/strong&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;mocratisation suppose de travailler en classe les d&#233;marches de pens&#233;e propres au discours philosophique. Les comp&#233;tences philosophiques sp&#233;cifiques sont rarement acquises par les &#233;l&#232;ves qui arrivent en Terminale, ce qui est logique. Il faut enseigner et exercer. Cet apprentissage n'a rien de techniciste ou d'antiphilosophique. La r&#233;flexion sur les op&#233;rations de pens&#233;e et la ma&#238;trise des comp&#233;tences philosophiques &#233;tant essentielle &#224; une formation &lt;i&gt;philosophique&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;utile &#224; tous&lt;/i&gt;, au-del&#224; de la philosophie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le conseil d'administration</title>
		<link>https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/article/le-conseil-d-administration</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/article/le-conseil-d-administration</guid>
		<dc:date>2026-03-31T11:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Acireph</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le conseil d'administration (C.A.) de l'ACIREPh est &#233;lu par l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale (A.G.) de l'association. Celle-ci a lieu une fois par an. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le C.A. se r&#233;unit p&#233;riodiquement et fait avancer les chantiers de l'association, en lien avec les adh&#233;rent&#8901;e&#8901;s. Il dispose d'une liste de diffusion d&#233;di&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il publie r&#233;guli&#232;rement un bulletin &#224; destination des adh&#233;rent&#8901;e&#8901;s. Composition du C.A. Fanny Bernard (pr&#233;sidente) Marie Coasne-Khawrin Serge Cosp&#233;rec (tr&#233;sorier) R&#233;my David Guillaume Durieux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/" rel="directory"&gt;Pr&#233;sentation de l'ACIREPh&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le conseil d'administration (C.A.) de l'ACIREPh est &#233;lu par l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale (A.G.) de l'association. Celle-ci a lieu une fois par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le C.A. se r&#233;unit p&#233;riodiquement et fait avancer les chantiers de l'association, en lien avec les adh&#233;rent&#8901;e&#8901;s. Il dispose d'une liste de diffusion d&#233;di&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il publie r&#233;guli&#232;rement un &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/spip.php?article24&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bulletin&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt; &#224; destination des adh&#233;rent&#8901;e&#8901;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Composition du C.A.&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Fanny Bernard (pr&#233;sidente)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Marie Coasne-Khawrin&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Serge Cosp&#233;rec (tr&#233;sorier)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; R&#233;my David&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Guillaume Durieux&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Laurent Germain (secr&#233;taire)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Antoine Gerspach &lt;/li&gt;&lt;li&gt; Nicole Grataloup&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Guillaume Lambey&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sarah Margairaz&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Emile Petitjean&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Janine Reichstadt&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Charlie Renard&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Bastien Sueur&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sylvain Theulle&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Lisa Tierny&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Inscription &#224; la journ&#233;e d'&#233;tude du 13 juin 2022</title>
		<link>https://www.acireph.org/journees-d-etude/article/inscription-a-la-journee-d-etude-du-13-juin-2022</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/journees-d-etude/article/inscription-a-la-journee-d-etude-du-13-juin-2022</guid>
		<dc:date>2022-05-14T11:11:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Enseigner la philosophie : questions de m&#233;tier &lt;br class='autobr' /&gt;
Lyc&#233;e Lur&#231;at &#8211; 48 avenue des Gobelins &#8211; Paris 13&#232;me M&#233;tro : Place d'Italie ou Gobelins &lt;br class='autobr' /&gt;
Lundi 13 juin 2022, 9h30 - 17h30 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces derni&#232;res ann&#233;es, l'enseignement de la philosophie a &#233;t&#233; significativement boulevers&#233;. La r&#233;forme &#171; Blanquer &#187; a eu au moins trois cons&#233;quences importantes : les &#233;l&#232;ves se trouvent dispers&#233;s dans diff&#233;rentes sp&#233;cialit&#233;s, relativisant la centralit&#233; et la coh&#233;rence du groupe classe ; les enseignantes et les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.acireph.org/journees-d-etude/" rel="directory"&gt;Journ&#233;es d'&#233;tude&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/pratiques" rel="tag"&gt;Pratiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Enseigner la philosophie :
questions de m&#233;tier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lyc&#233;e Lur&#231;at &#8211; 48 avenue des Gobelins &#8211; Paris 13&#232;me M&#233;tro : Place d'Italie ou Gobelins&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 13 juin 2022, 9h30 - 17h30&lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;span class=&#034;base64php21263505036a0c0506889d94.63936464&#034; title=&#034;PD9waHAKaW5jbHVkZV9vbmNlKCIuLyIgLiBfRElSX1JBQ0lORSAuICJlY3JpcmUvYmFsaXNlL2Zvcm11bGFpcmVfLnBocCIpOwppZiAoJGxhbmdfc2VsZWN0ID0gImZyIikgJGxhbmdfc2VsZWN0ID0gbGFuZ19zZWxlY3QoJGxhbmdfc2VsZWN0KTsKaW5zZXJlcl9iYWxpc2VfZHluYW1pcXVlKGJhbGlzZV9GT1JNVUxBSVJFX19keW4oYXJndW1lbnRzX2JhbGlzZV9keW5fZGVwdWlzX21vZGVsZSgnRk9STVVMQUlSRV9GT1JNSURBQkxFJyksICdmb3JtX2plXzA2XzIwMjInKSwgYXJyYXkoJycsICcnLCAnJywgJycsICdmcicsICcxJykpOwppZiAoJGxhbmdfc2VsZWN0KSBsYW5nX3NlbGVjdCgpOwo/Pg==&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, l'enseignement de la philosophie a &#233;t&#233; significativement boulevers&#233;. La r&#233;forme &#171; Blanquer &#187; a eu au moins trois cons&#233;quences importantes : les &#233;l&#232;ves se trouvent dispers&#233;s dans diff&#233;rentes sp&#233;cialit&#233;s, relativisant la centralit&#233; et la coh&#233;rence du groupe classe ; les enseignantes et les enseignants de philosophie ont d&#251; s'emparer des cours de HLP, en collaboration avec leurs coll&#232;gues de fran&#231;ais, et s'approprier de nouveaux programmes et de nouveaux exercices ; le poids du contr&#244;le continu, accentu&#233; par la r&#233;forme &#171; ParcourSup &#187;, a &#233;t&#233; renforc&#233;, modifiant le rapport des &#233;l&#232;ves et des enseignants &#224; l'&#233;valuation. Si ces changements ont &#233;t&#233; largement discut&#233;s, comment&#233;s et d&#233;nonc&#233;s, un bilan de la mani&#232;re dont ils ont concr&#232;tement affect&#233; nos pratiques reste &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ACIREPh a toujours eu &#224; c&#339;ur de construire des espaces d'&#233;change, de r&#233;flexion et de proposition aux enseignantes et aux enseignants de philosophie. L'enseignement de la philosophie ne saurait se r&#233;duire &#224; un face-&#224;-face entre professeur et &#233;l&#232;ves. C'est un m&#233;tier engageant des pratiques, des interrogations et des difficult&#233;s collectives. Force est pourtant de constater que ces espaces d'&#233;change manquent. Le succ&#232;s, jamais d&#233;menti, des journ&#233;es d'&#233;tude th&#233;matiques organis&#233;es chaque ann&#233;e par l'ACIREPh montre pourtant qu'une demande existe pour de tels espaces. Forte de ce constat, l'ACIREPh a d&#233;cid&#233; d'organiser cette ann&#233;e une nouvelle journ&#233;e d'&#233;tude qui se tiendra le lundi 13 juin au lyc&#233;e Jean Lur&#231;at &#224; Paris, de 9h &#224; 17h30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette journ&#233;e sera consacr&#233;e aux questions de m&#233;tier. Il s'agira de r&#233;fl&#233;chir collectivement aux probl&#232;mes que nous rencontrons concr&#232;tement, toutes et tous, dans nos pratiques d'enseignement. Pour ce faire, des groupes de discussion th&#233;matique seront organis&#233;. Les r&#233;sultats des discussions seront mis en commun et donneront lieu &#224; la publication d'une synth&#232;se sur le site de l'ACIREPh. Le nombre de ces groupes ainsi que les th&#232;mes d&#233;pendront du nombre de participantes et de participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette journ&#233;e est vou&#233;e &#224; se p&#233;renniser. La r&#233;gularit&#233; de ces rencontres contribuera, nous l'esp&#233;rons, au renforcement de la r&#233;flexion collective et des &#233;changes. L'ACIREPh porte depuis plus de 20 ans un certain nombre de revendications ambitieuses en mati&#232;re de r&#233;forme de l'enseignement de la philosophie. Nous esp&#233;rons que ces discussions seront aussi l'occasion de formuler de nouvelles revendications, d'amender de plus anciennes et, plus largement, de relancer une r&#233;flexion politique sur le sens d'un engagement ferme en faveur de la d&#233;mocratisation de l'enseignement de la philosophie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous envisageons des groupes de discussion autour des th&#232;mes suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quelle place donnons-nous &#224; l'oral dans le travail de nos &#233;l&#232;ves ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En quoi la sp&#233;cialit&#233; HLP change-t-elle notre approche et nos pratiques de l'enseignement de la philosophie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quels sont nos besoins en formation initiale et continue ? Ont-ils &#233;volu&#233; et, si oui, comment ? Comment introduire plus de questions de m&#233;tier dans une formation de style encore tr&#232;s universitaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quels autres exercices que les dissertations et les explications de texte proposons-nous aux &#233;l&#232;ves pour les faire progresser ? Comment &#233;valuer leurs effets ? Quels dilemmes posent-ils ? Quelles normes v&#233;hiculent-ils ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quelles sont les difficult&#233;s r&#233;currentes, voire les impasses, que nous exp&#233;rimentons au quotidien dans notre enseignement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; A quoi servent les programmes de philosophie ? En quoi la sp&#233;cialit&#233; HLP propose-t-elle une approche nouvelle du r&#244;le des programmes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute autre proposition est bienvenue ! N'h&#233;sitez pas &#224; &#233;crire &#224; contact@acireph.org&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manifeste pour l'enseignement de la philosophie</title>
		<link>https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/article/manifeste-pour-l-enseignement-de-la-philosophie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/article/manifeste-pour-l-enseignement-de-la-philosophie</guid>
		<dc:date>2020-08-29T01:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;dagogie</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>Connaissances</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce texte est un acte fondateur de l'association. Il part d'un &#233;tat des lieux de l'enseignement de la philosophie en France pour en arriver &#224; une liste de 10 chantiers qui d&#233;finissent les buts de l'ACIREPh.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Manifeste pour l'enseignement de la philosophie a &#233;t&#233; unanimement approuv&#233; lors de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du 31 mars 2001. Il a &#233;t&#233; actualis&#233; en 2020.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/" rel="directory"&gt;Pr&#233;sentation de l'ACIREPh&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/activites" rel="tag"&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/pedagogie" rel="tag"&gt;P&#233;dagogie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/avenir-de-la-philosophie" rel="tag"&gt;Avenir de la philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/connaissances" rel="tag"&gt;Connaissances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#034;&lt;i&gt;La philosophie n'est pas un temple, mais un chantier.&lt;/i&gt;&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Canguilhem&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e est en panne. Certes, il n'a jamais touch&#233; autant d'&#233;l&#232;ves qu'aujourd'hui et sa l&#233;gitimit&#233; n'a jamais &#233;t&#233; mieux &#233;tablie dans une soci&#233;t&#233; o&#249; la demande de philosophie, quelle que soit son ambigu&#239;t&#233;, n'a jamais &#233;t&#233; aussi forte. Mais sa vitalit&#233;, sa capacit&#233; de renouvellement sont atteintes et les sympt&#244;mes d'un d&#233;p&#233;rissement de la philosophie scolaire se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des sympt&#244;mes de d&#233;p&#233;rissement&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Un grand nombre d'&#233;l&#232;ves&lt;/i&gt; &#8212; et pas seulement dans les s&#233;ries technologiques &#8212; &lt;i&gt;ne parviennent pas &#224; tirer un r&#233;el profit de l'enseignement de philosophie tel qu'il leur est actuellement dispens&#233;&lt;/i&gt;. Cela fait dire que les &#233;l&#232;ves qui n'ont pas de philosophie en demandent, mais que ceux qui en font s'y ennuient. La formule est sans doute excessive, mais les constats que tout un chacun peut faire au moment du baccalaur&#233;at ne sont gu&#232;re encourageants : nombre de copies ne portent aucune trace d'un an de philosophie, et malgr&#233; leur bonne volont&#233; &#233;vidente la plupart n'en contiennent que des bribes confuses ; seule une fraction d'entre elles t&#233;moignent de l'acquisition des rudiments d'une culture et d'une d&#233;marche philosophique. Les difficult&#233;s d'&#233;valuation, si fr&#233;quemment &#233;voqu&#233;es (et auxquelles la profession ne s'est jamais vraiment donn&#233; les moyens de faire face, sauf &#224; relever la notation d'une fa&#231;on volontariste qui &#233;lude le probl&#232;me), ne sont qu'un sympt&#244;me : ce qu'enregistre en d&#233;finitive l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at - et qu'on constate au-del&#224; du bac dans toutes les formations sup&#233;rieures - c'est l'incapacit&#233; de l'enseignement de philosophie &#224; former actuellement d'une mani&#232;re satisfaisante une grande partie des &#233;l&#232;ves qui lui sont confi&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Face &#224; l'expression de nouvelles demandes et de nouveaux besoins, on enregistre dans la profession des r&#233;actions de frilosit&#233; et de crispation. &lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Depuis trente ans, &lt;i&gt;toutes les tentatives pour r&#233;former les programmes ont &#233;chou&#233;&lt;/i&gt;. Plus globalement, la profession se montre incapable d'assurer une &#233;volution r&#233;guli&#232;re de la discipline qui tienne compte aussi bien de l'&#233;tat des d&#233;bats philosophiques contemporains que des changements dans l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques mois de philosophie en terminale, les &#233;l&#232;ves se plaignent presque unanimement d'avoir une seule ann&#233;e pour assimiler la d&#233;marche et la culture philosophique n&#233;cessaires et regrettent de n'avoir pas commenc&#233; d&#232;s la classe de premi&#232;re. Mais il faut bien reconna&#238;tre que &lt;i&gt;l'id&#233;e d'enseigner la philosophie sur deux ans, voire trois &lt;/i&gt; (comme c'est le cas dans la plupart des pays d'Europe o&#249; existe un enseignement, obligatoire ou optionnel, de philosophie) suscite encore aujourd'hui dans la profession des divergences sensibles d'appr&#233;ciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'enseignement dans les s&#233;ries technologiques&lt;/i&gt; reste un sujet tabou : le cadavre dans le placard. Les difficult&#233;s y sont criantes. Mais jamais on n'a pris la peine de r&#233;unir ceux qui y enseignent pour mesurer leurs succ&#232;s comme leurs &#233;checs, et en tirer les cons&#233;quences. Si nombre de professeurs se passionnent pour cet enseignement, et quelquefois y r&#233;ussissent, beaucoup attendent impatiemment la mutation qui les d&#233;livrera de ce qu'ils vivent comme un fardeau ; et plus d'un dit d&#233;sormais &#224; mi-voix qu'apr&#232;s tout la philosophie n'a peut-&#234;tre pas sa place dans ces s&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, est-il surprenant que &lt;i&gt;l'hypoth&#232;se d'un enseignement de la philosophie dans les lyc&#233;es professionnels&lt;/i&gt; inqui&#232;te plus qu'elle n'enthousiasme ? Sa mise en place poserait assur&#233;ment d'&#233;normes probl&#232;mes. Mais on peut se demander si, par l'effet de ses craintes, la profession ne pr&#233;f&#232;rera pas plut&#244;t renoncer devant l'obstacle que se demander si ce ne serait pas pour elle l'occasion d'innovations f&#233;condes et de remises en cause salutaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La philosophie est-elle encore formatrice ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Devant ces ph&#233;nom&#232;nes de fragilisation, de scl&#233;rose et de d&#233;sarroi, on peut se demander combien de temps encore la philosophie sera en mesure de justifier et de conserver sa place si particuli&#232;re dans l'enseignement secondaire fran&#231;ais. Et la question qui se pose est la suivante : &lt;strong&gt;A quelles conditions la philosophie au lyc&#233;e peut-elle rester ou redevenir une discipline vivante et formatrice ?&lt;/strong&gt; Cette question ne concerne pas seulement les enseignants de philosophie, mais tous ceux qui, &#224; des titres divers, s'int&#233;ressent &#224; elle parce qu'ils enseignent d'autres disciplines, parce qu'ils ont des responsabilit&#233;s syndicales ou politiques, parce qu'ils sont &#233;l&#232;ves, parents d'&#233;l&#232;ves, ou tout simplement des citoyens &#224; qui l'avenir de cet enseignement importe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour leur part, les professeurs de philosophie du secondaire se retrouvent extraordinairement d&#233;munis : il n'existe parmi eux aucune structure institutionnelle d'&#233;change didactique et p&#233;dagogique. Chacun est seul dans ses classes, aussi bien pour faire face &#224; ses &#233;checs et &#224; ses besoins que pour soutenir et poursuivre dans la dur&#233;e ses propres innovations. La formation initiale des professeurs de philosophie et leur formation continue restent presque exclusivement th&#233;oriques. Pire : les exp&#233;riences et les recherches didactiques et p&#233;dagogiques sont parfois accueillies avec m&#233;fiance ou m&#233;pris. Celui qui en exprime le besoin est aussit&#244;t soup&#231;onn&#233; d'entretenir une conception techniciste ou formaliste de l'enseignement qui ferait perdre &#224; la philosophie son &#226;me : il passe simplement pour un pi&#232;tre professeur parce qu'il serait un mauvais philosophe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La &#8220;doctrine officieuse&#8221; et ses cons&#233;quences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, p&#232;se depuis 50 ans sur l'enseignement de philosophie une &lt;i&gt;doctrine officieuse &lt;/i&gt; qui impr&#232;gne et oriente de fait la profession. Elle est &lt;i&gt;officieuse&lt;/i&gt; parce qu'elle ne figure comme telle dans aucune instruction officielle ni aucun texte de programme. Mais c'est une &lt;i&gt;doctrine&lt;/i&gt; parce qu'elle est explicite et coh&#233;rente ; elle a &#233;t&#233; express&#233;ment formul&#233;e lors de colloques, de conf&#233;rences et dans divers articles ; elle est en permanence rappel&#233;e en filigrane dans les rapports des jurys de concours ou certains rapports d'inspection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette doctrine part d'un principe qui inspire l'enseignement de la philosophie en France depuis plus d'un si&#232;cle :&lt;i&gt; l'enseignement de la philosophie est un enseignement philosophique.&lt;/i&gt; Sa finalit&#233; premi&#232;re n'est pas que l'&#233;l&#232;ve sache ce qu'ont dit Platon ou Descartes, mais qu'il apprenne &#224; mener par lui-m&#234;me une r&#233;flexion philosophique et d&#233;veloppe ainsi son esprit critique et l'autonomie de son jugement. C'est l&#224; un principe que personne ne conteste. Ce qui est contestable en revanche, c'est la d&#233;formation que la doctrine officieuse lui fait subir, et ce sont les normes et les repr&#233;sentations qu'elle pr&#233;tend en tirer pour l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du principe qu'un enseignement de la philosophie doit &#234;tre philosophique, elle croit pouvoir en d&#233;duire deux autres :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'enseignement de la philosophie &lt;i&gt;n'&lt;/i&gt;aurait &#224; r&#233;pondre &lt;i&gt;qu'&#224; &lt;/i&gt; des exigences philosophiques, &#224; l'exclusion de toute autre ; et&lt;/li&gt;&lt;li&gt; il lui &lt;i&gt;suffirait&lt;/i&gt; de satisfaire &#224; ces exigences pour &#234;tre ce qu'il doit &#234;tre.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, c'est &#224; partir de la &lt;i&gt;seule&lt;/i&gt; consid&#233;ration de l'essence de la philosophie que devrait se r&#233;gler son enseignement. Le sophisme est manifeste : que l'enseignement de la philosophie doive r&#233;pondre &#224; des exigences philosophiques n'implique &#233;videmment pas qu'il doive, et puisse m&#234;me, en ignorer d'autres, celles qui d&#233;coulent du fait qu'il est un enseignement et qu'il s'adresse, dans un cadre scolaire pr&#233;cis, &#224; des &#233;l&#232;ves d&#233;termin&#233;s : des exigences p&#233;dagogiques et didactiques. Elaborer un programme qui soit formateur pour les &#233;l&#232;ves d'une s&#233;rie d&#233;termin&#233;e, s'entendre sur des crit&#232;res d'&#233;valuation, concevoir un enseignement dans les lyc&#233;es professionnels, etc. : aucun de ces probl&#232;mes ne peut &#234;tre r&#233;solu sans articuler ensemble exigences philosophiques, p&#233;dagogie et didactique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette articulation, la doctrine officieuse la rend impossible : constituant la philosophie en puissance r&#233;gulatrice qui n'a de compte &#224; rendre qu'&#224; elle-m&#234;me, elle conduit &#224; juger son enseignement en rapport avec des exigences abstraites et id&#233;ales, jamais en rapport avec ses effets de formation sur ceux &#224; qui il s'adresse. L'enseignant de philosophie n'aurait &#224; justifier ce qu'il dit et fait qu'au regard d'une id&#233;e de la philosophie comme pens&#233;e qui se fonde en permanence sur elle-m&#234;me. Or cette id&#233;e rel&#232;ve d'&lt;i&gt;une&lt;/i&gt; conception de la philosophie ; elle est r&#233;cus&#233;e dans d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, une telle doctrine conduit &#224; ignorer ou m&#233;priser les exigences p&#233;dagogiques propres &#224; la situation scolaire : ou bien on pr&#233;tend qu'elles sont magiquement satisfaites pourvu que celles de la philosophie le soient ; ou bien on les renvoie &#224; l'idiosyncrasie et &#224; la &#8220;petite cuisine&#8221; de chaque enseignant. Cela revient &#224; entretenir la c&#233;cit&#233; sur les processus par lesquels les &#233;l&#232;ves s'approprient peu &#224; peu les comp&#233;tences et les savoirs requis et sur les obstacles qu'ils peuvent rencontrer dans ces apprentissages. Cela revient &#224; la n&#233;gation pure et simple du &lt;i&gt;m&#233;tier&lt;/i&gt; d'enseignant et des pratiques diverses par lesquelles chacun dans ses classes, de mani&#232;re intuitive ou m&#233;thodique, s'efforce de conduire le travail et la progression de ses &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &lt;i&gt;le mythe d'une discipline &#8220; ascolaire &#8221;&lt;/i&gt; se paie cher. Au fil des ann&#233;es s'est d&#233;velopp&#233;e une scolarisation rampante et non assum&#233;e de la philosophie, une mauvaise scolarisation : ce sont les sujets du bac et les manuels qui fixent le programme r&#233;el et ce sont les fascicules de m&#233;thode qui codifient la dissertation. Et tant qu'on se contentera de d&#233;clarer que les candidats au baccalaur&#233;at doivent &#8220; prendre le risque de penser &#8221; et qu'une bonne copie est celle qui &#8220; &#233;tonne le correcteur &#8221;, il ne faudra pas s'&#233;tonner de voir les &#233;l&#232;ves chercher &#224; se rassurer, demander avec insistance ce qu'on attend d'eux et, faute de r&#233;ponse, se d&#233;brouiller avec l'aide en ligne sur l'Internet. Sous l'effet de cette r&#233;gulation par le mauvais bout, les contenus se normalisent et s'appauvrissent, les exigences m&#233;thodologiques tournent &#224; la caricature. Tout se passe comme si la doctrine officieuse produisait exactement ce qu'elle pr&#233;tend &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Articuler philosophie et p&#233;dagogie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne sortira pas l'enseignement de la philosophie de l'impasse o&#249; il s'est mis lui-m&#234;me sans un r&#233;examen collectif de ces id&#233;es re&#231;ues et de ces repr&#233;sentations qui gouvernent la profession depuis des d&#233;cennies, la replient sur elle-m&#234;me et paralysent son &#233;volution. Il ne s'agit pas de remplacer une doctrine par une autre, mais de lever les verrous et de lib&#233;rer les initiatives et les &#233;changes. Il s'agit d'&lt;i&gt;ouvrir un espace de d&#233;bat et de r&#233;flexion&lt;/i&gt; o&#249; l'exp&#233;rience de chacun &#8212; qu'il enseigne en s&#233;rie technologique dans un lyc&#233;e de zone sensible ou dans un grand lyc&#233;e parisien, qu'il soit agr&#233;g&#233; ou ma&#238;tre-auxiliaire &#8212; soit &#233;galement reconnue et o&#249; la pluralit&#233; des d&#233;marches p&#233;dagogiques ne soit plus consid&#233;r&#233;e comme une menace pour le caract&#232;re philosophique de l'enseignement, mais comme l'expression normale et stimulante d'un enseignement vivant et formateur de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la cr&#233;ation d'un tel espace, dans des conditions de reconnaissance institutionnelle (les IREPH : Instituts de Recherche sur l'Enseignement de la Philosophie), qui est la raison d'&#234;tre de notre association. En 20 ans d'existence, nous nous sommes efforc&#233;s, avec les moyens limit&#233;s qui sont les n&#244;tres, de le faire d'ores et d&#233;j&#224; vivre : nous avons tenu des colloques et des journ&#233;es d'&#233;tude, nous avons mis en place des groupes de travail r&#233;gionaux et th&#233;matiques, nous avons particip&#233; aux d&#233;bats sur les programmes et les &#233;preuves du baccalaur&#233;at en tentant d'y apporter des suggestions et des arguments. A partir de ces 20 ann&#233;es d'exp&#233;riences, de prises de conscience et de confrontations, ce manifeste propose d'ouvrir &lt;strong&gt;10 chantiers pour l'enseignement de la philosophie. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chantiers doivent contribuer &#224; faire vivre et &#233;tendre la philosophie au lyc&#233;e et &#224; l'Universit&#233;. Ils rel&#232;vent &#233;videmment de la responsabilit&#233; des professeurs. Ce sont eux qui doivent op&#233;rer, dans le respect de leur tradition, le renouvellement n&#233;cessaire de leur enseignement : ils sont en effet les mieux plac&#233;s et les mieux arm&#233;s (pour autant qu'ils s'en donnent et qu'on leur en donne les moyens) pour r&#233;fl&#233;chir, exp&#233;rimenter et &#233;changer collectivement sur leurs pratiques. Ces chantiers font concourir philosophie, p&#233;dagogie et didactique au d&#233;veloppement de l'esprit critique et de l'autonomie du jugement des &#233;l&#232;ves. Parce qu'ils d&#233;veloppent les moyens de favoriser l'appropriation et l'exercice par le plus grand nombre du savoir et de la r&#233;flexion philosophique, ces chantiers apportent par l&#224; m&#234;me leur pierre &#224; la difficile et n&#233;cessaire d&#233;mocratisation de la philosophie et de son enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dix chantiers pour l'enseignement de la philosophie&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premier chantier :
Reconna&#238;tre que la philosophie au lyc&#233;e est une discipline scolaire.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'identification pure et simple de l'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e &#224; la philosophie tout court emp&#234;che de penser la sp&#233;cificit&#233; de la philosophie comme discipline scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie, en effet, existe pr&#233;alablement &#224;, et ind&#233;pendamment de, son enseignement au lyc&#233;e. Elle vit d'abord ailleurs : dans les recherches, les livres et les d&#233;bats des philosophes et &#8212; plus ou moins &#8212; dans ce que tout un chacun peut dire ou &#233;crire quand il philosophe. Ce qui fait sa sp&#233;cificit&#233; comme discipline scolaire, c'est sa valeur formatrice, ce sont les finalit&#233;s qui lui sont assign&#233;es en tant qu'elle participe, avec les autres disciplines, &#224; la formation intellectuelle des &#233;l&#232;ves des lyc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, l'enseignement n'a pas &#224; &#234;tre con&#231;u &#224; partir d'une id&#233;e a priori de ce qu'est la philosophie &#8212; il y en a d'ailleurs de multiples &#8212; mais &#224; partir de la question : &lt;i&gt;qu'est-ce qui dans l'h&#233;ritage de 2500 ans de philosophie et dans la vie philosophique contemporaine peut le mieux contribuer &#224; permettre aux &#233;l&#232;ves de se forger un esprit critique, de d&#233;velopper leurs capacit&#233;s de r&#233;flexion et l'autonomie de leur jugement, de se construire une culture qui soit un instrument d'intelligibilit&#233; du monde qui les entoure ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette question d&#233;coule une s&#233;rie d'autres sur lesquelles doit porter la r&#233;flexion collective des professeurs de philosophie. Quels sont les contenus de connaissances et les outils intellectuels que, comme dans toutes les autres disciplines, les &#233;l&#232;ves doivent apprendre &#224; ma&#238;triser ? Quelles comp&#233;tences doivent-ils acqu&#233;rir ? Que peut-on exiger d'un &#233;l&#232;ve de terminale de telle ou telle s&#233;rie ? A l'aune de quels crit&#232;res son travail sera-t-il &#233;valu&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie nullement que l'on r&#233;duise la philosophie au bachotage ou la subordonne au baccalaur&#233;at, ni qu'on l'enferme dans une perspective &#233;troitement utilitaire ou techniciste, ni qu'on lui enl&#232;ve son caract&#232;re de recherche et de d&#233;couverte intellectuelle. Cela signifie au contraire qu'on lui redonne, contre la &#8220; mauvaise scolarisation par les manuels &#8221;, son plein sens de discipline scolaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Etudier la philosophie au lyc&#233;e, c'est se former &#224; la philosophie et se former par la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me chantier :
Reconna&#238;tre qu'apprendre &#224; philosopher est un apprentissage et qu'enseigner la philosophie est un m&#233;tier.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait sans dommage identifier purement et simplement le professeur de philosophie &#224; un philosophe. Celui qui fait le philosophe devant ses &#233;l&#232;ves ne les forme pas puisqu'il les traite comme des disciples qu'ils ne seront jamais. Et sa &#8220;philosophie&#8221; restera faible, r&#233;p&#233;titive, victime de cette confusion des genres. Cette identification, avec les images de soi qui l'accompagnent, reste pourtant fortement ancr&#233;e dans les esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On la r&#233;sume souvent dans la formule : &lt;i&gt;&#8220; le professeur de philosophie est l'auteur de son cours &#8221;&lt;/i&gt;. Si on entend par l&#224; que chaque professeur organise comme il le veut et sous sa pleine responsabilit&#233; son ann&#233;e et son approche des notions et des textes avec telle ou telle classe, selon son propre style d'enseignement, alors c'est trivial, et il n'est pas besoin d'en faire un dogme. Mais si cela veut dire qu'un cours est un texte, faisant &#339;uvre, que le professeur &#233;crit et dit (ou qu'il improvise sans l'avoir &#233;crit) devant ses &#233;l&#232;ves, ou m&#234;me avec eux, alors cette formule est fausse et n&#233;faste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est &lt;i&gt;fausse&lt;/i&gt;, sur le plan intellectuel : lorsqu'un philosophe est l'auteur d'une &#339;uvre, il la publie, ce qui signifie qu'il prend le risque de la soumettre &#224; la critique de ses pairs. Or les &#233;l&#232;ves ne sont pas nos pairs, et leur critique, si elle a lieu, ne nous fait pas courir grand risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est &lt;i&gt;n&#233;faste&lt;/i&gt;, sur le plan p&#233;dagogique : elle fait l'impasse sur l'activit&#233; des &#233;l&#232;ves, et emp&#234;che de se poser la question de &lt;i&gt;ce que font les &#233;l&#232;ves&lt;/i&gt; lorsqu'ils &#233;coutent un tel texte. Ou plus pr&#233;cis&#233;ment, elle pr&#233;suppose acquise la capacit&#233; d'une &#233;coute active et critique de la parole de l'enseignant : la capacit&#233; de se l'approprier pour son propre compte, d'en saisir la dimension probl&#233;matique et de s'en servir pour mettre en &#339;uvre sa propre pens&#233;e, dans une dissertation par exemple. Elle pr&#233;suppose donc acquis ce qui, en r&#233;alit&#233;, ne l'est que par un tout petit nombre &#224; l'entr&#233;e en terminale, et doit au contraire &#234;tre appris par la grande majorit&#233; des &#233;l&#232;ves aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre formule exprime la m&#234;me occultation de la dimension d'apprentissage : &lt;i&gt;&#8220; la philosophie est &#224; elle-m&#234;me sa propre p&#233;dagogie &#8221;&lt;/i&gt;. Si on veut simplement signifier qu'en classe de philosophie on doit philosopher, personne ne saurait la contester s&#233;rieusement. Mais si on entend par l&#224; que, pour apprendre &#224; philosopher, il suffirait d'entendre ou de lire de la philosophie et que le professeur peut se passer de toute r&#233;flexion sur les moyens &#224; mettre en &#339;uvre pour amener ses &#233;l&#232;ves &#224; faire de la philosophie, alors elle est trompeuse et nocive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler des conditions de l'apprentissage de la philosophie au lieu de parler philosophie est encore trop souvent per&#231;u comme une faiblesse ou un signe d'insuffisance philosophique, ce qui a pour effet pervers d'instiller un sentiment de culpabilit&#233; ou d'&#233;chec chez l'enseignant qui, dans sa pratique, a besoin d'outils p&#233;dagogiques, et de l'isoler : comment r&#233;soudre des difficult&#233;s d'ordre p&#233;dagogique quand la seule discussion admise est la discussion philosophique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concevoir l'enseignement de la philosophie comme un apprentissage, c'est justement s'atteler &#224; cette difficult&#233; : comment faire entrer des &#233;l&#232;ves dans l'ensemble des d&#233;marches intellectuelles qui constituent l'activit&#233; philosophique ? Cela suppose de r&#233;fl&#233;chir &#224; la fa&#231;on dont les connaissances et les comp&#233;tences philosophiques acquises par l'enseignant au cours de ses &#233;tudes universitaires &#8212; qui sont, rappelons-le, essentiellement des connaissances d'histoire de la philosophie &#8212; vont pouvoir &#234;tre mises au service de cette t&#226;che de formation &#224; l'activit&#233; philosophique ; de clarifier les buts que l'on vise et d'ajuster au mieux les moyens (quels concepts, quels textes, quelles d&#233;marches, quels exercices&#8230;) pour atteindre ces buts avec les &#233;l&#232;ves ; de r&#233;organiser en permanence, &#224; l'&#233;preuve de l'exp&#233;rience et au plus pr&#232;s de la r&#233;alit&#233; des classes, ce rapport entre comp&#233;tences philosophiques et comp&#233;tences p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail, chacun certes l'effectue plus ou moins, m&#234;me si c'est souvent de mani&#232;re intuitive ; mais il l'effectuera d'autant mieux qu'il en prendra une claire conscience &#224; travers le partage des exp&#233;riences et la r&#233;flexion commune. Cela suppose de reconna&#238;tre et d'assumer son &lt;i&gt;m&#233;tier de professeur&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Troisi&#232;me chantier :
Assumer la diversification des formes d'enseignement de la philosophie qu'entra&#238;ne sa d&#233;mocratisation.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici le mod&#232;le philosophique fran&#231;ais s'est &#233;tendu en g&#233;n&#233;ralisant l'enseignement de la classe de philosophie : les &lt;i&gt;Instructions de 1925&lt;/i&gt;, texte de r&#233;f&#233;rence d'une aristocratie intellectuelle, sont devenues, &#224; la virgule pr&#232;s, la bible d'un enseignement de masse. Mais en un si&#232;cle, la position d'exception de la philosophie, &#8220; couronnement des humanit&#233;s &#8221;, est devenue par l'effet conjugu&#233; de l'extension de la philosophie et de la massification de l'enseignement une position de &lt;i&gt;repli sur soi&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'introduction de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques en est l'exemple flagrant : on a d'abord choisi de transplanter directement aupr&#232;s de publics nouveaux, sans aucun souci de leur cursus et de leurs sp&#233;cificit&#233;s, le programme, la p&#233;dagogie et le mode d'&#233;valuation de la &#8220;classe de philosophie&#8221;. Puis on a fait le silence non seulement sur les difficult&#233;s p&#233;dagogiques et les &#233;checs caract&#233;ris&#233;s dans ces classes, souvent v&#233;cus dans la honte et la solitude, mais aussi sur le tr&#233;sor d'inventions que les professeurs y d&#233;ploient quotidiennement : on consid&#232;re celles-ci comme de simples exp&#233;dients, in&#233;vitables de la part d'un enseignement &#224; la d&#233;rive ou d'un enseignant en p&#233;ril ; elles appellent au mieux la sympathie, mais on leur refuse la reconnaissance et la possibilit&#233; de circuler parmi les enseignants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, les professeurs qui se sont investis aupr&#232;s des &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques sont nombreux &#224; juger que le travail pour aller &#224; ce qui est philosophiquement essentiel et l'effort d'imagination p&#233;dagogique que cet enseignement exige d'eux sont tout &#224; fait salutaires. Ils sont une source de renouvellement particuli&#232;rement f&#233;conde dont les effets s'&#233;tendent, avec b&#233;n&#233;fice, &#224; leur enseignement dans toutes les autres s&#233;ries. On peut enseigner dans ces s&#233;ries sans avoir le sentiment ni de &#8220;brader&#8221; la philosophie ni de d&#233;choir, mais bien au contraire d'y exercer pleinement son m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose &#233;videmment que la diversification des formes d'enseignement de la philosophie qu'entra&#238;ne n&#233;cessairement sa d&#233;mocratisation soit reconnue de plein droit et soit collectivement assum&#233;e, au lieu d'&#234;tre laiss&#233;e au bricolage individuel. Dispenser un enseignement diversifi&#233;, ce n'est pas m&#233;priser les &#233;l&#232;ves en leur dispensant une philosophie au rabais. C'est reconna&#238;tre que &lt;i&gt;les capacit&#233;s philosophiques qu'on rencontre chez tous les &#233;l&#232;ves ne s'expriment pas chez tous de la m&#234;me mani&#232;re et ne peuvent pas &#234;tre cultiv&#233;es chez tous selon les m&#234;mes modalit&#233;s&lt;/i&gt;. La mani&#232;re dont des &#233;l&#232;ves peuvent se former &#224; la philosophie ne saurait &#234;tre ind&#233;pendante ni de leur parcours scolaire ant&#233;rieur, ni de leur bagage culturel, ni des rapports qu'ils entretiennent avec le langage, avec l'&#233;cole ou avec les adultes, ni non plus de leur projet professionnel et de la fa&#231;on dont plus g&#233;n&#233;ralement ils envisagent leur avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'enseignement de la philosophie veut vraiment s'adresser &#224; tous, il doit s'interroger : qu'est-ce qui, dans ses formes d'enseignement, est ins&#233;parable et constitutif de la discipline ? qu'est-ce qui rel&#232;ve d'une histoire contingente, c'est-&#224;-dire du r&#244;le institutionnel, de la fonction sociale et du public que la discipline a pu avoir &#224; telle ou telle &#233;poque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quatri&#232;me chantier :
Reconna&#238;tre que faire de la philosophie ne sert pas seulement &#224; philosopher.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La philosophie fait appel &#224; un &lt;i&gt;riche &#233;ventail de comp&#233;tences&lt;/i&gt; : poser des probl&#232;mes ; analyser des concepts ; se d&#233;centrer de son propre point de vue et prendre de la distance &#224; l'&#233;gard de ses opinions ; exercer son esprit critique &#224; l'&#233;gard des id&#233;es re&#231;ues et des sch&#232;mes de pens&#233;e &#233;tablis ; passer de l'expression imm&#233;diate et spontan&#233;e de son avis au d&#233;veloppement argument&#233; et nuanc&#233; d'une position ; pratiquer un va-et-vient permanent entre l'abstrait et le concret, entre le particulier et l'universel ; tirer les le&#231;ons d'un exemple et envisager les cons&#233;quences d'un principe ; faire &#233;voluer le contenu et la formulation de ses id&#233;es pour tenir compte d'objections dont on reconna&#238;t la l&#233;gitimit&#233; ; conduire une r&#233;flexion depuis l'exposition d'une question jusqu'&#224; la formulation d'une r&#233;ponse ; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cours de philosophie, ces comp&#233;tences sont des moyens au service d'un seul but : le libre exercice de la pens&#233;e, pratiqu&#233; pour lui-m&#234;me. Mais ces comp&#233;tences ont aussi une valeur en elles-m&#234;mes. Elles constituent des &#233;l&#233;ments indispensables de la formation de l'&#233;l&#232;ve, quel que soit son avenir scolaire et professionnel et quelles que soient les activit&#233;s dans lesquelles il s'engagera au cours de son existence future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la philosophie a d'autant plus de valeur qu'elle &#233;chappe au souci de l'utile. Et c'est en un sens vrai : quand on se forme &#224; la philosophie, comme quand on se forme &#224; la musique ou aux math&#233;matiques, on vise la philosophie pour elle-m&#234;me. Mais dans le m&#234;me temps, on se forme par la philosophie, comme on se forme par la musique ou par les math&#233;matiques ; et en ce sens-l&#224;, la philosophie n'a pas &#224; rougir d'&#234;tre utile, et m&#234;me de revendiquer son utilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie ne saurait justifier la position qu'il occupe aujourd'hui &#8212; et encore moins le renforcement de sa pr&#233;sence dans les cursus scolaires et universitaires &#8212; s'il ne fait pas la preuve de son &lt;i&gt;utilit&#233;&lt;/i&gt; dans la formation intellectuelle et culturelle de tous les &#233;l&#232;ves et s'il ne s'interroge pas sur son efficacit&#233; ainsi que sur les moyens de l'&#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cinqui&#232;me chantier :
Red&#233;finir l'&#233;l&#233;mentaire.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On entend souvent dire : &lt;i&gt;&#8220; les &#233;l&#232;ves ont droit &#224; toute la philosophie &#8221;&lt;/i&gt;. Si on entend par l&#224; qu'il n'y a aucune raison de ne pas proposer aux &#233;l&#232;ves des s&#233;ries litt&#233;raires de r&#233;fl&#233;chir sur les sciences, &#224; ceux des s&#233;ries scientifiques de s'interroger sur l'art et &#224; ceux des s&#233;ries technologiques de se poser des questions m&#233;taphysiques, tout le monde sera d'accord. Mais pr&#233;tendre que le programme d'une ann&#233;e de philosophie, quelle que soit la s&#233;rie et quel que soit l'horaire, doit avoir une vis&#233;e encyclop&#233;dique et &#234;tre aussi illimit&#233; dans son principe qu'ind&#233;termin&#233; dans son contenu puisque toute la philosophie en puissance doit y &#234;tre incluse, c'est une id&#233;e contestable et d&#233;sastreuse dans la pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est dans son principe solidaire d'une conception initiatique de l'enseignement : il faudrait faire op&#233;rer &#224; l'&#233;l&#232;ve une sorte de conversion intellectuelle par laquelle il acc&#233;derait en quelques mois &#224; une nouvelle mani&#232;re de consid&#233;rer toute chose et d'aborder tous les probl&#232;mes. C'est l&#224; simplement une doctrine p&#233;dagogique et nul n'a le droit de l'&#233;riger en norme unique. Mais surtout elle a, dans un cadre scolaire, des effets particuli&#232;rement n&#233;fastes : si toute la philosophie est au programme, rien n'est au programme et rien n'est exigible. Refuser ainsi d'indiquer &#224; l'&#233;l&#232;ve sur quoi il doit faire porter son effort, quels probl&#232;mes il doit comprendre, quelles connaissances ma&#238;triser et quelles comp&#233;tences acqu&#233;rir, ne lui permet pas de s'engager dans un v&#233;ritable travail de formation de soi. C'est l'entretenir dans l'id&#233;e qu'on est &#8220;dou&#233; pour la philo&#8221; ou pas et, &#224; l'examen, favoriser l'habile ignorant au d&#233;triment de celui qui a travaill&#233; et appris. En outre, &#224; refuser ainsi de d&#233;limiter et d'expliciter l'&#233;l&#233;mentaire, la discipline perd sa consistance et la philosophie se transforme peu &#224; peu en une &#8220;mati&#232;re d'&#233;veil&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que l'&#233;l&#233;mentaire, en philosophie, c'est ce qui est premier, ce dont tout d&#233;coule. Mais c'est confondre &lt;i&gt;deux sens du mot &#8220;&#233;l&#233;mentaire&#8221;&lt;/i&gt; : les &#233;l&#233;ments premiers d'un syst&#232;me &lt;i&gt;(philosophique)&lt;/i&gt; et les premiers pas d'une progression &lt;i&gt;(p&#233;dagogique)&lt;/i&gt;. La responsabilit&#233; collective des enseignants de philosophie est, comme dans n'importe quelle autre discipline, de discerner et de pr&#233;lever ce qui, dans les d&#233;marches, les probl&#232;mes, les concepts et les doctrines majeures de la tradition, peut &#234;tre formateur pour des &#233;l&#232;ves d&#233;butants qui, dans leur immense majorit&#233;, ne feront plus de philosophie ensuite. Refuser d'op&#233;rer une telle s&#233;lection, mettre d'un coup les &#233;l&#232;ves devant &#8220;toute la philosophie&#8221;, c'est en r&#233;alit&#233; d&#233;missionner. Bien entendu, ce choix n'est pas simple. Il ne peut se faire qu'&#224; partir de l'exp&#233;rience et de la r&#233;flexion de toute la profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fixer ainsi des exigences limit&#233;es et raisonnables, ce n'est ni renoncer ni baisser le niveau. Le pire est d'avoir des exigences d&#233;raisonnables qu'on est incapable de tenir et de faire respecter. Car on perd alors tout crit&#232;re pour juger des progr&#232;s ou des &#233;checs. C'est une des raisons des inextricables probl&#232;mes d'&#233;valuation rencontr&#233;s au baccalaur&#233;at. Mieux vaut moins, mais mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sixi&#232;me chantier : Articuler l'apprentissage philosophique et les savoirs.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se former &#224; la philosophie, c'est apprendre &#224; penser &#224; travers l'appropriation de connaissances philosophiques et non-philosophiques. On a us&#233; et abus&#233; de la formule de Kant selon laquelle &lt;i&gt;on ne peut apprendre la philosophie mais seulement &#224; philosopher&lt;/i&gt;. Certes, on veut souligner par l&#224; que l'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e ne saurait consister &#224; &#233;tudier pour elles-m&#234;mes des doctrines philosophiques, l'histoire de la philosophie ou celle des id&#233;es. Mais, sur ce principe, l'accord des professeurs de philosophie est unanime. En revanche, &#224; durcir souvent jusqu'&#224; la caricature les distinctions l&#233;gitimes entre penser et conna&#238;tre, entre la philosophie et les savoirs positifs ou entre le mouvement d'une pens&#233;e vivante et les id&#233;es des philosophes, on finit par s'interdire toute r&#233;flexion s&#233;rieuse sur la mani&#232;re de les articuler dans l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : si le cours de philosophie s'organise autour de probl&#232;mes, ceux-ci ne peuvent &#234;tre s&#233;rieusement abord&#233;s par les &#233;l&#232;ves qu'&#224; travers la connaissance des principales options philosophiques qu'ils ont engendr&#233;es et par la ma&#238;trise progressive des distinctions conceptuelles qui permettent de leur donner un sens. Ces options et ces distinctions n'ont rien de naturel ni de spontan&#233;. C'est dans l'histoire de la philosophie qu'elles ont &#233;t&#233; produites et c'est l&#224; seulement qu'on peut les rencontrer. On ne peut &#233;luder la question : qu'est-ce que des &#233;l&#232;ves d&#233;butants doivent savoir de l'histoire de la philosophie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : la philosophie s'est toujours nourrie de ce qui n'est pas elle et on ne saurait philosopher un tant soit peu sur les sciences, l'art ou la religion sans disposer d'&#233;l&#233;ments de connaissance solides et pr&#233;cis sur certains &#233;pisodes fondamentaux de l'histoire des sciences, sur certains courants artistiques et esth&#233;tiques, sur certains textes religieux. On ne peut &#233;luder la question : puisque ces connaissances indispensables ne sont pas fournies actuellement par le lyc&#233;e, quelle place l'enseignement de la philosophie doit-il leur donner s'il veut &#234;tre pertinent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : assimiler une id&#233;e de tel ou tel grand philosophe et l'exposer pour son propre compte, c'est une comp&#233;tence philosophique fondamentale. L'&#233;l&#232;ve qui a compris les arguments justifiant l'id&#233;e de &#8220;contrat social&#8221; ou celle d'&#8220;imp&#233;ratif cat&#233;gorique&#8221; et qui est capable de l'exposer intelligemment &lt;i&gt;pense&lt;/i&gt; tout autant que celui qui pose un probl&#232;me ou analyse un concept. On a fini par faire de la question de cours un &#233;pouvantail, comme s'il n'y avait pas de diff&#233;rence entre r&#233;citer des formules et s'approprier des id&#233;es. On ne peut &#233;luder la question : comment favoriser et valoriser ce travail par lequel l'&#233;l&#232;ve apprend &#224; int&#233;rioriser et &#224; faire siennes des id&#233;es qu'il n'a pas invent&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Septi&#232;me chantier : Articuler l'apprentissage philosophique et l'apprentissage de nouveaux usages de la langue.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se former &#224; la philosophie, c'est apprendre &#224; faire un usage philosophique de la langue orale et &#233;crite. Chacun sait que la plupart des &#233;l&#232;ves ont d'&#233;normes difficult&#233;s &#224; &#233;crire, ou &#224; articuler oralement, un discours un tant soit peu construit, suivi et coh&#233;rent. On impute un peu trop facilement ces difficult&#233;s &#224; un d&#233;faut de la pens&#233;e, ou &#224; ce qu'on a coutume d'appeler la &#8220; mauvaise ma&#238;trise de la langue &#8221;. Ce qui se passe est bien plut&#244;t d'abord que les &#233;l&#232;ves sont confront&#233;s pour la premi&#232;re fois &#224; cet usage particulier de la langue qui consiste &#224; r&#233;fl&#233;chir sur le sens des mots et des questions, sur le statut des propositions et la logique des discours, et &#224; faire de cette r&#233;flexion l'objet m&#234;me d'un discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est bien cet usage particulier de la langue qu'ils doivent apprendre. A cet &#233;gard, l'id&#233;e selon laquelle &lt;i&gt;&#8220; le mod&#232;le de la dissertation, c'est la le&#231;on du professeur &#8221;&lt;/i&gt; s'av&#232;re dramatiquement insuffisante, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle fait l'impasse sur cet apprentissage. Et pire encore est l'id&#233;e que &lt;i&gt;&#8220; pour faire une dissertation, il suffit de penser &#8221;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire de cet apprentissage un objet de r&#233;flexion, est-ce r&#233;duire la philosophie &#224; une &#8220; rh&#233;torique argumentative &#8221; ou au &#8220; d&#233;bat d'opinion &#8221; ? Cette objection fait resurgir la traditionnelle pr&#233;vention des philosophes &#224; l'&#233;gard de la rh&#233;torique, et cette pr&#233;vention n'est pas infond&#233;e : aucun de nous ne veut transformer ses &#233;l&#232;ves en apprentis sophistes qui mettraient en &#339;uvre de mani&#232;re m&#233;canique des artifices de langage. Mais nous n'en sommes pas l&#224;. Les &#233;l&#232;ves, dans leur grande majorit&#233;, sont tr&#232;s loin de courir le risque d'un exc&#232;s de rh&#233;torique. Le probl&#232;me est bien plut&#244;t qu'ils manquent g&#233;n&#233;ralement des outils de la rh&#233;torique la plus &#233;l&#233;mentaire, la plus n&#233;cessaire et la plus l&#233;gitime pour &#233;laborer et d&#233;velopper leur pens&#233;e. Par exemple, ils ne savent pas comment s'y prendre pour articuler un raisonnement et sa r&#233;futation, pour pr&#233;senter une objection et y r&#233;pondre, pour mener une analyse de notion ou de probl&#232;me ; ils ne savent ni comment &lt;i&gt;&#233;crire&lt;/i&gt; cela, ni comment le &lt;i&gt;lire&lt;/i&gt; dans un texte, ni non plus comment le &lt;i&gt;parler&lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;entendre&lt;/i&gt; dans une discussion orale. Tout cela, les professeurs ont &#224; le leur apprendre, &#224; leur en faire d&#233;couvrir les normes, &#224; leur en faire construire la comp&#233;tence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore la question ne peut &#234;tre &#233;lud&#233;e : comment conjuguer l'apprentissage de la pens&#233;e avec celui des outils langagiers et discursifs par lesquels cette pens&#233;e, non seulement s'exprime, mais plus encore s'&#233;labore, se forme, s'affermit et s'affine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Huiti&#232;me chantier : Enseigner la philosophie vivante.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apprendre &#224; philosopher, c'est &#234;tre confront&#233; &#224; la fois &#224; une tradition et &#224; la philosophie vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence d'un v&#233;ritable programme et le poids des sujets de baccalaur&#233;at sur une discipline qui n'existe qu'en ann&#233;e d'examen ont produit peu &#224; peu un r&#233;tr&#233;cissement des horizons de l'enseignement philosophique. Comme on ignore ce que traitent les coll&#232;gues, on fait ce qu'on croit qu'ils font (ce qui figure dans les manuels) et on se replie non seulement sur les auteurs canoniques, mais sur un tout petit nombre de textes et de doctrines qui ont acquis le statut de pont aux &#226;nes. Evidemment on a le droit d'&#234;tre original, mais c'est aux risques et p&#233;rils de l'&#233;l&#232;ve : m&#234;me si elle est m&#233;diocrement restitu&#233;e, le correcteur reconna&#238;tra toujours l'&lt;i&gt;All&#233;gorie de la caverne&lt;/i&gt; ; une id&#233;e de Vico, de Carnap, ou m&#234;me de Locke, risque de n'&#234;tre ni connue ni comprise et de s'attirer un point d'interrogation, quand ce n'est pas une grande rature en rouge. En une trentaine d'ann&#233;es, le programme de 1973 a &#233;t&#233; peu &#224; peu &#233;cr&#234;t&#233; de toutes ses innovations : les questions au choix ont &#224; peu pr&#232;s disparu ; on enseigne de moins en moins &#8220;la formation d'un concept scientifique&#8221; (peu utile au bac o&#249; les sujets de philosophie des sciences sont devenus de plus en plus g&#233;n&#233;raux) et &#8220;la constitution d'une science de l'homme&#8221; (le m&#233;pris des sciences humaines instill&#233; depuis 50 ans a fini par produire ses effets). L'enseignement de philosophie tend &#224; s'enfermer dans une &#8220;philosophie philosophante&#8221; et &#224; reprendre ind&#233;finiment quelques &#233;pisodes de l'histoire de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes de la 1&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle nous paraissent sans doute aujourd'hui poussi&#233;reux ; mais on y trouvait un &#233;cho des d&#233;bats philosophiques qui avaient alors cours en France ; les programmes des ann&#233;es 60-70 ont int&#233;gr&#233; la pr&#233;sence dans la pens&#233;e contemporaine de Marx, de Nietzsche, de Freud, de la tradition d'&#233;pist&#233;mologie et d'histoire des sciences fran&#231;aise. Mais aujourd'hui, la plupart des d&#233;bats contemporains particuli&#232;rement intenses en philosophie du langage, en philosophie de l'esprit ou en philosophie politique n'ont &#224; peu pr&#232;s aucune r&#233;sonance dans la philosophie telle qu'elle s'enseigne au lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que l'enseignement de la philosophie n'a pas &#224; suivre les modes et doit se tenir &#224; l'&#233;cart de l'actualit&#233;. Sans doute. Mais peut-on parler des rapports de l'&#226;me et du corps dans les &lt;i&gt;M&#233;ditations&lt;/i&gt; ou aborder le &lt;i&gt;Contrat social&lt;/i&gt; sans jamais se demander ce que Descartes et Rousseau ont &#224; nous dire aujourd'hui, par exemple au regard des questions soulev&#233;es par les penseurs cognitivistes ou contractualistes contemporains ? On ne peut entretenir une relation vivante avec les classiques que si on les lit en relation avec nos questions, qui sont pour une bonne part celles de la philosophie d'aujourd'hui. Les &#233;l&#232;ves lisent des journaux, des revues, regardent &#224; la t&#233;l&#233;vision des &#233;missions scientifiques ou des d&#233;bats d'id&#233;es ; et ils posent des questions. Le professeur de philosophie a sans doute &#224; leur parler de Platon, mais Platon ne saurait suffire &#224; leur curiosit&#233; ni leur donner tous les moyens de s'orienter dans la pens&#233;e d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discerner dans les travaux contemporains ce qui non seulement est important, mais ce qui peut &#234;tre formateur et utile aux &#233;l&#232;ves, ce devrait &#234;tre un souci collectif et permanent de notre profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Neuvi&#232;me chantier : Sortir l'enseignement de la philosophie de son enfermement en terminale.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie &#233;touffe en terminale ; l'avenir de l'enseignement de la philosophie passe par son extension en amont et en aval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des raisons purement historiques, l'enseignement de la philosophie occupe, dans l'institution scolaire fran&#231;aise, une position d'exception : install&#233; en classe terminale et dans cette seule ann&#233;e, assur&#233; par un enseignant qui restera &#224; jamais, dans la plupart des cas, l'unique professeur de philosophie rencontr&#233; par chacun dans sa vie, il est toujours con&#231;u, m&#234;me si on n'ose plus gu&#232;re employer cette expression, comme le &#8220; couronnement &#8221; des &#233;tudes secondaires. Or cette position est loin d'avoir les effets b&#233;n&#233;fiques qu'on lui suppose. Au lieu d'&#234;tre une ann&#233;e marquante et r&#233;ellement formatrice, elle est en r&#233;alit&#233; le plus souvent une parenth&#232;se dans le cursus des &#233;l&#232;ves, parenth&#232;se aussi vite referm&#233;e qu'elle a &#233;t&#233; ouverte : on se souvient d'un professeur charismatique et du sujet tomb&#233; au bac, mais il ne reste le plus souvent de la terminale ni culture ni savoir-faire philosophiques effectifs. Les professeurs de philosophie du sup&#233;rieur le savent bien, et ils ne pr&#233;supposent souvent aucun acquis d&#233;termin&#233; chez leurs &#233;tudiants de classes pr&#233;paratoires ou d'Universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'enseignement de la philosophie souffre de son confinement dans la classe de terminale. Il ne peut y avoir de vraie formation &#224; la philosophie si on ne reconna&#238;t pas que, comme toutes les autres disciplines, son apprentissage demande du temps et doit &#234;tre conduit selon une progression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir de l'enseignement de la philosophie passe par son extension en dehors de la terminale. &lt;i&gt;Extension en amont&lt;/i&gt; d'abord, c'est-&#224;-dire au moins &#224; partir de la classe de premi&#232;re : les &#233;l&#232;ves le demandent fr&#233;quemment, ce qui traduit l'inad&#233;quation du mod&#232;le actuel d'une &#8220; &#233;closion soudaine &#8221; et le besoin qu'ils ressentent d'avoir du temps devant eux pour se former efficacement. &lt;i&gt;Extension en aval&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire dans toutes les branches des &#233;tudes sup&#233;rieures : l'enseignement en terminale prendrait ainsi un sens nouveau en devenant la base d'une formation qui se continuerait de mani&#232;re diversifi&#233;e selon les &#233;tudes poursuivies. Concevoir et mettre en &#339;uvre les modalit&#233;s de cette extension est sans doute l'un des chantiers les plus ambitieux et les plus neufs pour l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dixi&#232;me chantier : Remodeler la formation initiale et continue des professeurs de philosophie &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les conditions et les modalit&#233;s de la formation des enseignants de philosophie n'apparaissent plus aujourd'hui satisfaisantes. On ne peut ici qu'indiquer quelques n&#339;uds de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cursus universitaires, de la 1&#232;re ann&#233;e de Licence au Master, sont rarement coh&#233;rents. Les &#233;tudiants se voient proposer chaque ann&#233;e des contenus d'enseignement souvent disparates qu'ils ont beaucoup de mal &#224; relier entre eux et &#224; faire tenir ensemble. Au bout de 4 ans, il n'est pas rare qu'ils n'aient jamais eu de cours sur des auteurs, des th&#232;mes ou des courants de pens&#233;e fondamentaux. C'est tout autant le cas pour les &#233;tudiants pass&#233;s par les classes pr&#233;paratoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;paration aux concours est de fait surtout assur&#233;e par les kh&#226;gnes, seul lieu o&#249; les &#233;tudiants sont r&#233;guli&#232;rement entra&#238;n&#233;s &#224; la dissertation et &#224; la le&#231;on qui sont actuellement la base des &#233;preuves de concours. L'Universit&#233; n'a pas autant de moyens de le faire. Il y a l&#224; une in&#233;galit&#233; grave et un dysfonctionnement majeur (qui n'est certes pas propre &#224; la philosophie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les concours, et tout particuli&#232;rement l'agr&#233;gation, sont con&#231;us et v&#233;cus comme des &#8220;brevets d'excellence philosophique&#8221; et des moyens de continuer d'&#8220;&#234;tre philosophe&#8221; plut&#244;t que comme la voie d'entr&#233;e dans le m&#233;tier de professeur de philosophie. Les &#233;preuves privil&#233;gient simultan&#233;ment la possession de connaissances tr&#232;s pr&#233;cises, voire pointues, d'histoire de la philosophie (auteurs de l'&#233;crit &#224; l'agr&#233;gation) et la capacit&#233; in&#233;vitablement rh&#233;torique &#224; traiter de toute question possible (oral d'agr&#233;gation). Passer une ann&#233;e enti&#232;re &#224; &#233;tudier des auteurs comme Fichte ou Plotin (qui ne figurent pas au programme de terminale) et se voir proposer &#224; l'oral de l'agr&#233;gation des sujets comme &#8220;L'insouciance&#8221; ou &#8220;Qu'est-ce qu'un paysage ?&#8221;, est-ce vraiment la meilleure mani&#232;re de se pr&#233;parer &#224; enseigner la philosophie ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les jeunes enseignants sont pour la plupart d&#233;&#231;us de l'ann&#233;e qu'ils passent &#224; la fois en stage et en INSPE. Manifestement, la confrontation de l'exp&#233;rience qu'ils font dans leur classe avec l'indispensable r&#233;flexion p&#233;dagogique et didactique ne se fait pas, ou tr&#232;s mal, ou trop peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me la formation continue des enseignants de philosophie est presque exclusivement &#233;rudite et ne fait pour ainsi dire aucune place &#224; l'&#233;change sur les pratiques, &#224; la r&#233;flexion sur les obstacles p&#233;dagogiques et &#224; la mise en circulation des innovations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans une connaissance s&#233;rieuse et non mythologique de la tradition de l'enseignement philosophique, il est difficile de la faire vivre et &#233;voluer, et de nourrir utilement le d&#233;bat entre professeurs de philosophie. Il para&#238;t n&#233;cessaire d'int&#233;grer &#224; la formation des nouveaux professeurs un enseignement de l'histoire de la discipline, en France et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; un ensemble de probl&#232;mes s&#233;rieux et d&#233;licats qu'on ne saurait traiter en quelques lignes ni r&#233;soudre par quelques mesures rapides. C'est un chantier de longue haleine qui suppose une analyse lucide, approfondie et non manich&#233;enne de la situation et qui conduira sans doute &#224; un certain nombre de remises en cause. Il est l'affaire de toute la profession : professeurs de terminale et de classes pr&#233;paratoires, universitaires et formateurs d'INSPE, inspecteurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;sultats de l'enqu&#234;te ACIREPh-SNES sur l'enseignement de la philosophie</title>
		<link>https://www.acireph.org/l-acireph/article/resultats-de-l-enquete-acireph-snes-sur-l-enseignement-de-la-philosophie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/l-acireph/article/resultats-de-l-enquete-acireph-snes-sur-l-enseignement-de-la-philosophie</guid>
		<dc:date>2016-01-22T18:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>Sujets</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;sultats de l'enqu&#234;te men&#233;e de juin &#224; octobre 2015 par l'ACIREPh et le groupe Philosophie du SNES pour dresser un &#233;tat des lieux de l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acireph.org/l-acireph/" rel="directory"&gt;L'ACIREPh&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/activites" rel="tag"&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/notions" rel="tag"&gt;Notions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/sujets" rel="tag"&gt;Sujets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/avenir-de-la-philosophie" rel="tag"&gt;Avenir de la philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_13 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;113&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acireph.org/IMG/png/nuagelexicalq22.png?1707424854' width='500' height='319' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Question 22 : quelles autres raisons que les horaires expliquent selon vous les difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves au bac ?
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;**********************************************************************&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette enqu&#234;te a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e par Internet, du 21 juin &#224; la mi-octobre 2015. Elle fut propos&#233;e conjointement par l'Acireph et le Snes et communiqu&#233;e sur nos listes de diffusion respectives, ainsi que sur le groupe Facebook &#171; Enseigner la philosophie &#187;. Elle a &#233;galement &#233;t&#233; transmise par le biais du dernier envoi r&#233;alis&#233; par l'Acireph dans tous les lyc&#233;es publics et priv&#233;s de France. Le questionnaire comportait &#224; la fois des questions ferm&#233;es et des questions ouvertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus de 400 coll&#232;gues&lt;/strong&gt; (420) enseignant la philosophie ont r&#233;pondu &#224; cette enqu&#234;te. 420 r&#233;ponses, sur 4000 professeurs de philosophie, cela peut para&#238;tre peu repr&#233;sentatif. Pourtant ce pourcentage doit &#234;tre rapport&#233; &#224; l'isolement traditionnel des professeurs de philosophie, &#224; leur faible taux d'engagement syndical ou dans les associations professionnelles, ainsi qu'&#224; l'in&#233;vitable suspicion de partialit&#233; politique ou p&#233;dagogique que pouvait susciter un questionnaire &#233;labor&#233; par un syndicat et une association professionnelle. Reste qu'il s'agit de &lt;strong&gt;la plus vaste consultation des professeurs de philosophie depuis l'entr&#233;e en vigueur des derniers programmes&lt;/strong&gt; (2003 pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales, 2005 pour les technologiques). La derni&#232;re consultation avait &#233;t&#233; organis&#233;e en 2000 dans un contexte mouvement&#233;, par l'Inspection g&#233;n&#233;rale.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On trouvera un r&#233;cit &#233;difiant de cet &#233;pisode dans notre histoire critique de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Chapitre I : le m&#233;tier&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Caract&#233;ristiques des participants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur la composition de l'&#233;chantillon des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu, il faut souligner qu'une majorit&#233; d'entre eux est &lt;strong&gt;jeune &lt;/strong&gt; : 55 % enseignent la philosophie depuis moins de 15 ans. C'est un biais en termes de repr&#233;sentativit&#233;, puisque la pyramide des &#226;ges des professeurs de philosophie montre toujours une nette majorit&#233; de coll&#232;gues n&#233;s avant 1975 (voir le rapport &#171; Poirier &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#201;tat de l'enseignement de la philosophie en 2007-2008 &#187;, rapport de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Mais d'un autre c&#244;t&#233;, on peut voir ce biais positivement : il semble que les coll&#232;gues les plus fra&#238;chement arriv&#233;s dans le m&#233;tier s'expriment en faveur de certaines transformations importantes de leur enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours sur le profil des participants, une &#233;crasante majorit&#233; d'entre eux enseigne dans le public (87 %). Les acad&#233;mies les mieux repr&#233;sent&#233;es sont, par ordre d&#233;croissant : Versailles, Cr&#233;teil, Grenoble, Lille, Nantes, Amiens, Lyon, Paris, Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les effectifs en classe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;63 %&lt;/strong&gt; des enseignants ayant r&#233;pondu ont &lt;strong&gt;plus de 100 &#233;l&#232;ves en charge&lt;/strong&gt; pendant l'ann&#233;e scolaire, et &lt;strong&gt;30 % plus de 130 &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt;. On ne peut pas attendre une formation d'une qualit&#233; &#233;gale lorsqu'on a plus de 150 &#233;l&#232;ves (15 % des r&#233;ponses) ou bien lorsqu'on en a moins de 80 (15 % &#233;galement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos coll&#232;gues ont r&#233;pondu que les effectifs trop lourds avaient pour cons&#233;quences :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une &#233;nergie &#224; faire cours et une qualit&#233; d'&#233;coute des &#233;l&#232;ves en baisse (85 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des travaux demand&#233;s aux &#233;l&#232;ves moins nombreux (75 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une moindre qualit&#233; des corrections (45 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les d&#233;doublements, la quasi-totalit&#233; des enseignants (93 %) estime que les heures &#224; effectifs d&#233;doubl&#233;s sont n&#233;cessaires. Pourtant, les cons&#233;quences de la derni&#232;re r&#233;forme du lyc&#233;e se font sentir : en &lt;strong&gt;s&#233;ries technologiques, 69 % des coll&#232;gues n'ont aucune heure d&#233;doubl&#233;e&lt;/strong&gt;. En s&#233;rie S, 83 % n'ont aucune heure d&#233;doubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on se demande sous quelle forme ont lieu les heures d&#233;doubl&#233;es : c'est l'EMC, ex-ECJS, et l'AP, qui permettent &#224; une nette majorit&#233; de professeurs de philosophie (environ 70 %) de pouvoir enseigner en classe d&#233;doubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Acireph s'est plusieurs fois exprim&#233;e dans le sens d'un maintien ou d'un r&#233;tablissement des d&#233;doublements et continuera &#224; le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche l'EMC ne semble pas sp&#233;cialement pris en charge par les professeurs de philosophie. Ainsi seulement 22 % des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu sont concern&#233;s par l'EMC &#224; la rentr&#233;e 2015, contre 37 % qui ne le sont pas et 41 % qui ne le savaient pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les causes des difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question 17 &#233;tait la suivante : &#171; Quelles sont selon vous les principales raisons des difficult&#233;s rencontr&#233;es par nos &#233;l&#232;ves ? &#187; Chacune des raisons propos&#233;es devait &#234;tre estim&#233;e avoir un r&#244;le tr&#232;s important, important, moins important ou n&#233;gligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les coll&#232;gues ayant r&#233;pondu, &lt;strong&gt;les principales raisons des difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves en philosophie, class&#233;es par ordre d'importance (r&#244;le jug&#233; &#171; important &#187; ou &#171; tr&#232;s important &#187;), sont les suivantes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) La ma&#238;trise de la langue (91 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Les effectifs (85 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Les acquis scolaires (culturels, m&#233;thodologiques) des &#233;l&#232;ves inadapt&#233;s (81 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) L'absence de d&#233;doublement (77 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 ex aequo) Les &#233;preuves du bac et l'absence de philo avant la terminale (60 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) le programme (52 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces raisons, certaines font partie de choses qui ne d&#233;pendent absolument pas de nous, professeurs de philosophie, ni individuellement, ni collectivement. Pour d'autres, on peut discuter de notre pouvoir, ou des cons&#233;quences qu'il nous faudrait en tirer pour ajuster notre enseignement &#224; l'&#233;tat r&#233;el dans lequel nous arrivent nos &#233;l&#232;ves, pour rendre la philosophie au lyc&#233;e plus formatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait consid&#233;rer que &lt;strong&gt;la ma&#238;trise de la langue&lt;/strong&gt; d'une part, &lt;strong&gt;les acquis scolaires des &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt; d'autre part, &#233;chappent assez largement au pouvoir des professeurs de philosophie. Bien s&#251;r, nous pouvons le d&#233;plorer. Ce serait une mani&#232;re de reconna&#238;tre qu'en effet notre enseignement ne tient pas ses promesses mais que ce n'est pas de sa faute et que nous n'y pouvons rien &#224; notre niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, on pourrait aussi croiser ce r&#233;sultat avec la question de &lt;strong&gt;la &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;philosophie avant la terminale&lt;/strong&gt; : son absence est jug&#233;e importante ou tr&#232;s importante pour expliquer les difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves par 60 % des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu. S'il faut am&#233;liorer la formation des &#233;l&#232;ves du double point de vue de leur ma&#238;trise linguistique et de leurs acquis m&#233;thodologiques ou culturels, est-ce qu'il n'y aurait pas une solution &#224; chercher dans un v&#233;ritable cursus de philosophie au lyc&#233;e, de la seconde &#224; la terminale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait alors imaginer un vrai travail de la profession, de l'Inspection ou du Conseil Sup&#233;rieur des Programmes visant &#224; &#233;tablir clairement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quels sont les savoir-faire linguistiques &#224; ma&#238;triser pour pouvoir mener un raisonnement philosophiquement solide ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quels sont les acquis culturels et m&#233;thodologiques fondamentaux qui devraient &#234;tre enseign&#233;s avant la Terminale pour permettre &#224; l'ann&#233;e du bac d'&#234;tre philosophiquement formatrice pour les &#233;l&#232;ves ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Acireph se bat depuis sa cr&#233;ation pour 3 changements d&#233;cisifs dans l'enseignement de la philosophie : une transformation des programmes, une transformation des &#233;preuves du bac, et l'introduction de la philosophie avant (et apr&#232;s) la terminale. Or &lt;strong&gt;une tr&#232;s nette majorit&#233; des coll&#232;gues (60 %) trouvent que l'absence de philosophie avant la terminale et les &#233;preuves du bac ont un r&#244;le important ou tr&#232;s important pour expliquer les difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question 18 &#233;tait une question ouverte, qui demandait si &lt;strong&gt;d'autres raisons&lt;/strong&gt; expliquent les difficult&#233;s rencontr&#233;es par les &#233;l&#232;ves. Sur les 420 personnes qui ont r&#233;pondu au questionnaire, 93 ont ajout&#233; quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de r&#233;ponses reprennent finalement des &#233;l&#233;ments cit&#233;s dans la question 17, ce qui t&#233;moigne sans doute de l'importance accord&#233;e &#224; ces &#233;l&#233;ments : les lacunes des &#233;l&#232;ves (20 r&#233;ponses), l'inadaptation des programmes par rapport aux volumes horaires (16 r&#233;ponses), l'inadaptation des &#233;preuves (15 r&#233;ponses). Cependant, deux autres raisons cit&#233;es m&#233;ritent d'&#234;tre mentionn&#233;es : la d&#233;valorisation de l'&#233;cole, de la culture, de la philosophie (13 r&#233;ponses) ; les coefficients trop faibles de la philosophie dans certaines s&#233;ries (5 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre II : les programmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la question 12 &#171; Avez-vous une mani&#232;re diff&#233;rente de faire cours en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et en s&#233;ries technologiques ? &#187; (plusieurs r&#233;ponses possibles), 72 % des coll&#232;gues r&#233;pondent &#171; oui, dans les contenus des cours (supports, textes) &#187; et 66 % &#171; oui, dans la nature des travaux exig&#233;s &#187;. Il y a probablement l&#224; quelque chose de s&#233;rieux &#224; penser : car les programmes et les &#233;preuves du bac sont, de leur c&#244;t&#233;, rigoureusement de m&#234;me nature en s&#233;ries technologiques qu'en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales (&#224; la nuance pr&#232;s des 3 questions pour l'explication de texte). Nous trouvons bien, d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre, une liste de notions, une liste de rep&#232;res, une liste d'auteurs &#8211; et la dissertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur &lt;strong&gt;appr&#233;ciation des programmes&lt;/strong&gt; (Q.15), les participants au questionnaire se montrent tr&#232;s majoritairement, voire &lt;strong&gt;massivement &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;insatisfaits du statu quo&lt;/strong&gt;. En s&#233;rie ES, 75 % des r&#233;ponses d&#233;clarent le programme &#171; trop lourd &#187; et/ou &#171; trop ind&#233;termin&#233; &#187;. Cette proportion atteint 81 % pour la s&#233;rie S et 60 % pour les s&#233;ries technologiques. Seule une courte majorit&#233; trouve les programmes &#171; bien en l'&#233;tat &#187; en s&#233;rie L (54 %) ; pour les autres s&#233;ries, ils sont seulement 25 % en ES, 19 % en S et presque 40 % en s&#233;ries technologiques &#224; exprimer cet avis. Par ailleurs, 77 % des coll&#232;gues d&#233;clarent souhaiter un &#171; dialogue collectif de la profession &#187; sur la question des programmes (Q.36).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il s'agit de proposer des &lt;strong&gt;transformations des programmes actuels&lt;/strong&gt;, l'interpr&#233;tation est rendue difficile par la formulation des r&#233;ponses possibles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une premi&#232;re chose est claire : c'&lt;strong&gt;est le &#171; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;moins de notions&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &#187; qui l'emporte largement (oui &#224; 77 %).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une seconde chose est claire : le &#171; non &#187; l'emporte largement contre des notions davantage reli&#233;es entre elles (par couplage), et contre remplacer des notions par des questions (non &#224; 70 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En revanche l'id&#233;e de &lt;strong&gt;remplacer des notions par des probl&#232;mes&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;divise&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; la profession : le pour et le contre obtiennent chacun la moiti&#233; des suffrages. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faut-il entendre par &#171; probl&#232;mes &#187; ? Quelle diff&#233;rence avec les &#171; questions &#187; ? Des exemples &#233;taient donn&#233;s entre parenth&#232;ses. Pour les questions : &#171; qu'est-ce qui fait qu'une action est bonne ou mauvaise ? &#187; ou &#171; pourquoi devrions-nous &#234;tre gouvern&#233;s ? &#187;. Pour les probl&#232;mes : &#171; libert&#233; et d&#233;terminisme &#187; ou &#171; art et imitation &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble donc que nos coll&#232;gues soient hostiles &#224; ce que les notions soient remplac&#233;es par des probl&#232;mes formul&#233;s sous forme de questions explicites, mais qu'ils soient plut&#244;t partag&#233;s lorsqu'il s'agit de probl&#232;mes formul&#233;s sous forme de couplage de notions, alors que par ailleurs ils rejettent des notions reli&#233;es entre elles&#8230; On pourrait proposer une hypoth&#232;se : relier les notions entre elles ne change pas grand-chose &#224; l'ind&#233;termination des programmes, nous le savons d&#232;s maintenant car c'est d&#233;j&#224; le cas (le travail et la technique, th&#233;orie et exp&#233;rience, la justice et le droit, l'existence et le temps). Or cela n'emp&#234;che pas certains sujets du bac de porter sur une seule des notions pr&#233;tendument coupl&#233;es, si bien qu'en r&#233;alit&#233; tout se passe comme si ni les champs notionnels (la culture, le sujet, etc.), ni les couplages de notions ne r&#233;duisaient l'&#233;tendue des sujets possiblement trait&#233;s par les &#233;l&#232;ves au bac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, si l'id&#233;e de remplacer les notions par des probl&#232;mes sous la forme &#171; libert&#233; et d&#233;terminisme &#187; para&#238;t int&#233;ressante pour la moiti&#233; des coll&#232;gues qui ont r&#233;pondu, c'est sans doute parce que des probl&#232;mes ainsi formul&#233;s r&#233;duisent clairement le champ des possibles. &#171; Libert&#233; et d&#233;terminisme &#187; ne recouvre pas la libert&#233; politique, par exemple. Et en m&#234;me temps, des probl&#232;mes sous cette forme laissent encore une marge de man&#339;uvre importante, probablement plus importante que des questions formul&#233;es directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur le chemin de la d&#233;termination des programmes&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;,&lt;/strong&gt; il semble donc que nos coll&#232;gues restent encore oppos&#233;s &#224; une pr&#233;cision vraiment cibl&#233;e, et sont partag&#233;s pour ce qui est de pr&#233;ciser en partie ce qu'il faut &#233;tudier pendant l'ann&#233;e, ce &#224; propos de quoi les &#233;l&#232;ves sont cens&#233;s arriver arm&#233;s au bac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier constat remarquable &lt;strong&gt;&#224; propos des &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;rep&#232;res &lt;/strong&gt; : seuls 27 % des professeurs ayant r&#233;pondu traitent explicitement tous les rep&#232;res pendant l'ann&#233;e ; 36 % ne les prennent pas explicitement en compte ; et 60 % en font quelques-uns mais sont embarrass&#233;s par d'autres&#8230; (plusieurs r&#233;ponses &#233;taient possibles, Q.19).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre III : les &#233;preuves du baccalaur&#233;at&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous avons demand&#233; : &#171; Dans les conditions actuelles de notre enseignement, pensez-vous que, &#224; la fin de l'ann&#233;e scolaire, les &#233;l&#232;ves soient pr&#233;par&#233;s &#224; traiter l'ensemble des sujets possibles au bac ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s&#233;rie L, o&#249; pourtant une majorit&#233; de coll&#232;gues trouvent les programmes &#171; bien en l'&#233;tat &#187;, et o&#249; nous disposons de 8 heures par semaine, seules 43 % des r&#233;ponses sont positives, tandis que 44 % r&#233;pondent &#171; non, il y a toujours un sujet pour lequel mes &#233;l&#232;ves n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s &#187;. Le pire constat concerne &lt;strong&gt;les &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;s&#233;ries ES et S&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, o&#249; une petite minorit&#233; (environ 20 %) des r&#233;ponses sont positives, tandis qu'une &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;tr&#232;s nette majorit&#233; (environ 60 %)&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; des coll&#232;gues r&#233;pondent &#171; non, il y a toujours un sujet pour lequel mes &#233;l&#232;ves n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s &#187;.&lt;/strong&gt; Pour les s&#233;ries technologiques, ils sont 47 % &#224; r&#233;pondre &#171; non, il y a toujours un sujet pour lequel mes &#233;l&#232;ves n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s &#187; ; c'est pour ces s&#233;ries que la r&#233;ponse &#171; non, je suis content quand il y a au moins un sujet sur les trois pour lequel le cours peut directement les aider &#187; obtient le plus fort pourcentage : 25 %, contre environ 22 % en ES et S et 12 % en L.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ainsi, les professeurs ont &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;pleinement conscience&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; que les conditions actuelles ne permettent pas de &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;pr&#233;parer s&#233;rieusement&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; les &#233;l&#232;ves &#224; l'&#233;preuve de philosophie du baccalaur&#233;at.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question suivante (Q.21) demandait : &#171; en cas de r&#233;ponse n&#233;gative, y a-t-il une autre raison que les horaires ? &#187; et 69 % des r&#233;ponses sont positives. Ce n'est donc pas qu'un probl&#232;me de temps. Mais alors, d'&lt;i&gt;o&#249; provient cette impr&#233;paration des &#233;l&#232;ves au bac de philo ? &lt;/i&gt;Les coll&#232;gues &#233;taient alors invit&#233;s &#224; s'exprimer (question ouverte, Q.22) sur ces autres raisons. 212 personnes ont r&#233;pondu. Voici les raisons donn&#233;es par ordre d&#233;croissant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) L'ind&#233;termination des programmes (80 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) La lourdeur des programmes (50 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Le mauvais choix des sujets (40 r&#233;ponses), dont : des sujets trop difficiles (14 r&#233;ponses), des sujets qui croisent des notions non conform&#233;ment au tableau (14 r&#233;ponses), des sujets trop pr&#233;cis (7 r&#233;ponses), trop originaux (3 r&#233;ponses), mal formul&#233;s (2 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) L'insuffisance des acquis scolaires (20 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Les classes surcharg&#233;es (12 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Les horaires insuffisants, notamment en s&#233;rie S (10 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur les &#233;preuves du bac que les r&#233;sultats sont les plus int&#233;ressants, du point de vue d'une transformation de l'enseignement de la philosophie. En effet, &lt;strong&gt;seule une faible minorit&#233; (18 %) des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu estime que les &#233;preuves de philosophie au baccalaur&#233;at sont &#171; &#224; conserver en l'&#233;tat &#187;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;en s&#233;ries technologiques &lt;/strong&gt; ;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;ils sont 49 % pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales, &#224; peine la moiti&#233; des coll&#232;gues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, 51 % des coll&#232;gues pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et &lt;strong&gt;82 % pour les s&#233;ries technologiques&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; jugent que les &#233;preuves du bac philo doivent &#234;tre, soit &#171; conserv&#233;es mais am&#233;nag&#233;es &#187;, soit &#171; enrichies par de nouvelles &#233;preuves &#187;, soit &#171; &#224; remplacer totalement &#187;. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s&#233;ries technologiques, les suffrages les plus nombreux reviennent m&#234;me &#224; la r&#233;ponse la plus radicale : &lt;strong&gt;37 % des professeurs souhaitent &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;remplacer totalement&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; les &#233;preuves du bac de philosophie en ST&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;ponses sont &#224; mettre en rapport avec la question pr&#233;c&#233;dente (Q.23), qui demandait : &#171; pr&#233;parez-vous &#233;quitablement aux deux types d'&#233;preuve, ou bien en privil&#233;giez-vous une ? &#187; En tendance les 2 types d'&#233;preuves sont pr&#233;par&#233;s de fa&#231;on &#233;quitable y compris en s&#233;ries technologiques (57 % contre 76 % en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales). En revanche lorsque les professeurs mettent davantage l'accent sur l'une des &#233;preuves, c'est l'explication de texte qui est privil&#233;gi&#233;e pour les s&#233;ries technologiques (26 %). On s'aper&#231;oit donc ici que la cible des critiques des &#233;preuves de philo au bac technologique est sans doute &#224; rechercher dans la dissertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, 75 % des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu d&#233;clarent souhaiter un &#171; dialogue collectif de la profession &#187; sur la question des &#233;preuves du bac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les questions ouvertes, de nombreux coll&#232;gues proposent un oral pour &#233;valuer la philo au bac, notamment pour les &#233;l&#232;ves de s&#233;ries technologiques. La proposition d'une dissertation &lt;i&gt;guid&#233;e&lt;/i&gt; revient aussi tr&#232;s souvent. En s&#233;ries technologiques, la dissertation est tr&#232;s critiqu&#233;e, souvent qualifi&#233;e d'impossible &#224; r&#233;ussir. L'&#233;preuve texte-questions est aussi critiqu&#233;e pour sa forme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Chapitre IV : les perspectives&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La philosophie avant la Terminale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les professeurs ayant r&#233;pondu &#224; notre enqu&#234;te estiment tr&#232;s majoritairement (65 %) que la possibilit&#233; d'intervenir en Seconde et en Premi&#232;re est une bonne chose mais &lt;strong&gt;doit &#234;tre &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;renforc&#233;e&lt;/strong&gt; (Q.26).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant un enseignement de philosophie d&#232;s la classe de Premi&#232;re (Q.27), &lt;strong&gt;u&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;ne franche&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; majorit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu souhaitent que la philosophie soit enseign&#233;e d&#232;s la Premi&#232;re, suivant une approche soit disciplinaire, soit interdisciplinaire, en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales&lt;/strong&gt; : 89 % en L, et environ 80 % en ES et en S ; &lt;strong&gt;une &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;nette majorit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; le souhaite &#233;galement, de fa&#231;on remarquable, &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;pour les s&#233;ries technologiques&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;(66 %). En s&#233;rie L, une &#171; approche disciplinaire &#187; de cet enseignement est pl&#233;biscit&#233;e (68 %) mais pas dans les autres s&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales raisons mentionn&#233;es (Q.28, question ouverte, 139 personnes ont r&#233;pondu) sont les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le oui : cela permettrait que les &#233;l&#232;ves se familiarisent avec la discipline, son esprit, ses m&#233;thodes (89 r&#233;ponses), notamment gr&#226;ce &#224; un travail interdisciplinaire (23/89 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le non : du fait de l'immaturit&#233; intellectuelle et/ou culturelle des &#233;l&#232;ves (10 r&#233;ponses), du fait que le travail interdisciplinaire constituerait une dilution de la discipline (6 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enseigner la philosophie de la Premi&#232;re &#224; la Terminale, pour toutes les s&#233;ries, cela obligerait n&#233;cessairement l'institution &#224; introduire une progressivit&#233;, ce que demande l'Acireph depuis sa cr&#233;ation. Il s'agirait l&#224; clairement d'une premi&#232;re &#233;tape vers un v&#233;ritable cursus de philosophie au lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La philosophie en lyc&#233;e professionnel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La philosophie n'est actuellement enseign&#233;e qu'&#224; la moiti&#233; d'une classe d'&#226;ge. La Q.29 demandait aux coll&#232;gues si l'enseignement de la philosophie en lyc&#233;e professionnel leur semblait envisageable : sur le mod&#232;le de l'existant ; OU sous une autre forme. &lt;strong&gt;Sur le mod&#232;le de l'existant&lt;/strong&gt;, c'est le &#171; non &#187; qui l'emporte tr&#232;s largement &#224; 87 %. En revanche, &lt;strong&gt;sous une autre forme&lt;/strong&gt;, le &#171; oui &#187; obtient 72 % de r&#233;ponses positives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;ponses contiennent implicitement une affirmation int&#233;ressante : les professeurs de philosophie reconnaissent que la mani&#232;re dont la philosophie est enseign&#233;e n'est &lt;strong&gt;pas si universelle&lt;/strong&gt; qu'elle le pr&#233;tend ; qu'il serait donc possible de faire autrement, et que ce serait m&#234;me indispensable pour pouvoir d&#233;mocratiser la philosophie. La d&#233;mocratisation de l'enseignement de la philosophie semble donc avoir de beaux jours devant elle, mais &#224; condition de repenser s&#233;rieusement notre p&#233;dagogie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, &#224; la question &#171; seriez-vous volontaires ? &#187;, les professeurs de philosophie sont h&#233;sitants et plut&#244;t r&#233;serv&#233;s : 53/47 entre le non et le oui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La formation professionnelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une tr&#232;s franche majorit&#233; des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu souhaitent que les formations propos&#233;es aux professeurs de philosophie int&#232;grent davantage une r&#233;flexion sur les pratiques d'enseignement : 75 % souhaiteraient ainsi pouvoir travailler sur les mani&#232;res de faire cours, 70 % sur les mani&#232;res de pr&#233;parer aux &#233;preuves du bac ; ce dont l'Acireph ne peut que se r&#233;jouir, puisque tel serait le sens m&#234;me des Instituts de recherche sur l'enseignement de la philosophie dont nous demandons la cr&#233;ation : donner des moyens institutionnels de partager des pratiques p&#233;dagogiques, d'en d&#233;battre entre coll&#232;gues et d'en &#233;valuer collectivement les effets sur la formation philosophique des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'analyse du SNES des r&#233;sultats de cette enqu&#234;te est consultable ici :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.snes.edu/-Pour-un-etat-des-lieux-de-l-enseignement-de-la-philosophie-dans-le-secondaire-.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.snes.edu/-Pour-un-etat-des-lieux-de-l-enseignement-de-la-philosophie-dans-le-secondaire-.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On trouvera un r&#233;cit &#233;difiant de cet &#233;pisode dans notre histoire critique de la &#171; guerre des programmes &#187;, consultable sur ce site.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#201;tat de l'enseignement de la philosophie en 2007-2008 &#187;, rapport de l'Inspection g&#233;n&#233;rale de l'&#201;ducation nationale, septembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dissertation en question</title>
		<link>https://www.acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/la-dissertation/article/la-dissertation-en-question</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/la-dissertation/article/la-dissertation-en-question</guid>
		<dc:date>2015-12-21T11:53:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La dissertation en terminale, Jean-Jacques ROSAT &lt;br class='autobr' /&gt; &#201;L&#201;MENTS D'HISTOIRE DE LA DISSERTATION &lt;br class='autobr' /&gt;
De la r&#233;daction &#224; la dissertation, Bruno POUCET &lt;br class='autobr' /&gt;
El&#233;ments d'histoire de la dissertation dans l'enseignement secondaire, Bruno POUCET &lt;br class='autobr' /&gt; LES D&#201;BATS AUTOUR DE LA DISSERTATION &lt;br class='autobr' /&gt;
Le propre de la dissertation philosophique, Alain LHOMME &lt;br class='autobr' /&gt;
Penser et disserter, Jean-Jacques ROSAT &lt;br class='autobr' /&gt;
So What ?, Jean-Jacques GUINCHARD &lt;br class='autobr' /&gt;
Priv&#233;s de dissertation, Pascal ENGEL &lt;br class='autobr' /&gt;
Faut-il jeter la dissertation aux orties ? (article (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/la-dissertation/" rel="directory"&gt;La dissertation&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/notions" rel="tag"&gt;Notions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/spip.php?article26&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dissertation en terminale, Jean-Jacques ROSAT&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &#201;L&#201;MENTS D'HISTOIRE DE LA DISSERTATION&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/poucet_de_la_redaction_a_la_dissertation.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De la r&#233;daction &#224; la dissertation, Bruno POUCET&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/POUCET%20Histoire%20Dissertation.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;El&#233;ments d'histoire de la dissertation dans l'enseignement secondaire, Bruno POUCET&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; LES D&#201;BATS AUTOUR DE LA DISSERTATION&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/LHOMME%20La%20dissertation.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le propre de la dissertation philosophique, Alain LHOMME&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/ROSAT%20PENSER%20DISSERTER.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Penser et disserter, Jean-Jacques ROSAT&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/JJ%20GUINCHARD%20So%20What.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;So What ?, Jean-Jacques GUINCHARD&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/ENGEL%20Vie%20apres%20Dissertation.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Priv&#233;s de dissertation, Pascal ENGEL&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/Article%20Telerama.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Faut-il jeter la dissertation aux orties ? (article paru dans T&#233;l&#233;rama)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; LES SUJETS DE DISSERTATION&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/MARCHAL%20Bon%20sujet.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce qu'un bon sujet ? Francis MARCHAL&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/ALQUIE%201951.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les beaux sujets sont-ils de bons sujets ? Texte de Ferdinand ALQUIE (1951)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/ROSAT%20sujet%20art%20dissertation.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;20 ans de sujets sur l'art ou l'aberration d'un programme de notions, Jean-Jacques ROSAT&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; COMMENT L'ENSEIGNER ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/GRATALOUP%20Nicole_philo_epreuv_dissert_.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La philosophie &#224; l'&#233;preuve de la dissertation, Nicole GRATALOUP&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/JJ%20GUINCHARD%204%20maniere%20enseigner%20dissertation.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quatre mani&#232;res d'enseigner la dissertation, Jean-Jacques GUINCHARD&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/Atelier%20dissertation.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Compte-rendu d'ateliers d'&#233;changes de pratiques sur la dissertation colloque ACIREPh 2001&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; DU COTE DES ELEVES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/LE%20DOEUFF%20Discours%20des%20lyceens.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le discours philosophique des lyc&#233;ens, trente ans apr&#232;s..., Mich&#232;le LE DOEUFF&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/RAYOU%20Dissertation%20Consignes%20transaction.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce qu'ils en font ? Consignes et transaction, Patrick RAYOU&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/DEGOY%20eleves%20correcteurs.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand les lyc&#233;ens sont correcteurs, H&#233;l&#232;ne DEGOY&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/RAYOU%20Dissertation%20US%20Mag.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dissertation de philosophie, entre malentendus et transaction, Patrick RAYOU&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; DU COTE DES AUTRES DISCIPLINES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/CHATEL%20dissert%20sc%20eco.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dissertation en Sciences &#201;conomiques et Sociales, Elisabeth CHATEL&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/COMELLI%20Dissert%20Histoire.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dissertation en Histoire, Dominique COMELLI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/CAPEL%20dissertation%20%20defendre.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dissertation, &#233;preuve de r&#233;flexion, mod&#232;le &#224; r&#233;fl&#233;chir, Fanny CAPEL&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journ&#233;es d'&#233;tude 2015. Philosophie et croyances : jusqu'o&#249; peut aller la libert&#233; de critique ?</title>
		<link>https://www.acireph.org/journees-d-etude/article/journees-d-etude-2015-philosophie-et-croyances-jusqu-ou-peut-aller-la-liberte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/journees-d-etude/article/journees-d-etude-2015-philosophie-et-croyances-jusqu-ou-peut-aller-la-liberte</guid>
		<dc:date>2015-12-01T21:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un premier compte-rendu synth&#233;tique de ces journ&#233;es est consultable dans notre dernier bulletin n&#176;64 (d&#233;cembre 2015), avant la publication du dossier complet dans notre revue C&#244;t&#233; Philo n&#176;20, &#224; para&#238;tre au printemps 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une libert&#233; d'expression &#224; g&#233;om&#233;trie variable ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'enseignement de la philosophie se heurte &#224; des difficult&#233;s croissantes lorsqu'il s'agit d'aborder certains sujets, en particulier depuis les attentats de janvier 2015. Nous sommes confront&#233;s &#224; un soup&#231;on grandissant de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.acireph.org/journees-d-etude/" rel="directory"&gt;Journ&#233;es d'&#233;tude&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Un premier &lt;strong&gt;compte-rendu synth&#233;tique de ces journ&#233;es&lt;/strong&gt; est consultable dans notre dernier &lt;a href=&#034;http://www.acireph.org/Files/Other/2015%2011%20Bulletin%2064.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bulletin n&#176;64 (d&#233;cembre 2015)&lt;/a&gt;, avant la publication du dossier complet dans notre revue &lt;i&gt;C&#244;t&#233; Philo&lt;/i&gt; n&#176;20, &#224; para&#238;tre au printemps 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une libert&#233; d'expression &#224; g&#233;om&#233;trie variable ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie se heurte &#224; des difficult&#233;s croissantes lorsqu'il s'agit d'aborder certains sujets, en particulier depuis les attentats de janvier 2015. Nous sommes confront&#233;s &#224; un soup&#231;on grandissant de la part d'&#233;l&#232;ves qui ne comprennent pas toujours pourquoi la libert&#233; d'expression semble d&#233;fendue ici mais bafou&#233;e ailleurs. Le &#171; deux poids, deux mesures &#187; a parfois &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; : que pouvons-nous r&#233;pondre face &#224; ces interrogations ? Pourquoi la libert&#233; d'expression a-t-elle des limites ? Quelles sont-elles ? Peut-on les questionner, voire les critiquer ? Comment faire travailler et progresser nos &#233;l&#232;ves sur ces probl&#232;mes o&#249; se m&#234;lent politique et religion, rationalit&#233; et croyances ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nos &#233;l&#232;ves acceptent en g&#233;n&#233;ral th&#233;oriquement le bien-fond&#233; d'interroger voire de critiquer leurs croyances et leurs valeurs, le passage &#224; la pratique s'av&#232;re parfois plus d&#233;licat : les croyances les plus fortes, religieuses notamment, semblent imperm&#233;ables au questionnement. Tout se passe comme si r&#233;fl&#233;chir de fa&#231;on critique, c'&#233;tait manquer de respect. A l'inverse, l'attitude de la simple tol&#233;rance, sans &#233;change ni dialogue, revient &#224; faire des croyances une sorte de &#171; pr&#233;-carr&#233; &#187; que rien ne doit venir troubler. Notre mission n'est-elle pas au contraire de susciter l'ouverture et la confrontation des id&#233;es ? Mais comment le faire dans un cadre s&#233;curisant, o&#249; nos &#233;l&#232;ves puissent avoir confiance et sans qu'ils soient contraints de trop s'exposer en prenant le risque de se renfermer ensuite. Quelles m&#233;thodes permettent de faire d&#233;battre sereinement et rationnellement nos &#233;l&#232;ves ? Quelle attitude devons-nous avoir vis-&#224;-vis d'un rejet presque visc&#233;ral exprim&#233; par certains &#233;l&#232;ves lorsque nous abordons la religion ou des th&#233;ories qui s'opposent &#224; leurs croyances ? Comment pouvons-nous mieux comprendre le rapport qu'entretiennent ces &#233;l&#232;ves &#224; leur religion ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La&#239;cit&#233; ou neutralit&#233; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des professeurs, les injonctions de l'institution semblent parfois contredire les exigences de la philosophie. Tandis que la Charte de la la&#239;cit&#233; &#224; l'&#233;cole affirme qu'&#171; aucun sujet n'est a priori exclu du questionnement scientifique et p&#233;dagogique &#187;, on a entendu la ministre de l'&#233;ducation nationale d&#233;noncer les &#171; questionnements insupportables &#187; de certains &#233;l&#232;ves, tout en enjoignant les enseignants &#224; organiser des d&#233;bats en classe et &#224; promouvoir les valeurs r&#233;publicaines de la&#239;cit&#233; et de libert&#233; d'expression. Est-il possible d'adopter une position de &#171; stricte neutralit&#233; &#187;, comme l'exige la Charte de la la&#239;cit&#233; ? Comment exercer l'esprit critique des &#233;l&#232;ves dans ces conditions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adh&#233;sion religieuse ne concerne-t-elle que les dogmes clairement identifi&#233;s comme tels ? N'existe-t-il pas un rapport dogmatique, sacr&#233; et quasi-religieux &#224; des principes ou des valeurs apparemment rationnels et la&#239;ques ? C'est ce que sugg&#232;re Durkheim :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; Entre la science et la foi religieuse il existe des interm&#233;diaires ; ce sont les croyances communes de toute sorte, relatives &#224; des objets la&#239;ques en apparence, tels que le drapeau, la patrie, telle forme d'organisation politique, tel h&#233;ros, tel &#233;v&#233;nements historique, etc. Elles sont obligatoires en quelque sens, par cela seul qu'elles sont communes ; car la communaut&#233; ne tol&#232;re pas sans r&#233;sistance qu'on les nie ouvertement. (&#8230;) C'est qu'en effet elles sont, dans une certaine mesure, indiscernables des croyances proprement religieuses. La patrie, la R&#233;volution fran&#231;aise, etc., sont pour nous des choses sacr&#233;es auxquelles nous ne permettons pas qu'on touche. L'opinion publique ne tol&#232;re pas volontiers qu'on conteste la sup&#233;riorit&#233; morale de la d&#233;mocratie, la r&#233;alit&#233; du progr&#232;s, l'id&#233;e d'&#233;galit&#233;, de m&#234;me que le chr&#233;tien ne laisse pas mettre en discussion ses dogmes fondamentaux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Ainsi, &#171; il y a une multitude de manifestations religieuses qui ne ressortissent &#224; aucune religion proprement dite &#187;. (&lt;i&gt;De la d&#233;finition des ph&#233;nom&#232;nes religieux&lt;/i&gt;, 1897)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose est d'autant moins simple qu'une certaine mani&#232;re de se &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; mobiliser pour les valeurs de la R&#233;publique &#187; voulue par le Minist&#232;re n'est peut-&#234;tre pas aussi la&#239;que et r&#233;publicaine qu'il para&#238;t, au moins si on suit le premier penseur de la la&#239;cit&#233; scolaire, Ferdinand Buisson :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; Le premier devoir d'une R&#233;publique est de faire des r&#233;publicains, et l'on ne fait pas un r&#233;publicain comme on fait un catholique. Pour faire un catholique il suffit de lui imposer la v&#233;rit&#233; toute faite ; voil&#224;, il n'a plus qu'&#224; l'avaler. Je dis catholique, mais j'aurais dit tout aussi bien un protestant ou un croyant quelconque. Pour faire un r&#233;publicain, il faut prendre l'&#234;tre humain si petit et si humble qu'il soit, un enfant, un adolescent, une jeune fille ; il faut prendre l'homme le plus inculte et lui donner l'id&#233;e qu'il faut penser par lui-m&#234;me, qu'il ne doit ni foi ni ob&#233;issance &#224; personne, que c'est &#224; lui de chercher la v&#233;rit&#233; en fonction de ce que son professeur lui aura enseign&#233; et qu'il ne doit pas la recevoir faite d'un ma&#238;tre, d'un chef quel qu'il soit, temporel et spirituel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Discours au Congr&#232;s du parti radical&lt;/i&gt; , 1903&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est fid&#232;le en cela &#224; un autre penseur &#233;minent de l'&#201;cole de la R&#233;publique, Condorcet, qui d&#233;clare dans son Rapport sur l'Instruction publique de 1792 que&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; ni la Constitution fran&#231;aise ni m&#234;me la D&#233;claration des droits ne seront pr&#233;sent&#233;es &#224; aucune classe de citoyens, comme des tables descendues du ciel, qu'il faut adorer et croire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;al la&#239;que doit-il &#234;tre simplement &#171; transmis &#187; tel un dogme et les &#171; valeurs r&#233;publicaines &#187; pr&#233;sent&#233;es comme un indiscutable, objet de simple inculcation, voire d'une v&#233;n&#233;ration ? O&#249; doivent-ils faire l'objet de recherches et de questionnements, admettre la critique ? Faut-il rappeler &#224; l'ordre r&#233;publicain l'&#233;l&#232;ve qui dit &#171; Je ne suis pas Charlie &#187; ou examiner de fa&#231;on critique si la la&#239;cit&#233; autorise ce genre d'expression ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, faut-il vraiment entrer dans ces questions de cette mani&#232;re ? N'est-ce pas le plus s&#251;r moyen de crisper le d&#233;bat et de renforcer des croyance et des comportements que nous souhaitons voire &#233;voluer ?&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PROGRAMME DES JOURN&#201;ES D'&#201;TUDES&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;SAMEDI 17 OCTOBRE 2015&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;9h30 - Accueil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10h - Allocution d'ouverture &#8211; Fr&#233;d&#233;ric LE PLAINE, professeur de philosophie, pr&#233;sident de l'ACIREPh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10h30 - Conf&#233;rence-d&#233;bat : Sa&#239;d BOUAMAMA, sociologue (IFAR), interviendra sur le rapport des jeunes issus de l'immigration aux questions religieuses et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12h30 - D&#233;jeuner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14h &#8211; Table ronde : Nos r&#233;ponses en classe apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de janvier 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15h30 - Conf&#233;rence-d&#233;bat : Serge COSP&#201;REC, professeur de philosophie, ESPE &#8211; Universit&#233; Paris-Est-Cr&#233;teil, interviendra sur le concept de la&#239;cit&#233; (titre &#224; pr&#233;ciser)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17h &#8211; Ateliers au choix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18h45 - Cl&#244;ture 1&#232;re journ&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;DIMANCHE 18 OCTOBRE 2015&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;9h30 - Conf&#233;rence-d&#233;bat : Thomas HOCHMANN, ma&#238;tre de conf&#233;rence en droit public, interviendra sur l'encadrement juridique et les limites de la libert&#233; d'expression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11h30 &#8211; Ateliers au choix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13h - D&#233;jeuner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14h30 &#8211; Synth&#232;se des r&#233;sultats du questionnaire SNES-ACIREPh sur l'&#233;tat des lieux de l'enseignement de la philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15h30 &#8211; Positions de l'ACIREPh et chantiers pour l'ann&#233;e 2015-2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17h - Cl&#244;ture des journ&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Ateliers au choix &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1) &#171; Organiser en classe un atelier de discussion sur : la libert&#233; d'expression, jusqu'o&#249; ? &#187;, atelier anim&#233; par Michel TOZZI, professeur &#233;m&#233;rite en sciences de l'&#233;ducation, Univ. Montpellier 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) &#171; La&#239;cit&#233; ouverte ou la&#239;cit&#233; ferm&#233;e &#187;, atelier anim&#233; par Jean-Charles ROYER, professeur de philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) &#171; Probl&#233;matiser la relation foi-raison &#187;, atelier anim&#233; par Bastien SUEUR, professeur de philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) &#171; Apprendre &#224; classifier des croyances &#187;, ateliers anim&#233; par C&#233;cile VICTORRI, professeur de philosophie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journ&#233;es d'&#201;tudes de 2001 &#224; 2014</title>
		<link>https://www.acireph.org/journees-d-etude/article/journees-d-etudes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/journees-d-etude/article/journees-d-etudes</guid>
		<dc:date>2015-07-07T07:39:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Admin</dc:creator>


		<dc:subject>Acireph</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nos journ&#233;es d'&#233;tudes depuis la cr&#233;ation de l'association, en 1998&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acireph.org/journees-d-etude/" rel="directory"&gt;Journ&#233;es d'&#233;tude&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2014 - Aborder l'art en philosophie au lyc&#233;e : pourquoi et comment ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Joel Dolbeault, professeur de philosophie, pr&#233;sident de l'ACIREPh, allocution d'ouverture : l'art et l'ind&#233;termination des programmes.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Serge Cosp&#233;rec, Professeur de philosophie, ESPE de Cr&#233;teil : peut-on faire un cours sur l'art ? Difficult&#233;s et proposition de d&#233;marche.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pierre Merckl&#233;, sociologue, ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'ENS de Lyon : les cultures des adolescents &#224; l'&#232;re num&#233;rique Jacqueline Lichenstein, professeure de philosophie &#224; l'Universit&#233; Paris IV : art et philosophie de l'art.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; S&#233;bastien Charbonnier, professeur de philosophie : L'exposition au probl&#232;me : comment faire fonctionner l'art dans un cours de philosophie ?.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Emmanuel Valat, professeur de philosophie : pr&#233;sentation d'une exp&#233;rience p&#233;dagogique : l'&#233;criture de ha&#239;kus en classe D&#233;bat final : il aborder le th&#232;me de l'art en Terminale ? De quelle mani&#232;re ?.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2013 - Transformer l'enseignement de la philosophie : r&#233;forme ou r&#233;volution ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de la profession, de plus en plus de voix semblent dire qu'il est d&#233;sormais urgent de faire cesser ce grand &#233;cart entre les ambitions d&#233;clar&#233;es des textes officiels et la r&#233;alit&#233; des copies d'examen, que l'enseignement de la philosophie souffre d'inadaptation, et qu'il court &#224; sa perte faute d'&#234;tre transform&#233;. Comment se fait-il alors que les timides tentatives de changements institutionnels (par exemple la r&#233;forme des &#233;preuves en s&#233;rie technologique, remise aux calendes grecques) avortent imm&#233;diatement aujourd'hui encore ? Quels sont les obstacles &#224; toute transformation ? De quoi avons-nous peur ? Car au-del&#224; des adversaires d&#233;clar&#233;s de toute r&#233;forme, au-del&#224; des blocages institutionnels, il y a sans doute des r&#233;sistances plus secr&#232;tes, plus passives aussi, qui expliquent en partie l'inertie que nous subissons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2012 - Enseigner la philosophie &#224; partir de questions contemporaines - Philosophie morale ; &#233;volution des m&#339;urs : sommes-nous m&#251;rs pour la libert&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Joel Dolbeault, professeur de philosophie, pr&#233;sident de l'ACIREPh, allocution d'ouverture Francis Caballero avocat, ancien enseignant de Paris X : Le Droit de la drogue : le cas du cannabis. Le Droit du sexe : le cas de la prostitution.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ruwen Ogien philosophe, directeur de recherche au CNRS : Quels principes pour une &#233;thique minimale ? Rose-Marie Lagrave, sociologue, directrice d'&#233;tudes &#224; l'EHESS : Controverses contemporaines touchant le genre et la sexualit&#233; : approche sociologique.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Mai 2012 - Lecture suivie d'une oeuvre : sortir des sentiers battus &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; S&#233;bastien Charbonnier : &#171; La canonisation des auteurs philosophiques : entre culture commune et atrophie de l'imaginaire p&#233;dagogique &#187;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Conf&#233;rence de Christophe Grellard : &#171; (Comment) peut-on enseigner Guillaume d'Ockham au Lyc&#233;e ? &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2011 - Philosophie en Seconde : un pi&#232;ge ou une chance pour la philosophie ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; C&#233;cile Victorri, professeur de philosophie, pr&#233;sidente de l'ACIREPh : la r&#233;forme du lyc&#233;e, ses cons&#233;quences &#8211; pr&#233;sentation des nouveaux dispositifs Quelle articulation entre les disciplines ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Fran&#231;ois Meyer (professeur de philosophie) et Didier Missenard (professeur de math&#233;matiques) : math&#233;matiques et philosophie, un exemple de travail interdisciplinaire en Seconde.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Nicole Grataloup : philosophie, histoire-g&#233;ographie, sciences &#233;conomiques et sociales dans le cadre de l'option de Seconde &#171; analyse des grandes questions contemporaines &#187;).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ateliers crois&#233;s ; Faire de la philosophie en Seconde : une extension ? une simple pr&#233;paration ? Et quel int&#233;r&#234;t de ces dispositif pour les &#233;l&#232;ves ? Pour le professeurs : quel(s) objectif(s), quelle(s) ambition( s) ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2010 - &#171; R&#233;inventer l'enseignement de la philosophie en s&#233;ries technologiques &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; C&#233;cile Victorri, professeur de philosophie, pr&#233;sidente de l'ACIREPh : Enseigner la philosophie en s&#233;ries technologiques ; &#201;tat des lieux.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Serge Cosp&#233;rec, professeur de philosophie (Universit&#233; Paris XII), Diff&#233;rents mod&#232;les possibles pour r&#233;inventer l'enseignement de la philosophie (Angleterre, Qu&#233;bec, Etats-Unis).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2009 - L'&#233;valuation en philosophie : quels probl&#232;mes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; C&#233;cile Victorri, professeur de philosophie, pr&#233;sidente de l'ACIREPh : L'&#233;valuation en philosophie : quels probl&#232;mes ? Pierre Merle, sociologue, professeur &#224; l'IUFM de Bretagne : L'&#233;valuation des &#233;l&#232;ves.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Connaissances sociologiques et pratiques professorales : quelles interactions ? Jean-Jacques Guinchard, L'&#233;valuation en philosophie : probl&#232;mes et malentendus.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Herv&#233; Boillot, Professeur de Philosophie, Laboratoire Georges Friedmann (PARIS I), Perspective historique : la gen&#232;se de la doctrine de l'enseignement de la philosophie peut-elle &#233;clairer les difficult&#233;s que nous rencontrons aujourd'hui ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Juin 2009 - Enseigner la philosophie politique aujourd'hui : qu'appelons-nous&lt;br class='autobr' /&gt;
la d&#233;mocratie ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pierre-Yves Quiviger, philosophe sp&#233;cialiste du droit, ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'Universit&#233; Paris I Panth&#233;on-Sorbonne.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La d&#233;mocratie est-elle compatible avec le gouvernement repr&#233;sentatif ? Laurent Dubois, professeur de droit constitutionnel &#224; l'Institut d'&#201;tudes Politiques de Paris. Contours, d&#233;tours, rebours d'une notion d&#233;mocratique par excellence : la volont&#233; g&#233;n&#233;rale.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; C&#233;cile Victorri, professeur de philosophie &#224; Taverny. Une d&#233;marche intitul&#233;e le &#171; _colloque des philosophes_ &#187;sur la question de l'&#233;galit&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Isabelle Smadja, professeur de philosophie &#224; Nancy P&#233;dagogie ou d&#233;magogie ? D&#233;mocratisation ou populisme ? Dans quelles limites peut- on limites peut-on d&#233;mocratiser l'enseignement de la philosophie sans vendre son &#226;me au diable ? S&#233;bastien Charbonnier, doctorant en sciences de l'&#233;ducation &#224; l'Universit&#233; de Nantes. La d&#233;mocratie comme mani&#232;re de vivre, en cours de philosophie ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2008 enseigner la philosophie &#224; partir de questions contemporaines ? &#171; quel droit sur le vivant, quels droits du vivant ? &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Serge Cosp&#233;rec, professeur de philosophie (Universit&#233; Paris XII), pr&#233;sident de l'ACIREPh : mettre en &#339;uvre le 8&#232;me chantier de notre Manifeste &#171; Enseigner la philosophie vivante &#187;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Georges Chapouthier, Directeur de recherche au CNRS, Approche historique de la question Enrique Utria, Doctorant en philosophie, Universit&#233; de Rouen, Approches philosophiques contemporaines (Peter Singer, Tom Regan, Mark Rowlands et Joel Feinberg) Agn&#232;s Ricroch, ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; AgroParisTech, chercheuse au CNRS, laboratoire d'&#233;volution et syst&#233;matique, universit&#233; Paris-XI, Les brevets sur le vivant. Enjeux scientifiques, &#233;thiques et politiques.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Carlos De Sola, juriste, chef du Service de sant&#233; et de la bio&#233;thique au Conseil de l'Europe , Consensus et conflits en mati&#232;re de bio&#233;thique en Europe.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2007 - Comment parler en classe de la religion et des croyances religieuses ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Serge Cosp&#233;rec, professeur de philosophie (Universit&#233; Paris XII), pr&#233;sident de l'ACIREPh : La question de la religion dans l'enseignement de philosophie : histoire, changements et interrogations.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Alain Testart (CNRS) &#171; L'&#233;ternit&#233; sans les dieux : religions d'Australie &#187;. L'anthropologie peut-elle nous amener &#224; r&#233;viser une conception de la religion surd&#233;termin&#233;e par l'h&#233;ritage du monoth&#233;isme en Europe ?,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Guillaume Lecointre (Universit&#233; Paris XI, CNRS) &#171; La th&#233;orie de l'&#233;volution face aux croyances religieuses contemporaines &#187;. Le darwinisme face au cr&#233;ationnisme et au &#171; dessein intelligent &#187;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sa&#239;d Bouamama (IFAR Lille) le rapport des jeunes des classes populaires, sp&#233;cialement ceux issus de l'immigration post coloniale, &#224; la religion, aux croyances religieuses qu'on leur impute ou qui sont les leurs, et &#224; l'&#233;cole.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2006 : Enseigner la probl&#233;matisation en classe de philosophie. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Serge Cosp&#233;rec, professeur de philosophie (IUFM de Cr&#233;teil), pr&#233;sident de l'ACIREPh : Enseigner la probl&#233;matisation ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Bernard Victorri, CNRS-Paris VII : Probl&#232;me philosophique et probl&#232;me scientifique : l'exemple de l'origine du langage. Des repr&#233;sentations et des th&#233;ories sur l'origine du langage dans l'histoire aux recherches linguistiques contemporaines, comment le probl&#232;me se transforme-t-il ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Michel Fabre, CREN-Universit&#233; de Nantes : les diff&#233;rents mod&#232;les th&#233;oriques de la probl&#233;matisation en philosophie (Dewey, Bachelard, Deleuze, Meyer).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Christian Orange, CREN-Universit&#233; de Nantes, Le &#171; paradigme de la probl&#233;matisation &#187; s'est &#233;tendu depuis 15-20 ans &#224; toutes les disciplines et &#224; tous les niveaux du syst&#232;me scolaire : comment et pourquoi cette &#233;volution a-t-elle eu lieu, quelle analyse critique peut-on en faire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
*- Pierre Pastr&#233;e, La notion de comp&#233;tence : sa (ses) d&#233;finition(s) et les probl&#232;mes qu'elle pose.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2005 : Conf&#233;rence-d&#233;bat : philosophie et religion : &#171; que faire en classe face aux r&#233;sistances pr&#233;sent&#233;es par certains de nos &#233;l&#232;ves croyants &#224; la rationalit&#233; ? &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2004 : Apprendre &#224; raisonner en philosophie. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Serge Cosp&#233;rec, professeur de philosophie (IUFM de Cr&#233;teil), pr&#233;sident de l'ACIREPh : un partage &#233;pist&#233;mologique et didactique contestable : argumenter (fran&#231;ais) vs d&#233;montrer (math&#233;matiques) ; quelle place pour l'argumentation en philosophie ? Pascal Engel (Universit&#233; Paris IV) : l'apprentissage du raisonnement et tradition du Critical Thinking Interventions crois&#233;es de Pascal Engel et Pascal Ludwig (Universit&#233; Paris IV) sur l'apprentissage du raisonnement dans le cursus de formation des &#233;tudiants de philosophie.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Claude Raisky et Lo&#239;c de K&#233;rimel, professeurs de philosophie : Le raisonnement en philosophie et dans les autres disciplines G&#233;rard Chomienne, professeur de philosophie, Comment faire &#233;tudier la structure argumentative des textes philosophiques ? Les apports de &#171; la logique informelle &#187;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Nicole Grataloup, professeur de philosophie, &#201;nonciation et raisonnement Desiderio Murcho (Portugal), Domenico Massaro (Italie), Luis Maria Cifuentes (pr&#233;sident de la soci&#233;t&#233; espagnole des professeurs de philosophie) ; N.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Frieden (Suisse), la question du raisonnement dans leurs pays respectifs.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Desid&#233;rio Murcho, King's College de Londres : Le d&#233;veloppement du raisonnement dans les programmes de phiolosophie portugais&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Fr&#233;d&#233;ric Cossutta, El&#233;ments pour la lecture des textes philosophiques, Exemples d'exercices pour les classe de Terminale.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2003 : Quelles finalit&#233;s pour l'enseignement philosophique aujourd'hui dans le lyc&#233;e ? &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
*- Serge Cosp&#233;rec, professeur de philosophie (IUFM de Cr&#233;teil), pr&#233;sident de l'ACIREPh : repenser les finalit&#233;s de l'enseignement de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pierre Merle, professeur de sociologie, Universit&#233; de Rennes, L'enseignement s'est-il vraiment d&#233;mocratis&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Claude Raisky, professeur de philosophie dans les s&#233;ries de l'enseignement agricole, Sylvie Bach et Anne-marie Degoul, professeurs de philosophie en s&#233;ries technologiques industrielles et tertiaires et Lo&#239;c de K&#233;rimel, professeur de philosophie en classe pr&#233;paratoire, en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et technologiques : Diversit&#233; des &#233;l&#232;ves et des s&#233;ries, unit&#233; de la philosophie ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Samuel Johsua, professeur en Sciences de l'&#233;ducation &#224; l'Universit&#233; de Provence, Les disciplines scientifiques face &#224; la d&#233;mocratisation. D&#233;bat anim&#233; par G&#233;rard Malkassian, avec Luis Maria Cifuentes, pr&#233;sident de la soci&#233;t&#233; espagnole des professeurs de philosophie (SEPFI) et d'autres intervenants : quelles finalit&#233;s, quels objectifs de formation pour l'enseignement de philosophie dans d'autres pays ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Michelle Perrot, Paris VII, vice-pr&#233;sidente du Conseil National des Programmes, Bernard Calvino, pr&#233;sident du Groupe d'Experts de Sciences et Vie de la Terre, Raymonde Piecuch, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale adjointe du SGEN-CFDT, Denis Paget, co-secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du SNES- FSU. Table ronde : Qu'attend-on de la philosophie ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Yves Michaud , Universit&#233; de Tous les Savoirs, Universit&#233; de Caen : Comment r&#233;pondre aux demandes et aux besoins de formation en philosophie aujourd'hui ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2002 : Les connaissances et la pens&#233;e. Quelle place faire aux savoirs dans l'enseignement de la philosophie ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Serge Cosp&#233;rec, professeur de philosophie (IUFM de Cr&#233;teil), pr&#233;sident de l'ACIREPh : Le cours de philo et les savoirs&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Daniel Andler, professeur &#224; Paris IV, responsable du d&#233;partement d'&#233;tudes cognitives &#224; l'ENS-Ulm) : peut-on faire un cours sur la conscience sans passer par les sciences cognitives ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Philippe Descola (Coll&#232;ge de France), Nature-Culture, un paradigme &#224; relativiser&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean-Jacques Rosat, : apprendre la philosophie : quelle place pour les doctrines, les textes et leur histoire, dans l'apprentissage de la r&#233;flexion.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mathieu Potte-Bonneville, professeur de philosophie (Classe pr&#233;paratoire) : Foucault : la philosophie est-elle un savoir ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; C&#233;cile Victorri, professeur de philosophie : Le vocabulaire philosophique est-il un savoir ? Apprendre les mots de la pens&#233;e&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Alain Marchal, professeur de philosophie : Quel usage, dans un cours de philosophie, de documents extra-philosophiques ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; G&#233;rard Chomienne, professeur de philosophie : La place de la logique et de l'argumentation dans le cours de philosophie&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Nicole Grataloup, professeur de philosophie : Des usages de la psychanalyse dans le cours de philosophie&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Claudine Tiercelin, professeur &#224; Paris XII et pr&#233;sidente du jury de l'agr&#233;gation de philosophie : Quel tableau peut-on dresser aujourd'hui des rapports entre philosophie et savoirs dans la formation universitaire des professeurs de philosophie et dans les concours de recrutement ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2001 : Enseignement de la philosophie et d&#233;mocratisation : le d&#233;fi des&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;ries technologiques. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Jean-Jacques Rosat, professeur de philosophie au Coll&#232;ge de France, pr&#233;sident de l'ACIREPh, Enseignement de la philosophie et d&#233;mocratisation : le d&#233;fi des s&#233;ries technologiques,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pierre Bourdieu, Chaire de Sociologie du Coll&#232;ge de France : L'enseignement philosophique face au d&#233;fi de la d&#233;mocratisation (la maladie a malheureusement emp&#234;ch&#233; Pierre Bourdieu de venir) Bernard Decomps (Directeur ENS Cachan) : Technologie et philosophie. Les pistes d'une alliance d'objectifs&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Aziz Jellab, IUFM Nord Pas de Calais Universit&#233; de Paris 8, ESCOL : Eleves de l'enseignement professionnel et technologique : quel rapport aux savoirs ? A propos du statut des activit&#233;s professionnelles&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Bruno Poucet (Universit&#233; de Picardie), Histoire de l'enseignement de la philosophie dans les sections techniques, Jean-Jacques Guinchard, professeur de philosophie, &#171; _Travailler_ &#187; pour le professeur, &#171; _travailler_ &#187;pour l'&#233;l&#232;ve&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2000 : La dissertation de philosophie en terminale : &#233;preuve de r&#233;flexion, mod&#232;le &#224; r&#233;fl&#233;chir. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Jean-Jacques Rosat, professeur de philosophie au Coll&#232;ge de France, pr&#233;sident de l'ACIREPh : La dissertation en questions&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Bruno Poucet, Historien de l'enseignement de philosophie (Universit&#233; de Picardie) : &#201;l&#233;ments d'histoire de la dissertation dans l'enseignement secondaire&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Alain Lhomme, professeur de philosophie, (Kh&#226;gne) : Le propre de la dissertation philosophique&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Patrick Rayou (IUFM Cr&#233;teil) : Qu'est-ce qu'ils en font ? Consignes et transaction&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Francis Marchal, professeur de philosophie : Qu'est-ce qu'un bon sujet ? Jean Jacques Rosat (Coll&#232;ge de France) : 20 ans de sujets sur l'art&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#201;lisabeth Chatel, professeurs de SES : La dissertation en Sciences &#201;conomiques et Sociales&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dominique Comelli, professeur d'Histoire : La dissertation en Histoire Fanny Capel, professeur de Lettres : La dissertation en Lettres&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 1999 : Enseigner la philosophie aujourd'hui, pratiques et devenirs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Alain Renaut (Paris IV) : la r&#233;forme des programmes.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jean-Marie Beyssade (Paris I) et Jacques Bouveresse (Coll&#232;ge de France), Laurence Cornu, (IUFM, Poitiers) : Le programme de philosophie.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; R&#233;flexions sur les difficult&#233;s d'une r&#233;forme Jacques Ranci&#232;re (Paris VIII), St&#233;phane Douailler (Paris VIII), Conf&#233;rence-D&#233;bat : Y a-t-il un enseignement de base en philosophie ? Fran&#231;ois Galichet (Universit&#233; de Strasbourg) : La formation initiale des &#233;tudiants et des professeurs de philosophie. Discutant : Jean- Paul Thomas (IUFM, Paris) Louis Pinto (CNRS) et Mich&#232;le Vergeade-Ta&#239;bi.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Table ronde : Les professeurs de philosophie et leur culture. Alain Boissinot (IGEN), Fran&#231;oise Chenet, professeur de Litt&#233;rature (Universit&#233; Grenoble 3), Pascale Delormas, professeur de Lettres, et Dominique Constantini, professeur de philosophie :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Table ronde : L'argumentation en Fran&#231;ais et en Philosophie Anne Lalanne, Nicolas Go, Philippe Mary, H&#233;l&#232;ne Degoy, Herv&#233; Le Charl&#232;s, Jean-Charles Pettier et Michel Tozzi (professeurs de philosophie).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Table ronde : La philosophie ailleurs qu'en terminale (philosopher en primaire, en Segpa, en bacs pros, etc.) &#201;lisabeth Chatel, professeurs de SES, Patrick Rayou (IUFM de Cr&#233;teil), Jean-Marie Matagne et Christophe Fauchon, professeurs de philosophie.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Table ronde : La dissertation : ses repr&#233;sentations et son &#233;valuation&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L' ACIREPh en six priorit&#233;s</title>
		<link>https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/article/l-acireph-en-six-priorites</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/article/l-acireph-en-six-priorites</guid>
		<dc:date>2015-07-06T08:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>
		<dc:subject>Raisonnement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'ACIREPh, en 6 revendications.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/" rel="directory"&gt;Pr&#233;sentation de l'ACIREPh&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/raisonnement" rel="tag"&gt;Raisonnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; revenir aux programmes de probl&#232;mes, les seuls permettant de former s&#233;rieusement les &#233;l&#232;ves et de sortir de l'impasse du baccalaur&#233;at&lt;/li&gt;&lt;li&gt;diversifier les &#233;preuves, notamment pour les s&#233;ries technologiques&lt;/li&gt;&lt;li&gt;instituer une heure d&#233;doubl&#233;e d'enseignement &lt;i&gt;dans toutes les s&#233;ries &lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;enseigner la philosophie avant la Terminale&lt;/li&gt;&lt;li&gt;enseigner la philosophie dans les lyc&#233;es professionnels&lt;/li&gt;&lt;li&gt; mettre en place des IREPh, pour une vraie formation p&#233;dagogique et didactique des professeurs.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le vocabulaire philosophique est-il un savoir ? Apprendre les mots de la pens&#233;e</title>
		<link>https://www.acireph.org/les-pratiques/la-question-des-connaissances/article/le-vocabulaire-philosophique-est-il-un-savoir-apprendre-les-mots-de-la-pensee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/les-pratiques/la-question-des-connaissances/article/le-vocabulaire-philosophique-est-il-un-savoir-apprendre-les-mots-de-la-pensee</guid>
		<dc:date>2003-02-06T17:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Victorri</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par C&#233;cile VICTORRI &lt;br class='autobr' /&gt; Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans quelle mesure le vocabulaire peut-il faire figure de savoir dans l'enseignement de la philosophie ? C'est la question que je voudrais poser ici. Elle m'est venue d'un triple constat. J'ai &#233;t&#233; surprise, quand j'ai commenc&#233; &#224; enseigner, de m'apercevoir que les premiers obstacles que je rencontrais en cours avaient pour origine des malentendus sur le sens des mots les plus courants ou les plus familiers pour moi, et que pour faire comprendre une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/les-pratiques/la-question-des-connaissances/" rel="directory"&gt;La question des connaissances&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par &lt;strong&gt;C&#233;cile VICTORRI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans quelle mesure le vocabulaire peut-il faire figure de savoir dans l'enseignement de la philosophie ? C'est la question que je voudrais poser ici. Elle m'est venue d'un triple constat.&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;J'ai &#233;t&#233; surprise, quand j'ai commenc&#233; &#224; enseigner, de m'apercevoir que les premiers obstacles que je rencontrais en cours avaient pour origine des malentendus sur le sens des mots les plus courants ou les plus familiers pour moi, et que pour faire comprendre une question ou un probl&#232;me &#224; mes &#233;l&#232;ves il fallait d'abord lever ces malentendus.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;L'existence m&#234;me de dictionnaires de la philosophie semble confirmer l'id&#233;e selon laquelle il y aurait un vocabulaire sp&#233;cifiquement philosophique que nos &#233;l&#232;ves pourraient apprendre, id&#233;e renforc&#233;e par les conseils d'un inspecteur de faire tenir aux &#233;l&#232;ves un r&#233;pertoire, comme pour une langue &#233;trang&#232;re.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Enfin et surtout, &#224; l'occasion d'un travail fait tout r&#233;cemment avec des coll&#232;gues, j'ai constat&#233; que nous &#233;tions plusieurs &#224; proposer &#224; nos &#233;l&#232;ves des interrogations de connaissances, pratique obscure et cach&#233;e (honteuse, peut-&#234;tre ?), que je soup&#231;onne d'&#234;tre plus r&#233;pandue qu'il n'y para&#238;t, et dont une partie est toujours consacr&#233;e &#224; la d&#233;finition de certains termes, et &#224; des distinctions conceptuelles. Je voudrais me fonder ici sur l'analyse compar&#233;e que nous avons tent&#233;e de ces exercices scolaires que sont ces interrogations.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se que je me propose de d&#233;velopper est la suivante : dans la mesure, d'une part, o&#249; on trouve dans les interrogations &#233;crites que nous avons propos&#233;es &#224; nos &#233;l&#232;ves des invariants et o&#249;, parmi ces invariants, il y a les questions de vocabulaire, &#233;tant donn&#233;, d'autre part, que nous donnons tous des termes &#224; d&#233;finir, des distinctions &#224; &#233;tablir, des d&#233;finitions de concepts propres &#224; une doctrine &#224; rappeler, ne faut-il pas consid&#233;rer qu'il y a l&#224; des contenus de connaissance qu'il s'agit tout bonnement d'apprendre ? Ne peut-on pas consid&#233;rer que parmi les contenus que nous enseignons &#8212; si toutefois on reconna&#238;t qu'il y a des contenus dans un cours de philosophie &#8212; il y a du vocabulaire ? Sans une certaine ma&#238;trise de ce vocabulaire, les &#233;l&#232;ves, bien qu'ils aient par ailleurs acquis une m&#233;thode, sont souvent d&#233;pourvus : ils sont r&#233;duits &#224; confronter des opinions &#224; d'autres opinions et manquent d'outils pour travailler philosophiquement une question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce qui fait difficult&#233; bien s&#251;r, c'est la nature de ce vocabulaire et son statut. Les d&#233;finitions propos&#233;es dans un cours ont toujours des statuts divers : on y trouve aussi bien des d&#233;finitions de d&#233;part, qui constituent le sens commun des termes comme pr&#233;alable pour une analyse (ex. : erreur, objectif/subjectif, pr&#233;jug&#233;, etc.), que des distinctions construites au terme d'analyses (ex. contrainte/obligation/n&#233;cessit&#233; ou encore possession/propri&#233;t&#233;) ; et il y a aussi des concepts propres &#224; des auteurs (la volont&#233; g&#233;n&#233;rale chez Rousseau, le refoulement chez Freud, le doute cart&#233;sien, etc.). Ainsi, certains termes doivent &#234;tre connus pour permettre l'analyse, d'autres sont eux-m&#234;mes objets d'analyse, d'autres enfin sont d&#233;finis par des doctrines philosophiques. Il faudra tenter une sorte de typologie du vocabulaire rencontr&#233; dans un cours de philosophie, &#224; la fois selon sa nature et selon sa fonction, et se demander dans quelle mesure on peut alors le qualifier de savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;laboration d'une telle typologie soul&#232;ve des difficult&#233;s. D'abord existe-t-il un langage sp&#233;cifiquement philosophique &#8212; ce qui impliquerait un vocabulaire commun aux philosophes &#8212;, ou seulement un usage philosophique des mots du langage courant, qu'il faudrait identifier, et dont il faudrait comprendre ce qu'il a de &#8220;philosophique&#8221; ? Ensuite, faire du vocabulaire un savoir soul&#232;ve aussi des probl&#232;mes par rapport &#224; la d&#233;marche philosophique elle-m&#234;me : n'y a-t-il pas contradiction entre, d'une part, la probl&#233;matisation, le questionnement et l'analyse philosophique, et, d'autre part, la d&#233;termination de d&#233;finitions comme contenus de savoir ? Comment en effet consid&#233;rer comme savoir &#8220;positif&#8221; ce qui n'est que provisoire, discutable, ce qui parfois n'est affirm&#233; que pour &#234;tre d&#233;menti ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne pr&#233;tends pas r&#233;soudre ici toutes ces questions, qui mettent en jeu la philosophie tout enti&#232;re, et je m'en tiendrai &#224; quelques &#233;l&#233;ments de r&#233;flexion, dans le cadre strict de l'enseignement de la philosophie en Terminale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Une typologie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le contexte de la querelle des programmes de philosophie, il n'est sans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; la philosophie travaille sur le sens des mots, son enseignement ne requiert-il pas un vocabulaire commun aux professeurs et aux &#233;l&#232;ves afin de rendre possible le travail de questionnement et d'analyse &#224; partir duquel on &#233;labore les probl&#232;mes ? Je me propose d'essayer de recenser les divers types de termes qui apparaissent dans les interrogations &#233;crites de connaissances, pour imaginer de quoi pourrait &#234;tre constitu&#233; un tel &#8220;vocabulaire&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant tout, il faut lever une ambigu&#239;t&#233; sur l'expression m&#234;me de &#8220;vocabulaire philosophique&#8221;. En effet, dire qu'il y a un vocabulaire du cours de philosophie, une sorte de lexique, reviendrait &#224; dire que la philosophie poss&#232;de une terminologie sp&#233;cifique, comme il y a une terminologie juridique ou technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si c'&#233;tait le cas, il faudrait se mettre d'accord sur les termes sans lesquels on ne peut pas penser philosophiquement. Mais il est bien &#233;vident qu'un tel lexique est impossible &#224; &#233;tablir. D'abord, parce que la philosophie, en particulier quand on l'enseigne en terminale, consiste davantage en une r&#233;flexion sur le langage courant et &#224; partir de lui. Ensuite, parce que les termes dits techniques sont en g&#233;n&#233;ral construits pour un probl&#232;me ou une doctrine donn&#233;s, et non pour l'ensemble de la philosophie (par exemple, la distinction entre l'essence formelle et l'essence objective d'une id&#233;e &#8212; distinction que l'on peut qualifier de technique, au sens o&#249; elle est sp&#233;cifique et o&#249; elle est construite pour traiter une question philosophique particuli&#232;re &#8212; se comprend en fonction de la mani&#232;re dont la scolastique a d'abord pos&#233; ce probl&#232;me). Il existe bien des concepts construits par des philosophes, mais ils sont d&#233;termin&#233;s par une doctrine ou un probl&#232;me et ne constituent en rien un lexique de la philosophie. La seule chose que l'on pourrait alors identifier comme connaissance serait la ma&#238;trise du vocabulaire propre &#224; un auteur, ce qui est tr&#232;s diff&#233;rent de l'id&#233;e d'un vocabulaire philosophique ou, plus encore, d'un &#8220;langage philosophique&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, s'il y a un vocabulaire sp&#233;cifiquement philosophique, il faut l'entendre non pas au sens d'un langage des philosophes en g&#233;n&#233;ral, mais au sens d'un ensemble de concepts propres &#224; une doctrine ou &#224; un courant de pens&#233;e. C'est, de fait, le premier genre de termes sur lesquels on interroge les &#233;l&#232;ves dans les interrogations &#233;crites de connaissances que nous avons examin&#233;es. Il s'agit en g&#233;n&#233;ral de concepts dont l'appartenance &#224; un auteur est imm&#233;diatement identifiable (conatus, refoulement, doute m&#233;thodique, etc.) ou qui ne peuvent &#234;tre compris que relativement &#224; un courant de pens&#233;e au sens large (la notion d'&#233;tat de nature par exemple est partag&#233;e par plusieurs philosophes, mais il reste qu'elle ne peut &#234;tre comprise qu'&#224; partir d'un contexte, au sens d'une mani&#232;re dont certains probl&#232;mes ont &#233;t&#233; pos&#233;s dans l'histoire de la philosophie ; ainsi on pourra &#224; partir d'un sens g&#233;n&#233;ral de ce concept, distinguer la fa&#231;on dont il a &#233;t&#233; con&#231;u par Hobbes, Locke, Rousseau, etc.) Or ce sont des &#233;l&#233;ments de cours faciles &#224; isoler, et que les &#233;l&#232;ves peuvent sans trop de difficult&#233; s'approprier. Un exemple typique : dans une interrogation &#233;crite, &#224; la question &#171; qu'est-ce que la mauvaise foi pour Sartre ? &#187;, les &#233;l&#232;ves qui ont travaill&#233; leur cours savent distinguer le sens courant du sens sartrien ; les autres d&#233;finiront l'expression comme mensonge ou insinc&#233;rit&#233;. Or il s'agit bien l&#224; d'un contenu de connaissance, indiscutable : personne ne peut contester que Sartre donne une d&#233;finition de la mauvaise foi, et il faut bien la conna&#238;tre pour en discuter les fondements. Il ne s'agit donc pas de distinctions conceptuelles, mais bien de d&#233;finitions qui sont cette fois fix&#233;es d&#233;finitivement (Sartre ne reviendra pas l&#224;-dessus), et &#224; partir desquelles on peut discuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;terminer alors ce qui doit &#234;tre ma&#238;tris&#233; par les &#233;l&#232;ves reviendrait finalement &#224; se demander quels sont les &#233;l&#233;ments de doctrine que l'on doit leur enseigner. (certains sujets requi&#232;rent d'ailleurs de telles connaissances : quand il s'agit de savoir si le respect n'est d&#251; qu'a la personne, par exemple, ne faut-il pas ma&#238;triser le concept kantien pour pouvoir probl&#233;matiser cette question ? En principe, il ne le faudrait pas. En r&#233;alit&#233;&#8230; Mais c'est une autre question.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point donc le probl&#232;me du &#8220;vocabulaire&#8221; rejoint celui du rapport de l'enseignement de la philosophie aux textes et aux auteurs. Et le vocabulaire ne sera consid&#233;r&#233; comme savoir que si on consid&#232;re qu'il y a dans l'histoire de la philosophie quelque chose comme des connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant il faut aussi reconna&#238;tre, sans pour autant d&#233;fendre l'id&#233;e d'une langue philosophique, que certains termes issus le plus souvent du langage courant ont pris un sens dans la tradition philosophique, en s'&#233;mancipant parfois d'ailleurs de leurs auteurs d'origine (je pense &#224; des termes comme n&#233;cessit&#233;, entendement, a priori, etc.). L&#224; encore, des d&#233;finitions peuvent &#234;tre donn&#233;es aux &#233;l&#232;ves, ne serait-ce que pour leur permettre de lire certains textes. Les &#233;l&#232;ves qui auront appris que &#8220;n&#233;cessaire&#8221;, au sens philosophique, ne signifie pas &#8220;vital&#8221; mais qualifie ce qui ne peut pas ne pas &#234;tre, &#233;viteront bien des faux sens en lisant un texte ou en probl&#233;matisant une question. L&#224; encore, il est facile d'isoler au sein d'un cours ce type de d&#233;finition, et il n'est pas impossible d'interroger les &#233;l&#232;ves dessus. A condition bien entendu de comprendre que le &#8220;sens philosophique&#8221; d'un terme n'est pas le seul l&#233;gitime, ni le seul possible, sans quoi le travail d'analyse peut &#234;tre paralys&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les erreurs de nos &#233;l&#232;ves portent moins sur les concepts &#233;labor&#233;s par les auteurs, ou sur des termes dont on &#233;tablit explicitement le sens philosophique, que sur des termes appartenant au langage courant ; nous travaillons alors &#224; lever ces malentendus et toute la difficult&#233; est alors de se mettre d'accord sur un sens premier des termes. C'est tout le travail que nous faisons quand nous levons des malentendus ; je pense par exemple &#224; des termes comme volont&#233; ou d&#233;termination souvent compris par les &#233;l&#232;ves comme des qualit&#233;s psychologiques (&#8220;avoir de la volont&#233;&#8221;, &#8220;&#234;tre d&#233;termin&#233; &#224; r&#233;ussir&#8221;), ce qui fait obstacle &#224; l'analyse de la volont&#233; comme d'une facult&#233; de se d&#233;terminer. Mais ces malentendus ne sont pas seulement des obstacles. Nous en avons besoin pour la r&#233;flexion philosophique. Les &#233;vacuer, tout simplement, semble impossible : ce serait pr&#233;tendre substituer un vocabulaire exact &#224; un autre, inexact. Or personne ne pr&#233;tend que le cours de philosophie est fait pour &#233;tablir un sens d&#233;fini et rigoureux, immuable, des mots ! Et pourtant, il faut bien d&#233;finir un sens commun si on veut pouvoir faire cours ! Il s'agit ici, ou bien de se mettre d'accord sur ce sens premier, sur ce qui peut &#234;tre d'embl&#233;e reconnu comme d&#233;finition valable pour n'importe qui, donc sur un sens qui soit commun aux professeurs, aux &#233;l&#232;ves et aux lecteurs de copies (je pense par exemple au support &#233;tymologique de certaines analyses), ou bien de r&#233;pertorier les diff&#233;rentes acceptions d'un terme pour pr&#233;ciser le sens auquel on l'entendra, selon les moments. Dans les deux cas, cela peut constituer des objets de connaissance, faciles &#224; isoler et &#224; apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du recensement des diff&#233;rents types de termes rencontr&#233;s dans les interrogations &#233;crites de connaissances, nous pouvons esquisser une sorte de typologie des &#8220;d&#233;finitions philosophiques&#8221;, &#224; condition bien s&#251;r de reconna&#238;tre qu'un terme peut toujours &#234;tre d&#233;fini de diff&#233;rentes mani&#232;res, et que les fronti&#232;res entre ces types sont loin d'&#234;tre imperm&#233;ables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le terme a priori par exemple peut au sens kantien appartenir &#224; la premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Les d&#233;finitions de concepts propres &#224; des auteurs, qui ne peuvent &#234;tre comprises sans r&#233;f&#233;rence &#224; un texte ou &#224; une doctrine (mauvaise foi, jugement synth&#233;tique a priori).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Les d&#233;finitions de termes qui, sans &#234;tre r&#233;ductibles &#224; une doctrine, ont pris un sens g&#233;n&#233;ral dans la tradition philosophique (libre arbitre, a priori, entendement, n&#233;cessit&#233;).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Les diff&#233;rentes acceptions d'un terme (ma&#238;trise) ou d'une notion (nature, histoire).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Les d&#233;finitions de d&#233;part, lorsqu'on cherche &#224; s'accorder sur le sens &#8220;premier&#8221; d'un terme. C'est le cas quand on est conduit &#224; proposer aux &#233;l&#232;ves des d&#233;finitions fond&#233;es sur l'&#233;tymologie (conscience, autonomie, etc.) ou quand on doit lever un malentendu (en distinguant par exemple l'erreur et le mensonge). C'est le cas encore des distinctions qui permettent de clarifier ou de rendre visible des difficult&#233;s ; il s'agit l&#224; de mettre l'accent sur la distinction par comparaison des termes (r&#233;el/vrai, rationnel/raisonnable).&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Les pratiques des professeurs de philosophie, si diverses soient-elles, montrent que tous, peu ou prou, font ce travail de d&#233;finition ; mais les choses se passent tr&#232;s diff&#233;remment selon qu'ils le tiennent pour un simple pr&#233;alable, certes n&#233;cessaire pour philosopher, mais au fond ext&#233;rieur &#224; philosophie (qui ressortirait du fran&#231;ais par exemple) ou, au contraire, pour une activit&#233; d&#233;j&#224; philosophique par elle-m&#234;me et donc pour un objet propre &#224; un enseignement de philosophie. Ainsi, en demandant aux &#233;l&#232;ves d'apprendre ces d&#233;finitions, parce qu'elles sont n&#233;cessaires &#224; tout travail d'analyse et de probl&#233;matisation, on fait de cet apprentissage une partie int&#233;grante du cours de philosophie. On pourrait objecter que les &#233;l&#232;ves sont cens&#233;s construire ces d&#233;finitions, ou les poss&#233;der d&#233;j&#224; &#224; titre de culture g&#233;n&#233;rale. Cela serait s&#251;rement souhaitable, au moins pour ce que j'ai appel&#233; le sens &#8220;premier&#8221; des termes ; nous pourrions en effet l&#233;gitimement attendre que les &#233;l&#232;ves connaissent un peu d'&#233;tymologie et qu'ils soient capables de construire par eux-m&#234;mes les d&#233;finitions les plus communes de certains termes. Il se trouve que nous sommes le plus souvent d&#233;&#231;us dans cette attente. On peut se contenter de le regretter. Mais on peut aussi chercher &#224; pallier ces lacunes, en consid&#233;rant que cette mise au point est d'ores et d&#233;j&#224; philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit donc d'isoler dans un cours des contenus qui constituent autant de mat&#233;riaux et d'outils pour r&#233;fl&#233;chir sur des questions qui ne sont pas n&#233;cessairement celles du cours ; il s'agit de contenus pr&#233;cis qui doivent &#234;tre compris pour qu'on puisse avancer et prendre appui sur eux. Par exemple, si &#224; l'occasion d'un cours sur la v&#233;rit&#233; on a distingu&#233; rationnel et raisonnable, r&#233;el et vrai, erreur et mensonge, ces distinctions peuvent &#234;tre r&#233;-exploit&#233;es ou r&#233;-interrog&#233;es pour une r&#233;flexion sur les passions, la perception ou le langage. Si les &#233;l&#232;ves parviennent &#224; les ma&#238;triser pour elles-m&#234;mes, ind&#233;pendamment du contexte de ce cours, ils pourront s'en servir de fa&#231;on autonome. En outre, quand une distinction a &#233;t&#233; faite, elle doit pouvoir servir plus tard dans l'ann&#233;e sans que le travail soit enti&#232;rement &#224; reprendre. Ces contenus constituent soit la mati&#232;re m&#234;me de la r&#233;flexion parce que ce sont des d&#233;finitions, et donc un point de d&#233;part pour l'analyse (c'est le cas quand on donne le sens premier d'un terme, qui peut &#234;tre lui-m&#234;me d&#233;compos&#233;, et interrog&#233;), soit des outils pour l'analyse (par exemple, la ma&#238;trise d'une distinction comme essence/existence permet d'entrer dans l'analyse d'un sujet comme &#171; Puis-je savoir ce que je suis ? &#187;). Expliciter ces distinctions et v&#233;rifier que les &#233;l&#232;ves les ma&#238;trisent, c'est leur donner des instruments pour sortir de la confusion qui n'est pas la leur, mais celle de l'usage courant du langage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Quel savoir ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais peut-on vraiment tenir ces d&#233;finitions et distinctions pour des savoirs stricto sensu, et, partant, est-il l&#233;gitime d'interroger les &#233;l&#232;ves sur ce &#8220;vocabulaire&#8221; ? Car, si cette pratique peut se justifier comme moyen d'appropriation des connaissances par les &#233;l&#232;ves, elle soul&#232;ve aussi de s&#233;rieuses difficult&#233;s qu'il faut maintenant aborder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justification &#8220;scolaire&#8221; de la pratique des interrogations &#233;crites&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue tr&#232;s g&#233;n&#233;ral d'abord, ce proc&#233;d&#233;, si classique soit-il, pr&#233;sente quelques avantages pr&#233;cieux, ind&#233;pendamment des questions auxquelles il renvoie pour la philosophie et sur lesquelles nous reviendrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, il permet d'&#233;valuer autrement le travail effectu&#233; car il rend visible ce travail purement scolaire du cours que font nombre d'&#233;l&#232;ves qui, par ailleurs, peuvent &#233;chouer dans les exercices canoniques (dissertation ou &#233;tude de texte) comme en t&#233;moignent les &#233;carts de notes importants entre ces derniers et les interrogations &#233;crites. Celles-ci r&#233;v&#232;lent efficacement le travail r&#233;ellement fourni mais aussi les points de cours bien compris par la classe et ceux qui, mal saisis, devront &#234;tre repris. En outre, on peut, au premier trimestre en particulier, mod&#233;rer la faiblesse des moyennes aux dissertations en tenant compte des notes d'interrogation (et d'autres exercices), ce qui est encourageant pour les &#233;l&#232;ves dont le travail est reconnu et &#8220;r&#233;compens&#233;&#8221;. Il ne s'agit pas de tromper ces derniers en leur faisant croire que leur r&#233;ussite &#224; l'interrogation est r&#233;v&#233;latrice de leur &#8220;niveau&#8221; pour le bac, mais bien de combattre le sentiment souvent &#233;prouv&#233; par certains que tous leurs efforts sont vains (on sait que le r&#233;sultat du travail des &#233;l&#232;ves n'est pas imm&#233;diat, et que ce d&#233;calage est d&#233;courageant pour beaucoup d'entre eux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, apr&#232;s avoir analys&#233; collectivement cette pratique, on doit aussi faire &#233;tat des obstacles ou des difficult&#233;s qu'elle suscite. Ces derniers sont de plusieurs ordres : d'abord p&#233;dagogique, au sens o&#249; la double exigence (appropriation des connaissances, et r&#233;flexion sur ces m&#234;mes connaissances) est difficile &#224; transmettre ; mais aussi philosophique, au sens o&#249; le rapport de la d&#233;marche philosophique &#224; de tels contenus est lui-m&#234;me probl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Difficult&#233; 1 : le risque du mauvais usage des connaissances.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'examen des interrogations faites par les professeurs de philosophie montre qu'ils demandent toutes sortes de d&#233;finitions et au statut tr&#232;s diff&#233;rent : car ce n'est pas la m&#234;me chose que d'interroger un &#233;l&#232;ve sur le sens des mots du langage courant et de l'interroger sur le sens d'un concept (autonomie, universel) ou d'une notion du programme (histoire, v&#233;rit&#233;) ; de m&#234;me, tant&#244;t c'est une d&#233;finition assez simple qui est attendue, tant&#244;t c'est plut&#244;t et d&#233;j&#224; une analyse (savoir distinguer les diff&#233;rents sens du mot nature par exemple). Lorsqu'il s'agit d'une notion dont le sens, probl&#233;matique, est &#224; construire, sa premi&#232;re d&#233;finition ne sera qu'un point de d&#233;part ou une &#233;tape de la r&#233;flexion ; on ne saurait en demander une d&#233;finition achev&#233;e ou pr&#233;tendant en fixer d&#233;finitivement un sens sans perdre de vue le probl&#232;me que pose, justement, sa construction. Cependant il faut bien un point de d&#233;part et apprendre le sens &#233;tymologique du terme &#8220;conscience&#8221; par exemple, c'est bien apprendre une d&#233;finition, utile &#224; l'analyse, et donc &#224; la probl&#233;matisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en demandant aux &#233;l&#232;ves d'apprendre une d&#233;finition et de la restituer ensuite, on prend le risque de les voir confondre la d&#233;finition comme op&#233;ration n&#233;cessaire &#224; l'analyse, et le r&#233;sultat d'un travail de conceptualisation. En effet, demander aux &#233;l&#232;ves de distinguer contrainte, obligation et n&#233;cessit&#233;, c'est leur demander de restituer le r&#233;sultat d'un travail de probl&#233;matisation fait en cours. Or, certains sujets de bac n&#233;cessiteront la connaissance et la ma&#238;trise de cette distinction soit, au d&#233;part, comme outil d'analyse pour comprendre le sujet, en clarifier le sens, soit, &#224; l'arriv&#233;e, comme &#233;l&#233;ment de r&#233;ponse &#224; la question pos&#233;e (l'&#233;l&#232;ve doit alors savoir red&#233;ployer le travail de probl&#233;matisation et d'analyse qui conduit &#224; cette distinction).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les &#233;l&#232;ves consid&#232;rent cette distinction comme acquise, ils peuvent &#234;tre mis en difficult&#233; par leurs connaissances, ce qui n'est pas le moindre des paradoxes. Je me souviens d'une &#233;l&#232;ve qui pour traiter le sujet &#171; Puis-je savoir ce que je suis ? &#187; prenait pour point de d&#233;part la distinction sartrienne en soi/pour soi (&#233;tudi&#233;e en cours). Il &#233;tait &#233;vident pour elle que la question ne se posait pas : l'&#234;tre pour soi, n'ayant pas d'essence, ne pouvait faire l'objet d'un savoir ; elle l'avait appris, compris et r&#233;affirm&#233; &#224; cette occasion ! On pourrait penser que cette &#233;l&#232;ve aurait &#233;t&#233; plus &#224; l'aise sans son &#8220;bagage philosophique&#8221; ; mais cette hypoth&#232;se ne r&#233;siste pas longtemps &#224; l'&#233;preuve de la lecture de copies dont les auteurs sont d&#233;pourvus de tels &#233;l&#233;ments de connaissance. Mais il est vrai que tout le travail, avec elle, a consist&#233; &#224; lui faire comprendre que ce qu'elle avan&#231;ait comme une &#233;vidence premi&#232;re recouvrait en fait une th&#232;se qu'il fallait d&#233;montrer et qui pouvait &#234;tre discut&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce risque est r&#233;el, il est vain de vouloir l'&#233;viter. D'abord parce que sans la connaissance de ces d&#233;finitions et distinctions en quelque sorte requises pour comprendre et traiter certains probl&#232;mes, les &#233;l&#232;ves sont de fait compl&#232;tement d&#233;munis ou le plus souvent incapables de penser quoi que ce soit de pertinent. Ensuite, refuser de prendre ce risque, au pr&#233;texte d'un mauvais usage possible des connaissances reviendrait &#224; refuser d'enseigner au pr&#233;texte que ce qu'on enseigne risque d'&#234;tre mal compris ! La vraie difficult&#233; est plut&#244;t de faire comprendre le statut particulier des connaissances dans le cours de philosophie. Ce qui renvoie &#224; la question plus g&#233;n&#233;rale du rapport de la philosophie elle-m&#234;me &#224; un certain type de savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Difficult&#233; 2 : le rapport de la philosophie au langage courant. Pourquoi apprendre la d&#233;finition courante des termes courants s'il faut de plus s'en &#233;carter ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s'interroger sur la l&#233;gitimit&#233; m&#234;me de ces d&#233;finitions d'un sens &#8220;premier&#8221; des termes et de faire apprendre aux &#233;l&#232;ves des &#8220;contenus&#8221; qu'ils devront remettre en cause, c'est-&#224;-dire de consid&#233;rer finalement comme objets de savoir des propositions qui n'ont pas le statut de v&#233;rit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e m&#234;me de faire apprendre des d&#233;finitions de termes courants suppose qu'ils aient un sens pr&#233;cis que le langage ordinaire des &#233;l&#232;ves aurait oubli&#233; ou recouvert. Cela est &#233;videmment discutable. Le langage ordinaire ou courant des &#233;l&#232;ves est aussi un objet de r&#233;flexion philosophique, et par cons&#233;quent il faut bien en tenir compte et non l'&#233;vacuer au pr&#233;texte de son manque de rigueur. Sinon, comment pourrait-on, par exemple, s'interroger de mani&#232;re pertinente sur un sujet comme &#171; Peut-on manquer de volont&#233; ? &#187; ou &#171; Peut-on dire &#8220;&#224; chacun sa v&#233;rit&#233;&#8221; ? &#187; ? (ou alors les probl&#232;mes seraient r&#233;gl&#233;s d'avance !). Ce qui est sera justement int&#233;ressant ici, c'est de jouer des diff&#233;rents sens. Ne conseillons nous pas &#224; nos &#233;l&#232;ves de partir du langage courant ? Or, tout cela para&#238;t &#234;tre une d&#233;marche contradictoire avec l'id&#233;e qu'il faut leur faire apprendre un sens pr&#233;cis des termes en lieu et place de leur usage courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che que si on peut analyser &#224; partir de l'usage courant des termes, c'est &#224; condition de ne pas &#234;tre aveugl&#233; par celui-ci, ou, plus exactement, &#224; condition d'&#234;tre en mesure de voir son obscurit&#233;. C'est bien le but d'une analyse de sujet que de faire appara&#238;tre les difficult&#233;s li&#233;es aux diff&#233;rentes acceptions d'un terme. Encore faut-il acc&#233;der &#224; ces diff&#233;rentes acceptions et, pour cela, les conna&#238;tre. On voudrait que les &#233;l&#232;ves soient en mesure d'analyser le langage courant, en ne disposant que de lui. (Et encore !) Or il est bien &#233;vident que pour comprendre les difficult&#233;s qu'il pose, il faut disposer d'outils d'analyse, et que ces outils sont souvent, &#224; nouveau, du vocabulaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agirait alors de comprendre que la connaissance de d&#233;finitions, et m&#234;me l'apprentissage syst&#233;matique du vocabulaire rencontr&#233; en cours, ne vise &#224; fixer de fa&#231;on univoque et irr&#233;vocable le sens exact du langage, comme dans le r&#234;ve d'une langue parfaitement ad&#233;quate &#224; son objet, mais seulement &#224; en clarifier les usages en donnant ainsi aux &#233;l&#232;ves les moyens de voir l'obscurit&#233; et la confusion, riches de sens, de la langue. Pour rendre cela visible, il faut pouvoir analyser, et pour analyser, il faut pouvoir d&#233;finir ! Si l'analyse et le questionnement sont le propre de la d&#233;marche philosophique, et que ces deux op&#233;rations requi&#232;rent la d&#233;finition, alors la d&#233;marche philosophique elle-m&#234;me requiert la d&#233;finition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Difficult&#233; 3 : la contradiction apparente entre l'apprentissage de d&#233;finitions et la d&#233;marche philosophique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s'interroger sur la contradiction qui semble exister, au moins &#224; premi&#232;re vue, entre la d&#233;marche philosophique (analyse, questionnement, probl&#233;matisation) et l'apprentissage de d&#233;finitions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On pourrait en effet nous opposer que d&#233;finir est une d&#233;marche philosophique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e m&#234;me d'analyse recouvre en effet plusieurs op&#233;rations distinctes, dans lesquelles la ma&#238;trise du vocabulaire joue un r&#244;le diff&#233;rent :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;on peut analyser en mettant en question une d&#233;finition courante : mettre en cause, par exemple, le sens premier d'un terme en d&#233;composant les &#233;l&#233;ments de sa d&#233;finition, ce qui suppose &#233;videmment une premi&#232;re d&#233;finition, celle du langage courant. Soit la question &#171; La conscience de soi est-elle une connaissance ? &#187;. Pour analyser un tel sujet, ne faut-il pas poss&#233;der dans son bagage une premi&#232;re d&#233;finition, ne serait-ce qu'&#233;tymologique, de la conscience ? Dans ce cas, ce sont vraiment des d&#233;finitions qui sont requises, bien que le but de l'analyse soit de les mettre en question.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;on peut analyser en faisant jouer les diff&#233;rentes acceptions d'un terme. Dans ce cas, l'analyse d'un terme peut faire l'objet d'un apprentissage (par exemple, on demandera aux &#233;l&#232;ves d'apprendre les diff&#233;rents sens possibles de &#8220;nature&#8221;,)&lt;/li&gt;&lt;li&gt;on peut analyser encore en faisant &#233;clater le sens d'un terme par l'examen de ses oppos&#233;s. Par exemple, la libert&#233; a un sens diff&#233;rent selon qu'on l'oppose &#224; la contrainte, &#224; la n&#233;cessit&#233;, &#224; l'ali&#233;nation, etc., ce qui suppose la ma&#238;trise de ces oppos&#233;s et de leurs distinctions.&lt;br class='autobr' /&gt;
On voit bien ici que toute op&#233;ration d'analyse, pour permettre une r&#233;flexion sur l'usage courant du langage, requiert la ma&#238;trise d'un vocabulaire. Encore une fois, ce qui r&#233;siste, dans l'enseignement de la philosophie, ce qui fait v&#233;ritablement difficult&#233;, ce n'est pas tant l'appropriation de ce vocabulaire &#8212; pour peu qu'on accepte de donner effectivement aux &#233;l&#232;ves les moyens de se l'approprier, et donc de lui accorder un statut de connaissance &#8212; que la compr&#233;hension de l'usage sp&#233;cifique des connaissances dans la d&#233;marche philosophique.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On est alors face au probl&#232;me que pose l'id&#233;e d'un savoir en philosophie : celle de son articulation avec l'ensemble du travail philosophique. En effet, bien conna&#238;tre son cours est une condition n&#233;cessaire mais non suffisante pour r&#233;ussir la dissertation ou pour probl&#233;matiser une question ! Si on peut conna&#238;tre parfaitement &#8220;son cours&#8221; et &#233;chouer en dissertation, cela ne signifie-il pas qu'il est effectivement inutile de conna&#238;tre quoi que ce soit en philosophie ? Cela ne serait vrai que si les &#8220;ignorants&#8221; r&#233;ussissaient mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che que les connaissances acquises ne sont pas toujours, loin s'en faut, r&#233;utilis&#233;es dans les copies. Il faut donc faire le pont entre le travail d'appropriation du cours et celui de la probl&#233;matisation pour permettre une exploitation pertinente des connaissances. Les interrogations ne suffisent pas pour cela. Alors comment faire ? D&#233;j&#224;, peut-&#234;tre, s'efforcer &#224; une pratique permanente de la probl&#233;matisation par les connaissances d&#233;j&#224; acquises, c'est-&#224;-dire, plut&#244;t que d'en ajouter toujours plus, ne pas h&#233;siter &#224; revenir &#224; plusieurs reprises sur les m&#234;mes &#233;l&#233;ments de connaissance et montrer comment on peut s'en servir pour probl&#233;matiser les questions nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais finalement cette difficult&#233; n'est-elle pas g&#233;n&#233;rale, et non strictement philosophique ? Ne rencontre-t-on pas cet &#233;cart dans toutes les mati&#232;res : la r&#232;gle d'orthographe bien connue quand il s'agit de la r&#233;citer, mais syst&#233;matiquement transgress&#233;e dans une r&#233;daction ; ou encore le th&#233;or&#232;me appris, mais mal utilis&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement en philosophie, comme ailleurs, il y a des savoirs que l'on peut isoler et caract&#233;riser &#8212; on a tent&#233; ici de le faire &#224; propos du vocabulaire &#8212; mais, en philosophie comme ailleurs, cet apprentissage n'est qu'une partie du travail. Aucune des disciplines enseign&#233;es &#224; l'&#233;cole n'accepterait d'&#234;tre consid&#233;r&#233;e simplement comme un apprentissage de connaissances &#224; restituer ; la philosophie ni plus ni moins que les autres ne peut &#234;tre r&#233;duite &#224; cela. Mais il serait absurde, pour &#233;viter cet &#233;cueil, de renoncer &#224; l'id&#233;e m&#234;me de savoir. L'explicitation des termes employ&#233;s en cours de philosophie fait partie de ce qui peut s'apprendre, et de ce qui peut permettre aux &#233;l&#232;ves de faire effectivement de la philosophie. La difficult&#233; est bien de trouver les moyens de travailler le passage de la connaissance &#224; la construction de probl&#232;me, c'est-&#224;-dire de faire comprendre aux &#233;l&#232;ves l'usage et le sens de ce qu'ils apprennent. En r&#233;fl&#233;chissant sur la sp&#233;cificit&#233; des difficult&#233;s rencontr&#233;es dans l'enseignement de la philosophie, je m'aper&#231;ois qu'on retrouve finalement, en philosophie, la difficult&#233; principale de tout enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le contexte de la querelle des programmes de philosophie, il n'est sans doute pas inutile de clarifier quelques points. Ma d&#233;marche ici consiste uniquement, &#224; partir d'exp&#233;riences de professeurs de philosophie, &#224; examiner ce que ces derniers consid&#232;rent, dans leur enseignement, comme des &#233;l&#233;ments de connaissance sur lesquels ils peuvent interroger leurs &#233;l&#232;ves. Bien entendu, ces &#233;l&#233;ments sont toujours &#233;troitement li&#233;s &#224; un cours, dont la probl&#233;matique est connue du professeur comme des &#233;l&#232;ves, les termes d&#233;finis le sont donc en fonction d'un probl&#232;me d&#233;termin&#233;. Quant &#224; inscrire dans un programme une liste de termes, ind&#233;pendamment de la question de leur nature ou de leur fonction, et ind&#233;pendamment du cadre probl&#233;matique dans lesquels ils sont d&#233;finis, voil&#224; qui me semble faire fi des difficult&#233;s que je serai conduite &#224; d&#233;velopper. Par ailleurs, je me contente ici de rep&#233;rer ce qu'il y a de commun dans les pratiques, et non de prescrire ce qui doit &#234;tre appris dans l'absolu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le terme a priori par exemple peut au sens kantien appartenir &#224; la premi&#232;re cat&#233;gorie, mais il peut aussi appartenir &#224; la deuxi&#232;me s'il s'agit de le distinguer du sens courant tel qu'il est compris par les &#233;l&#232;ves (pr&#233;jug&#233;), ou encore &#224; la quatri&#232;me si on le d&#233;finit plus simplement par opposition &#224; a posteriori, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On pourrait en effet nous opposer que d&#233;finir est une d&#233;marche philosophique dans la mesure o&#249; cela exige une construction, alors qu'apprendre une d&#233;finition c'est la consid&#233;rer comme donn&#233;e. Ce qui revient &#224; dire qu'il y a une contradiction entre philosopher et savoir. Je crois que quand on enseigne en Terminale, il faut poser le probl&#232;me autrement et se demander de quel savoir on se sert, de fait quand on fait de la philosophie, et de s'assurer que les &#233;l&#232;ves puissent aussi s'en servir, et donc qu'ils le poss&#232;dent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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