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	<title>ACIREPh</title>
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		<title>ACIREPh</title>
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		<title>Pour mieux conna&#238;tre l'ACIREPh et ses positions </title>
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		<dc:date>2026-05-06T11:09:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicole Grataloup, Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cette pr&#233;sentation de l'ACIREPh a &#233;t&#233; faite en ouverture de son Congr&#232;s le 13 juin 2025 par Nicole Grataloup et Serge Cosp&#233;rec en pensant aux nouveaux adh&#233;rents et &#224; ceux qui pourraient nous rejoindre.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/" rel="directory"&gt;Pr&#233;sentation de l'ACIREPh&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Journ&#233;es d'&#233;tude - Congr&#232;s de l'ACIREPh, 13 et 14 juin 2025&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Intervention initiale de Nicole Grataloup et Serge Cosp&#233;rec&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Remarque pr&#233;alable : beaucoup des documents que nous citons et que nous avons consult&#233;s pour pr&#233;parer cette intervention sont sur le site de l'ACIREPh, en particulier &lt;/i&gt;Le Manifeste&lt;i&gt;, les textes des interventions de l'ACIREPh devant les groupes d'experts, des propositions de programme etc., soit dans les Bulletins et dans les rubriques du sommaire du site, et dans les &lt;/i&gt;Cot&#233;-Philo&lt;i&gt;, dont le n&#176;24, &#171; Conna&#238;tre l'ACIREPh &#187; de mai 2024. Vous pourrez donc vous y r&#233;f&#233;rer.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I. 1998 Cr&#233;ation de l'Acireph : contexte, intentions, le projet et son &#233;volution&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nicole Grataloup&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine de l'ACIREPh, il y a un Appel pour la cr&#233;ation des IREPH (1997), et a d&#233;bouch&#233; en mars 1998 sur la cr&#233;ation de l'association. Pourquoi cet appel et pourquoi la cr&#233;ation de l'ACIREPh ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre le contexte, il faut remonter un peu dans le temps, jusqu'aux ann&#233;es 1975-80, et brosser &#224; grands traits un &#233;tat des lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un contexte institutionnel et social g&#233;n&#233;ral : la massification de l'enseignement secondaire, processus continu depuis les ann&#233;es 50, fait que l'&#233;cole en g&#233;n&#233;ral est confront&#233;e &#224; la n&#233;cessit&#233; de faire face &#224; l'arriv&#233;e de nouveaux publics, on a m&#234;me parl&#233; des &#171; nouveaux lyc&#233;ens &#187; ; l'&#233;cart entre massification et d&#233;mocratisation, avec un &#233;chec scolaire assez massif des &#233;l&#232;ves de milieu populaire ; le d&#233;veloppement des sciences de l'&#233;ducation, avec des courants tr&#232;s divers ; la cr&#233;ation en 1982, par le ministre de l'Education Nationale du 1er gouvernement Mitterrand Alain Savary des MAFPEN (Missions Acad&#233;miques de Formation des Personnels de l'&#201;ducation Nationale, qui deviendront les IUFM puis ESP&#201; puis INSP&#201;) charg&#233;es de la formation initiale et continue des enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la philosophie, on a le programme de 1973, programme de notions construit pour la s&#233;rie A qui va devenir L en 1995 et d&#233;clin&#233; par soustraction pour les autres s&#233;ries, y compris les s&#233;ries technologiques qui existent depuis 1968 ; et au bac l'&#233;preuve reine de la dissertation (l'explication de texte &#233;tant consid&#233;r&#233;e comme une dissertation sur texte). L'enseignement de la philo est, institutionnellement, caract&#233;ris&#233; par un immobilisme revendiqu&#233;, comme acte de r&#233;sistance &#224; toutes les formes de &#171; modernit&#233; &#187; ennemies de la philosophie (p&#234;le-m&#234;le : la soci&#233;t&#233; de consommation, les sciences humaines, les sciences de l'&#233;ducation, les media et la communication &#8230;), c'est ce qu'on nommera dans le Manifeste le &#171; syndrome de la forteresse assi&#233;g&#233;e &#187;. En effet l'Inspection G&#233;n&#233;rale et l'APPEP sont arque-bout&#233;es sur :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;La philosophie comme &#171; couronnement des &#233;tudes &#187; : il fallait avoir d'abord appris les savoirs positifs (langues, sciences, math&#233;matiques, histoire etc&#8230;) avant de pouvoir les ressaisir dans une pens&#233;e que seule la philosophie rend possible.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;La philosophie est &#224; elle-m&#234;me sa propre p&#233;dagogie, &#171; la pens&#233;e n'a qu'&#224; para&#238;tre pour faire aussit&#244;t penser &#187; (Jacques Muglioni, alors doyen de l'IG). Toute recherche p&#233;dagogique ou didactique est proscrite au motif qu'elle d&#233;tourne de la vraie pens&#233;e, et seul le cours magistral, parce qu'il donne l'image &#171; d'une pens&#233;e en acte qui se d&#233;roule devant les &#233;l&#232;ves &#187;, est apte &#224; leur apprendre &#224; philosopher et &#224; disserter.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;La dissertation d&#233;finie comme le seul exercice &#171; authentiquement philosophique &#187;, &#171; forme naturelle de la pens&#233;e &#187;, toute critique qui la vise est per&#231;ue comme une trahison.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;La formation initiale est strictement limit&#233;e &#224; ce qui s'enseigne &#224; l'Universit&#233; pendant les &#233;tudes de philosophie : histoire de la philo et philo g&#233;n&#233;rale, et la formation continue, lorsqu'elle est instaur&#233;e dans les MAFPEN, se compose uniquement de cours d'universitaires pour actualiser les connaissances sur les auteurs ou les notions. Elle est dans la majorit&#233; des Acad&#233;mies d&#233;livr&#233;e par les IPR et l'APPEP, qui veillent &#224; ce que cette &#171; doctrine officieuse &#187; (mais qui n'&#233;tait de fait pas si officieuse que &#231;a, puisqu'on la trouvait &#233;crite noir sur blanc dans les textes, articles, en particulier du doyen Muglioni) soit bien transmise !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte cependant, des voix discordantes commencent &#224; se faire entendre, qui viennent de 3 groupes, qui se connaissent, ne sont pas toujours d'accord mais peuvent en parler, travaillent parfois ensemble et parfois pas, mais ont en commun de partager l'id&#233;e que le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; n'est plus tenable, qu'il faut changer les choses dans l'enseignement de la philo, et c'est de leur rencontre que va na&#238;tre l'ACIREPh :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) une critique de la forme institutionnelle de l'enseignement de la philo appara&#238;t avec en 1974, la cr&#233;ation du GREPH, par un groupe de professeurs de philosophie de lyc&#233;e et de l'Universit&#233; autour de Jacques Derrida, Sarah Kofman, Jean-Luc Nancy, Roland Brunet, Jean-Jacques Rosat &#8230;. Le GREPH publie en 1977 &lt;i&gt;Qui a peur de la philosophie&lt;/i&gt;, organise en 1979 des &lt;i&gt;&#201;tats G&#233;n&#233;raux de la philosophie&lt;/i&gt;. Deux id&#233;es force : il n'y a pas d'&#226;ge naturel pour philosopher ; il n'y a pas non plus de lieu naturel pour l'enseignement de la philosophie (la classe terminale du lyc&#233;e). Le GREPH pr&#244;ne, met en &#339;uvre et encourage tout ce qui permet de faire sortir la philosophie du carcan institutionnel y compris donc des exp&#233;rimentations avec des classes de primaire ou de coll&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) La recherche de Michel Tozzi, qui fonde sur le plan universitaire la didactique de la philosophie (il soutient sa th&#232;se en 1988) et formule la fameuse trilogie &#171; probl&#233;matisation, conceptualisation argumentation &#187;, obtient du minist&#232;re la possibilit&#233; d'organiser deux Universit&#233;s d'&#233;t&#233; de formation de formateurs en 1992 et 93 (ou 91 ?). Tozzi est proche des Cahiers P&#233;dagogiques et du CRAP (Cercle de recherche et d'action p&#233;dagogique)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) En 1989 la cr&#233;ation au sein du GFEN (Groupe Fran&#231;ais d'Education Nouvelle) d'un secteur philosophie, qui se donne pour objectif de cr&#233;er de nouvelles pratiques pour l'enseignement de la philo, bas&#233;es d'une part sur une conception constructiviste de l'apprentissage, sur l'id&#233;e de la mise en activit&#233; et mise en recherche des &#233;l&#232;ves, et d'autre part sur l'id&#233;e que la formation des enseignants (et donc l&#224;, des profs de philo) doit passer par le travail collectif d'&#233;laboration, par l'&#233;change autour de leurs pratiques, par des allers et retours entre l'exp&#233;rimentation dans les classes et l'analyse critique des pairs sur ces pratiques. Sur cette base, nous (j'&#233;tais alors responsable de ce secteur philo du GFEN) organisons donc chaque ann&#233;e depuis le premier en 1990 un stage pour les coll&#232;gues de philo, mais sur le temps de vacances, b&#233;n&#233;volement pour les animateurs, et payant pour les stagiaires ; jusqu'au jour o&#249; on se dit que ce travail l&#224;, ce type de formation continue, il faut demander au minist&#232;re de l'institutionnaliser et de le financer, sous la forme d'IREPH sur le mod&#232;le de ce qui existait alors en Math&#233;matiques, les IREM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; qu'on a sortis nos carnets d'adresses, contact&#233; Tozzi et Rosat pour le GREPh, et les universitaires qu'on connaissait les uns et les autres, et lanc&#233; l'Appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel a rassembl&#233; en quelques mois 230 signatures, et en mars 1998 nous avons cr&#233;&#233; l'association (130 adh&#233;rents en juin 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet de l'association &#233;tait donc d'obtenir du minist&#232;re la cr&#233;ation de lieux d'&#233;changes et de discussion sur les pratiques d'enseignement, les exigences de formation des &#233;l&#232;ves, et aussi sur l'&#233;valuation au Bac. Nous sommes partis du constat de l'inexistence de la formation p&#233;dagogique et didactique dans les MAFPEN qui allaient devenir les IUFM, et de l'insuffisance des r&#233;unions d'harmonisation du bac pour r&#233;soudre les probl&#232;mes de l'&#233;valuation des copies. Et donc du constat d'une inad&#233;quation entre l'ambition de notre enseignement, notre exigence de d&#233;mocratisation (par del&#224; la massification depuis les ann&#233;es 80) et les moyens institutionnels existants, en termes de formation et de r&#233;flexion collective des professeurs de philosophie, pour les r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il s'est av&#233;r&#233; assez rapidement dans l'ann&#233;e (98-99) qui a suivi la cr&#233;ation de l'association, par les contacts que nous avons eus avec le Minist&#232;re (Direction des Lyc&#233;es et Coll&#232;ges, Cabinet du ministre etc&#8230;), que la cr&#233;ation des IREPH n'&#233;tait pas &#224; l'ordre du jour, se heurtant &#224; la fois &#224; la cr&#233;ation par le minist&#232;re des IUFM et &#224; la mainmise de l'Inspection et de l'APPEP sur les dispositifs de formation initiale et continue, qui d&#233;veloppaient une conception de la formation tr&#232;s &#233;loign&#233;e de ce que nous voulions dans les IREPH. Nous avons donc d&#233;cid&#233; (tout en maintenant la demande de cr&#233;ation des IREPH) de &#171; prouver le mouvement en marchant &#187; et d'organiser en octobre 1999 notre premier colloque selon les modalit&#233;s qui auraient d&#251; &#234;tre &#224; notre sens celles des IREPH, c'est-&#224;-dire une alternance d'interventions de &#171; sp&#233;cialistes &#187; et d'ateliers d'&#233;changes de pratiques entre coll&#232;gues, avec en outre une dimension interdisciplinaire et internationale. Ce colloque, intitul&#233; &#171; Enseigner la philosophie aujourd'hui, pratiques et devenirs &#187;, dont les Actes ont &#233;t&#233; publi&#233;s par le CNDP en juin 2001, a r&#233;uni 175 participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001 nous avons r&#233;dig&#233; et publi&#233; le &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt;, avec la formulation des 10 chantiers, comme objets de travail collectif, programme de travail en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons continu&#233; dans cette voie, en organisant chaque ann&#233;e un colloque, nomm&#233;s ensuite Journ&#233;es d'&#233;tude, avec le souci de travailler aussi bien sur les questions de type didactique et p&#233;dagogique (ex la dissertation, la place des savoirs dans l'enseignement de la philosophie, les s&#233;ries technologiques, la probl&#233;matisation&#8230;) que sur les questions philosophiques li&#233;es aux notions du programme (ex la religion, le vivant, la philosophie politique, la morale, le travail&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce premier colloque nous avions invit&#233; Alain Renaut &#224; venir exposer l'&#233;tat provisoire de la r&#233;flexion du GTD (Groupe Technique disciplinaire) qui avait &#233;t&#233; charg&#233; &#224; partir de janvier 99 de faire de nouveaux programmes de philo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulions contribuer au d&#233;bat sur le programme, non pas parce que nous avions en t&#234;te un mod&#232;le de programme, mais pour rester conforme aux buts de l'association qui &#233;taient de favoriser le travail collectif des professeurs de philosophie sur les questions concernant leur enseignement. Et en cons&#233;quence il nous est apparu comme une &#233;vidence que nous ne pouvions pas rester en dehors de ce d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que la question du changement des programmes de 73 avait fait l'objet, depuis 10 ans, de plusieurs tentatives infructueuses et de violents affrontements : le Rapport Derrida Bouveresse avait fait une proposition en 1989, puis le GTD Beyssade en 92-93, puis le GTD Lucien-Dagognet en 1997. Nous avions les uns et les autres (les initiateurs de l'appel et fondateurs de l'Acireph), &#224; des titres et &#224; des degr&#233;s divers, individuellement (ou collectivement par le GREPH et le GFEN) pris des positions sur ces diff&#233;rents projets qui &#233;taient tous rest&#233;s lettre morte. Avec le GTD Renaut, nous avions l'impression qu'enfin quelque chose de nouveau allait pouvoir aboutir, et ce pass&#233; commun n'a pas &#233;t&#233; pour rien dans la d&#233;cision de notre association de s'int&#233;resser &#224; la question des programmes. Du moins c'est la lecture que j'en fais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc comment et pourquoi l'ACIREPh s'est engag&#233;e dans la dite &#171; guerre des programmes &#187;, qui a dur&#233; de 1999 &#224; 2005 (depuis la nomination du GTD Renaut jusqu'&#224; la publication des deux programmes du GEPS Fichant 2, en 2003 pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et en 2005 pour les s&#233;ries technologiques). D'abord pour favoriser les &#233;changes dans la profession, puis pour prendre position, d&#233;velopper des propositions et tenter de les faire valoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. L'ACIREPh et la question des programmes&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Serge Cosp&#233;rec&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour mon intervention, j'avais pr&#233;par&#233; un floril&#232;ge de citations et de r&#233;f&#233;rences caract&#233;ristiques des &#233;ternels opposants &#224; tout changement en philo. Ces citations ayant suscit&#233; un certain int&#233;r&#234;t, m&#233;lange d'&#233;tonnement, de stupeur et de rire, je m'y suis arr&#234;t&#233; plus longtemps que pr&#233;vu. J'ai donc choisi de les introduire dans le texte de ma communication initiale. Chacun pourra ainsi les retrouver, avec quelques autres, et se faire une id&#233;e de la somme de mauvaise foi, de grossi&#232;ret&#233; et de b&#234;tise que l'ACIREPh et tous les &#171; progressistes &#187; (GFEN, GREPh, didacticiens et p&#233;dagogues) ont d&#251; affronter. La partie de l'intervention qui du coup n'a pu se faire, figure apr&#232;s les citations. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a rappel&#233; Nicole, l'objet de l'ACIREPh &#233;tait initialement d'obtenir des &lt;i&gt;Instituts de recherche sur l'enseignement de la philosophie&lt;/i&gt;. Mais l'ACIREPh s'est trouv&#233;e engag&#233;e dans &#171; la guerre des programmes &#187; autour du projet du GTD d'Alain Renaut. Et pour deux raisons :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; une raison conjoncturelle : la discussion sur une r&#233;forme a &#233;t&#233; lanc&#233;e un an apr&#232;s la cr&#233;ation de l'ACIREPh, qui a saisi cette occasion pour lancer une s&#233;rie de rencontres (les Colloques) et discuter &#224; l'ensemble des professeurs, sans exclusive, de leurs attentes et de leurs souhaits.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la raison de fond : une r&#233;forme implique d'ouvrir la r&#233;flexion sur les &lt;i&gt;finalit&#233;s&lt;/i&gt; de l'enseignement de philosophie, son &lt;i&gt;cursus&lt;/i&gt;, ses &lt;i&gt;contenus&lt;/i&gt;, ses exercices et les &lt;i&gt;pratiques&lt;/i&gt; ou modalit&#233;s du &#171; cours &#187;. Les IREPh avaient vocation en effet &#224; d&#233;battre de ces questions &#8211; perspective refus&#233;e par le camp des conservateurs, l'APPEP et l'Inspection de philosophie, &#224; savoir les IG (Muglioni, Menasseyre, Chauve, Ch&#226;teau, etc.) et la garde des IPR partageant leur vision (Leroux, Chopelin, Conrad, Durand-Colson, Perrin, Doly, Elie, Jung, etc.). Apr&#232;s 3 ans de travail collectif, l'ACIREPh publie en 2001 son &lt;i&gt;Manifeste pour l'enseignement de la philosophie&lt;/i&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;C'est donc sans surprise que la question des programmes s'est trouv&#233;e, pour un moment, au centre de notre r&#233;flexion. Pour l'ACIREPh, une r&#233;forme doit&lt;i&gt; &lt;/i&gt;partir des difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves, analyser leurs besoins, s'attacher aux &lt;i&gt;conditions&lt;/i&gt; de leur r&#233;ussite. Les &#171; conservateurs &#187;, ont en effet la f&#226;cheuse habitude, &#171; au nom de la raison et de l'universel &#187;, de d&#233;fendre des choix programmatiques assez simples (surtout ne rien changer) qui dans les faits reviennent &#224; interdire l'acc&#232;s &#224; la philosophie aux &#233;l&#232;ves du &#171; nouveau lyc&#233;e &#187;, celui d'apr&#232;s la massification. Ils affirment, par exemple, que la philosophie, comme la raison, est &lt;i&gt;une&lt;/i&gt;, et en d&#233;duisent qu'il faut donc un seul et m&#234;me mod&#232;le d'enseignement (programmes, exercices, cadre p&#233;dagogique), celui du lyc&#233;e &#233;litiste des ann&#233;es d'avant la massification, soit impos&#233; &#224; tous, en tout lieu et en tout temps. L'universel est ainsi sauf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est &#233;videmment pas le point de vue de l'ACIREPh. Parmi ses orientations fondamentales, je veux revenir sur la &lt;i&gt;question des programmes&lt;/i&gt;. Pourquoi ? D'abord, parce qu'en l'absence de toute perspective de r&#233;forme, beaucoup de professeurs de philosophie l'ont perdue de vue, d'autres n'ont jamais eu l'occasion d'y r&#233;fl&#233;chir. Mais la cons&#233;quence en est que le lien entre les &lt;i&gt;programmes de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;notions&lt;/i&gt; et les difficult&#233;s rencontr&#233;es en Terminales par les professeurs et les &#233;l&#232;ves leurs &#233;l&#232;ves, est redevenue un point aveugle, ce qui nourrit l'illusion que la p&#233;dagogie suffira &#224; se sauver et &#224; sauver les &#233;l&#232;ves. On s'accommode d'un cadre qui rend le m&#233;tier impossible et exige des &#233;l&#232;ves ce qu'il emp&#234;che de leur donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut certainement faire &#171; avec &#187; le programme. On peut aussi faire &lt;i&gt;mieux&lt;/i&gt; dans les classes, &#234;tre meilleur p&#233;dagogue, ce sera d&#233;j&#224; beaucoup. Mais ce sera toujours un &lt;i&gt;mieux&lt;/i&gt; dans un cadre &lt;i&gt;p&#233;dagogique&lt;/i&gt; &#8211; le programme de &lt;i&gt;notions&lt;/i&gt; - avec ses pr&#233;suppos&#233;s, ses attendus et ses cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rendre plus sensible ce probl&#232;me, je vais partir du discours des &#171; conservateurs &#187; sur &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; &lt;i&gt;qu'est&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;doit-&#234;tre&lt;/i&gt; l'enseignement de la philosophie, dont un programme de notions serait l'expression dans sa quintessence. Ce discours a &#233;t&#233; constamment mobilis&#233; pendant 40 ans contre toutes les tentatives de r&#233;forme, mais ses racines remontent aux ann&#233;es 50-60. Il s'&#233;nonce &#224; travers un ensemble d'affirmations h&#233;t&#233;roclites martialement assen&#233;es, r&#233;v&#233;latrices d'une conception de l'enseignement de la philosophie qui accorde tout au professeur et rien &#224; l'&#233;l&#232;ve. Une conception mythifi&#233;e, &#224; la teneur initiatique, voire mystique : on &#171; entrerait en philosophie &#187; comme en religion, par une r&#233;v&#233;lation ou conversion. Mais surtout une conception &#233;litiste, antid&#233;mocratique et bien &#233;videmment antip&#233;dagogique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques exemples (parmi mille) de ces affirmations s&#251;res d'elles-m&#234;mes...&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='idaffd_c0' colspan='2'&gt;Qu'est-ce qu'un professeur de philosophie ? Un Philosophe : &#171; Pour que Socrate reste fonctionnaire, il faut qu'il prouve qu'il est bien Socrate. &#187;&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idaffd_c0'&gt;&lt;strong&gt;1951.&lt;/strong&gt; Rose-Marie Moss&#233;-Bastide, APPEP&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#234;me obligation revient donc toujours : &lt;strong&gt;nous devons &#234;tre nous-m&#234;mes des philosophes&lt;/strong&gt;. Il faut avouer que ce n'est pas facile et que bien des ann&#233;es peuvent se passer avant que notre cours devienne un tout organique et unifi&#233;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984 &lt;/strong&gt;Jean-Luc Marion&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour que Socrate reste fonctionnaire, il faut qu'il prouve qu'il est bien Socrate.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1989 &lt;/strong&gt;Bernard Duquesne, APPEP&lt;br class='autobr' /&gt;
L'unit&#233; du cours de Philosophie est une Id&#233;e, et c'est l'Id&#233;e de la philosophie ; elle meut tout professeur de philosophie qui se veut et &lt;strong&gt;professeur et philosophe&lt;/strong&gt;, et qui accepte de ne la r&#233;aliser que fort mal avec les seuls moyens dont il dispose, parce que l'histoire ne retiendra pas son nom.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1993 &lt;/strong&gt;Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'il s'agit d'apprendre &#224; enseigner la philosophie [&#8230;] il faut d'abord que le professeur soit en quelque fa&#231;on &lt;strong&gt;un philosophe&lt;/strong&gt;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id501a_c0' colspan='3'&gt;Qu'est-ce qu'enseigner ? Faire une Le&#231;on Magistrale devant un auditoire attentif qui prend des notes : &#171; Une le&#231;on r&#233;ussie est une f&#234;te de l'intelligence &#187;&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id501a_c0'&gt;&lt;strong&gt;1992 - &lt;/strong&gt;Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;La le&#231;on&lt;/strong&gt; de philosophie [&#8230;] elle est l'acte m&#234;me, indivisible, d'instruire ou de s'instruire [&#8230;] Aussi l'&#233;l&#232;ve ne doit-il pas rester les bras crois&#233;s comme s'il assistait &#224; un d&#233;fil&#233; auquel il ne participe pas. &lt;strong&gt;Prendre des notes est pour l'&#233;l&#232;ve la seule preuve d'attention&lt;/strong&gt;. [&#8230;] &lt;strong&gt;Suivant ainsi le cours magistral&lt;/strong&gt;, si du moins le ma&#238;tre est un &lt;i&gt;vrai ma&#238;tre&lt;/i&gt;, &lt;strong&gt;l'&#233;l&#232;ve se hausse&lt;/strong&gt; jusqu'&#224; retrouver les sources premi&#232;res d'une&lt;strong&gt; pens&#233;e&lt;/strong&gt; qui ne se pr&#233;sente pas comme ayant d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pens&#233;e, mais &lt;strong&gt;qui se forme&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;devant lui&lt;/strong&gt;, avec lui, en lui. C'est pourquoi dans la meilleure le&#231;on&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;l'&#233;l&#232;ve n'a&lt;strong&gt; pas besoin d'&#234;tre interrog&#233;&lt;/strong&gt; nomm&#233;ment pour r&#233;pondre, voire pour interroger lui-m&#234;me et soulever les objections. II&lt;strong&gt; se sent int&#233;rieurement sollicit&#233;&lt;/strong&gt; [&#8230;] &lt;strong&gt;La le&#231;on&lt;/strong&gt; est ce discours sans &#233;loquence qui &lt;strong&gt;suscite la r&#233;flexion&lt;/strong&gt; sans rien cr&#233;er par lui-m&#234;me : il &lt;strong&gt;incite simplement l'esprit &#224; penser&lt;/strong&gt;.&lt;/td&gt;
&lt;td colspan='2'&gt;&lt;strong&gt;1992 - &lt;/strong&gt;Jean-Fran&#231;ois Robinet, APPEP&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;La le&#231;on a la forme apparente&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;de la parole magistrale&lt;/strong&gt;. Mais cette parole magistrale proc&#232;de par questionnement, hypoth&#232;se, difficult&#233;s explicit&#233;es, reconnues comme apor&#233;tiques ou capables d'une solution. &lt;strong&gt;La le&#231;on est le &lt;/strong&gt;d&#233;ploiement dans une seule parole &lt;strong&gt;d'une discussion int&#233;rioris&#233;e&lt;/strong&gt;, elle est de part en part &#171; dialectique &#187;. D'autre part, &lt;strong&gt;il est faux de croire que la le&#231;on place l'&#233;l&#232;ve dans une situation de r&#233;ception passive&lt;/strong&gt;. La le&#231;on associe l'&#233;l&#232;ve &#224; la progression de la pens&#233;e dans une collaboration active &lt;strong&gt;puisque son accord est exig&#233;&lt;/strong&gt;, son attention &lt;strong&gt;et sa compr&#233;hension&lt;/strong&gt; continuellement &lt;strong&gt;sollicit&#233;es&lt;/strong&gt;. Le &lt;strong&gt;travail d'intelligence&lt;/strong&gt; de l'&#233;l&#232;ve dans le&lt;strong&gt; suivi d'une le&#231;on&lt;/strong&gt; est s&#251;rement&lt;strong&gt; plus intense &lt;/strong&gt;que dans l'expression bavarde et vaniteuse de certaines mauvaises discussions. [&#8230;] Une le&#231;on r&#233;ussie est une f&#234;te de l'intelligence.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id07f8_c0' colspan='3'&gt;Corollaire : quel &#233;chec scolaire ? &#171; Il est douteux que la notion d'&#233;chec scolaire ait r&#233;ellement un sens &#187;&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id07f8_c0'&gt;&lt;strong&gt;1984&lt;/strong&gt;. L&#233;on-Louis Grateloup, IPR&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est douteux que la notion d'&lt;i&gt;&#233;chec scolaire&lt;/i&gt; ait r&#233;ellement un sens. [&#8230;] Au lyc&#233;e, les &lt;strong&gt;conditions socio-&#233;conomiques&lt;/strong&gt; jouent ce r&#244;le de &lt;strong&gt;facteurs exog&#232;nes&lt;/strong&gt;, qui tendent &#224; redevenir pr&#233;pond&#233;rants d&#232;s qu'on s'avise de les prendre en compte et qui r&#233;duisent &#224; rien la part du philosophique d&#232;s que le p&#233;dagogique est appel&#233; &#224; pr&#233;valoir. La &lt;strong&gt;classe de philosophie&lt;/strong&gt; est un &lt;strong&gt;lieu &lt;/strong&gt;o&#249; les r&#233;alit&#233;s de l'existence quotidienne flottent &lt;strong&gt;en &#233;tat d'apesanteur sociologique&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984. &lt;/strong&gt;Jacques&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Muglioni, IG (Doyen) &lt;br class='autobr' /&gt;
Beaucoup d'&#233;checs scolaires viennent de ce que l'enfant&lt;strong&gt; n'a jamais appris &#224; se tenir un moment tranquille&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;devant une table&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984&lt;/strong&gt;. Jean Svagelski, IPRL'enseignement philosophique [s'adresse] &#224; des &#233;l&#232;ves dont on sait qu'ils sont de plus en plus [&#8230;] issus des classes populaires et dont &lt;strong&gt;on entend dire qu'ils sont culturellement d&#233;favoris&#233;s&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;bien qu'on ne voie pas le rapport de cause &#224; effet&lt;/strong&gt;, et que par cons&#233;quent l'intelligibilit&#233; de cette affirmation soit nulle.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1992 -&lt;/strong&gt; Jacques Muglioni, IG (Doyen) &lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord &lt;strong&gt;on ne peut entendre une le&#231;on que si la discipline du corps&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;t&#233;moigne,&lt;/strong&gt; pour le sujet lui-m&#234;me en premier lieu, &lt;strong&gt;d'une attente&lt;/strong&gt; [&#8230;] &lt;strong&gt;Qui n'est pas capable d'&#233;couter, c'est-&#224;-dire de&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;garder le silence&lt;/strong&gt;, de faire taire ses opinions et ses humeurs, &lt;strong&gt;ne comprendra ni n'apprendra jamais rien&lt;/strong&gt;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='ide5e8_c0' colspan='3'&gt;Contre la p&#233;dagogie : &#171; Le comble de la vulgarit&#233; en p&#233;dagogie, c'est le souci d'int&#233;resser &#187;&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='ide5e8_c0'&gt;&lt;strong&gt;1984. &lt;/strong&gt;Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le comble de&lt;strong&gt; la vulgarit&#233; en p&#233;dagogie, c'est le souci d'int&#233;resser&lt;/strong&gt;, qui revient toujours &#224; croire que le vrai ne trouve pas de lui-m&#234;me le chemin des esprits, ce qui est m&#233;priser l'&#233;l&#232;ve. Quand on n'est pas capable de mettre l'&#233;l&#232;ve en pr&#233;sence du vrai, c'est alors qu'on imagine des adjuvants. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984. &lt;/strong&gt;Jacques&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on ne sait ni les math&#233;matiques ni l'histoire, il reste &lt;strong&gt;la p&#233;dagogie, ce palliatif universel&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984. &lt;/strong&gt;Jacques&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
[Le]&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;mot &lt;strong&gt;p&#233;dagogie&lt;/strong&gt; (&#8230;) couvrira encore longtemps toutes sortes de &lt;strong&gt;men&#233;es contre l'enseignement&lt;/strong&gt;. Mais il est souhaitable qu'elles ne re&#231;oivent pas l'appui inconsid&#233;r&#233; des pouvoirs publics. Ceux-ci ont le devoir de d&#233;fendre les ma&#238;tres contre les p&#233;dagogues. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984.&lt;/strong&gt; Jean-Claude Milner&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute personne qui parle de l'&#233;cole tient pour oblig&#233;e la r&#233;f&#233;rence p&#233;dagogique. Il n'est question que d'acte p&#233;dagogique, d'innovation p&#233;dagogique, de technologies p&#233;dagogiques, de p&#233;dagogie, etc. [&#8230;]. &lt;strong&gt;Le signifiant p&#233;dagogie devient alors un pur et simple instrument de terreur&lt;/strong&gt;, destin&#233; &#224; r&#233;duire au silence toutes les oppositions.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1989.&lt;/strong&gt; Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
La&lt;strong&gt; p&#233;dagogie &lt;/strong&gt;n'est jamais que&lt;strong&gt; le succ&#233;dan&#233; d&#233;risoire de la philosophie&lt;/strong&gt;. [&#8230;] Il est, en effet beaucoup&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;plus difficile (&#8230;) de philosopher soi-m&#234;me que de&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;s'adonner aux&lt;strong&gt; activit&#233;s conviviales&lt;/strong&gt; aujourd'hui tant vant&#233;es sous le titre d'&lt;strong&gt;animation p&#233;dagogique&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1991. &lt;/strong&gt;Jean Lefranc, Pr&#233;sident de l'APPEP&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont souvent les &#171; philosophes &#187; qui r&#233;sistent le plus lucidement aux &lt;strong&gt;entreprises p&#233;dagogistes&lt;/strong&gt;&#8230;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1992 -&lt;/strong&gt; Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;La p&#233;dagogie tapageuse &lt;/strong&gt;voue &#224; l'indiff&#233;rence et &#224; l'ennui. L'int&#233;r&#234;t est nul s'il n'est inspir&#233; sans adjuvant par le seul contenu, s'il n'est cr&#233;&#233; par l'enseignement lui-m&#234;me. Car &lt;strong&gt;l'int&#233;r&#234;t ne pr&#233;c&#232;de pas l'enseignement, mais il en r&#233;sulte&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1992 -&lt;/strong&gt; Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le ma&#238;tre ne va pas &#224; l'&#233;cole &lt;strong&gt;pour lui-m&#234;me d'abord&lt;/strong&gt;, les &#233;l&#232;ves ne l'&#233;coutent pas et s'ennuient.&lt;strong&gt;Ce qui retient l'attention&lt;/strong&gt;, dans un cours de philosophie [&#8230;] c'est le cheminement recueilli&lt;strong&gt;,&lt;/strong&gt; le progr&#232;s de la pens&#233;e sur elle-m&#234;me [&#8230;] &lt;strong&gt;Alors l'&#233;l&#232;ve a le sentiment&lt;/strong&gt;, non pas de suivre passivement la pens&#233;e d'autrui, de se charger comme d'un fardeau d'une pens&#233;e d&#233;j&#224; pens&#233;e, mais&lt;strong&gt; de former lui-m&#234;me sa propre pens&#233;e.&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1992. &lt;/strong&gt;Christiane Menasseyre, IG (Doyenne)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Nous disons tous ici :&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;nous ne savons pas ce qu'est la p&#233;dagogie en philosophie.&lt;/strong&gt; [&#8230;] Th&#233;oriquement, philosophiquement, nous savons ce qu'il en est &lt;strong&gt; : &lt;/strong&gt;il n'y a pas d'exigence professionnelle,&lt;strong&gt; il n'y a d'exigence p&#233;dagogique&lt;/strong&gt;, en philosophie,&lt;strong&gt; que philosophique&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1993. &lt;/strong&gt;Jacques&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Muglioni, IG (ex-Doyen) &lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;connaissance de la finalit&#233; du sens comme question centrale de la philosophie pratique [&#8230;] laisse libre court &#224; &lt;strong&gt;l'invasion de la p&#233;dagogie&lt;/strong&gt;, tant&#244;t par les proc&#233;d&#233;s dits d'animation, tant&#244;t par les techniques d'apprentissage calqu&#233; sur des mod&#232;les emprunt&#233;s aux formes du travail industriel. [Les] &lt;strong&gt;recherche de p&#233;dagogie&lt;/strong&gt; savante t&#233;moigne d'une &lt;strong&gt;guerre inexpiable conduite contre le sens&lt;/strong&gt; [&#8230;] Cette p&#233;dagogie repose donc sur une psychologie du comportement qui a pris ses mod&#232;les [&#8230;] dans la &lt;strong&gt;psychologie animale&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1999&lt;/strong&gt;. Charles Coutel, Pr&#233;sident APPEP &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Actuellement le p&#233;dagogisme r&#232;gne&lt;/strong&gt; : j'appelle &#171; p&#233;dagogisme &#187; l'art de multiplier les pr&#233;alables inutiles &#224; l'acte d'apprendre et &#224; l'acte d'enseigner.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id370e_c0' colspan='2'&gt;Une certaine &#171; p&#233;dagogie &#187; quand m&#234;me, celle de l'initiation : &#171; Engager l'&#233;l&#232;ve dans une conversion philosophique, l'engager &#224; &#171; entrer en philosophie &#187; &#187;&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id370e_c0'&gt;&lt;strong&gt;1963.&lt;/strong&gt; Georges Gusdorf&lt;br class='autobr' /&gt;
La parole du ma&#238;tre est &lt;strong&gt;une&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;incantation&lt;/strong&gt; : un esprit se dresse &#224; l'appel d'un autre esprit ; par l'efficace de &lt;strong&gt;la rencontre&lt;/strong&gt;, une vie est chang&#233;e. [&#8230;] Le &lt;strong&gt;myst&#232;re p&#233;dagogique&lt;/strong&gt; aur&#233;ole la naissance d'un esprit, la venue d'un esprit au monde et &#224; lui-m&#234;me. [&#8230;] La rencontre face &#224; face sur les th&#232;mes impos&#233;s par l'emploi du temps n'est donc que le masque de cette autre rencontre plus &lt;strong&gt;secr&#232;te&lt;/strong&gt;, d'un&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;caract&#232;re&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;presque &lt;strong&gt;initiatique&lt;/strong&gt;. La plus haute fonction de la ma&#238;trise semble ainsi d'&#234;tre &lt;strong&gt;messag&#232;re de r&#233;v&#233;lation &lt;/strong&gt;par-del&#224; l'expos&#233; du savoir. Le rapport du ma&#238;tre au disciple est &lt;strong&gt;un dialogue sans communication&lt;/strong&gt;, une communion indirecte et sans pl&#233;nitude, une fugue dont la solution et r&#233;solution serait ind&#233;finiment refus&#233;e. &lt;strong&gt;Bergson&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;devant ses disciples les plus fid&#232;les, pensait tout haut, et tout seul&lt;/strong&gt;.&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1975&lt;/strong&gt; Louis Marie Morfaux, pr&#233;sident de l'APPEP,&lt;br class='autobr' /&gt;
La philosophie, si on l'enseigne dans l'ann&#233;e terminale et avec un horaire substantiel, concentr&#233;, est &lt;strong&gt;une esp&#232;ce de r&#233;v&#233;lation, un choc, une mise en question soudaine&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984. &lt;/strong&gt;Fran&#231;ois Dagognet, APEPP (Pr&#233;sident du Jury de l'Agr&#233;gation)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le professeur de philosophie est appel&#233; &#224; une &lt;strong&gt;t&#226;che si dramatique et si ardue&lt;/strong&gt; que tout doit &#234;tre &#224; son service afin de favoriser &lt;strong&gt;cette op&#233;ration m&#233;tamorphosante.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1989.&lt;/strong&gt; Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;L'initiation philosophique &lt;/strong&gt;est avant tout cette&lt;strong&gt; conversion&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;intellectuelle&lt;/strong&gt; supposant la pr&#233;sence des grands exemples qui, pour ainsi dire, met en sc&#232;ne l'audace de la pens&#233;e. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;2013.&lt;/strong&gt; Simon Perrier, pr&#233;sident de l'APPEP &lt;br class='autobr' /&gt;
Le cours de philosophie au lyc&#233;e doit donc &#234;tre philosophique, c'est-&#224;-dire &lt;strong&gt;engager l'&#233;l&#232;ve &lt;/strong&gt;dans une &lt;strong&gt;conversion philosophique&lt;/strong&gt;, l'engager &#224; &#171; &lt;strong&gt;entrer en philosophie&lt;/strong&gt; &#187;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='ide4cc_c0' colspan='2'&gt;Et une p&#233;dagogie de la rupture : &#171; L'auditoire doit se sentir d&#233;sesp&#233;r&#233; &#187;&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='ide4cc_c0'&gt;&lt;strong&gt;1978&lt;/strong&gt;. Bernard Bourgeois, Pr&#233;sident du Jury de l'Agr&#233;gation &lt;br class='autobr' /&gt;
L'esprit de la p&#233;dagogie h&#233;g&#233;lienne nous semble &#234;tre ce qui fait d'elle-m&#234;me &lt;strong&gt;une p&#233;dagogie de la rupture &lt;/strong&gt; [...] Il faut assur&#233;ment aller chercher ceux qui sont &#224; &#233;duquer, l&#224; o&#249; ils sont, mais&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;pour&lt;strong&gt; les arracher &#224; ce qu'ils sont&lt;/strong&gt; (dans le ph&#233;nom&#232;ne). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984. &lt;/strong&gt;Fran&#231;ois Dagognet, APEPP, Pr&#233;sident du Jury de l'Agr&#233;gation&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Un drame, d'abord&lt;/strong&gt;. La philosophie provoquera, effectivement, un &lt;strong&gt;bouleversement, une mutation&lt;/strong&gt;. Elle &lt;strong&gt;doit &#234;tre tenue pour une&lt;/strong&gt; &#171; &lt;strong&gt;effraction&lt;/strong&gt; &#187;. [&#8230;] Si elle se d&#233;finit comme &lt;strong&gt;'rupture' ou 'effraction'&lt;/strong&gt; on ne saurait la m&#234;ler &#224; d'autres disciplines (&#8230;)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984&lt;/strong&gt;. Georges Laforest, IPR puis IG&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui sont attentifs au premier chef &#224; l'int&#233;r&#234;t des &#233;l&#232;ves, de tous les &#233;l&#232;ves, pr&#233;f&#233;reront &lt;strong&gt;une p&#233;dagogie de la rupture&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1992 -&lt;/strong&gt; Jacques Muglioni, IG (Doyen)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Le ma&#238;tre doit d&#233;cevoir toutes les attentes&lt;/strong&gt;. Et m&#234;me dans les commencements, &lt;strong&gt;l'auditoire doit se sentir d&#233;sesp&#233;r&#233;&lt;/strong&gt; : il d&#233;couvre, en effet, qu'il ne peut rien attendre que de son attention. C'est le grand secret d'enseigner, et qui pr&#233;pare la plus ferme audience.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='idf926_c0' colspan='2'&gt;Contre l'extension de la philosophie
&lt;p&gt;&#171; Le pire aura &#233;t&#233; &#233;vit&#233; : il n'est plus question de philosophie en Premi&#232;re &#187; (APPEP)&lt;/p&gt;
&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idf926_c0'&gt;&lt;strong&gt;1961. &lt;/strong&gt;Louis-Marie Morfaux, pr&#233;sident APPEP&lt;br class='autobr' /&gt;
[La philosophie est] le centre autour duquel doivent s'organiser les autres enseignements qui sont tous et doivent tous &#234;tre des enseignements de compl&#233;ment ou d'entretien. &lt;strong&gt;C'est pourquoi la tr&#232;s grande pluralit&#233;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;des professeurs&lt;/strong&gt; de philosophie est &lt;strong&gt;r&#233;solument hostile &lt;/strong&gt;&#224; tout projet qui r&#233;partirait cette initiation &lt;strong&gt;sur les deux derni&#232;res ann&#233;es&lt;/strong&gt; de l'enseignement secondaire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1977. &lt;/strong&gt;Jean Lefranc, pr&#233;sident de l'APPEP&lt;br class='autobr' /&gt;
Faut-il que les trompettes philosophiques appellent &#224; la conqu&#234;te de &lt;strong&gt;tous les niveaux de l'enseignement des lyc&#233;es et m&#234;me des coll&#232;ges ?&lt;/strong&gt; Il faut y r&#233;fl&#233;chir deux fois avant de se laisser aller &#224; de telles r&#234;veries un peu imp&#233;rialistes [&#8230;] le &lt;strong&gt;risque le plus grave&lt;/strong&gt; est le plus certain d'une expansion inconsid&#233;r&#233;e, et qu'elle ne puisse se r&#233;aliser effectivement que dans la confusion des disciplines (&#8230;). Si l'enseignement de la philosophie perd sa sp&#233;cificit&#233;, &lt;strong&gt;la pire d&#233;gradation id&#233;ologique est in&#233;vitable&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1984. &lt;/strong&gt;Fran&#231;ois Dagognet, APEP, Pr&#233;sident du Jury de l'Agr&#233;gation&lt;br class='autobr' /&gt;
[La philosophie] suppose une &lt;strong&gt;unit&#233; de lieu&lt;/strong&gt;. La philosophie &lt;strong&gt;ne peut pas se diviser&lt;/strong&gt;. Elle ne se situe qu'&#224; un moment donn&#233;, &#224; la fin de la scolarit&#233;, lorsqu'un certain nombre d'exp&#233;riences, de lectures et de connaissances ont &#233;t&#233; re&#231;ues, qu'il s'agit de mettre en ordre et d'interroger ou de &#171; juger &#187;. Un enseignement de la philosophie&lt;strong&gt; donn&#233; en seconde&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;ou en premi&#232;re&lt;/strong&gt; d&#233;finit &lt;strong&gt;la pire des perversions&lt;/strong&gt; : on disperse, on feint d'&#233;tendre alors qu'on dilue. &#192; mettre la philosophie partout, il est clair qu'on ne la met nul part.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1991&lt;/strong&gt;. Jean Lefranc, pr&#233;sident de l'APPEP, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;apr&#232;s l'abandon du projet Derrida-Bouveresse notre action, celle de nos coll&#232;gues dans les associations, les syndicats, ont &#233;t&#233; efficaces. &lt;strong&gt;Le pire aura &#233;t&#233; &#233;vit&#233; : il n'est plus question de &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;philosophie en Premi&#232;re&lt;/strong&gt; !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;En 1961, Louis-Marie Morfaux, pr&#233;sident APPEP, r&#233;sume d'une phrase l'importance de notre enseignement : &lt;i&gt;La pens&#233;e philosophique est, sans aucun doute, directement ou indirectement, &lt;strong&gt;la plus belle parure de la civilisation fran&#231;aise&lt;/strong&gt;, celle &lt;strong&gt;par laquelle notre nation garde dans le monde une place de premier rang&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une importance menac&#233;e par la cr&#233;ation d&#233;j&#224; ancienne des s&#233;ries scientifiques : &lt;i&gt;Une d&#233;gradation [&#8230;] menace la classe de &lt;i&gt;Philosophie&lt;/i&gt; [&#8230; :] les professeurs de sciences y d&#233;versent tous les sous-produits des Sections-Scientifiques &#8230; &lt;strong&gt;&#233;l&#232;ves m&#233;diocres qui auraient d&#251; depuis longtemps &#234;tre &#233;limin&#233;s de l'enseignement secondaire&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant il est vrai, que Joseph Moreau avertit en 1966 :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La voie de &lt;strong&gt;l'instruction philosophique&lt;/strong&gt; est donc simple, mais aust&#232;re. Elle &lt;strong&gt;ne convient pas &#224; un enseignement de masse&lt;/strong&gt;. Mais la philosophie, en raison m&#234;me de sa finalit&#233; humaine et de son int&#233;r&#234;t universel, &lt;strong&gt;ne saurait &#234;tre vulgaris&#233; sans perdre son caract&#232;re, sans se d&#233;naturer&lt;/strong&gt;. La &lt;strong&gt;classe de philosophie&lt;/strong&gt; a longtemps &#233;t&#233; le couronnement des &#233;tudes classiques ; elle a &#233;t&#233; progressivement &lt;strong&gt;envahie et submerg&#233;e par des &#233;l&#233;ments m&#233;diocres&lt;/strong&gt;, venus des sections modernes, et qui se d&#233;tournaient des math&#233;matiques. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&#171; Civilisation &#187;, d&#233;sespoir devant &#171; l'invasion &#187;, la &#171; submersion &#187;, &#171; d'&#233;l&#232;ves m&#233;diocres &#187; qu'il faudrait &#171; &#233;liminer &#187;, la d&#233;ploration conservatrice r&#233;appara&#238;t avec force &#224; chaque tentative de r&#233;forme, le &#171; p&#233;dagogue &#187; faisant figure de l'ennemi, ou du tra&#238;tre s'il est lui-m&#234;me professeur de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question p&#233;dagogique est une question politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les conservateurs sont &#233;litistes&lt;/strong&gt;. Ils refusent la politique de &lt;i&gt;d&#233;mocratisation p&#233;dagogique&lt;/i&gt; initi&#233;e par la gauche dans les ann&#233;es 1990, parce qu'ils refusent &lt;i&gt;la d&#233;mocratisation sociale &lt;/i&gt;du lyc&#233;e, c'est-&#224;-dire la transformation du lyc&#233;e issue des grandes r&#233;formes structurelles (1945-1975). Faute de pouvoir retrouver le lyc&#233;e (mythifi&#233;) d'antan, il vaudrait mieux r&#233;server l'enseignement philosophique &#224; une minorit&#233;, car seule une minorit&#233; d'&#233;l&#232;ves peut satisfaire les exigences de son cadre. Ils refusent pour cette m&#234;me raison toute extension de la philosophie au lyc&#233;e professionnel ou en amont de la Terminale. C'est pourquoi ils attaquent l'id&#233;e d'une n&#233;cessaire &lt;i&gt;progressivit&#233;&lt;/i&gt; de l'enseignement philosophique. Qu'importe que le lyc&#233;e ait chang&#233;, eux ne veulent pas changer, ils d&#233;fendent donc le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;C'est pour justifier cet immobilisme, qu'ils ont &#233;labor&#233; un discours&lt;i&gt; &lt;/i&gt;sur l'essence de la philosophie&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;et de son enseignement (Ma&#238;tre-Philosophe, Le&#231;on, Dissertation, Prise de notes). La fonction de ce discours est &lt;i&gt;id&#233;ologique &lt;/i&gt; : occulter la question de la d&#233;mocratisation, qu'ils refusent. Ils proclament la destination universelle de la philosophie mais refusent l'universalisation des moyens d'y satisfaire, rendant la philosophie inaccessible &#224; ceux qui n'ont pas d&#233;j&#224; acquis, &#224; l'ext&#233;rieur de l'&#233;cole, les dispositions qu'elle requiert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les progressistes sont &#233;galitaires&lt;/strong&gt;. Ils acceptent &lt;i&gt;la d&#233;mocratisation sociale&lt;/i&gt; de lyc&#233;e parce qu'&#224; leurs yeux elle r&#233;sulte du processus d&#233;mocratique qu'ils soutiennent. Ils r&#233;cusent l'id&#233;e que la &lt;i&gt;nature &lt;/i&gt;de la philosophie interdirait son enseignement &#224; tous et avant la Terminale. Ils souhaitent la &lt;i&gt;d&#233;mocratisation p&#233;dagogique&lt;/i&gt; qui conditionne pour eux l'acc&#232;s &lt;i&gt;effectif&lt;/i&gt; de tous &#224; la philosophie, et pas seulement un acc&#232;s &#171; en droit &#187; et refus&#233; en fait. La &lt;i&gt;d&#233;mocratisation p&#233;dagogique&lt;/i&gt; implique de &lt;i&gt;scolariser&lt;/i&gt; pour de bon l'enseignement philosophique, d'accepter que la philosophie soit une discipline &#171; comme les autres &#187;, de sortir de la mythologie de l'exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que l'on retrouve la question des &lt;i&gt;programmes&lt;/i&gt; parce qu'ils d&#233;finissent le cadre p&#233;dagogique de l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;CE QUI NE VA PAS DANS LES PROGRAMMES DE NOTIONS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a)&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Un programme de notions est un non-programme&lt;/strong&gt;. Il fonctionne comme un catalogue de mots que chaque enseignant peut interpr&#233;ter &#224; sa guise. En l'absence de tout contexte de d&#233;termination s&#233;mantique ou r&#233;f&#233;rentielle, les &#171; notions &#187; ne sont en effet que de simples &lt;i&gt;items lexicaux&lt;/i&gt; ne connotant ou ne d&#233;notant rien de pr&#233;cis, rien de d&#233;termin&#233;. La philosophie est ainsi la seule discipline qui se refuse &#224; indiquer ce que les &#233;l&#232;ves &#233;tudieront et apprendront effectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b) Un programme de notions est par d&#233;finition infaisable&lt;/strong&gt;. Le nombre de probl&#232;mes auxquels renvoient chaque notion est lui-m&#234;me ind&#233;fini. &#192; la limite, une seule notion pourrait remplir une ann&#233;e d'&#233;tude, comme &#224; l'agr&#233;gation ou en pr&#233;pa. L'ACIREPH a montr&#233; qu'en s'en tenant aux seuls les sujets du baccalaur&#233;at sur l'&lt;i&gt;art&lt;/i&gt;, celle-ci renvoyait &#224; 23 probl&#233;matiques diff&#233;rentes (et celle de &lt;i&gt;langage&lt;/i&gt; &#224; 27 probl&#233;matiques). D'o&#249; la plainte r&#233;currente des professeurs (&#171; je n'arrive jamais &#224; finir le programmes &#187;), les acc&#233;l&#233;rations brutales en fin d'ann&#233;e (&#171; j'ai fait l'inconscient en deux heures &#187;), ou les cours en &lt;i&gt;pdf&lt;/i&gt; transmis aux &#233;l&#232;ves qui ne suffisent pas &#224; se donner bonne conscience. Une illusion assez commune est &#224; noter : croire qu'en r&#233;duisant le &lt;i&gt;nombre&lt;/i&gt; de notions, cela irait mieux. Cela ne changerait pas grand-chose, une &lt;i&gt;notion&lt;/i&gt; ind&#233;termin&#233;e restant une notion &lt;i&gt;ind&#233;termin&#233;e&lt;/i&gt;. M&#234;me avec 4 ou 5 notions, le temps ne suffirait pas, en raison du nombre ind&#233;finissable de probl&#233;matiques qui leur seraient li&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c) La loterie de l'enseignement. &lt;/strong&gt;Un programme de notions fait qu'il y a autant de cours que de professeurs. Chaque professeur interpr&#232;te les &lt;i&gt;items lexicaux&lt;/i&gt; du programme selon ses orientations pr&#233;f&#233;rentielles, les hasards de sa formation (&#171; je ne connais pas Zhuangzi &#187;, &#171; je ne comprends rien &#224; Wittgenstein &#187;, etc.). La libert&#233; du professeur va jusqu'&#224; pouvoir interpr&#233;ter les &#171; notions &#187; du programme au gr&#233; ses diverses associations m&#233;taphoriques ou m&#233;tonymiques. L'&#233;galit&#233; des &#233;l&#232;ves devant l'enseignement et les examens ne s'y retrouve pas. Les parents croisent les doigts pour que leur enfant &#171; tombe sur le bon prof. de philo &#187;. Car les r&#233;putations se font vite et sont &#224; la mesure des errances rendues possibles par un enseignement sans cadre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c) La loterie du baccalaur&#233;at.&lt;/strong&gt; En philosophie la notation n'est pas arbitraire. Mais il y a un al&#233;atoire massif : celui de la &lt;i&gt;rencontre&lt;/i&gt; entre ce que le professeur a&lt;i&gt; &lt;/i&gt;fait pendant l'ann&#233;e et&lt;i&gt; &lt;/i&gt;ce que ses &#233;l&#232;ves auront &#224; traiter au baccalaur&#233;at. Il est tr&#232;s rare en effet que les sujets co&#239;ncident avec ce que les &#233;l&#232;ves ont &#233;tudi&#233;. Un peu comme si on faisait un &#171; bac blanc &#187; en &#233;vitant soigneusement de donner aux &#233;l&#232;ves des sujets en rapport avec ce qui &#233;tudi&#233; en classe. Cette absurdit&#233; est de r&#232;gle &#224; l'examen. Les &#233;l&#232;ves sont pratiquement assur&#233;s d'avoir des sujets auxquels ils auront &#233;t&#233; peu ou mal pr&#233;par&#233;s, ou de mani&#232;re trop indirecte ou oblique (&#171; mais si on en avait aussi parl&#233; quand on a fait telle notion &#187;). Pour les conservateurs, c'est une garantie que le baccalaur&#233;at demeure &#224; la hauteur de &#171; l'exigence philosophique &#187;. Chaque &#233;l&#232;ve doit ainsi inventer en 4 heures une solution originale &#224; un probl&#232;me qu'il d&#233;couvre le jour m&#234;me. Avoir le choix entre 3 sujets n'est qu'un pi&#232;tre palliatif qui ne trompe personne. C'est pourquoi chaque ann&#233;e, les professeurs scrutent avec anxi&#233;t&#233; les sujets et sont mortifi&#233;s quand aucun d'eux ne s'approche &lt;i&gt;suffisamment&lt;/i&gt; du travail de l'ann&#233;e, car le travail a bien &#233;t&#233; fait et les &#233;l&#232;ves ont travaill&#233;. La philosophie est ainsi la seule discipline o&#249; les &#233;l&#232;ves sont &#233;valu&#233;s sur ce qu'ils n'ont pas &#233;tudi&#233; et ne le sont pas sur ce qu'ils ont &#233;tudi&#233;. Que les copies de bac soient vides, d&#233;sesp&#233;rantes, n'a rien de surprenant. Les professeurs ne savent plus ce qu'ils corrigent (le fran&#231;ais, une trace de cours ou de bonne volont&#233; ?). Et quelles raisons les &#233;l&#232;ves auraient-ils de croire que le travail paye en philo ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;d) Le sophisme de &#171; la libert&#233; du professeur &#187;.&lt;/strong&gt; Les adversaires de la d&#233;termination des programmes lui opposent toujours la &#171; libert&#233; du professeur &#187;. Ils entretiennent la confusion entre d'un c&#244;t&#233;,la &lt;i&gt;libert&#233; doctrinale &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;la libert&#233; p&#233;dagogique&lt;/i&gt;, et de l'autre, la &lt;i&gt;libert&#233; programmatique&lt;/i&gt;, celle de faire soi-m&#234;me &lt;i&gt;son&lt;/i&gt; programme. Nombre d'enseignants qui se croient progressistes ou d&#233;mocrates partagent ce point de vue et tiennent aux programmes de notions pour cette seule raison (faire ce qu'on veut). Il faut donc rappeler qu'un programme qui limite et pr&#233;cise les objets de l'&#233;tude, laisse enti&#232;re la &lt;i&gt;libert&#233; doctrinale&lt;/i&gt;, celle des r&#233;f&#233;rences et des conclusions, et la &lt;i&gt;libert&#233; p&#233;dagogique&lt;/i&gt;, celle des m&#233;thodes, des pratiques et des exercices. Rappeler aussi que l'argument la &#171; libert&#233; du professeur &#187; demeure l'obstacle le plus r&#233;sistant &#224; la &lt;i&gt;scolarisation&lt;/i&gt; de la philosophie, et donc &#224; la &lt;i&gt;d&#233;mocratisation&lt;/i&gt; de son enseignement. Le programme de philosophie en HLP suffit &#224; prouver qu'un programme qui pr&#233;cise les questions &#224; &#233;tudier, les objectifs d'apprentissage, parfois les r&#233;f&#233;rences, ne diminue en rien la libert&#233; des enseignants d&#232;s lors qu'on ne la confond pas avec libert&#233; exorbitante de d&#233;cider soi-m&#234;me du programme, la libert&#233; de d&#233;scolariser, de d&#233;r&#233;guler le plus possible l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;POSITIONS DE L'ACIREPh SUR LES PROGRAMMES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le programme de philosophie doit circonscrire le petit nombre de questions &#224; &#233;tudier&lt;/strong&gt;. Pour savoir ce qui &#224; &#233;tudier ou pas, disposer du temps n&#233;cessaire pour le faire, et surtout pour exercer les &#233;l&#232;ves, d&#233;velopper leurs comp&#233;tences, s'approprier les exigences discursives sp&#233;cifiques &#224; la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le programme de philosophie doit indiquer les &#233;l&#233;ments de la culture philosophique &lt;/strong&gt;initiale qu'il est cens&#233; offrir &#224; &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; les &#233;l&#232;ves. Avec les programmes de notions, personne ne sait ou ne peut dire ce qu'un &#233;l&#232;ve a effectivement appris au terme de son ann&#233;e de philosophie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#233;l&#233;ments consisteraient par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en &lt;i&gt;rep&#232;res doctrinaux&lt;/i&gt; attach&#233;s &#224; chaque question du programme (th&#232;ses et argumentations fondatrices, et leur discussion)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en &lt;i&gt;rep&#232;res lexicaux et conceptuels&lt;/i&gt; li&#233;s &#224; chaque question, n&#233;cessaires &#224; la conceptualisation et &#224; l'analyse du probl&#232;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en &lt;i&gt;un ou deux textes&lt;/i&gt; courts pour chaque question du programme, mais pas plus pour que le professeur conserve la libert&#233; de proposer les compl&#233;ments de son choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un programme de philosophie doit indiquer les objectifs d'apprentissage&lt;/strong&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;mocratisation suppose de travailler en classe les d&#233;marches de pens&#233;e propres au discours philosophique. Les comp&#233;tences philosophiques sp&#233;cifiques sont rarement acquises par les &#233;l&#232;ves qui arrivent en Terminale, ce qui est logique. Il faut enseigner et exercer. Cet apprentissage n'a rien de techniciste ou d'antiphilosophique. La r&#233;flexion sur les op&#233;rations de pens&#233;e et la ma&#238;trise des comp&#233;tences philosophiques &#233;tant essentielle &#224; une formation &lt;i&gt;philosophique&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;utile &#224; tous&lt;/i&gt;, au-del&#224; de la philosophie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manifeste pour l'enseignement de la philosophie</title>
		<link>https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/article/manifeste-pour-l-enseignement-de-la-philosophie</link>
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		<dc:date>2020-08-29T01:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;dagogie</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>Connaissances</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce texte est un acte fondateur de l'association. Il part d'un &#233;tat des lieux de l'enseignement de la philosophie en France pour en arriver &#224; une liste de 10 chantiers qui d&#233;finissent les buts de l'ACIREPh.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Manifeste pour l'enseignement de la philosophie a &#233;t&#233; unanimement approuv&#233; lors de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du 31 mars 2001. Il a &#233;t&#233; actualis&#233; en 2020.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/" rel="directory"&gt;Pr&#233;sentation de l'ACIREPh&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/activites" rel="tag"&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/pedagogie" rel="tag"&gt;P&#233;dagogie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/avenir-de-la-philosophie" rel="tag"&gt;Avenir de la philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/connaissances" rel="tag"&gt;Connaissances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#034;&lt;i&gt;La philosophie n'est pas un temple, mais un chantier.&lt;/i&gt;&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Canguilhem&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e est en panne. Certes, il n'a jamais touch&#233; autant d'&#233;l&#232;ves qu'aujourd'hui et sa l&#233;gitimit&#233; n'a jamais &#233;t&#233; mieux &#233;tablie dans une soci&#233;t&#233; o&#249; la demande de philosophie, quelle que soit son ambigu&#239;t&#233;, n'a jamais &#233;t&#233; aussi forte. Mais sa vitalit&#233;, sa capacit&#233; de renouvellement sont atteintes et les sympt&#244;mes d'un d&#233;p&#233;rissement de la philosophie scolaire se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des sympt&#244;mes de d&#233;p&#233;rissement&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Un grand nombre d'&#233;l&#232;ves&lt;/i&gt; &#8212; et pas seulement dans les s&#233;ries technologiques &#8212; &lt;i&gt;ne parviennent pas &#224; tirer un r&#233;el profit de l'enseignement de philosophie tel qu'il leur est actuellement dispens&#233;&lt;/i&gt;. Cela fait dire que les &#233;l&#232;ves qui n'ont pas de philosophie en demandent, mais que ceux qui en font s'y ennuient. La formule est sans doute excessive, mais les constats que tout un chacun peut faire au moment du baccalaur&#233;at ne sont gu&#232;re encourageants : nombre de copies ne portent aucune trace d'un an de philosophie, et malgr&#233; leur bonne volont&#233; &#233;vidente la plupart n'en contiennent que des bribes confuses ; seule une fraction d'entre elles t&#233;moignent de l'acquisition des rudiments d'une culture et d'une d&#233;marche philosophique. Les difficult&#233;s d'&#233;valuation, si fr&#233;quemment &#233;voqu&#233;es (et auxquelles la profession ne s'est jamais vraiment donn&#233; les moyens de faire face, sauf &#224; relever la notation d'une fa&#231;on volontariste qui &#233;lude le probl&#232;me), ne sont qu'un sympt&#244;me : ce qu'enregistre en d&#233;finitive l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at - et qu'on constate au-del&#224; du bac dans toutes les formations sup&#233;rieures - c'est l'incapacit&#233; de l'enseignement de philosophie &#224; former actuellement d'une mani&#232;re satisfaisante une grande partie des &#233;l&#232;ves qui lui sont confi&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Face &#224; l'expression de nouvelles demandes et de nouveaux besoins, on enregistre dans la profession des r&#233;actions de frilosit&#233; et de crispation. &lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Depuis trente ans, &lt;i&gt;toutes les tentatives pour r&#233;former les programmes ont &#233;chou&#233;&lt;/i&gt;. Plus globalement, la profession se montre incapable d'assurer une &#233;volution r&#233;guli&#232;re de la discipline qui tienne compte aussi bien de l'&#233;tat des d&#233;bats philosophiques contemporains que des changements dans l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques mois de philosophie en terminale, les &#233;l&#232;ves se plaignent presque unanimement d'avoir une seule ann&#233;e pour assimiler la d&#233;marche et la culture philosophique n&#233;cessaires et regrettent de n'avoir pas commenc&#233; d&#232;s la classe de premi&#232;re. Mais il faut bien reconna&#238;tre que &lt;i&gt;l'id&#233;e d'enseigner la philosophie sur deux ans, voire trois &lt;/i&gt; (comme c'est le cas dans la plupart des pays d'Europe o&#249; existe un enseignement, obligatoire ou optionnel, de philosophie) suscite encore aujourd'hui dans la profession des divergences sensibles d'appr&#233;ciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'enseignement dans les s&#233;ries technologiques&lt;/i&gt; reste un sujet tabou : le cadavre dans le placard. Les difficult&#233;s y sont criantes. Mais jamais on n'a pris la peine de r&#233;unir ceux qui y enseignent pour mesurer leurs succ&#232;s comme leurs &#233;checs, et en tirer les cons&#233;quences. Si nombre de professeurs se passionnent pour cet enseignement, et quelquefois y r&#233;ussissent, beaucoup attendent impatiemment la mutation qui les d&#233;livrera de ce qu'ils vivent comme un fardeau ; et plus d'un dit d&#233;sormais &#224; mi-voix qu'apr&#232;s tout la philosophie n'a peut-&#234;tre pas sa place dans ces s&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, est-il surprenant que &lt;i&gt;l'hypoth&#232;se d'un enseignement de la philosophie dans les lyc&#233;es professionnels&lt;/i&gt; inqui&#232;te plus qu'elle n'enthousiasme ? Sa mise en place poserait assur&#233;ment d'&#233;normes probl&#232;mes. Mais on peut se demander si, par l'effet de ses craintes, la profession ne pr&#233;f&#232;rera pas plut&#244;t renoncer devant l'obstacle que se demander si ce ne serait pas pour elle l'occasion d'innovations f&#233;condes et de remises en cause salutaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La philosophie est-elle encore formatrice ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Devant ces ph&#233;nom&#232;nes de fragilisation, de scl&#233;rose et de d&#233;sarroi, on peut se demander combien de temps encore la philosophie sera en mesure de justifier et de conserver sa place si particuli&#232;re dans l'enseignement secondaire fran&#231;ais. Et la question qui se pose est la suivante : &lt;strong&gt;A quelles conditions la philosophie au lyc&#233;e peut-elle rester ou redevenir une discipline vivante et formatrice ?&lt;/strong&gt; Cette question ne concerne pas seulement les enseignants de philosophie, mais tous ceux qui, &#224; des titres divers, s'int&#233;ressent &#224; elle parce qu'ils enseignent d'autres disciplines, parce qu'ils ont des responsabilit&#233;s syndicales ou politiques, parce qu'ils sont &#233;l&#232;ves, parents d'&#233;l&#232;ves, ou tout simplement des citoyens &#224; qui l'avenir de cet enseignement importe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour leur part, les professeurs de philosophie du secondaire se retrouvent extraordinairement d&#233;munis : il n'existe parmi eux aucune structure institutionnelle d'&#233;change didactique et p&#233;dagogique. Chacun est seul dans ses classes, aussi bien pour faire face &#224; ses &#233;checs et &#224; ses besoins que pour soutenir et poursuivre dans la dur&#233;e ses propres innovations. La formation initiale des professeurs de philosophie et leur formation continue restent presque exclusivement th&#233;oriques. Pire : les exp&#233;riences et les recherches didactiques et p&#233;dagogiques sont parfois accueillies avec m&#233;fiance ou m&#233;pris. Celui qui en exprime le besoin est aussit&#244;t soup&#231;onn&#233; d'entretenir une conception techniciste ou formaliste de l'enseignement qui ferait perdre &#224; la philosophie son &#226;me : il passe simplement pour un pi&#232;tre professeur parce qu'il serait un mauvais philosophe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La &#8220;doctrine officieuse&#8221; et ses cons&#233;quences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, p&#232;se depuis 50 ans sur l'enseignement de philosophie une &lt;i&gt;doctrine officieuse &lt;/i&gt; qui impr&#232;gne et oriente de fait la profession. Elle est &lt;i&gt;officieuse&lt;/i&gt; parce qu'elle ne figure comme telle dans aucune instruction officielle ni aucun texte de programme. Mais c'est une &lt;i&gt;doctrine&lt;/i&gt; parce qu'elle est explicite et coh&#233;rente ; elle a &#233;t&#233; express&#233;ment formul&#233;e lors de colloques, de conf&#233;rences et dans divers articles ; elle est en permanence rappel&#233;e en filigrane dans les rapports des jurys de concours ou certains rapports d'inspection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette doctrine part d'un principe qui inspire l'enseignement de la philosophie en France depuis plus d'un si&#232;cle :&lt;i&gt; l'enseignement de la philosophie est un enseignement philosophique.&lt;/i&gt; Sa finalit&#233; premi&#232;re n'est pas que l'&#233;l&#232;ve sache ce qu'ont dit Platon ou Descartes, mais qu'il apprenne &#224; mener par lui-m&#234;me une r&#233;flexion philosophique et d&#233;veloppe ainsi son esprit critique et l'autonomie de son jugement. C'est l&#224; un principe que personne ne conteste. Ce qui est contestable en revanche, c'est la d&#233;formation que la doctrine officieuse lui fait subir, et ce sont les normes et les repr&#233;sentations qu'elle pr&#233;tend en tirer pour l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du principe qu'un enseignement de la philosophie doit &#234;tre philosophique, elle croit pouvoir en d&#233;duire deux autres :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'enseignement de la philosophie &lt;i&gt;n'&lt;/i&gt;aurait &#224; r&#233;pondre &lt;i&gt;qu'&#224; &lt;/i&gt; des exigences philosophiques, &#224; l'exclusion de toute autre ; et&lt;/li&gt;&lt;li&gt; il lui &lt;i&gt;suffirait&lt;/i&gt; de satisfaire &#224; ces exigences pour &#234;tre ce qu'il doit &#234;tre.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, c'est &#224; partir de la &lt;i&gt;seule&lt;/i&gt; consid&#233;ration de l'essence de la philosophie que devrait se r&#233;gler son enseignement. Le sophisme est manifeste : que l'enseignement de la philosophie doive r&#233;pondre &#224; des exigences philosophiques n'implique &#233;videmment pas qu'il doive, et puisse m&#234;me, en ignorer d'autres, celles qui d&#233;coulent du fait qu'il est un enseignement et qu'il s'adresse, dans un cadre scolaire pr&#233;cis, &#224; des &#233;l&#232;ves d&#233;termin&#233;s : des exigences p&#233;dagogiques et didactiques. Elaborer un programme qui soit formateur pour les &#233;l&#232;ves d'une s&#233;rie d&#233;termin&#233;e, s'entendre sur des crit&#232;res d'&#233;valuation, concevoir un enseignement dans les lyc&#233;es professionnels, etc. : aucun de ces probl&#232;mes ne peut &#234;tre r&#233;solu sans articuler ensemble exigences philosophiques, p&#233;dagogie et didactique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette articulation, la doctrine officieuse la rend impossible : constituant la philosophie en puissance r&#233;gulatrice qui n'a de compte &#224; rendre qu'&#224; elle-m&#234;me, elle conduit &#224; juger son enseignement en rapport avec des exigences abstraites et id&#233;ales, jamais en rapport avec ses effets de formation sur ceux &#224; qui il s'adresse. L'enseignant de philosophie n'aurait &#224; justifier ce qu'il dit et fait qu'au regard d'une id&#233;e de la philosophie comme pens&#233;e qui se fonde en permanence sur elle-m&#234;me. Or cette id&#233;e rel&#232;ve d'&lt;i&gt;une&lt;/i&gt; conception de la philosophie ; elle est r&#233;cus&#233;e dans d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, une telle doctrine conduit &#224; ignorer ou m&#233;priser les exigences p&#233;dagogiques propres &#224; la situation scolaire : ou bien on pr&#233;tend qu'elles sont magiquement satisfaites pourvu que celles de la philosophie le soient ; ou bien on les renvoie &#224; l'idiosyncrasie et &#224; la &#8220;petite cuisine&#8221; de chaque enseignant. Cela revient &#224; entretenir la c&#233;cit&#233; sur les processus par lesquels les &#233;l&#232;ves s'approprient peu &#224; peu les comp&#233;tences et les savoirs requis et sur les obstacles qu'ils peuvent rencontrer dans ces apprentissages. Cela revient &#224; la n&#233;gation pure et simple du &lt;i&gt;m&#233;tier&lt;/i&gt; d'enseignant et des pratiques diverses par lesquelles chacun dans ses classes, de mani&#232;re intuitive ou m&#233;thodique, s'efforce de conduire le travail et la progression de ses &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &lt;i&gt;le mythe d'une discipline &#8220; ascolaire &#8221;&lt;/i&gt; se paie cher. Au fil des ann&#233;es s'est d&#233;velopp&#233;e une scolarisation rampante et non assum&#233;e de la philosophie, une mauvaise scolarisation : ce sont les sujets du bac et les manuels qui fixent le programme r&#233;el et ce sont les fascicules de m&#233;thode qui codifient la dissertation. Et tant qu'on se contentera de d&#233;clarer que les candidats au baccalaur&#233;at doivent &#8220; prendre le risque de penser &#8221; et qu'une bonne copie est celle qui &#8220; &#233;tonne le correcteur &#8221;, il ne faudra pas s'&#233;tonner de voir les &#233;l&#232;ves chercher &#224; se rassurer, demander avec insistance ce qu'on attend d'eux et, faute de r&#233;ponse, se d&#233;brouiller avec l'aide en ligne sur l'Internet. Sous l'effet de cette r&#233;gulation par le mauvais bout, les contenus se normalisent et s'appauvrissent, les exigences m&#233;thodologiques tournent &#224; la caricature. Tout se passe comme si la doctrine officieuse produisait exactement ce qu'elle pr&#233;tend &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Articuler philosophie et p&#233;dagogie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne sortira pas l'enseignement de la philosophie de l'impasse o&#249; il s'est mis lui-m&#234;me sans un r&#233;examen collectif de ces id&#233;es re&#231;ues et de ces repr&#233;sentations qui gouvernent la profession depuis des d&#233;cennies, la replient sur elle-m&#234;me et paralysent son &#233;volution. Il ne s'agit pas de remplacer une doctrine par une autre, mais de lever les verrous et de lib&#233;rer les initiatives et les &#233;changes. Il s'agit d'&lt;i&gt;ouvrir un espace de d&#233;bat et de r&#233;flexion&lt;/i&gt; o&#249; l'exp&#233;rience de chacun &#8212; qu'il enseigne en s&#233;rie technologique dans un lyc&#233;e de zone sensible ou dans un grand lyc&#233;e parisien, qu'il soit agr&#233;g&#233; ou ma&#238;tre-auxiliaire &#8212; soit &#233;galement reconnue et o&#249; la pluralit&#233; des d&#233;marches p&#233;dagogiques ne soit plus consid&#233;r&#233;e comme une menace pour le caract&#232;re philosophique de l'enseignement, mais comme l'expression normale et stimulante d'un enseignement vivant et formateur de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la cr&#233;ation d'un tel espace, dans des conditions de reconnaissance institutionnelle (les IREPH : Instituts de Recherche sur l'Enseignement de la Philosophie), qui est la raison d'&#234;tre de notre association. En 20 ans d'existence, nous nous sommes efforc&#233;s, avec les moyens limit&#233;s qui sont les n&#244;tres, de le faire d'ores et d&#233;j&#224; vivre : nous avons tenu des colloques et des journ&#233;es d'&#233;tude, nous avons mis en place des groupes de travail r&#233;gionaux et th&#233;matiques, nous avons particip&#233; aux d&#233;bats sur les programmes et les &#233;preuves du baccalaur&#233;at en tentant d'y apporter des suggestions et des arguments. A partir de ces 20 ann&#233;es d'exp&#233;riences, de prises de conscience et de confrontations, ce manifeste propose d'ouvrir &lt;strong&gt;10 chantiers pour l'enseignement de la philosophie. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chantiers doivent contribuer &#224; faire vivre et &#233;tendre la philosophie au lyc&#233;e et &#224; l'Universit&#233;. Ils rel&#232;vent &#233;videmment de la responsabilit&#233; des professeurs. Ce sont eux qui doivent op&#233;rer, dans le respect de leur tradition, le renouvellement n&#233;cessaire de leur enseignement : ils sont en effet les mieux plac&#233;s et les mieux arm&#233;s (pour autant qu'ils s'en donnent et qu'on leur en donne les moyens) pour r&#233;fl&#233;chir, exp&#233;rimenter et &#233;changer collectivement sur leurs pratiques. Ces chantiers font concourir philosophie, p&#233;dagogie et didactique au d&#233;veloppement de l'esprit critique et de l'autonomie du jugement des &#233;l&#232;ves. Parce qu'ils d&#233;veloppent les moyens de favoriser l'appropriation et l'exercice par le plus grand nombre du savoir et de la r&#233;flexion philosophique, ces chantiers apportent par l&#224; m&#234;me leur pierre &#224; la difficile et n&#233;cessaire d&#233;mocratisation de la philosophie et de son enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dix chantiers pour l'enseignement de la philosophie&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premier chantier :
Reconna&#238;tre que la philosophie au lyc&#233;e est une discipline scolaire.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'identification pure et simple de l'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e &#224; la philosophie tout court emp&#234;che de penser la sp&#233;cificit&#233; de la philosophie comme discipline scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie, en effet, existe pr&#233;alablement &#224;, et ind&#233;pendamment de, son enseignement au lyc&#233;e. Elle vit d'abord ailleurs : dans les recherches, les livres et les d&#233;bats des philosophes et &#8212; plus ou moins &#8212; dans ce que tout un chacun peut dire ou &#233;crire quand il philosophe. Ce qui fait sa sp&#233;cificit&#233; comme discipline scolaire, c'est sa valeur formatrice, ce sont les finalit&#233;s qui lui sont assign&#233;es en tant qu'elle participe, avec les autres disciplines, &#224; la formation intellectuelle des &#233;l&#232;ves des lyc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, l'enseignement n'a pas &#224; &#234;tre con&#231;u &#224; partir d'une id&#233;e a priori de ce qu'est la philosophie &#8212; il y en a d'ailleurs de multiples &#8212; mais &#224; partir de la question : &lt;i&gt;qu'est-ce qui dans l'h&#233;ritage de 2500 ans de philosophie et dans la vie philosophique contemporaine peut le mieux contribuer &#224; permettre aux &#233;l&#232;ves de se forger un esprit critique, de d&#233;velopper leurs capacit&#233;s de r&#233;flexion et l'autonomie de leur jugement, de se construire une culture qui soit un instrument d'intelligibilit&#233; du monde qui les entoure ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette question d&#233;coule une s&#233;rie d'autres sur lesquelles doit porter la r&#233;flexion collective des professeurs de philosophie. Quels sont les contenus de connaissances et les outils intellectuels que, comme dans toutes les autres disciplines, les &#233;l&#232;ves doivent apprendre &#224; ma&#238;triser ? Quelles comp&#233;tences doivent-ils acqu&#233;rir ? Que peut-on exiger d'un &#233;l&#232;ve de terminale de telle ou telle s&#233;rie ? A l'aune de quels crit&#232;res son travail sera-t-il &#233;valu&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie nullement que l'on r&#233;duise la philosophie au bachotage ou la subordonne au baccalaur&#233;at, ni qu'on l'enferme dans une perspective &#233;troitement utilitaire ou techniciste, ni qu'on lui enl&#232;ve son caract&#232;re de recherche et de d&#233;couverte intellectuelle. Cela signifie au contraire qu'on lui redonne, contre la &#8220; mauvaise scolarisation par les manuels &#8221;, son plein sens de discipline scolaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Etudier la philosophie au lyc&#233;e, c'est se former &#224; la philosophie et se former par la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me chantier :
Reconna&#238;tre qu'apprendre &#224; philosopher est un apprentissage et qu'enseigner la philosophie est un m&#233;tier.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait sans dommage identifier purement et simplement le professeur de philosophie &#224; un philosophe. Celui qui fait le philosophe devant ses &#233;l&#232;ves ne les forme pas puisqu'il les traite comme des disciples qu'ils ne seront jamais. Et sa &#8220;philosophie&#8221; restera faible, r&#233;p&#233;titive, victime de cette confusion des genres. Cette identification, avec les images de soi qui l'accompagnent, reste pourtant fortement ancr&#233;e dans les esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On la r&#233;sume souvent dans la formule : &lt;i&gt;&#8220; le professeur de philosophie est l'auteur de son cours &#8221;&lt;/i&gt;. Si on entend par l&#224; que chaque professeur organise comme il le veut et sous sa pleine responsabilit&#233; son ann&#233;e et son approche des notions et des textes avec telle ou telle classe, selon son propre style d'enseignement, alors c'est trivial, et il n'est pas besoin d'en faire un dogme. Mais si cela veut dire qu'un cours est un texte, faisant &#339;uvre, que le professeur &#233;crit et dit (ou qu'il improvise sans l'avoir &#233;crit) devant ses &#233;l&#232;ves, ou m&#234;me avec eux, alors cette formule est fausse et n&#233;faste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est &lt;i&gt;fausse&lt;/i&gt;, sur le plan intellectuel : lorsqu'un philosophe est l'auteur d'une &#339;uvre, il la publie, ce qui signifie qu'il prend le risque de la soumettre &#224; la critique de ses pairs. Or les &#233;l&#232;ves ne sont pas nos pairs, et leur critique, si elle a lieu, ne nous fait pas courir grand risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est &lt;i&gt;n&#233;faste&lt;/i&gt;, sur le plan p&#233;dagogique : elle fait l'impasse sur l'activit&#233; des &#233;l&#232;ves, et emp&#234;che de se poser la question de &lt;i&gt;ce que font les &#233;l&#232;ves&lt;/i&gt; lorsqu'ils &#233;coutent un tel texte. Ou plus pr&#233;cis&#233;ment, elle pr&#233;suppose acquise la capacit&#233; d'une &#233;coute active et critique de la parole de l'enseignant : la capacit&#233; de se l'approprier pour son propre compte, d'en saisir la dimension probl&#233;matique et de s'en servir pour mettre en &#339;uvre sa propre pens&#233;e, dans une dissertation par exemple. Elle pr&#233;suppose donc acquis ce qui, en r&#233;alit&#233;, ne l'est que par un tout petit nombre &#224; l'entr&#233;e en terminale, et doit au contraire &#234;tre appris par la grande majorit&#233; des &#233;l&#232;ves aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre formule exprime la m&#234;me occultation de la dimension d'apprentissage : &lt;i&gt;&#8220; la philosophie est &#224; elle-m&#234;me sa propre p&#233;dagogie &#8221;&lt;/i&gt;. Si on veut simplement signifier qu'en classe de philosophie on doit philosopher, personne ne saurait la contester s&#233;rieusement. Mais si on entend par l&#224; que, pour apprendre &#224; philosopher, il suffirait d'entendre ou de lire de la philosophie et que le professeur peut se passer de toute r&#233;flexion sur les moyens &#224; mettre en &#339;uvre pour amener ses &#233;l&#232;ves &#224; faire de la philosophie, alors elle est trompeuse et nocive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler des conditions de l'apprentissage de la philosophie au lieu de parler philosophie est encore trop souvent per&#231;u comme une faiblesse ou un signe d'insuffisance philosophique, ce qui a pour effet pervers d'instiller un sentiment de culpabilit&#233; ou d'&#233;chec chez l'enseignant qui, dans sa pratique, a besoin d'outils p&#233;dagogiques, et de l'isoler : comment r&#233;soudre des difficult&#233;s d'ordre p&#233;dagogique quand la seule discussion admise est la discussion philosophique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concevoir l'enseignement de la philosophie comme un apprentissage, c'est justement s'atteler &#224; cette difficult&#233; : comment faire entrer des &#233;l&#232;ves dans l'ensemble des d&#233;marches intellectuelles qui constituent l'activit&#233; philosophique ? Cela suppose de r&#233;fl&#233;chir &#224; la fa&#231;on dont les connaissances et les comp&#233;tences philosophiques acquises par l'enseignant au cours de ses &#233;tudes universitaires &#8212; qui sont, rappelons-le, essentiellement des connaissances d'histoire de la philosophie &#8212; vont pouvoir &#234;tre mises au service de cette t&#226;che de formation &#224; l'activit&#233; philosophique ; de clarifier les buts que l'on vise et d'ajuster au mieux les moyens (quels concepts, quels textes, quelles d&#233;marches, quels exercices&#8230;) pour atteindre ces buts avec les &#233;l&#232;ves ; de r&#233;organiser en permanence, &#224; l'&#233;preuve de l'exp&#233;rience et au plus pr&#232;s de la r&#233;alit&#233; des classes, ce rapport entre comp&#233;tences philosophiques et comp&#233;tences p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail, chacun certes l'effectue plus ou moins, m&#234;me si c'est souvent de mani&#232;re intuitive ; mais il l'effectuera d'autant mieux qu'il en prendra une claire conscience &#224; travers le partage des exp&#233;riences et la r&#233;flexion commune. Cela suppose de reconna&#238;tre et d'assumer son &lt;i&gt;m&#233;tier de professeur&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Troisi&#232;me chantier :
Assumer la diversification des formes d'enseignement de la philosophie qu'entra&#238;ne sa d&#233;mocratisation.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici le mod&#232;le philosophique fran&#231;ais s'est &#233;tendu en g&#233;n&#233;ralisant l'enseignement de la classe de philosophie : les &lt;i&gt;Instructions de 1925&lt;/i&gt;, texte de r&#233;f&#233;rence d'une aristocratie intellectuelle, sont devenues, &#224; la virgule pr&#232;s, la bible d'un enseignement de masse. Mais en un si&#232;cle, la position d'exception de la philosophie, &#8220; couronnement des humanit&#233;s &#8221;, est devenue par l'effet conjugu&#233; de l'extension de la philosophie et de la massification de l'enseignement une position de &lt;i&gt;repli sur soi&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'introduction de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques en est l'exemple flagrant : on a d'abord choisi de transplanter directement aupr&#232;s de publics nouveaux, sans aucun souci de leur cursus et de leurs sp&#233;cificit&#233;s, le programme, la p&#233;dagogie et le mode d'&#233;valuation de la &#8220;classe de philosophie&#8221;. Puis on a fait le silence non seulement sur les difficult&#233;s p&#233;dagogiques et les &#233;checs caract&#233;ris&#233;s dans ces classes, souvent v&#233;cus dans la honte et la solitude, mais aussi sur le tr&#233;sor d'inventions que les professeurs y d&#233;ploient quotidiennement : on consid&#232;re celles-ci comme de simples exp&#233;dients, in&#233;vitables de la part d'un enseignement &#224; la d&#233;rive ou d'un enseignant en p&#233;ril ; elles appellent au mieux la sympathie, mais on leur refuse la reconnaissance et la possibilit&#233; de circuler parmi les enseignants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, les professeurs qui se sont investis aupr&#232;s des &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques sont nombreux &#224; juger que le travail pour aller &#224; ce qui est philosophiquement essentiel et l'effort d'imagination p&#233;dagogique que cet enseignement exige d'eux sont tout &#224; fait salutaires. Ils sont une source de renouvellement particuli&#232;rement f&#233;conde dont les effets s'&#233;tendent, avec b&#233;n&#233;fice, &#224; leur enseignement dans toutes les autres s&#233;ries. On peut enseigner dans ces s&#233;ries sans avoir le sentiment ni de &#8220;brader&#8221; la philosophie ni de d&#233;choir, mais bien au contraire d'y exercer pleinement son m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose &#233;videmment que la diversification des formes d'enseignement de la philosophie qu'entra&#238;ne n&#233;cessairement sa d&#233;mocratisation soit reconnue de plein droit et soit collectivement assum&#233;e, au lieu d'&#234;tre laiss&#233;e au bricolage individuel. Dispenser un enseignement diversifi&#233;, ce n'est pas m&#233;priser les &#233;l&#232;ves en leur dispensant une philosophie au rabais. C'est reconna&#238;tre que &lt;i&gt;les capacit&#233;s philosophiques qu'on rencontre chez tous les &#233;l&#232;ves ne s'expriment pas chez tous de la m&#234;me mani&#232;re et ne peuvent pas &#234;tre cultiv&#233;es chez tous selon les m&#234;mes modalit&#233;s&lt;/i&gt;. La mani&#232;re dont des &#233;l&#232;ves peuvent se former &#224; la philosophie ne saurait &#234;tre ind&#233;pendante ni de leur parcours scolaire ant&#233;rieur, ni de leur bagage culturel, ni des rapports qu'ils entretiennent avec le langage, avec l'&#233;cole ou avec les adultes, ni non plus de leur projet professionnel et de la fa&#231;on dont plus g&#233;n&#233;ralement ils envisagent leur avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'enseignement de la philosophie veut vraiment s'adresser &#224; tous, il doit s'interroger : qu'est-ce qui, dans ses formes d'enseignement, est ins&#233;parable et constitutif de la discipline ? qu'est-ce qui rel&#232;ve d'une histoire contingente, c'est-&#224;-dire du r&#244;le institutionnel, de la fonction sociale et du public que la discipline a pu avoir &#224; telle ou telle &#233;poque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quatri&#232;me chantier :
Reconna&#238;tre que faire de la philosophie ne sert pas seulement &#224; philosopher.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La philosophie fait appel &#224; un &lt;i&gt;riche &#233;ventail de comp&#233;tences&lt;/i&gt; : poser des probl&#232;mes ; analyser des concepts ; se d&#233;centrer de son propre point de vue et prendre de la distance &#224; l'&#233;gard de ses opinions ; exercer son esprit critique &#224; l'&#233;gard des id&#233;es re&#231;ues et des sch&#232;mes de pens&#233;e &#233;tablis ; passer de l'expression imm&#233;diate et spontan&#233;e de son avis au d&#233;veloppement argument&#233; et nuanc&#233; d'une position ; pratiquer un va-et-vient permanent entre l'abstrait et le concret, entre le particulier et l'universel ; tirer les le&#231;ons d'un exemple et envisager les cons&#233;quences d'un principe ; faire &#233;voluer le contenu et la formulation de ses id&#233;es pour tenir compte d'objections dont on reconna&#238;t la l&#233;gitimit&#233; ; conduire une r&#233;flexion depuis l'exposition d'une question jusqu'&#224; la formulation d'une r&#233;ponse ; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cours de philosophie, ces comp&#233;tences sont des moyens au service d'un seul but : le libre exercice de la pens&#233;e, pratiqu&#233; pour lui-m&#234;me. Mais ces comp&#233;tences ont aussi une valeur en elles-m&#234;mes. Elles constituent des &#233;l&#233;ments indispensables de la formation de l'&#233;l&#232;ve, quel que soit son avenir scolaire et professionnel et quelles que soient les activit&#233;s dans lesquelles il s'engagera au cours de son existence future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la philosophie a d'autant plus de valeur qu'elle &#233;chappe au souci de l'utile. Et c'est en un sens vrai : quand on se forme &#224; la philosophie, comme quand on se forme &#224; la musique ou aux math&#233;matiques, on vise la philosophie pour elle-m&#234;me. Mais dans le m&#234;me temps, on se forme par la philosophie, comme on se forme par la musique ou par les math&#233;matiques ; et en ce sens-l&#224;, la philosophie n'a pas &#224; rougir d'&#234;tre utile, et m&#234;me de revendiquer son utilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie ne saurait justifier la position qu'il occupe aujourd'hui &#8212; et encore moins le renforcement de sa pr&#233;sence dans les cursus scolaires et universitaires &#8212; s'il ne fait pas la preuve de son &lt;i&gt;utilit&#233;&lt;/i&gt; dans la formation intellectuelle et culturelle de tous les &#233;l&#232;ves et s'il ne s'interroge pas sur son efficacit&#233; ainsi que sur les moyens de l'&#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cinqui&#232;me chantier :
Red&#233;finir l'&#233;l&#233;mentaire.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On entend souvent dire : &lt;i&gt;&#8220; les &#233;l&#232;ves ont droit &#224; toute la philosophie &#8221;&lt;/i&gt;. Si on entend par l&#224; qu'il n'y a aucune raison de ne pas proposer aux &#233;l&#232;ves des s&#233;ries litt&#233;raires de r&#233;fl&#233;chir sur les sciences, &#224; ceux des s&#233;ries scientifiques de s'interroger sur l'art et &#224; ceux des s&#233;ries technologiques de se poser des questions m&#233;taphysiques, tout le monde sera d'accord. Mais pr&#233;tendre que le programme d'une ann&#233;e de philosophie, quelle que soit la s&#233;rie et quel que soit l'horaire, doit avoir une vis&#233;e encyclop&#233;dique et &#234;tre aussi illimit&#233; dans son principe qu'ind&#233;termin&#233; dans son contenu puisque toute la philosophie en puissance doit y &#234;tre incluse, c'est une id&#233;e contestable et d&#233;sastreuse dans la pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est dans son principe solidaire d'une conception initiatique de l'enseignement : il faudrait faire op&#233;rer &#224; l'&#233;l&#232;ve une sorte de conversion intellectuelle par laquelle il acc&#233;derait en quelques mois &#224; une nouvelle mani&#232;re de consid&#233;rer toute chose et d'aborder tous les probl&#232;mes. C'est l&#224; simplement une doctrine p&#233;dagogique et nul n'a le droit de l'&#233;riger en norme unique. Mais surtout elle a, dans un cadre scolaire, des effets particuli&#232;rement n&#233;fastes : si toute la philosophie est au programme, rien n'est au programme et rien n'est exigible. Refuser ainsi d'indiquer &#224; l'&#233;l&#232;ve sur quoi il doit faire porter son effort, quels probl&#232;mes il doit comprendre, quelles connaissances ma&#238;triser et quelles comp&#233;tences acqu&#233;rir, ne lui permet pas de s'engager dans un v&#233;ritable travail de formation de soi. C'est l'entretenir dans l'id&#233;e qu'on est &#8220;dou&#233; pour la philo&#8221; ou pas et, &#224; l'examen, favoriser l'habile ignorant au d&#233;triment de celui qui a travaill&#233; et appris. En outre, &#224; refuser ainsi de d&#233;limiter et d'expliciter l'&#233;l&#233;mentaire, la discipline perd sa consistance et la philosophie se transforme peu &#224; peu en une &#8220;mati&#232;re d'&#233;veil&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que l'&#233;l&#233;mentaire, en philosophie, c'est ce qui est premier, ce dont tout d&#233;coule. Mais c'est confondre &lt;i&gt;deux sens du mot &#8220;&#233;l&#233;mentaire&#8221;&lt;/i&gt; : les &#233;l&#233;ments premiers d'un syst&#232;me &lt;i&gt;(philosophique)&lt;/i&gt; et les premiers pas d'une progression &lt;i&gt;(p&#233;dagogique)&lt;/i&gt;. La responsabilit&#233; collective des enseignants de philosophie est, comme dans n'importe quelle autre discipline, de discerner et de pr&#233;lever ce qui, dans les d&#233;marches, les probl&#232;mes, les concepts et les doctrines majeures de la tradition, peut &#234;tre formateur pour des &#233;l&#232;ves d&#233;butants qui, dans leur immense majorit&#233;, ne feront plus de philosophie ensuite. Refuser d'op&#233;rer une telle s&#233;lection, mettre d'un coup les &#233;l&#232;ves devant &#8220;toute la philosophie&#8221;, c'est en r&#233;alit&#233; d&#233;missionner. Bien entendu, ce choix n'est pas simple. Il ne peut se faire qu'&#224; partir de l'exp&#233;rience et de la r&#233;flexion de toute la profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fixer ainsi des exigences limit&#233;es et raisonnables, ce n'est ni renoncer ni baisser le niveau. Le pire est d'avoir des exigences d&#233;raisonnables qu'on est incapable de tenir et de faire respecter. Car on perd alors tout crit&#232;re pour juger des progr&#232;s ou des &#233;checs. C'est une des raisons des inextricables probl&#232;mes d'&#233;valuation rencontr&#233;s au baccalaur&#233;at. Mieux vaut moins, mais mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sixi&#232;me chantier : Articuler l'apprentissage philosophique et les savoirs.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se former &#224; la philosophie, c'est apprendre &#224; penser &#224; travers l'appropriation de connaissances philosophiques et non-philosophiques. On a us&#233; et abus&#233; de la formule de Kant selon laquelle &lt;i&gt;on ne peut apprendre la philosophie mais seulement &#224; philosopher&lt;/i&gt;. Certes, on veut souligner par l&#224; que l'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e ne saurait consister &#224; &#233;tudier pour elles-m&#234;mes des doctrines philosophiques, l'histoire de la philosophie ou celle des id&#233;es. Mais, sur ce principe, l'accord des professeurs de philosophie est unanime. En revanche, &#224; durcir souvent jusqu'&#224; la caricature les distinctions l&#233;gitimes entre penser et conna&#238;tre, entre la philosophie et les savoirs positifs ou entre le mouvement d'une pens&#233;e vivante et les id&#233;es des philosophes, on finit par s'interdire toute r&#233;flexion s&#233;rieuse sur la mani&#232;re de les articuler dans l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : si le cours de philosophie s'organise autour de probl&#232;mes, ceux-ci ne peuvent &#234;tre s&#233;rieusement abord&#233;s par les &#233;l&#232;ves qu'&#224; travers la connaissance des principales options philosophiques qu'ils ont engendr&#233;es et par la ma&#238;trise progressive des distinctions conceptuelles qui permettent de leur donner un sens. Ces options et ces distinctions n'ont rien de naturel ni de spontan&#233;. C'est dans l'histoire de la philosophie qu'elles ont &#233;t&#233; produites et c'est l&#224; seulement qu'on peut les rencontrer. On ne peut &#233;luder la question : qu'est-ce que des &#233;l&#232;ves d&#233;butants doivent savoir de l'histoire de la philosophie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : la philosophie s'est toujours nourrie de ce qui n'est pas elle et on ne saurait philosopher un tant soit peu sur les sciences, l'art ou la religion sans disposer d'&#233;l&#233;ments de connaissance solides et pr&#233;cis sur certains &#233;pisodes fondamentaux de l'histoire des sciences, sur certains courants artistiques et esth&#233;tiques, sur certains textes religieux. On ne peut &#233;luder la question : puisque ces connaissances indispensables ne sont pas fournies actuellement par le lyc&#233;e, quelle place l'enseignement de la philosophie doit-il leur donner s'il veut &#234;tre pertinent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : assimiler une id&#233;e de tel ou tel grand philosophe et l'exposer pour son propre compte, c'est une comp&#233;tence philosophique fondamentale. L'&#233;l&#232;ve qui a compris les arguments justifiant l'id&#233;e de &#8220;contrat social&#8221; ou celle d'&#8220;imp&#233;ratif cat&#233;gorique&#8221; et qui est capable de l'exposer intelligemment &lt;i&gt;pense&lt;/i&gt; tout autant que celui qui pose un probl&#232;me ou analyse un concept. On a fini par faire de la question de cours un &#233;pouvantail, comme s'il n'y avait pas de diff&#233;rence entre r&#233;citer des formules et s'approprier des id&#233;es. On ne peut &#233;luder la question : comment favoriser et valoriser ce travail par lequel l'&#233;l&#232;ve apprend &#224; int&#233;rioriser et &#224; faire siennes des id&#233;es qu'il n'a pas invent&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Septi&#232;me chantier : Articuler l'apprentissage philosophique et l'apprentissage de nouveaux usages de la langue.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se former &#224; la philosophie, c'est apprendre &#224; faire un usage philosophique de la langue orale et &#233;crite. Chacun sait que la plupart des &#233;l&#232;ves ont d'&#233;normes difficult&#233;s &#224; &#233;crire, ou &#224; articuler oralement, un discours un tant soit peu construit, suivi et coh&#233;rent. On impute un peu trop facilement ces difficult&#233;s &#224; un d&#233;faut de la pens&#233;e, ou &#224; ce qu'on a coutume d'appeler la &#8220; mauvaise ma&#238;trise de la langue &#8221;. Ce qui se passe est bien plut&#244;t d'abord que les &#233;l&#232;ves sont confront&#233;s pour la premi&#232;re fois &#224; cet usage particulier de la langue qui consiste &#224; r&#233;fl&#233;chir sur le sens des mots et des questions, sur le statut des propositions et la logique des discours, et &#224; faire de cette r&#233;flexion l'objet m&#234;me d'un discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est bien cet usage particulier de la langue qu'ils doivent apprendre. A cet &#233;gard, l'id&#233;e selon laquelle &lt;i&gt;&#8220; le mod&#232;le de la dissertation, c'est la le&#231;on du professeur &#8221;&lt;/i&gt; s'av&#232;re dramatiquement insuffisante, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle fait l'impasse sur cet apprentissage. Et pire encore est l'id&#233;e que &lt;i&gt;&#8220; pour faire une dissertation, il suffit de penser &#8221;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire de cet apprentissage un objet de r&#233;flexion, est-ce r&#233;duire la philosophie &#224; une &#8220; rh&#233;torique argumentative &#8221; ou au &#8220; d&#233;bat d'opinion &#8221; ? Cette objection fait resurgir la traditionnelle pr&#233;vention des philosophes &#224; l'&#233;gard de la rh&#233;torique, et cette pr&#233;vention n'est pas infond&#233;e : aucun de nous ne veut transformer ses &#233;l&#232;ves en apprentis sophistes qui mettraient en &#339;uvre de mani&#232;re m&#233;canique des artifices de langage. Mais nous n'en sommes pas l&#224;. Les &#233;l&#232;ves, dans leur grande majorit&#233;, sont tr&#232;s loin de courir le risque d'un exc&#232;s de rh&#233;torique. Le probl&#232;me est bien plut&#244;t qu'ils manquent g&#233;n&#233;ralement des outils de la rh&#233;torique la plus &#233;l&#233;mentaire, la plus n&#233;cessaire et la plus l&#233;gitime pour &#233;laborer et d&#233;velopper leur pens&#233;e. Par exemple, ils ne savent pas comment s'y prendre pour articuler un raisonnement et sa r&#233;futation, pour pr&#233;senter une objection et y r&#233;pondre, pour mener une analyse de notion ou de probl&#232;me ; ils ne savent ni comment &lt;i&gt;&#233;crire&lt;/i&gt; cela, ni comment le &lt;i&gt;lire&lt;/i&gt; dans un texte, ni non plus comment le &lt;i&gt;parler&lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;entendre&lt;/i&gt; dans une discussion orale. Tout cela, les professeurs ont &#224; le leur apprendre, &#224; leur en faire d&#233;couvrir les normes, &#224; leur en faire construire la comp&#233;tence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore la question ne peut &#234;tre &#233;lud&#233;e : comment conjuguer l'apprentissage de la pens&#233;e avec celui des outils langagiers et discursifs par lesquels cette pens&#233;e, non seulement s'exprime, mais plus encore s'&#233;labore, se forme, s'affermit et s'affine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Huiti&#232;me chantier : Enseigner la philosophie vivante.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apprendre &#224; philosopher, c'est &#234;tre confront&#233; &#224; la fois &#224; une tradition et &#224; la philosophie vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence d'un v&#233;ritable programme et le poids des sujets de baccalaur&#233;at sur une discipline qui n'existe qu'en ann&#233;e d'examen ont produit peu &#224; peu un r&#233;tr&#233;cissement des horizons de l'enseignement philosophique. Comme on ignore ce que traitent les coll&#232;gues, on fait ce qu'on croit qu'ils font (ce qui figure dans les manuels) et on se replie non seulement sur les auteurs canoniques, mais sur un tout petit nombre de textes et de doctrines qui ont acquis le statut de pont aux &#226;nes. Evidemment on a le droit d'&#234;tre original, mais c'est aux risques et p&#233;rils de l'&#233;l&#232;ve : m&#234;me si elle est m&#233;diocrement restitu&#233;e, le correcteur reconna&#238;tra toujours l'&lt;i&gt;All&#233;gorie de la caverne&lt;/i&gt; ; une id&#233;e de Vico, de Carnap, ou m&#234;me de Locke, risque de n'&#234;tre ni connue ni comprise et de s'attirer un point d'interrogation, quand ce n'est pas une grande rature en rouge. En une trentaine d'ann&#233;es, le programme de 1973 a &#233;t&#233; peu &#224; peu &#233;cr&#234;t&#233; de toutes ses innovations : les questions au choix ont &#224; peu pr&#232;s disparu ; on enseigne de moins en moins &#8220;la formation d'un concept scientifique&#8221; (peu utile au bac o&#249; les sujets de philosophie des sciences sont devenus de plus en plus g&#233;n&#233;raux) et &#8220;la constitution d'une science de l'homme&#8221; (le m&#233;pris des sciences humaines instill&#233; depuis 50 ans a fini par produire ses effets). L'enseignement de philosophie tend &#224; s'enfermer dans une &#8220;philosophie philosophante&#8221; et &#224; reprendre ind&#233;finiment quelques &#233;pisodes de l'histoire de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes de la 1&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle nous paraissent sans doute aujourd'hui poussi&#233;reux ; mais on y trouvait un &#233;cho des d&#233;bats philosophiques qui avaient alors cours en France ; les programmes des ann&#233;es 60-70 ont int&#233;gr&#233; la pr&#233;sence dans la pens&#233;e contemporaine de Marx, de Nietzsche, de Freud, de la tradition d'&#233;pist&#233;mologie et d'histoire des sciences fran&#231;aise. Mais aujourd'hui, la plupart des d&#233;bats contemporains particuli&#232;rement intenses en philosophie du langage, en philosophie de l'esprit ou en philosophie politique n'ont &#224; peu pr&#232;s aucune r&#233;sonance dans la philosophie telle qu'elle s'enseigne au lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que l'enseignement de la philosophie n'a pas &#224; suivre les modes et doit se tenir &#224; l'&#233;cart de l'actualit&#233;. Sans doute. Mais peut-on parler des rapports de l'&#226;me et du corps dans les &lt;i&gt;M&#233;ditations&lt;/i&gt; ou aborder le &lt;i&gt;Contrat social&lt;/i&gt; sans jamais se demander ce que Descartes et Rousseau ont &#224; nous dire aujourd'hui, par exemple au regard des questions soulev&#233;es par les penseurs cognitivistes ou contractualistes contemporains ? On ne peut entretenir une relation vivante avec les classiques que si on les lit en relation avec nos questions, qui sont pour une bonne part celles de la philosophie d'aujourd'hui. Les &#233;l&#232;ves lisent des journaux, des revues, regardent &#224; la t&#233;l&#233;vision des &#233;missions scientifiques ou des d&#233;bats d'id&#233;es ; et ils posent des questions. Le professeur de philosophie a sans doute &#224; leur parler de Platon, mais Platon ne saurait suffire &#224; leur curiosit&#233; ni leur donner tous les moyens de s'orienter dans la pens&#233;e d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discerner dans les travaux contemporains ce qui non seulement est important, mais ce qui peut &#234;tre formateur et utile aux &#233;l&#232;ves, ce devrait &#234;tre un souci collectif et permanent de notre profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Neuvi&#232;me chantier : Sortir l'enseignement de la philosophie de son enfermement en terminale.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie &#233;touffe en terminale ; l'avenir de l'enseignement de la philosophie passe par son extension en amont et en aval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des raisons purement historiques, l'enseignement de la philosophie occupe, dans l'institution scolaire fran&#231;aise, une position d'exception : install&#233; en classe terminale et dans cette seule ann&#233;e, assur&#233; par un enseignant qui restera &#224; jamais, dans la plupart des cas, l'unique professeur de philosophie rencontr&#233; par chacun dans sa vie, il est toujours con&#231;u, m&#234;me si on n'ose plus gu&#232;re employer cette expression, comme le &#8220; couronnement &#8221; des &#233;tudes secondaires. Or cette position est loin d'avoir les effets b&#233;n&#233;fiques qu'on lui suppose. Au lieu d'&#234;tre une ann&#233;e marquante et r&#233;ellement formatrice, elle est en r&#233;alit&#233; le plus souvent une parenth&#232;se dans le cursus des &#233;l&#232;ves, parenth&#232;se aussi vite referm&#233;e qu'elle a &#233;t&#233; ouverte : on se souvient d'un professeur charismatique et du sujet tomb&#233; au bac, mais il ne reste le plus souvent de la terminale ni culture ni savoir-faire philosophiques effectifs. Les professeurs de philosophie du sup&#233;rieur le savent bien, et ils ne pr&#233;supposent souvent aucun acquis d&#233;termin&#233; chez leurs &#233;tudiants de classes pr&#233;paratoires ou d'Universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'enseignement de la philosophie souffre de son confinement dans la classe de terminale. Il ne peut y avoir de vraie formation &#224; la philosophie si on ne reconna&#238;t pas que, comme toutes les autres disciplines, son apprentissage demande du temps et doit &#234;tre conduit selon une progression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir de l'enseignement de la philosophie passe par son extension en dehors de la terminale. &lt;i&gt;Extension en amont&lt;/i&gt; d'abord, c'est-&#224;-dire au moins &#224; partir de la classe de premi&#232;re : les &#233;l&#232;ves le demandent fr&#233;quemment, ce qui traduit l'inad&#233;quation du mod&#232;le actuel d'une &#8220; &#233;closion soudaine &#8221; et le besoin qu'ils ressentent d'avoir du temps devant eux pour se former efficacement. &lt;i&gt;Extension en aval&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire dans toutes les branches des &#233;tudes sup&#233;rieures : l'enseignement en terminale prendrait ainsi un sens nouveau en devenant la base d'une formation qui se continuerait de mani&#232;re diversifi&#233;e selon les &#233;tudes poursuivies. Concevoir et mettre en &#339;uvre les modalit&#233;s de cette extension est sans doute l'un des chantiers les plus ambitieux et les plus neufs pour l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dixi&#232;me chantier : Remodeler la formation initiale et continue des professeurs de philosophie &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les conditions et les modalit&#233;s de la formation des enseignants de philosophie n'apparaissent plus aujourd'hui satisfaisantes. On ne peut ici qu'indiquer quelques n&#339;uds de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cursus universitaires, de la 1&#232;re ann&#233;e de Licence au Master, sont rarement coh&#233;rents. Les &#233;tudiants se voient proposer chaque ann&#233;e des contenus d'enseignement souvent disparates qu'ils ont beaucoup de mal &#224; relier entre eux et &#224; faire tenir ensemble. Au bout de 4 ans, il n'est pas rare qu'ils n'aient jamais eu de cours sur des auteurs, des th&#232;mes ou des courants de pens&#233;e fondamentaux. C'est tout autant le cas pour les &#233;tudiants pass&#233;s par les classes pr&#233;paratoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;paration aux concours est de fait surtout assur&#233;e par les kh&#226;gnes, seul lieu o&#249; les &#233;tudiants sont r&#233;guli&#232;rement entra&#238;n&#233;s &#224; la dissertation et &#224; la le&#231;on qui sont actuellement la base des &#233;preuves de concours. L'Universit&#233; n'a pas autant de moyens de le faire. Il y a l&#224; une in&#233;galit&#233; grave et un dysfonctionnement majeur (qui n'est certes pas propre &#224; la philosophie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les concours, et tout particuli&#232;rement l'agr&#233;gation, sont con&#231;us et v&#233;cus comme des &#8220;brevets d'excellence philosophique&#8221; et des moyens de continuer d'&#8220;&#234;tre philosophe&#8221; plut&#244;t que comme la voie d'entr&#233;e dans le m&#233;tier de professeur de philosophie. Les &#233;preuves privil&#233;gient simultan&#233;ment la possession de connaissances tr&#232;s pr&#233;cises, voire pointues, d'histoire de la philosophie (auteurs de l'&#233;crit &#224; l'agr&#233;gation) et la capacit&#233; in&#233;vitablement rh&#233;torique &#224; traiter de toute question possible (oral d'agr&#233;gation). Passer une ann&#233;e enti&#232;re &#224; &#233;tudier des auteurs comme Fichte ou Plotin (qui ne figurent pas au programme de terminale) et se voir proposer &#224; l'oral de l'agr&#233;gation des sujets comme &#8220;L'insouciance&#8221; ou &#8220;Qu'est-ce qu'un paysage ?&#8221;, est-ce vraiment la meilleure mani&#232;re de se pr&#233;parer &#224; enseigner la philosophie ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les jeunes enseignants sont pour la plupart d&#233;&#231;us de l'ann&#233;e qu'ils passent &#224; la fois en stage et en INSPE. Manifestement, la confrontation de l'exp&#233;rience qu'ils font dans leur classe avec l'indispensable r&#233;flexion p&#233;dagogique et didactique ne se fait pas, ou tr&#232;s mal, ou trop peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me la formation continue des enseignants de philosophie est presque exclusivement &#233;rudite et ne fait pour ainsi dire aucune place &#224; l'&#233;change sur les pratiques, &#224; la r&#233;flexion sur les obstacles p&#233;dagogiques et &#224; la mise en circulation des innovations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans une connaissance s&#233;rieuse et non mythologique de la tradition de l'enseignement philosophique, il est difficile de la faire vivre et &#233;voluer, et de nourrir utilement le d&#233;bat entre professeurs de philosophie. Il para&#238;t n&#233;cessaire d'int&#233;grer &#224; la formation des nouveaux professeurs un enseignement de l'histoire de la discipline, en France et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; un ensemble de probl&#232;mes s&#233;rieux et d&#233;licats qu'on ne saurait traiter en quelques lignes ni r&#233;soudre par quelques mesures rapides. C'est un chantier de longue haleine qui suppose une analyse lucide, approfondie et non manich&#233;enne de la situation et qui conduira sans doute &#224; un certain nombre de remises en cause. Il est l'affaire de toute la profession : professeurs de terminale et de classes pr&#233;paratoires, universitaires et formateurs d'INSPE, inspecteurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des Q.C.M en philosophie ?</title>
		<link>https://www.acireph.org/les-pratiques/echanges-de-pratiques/article/des-q-c-m-en-philosophie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/les-pratiques/echanges-de-pratiques/article/des-q-c-m-en-philosophie</guid>
		<dc:date>2019-11-22T18:32:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Admin</dc:creator>


		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Explication de texte</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>Connaissances</dc:subject>
		<dc:subject>Raisonnement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Compte-rendu de l'atelier anim&#233; sur ce sujet lors des JE 2019 de l'acireph, en tenant compte des pr&#233;cieuses contributions des participants, que je remercie encore. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous parlons naturellement des Questionnaires &#224; Choix Multiples (QCM). &lt;br class='autobr' /&gt;
Commen&#231;ons par quelques objections courantes : &#171; Les QCM ne font pas r&#233;fl&#233;chir &#187; ; &#171; les QCM ne demandent pas de r&#233;daction &#187; ; &#171; en philosophie, aucune r&#233;ponse n'est vraie ou fausse, tout est discutable. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les QCM ne font pas r&#233;fl&#233;chir &#187;. C'est faux. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/les-pratiques/echanges-de-pratiques/" rel="directory"&gt;&#201;changes de pratiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/activites" rel="tag"&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/explication-de-texte" rel="tag"&gt;Explication de texte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/connaissances" rel="tag"&gt;Connaissances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/raisonnement" rel="tag"&gt;Raisonnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acireph.org/IMG/logo/arton194.png?1707424856' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='54' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Compte-rendu de l'atelier anim&#233; sur ce sujet lors des JE 2019 de l'acireph, en tenant compte des pr&#233;cieuses contributions des participants, que je remercie encore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous parlons naturellement des Questionnaires &#224; Choix Multiples (QCM).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par quelques objections courantes :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; Les QCM ne font pas r&#233;fl&#233;chir &#187; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; les QCM ne demandent pas de r&#233;daction &#187; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; en philosophie, aucune r&#233;ponse n'est vraie ou fausse, tout est discutable. &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les QCM ne font pas r&#233;fl&#233;chir &#187;&lt;/strong&gt;. C'est faux. Il serait certes possible de construire des QCM qui ne demandent qu'un simple rappel de connaissances, mais il est possible aussi d'en construire qui exigent de la d&#233;duction et de la finesse. Ainsi, par exemple, une des questions du concours Kangourou, un concours scolaire de math&#233;matiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://www.mathkang.org/default.html&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tomb&#233;e en 1997 pour les coll&#232;ges :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Cinq personnes sont assises autour d'une table ronde. Chacune affirme &#224; son tour : &#171; Mes deux voisins, de droite et de gauche, sont des menteurs &#187;. On sait que les menteurs mentent toujours et que quelqu'un qui n'est pas menteur dit toujours la v&#233;rit&#233;. De plus tout le monde conna&#238;t la v&#233;rit&#233; en ce qui concerne ses deux voisins. Combien y a-t-il de menteurs &#224; cette table ?&lt;br class='autobr' /&gt;
A) 2 B) 3 C) 4 D) 5 E) On ne peut pas le savoir&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Nous verrons que, &lt;i&gt;mutatis mutandis&lt;/i&gt;, de telles questions sont envisageables en philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; les QCM ne demandent pas de r&#233;daction &#187;&lt;/strong&gt;. C'est &#233;videmment vrai. Reste &#224; savoir &#224; quel point c'est une objection. Devons-nous admettre qu'il n'est pas d'activit&#233; philosophique sans r&#233;daction ? Si oui, les QCM ne peuvent avoir qu'un r&#244;le auxiliaire en philosophie. Ce n'est pas une raison pour en bannir l'utilisation. Par ailleurs, il est peut-&#234;tre regrettable que la r&#233;ussite en philosophie repose en si grande partie sur l'habilet&#233; &#224; r&#233;diger. La r&#233;daction se pr&#234;te aussi au bavardage st&#233;rile comme &#224; la simple restitution non r&#233;fl&#233;chie de connaissances, nous le savons bien. Tout en reconnaissant que la r&#233;daction est une dimension essentielle de l'activit&#233; philosophique, nous pouvons admettre que d'autres exercices et donc d'autres comp&#233;tences puissent y trouver leur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; En philosophie, aucune r&#233;ponse n'est vraie ou fausse, tout est discutable &#187;&lt;/strong&gt; Cette 3&#232;me objection est discutable, comme elle l'indique elle-m&#234;me. Tout d&#233;pend des questions. Par ex, est-il coh&#233;rent avec la philosophie morale de Kant, d'autoriser le mensonge s'il peut am&#233;liorer le bonheur de la majorit&#233; ? Non. Il existe un certain consensus des sp&#233;cialistes de cet auteur pour affirmer que non, et c'est ce consensus qui est enseign&#233; &#224; l'universit&#233;. Il est donc possible de proposer des r&#233;ponses vraies et fausses sur ce genre de question. Passons maintenant aux questions discutables. J'utilise beaucoup les QCM pour l'analyse d'extraits de texte, en proposant diff&#233;rentes phrases plus ou moins coh&#233;rentes avec le texte. M&#234;me dans le cas o&#249; au moins deux phrases (donc deux choix possibles) seraient admissibles, le simple fait, pour l'&#233;l&#232;ve, de devoir choisir entre elles, &#233;ventuellement en discutant ses hypoth&#232;ses de lecture avec un.e camarade, constitue d&#233;j&#224; un exercice passionnant et tr&#232;s formateur. La discussion peut ensuite &#234;tre men&#233;e collectivement en justifiant les choix pr&#233;f&#233;rables et en expliquant les contresens &#233;ventuels. Nul besoin d'affirmer qu'une seule r&#233;ponse est correcte et les autres fausses. Il suffit d'indiquer une classement des phrases selon leur coh&#233;rence avec le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les avantages g&#233;n&#233;raux des QCM&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Comme les QCM sont rapides &#224; corriger, surtout en version num&#233;rique (voir en fin d'article pour quelques outils&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;j'utilise plickers, qui permet de r&#233;aliser des QCM en classe en scannant des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), on peut en donner beaucoup et proposer rapidement les bonnes r&#233;ponses. Or on sait&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est une des lois les mieux v&#233;rifi&#233;es de la litt&#233;rature scientifique sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que les tests sont un moyen tr&#232;s efficace d'apprendre, surtout s'ils sont corrig&#233;s rapidement.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La n&#233;cessit&#233; de distinguer et de choisir entre plusieurs propositions souvent proches est susceptible de d&#233;velopper l'esprit de finesse.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'&#233;valuation d'un QCM, lorsqu'elle est pertinente (ce n'est pas toujours le cas), n'est pas aussi subjective que l'&#233;valuation d'un texte &#233;crit.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dans certaines conditions, les QCM suscitent une implication extraordinaire des &#233;l&#232;ves. Il arrive de voir des &#233;l&#232;ves, qui semblaient auparavant peu int&#233;ress&#233;s, se passionner pour la d&#233;fense de &#171; leur &#187; r&#233;ponse &#224; un QCM. &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les limites g&#233;n&#233;rales et les points &#224; surveiller&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En philosophie, il me semble rarement pertinent d'utiliser les QCM comme simple outil d'&#233;valuation. Dans tous les cas, il faut commencer par des questions tr&#232;s faciles pour que les &#233;l&#232;ves soient mis en confiance. Les QCM peuvent effrayer certains &#233;l&#232;ves habitu&#233;s &#224; t&#226;tonner dans leurs &#233;crits. Les r&#233;sultats &#224; un QCM suscitent une impression de v&#233;rit&#233; qui rendent les &#233;checs encore plus difficiles &#224; accepter. Il est important d'indiquer les mauvaises r&#233;ponses, quand il y en a, rapidement, afin d'&#233;viter de les ancrer en m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction d'un QCM est une t&#226;che difficile pour laquelle l'exp&#233;rience est indispensable. Il faut tester les questions &#224; plusieurs reprises pour d&#233;tecter celles qui sont ambigu&#235;s ou qui pr&#234;tent &#224; confusion, et bien choisir les &#171; distracteurs &#187; (mauvaises r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une premi&#232;re utilisation des QCM en philosophie : l'analyse d'extraits de textes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un premier exemple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique, on peut donner un tel QCM apr&#232;s la d&#233;couverte du texte par les &#233;l&#232;ves, texte cach&#233; si l'on veut solliciter en plus la m&#233;moire. Cela permettrait de pr&#233;parer une explication de texte. Mais donner les questions &lt;i&gt;apr&#232;s&lt;/i&gt; la r&#233;daction d'une explication peut aussi &#234;tre int&#233;ressant pourvu que les &#233;l&#232;ves aient la possibilit&#233; de revenir sur leur travail.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
On pose la question de savoir si l'homme est par nature moralement bon ou mauvais. Il n'est ni l'un ni l'autre, car l'homme par nature n'est pas du tout un &#234;tre moral, il ne devient un &#234;tre moral que lorsque sa raison s'&#233;l&#232;ve jusqu'aux concepts du devoir et de la loi. On peut cependant dire qu'il contient en lui-m&#234;me &#224; l'origine des impulsions menant &#224; tous les vices, car il poss&#232;de des penchants et des instincts qui le poussent d'un c&#244;t&#233;, bien que la raison le pousse du c&#244;t&#233; oppos&#233;. (...)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Kant, &lt;i&gt;Trait&#233; de P&#233;dagogie&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Question possible : Une des phrases suivantes est en accord avec le texte. Laquelle ?&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'Homme par nature est moralement mauvais.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'Homme par nature est moralement bon.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'Homme par nature n'est pas moralement mauvais.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'Homme par nature ne poss&#232;de pas la Raison.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;La discussion avec la classe fera voir que :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; il n'est ni l'un ni l'autre &#187; &#233;limine les choix 1 et 2.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le choix 1 est souvent fait, et correspond &#224; un contresens fr&#233;quent dans les explications de textes, qui s'explique par une lecture h&#226;tive du texte.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les 2 occurrences du mot &lt;i&gt;raison&lt;/i&gt; indiquent que la raison est bien pr&#233;sente d&#232;s l'origine donc vraisemblablement dans l'Homme par nature. Mais la discussion soulignera que cette raison a besoin de &#171; s'&#233;lever &#187;, ce qui constituera un sujet de r&#233;flexion pour l'explication de texte.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le choix 3 est correct, mais on aurait pu y remplacer &#171; mauvais &#187; par &#171; bon &#187;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cet exemple montre une mani&#232;re simple de construire les questions : il faut proposer des contresens possibles, et mettre en relation des expressions diff&#233;rentes du texte (ici : &#171; par nature &#187; et &#171; &#224; l'origine &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un deuxi&#232;me exemple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Voici en quoi nous diff&#233;rons des M&#233;gariques : notre sage est invincible &#224; toutes les disgr&#226;ces, mais il n'y est pas insensible, le leur ne les sent m&#234;me pas. Le point commun entre eux et nous, c'est que le sage se suffit : toutefois il d&#233;sire en outre les douceurs de l'amiti&#233;, du voisinage, du m&#234;me toit, bien qu'il trouve en soi assez de ressources. Il se suffit si bien &#224; lui-m&#234;me, que souvent une partie de lui-m&#234;me lui suffit, s'il perd une main par la maladie on sous le fer de l'ennemi. Qu'un accident le prive d'un &#339;il, il est satisfait de ce qui lui reste : mutilez, retranchez ses membres, il demeurera aussi serein que quand il les avait intacts. Les choses qui lui manquent, il ne les regrette pas ; mais il pr&#233;f&#232;re n'en pas &#234;tre priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;S&#233;n&#232;que &lt;i&gt;Lettre IX &#224; Lucilius&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sage que d&#233;crit S&#233;n&#232;que (&#171; notre sage &#187;) regretterait-t-il la perte d'un ami ?&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; oui, car il &#171; il d&#233;sire (...) les douceurs de l'amiti&#233; &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; oui, car il a besoin des &#171; douceurs de l'amiti&#233; &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; non, car il est &#171; insensible &#187; &#171; &#224; toutes les disgr&#226;ces &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; non, car &#171; les choses qui lui manquent, il ne les regrette pas &#187;.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Dans cette question, la difficult&#233; me semble &#234;tre de g&#233;n&#233;raliser l'exemple des membres mutil&#233;s &#224; tout ce qui peut manquer au sage, y compris les amis, alors que le terme &#171; choses &#187; peut sembler exclure les personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le QCM est construit en croisant une proposition et ses justifications possibles. Il permet de souligner aupr&#232;s des &#233;l&#232;ves qu'en philosophie, les raisons pour lesquelles on soutient une proposition sont parfois aussi importantes que la proposition elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un 3&#232; exemple : lecture de texte, ou contr&#244;le de connaissances&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces questions suivraient la lecture des &lt;i&gt;M&#233;ditations M&#233;taphysiques&lt;/i&gt; 1 et 2 de Descartes. Elle pourraient aussi arriver apr&#232;s un cours sur ce m&#234;me texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question 1 Dans ce texte, Descartes raconte qu'il avait d&#233;cid&#233; de douter de tout car :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; il pensait que la v&#233;rit&#233; n'existait pas ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; il voulait &#233;viter l'erreur ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; il &#233;tait certain qu'il &#233;tait en train de r&#234;ver ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; il &#233;tait devenu fou&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Question 2 M&#234;me s'il doute de tout, Descartes reconna&#238;t que :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; forc&#233;ment il est un &#234;tre humain&lt;/li&gt;&lt;li&gt; forc&#233;ment il a un corps qui existe&lt;/li&gt;&lt;li&gt; forc&#233;ment il pense&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les QCM comme contr&#244;le de connaissances&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples pr&#233;c&#233;dents peuvent &#234;tre convertis en contr&#244;le de connaissances, par exemple, la s&#233;ance suivante, ou m&#234;me pendant une s&#233;ance, pour r&#233;activer les notions &#233;tudi&#233;es auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple simple peut &#234;tre celui-ci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question : dans la phrase : &#171; J'ai envie d'aller me promener, donc je veux trouver mes baskets &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;trouver mes baskets&lt;/i&gt; est une fin subordonn&#233;e et &lt;i&gt;aller me promener&lt;/i&gt; est une fin souveraine&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;aller me promener&lt;/i&gt; est une fin subordonn&#233;e et &lt;i&gt;trouver mes baskets&lt;/i&gt; est une fin souveraine&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Certains des &lt;i&gt;rep&#232;res&lt;/i&gt; du programme de 2003 se pr&#234;tent assez bien &#224; de pareilles questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions peuvent porter sur des sujets qui ne sont pas directement philosophiques, comme la logique. Par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question : le raisonnement suivant est-il valide ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Tout nombre divisible par 4 est divisible par 2&lt;br class='autobr' /&gt;
Or 13 n'est pas divisible par 4&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
Donc 13 n'est pas divisible par 2
&lt;/blockquote&gt;&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Oui&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Non&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et apr&#232;s ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'atelier se terminait par la r&#233;daction de questions possibles sur ce texte extrait du &lt;i&gt;Trait&#233; Th&#233;ologico-Politique&lt;/i&gt; de Spinoza :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
On pense que l'esclave est celui qui agit par commandement et l'homme libre celui qui agit selon son bon plaisir. Cela cependant n'est pas absolument vrai, car en r&#233;alit&#233; &#234;tre captif de son plaisir et incapable de rien voir ni faire qui nous soit vraiment utile, c'est le pire esclavage, et la libert&#233; n'est qu'&#224; celui qui de son entier consentement vit sous la seule conduite de la raison. Quant &#224; l'action par commandement, c'est- &#224;-dire &#224; l'ob&#233;issance, elle &#244;te bien en quelque mani&#232;re la libert&#233;, elle ne fait cependant pas sur-le-champ un esclave, c'est la raison d&#233;terminante de l'action qui le fait. Si la -n de l'action n'est pas l'utilit&#233; de l'agent lui-m&#234;me, mais de celui qui la commande, alors l'agent est un esclave, inutile &#224; lui-m&#234;me (. . . ). De m&#234;me les enfants, bien qu'ils soient oblig&#233;s d'ob&#233;ir &#224; tous les ordres de leurs parents, ne sont pas tenus pour esclaves, parce que les ordres des parents ont surtout pour but l'int&#233;r&#234;t des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re avoir convaincu le lecteur que les QCM ne m&#233;ritent pas le m&#233;pris dans lequel certains esprits, par manque d'imagination, les tiennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Meyer, avec le concours des participants aux JE 2019 de l'acireph.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mathkang.org/default.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.mathkang.org/default.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;j'utilise &lt;a href=&#034;https://www.plickers.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;plickers&lt;/a&gt;, qui permet de r&#233;aliser des QCM en classe en scannant des cartes-r&#233;ponses, mais il existe une multitude d'autres syst&#232;mes&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est une des lois les mieux v&#233;rifi&#233;es de la litt&#233;rature scientifique sur l'apprentissage : voir par ex Roediger &amp; Karpicke, 2006 &lt;i&gt;Test-Enhanced Learning Taking Memory Tests Improves Long-Term Retention&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;sultats de l'enqu&#234;te ACIREPh-SNES sur l'enseignement de la philosophie</title>
		<link>https://www.acireph.org/l-acireph/article/resultats-de-l-enquete-acireph-snes-sur-l-enseignement-de-la-philosophie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/l-acireph/article/resultats-de-l-enquete-acireph-snes-sur-l-enseignement-de-la-philosophie</guid>
		<dc:date>2016-01-22T18:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>Sujets</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;sultats de l'enqu&#234;te men&#233;e de juin &#224; octobre 2015 par l'ACIREPh et le groupe Philosophie du SNES pour dresser un &#233;tat des lieux de l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acireph.org/l-acireph/" rel="directory"&gt;L'ACIREPh&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/activites" rel="tag"&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/notions" rel="tag"&gt;Notions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/sujets" rel="tag"&gt;Sujets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/avenir-de-la-philosophie" rel="tag"&gt;Avenir de la philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_13 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;113&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acireph.org/IMG/png/nuagelexicalq22.png?1707424854' width='500' height='319' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Question 22 : quelles autres raisons que les horaires expliquent selon vous les difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves au bac ?
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;**********************************************************************&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette enqu&#234;te a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e par Internet, du 21 juin &#224; la mi-octobre 2015. Elle fut propos&#233;e conjointement par l'Acireph et le Snes et communiqu&#233;e sur nos listes de diffusion respectives, ainsi que sur le groupe Facebook &#171; Enseigner la philosophie &#187;. Elle a &#233;galement &#233;t&#233; transmise par le biais du dernier envoi r&#233;alis&#233; par l'Acireph dans tous les lyc&#233;es publics et priv&#233;s de France. Le questionnaire comportait &#224; la fois des questions ferm&#233;es et des questions ouvertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus de 400 coll&#232;gues&lt;/strong&gt; (420) enseignant la philosophie ont r&#233;pondu &#224; cette enqu&#234;te. 420 r&#233;ponses, sur 4000 professeurs de philosophie, cela peut para&#238;tre peu repr&#233;sentatif. Pourtant ce pourcentage doit &#234;tre rapport&#233; &#224; l'isolement traditionnel des professeurs de philosophie, &#224; leur faible taux d'engagement syndical ou dans les associations professionnelles, ainsi qu'&#224; l'in&#233;vitable suspicion de partialit&#233; politique ou p&#233;dagogique que pouvait susciter un questionnaire &#233;labor&#233; par un syndicat et une association professionnelle. Reste qu'il s'agit de &lt;strong&gt;la plus vaste consultation des professeurs de philosophie depuis l'entr&#233;e en vigueur des derniers programmes&lt;/strong&gt; (2003 pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales, 2005 pour les technologiques). La derni&#232;re consultation avait &#233;t&#233; organis&#233;e en 2000 dans un contexte mouvement&#233;, par l'Inspection g&#233;n&#233;rale.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On trouvera un r&#233;cit &#233;difiant de cet &#233;pisode dans notre histoire critique de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Chapitre I : le m&#233;tier&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Caract&#233;ristiques des participants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur la composition de l'&#233;chantillon des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu, il faut souligner qu'une majorit&#233; d'entre eux est &lt;strong&gt;jeune &lt;/strong&gt; : 55 % enseignent la philosophie depuis moins de 15 ans. C'est un biais en termes de repr&#233;sentativit&#233;, puisque la pyramide des &#226;ges des professeurs de philosophie montre toujours une nette majorit&#233; de coll&#232;gues n&#233;s avant 1975 (voir le rapport &#171; Poirier &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#201;tat de l'enseignement de la philosophie en 2007-2008 &#187;, rapport de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Mais d'un autre c&#244;t&#233;, on peut voir ce biais positivement : il semble que les coll&#232;gues les plus fra&#238;chement arriv&#233;s dans le m&#233;tier s'expriment en faveur de certaines transformations importantes de leur enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours sur le profil des participants, une &#233;crasante majorit&#233; d'entre eux enseigne dans le public (87 %). Les acad&#233;mies les mieux repr&#233;sent&#233;es sont, par ordre d&#233;croissant : Versailles, Cr&#233;teil, Grenoble, Lille, Nantes, Amiens, Lyon, Paris, Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les effectifs en classe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;63 %&lt;/strong&gt; des enseignants ayant r&#233;pondu ont &lt;strong&gt;plus de 100 &#233;l&#232;ves en charge&lt;/strong&gt; pendant l'ann&#233;e scolaire, et &lt;strong&gt;30 % plus de 130 &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt;. On ne peut pas attendre une formation d'une qualit&#233; &#233;gale lorsqu'on a plus de 150 &#233;l&#232;ves (15 % des r&#233;ponses) ou bien lorsqu'on en a moins de 80 (15 % &#233;galement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos coll&#232;gues ont r&#233;pondu que les effectifs trop lourds avaient pour cons&#233;quences :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une &#233;nergie &#224; faire cours et une qualit&#233; d'&#233;coute des &#233;l&#232;ves en baisse (85 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des travaux demand&#233;s aux &#233;l&#232;ves moins nombreux (75 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une moindre qualit&#233; des corrections (45 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les d&#233;doublements, la quasi-totalit&#233; des enseignants (93 %) estime que les heures &#224; effectifs d&#233;doubl&#233;s sont n&#233;cessaires. Pourtant, les cons&#233;quences de la derni&#232;re r&#233;forme du lyc&#233;e se font sentir : en &lt;strong&gt;s&#233;ries technologiques, 69 % des coll&#232;gues n'ont aucune heure d&#233;doubl&#233;e&lt;/strong&gt;. En s&#233;rie S, 83 % n'ont aucune heure d&#233;doubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on se demande sous quelle forme ont lieu les heures d&#233;doubl&#233;es : c'est l'EMC, ex-ECJS, et l'AP, qui permettent &#224; une nette majorit&#233; de professeurs de philosophie (environ 70 %) de pouvoir enseigner en classe d&#233;doubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Acireph s'est plusieurs fois exprim&#233;e dans le sens d'un maintien ou d'un r&#233;tablissement des d&#233;doublements et continuera &#224; le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche l'EMC ne semble pas sp&#233;cialement pris en charge par les professeurs de philosophie. Ainsi seulement 22 % des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu sont concern&#233;s par l'EMC &#224; la rentr&#233;e 2015, contre 37 % qui ne le sont pas et 41 % qui ne le savaient pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les causes des difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question 17 &#233;tait la suivante : &#171; Quelles sont selon vous les principales raisons des difficult&#233;s rencontr&#233;es par nos &#233;l&#232;ves ? &#187; Chacune des raisons propos&#233;es devait &#234;tre estim&#233;e avoir un r&#244;le tr&#232;s important, important, moins important ou n&#233;gligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les coll&#232;gues ayant r&#233;pondu, &lt;strong&gt;les principales raisons des difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves en philosophie, class&#233;es par ordre d'importance (r&#244;le jug&#233; &#171; important &#187; ou &#171; tr&#232;s important &#187;), sont les suivantes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) La ma&#238;trise de la langue (91 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Les effectifs (85 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Les acquis scolaires (culturels, m&#233;thodologiques) des &#233;l&#232;ves inadapt&#233;s (81 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) L'absence de d&#233;doublement (77 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 ex aequo) Les &#233;preuves du bac et l'absence de philo avant la terminale (60 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) le programme (52 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces raisons, certaines font partie de choses qui ne d&#233;pendent absolument pas de nous, professeurs de philosophie, ni individuellement, ni collectivement. Pour d'autres, on peut discuter de notre pouvoir, ou des cons&#233;quences qu'il nous faudrait en tirer pour ajuster notre enseignement &#224; l'&#233;tat r&#233;el dans lequel nous arrivent nos &#233;l&#232;ves, pour rendre la philosophie au lyc&#233;e plus formatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait consid&#233;rer que &lt;strong&gt;la ma&#238;trise de la langue&lt;/strong&gt; d'une part, &lt;strong&gt;les acquis scolaires des &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt; d'autre part, &#233;chappent assez largement au pouvoir des professeurs de philosophie. Bien s&#251;r, nous pouvons le d&#233;plorer. Ce serait une mani&#232;re de reconna&#238;tre qu'en effet notre enseignement ne tient pas ses promesses mais que ce n'est pas de sa faute et que nous n'y pouvons rien &#224; notre niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, on pourrait aussi croiser ce r&#233;sultat avec la question de &lt;strong&gt;la &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;philosophie avant la terminale&lt;/strong&gt; : son absence est jug&#233;e importante ou tr&#232;s importante pour expliquer les difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves par 60 % des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu. S'il faut am&#233;liorer la formation des &#233;l&#232;ves du double point de vue de leur ma&#238;trise linguistique et de leurs acquis m&#233;thodologiques ou culturels, est-ce qu'il n'y aurait pas une solution &#224; chercher dans un v&#233;ritable cursus de philosophie au lyc&#233;e, de la seconde &#224; la terminale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait alors imaginer un vrai travail de la profession, de l'Inspection ou du Conseil Sup&#233;rieur des Programmes visant &#224; &#233;tablir clairement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quels sont les savoir-faire linguistiques &#224; ma&#238;triser pour pouvoir mener un raisonnement philosophiquement solide ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quels sont les acquis culturels et m&#233;thodologiques fondamentaux qui devraient &#234;tre enseign&#233;s avant la Terminale pour permettre &#224; l'ann&#233;e du bac d'&#234;tre philosophiquement formatrice pour les &#233;l&#232;ves ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Acireph se bat depuis sa cr&#233;ation pour 3 changements d&#233;cisifs dans l'enseignement de la philosophie : une transformation des programmes, une transformation des &#233;preuves du bac, et l'introduction de la philosophie avant (et apr&#232;s) la terminale. Or &lt;strong&gt;une tr&#232;s nette majorit&#233; des coll&#232;gues (60 %) trouvent que l'absence de philosophie avant la terminale et les &#233;preuves du bac ont un r&#244;le important ou tr&#232;s important pour expliquer les difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question 18 &#233;tait une question ouverte, qui demandait si &lt;strong&gt;d'autres raisons&lt;/strong&gt; expliquent les difficult&#233;s rencontr&#233;es par les &#233;l&#232;ves. Sur les 420 personnes qui ont r&#233;pondu au questionnaire, 93 ont ajout&#233; quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de r&#233;ponses reprennent finalement des &#233;l&#233;ments cit&#233;s dans la question 17, ce qui t&#233;moigne sans doute de l'importance accord&#233;e &#224; ces &#233;l&#233;ments : les lacunes des &#233;l&#232;ves (20 r&#233;ponses), l'inadaptation des programmes par rapport aux volumes horaires (16 r&#233;ponses), l'inadaptation des &#233;preuves (15 r&#233;ponses). Cependant, deux autres raisons cit&#233;es m&#233;ritent d'&#234;tre mentionn&#233;es : la d&#233;valorisation de l'&#233;cole, de la culture, de la philosophie (13 r&#233;ponses) ; les coefficients trop faibles de la philosophie dans certaines s&#233;ries (5 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre II : les programmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la question 12 &#171; Avez-vous une mani&#232;re diff&#233;rente de faire cours en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et en s&#233;ries technologiques ? &#187; (plusieurs r&#233;ponses possibles), 72 % des coll&#232;gues r&#233;pondent &#171; oui, dans les contenus des cours (supports, textes) &#187; et 66 % &#171; oui, dans la nature des travaux exig&#233;s &#187;. Il y a probablement l&#224; quelque chose de s&#233;rieux &#224; penser : car les programmes et les &#233;preuves du bac sont, de leur c&#244;t&#233;, rigoureusement de m&#234;me nature en s&#233;ries technologiques qu'en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales (&#224; la nuance pr&#232;s des 3 questions pour l'explication de texte). Nous trouvons bien, d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre, une liste de notions, une liste de rep&#232;res, une liste d'auteurs &#8211; et la dissertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur &lt;strong&gt;appr&#233;ciation des programmes&lt;/strong&gt; (Q.15), les participants au questionnaire se montrent tr&#232;s majoritairement, voire &lt;strong&gt;massivement &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;insatisfaits du statu quo&lt;/strong&gt;. En s&#233;rie ES, 75 % des r&#233;ponses d&#233;clarent le programme &#171; trop lourd &#187; et/ou &#171; trop ind&#233;termin&#233; &#187;. Cette proportion atteint 81 % pour la s&#233;rie S et 60 % pour les s&#233;ries technologiques. Seule une courte majorit&#233; trouve les programmes &#171; bien en l'&#233;tat &#187; en s&#233;rie L (54 %) ; pour les autres s&#233;ries, ils sont seulement 25 % en ES, 19 % en S et presque 40 % en s&#233;ries technologiques &#224; exprimer cet avis. Par ailleurs, 77 % des coll&#232;gues d&#233;clarent souhaiter un &#171; dialogue collectif de la profession &#187; sur la question des programmes (Q.36).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il s'agit de proposer des &lt;strong&gt;transformations des programmes actuels&lt;/strong&gt;, l'interpr&#233;tation est rendue difficile par la formulation des r&#233;ponses possibles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une premi&#232;re chose est claire : c'&lt;strong&gt;est le &#171; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;moins de notions&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &#187; qui l'emporte largement (oui &#224; 77 %).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une seconde chose est claire : le &#171; non &#187; l'emporte largement contre des notions davantage reli&#233;es entre elles (par couplage), et contre remplacer des notions par des questions (non &#224; 70 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En revanche l'id&#233;e de &lt;strong&gt;remplacer des notions par des probl&#232;mes&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;divise&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; la profession : le pour et le contre obtiennent chacun la moiti&#233; des suffrages. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faut-il entendre par &#171; probl&#232;mes &#187; ? Quelle diff&#233;rence avec les &#171; questions &#187; ? Des exemples &#233;taient donn&#233;s entre parenth&#232;ses. Pour les questions : &#171; qu'est-ce qui fait qu'une action est bonne ou mauvaise ? &#187; ou &#171; pourquoi devrions-nous &#234;tre gouvern&#233;s ? &#187;. Pour les probl&#232;mes : &#171; libert&#233; et d&#233;terminisme &#187; ou &#171; art et imitation &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble donc que nos coll&#232;gues soient hostiles &#224; ce que les notions soient remplac&#233;es par des probl&#232;mes formul&#233;s sous forme de questions explicites, mais qu'ils soient plut&#244;t partag&#233;s lorsqu'il s'agit de probl&#232;mes formul&#233;s sous forme de couplage de notions, alors que par ailleurs ils rejettent des notions reli&#233;es entre elles&#8230; On pourrait proposer une hypoth&#232;se : relier les notions entre elles ne change pas grand-chose &#224; l'ind&#233;termination des programmes, nous le savons d&#232;s maintenant car c'est d&#233;j&#224; le cas (le travail et la technique, th&#233;orie et exp&#233;rience, la justice et le droit, l'existence et le temps). Or cela n'emp&#234;che pas certains sujets du bac de porter sur une seule des notions pr&#233;tendument coupl&#233;es, si bien qu'en r&#233;alit&#233; tout se passe comme si ni les champs notionnels (la culture, le sujet, etc.), ni les couplages de notions ne r&#233;duisaient l'&#233;tendue des sujets possiblement trait&#233;s par les &#233;l&#232;ves au bac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, si l'id&#233;e de remplacer les notions par des probl&#232;mes sous la forme &#171; libert&#233; et d&#233;terminisme &#187; para&#238;t int&#233;ressante pour la moiti&#233; des coll&#232;gues qui ont r&#233;pondu, c'est sans doute parce que des probl&#232;mes ainsi formul&#233;s r&#233;duisent clairement le champ des possibles. &#171; Libert&#233; et d&#233;terminisme &#187; ne recouvre pas la libert&#233; politique, par exemple. Et en m&#234;me temps, des probl&#232;mes sous cette forme laissent encore une marge de man&#339;uvre importante, probablement plus importante que des questions formul&#233;es directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur le chemin de la d&#233;termination des programmes&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;,&lt;/strong&gt; il semble donc que nos coll&#232;gues restent encore oppos&#233;s &#224; une pr&#233;cision vraiment cibl&#233;e, et sont partag&#233;s pour ce qui est de pr&#233;ciser en partie ce qu'il faut &#233;tudier pendant l'ann&#233;e, ce &#224; propos de quoi les &#233;l&#232;ves sont cens&#233;s arriver arm&#233;s au bac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier constat remarquable &lt;strong&gt;&#224; propos des &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;rep&#232;res &lt;/strong&gt; : seuls 27 % des professeurs ayant r&#233;pondu traitent explicitement tous les rep&#232;res pendant l'ann&#233;e ; 36 % ne les prennent pas explicitement en compte ; et 60 % en font quelques-uns mais sont embarrass&#233;s par d'autres&#8230; (plusieurs r&#233;ponses &#233;taient possibles, Q.19).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre III : les &#233;preuves du baccalaur&#233;at&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous avons demand&#233; : &#171; Dans les conditions actuelles de notre enseignement, pensez-vous que, &#224; la fin de l'ann&#233;e scolaire, les &#233;l&#232;ves soient pr&#233;par&#233;s &#224; traiter l'ensemble des sujets possibles au bac ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s&#233;rie L, o&#249; pourtant une majorit&#233; de coll&#232;gues trouvent les programmes &#171; bien en l'&#233;tat &#187;, et o&#249; nous disposons de 8 heures par semaine, seules 43 % des r&#233;ponses sont positives, tandis que 44 % r&#233;pondent &#171; non, il y a toujours un sujet pour lequel mes &#233;l&#232;ves n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s &#187;. Le pire constat concerne &lt;strong&gt;les &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;s&#233;ries ES et S&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, o&#249; une petite minorit&#233; (environ 20 %) des r&#233;ponses sont positives, tandis qu'une &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;tr&#232;s nette majorit&#233; (environ 60 %)&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; des coll&#232;gues r&#233;pondent &#171; non, il y a toujours un sujet pour lequel mes &#233;l&#232;ves n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s &#187;.&lt;/strong&gt; Pour les s&#233;ries technologiques, ils sont 47 % &#224; r&#233;pondre &#171; non, il y a toujours un sujet pour lequel mes &#233;l&#232;ves n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s &#187; ; c'est pour ces s&#233;ries que la r&#233;ponse &#171; non, je suis content quand il y a au moins un sujet sur les trois pour lequel le cours peut directement les aider &#187; obtient le plus fort pourcentage : 25 %, contre environ 22 % en ES et S et 12 % en L.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ainsi, les professeurs ont &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;pleinement conscience&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; que les conditions actuelles ne permettent pas de &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;pr&#233;parer s&#233;rieusement&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; les &#233;l&#232;ves &#224; l'&#233;preuve de philosophie du baccalaur&#233;at.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question suivante (Q.21) demandait : &#171; en cas de r&#233;ponse n&#233;gative, y a-t-il une autre raison que les horaires ? &#187; et 69 % des r&#233;ponses sont positives. Ce n'est donc pas qu'un probl&#232;me de temps. Mais alors, d'&lt;i&gt;o&#249; provient cette impr&#233;paration des &#233;l&#232;ves au bac de philo ? &lt;/i&gt;Les coll&#232;gues &#233;taient alors invit&#233;s &#224; s'exprimer (question ouverte, Q.22) sur ces autres raisons. 212 personnes ont r&#233;pondu. Voici les raisons donn&#233;es par ordre d&#233;croissant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) L'ind&#233;termination des programmes (80 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) La lourdeur des programmes (50 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Le mauvais choix des sujets (40 r&#233;ponses), dont : des sujets trop difficiles (14 r&#233;ponses), des sujets qui croisent des notions non conform&#233;ment au tableau (14 r&#233;ponses), des sujets trop pr&#233;cis (7 r&#233;ponses), trop originaux (3 r&#233;ponses), mal formul&#233;s (2 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) L'insuffisance des acquis scolaires (20 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Les classes surcharg&#233;es (12 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Les horaires insuffisants, notamment en s&#233;rie S (10 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur les &#233;preuves du bac que les r&#233;sultats sont les plus int&#233;ressants, du point de vue d'une transformation de l'enseignement de la philosophie. En effet, &lt;strong&gt;seule une faible minorit&#233; (18 %) des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu estime que les &#233;preuves de philosophie au baccalaur&#233;at sont &#171; &#224; conserver en l'&#233;tat &#187;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;en s&#233;ries technologiques &lt;/strong&gt; ;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;ils sont 49 % pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales, &#224; peine la moiti&#233; des coll&#232;gues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, 51 % des coll&#232;gues pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et &lt;strong&gt;82 % pour les s&#233;ries technologiques&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; jugent que les &#233;preuves du bac philo doivent &#234;tre, soit &#171; conserv&#233;es mais am&#233;nag&#233;es &#187;, soit &#171; enrichies par de nouvelles &#233;preuves &#187;, soit &#171; &#224; remplacer totalement &#187;. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s&#233;ries technologiques, les suffrages les plus nombreux reviennent m&#234;me &#224; la r&#233;ponse la plus radicale : &lt;strong&gt;37 % des professeurs souhaitent &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;remplacer totalement&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; les &#233;preuves du bac de philosophie en ST&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;ponses sont &#224; mettre en rapport avec la question pr&#233;c&#233;dente (Q.23), qui demandait : &#171; pr&#233;parez-vous &#233;quitablement aux deux types d'&#233;preuve, ou bien en privil&#233;giez-vous une ? &#187; En tendance les 2 types d'&#233;preuves sont pr&#233;par&#233;s de fa&#231;on &#233;quitable y compris en s&#233;ries technologiques (57 % contre 76 % en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales). En revanche lorsque les professeurs mettent davantage l'accent sur l'une des &#233;preuves, c'est l'explication de texte qui est privil&#233;gi&#233;e pour les s&#233;ries technologiques (26 %). On s'aper&#231;oit donc ici que la cible des critiques des &#233;preuves de philo au bac technologique est sans doute &#224; rechercher dans la dissertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, 75 % des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu d&#233;clarent souhaiter un &#171; dialogue collectif de la profession &#187; sur la question des &#233;preuves du bac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les questions ouvertes, de nombreux coll&#232;gues proposent un oral pour &#233;valuer la philo au bac, notamment pour les &#233;l&#232;ves de s&#233;ries technologiques. La proposition d'une dissertation &lt;i&gt;guid&#233;e&lt;/i&gt; revient aussi tr&#232;s souvent. En s&#233;ries technologiques, la dissertation est tr&#232;s critiqu&#233;e, souvent qualifi&#233;e d'impossible &#224; r&#233;ussir. L'&#233;preuve texte-questions est aussi critiqu&#233;e pour sa forme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Chapitre IV : les perspectives&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La philosophie avant la Terminale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les professeurs ayant r&#233;pondu &#224; notre enqu&#234;te estiment tr&#232;s majoritairement (65 %) que la possibilit&#233; d'intervenir en Seconde et en Premi&#232;re est une bonne chose mais &lt;strong&gt;doit &#234;tre &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;renforc&#233;e&lt;/strong&gt; (Q.26).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant un enseignement de philosophie d&#232;s la classe de Premi&#232;re (Q.27), &lt;strong&gt;u&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;ne franche&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; majorit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu souhaitent que la philosophie soit enseign&#233;e d&#232;s la Premi&#232;re, suivant une approche soit disciplinaire, soit interdisciplinaire, en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales&lt;/strong&gt; : 89 % en L, et environ 80 % en ES et en S ; &lt;strong&gt;une &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;nette majorit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; le souhaite &#233;galement, de fa&#231;on remarquable, &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;pour les s&#233;ries technologiques&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;(66 %). En s&#233;rie L, une &#171; approche disciplinaire &#187; de cet enseignement est pl&#233;biscit&#233;e (68 %) mais pas dans les autres s&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales raisons mentionn&#233;es (Q.28, question ouverte, 139 personnes ont r&#233;pondu) sont les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le oui : cela permettrait que les &#233;l&#232;ves se familiarisent avec la discipline, son esprit, ses m&#233;thodes (89 r&#233;ponses), notamment gr&#226;ce &#224; un travail interdisciplinaire (23/89 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le non : du fait de l'immaturit&#233; intellectuelle et/ou culturelle des &#233;l&#232;ves (10 r&#233;ponses), du fait que le travail interdisciplinaire constituerait une dilution de la discipline (6 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enseigner la philosophie de la Premi&#232;re &#224; la Terminale, pour toutes les s&#233;ries, cela obligerait n&#233;cessairement l'institution &#224; introduire une progressivit&#233;, ce que demande l'Acireph depuis sa cr&#233;ation. Il s'agirait l&#224; clairement d'une premi&#232;re &#233;tape vers un v&#233;ritable cursus de philosophie au lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La philosophie en lyc&#233;e professionnel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La philosophie n'est actuellement enseign&#233;e qu'&#224; la moiti&#233; d'une classe d'&#226;ge. La Q.29 demandait aux coll&#232;gues si l'enseignement de la philosophie en lyc&#233;e professionnel leur semblait envisageable : sur le mod&#232;le de l'existant ; OU sous une autre forme. &lt;strong&gt;Sur le mod&#232;le de l'existant&lt;/strong&gt;, c'est le &#171; non &#187; qui l'emporte tr&#232;s largement &#224; 87 %. En revanche, &lt;strong&gt;sous une autre forme&lt;/strong&gt;, le &#171; oui &#187; obtient 72 % de r&#233;ponses positives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;ponses contiennent implicitement une affirmation int&#233;ressante : les professeurs de philosophie reconnaissent que la mani&#232;re dont la philosophie est enseign&#233;e n'est &lt;strong&gt;pas si universelle&lt;/strong&gt; qu'elle le pr&#233;tend ; qu'il serait donc possible de faire autrement, et que ce serait m&#234;me indispensable pour pouvoir d&#233;mocratiser la philosophie. La d&#233;mocratisation de l'enseignement de la philosophie semble donc avoir de beaux jours devant elle, mais &#224; condition de repenser s&#233;rieusement notre p&#233;dagogie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, &#224; la question &#171; seriez-vous volontaires ? &#187;, les professeurs de philosophie sont h&#233;sitants et plut&#244;t r&#233;serv&#233;s : 53/47 entre le non et le oui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La formation professionnelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une tr&#232;s franche majorit&#233; des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu souhaitent que les formations propos&#233;es aux professeurs de philosophie int&#232;grent davantage une r&#233;flexion sur les pratiques d'enseignement : 75 % souhaiteraient ainsi pouvoir travailler sur les mani&#232;res de faire cours, 70 % sur les mani&#232;res de pr&#233;parer aux &#233;preuves du bac ; ce dont l'Acireph ne peut que se r&#233;jouir, puisque tel serait le sens m&#234;me des Instituts de recherche sur l'enseignement de la philosophie dont nous demandons la cr&#233;ation : donner des moyens institutionnels de partager des pratiques p&#233;dagogiques, d'en d&#233;battre entre coll&#232;gues et d'en &#233;valuer collectivement les effets sur la formation philosophique des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'analyse du SNES des r&#233;sultats de cette enqu&#234;te est consultable ici :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.snes.edu/-Pour-un-etat-des-lieux-de-l-enseignement-de-la-philosophie-dans-le-secondaire-.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.snes.edu/-Pour-un-etat-des-lieux-de-l-enseignement-de-la-philosophie-dans-le-secondaire-.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On trouvera un r&#233;cit &#233;difiant de cet &#233;pisode dans notre histoire critique de la &#171; guerre des programmes &#187;, consultable sur ce site.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#201;tat de l'enseignement de la philosophie en 2007-2008 &#187;, rapport de l'Inspection g&#233;n&#233;rale de l'&#201;ducation nationale, septembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les nouvelles technologies dans l'enseignement de la philosophie</title>
		<link>https://www.acireph.org/les-pratiques/article/les-nouvelles-technologies-dans-l-enseignement-de-la-philosophie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/les-pratiques/article/les-nouvelles-technologies-dans-l-enseignement-de-la-philosophie</guid>
		<dc:date>2014-02-06T18:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;dagogie</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Discours : philosopher sur le Net, les TICE et leurs usages... &lt;br class='autobr' /&gt;
* Le philosophe et le num&#233;rique, par Paul Mathias, Doyen de l'IG de Philosophie, (revue Economie et Management, octobre 2013). &lt;br class='autobr' /&gt;
* L'internet, un objet philosophique ?, Paul Mathias, inspecteur g&#233;n&#233;ral de philosophie (2007, les dossiers de l'ing&#233;nierie &#233;ducative) &lt;br class='autobr' /&gt;
* R&#233;fl&#233;chir avec Internet, par Jean-Louis Poirier, Doyen de l'IG de philosophie (2007, les dossiers de l'ing&#233;nierie &#233;ducative) &lt;br class='autobr' /&gt;
* L'enseignement de la philosophie (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/les-pratiques/" rel="directory"&gt;Les pratiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/pedagogie" rel="tag"&gt;P&#233;dagogie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Discours : philosopher sur le Net, les TICE et leurs usages...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/TICE/2013%20Mathias_philosophe_et_le_numerique.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le philosophe et le num&#233;rique, par Paul Mathias, Doyen de l'IG de Philosophie, (revue &lt;i&gt;Economie et Management&lt;/i&gt;, octobre 2013).&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/TICE/DIE%20Mathias%20Internet%20objet%20philosophique.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'internet, un objet philosophique ?, Paul Mathias, inspecteur g&#233;n&#233;ral de philosophie (2007, &lt;i&gt;les dossiers de l'ing&#233;nierie &#233;ducative&lt;/i&gt;)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/TICE/DIE%20Poirier%20Reflechir%20avec%20Internet.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;fl&#233;chir avec Internet, par Jean-Louis Poirier, Doyen de l'IG de philosophie (2007, &lt;i&gt;les dossiers de l'ing&#233;nierie &#233;ducative&lt;/i&gt;)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/TICE/DIE%20Poirier%20Philo%20devant%20les%20TICE.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'enseignement de la philosophie devant les TICE (2002), extrait de &lt;i&gt;L'&#201;cole et les r&#233;seaux num&#233;riques&lt;/i&gt;, rapport de l'IGEN (annexes disciplinaires, philosophie)&lt;/a&gt; ; note : il est impossible de trouver une trace de cette annexe sur les sites officiels de l'Inspection, de la Documentation Fran&#231;aise, le document provient des DOSSIERS DE L'ING&#201;NIERIE &#201;DUCATIVE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://webtv.ac-versailles.fr/spip.php?article978&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;tudes humanistes et culture num&#233;rique, Paul Mathias (Colloque 'Les m&#233;tamorphoses du texte et de l'image &#224; l'heure du num&#233;rique', novembre 2013).&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pratiques : utiliser les TICE, le Net, twetter and C&#176; en philo...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/TICE/DIE%20Les%20ressources.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La question des ressources - c&#244;t&#233; documentaire, par Carole Prompsy, professeur de philosophie, (2007, &lt;i&gt;les dossiers de l'ing&#233;nierie &#233;ducative&lt;/i&gt;).&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/TICE/DIE%20Hazebroucq%20Offre%20diversifiee%20.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La question des ressources - c&#244;t&#233; p&#233;dagogique, par Marie-France Hazebroucq , professeur de philosophie, (2007, &lt;i&gt;les dossiers de l'ing&#233;nierie &#233;ducative&lt;/i&gt;).&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://philosophie.ac-amiens.fr/archives_philosophie/TICE0.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Philosophie et TICE, (Enseignement de la philosophie, Site de l'Acad&#233;mie d'Amiens)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Quelques exemples d'utilisation par des profs de philo d'Internet et des TICE &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelques liens vers des pages de Fran&#231;ois Jourde qui se pr&#233;sente ainsi : ' actuellement en poste &#224; l'Ecole europ&#233;enne Bruxelles 1. J'enseigne la philosophie dans le secondaire, guid&#233; par l'injonction de Diderot (&#8220;H&#226;tons-nous de rendre la philosophie populaire&#8221;). Je pratique une p&#233;dagogie conjuguant pr&#233;sentiel et distantiel, appuy&#233;e sur des projets, sur des travaux de groupes et sur des publications (qui se veulent souvent cr&#233;atives et joueuses). Dans cet objectif, j'int&#232;gre la culture et les outils num&#233;riques dans ma p&#233;dagogie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/canal_u_medecine/ip3s_lille_2012_scenarii_d_usages_pedagogique_autour_de_quelques_medias_sociaux.10605&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;F. Jourde, Scenarii d'usages p&#233;dagogique autour de quelques m&#233;dias sociaux, Lille 2012&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x10rob3_l-enseignement-de-la-philosophie-les-tice-internet-et-les-reseaux-sociaux_school&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;F. Jourde, L'enseignement de la philosophie, les TICE, internet et les r&#233;seaux sociaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;a href=&#034;http://www.mindmeister.com/fr/153015549/comment-j-utilise-le-web-2-0-avec-mes-tudiants&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;F. Jourde, Carte synoptique des utilisations des TICE en philosophie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;https://sites.google.com/site/coursdephilosophie/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;F. Jourde, le site du cours pour ses &#233;l&#232;ves&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=2J8AqFl9RgM&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bollywood sp&#233;cial Karl Marx, Travail fac&#233;tieux d'&#233;l&#232;ves du cours de Fran&#231;ois Jourde&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Quelques sites ou blogs de cours de professeurs de philosophie &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://philofustel.unblog.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Blog-cours de Val&#233;rie Marchand&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://www.hansen-love.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Blog-cours de Laurence Hansen-Love&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://www.philolog.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog-cours de Simone Manon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://apprendre-la-philosophie.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Blog-cours de Didier Moulinier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://www.eyssette.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Site de C&#233;dric Eysette&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;valuation en philosophie : quels probl&#232;mes ?</title>
		<link>https://www.acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/article/l-evaluation-en-philosophie-quels-problemes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/article/l-evaluation-en-philosophie-quels-problemes</guid>
		<dc:date>2009-09-01T17:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voici quelques unes des hypoth&#232;ses et des pistes que nous vous proposons de travailler. &lt;br class='autobr' /&gt; 1&#232;re piste : &#233;valuer, une entreprise difficile&#8230;. et douloureuse ! &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;valuer le travail de ses &#233;l&#232;ves c'est aussi &#233;valuer sa propre activit&#233; : comment faire la part des choses ? L'enseignant-&#233;valuateur est toujours en quelque sorte juge et partie : dans la copie, c'est non seulement le cours, mais encore &#171; la profession &#187; qui est l&#224;. C'est le programme, l'esprit, les normes, les &#233;preuves de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici quelques unes des hypoth&#232;ses et des pistes que nous vous proposons de travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&#232;re&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;piste : &#233;valuer, une entreprise difficile&#8230;. et douloureuse !&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;valuer le travail de ses &#233;l&#232;ves c'est aussi &#233;valuer sa propre activit&#233; : comment faire la part des choses ?&lt;/strong&gt; L'enseignant-&#233;valuateur est toujours en quelque sorte juge et partie : dans la copie, c'est non seulement le cours, mais encore &#171; la profession &#187; qui est l&#224;. C'est le programme, l'esprit, les normes, les &#233;preuves de la discipline qui sont l&#224;, tout autant que le travail particulier de cet &#233;l&#232;ve-l&#224;. Ce fait irr&#233;ductible prend une ampleur d'autant plus importante que l'institution laisse enti&#232;re libert&#233; au professeur quant aux moyens d'atteindre les objectifs qu'elle fixe&#8230; Et les professeurs de philosophie sont de ce point de vue particuli&#232;rement bien servis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;valuer le processus dans le r&#233;sultat&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; ?&lt;/strong&gt; A la visibilit&#233; du r&#233;sultat (la copie, l'exercice fait, la r&#233;ponse &#224; une question) s'oppose l'opacit&#233; des processus que l'&#233;l&#232;ve a mis en &#339;uvre pour le produire. Comment savoir (peut-on m&#234;me le savoir ?) ce qui n'a pas &#233;t&#233; pertinent dans le processus, pour quelles raisons &#231;a ne l'a pas &#233;t&#233;, et aussi, comment d&#233;celer une pertinence dans le processus qui pourtant ne se &#171; voit &#187; pas dans le r&#233;sultat ? Comment alors proposer des conseils pour am&#233;liorer les choses, dans une perspective de formation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le sens d'une note&lt;/strong&gt;&#8230; Sym&#233;triquement, pour l'&#233;l&#232;ve, la note n'est-elle pas le visible, et les raisons pour lesquelles il a cette note, l'opaque ? Nombreux sont les malentendus sur la note obtenue et les raisons de cette note. Comment recentrer l'attention des &#233;l&#232;ves sur l'acquisition de comp&#233;tences, sur le souci et sur les moyens de progresser, quand ils consid&#232;rent la note comme le salaire de leur travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&#232;me&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;piste : remettre l'&#233;valuation &#224; sa place.&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;valuation comme finalit&#233;, ou l'&#233;valuation au service d'une fin ?&lt;/strong&gt; L'univers scolaire peut donner cette impression d'&#233;valuation reine, absolue, &#171; cat&#233;gorique &#187; dans les deux sens du mot, ayant sa fin en soi, et pr&#233;sent&#233;e, non comme un choix de valeurs mais comme le bon sens et la rationalit&#233; m&#234;mes. Or &#233;valuer c'est d'abord prononcer un jugement hypoth&#233;tique en termes d'importance (par exemple on &#171; &#233;value &#187; les forces de l'ennemi). On &#233;value dans le cadre d'une action g&#233;n&#233;rale, pour envisager les conditions d'une certaine op&#233;ration. Mais on n'&#233;value pas pour &#233;valuer. On peut donc s'interroger sur la valeur de notre &#233;valuation et sa finalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;valuation, entre normes et faits&lt;/strong&gt;. L'&#233;valuation confronte l'enseignant et l'&#233;l&#232;ve &#224; des normes qui les d&#233;passent : normes langagi&#232;res, normes propres de l'activit&#233; intellectuelle, normes sp&#233;cifiques des &#233;preuves de philosophie telles que l'institution les d&#233;finit. Qu'elles les d&#233;passent, au sens o&#249; ils n'en sont pas les auteurs et au sens o&#249; elles s'imposent &#233;galement &#224; tous, est n&#233;cessaire. Mais dans les faits, c'est le rapport &#224; ces normes qui importe, tant du c&#244;t&#233; de l'enseignant que de celui de l'&#233;l&#232;ve : de la stricte soumission au rejet pur et simple, toute la gamme des attitudes peut &#234;tre parcourue par le sujet qui agit et qui pense. Que faire de cet &#233;cart entre les normes et les faits ? Comment faire du travail d'&#233;valuation une dimension de l'apprentissage lui-m&#234;me, et non pas une &#171; t&#226;che &#187; d&#233;volue au seul enseignant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&#232;me&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;piste : &#233;valuer quoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment &#233;valuer ce qu'on enseigne ?&lt;/strong&gt; Dire ce qu'on &#233;value c'est dire ce qu'on enseigne. Inversement, en classe de philosophie, bac oblige, on enseigne en fonction de ce qui sera &#233;valu&#233;. Or, en classe de philosophie on &#233;value les produits scolaires complexes (et mal d&#233;finis) que sont la dissertation et le commentaire de texte. Ne pourrait-on pas r&#233;duire les probl&#232;mes de l'&#233;valuation en se demandant ce qui, de ce qu'on enseigne en classe de philosophie peut &#234;tre vraiment &#233;valu&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles comp&#233;tences&#8230;&lt;/strong&gt; Ce sont toujours des comp&#233;tences qu'on &#233;value. M&#234;me quand on dit qu'on &#233;value des connaissances, on &#233;value la capacit&#233; de l'&#233;l&#232;ve &#224; comprendre, restituer, utiliser, mobiliser ces connaissances. Il faut donc d'une part, identifier ces comp&#233;tences, distinguer celles qui sont propres &#224; tout travail intellectuel, de celles qui sont sp&#233;cifiques &#224; la discipline ; d'autre part penser et organiser les apprentissages susceptibles de les faire acqu&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le probl&#232;me des comp&#233;tences.&lt;/strong&gt; S'il faut enseigner aux &#233;l&#232;ves &#224; faire une dissertation et une explication de texte, comment articuler cette comp&#233;tence globale avec des comp&#233;tences partielles ? Par exemple, faire une distinction conceptuelle, poser un probl&#232;me, mettre des th&#232;ses en d&#233;bat, trouver le plan d'un texte, analyser un concept etc. ? La comp&#233;tence globale est-elle l'addition des comp&#233;tences partielles ? &#224; trop vouloir d&#233;composer les t&#226;ches, ne risque-t-on pas de perdre le sens global de l'exercice ? &#224; trop vouloir segmenter le travail, ne risque-t-on pas au contraire de l'entraver ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&#232;me&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;piste : &#233;valuer autrement ?&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles modalit&#233;s d'&#233;valuation pour quelles finalit&#233;s ?&lt;/strong&gt; Sommes-nous en mesure de proposer d'autres modalit&#233;s de l'&#233;valuation &#171; certificative &#187; ? Faut-il le faire ? Si nous devions d&#233;finir les objectifs et les contenus de l'enseignement de la philosophie, pourrions-nous trouver des modalit&#233;s d'&#233;valuation satisfaisantes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En finir avec les notes ?&lt;/strong&gt; Le recours aux notes chiffr&#233;es est-il in&#233;vitable ? Ne peut-on pas envisager d'autres moyens pour &#233;valuer nos &#233;l&#232;ves ? Si une comp&#233;tence doit &#234;tre acquise, l'&#233;valuation pourrait se r&#233;duire &#224; la validation ou non de cet acquis. Cela est-il possible dans le cadre de l'enseignement de la philosophie ? Cela est-il souhaitable ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>25 ans d'exp&#233;rience de l'enseignement de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/25-ans-d-experience-de-l-enseignement-de-la-philosophie-dans-les-series</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/25-ans-d-experience-de-l-enseignement-de-la-philosophie-dans-les-series</guid>
		<dc:date>2001-08-31T17:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1. D'o&#249; je parle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux mots pour d&#233;f&#233;rer &#224; la consigne situationniste : dire chaque fois d'o&#249; l'on parle me para&#238;t un principe philosophique &#233;l&#233;mentaire. J'enseigne depuis 25 ans et, depuis dix ans, mon service est pour 2/3 l'enseignement de la culture g&#233;n&#233;rale (partie philosophie) en 1&#176; et 2&#176; ann&#233;e de pr&#233;pa EC option scientifique et pour 1/3 l'enseignement de la philosophie en Terminales technologiques (STI-GM et STT-ACC). Ayant eu, 25 ans durant, des s&#233;ries technologiques tertiaires, je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. D'o&#249; je parle.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux mots pour d&#233;f&#233;rer &#224; la consigne situationniste : dire chaque fois d'o&#249; l'on parle me para&#238;t un principe philosophique &#233;l&#233;mentaire. J'enseigne depuis 25 ans et, depuis dix ans, mon service est pour 2/3 l'enseignement de la culture g&#233;n&#233;rale (partie philosophie) en 1&#176; et 2&#176; ann&#233;e de pr&#233;pa EC option scientifique et pour 1/3 l'enseignement de la philosophie en Terminales technologiques (STI-GM et STT-ACC). Ayant eu, 25 ans durant, des s&#233;ries technologiques tertiaires, je suis arriv&#233; au lyc&#233;e Touchard du Mans l'ann&#233;e m&#234;me (1984) o&#249;, sauf erreur, l'on introduisait un enseignement obligatoire de philosophie dans les s&#233;ries technologiques industrielles (F 1, F 2, F 3, &#224; l'&#233;poque). Par d&#233;fi personnel et aussi, &#224; l'&#233;poque, par conviction que la promesse mitterrandienne (1981) de l'extension de l'enseignement de la philosophie &#224; toutes les Terminales des lyc&#233;es &#233;tait philosophiquement fond&#233;e parce que conforme &#224; la vocation de l'enseignement de la philosophie en France, je me suis en quelque sorte sp&#233;cialis&#233; dans l'enseignement dans ces classes. &#192; l'invitation du responsable du groupe de r&#233;f&#233;rence de philosophie &#224; l'IUFM de Nantes, j'ai anim&#233;, durant cinq ans - dans les ann&#233;es 90, deux journ&#233;es annuelles d'initiation &#224; l'enseignement de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques pour les stagiaires en philosophie de l'Acad&#233;mie (IUFM 2&#176; ann&#233;e). Enfin, avec mes trois autres coll&#232;gues du Lyc&#233;e Touchard, j'ai particip&#233; &#224; l'exp&#233;rience, initi&#233;e par le recteur Bloch en 99-2000 dans l'Acad&#233;mie, d'introduction d'un enseignement de philosophie en Terminales de Lyc&#233;e professionnel (personnellement, 2 heures hebdomadaires dans une Terminale 'exploitation des transports').&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je compl&#232;te cette br&#232;ve ' carte de visite ' par deux pr&#233;cisions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ayant c&#244;toy&#233; de nombreux stagiaires et coll&#232;gues d&#233;butants mais aussi beaucoup de coll&#232;gues chevronn&#233;s, ayant moi-m&#234;me tout r&#233;cemment eu affaire &#224; des classes extr&#234;mement difficiles dans un Lyc&#233;e qui n'est pourtant pas en zone sensible, il m'arrive aujourd'hui de me demander si, dans l'&#233;tat actuel, le maintien d'un enseignement de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques est souhaitable et m&#234;me, tout simplement, possible. Un bref article du &lt;i&gt;D&#233;bat&lt;/i&gt; (Jean-Louis Thiriet, n&#176; 103 janvier-f&#233;vrier 1999, p. 189-192, '&lt;i&gt;Les conditions de l'enseignement de la philosophie&lt;/i&gt;' ; cf. aussi, du m&#234;me, n&#176; 92, novembre-d&#233;cembre 1996, p. 24-34, '&lt;i&gt;L'&#233;cole malade de l'&#233;galit&#233;&lt;/i&gt;') et une &#233;mission d'A. Finkielkraut avec l'auteur de l'article et A. Renaut me reviennent en m&#233;moire moins d'abord pour leur contenu (je trouve les propos de Jean-Louis Thiriet tr&#232;s excessifs et je ne partage pas du tout ses conclusions) que pour l'esp&#232;ce de r&#233;sistance qui s'est manifest&#233;e alors, par exemple chez A. Renaut et que j' ai d&#233;couverte en moi, &#224; entendre tout simplement cette question : est-il vraiment inconvenant et non philosophique de poser la question des conditions de possibilit&#233; d'un enseignement de la philosophie ? Comme en outre je ne vois pas de diff&#233;rences de nature entre les &#233;l&#232;ves de bac professionnel et les &#233;l&#232;ves de bac technologique, pas de diff&#233;rence de nature entre les &#233;l&#232;ves de bac technologique et les &#233;l&#232;ves de bac g&#233;n&#233;ral, il va de soi que le diagnostic sur la situation de l'enseignement de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques doit avoir des implications en amont (la situation dans les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales) et en aval (le projet d'introduction en lyc&#233;e professionnel). Je demeure convaincu &#224; cet &#233;gard de la grande justesse du diagnostic qui figurait en t&#234;te du rapport Derrida-Bouveresse de 89.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les &#233;pisodes tout r&#233;cents du feuilleton &#171; &lt;i&gt;r&#233;forme des programmes &#187;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur ce site la rubrique sur l'histoire critique de la guerre des programmes&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;m'ont plong&#233; dans un &#233;tat de grande amertume : la tr&#232;s grande intol&#233;rance qui se manifeste justement depuis la publication de ce rapport Derrida-Bouveresse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf . Note pr&#233;c&#233;dente (voir l'acte 2 pour les documents).&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'incapacit&#233; choquante de la part de philosophes, &#224; installer un v&#233;ritable dialogue auraient-elles &#224; voir, autant que l'existence d'un enseignement obligatoire de philosophie en Terminale, avec l'exception fran&#231;aise en mati&#232;re de philosophie et donc avec une certaine conception fran&#231;aise de la philosophie ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;2. Un bref &#233;tat des lieux.&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour ne parler que des s&#233;ries technologiques dont j'ai une pratique ininterrompue depuis 25 ans, je rel&#232;ve, parmi les multiples impressions que me laisse cet enseignement, quelques traits que j'estime particuli&#232;rement symptomatiques :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- premier trait : un go&#251;t prononc&#233;&lt;/strong&gt;, surtout chez les gar&#231;ons lorsque les probl&#232;mes de discipline ne la rende pas impossible, &lt;strong&gt;pour ce que j'appellerai la conversation&lt;/strong&gt;, c'est-&#224;-dire la discussion libre sans v&#233;ritable enjeu autre que celui de la controverse ; d'une part parce que la conversation est une mani&#232;re agr&#233;able de passer le temps et d'autre part parce que, semble-t-il, peu d'occasions leur sont donn&#233;es dans les autres cours de se livrer &#224; cette conversation. Je me demande d'ailleurs si ce que nous rencontrons dans les copies de bac n'est pas tr&#232;s souvent de cet ordre-l&#224;, avec ce que cela a de frustrant pour nous, mais d'insistant, voire m&#234;me de touchant : une &#233;criture qui est de l'ordre de la conversation. Au lieu de conversation j'aurais pu dire bavardage mais en souhaitant qu'on ne l'entende pas seulement au sens o&#249; le bavardage est r&#233;put&#233; incompatible avec la conduite d'une classe : les &#233;l&#232;ves de ces s&#233;ries-l&#224; (et, je le r&#233;p&#232;te surtout les gar&#231;ons, parce que moins polic&#233;s, plus spontan&#233;s) aiment bien bavarder et consid&#232;rent souvent le cours de philosophie comme le lieu o&#249; il est enfin fait droit &#224; la parole spontan&#233;e, libre et dont ils estiment qu'elle doit &#234;tre respect&#233;e comme telle. On peut s'en indigner, objecter que la philosophie n'est pas de cet ordre (l'opinion !) l'exp&#233;rience m'enseigne que la r&#233;pression du bavardage, au sens indiqu&#233; et quelles que soient ses motivations, se paie souvent tr&#232;s cher : une parole qui veut ne s'autorise que d'elle-m&#234;me (l'auto-fondation de la philosophie) et non pas de ce lieu commun du bavardage et de la conversation (j'emploie &#224; dessein l'expression de ' lieu commun ') risque tout simplement de n'&#234;tre pas entendue et de se condamner elle m&#234;me &#224; l'in-signifiance (&#224; tous les sens de ce mot). Il y a l&#224; probablement un effet de la d&#233;mocratie au sens de Tocqueville : personnellement, je trouve dans le premier chapitre du deuxi&#232;me tome de la &lt;i&gt;D&#233;mocratie en Am&#233;rique &lt;/i&gt;('&lt;i&gt;de la m&#233;thode philosophique des Am&#233;ricains&lt;/i&gt;') une tr&#232;s bonne d&#233;finition de la mentalit&#233; de la conversation et du bavardage. ' &lt;i&gt;(Chacun) n'en appelle qu'&#224; l'effort individuel de sa raison... Quant &#224; l'action que peut avoir l'intelligence d'un homme sur celle d'un autre, elle est n&#233;cessairement fort restreinte dans un pays o&#249; les citoyens, devenus &#224; peu pr&#232;s pareils, se voient tous de fort pr&#232;s, et, n'apercevant dans aucun d'entre eux les signes d'une grandeur et d'une sup&#233;riorit&#233; incontestables, sont sans cesse ramen&#233;e vers leur propre raison comme vers la source la plus visible et la plus proche de la v&#233;rit&#233;. Ce n'est pas seulement la confiance en tel homme qui est d&#233;truite, mais le go&#251;t d'en croire un homme quelconque sur parole&lt;/i&gt; '. Il y aurait &#224; m&#233;conna&#238;tre le donn&#233; de cette mentalit&#233; quelque chose de tout &#224; fait paradoxal pour la philosophie puisque, si l'on suit Tocqueville, c'est la philosophie (Luther, Descartes et Voltaire, dit-il) qui l'a produite. De plus en plus il me para&#238;t contre-productif de soutenir sans nuance qu'il n'y a de philosophie que dans la rupture avec l'opinion quand l'opinion se con&#231;oit elle-m&#234;me comme d'embl&#233;e philosophique : c'est la philosophie qui devient alors une pi&#232;tre croyance na&#239;ve et obscurantiste. Et l'on ne fait qu'ajouter le malentendu &#224; l'insignifiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- deuxi&#232;me trait :&lt;/strong&gt; plut&#244;t chez les filles, &lt;strong&gt;une tr&#232;s forte demande scolaire&lt;/strong&gt;. 'Scolaire' n'est heureusement plus une injure mais toujours une stigmatisation de ceux qui parce qu'ils font tout simplement, c'est-&#224;-dire un peu b&#234;tement ce qu'on leur demande, sont r&#233;put&#233;s finalement n'y rien entendre, &#224; la philosophie en particulier. Dans la demande scolaire il y a des motifs et des mobiles : les mobiles ce sont les notes, l'examen et plus largement la pr&#233;gnance des codes sociaux (&#224; 18 ans avoir la majorit&#233;, le bac, le permis de conduire, etc.) ; les motifs ce sont le d&#233;sir de r&#233;ussir, de progresser, d'entretenir, celui d'am&#233;liorer une image de soi souvent mise &#224; mal dans ces s&#233;ries, etc. Or en philosophie dans ces s&#233;ries, &#224; moins de rompre d&#233;lib&#233;r&#233;ment ou par la force des choses avec toute r&#233;f&#233;rence institutionnelle par exemple en s'obstinant &#224; frustrer la demande scolaire ou en prenant acte qu'elle n'existe tout simplement pas ou plus, la pouss&#233;e des mobiles et motifs de la demande scolaire ne trouve institutionnellement &#224; s'exercer que sur un seul objet : la dissertation (c'est d'ailleurs parce que beaucoup r&#233;alisent que l'enjeu, sinon l'objet lui-m&#234;me, est microscopique, que leur demande scolaire s'en d&#233;tourne, laissant place le plus souvent &#224; l'indiff&#233;rence, quelquefois au m&#233;pris voire m&#234;me &#224; la r&#233;volte). J'ai travaill&#233; des ann&#233;es sur cette question, prenant le pari de r&#233;ussir &#224; initier de A &#224; Z &#224; la dissertation philosophique mes &#233;l&#232;ves de Terminales technologiques. Je dis ' de A &#224; Z ', d'une part (' de A... ') parce qu'aucun &#233;l&#232;ve n'est un initi&#233; (un h&#233;ritier) ; d'autre part (' ...&#224; Z ') parce qu'on n'a pas convenablement initi&#233; quand on s'est content&#233; de faire r&#233;diger des introductions et m&#234;me des plans. Initier de A &#224; Z cela veut dire : de la premi&#232;re op&#233;ration &#224; la derni&#232;re, et donc, en particulier, de la premi&#232;re phrase d'introduction &#224; la derni&#232;re phrase de conclusion, de la premi&#232;re &#224; la derni&#232;re phrase de la premi&#232;re partie, etc. Je sais le m&#233;pris dans lequel est tenu ce qu'on a appel&#233; le p&#233;dagogisme et les nombreux textes dans lesquels ce m&#233;pris s'expose ont entretenu chez moi une vive col&#232;re, convaincu que le m&#233;pris de la recherche, de l'invention, de l'exp&#233;rimentation d'outils et de m&#233;thodes permettant &#224; des &#233;l&#232;ves non seulement de comprendre ce que nous mettons sous le mot dissertation mais aussi de pratiquer &#233;l&#233;mentairement la chose ne pouvait &#234;tre que l'expression d'un grand m&#233;pris des autres en g&#233;n&#233;ral et des &#233;l&#232;ves en particulier, dont, une nouvelle fois, je ne sache pas que ce soient des vertus particuli&#232;rement philosophiques. Or chaque ann&#233;e un certain nombre d'&#233;l&#232;ves (je r&#233;p&#232;te, en particulier des filles) parviennent &#224; faire assez exactement comme je leur ai dit de faire (et de A &#224; Z) : &#224; ceux-l&#224; je mets naturellement de bonnes et de tr&#232;s bonnes notes et &#224; l'examen les meilleurs obtiennent aussi de bonnes et de tr&#232;s bonnes notes. Mais les besogneux, les sans-grades, qui les reconna&#238;t ? &#192; l'examen ils n'obtiennent pratiquement jamais 10 parce qu' '&lt;i&gt;il n'y a rien ou pas grand-chose de philosophique dans leur copie&lt;/i&gt;' : mais si dans leur copie il y a des traces d'un effort pour faire comme on leur a dit de faire (et ils n'ont eu que six mois pour apprendre ce que jamais personne ne leur a auparavant appris), ou bien c'est &#224; nous d'affiner notre regard, notre discours, notre d&#233;finition de la dissertation comme exercice canonique, nos m&#233;thodes d'&#233;valuation de cet exercice, pour parvenir &#224; reconna&#238;tre ces traces, ou bien il nous faut admettre que c'est peine perdue, renoncer &#224; la dissertation et mettre en place d'autres exercices dont les conditions d'apprentissage soient meilleures, plus efficaces, permettant une &#233;valuation plus fine, c'est-&#224;-dire plus respectueuse du travail fait pendant l'ann&#233;e, en particulier de la progression dans l'apprentissage de cette discipline nouvelle qu'est pour nos &#233;l&#232;ves de Terminale la philosophie. Il y a bien s&#251;r une autre &#233;ventualit&#233; : renoncer tout simplement &#224; la philosophie dans ces classes, en tout cas &#224; la philosophie en tant que conduisant in&#233;vitablement &#224; l'&#233;chec une grande majorit&#233; d'&#233;l&#232;ves de ces classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- troisi&#232;me trait :&lt;/strong&gt; p&#233;dagogiquement parlant, &lt;strong&gt;l'incoh&#233;rence de la situation de la philosophie en Terminale.&lt;/strong&gt; Nous recevons des &#233;l&#232;ves qui sortent de Premi&#232;re. Apr&#232;s la Seconde (ann&#233;e charni&#232;re, d&#233;couverte du Lyc&#233;e comme lieu de vie et de libert&#233; ann&#233;e sans examen et &#224; grandes vacances), la Premi&#232;re est l'ann&#233;e de l'&#233;preuve anticip&#233;e de fran&#231;ais : c'est le fran&#231;ais qui incarne l'acc&#232;s, initiatique et &#233;prouvant en effet, &#224; la galaxie bac et il l'incarne &#224; travers des exercices dont ce qui leur sera propos&#233; en Terminale en philosophie n'est aux yeux des &#233;l&#232;ves qu'un p&#226;le, peu compr&#233;hensible et assez insignifiant d&#233;calque. Comme en outre l'ann&#233;e de Terminale n'est qu'une ann&#233;e de transition vers une poursuite d'&#233;tudes en STS ou IUT poursuite consid&#233;r&#233;e comme allant de soi par la grande majorit&#233; des &#233;l&#232;ves, des familles et des professeurs, et que les &#233;l&#232;ves y ont &#224; nouveau du fran&#231;ais et des exercices (r&#233;sum&#233;, synth&#232;se de documents) qui n'ont plus grand-chose &#224; voir avec ce qu'ils ont appris en philosophie en Terminale, on n'aurait pas pu faire mieux si l'on avait voulu brouiller et rendre impossible l'identification, la localisation, la pertinence de la philosophie dans le parcours scolaire d'un &#233;l&#232;ve des s&#233;ries technologiques. Une nouvelle fois, certains verront l&#224; un indice suppl&#233;mentaire du complot contre la philosophie, l'&#233;cole, la r&#233;publique, etc. Mais c'est la philosophie qui se rend insignifiante et se suicide, dans l'amertume ou la douceur, c'est selon, en continuant &#224; ignorer le contexte dans lequel elle a &#224; intervenir sous pr&#233;texte d'attachement &#224; la figure du couronnement (l'ann&#233;e de Terminale), de la ma&#238;trise (le professeur de philosophie comme ayant par d&#233;finition &#224; faire oeuvre, &#224; faire &#233;cole et &#224; n'admettre comme &#233;l&#232;ves dignes de lui que ceux qui consentent &#224; se faire ses disciples), de la sup&#233;riorit&#233; (cette libert&#233; souveraine que toute r&#233;forme des programmes est suspecte de menacer), etc. Beaucoup d'impr&#233;cateurs me paraissent concevoir le professeur de philosophie comme le l&#233;gislateur de Rousseau (&lt;i&gt;Contrat Sicial, &lt;/i&gt;II, 7) : ' &lt;i&gt;...Intelligence sup&#233;rieure, qui (voit) toutes les passions des hommes et qui n'en (&#233;prouve) aucune, qui n'(a) aucun rapport avec notre nature et qui la (conna&#238;t) &#224; fond, dont le bonheur (est) ind&#233;pendant de nous et qui pourtant (veut) bien s'occuper 'du n&#244;tre ...&lt;/i&gt;'. Plus loin Rousseau rappelle opportun&#233;ment (c'est bien la croix de la philosophie) que ' les sages qui veulent parler au vulgaire leur langage au lieu du sien n'en sauraient &#234;tre entendus'. Or cet attachement &#224; la position du l&#233;gislateur me para&#238;t en partie responsable d'une dialectique funeste : l'emphase et la sup&#233;riorit&#233; de son discours produit l'incompr&#233;hension des auditeurs et la marginalisation de celui qui l'&#233;met. Comme Rousseau le remarque, le recours du l&#233;gislateur c'est alors la religion, autrement dit ' &lt;i&gt;(s'&#233;lever) au-dessus de la port&#233;e des hommes vulgaires, (mettre) les d&#233;cisions dans la bouche des immortels pour entra&#238;ner par l'autorit&#233; divine ceux que ne pourrait &#233;branler la prudence humaine &lt;/i&gt;'. Curieuse ironie de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;3. Comment sortir de l'impasse.&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, toujours sur le mode rhapsodique, je fais &#233;tat d'exp&#233;riences, de rencontres, de r&#233;flexions qui me paraissent porteuses d'espoir pour ceux qui refusent l'amer suicide auquel me semble in&#233;vitablement mener le blocage actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- premi&#232;rement :&lt;/strong&gt; une fa&#231;on d'&#233;chapper &#224; la dialectique funeste sup&#233;riorit&#233; / marginalit&#233; que je viens d'&#233;voquer (exceptionnalit&#233;, extra-territorialit&#233; de la philosophie) me para&#238;t &#234;tre de &lt;strong&gt;penser l'enseignement de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques (mais aussi dans les autres s&#233;ries et fili&#232;res des lyc&#233;es) en des termes communs &lt;/strong&gt;(&#224; l'&#233;poque de Rousseau on aurait dit : ' vulgaires '). A cet &#233;gard, ce qu'il m'est demand&#233; de faire en pr&#233;pa EC dans le cadre d'un enseignement dit de ' culture g&#233;n&#233;rale ' (terme qui depuis 95 a remplac&#233; le titre ' culture et sciences humaines ') o&#249; j'ai &#224; intervenir sur un programme commun au professeur de philosophie et au professeur de lettres me donne &#224; r&#233;fl&#233;chir. Professeur de lettre et professeur de philosophie doivent avoir un minimum de langage commun, de r&#233;f&#233;rences communes, d'exercices communs, etc. Je reviendrai sur le probl&#232;me &#233;pineux de la dissertation, mais comme &lt;strong&gt;je trouve extr&#234;mement nuisible l'extraterritorialit&#233; de la philosophie cantonn&#233;e en Terminale &lt;/strong&gt;et artificielle, parce qu'inop&#233;rante en l'&#233;tat, la proposition d'&#233;tendre son enseignement en amont tant que l'on ne se sera pas prononc&#233; plus clairement et en termes ' communs ' sur la d&#233;finition et la localisation de cette discipline dans le cadre de l'enseignement obligatoire en lyc&#233;e, &lt;strong&gt;je me demande si la d&#233;finition d'un programme de culture g&#233;n&#233;rale commun &#224; plusieurs disciplines &lt;/strong&gt;(celles que dans ces s&#233;ries on regroupe sous le nom d' ' enseignement g&#233;n&#233;ral ' distingu&#233; de l' ' enseignement professionnel ') ne repr&#233;senterait pas une avanc&#233;e int&#233;ressante. Je sais dans que m&#233;pris est tenue par certains de nos coll&#232;gues l'id&#233;e m&#234;me de culture g&#233;n&#233;rale, mais je ne vois pas pourquoi, &#224; moins d'une vision des choses &#233;trangement aristocratique plut&#244;t que de nous lamenter sur l'absence de culture g&#233;n&#233;rale comme rendant difficile sinon impossible un enseignement &#233;l&#233;mentaire de philosophie, nous ne contribuerions pas avec d'autres &#224; faire acqu&#233;rir &#224; nos &#233;l&#232;ves le minimum vital &#224; cet &#233;gard. Certains des th&#232;mes retenus par la commission Renaut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces fameuses questions &#224; ancrage contemporain constituaient une innovation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; au titre des ' question &#224; ancrage contemporain ' me paraissaient relever de cette pr&#233;occupation et je ne comprends toujours pas les anath&#232;mes dont ces questions ont &#233;t&#233; l'objet. Quoi qu'il en soit, un professeur de philosophie ne me parait pouvoir apporter valablement sa contribution propre &#224; l'examen d'un th&#232;me de culture g&#233;n&#233;rale (historique, juridique esth&#233;tique, scientifique, technique, religieux, etc.) que s'il prend la pr&#233;caution minimale de v&#233;rifier comment, dans quels termes, avec quels outils, etc., le th&#232;me est abord&#233; dans les disciplines dont il est plus sp&#233;cifiquement l'objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- deuxi&#232;mement : la dissertation. &lt;/strong&gt;Dans les concours d'entr&#233;e aux &#233;coles de commerce et de gestion, les &#233;l&#232;ves de classe pr&#233;paratoire EC toutes options confondues, ont une &#233;preuve obligatoire de dissertation dont le sujet porte sur le programme de culture g&#233;n&#233;rale, lequel, je le r&#233;p&#232;te, est trait&#233; parall&#232;lement par le professeur de lettres et par le professeur de philosophie. Je corrige depuis plusieurs ann&#233;es le concours ESC : le jury dissertation est compos&#233; d'un nombre &#233;gal de professeur de lettres et de professeurs de philosophie ; pas de double correction, chaque copie est corrig&#233;e soi par un professeur de lettres soit par un professeur de philosophie ; le jury a une r&#233;union d'entente pr&#233;alable &#224; la remise des copies, r&#233;union durant laquelle 4 copies sont corrig&#233;es en commun. Aux distorsions dont nous, professeurs de philosophie sommes habituellement t&#233;moins dans les commissions d'entente et d'harmonisation du baccalaur&#233;at et que nous savons plus ou moins bien traiter, s'ajoutent naturellement les distorsions dues &#224; la diff&#233;rence des disciplines : la principale provient du statut de la r&#233;f&#233;rence aux oeuvres dans la dissertation (&#224; quoi s'ajoute &#233;videmment le fait que bien des oeuvres litt&#233;raires sont ignor&#233;es des professeurs de philosophie et bien des oeuvres philosophiques par les professeurs de lettres). Bref, je ne sais pas (ou plut&#244;t je crains de savoir) ce que donnerait un audit de la correction de la dissertation au concours ESC. C'est pourquoi l'argument selon lequel les difficult&#233;s qu'&#233;prouvent nos &#233;l&#232;ves de Terminale en philosophie proviennent essentiellement du fait qu'ils n'y sont pas pr&#233;par&#233;s par les professeurs de fran&#231;ais dans les classes ant&#233;rieures me semble parfaitement hypocrite : quand pr&#233;paration il y a, un probl&#232;me demeure qui ne vient pas des &#233;l&#232;ves mais principalement de ce que les professeurs de lettres et ceux de philosophie d&#233;signent d'un m&#234;me mot un exercice dont les r&#233;quisits sont diff&#233;rents (voir d'ailleurs la distinction, je suppose parfaitement canonique, en kh&#226;gne, entre dissertation litt&#233;raire et dissertation philosophique&lt;strong&gt;). Une solution minimale serait de travailler en commun sur la rh&#233;torique de la dissertation : il faudrait alors que cessent les manifestations de ce m&#233;pris hautain dont la rh&#233;torique est fr&#233;quemment l'objet de la part de certains d'entre nous. &lt;/strong&gt;Quoi qu'il en soit nos &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques entendent parler de dissertation ailleurs qu'en philosophie ou en fran&#231;ais : en &#233;conomie-droit pour les tertiaires, en histoire-g&#233;ographie pour tous. Notre responsabilit&#233; institutionnelle, avant d'entreprendre quoi que ce soit, serait au minimum de faire un &#233;tat commun des lieux (et un &#233;tat des lieux communs de chaque discipline) &#224; ce sujet : l&#224; encore, se barricader dans la citadelle philosophique en pr&#233;tendant qu'elle est attaqu&#233;e, est parfaitement contre-productif. En attendant, je me demande si nous ne pourrions pas, plus modestement, baser davantage l'apprentissage et l'&#233;valuation des acquis sur des oeuvres communes, en entendant le substantif et l'adjectif &#224; tous les sens : ' &#339;uvres ' au sens canonique et patrimonial, pas forc&#233;ment philosophiques mais aussi litt&#233;raires, pas forc&#233;ment lettr&#233;es mais aussi, par exemple, cin&#233;matographiques ou th&#233;&#226;trales (j'ai par exemple travaill&#233; 5 semaines, c'est-&#224;-dire 10 heures avec des STI sur le film La Promesse, des fr&#232;res Dardenne, que j'ai utilis&#233; comme support de la r&#233;flexion pour trois des notions du programme : conscience, raison et v&#233;rit&#233; ; je pense au Galil&#233;e de Brecht, etc., &#224; &#338;dipe Roi et Antigone de Sophocle ; cf. le programme des pr&#233;pa scientifiques) ; oeuvres au sens de r&#233;alisation personnelle ou collective identifiable et durable : un dossier, un essai, &#233;crit ou oral, etc. (et pour nombre de nos &#233;l&#232;ves, la toute simple lecture est d&#233;j&#224; &#224; elle seule une oeuvre). ' Communes ' au sens de l'ancien ' vulgaire ' : ce qu'un public, une culture consid&#232;re comme des r&#233;f&#233;rences (je pense aux D&#233;clarations de 1789, de 1948, &#224; certains grands mythes, etc.) ; au sens de ce qui est commun &#224; plusieurs disciplines (Galil&#233;e, Pascal, Voltaire, Primo L&#233;vi, etc.) ; au sens de ce qui n'est pas la r&#233;alisation d'un seul mais d'un groupe : la conception et la r&#233;alisation d'un robot par des STL d'une exposition par des STT, etc. &lt;strong&gt;Il me semble en tout cas indispensable, pour &#233;viter l'absolue insignifiance de la plupart des copies produites au baccalaur&#233;at, de tenir compte d'une mani&#232;re ou d'une autre d'un travail concr&#232;tement fait durant l'ann&#233;e&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- troisi&#232;mement : le mode actuel d'intervention de la philosophie en Terminale dans les s&#233;ries technologiques &lt;/strong&gt;(mais aussi, j'en suis convaincu, dans les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales) &lt;strong&gt;me semblant in&#233;vitablement et &#224; plus ou moins long terme vou&#233; &#224; l'&#233;chec &lt;/strong&gt;(cf. la dialectique souverainet&#233;/ marginalit&#233; que je d&#233;non&#231;ais plus haut ; cf. la consomption incurable des Terminales L en tant que s&#233;rie dont la philosophie est la sp&#233;cialit&#233;), cet &#233;chec me paraissant d&#251; principalement &#224; l'abstraction de la philosophie (&#224; la fois son isolement et sa pr&#233;tention &#224; produire elle-m&#234;me les objets ou les th&#232;mes de sa r&#233;flexion, pr&#233;tention &#224; l'auto-fondation ruineuse au niveau d'un enseignement &#233;l&#233;mentaire de philosophie), la solution est de modifier ce mode d'intervention en substituant l'horizontalit&#233; &#224; la verticalit&#233;, la secondarit&#233; &#224; la primarit&#233;, la subsidiarit&#233; &#224; la centralit&#233;. La subsidiarit&#233; au sens institutionnel : ne jamais traiter &#224; l'&#233;chelon central ou national ce qui peut l'&#234;tre &#224; l'&#233;chelon local ou r&#233;gional. Or il y une r&#233;flexivit&#233; propre aux disciplines r&#233;gionales (en histoire, en droit, dans les sciences et les techniques, etc.) mais aussi &#224; l'opinion, &#224; la litt&#233;rature, &#224; la religion, etc., qu'au lieu de n&#233;gliger ou de m&#233;priser la philosophie gagnerait au contraire &#224; pr&#233;cis&#233;ment rep&#233;rer, exploiter et d&#233;velopper ; ce qui n' est possible que dans la collaboration et pas dans la concurrence. La secondarit&#233; au sens que donne &#224; ce terme R&#233;mi Brague, dans Europe, la voie romaine (Crit&#233;rion, puis maintenant Folio) : l'Europe se constitue via Rome par la reprise, la traduction, la transmission, le commentaire (second) d'un d&#233;p&#244;t (premier) qui provient d'ailleurs et dont elle conserve scrupuleusement l'original (l'Ancien Testament en regard du Nouveau, les po&#232;tes et philosophes grecs en regard de leurs h&#233;ritiers et traducteurs latins). Or sa date et son lieu de naissance font que la conception fran&#231;aise de la philosophie (l'exception fran&#231;aise) est davantage primaire (la rupture avec l'opinion, la religion, la litt&#233;rature, l'Ancien R&#233;gime, le primat de Platon sur Aristote, de Descartes sur Montaigne ou Pascal etc. ; cf. aussi, symptomatiquement, l'&#233;loge r&#233;current de l'instituteur et de la r&#233;publique, premi&#232;re et troisi&#232;me, &#233;videmment, surtout pas seconde ni quatri&#232;me !). Or un enseignement secondaire de la philosophie me semble ne pouvoir se concevoir et se d&#233;velopper que dans la conjonction et non dans la rupture avec un quelque chose d'autre et de premier (les lettres, les sciences, les techniques, le droit, l'histoire, bien s&#251;r, mais aussi l'opinion, l'actualit&#233;, l'exp&#233;rience de chacun, etc.). L'horizontalit&#233;, enfin, parce qu'au lieu de la verticalit&#233; et de la juxtaposition des diff&#233;rentes disciplines dans l'ignorance, l'indiff&#233;rence et quelquefois le m&#233;pris mutuels seule une articulation et une harmonisation horizontales des programmes des diff&#233;rentes disciplines et activit&#233;s de chaque s&#233;rie ou fili&#232;re peuvent donner du sens &#224; la r&#233;flexion philosophique. Au stade de l'initiation et de l'&#233;l&#233;mentaire, le mode d'intervention du professeur de philosophie devrait &#234;tre aussi souvent que possible celui de la co-intervention.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;4. Pour finir.&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise que conna&#238;t l'enseignement de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques me semble embl&#233;matique parce que d&#233;cisive. Nous pouvons d&#233;cider de ne rien faire et laisser la philosophie mourir d'insignifiance (ce qui ne va cependant pas sans douleur de la part de beaucoup de ceux, surtout les plus jeunes, qui ont &#224; l'enseigner dans la situation actuelle). Nous pouvons aussi en profiter pour faire le diagnostic de ce qui est en jeu. Je dirais volontiers avec Jean-Joseph Goux (Oedipe philosophe, Aubier, 1990) que ce n'est rien de moins que l'origine et le statut oedipiens de la philosophie qui sont en cause du fait de sa pr&#233;tention ' individualiste et auto-didacte ', auto-fond&#233;e, &#224; la r&#233;solution des &#233;nigmes (cf. p. 118-122) : tout apprendre par soi-m&#234;me et par les seules ressources de sa propre raison. Or il est manifestement et performativement contradictoire de pr&#233;tendre initier de jeunes esprits &#224; quoi que ce soit sur la base d'un tel principe. Prenons donc acte de ce que si nous voulons continuer &#224; pratiquer une discipline que nous aimons, il nous faut imp&#233;rativement sortir du superbe mais bient&#244;t pitoyable isolement dans lequel elle se tient en Terminale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lo&#239;c de Kerimel, 31 ao&#251;t 2001.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur ce site la rubrique sur &lt;i&gt;l'histoire &lt;/i&gt;&lt;i&gt;critique&lt;/i&gt;&lt;i&gt; de la guerre des programmes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf . Note pr&#233;c&#233;dente (voir l'&lt;i&gt;acte 2 &lt;/i&gt;pour les documents).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces fameuses questions &#224; ancrage contemporain constituaient une innovation int&#233;ressante ; malheureusement on sait ce qu'il advint : ceux-l&#224; m&#234;me qui avaient p&#233;titionn&#233; contre les propositions Derrida-Bouveresse ressuscit&#232;rent 10 ans plus tard leur &#171; collectif de professeurs &#187; pour obtenir la suppression des dites questions avant d'obtenir la mort du projet Renaut. Voir sur le site la rubrique &lt;i&gt;l'histoire &lt;/i&gt;&lt;i&gt;critique&lt;/i&gt;&lt;i&gt; de la guerre des programmes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour un vrai d&#233;bat, par Jacques Derrida</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/pour-un-vrai-debat-par-jacques-derrida</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/pour-un-vrai-debat-par-jacques-derrida</guid>
		<dc:date>1989-11-15T17:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph, Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>Derrida</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Premi&#232;res r&#233;ponses &#224; quelques objections &lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s le mois d'octobre 89 - et alors que le texte du Rapport de la Commission ne devait &#234;tre officiellement rendu publiable que vers la mi-novembre - le Bureau de la tr&#232;s conservatrice APPEP avait distribu&#233;, en 'suppl&#233;ment' (tir&#233; &#224; part et tr&#232;s largement diffus&#233;...) au num&#233;ro de Septembre-Octobre de 'L'enseignement philosophique', un fascicule de 'documentation critique' explicitement destin&#233; &#224; 'alerter l'ensemble de nos coll&#232;gues', et, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/" rel="directory"&gt;Documents relatifs &#224; la guerre des programmes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/derrida" rel="tag"&gt;Derrida&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premi&#232;res r&#233;ponses &#224; quelques objections&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D&#232;s le mois d'octobre 89 - et alors que le texte du Rapport de la Commission ne devait &#234;tre officiellement rendu publiable que vers la mi-novembre - le Bureau de la tr&#232;s conservatrice APPEP avait distribu&#233;, en 'suppl&#233;ment' (tir&#233; &#224; part et tr&#232;s largement diffus&#233;...) au num&#233;ro de Septembre-Octobre de '&lt;/i&gt;L'enseignement philosophique&lt;i&gt;', un fascicule de 'documentation critique' explicitement destin&#233; &#224; 'alerter l'ensemble de nos coll&#232;gues', et, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;naturellement non accompagn&#233; de la reproduction int&#233;grale du texte &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;critiqu&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En fait, c'&#233;tait un v&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&#233;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;ritable libelle de d&#233;sinformation et d'intoxication, pr&#233;sentant, &#224; coup d'amalgames de citations fallacieusement tronqu&#233;es et abusivement isol&#233;es du contexte, une &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;caricature absolument ahurissante&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;des propositions de la Commission, visant manifestement ainsi &#224; susciter &lt;/i&gt;a priori &lt;i&gt;la pr&#233;vention et le rejet, et &#224; &#233;touffer dans l'&#339;uf tout d&#233;bat...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La r&#233;ponse de Jacques Derrida est parue dans le num&#233;ro de Novembre-D&#233;cembre de '&lt;/i&gt;L'enseignement philosophique&lt;i&gt;' - organe de l'APPEP - qui par ailleurs continuait &#224; mener la charge contre les propositions de la Commission accus&#233;e d'&#234;tre &#171; &lt;/i&gt;un moyen de pression &lt;i&gt; &#187; pour imposer les dogmes d'une &#171; &lt;/i&gt;p&#233;dagogie officielle &lt;i&gt; &#187; (Jean-Lefranc &#8211; pr&#233;sident de l'APPEP, &#171; Une consultation discr&#233;dit&#233;e &#187;, &lt;/i&gt;dans ce m&#234;me num&#233;ro&lt;i&gt;).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A l'outrance de ces attaques qui ne pouvaient convaincre que ceux qui, nombreux, n'avaient pas lu le Rapport, Jacques Derrida, au nom de la Commission, eu l'&#233;l&#233;gance de r&#233;pondre de mani&#232;re non pol&#233;mique, invitant les professeurs de philosophie &#224; engager un d&#233;bat digne de ce nom. On conna&#238;t la suite&#8230; un &#171; Collectif &#187; contre le projet Derrida-Bouveresse se constitua &#171; spontan&#233;ment &#187; et sa propagande fut amplement relay&#233;e et soutenue par l'APPEP&#8230; ; il faut dire que parmi ses initiateurs figuraient d'&#233;minents responsables de l'APPEP, les m&#234;mes qui 13 ans plus tard monteront un nouveau 'Collectif' tout aussi spontan&#233; contre les programmes dits 'Renaut'&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****************************************************************&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Derrida nous a demand&#233; &#224; exposer le point de vue de la commission qu'il pr&#233;side avec Jacques Bouveresse. Nous lui donnons volontiers la parole. Nos lecteurs pourront comparer avec notre plaquette, suppl&#233;ment du pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux de notre commission n'ont pas donn&#233; lieu &#224; des conclusions mais &#224; propositions ouvertes, avanc&#233;es comme telles, et destin&#233;es &#224; nourrir une discussion large, patiente, scrupuleuse et inform&#233;e. Si la brochure sp&#233;ciale que vous y avez consacr&#233;e confirme la n&#233;cessit&#233; d'un tel d&#233;bat, elle nous parait malheureusement le limiter trop vite : une pr&#233;sentation qui ignore la coh&#233;rence de notre d&#233;marche et passe quasiment sous silence notre expos&#233; des motifs a toute chance de rendre nos propositions peu intelligibles et de susciter &#224; notre &#233;gard tous les soup&#231;ons. D'autant plus que la diffusion actuellement tr&#232;s restreinte de notre rapport emp&#234;che la plupart de vos lecteurs d'en avoir une connaissance directe et compl&#232;te. Aussi cette r&#233;ponse, dont nous vous remercions d'avoir bien voulu accepter la publication, ne vise-t-elle ni &#224; engager une pol&#233;mique, ni &#224; d&#233;fendre &#224; tout prix des id&#233;es qui, loin de constituer un syst&#232;me arr&#234;t&#233;, forment donc plut&#244;t un ensemble de perspectives et de suggestions &#224; pr&#233;ciser, infl&#233;chir ou compliquer. En esp&#233;rant que la lecture int&#233;grale de notre rapport r&#233;pondra &#224; bien des inqui&#233;tudes ou des objections et permettra &#224; la discussion de se d&#233;velopper parmi vos lecteurs, nous voudrions simplement, dans les limites du temps et de l'espace dont nous disposons, pr&#233;ciser ici la lettre et l'esprit de certaines de nos propositions. Nous poserons clairement quelques questions qui &#224; nos yeux m&#233;ritent la r&#233;flexion commune de tous ceux que pr&#233;occupent la situation et l'avenir de l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Comment, dans le contexte d'une r&#233;forme des lyc&#233;es, garantir &#224; l'enseignement de la philosophie toute sa place et toute sa coh&#233;rence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Born&#233; &#224; la seule Terminale, l'enseignement de la philosophie occupe une position d'exception qui est en r&#233;alit&#233; une position de faiblesse : il est &#224; la merci de toute modification des horaires ou de l'organisation du baccalaur&#233;at. Le meilleur moyen de le d&#233;fendre n'est pas de s'accrocher au statu quo, mais d'exiger &#171; &lt;i&gt;une extension, un espace, un temps, et une coh&#233;rence qui sont depuis longtemps des droits reconnus &#224; toutes es disciplines fondamentales. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Aucune discipline fondamentale n'est confin&#233;e dans le temps d'une seule ann&#233;e acad&#233;mique&lt;/strong&gt; &#187; Les passages en italique sont des extraits de notre rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est pourquoi nous proposons de r&#233;organiser la formation philosophique en l'articulant en trois temps :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1. Un temps &lt;/i&gt;d'&lt;strong&gt;initiation&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, d&#232;s la premi&#232;re, dans le cadre d'un enseignement interdisciplinaire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2. Un temps de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;formation&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; : la terminale doit rester le temps fort et la philosophie y conserver un volume horaire suffisant pour une formation efficace. Il ne devrait en aucun cas &#234;tre inf&#233;rieur &#224; l'horaire actuel.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3. Un temps &lt;/i&gt;d'&lt;strong&gt;approfondissement &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;au niveau du premier cycle des Universit&#233;s, non seulement litt&#233;raires, mais aussi scientifiques, juridiques, m&#233;dicales, etc. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 - &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Faut-il faire commencer la philosophie en Premi&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois raisons au moins militent en faveur de cette id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- &lt;/i&gt;la demande des &#233;l&#232;ves : &lt;i&gt;&#171; ils consid&#232;rent que la bri&#232;vet&#233; de l'enseignement philosophique est un handicap pour l'assimilation de cette discipline nouvelle. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'exigence de progressivit&#233; : &lt;i&gt;&#171; l'enseignement de la philosophie a trop souvent &#233;t&#233; con&#231;u sur le mod&#232;le de la conversion ; il doit plut&#244;t &#234;tre envisag&#233; comme un apprentissage m&#233;thodique et progressif des connaissances et des comp&#233;tences requises. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- &lt;/i&gt;L'int&#233;r&#234;t d'une initiation interdisciplinaire &#224; la philosophie : c'est sans doute en liaison avec les probl&#232;mes rencontr&#233;s dans les autres disciplines que l'int&#233;r&#234;t et la n&#233;cessit&#233; du questionnement philosophique peuvent &#234;tre le mieux compris et justifi&#233;s. &#171; La philosophie devrait consid&#233;rer comme une de ses obligations et l'une de ses ch&lt;i&gt;ances de favoriser la communication non seulement entre la culture litt&#233;raire et la culture scientifique, mais &#233;galement entre les diff&#233;rents secteurs du savoir et de la culture dont l'&#233;parpillement pose aujourd'hui tant de probl&#232;mes aux &#233;l&#232;ves &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet enseignement serait anim&#233; en permanence par le professeur de philosophie, mais il en partagerait la responsabilit&#233; avec les professeurs des autres disciplines qui y interviendraient dans des proportions et selon des modalit&#233;s &#224; d&#233;finir en commun (interventions altern&#233;es, cours &#224; 2 ou 3 voix, demi-journ&#233;es ou journ&#233;es banalis&#233;es et organis&#233;es en commun). Le volume horaire serait fix&#233; sur une base annuelle. Dans un premier temps au moins, il ne serait pas inf&#233;rieur &#224; 75 heures (soit l'&#233;quivalent de 2 heures hebdomadaires). Une r&#233;partition pourrait &#234;tre propos&#233;e en trois modules trimestriels de 25 heures chacun, respectivement intitul&#233;s : 1. Philosophie/Sciences (logique, math&#233;matiques, physique et biologie). 2. Philosophie/Sciences sociales (Histoire, g&#233;ographie, sociologie, droit, &#233;conomie, politique). 3. Philosophie/Langage (rh&#233;torique, traduction, langues, arts et litt&#233;ratures). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la mise en place d'une telle initiation soul&#232;ve de multiples probl&#232;mes et bouscule les habitudes, c'est l'&#233;vidence. Ce serait pourtant une politique frileuse et &#224; courte vue que de se r&#233;fugier derri&#232;re l'&#233;num&#233;ration de ces difficult&#233;s pour refuser une innovation capable d'&#233;largir et d'enrichir les perspectives de l'enseignement philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 - &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Les obstacles que rencontre l'enseignement philosophique tiennent-lis avant tout &#224; l'insuffisance des horaires, ou &#224; l'&#233;ca&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;rt entre ce dont les &#233;l&#232;ves sont capabl&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;es et les exigences impliqu&#233;es par le programme et la d&#233;finition de l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que le d&#233;veloppement des fili&#232;res techniques a entra&#238;n&#233; une d&#233;gradation des conditions de travail des professeurs, et non moins &#233;vident que le d&#233;doublement d'une heure dans les sections techniques et scientifiques serait une am&#233;lioration consid&#233;rable. Mais il ne nous para&#238;t ni lucide ni raisonnable de faire de la question des horaires le n&#339;ud des probl&#232;mes. Peu raisonnable, car quand bien m&#234;me on penserait qu'avec 4 ou 6 heures hebdomadaires on peut apprendre la dissertation philosophique aux &#233;l&#232;ves de G (ce qui est douteux), ni ceux-ci ni les enseignants des autres disciplines n'accepteraient, et &#224; juste titre, un tel horaire dans des sections d&#233;j&#224; surcharg&#233;es. Il faut renoncer &#224; enseigner la philosophie &#224; ces &#233;l&#232;ves ou b&#226;tir pour eux un enseignement compatible avec un faible volume horaire. Peu lucide car l'attention exclusive aux probl&#232;mes d'horaire masque les difficult&#233;s les plus graves. Ce n'est pas noircir le tableau ou monter en &#233;pingle une mauvaise humeur de correcteur que de constater que &#171; &lt;i&gt;la plupart des copies de baccalaur&#233;at ne r&#233;pondent pas aux exigences minimales d'une dissertation de philosophie. &#187; &lt;/i&gt;Pour &#234;tre affront&#233;es dans des conditions satisfaisantes, les &#233;preuves actuelles supposent &#224; la fois une capacit&#233; rh&#233;torique ou une culture g&#233;n&#233;rale hors de port&#233;e de 90% des &#233;l&#232;ves, et une familiarit&#233; avec une telle diversit&#233; de probl&#232;mes, un usage ma&#238;tris&#233; d'un tel nombre de concept et d'id&#233;es qu'il est rigoureusement impossible &#224; la plupart de les assimiler en un an, m&#234;me dans les sections b&#233;n&#233;ficiant d'un fort volume d'heures. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la cr&#233;dibilit&#233; de l'enseignement de la philosophie implique un contrat clair avec les &#233;l&#232;ves quant aux comp&#233;tences exig&#233;es d'eux, une diversification des exercices qui relativise la place de la dissertation et une r&#233;organisation des programmes qui permette de fixer clairement les savoirs et les savoir-faire exigibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 - Comment, concilier l'indispensable libert&#233; du professeur et la n&#233;cessit&#233; de sp&#233;cifier bien plus rigoureusement ce qui est exigible des &#233;l&#232;ves ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; et la responsabilit&#233; individuelle du professeur sont garantes du caract&#232;re authentiquement philosophique de son enseignement. Et nul ne songe &#224; remettre en cause un tel acquis. Reste que les &#233;l&#232;ves de doivent pas &#234;tre livr&#233;s &#224; l'ind&#233;termin&#233;, qu'ils sont en droit d'avoir pu apprendre par l'&#233;cole ce qu'on attend qu'ils sachent et sachent faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour concilier ces deux exigences, nous proposons un &lt;i&gt;double&lt;/i&gt; &lt;i&gt;programme : &lt;/i&gt;un programme &lt;i&gt;g&#233;n&#233;ral&lt;/i&gt; de notions fondamentales et d'outils conceptuels, cadre national et durable de l'enseignement, et un programme &lt;i&gt;sp&#233;cial&lt;/i&gt; de 2 &#224; 4 &#224; 4 probl&#232;mes, auxquels des textes seraient associ&#233;s, fix&#233; annuellement par acad&#233;mie. Les &#233;l&#232;ves pourraient ainsi acqu&#233;rir une r&#233;elle comp&#233;tence sur des questions d&#233;termin&#233;es tout en conservant un large horizon philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me esprit ; nous proposons d'associer &#224; l'&#233;preuve de &lt;i&gt;dissertation &lt;/i&gt;(dont il faut diversifier les modalit&#233;s) un &lt;i&gt;exercice de questions &#171; portant aussi bien sur le vocabulaire philosophique de base, ou des distinctions philosophiques &#233;l&#233;mentaires que sur des points de rep&#232;re essentiels dans l'histoire de la philosophie. &#187; &lt;/i&gt;On ne voit gu&#232;re ce qu'il y aurait d'anti-philosophique &#224; demander &#224; des &#233;l&#232;ves de dire en 10 ou 20 lignes &lt;i&gt;ce &lt;/i&gt;qu'ils comprennent sous les termes d'&#171; empirisme &#187;, d'&#171; essence &#187; et d'&#171; existence &#187; ou de &#171; philosophie des lumi&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 - &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;A quelles conditions un enseignement de philosophie dans le technique est-il possible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'enseignement de la philosophie dans les sections techniques constitue un enjeu d&#233;cisif. Pourtant les probl&#232;mes qu'il soul&#232;ve ont &#233;t&#233; syst&#233;matiquement minor&#233;s ou ignor&#233;s depuis vingt ans. Avec la multiplication des classes de section G, et l'extension de son enseignement aux sections F, la philosophie atteint d&#233;sormais un public qu'elle n'a jamais eu. Il y a l&#224; pour elle une chance historique qui jusqu'&#224; pr&#233;sent a &#233;t&#233; compl&#232;tement perdue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inad&#233;quation du mod&#232;le en vigueur est manifeste : l'indigence des copies les rend in&#233;valuables ; la plupart des &#233;l&#232;ves oscillent entre le d&#233;couragement et le m&#233;pris, entre croire qu'ils ne sont pas capables de faire de la philosophie et juger qu'elle ne vaut pas une heure de peine ; les professeurs ont le sentiment qu'on leur assigne une mission impossible et de n'&#234;tre pas en mesure tout simplement d'exercer leur m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne comprend gu&#232;re en quoi il serait anti-d&#233;mocratique &#171; de prendre en compte ce que les &#233;l&#232;ves sont &#187; : refuser de le faire trahirait plut&#244;t une attitude &#233;litiste et irr&#233;aliste qui pr&#233;tendrait imposer &#224; des &#233;l&#232;ves un moule qui n'a jamais &#233;t&#233; con&#231;u pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#171; la volont&#233; et les moyens d'&#233;laborer pour ces &#233;l&#232;ves un autre mod&#232;le d'enseignement, qui d'une part s'appuie davantage sur leurs questions, pr&#233;occupations et motivations, et qui d'autre part fasse appel &#224; une gamme diversifi&#233;e d'exercices et de travaux &#233;crits et oraux mieux adapt&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre rapport pr&#233;sente un certain nombre de suggestions : d&#233;doublement d'une heure, regroupement de cours sur un semestre, &#233;preuve de bac orale sur dossier ou contr&#244;le continu, etc. Mais ces probl&#232;mes exigent une confrontation des exp&#233;riences de tous ceux qui actuellement enseignent dans ces sections. Des &#201;tats G&#233;n&#233;raux de l'enseignement de la philosophie dans le technique sont urgents et indispensables. Pourquoi une Association comme la v&#244;tre n'en prendrait-elle pas l'initiative ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les Membres de la Commission&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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