<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>ACIREPh</title>
	<link>https://acireph.org/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>ACIREPh</title>
		<url>https://www.acireph.org/IMG/logo/logo_acireph5.jpg?1707424856</url>
		<link>https://acireph.org/</link>
		<height>15</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Manifeste pour l'enseignement de la philosophie</title>
		<link>https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/article/manifeste-pour-l-enseignement-de-la-philosophie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/article/manifeste-pour-l-enseignement-de-la-philosophie</guid>
		<dc:date>2020-08-29T01:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;dagogie</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>Connaissances</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce texte est un acte fondateur de l'association. Il part d'un &#233;tat des lieux de l'enseignement de la philosophie en France pour en arriver &#224; une liste de 10 chantiers qui d&#233;finissent les buts de l'ACIREPh.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Manifeste pour l'enseignement de la philosophie a &#233;t&#233; unanimement approuv&#233; lors de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du 31 mars 2001. Il a &#233;t&#233; actualis&#233; en 2020.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acireph.org/l-acireph/presentation-de-l-acireph/" rel="directory"&gt;Pr&#233;sentation de l'ACIREPh&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/activites" rel="tag"&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/pedagogie" rel="tag"&gt;P&#233;dagogie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/avenir-de-la-philosophie" rel="tag"&gt;Avenir de la philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/connaissances" rel="tag"&gt;Connaissances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#034;&lt;i&gt;La philosophie n'est pas un temple, mais un chantier.&lt;/i&gt;&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Canguilhem&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e est en panne. Certes, il n'a jamais touch&#233; autant d'&#233;l&#232;ves qu'aujourd'hui et sa l&#233;gitimit&#233; n'a jamais &#233;t&#233; mieux &#233;tablie dans une soci&#233;t&#233; o&#249; la demande de philosophie, quelle que soit son ambigu&#239;t&#233;, n'a jamais &#233;t&#233; aussi forte. Mais sa vitalit&#233;, sa capacit&#233; de renouvellement sont atteintes et les sympt&#244;mes d'un d&#233;p&#233;rissement de la philosophie scolaire se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des sympt&#244;mes de d&#233;p&#233;rissement&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Un grand nombre d'&#233;l&#232;ves&lt;/i&gt; &#8212; et pas seulement dans les s&#233;ries technologiques &#8212; &lt;i&gt;ne parviennent pas &#224; tirer un r&#233;el profit de l'enseignement de philosophie tel qu'il leur est actuellement dispens&#233;&lt;/i&gt;. Cela fait dire que les &#233;l&#232;ves qui n'ont pas de philosophie en demandent, mais que ceux qui en font s'y ennuient. La formule est sans doute excessive, mais les constats que tout un chacun peut faire au moment du baccalaur&#233;at ne sont gu&#232;re encourageants : nombre de copies ne portent aucune trace d'un an de philosophie, et malgr&#233; leur bonne volont&#233; &#233;vidente la plupart n'en contiennent que des bribes confuses ; seule une fraction d'entre elles t&#233;moignent de l'acquisition des rudiments d'une culture et d'une d&#233;marche philosophique. Les difficult&#233;s d'&#233;valuation, si fr&#233;quemment &#233;voqu&#233;es (et auxquelles la profession ne s'est jamais vraiment donn&#233; les moyens de faire face, sauf &#224; relever la notation d'une fa&#231;on volontariste qui &#233;lude le probl&#232;me), ne sont qu'un sympt&#244;me : ce qu'enregistre en d&#233;finitive l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at - et qu'on constate au-del&#224; du bac dans toutes les formations sup&#233;rieures - c'est l'incapacit&#233; de l'enseignement de philosophie &#224; former actuellement d'une mani&#232;re satisfaisante une grande partie des &#233;l&#232;ves qui lui sont confi&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Face &#224; l'expression de nouvelles demandes et de nouveaux besoins, on enregistre dans la profession des r&#233;actions de frilosit&#233; et de crispation. &lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Depuis trente ans, &lt;i&gt;toutes les tentatives pour r&#233;former les programmes ont &#233;chou&#233;&lt;/i&gt;. Plus globalement, la profession se montre incapable d'assurer une &#233;volution r&#233;guli&#232;re de la discipline qui tienne compte aussi bien de l'&#233;tat des d&#233;bats philosophiques contemporains que des changements dans l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques mois de philosophie en terminale, les &#233;l&#232;ves se plaignent presque unanimement d'avoir une seule ann&#233;e pour assimiler la d&#233;marche et la culture philosophique n&#233;cessaires et regrettent de n'avoir pas commenc&#233; d&#232;s la classe de premi&#232;re. Mais il faut bien reconna&#238;tre que &lt;i&gt;l'id&#233;e d'enseigner la philosophie sur deux ans, voire trois &lt;/i&gt; (comme c'est le cas dans la plupart des pays d'Europe o&#249; existe un enseignement, obligatoire ou optionnel, de philosophie) suscite encore aujourd'hui dans la profession des divergences sensibles d'appr&#233;ciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'enseignement dans les s&#233;ries technologiques&lt;/i&gt; reste un sujet tabou : le cadavre dans le placard. Les difficult&#233;s y sont criantes. Mais jamais on n'a pris la peine de r&#233;unir ceux qui y enseignent pour mesurer leurs succ&#232;s comme leurs &#233;checs, et en tirer les cons&#233;quences. Si nombre de professeurs se passionnent pour cet enseignement, et quelquefois y r&#233;ussissent, beaucoup attendent impatiemment la mutation qui les d&#233;livrera de ce qu'ils vivent comme un fardeau ; et plus d'un dit d&#233;sormais &#224; mi-voix qu'apr&#232;s tout la philosophie n'a peut-&#234;tre pas sa place dans ces s&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, est-il surprenant que &lt;i&gt;l'hypoth&#232;se d'un enseignement de la philosophie dans les lyc&#233;es professionnels&lt;/i&gt; inqui&#232;te plus qu'elle n'enthousiasme ? Sa mise en place poserait assur&#233;ment d'&#233;normes probl&#232;mes. Mais on peut se demander si, par l'effet de ses craintes, la profession ne pr&#233;f&#232;rera pas plut&#244;t renoncer devant l'obstacle que se demander si ce ne serait pas pour elle l'occasion d'innovations f&#233;condes et de remises en cause salutaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La philosophie est-elle encore formatrice ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Devant ces ph&#233;nom&#232;nes de fragilisation, de scl&#233;rose et de d&#233;sarroi, on peut se demander combien de temps encore la philosophie sera en mesure de justifier et de conserver sa place si particuli&#232;re dans l'enseignement secondaire fran&#231;ais. Et la question qui se pose est la suivante : &lt;strong&gt;A quelles conditions la philosophie au lyc&#233;e peut-elle rester ou redevenir une discipline vivante et formatrice ?&lt;/strong&gt; Cette question ne concerne pas seulement les enseignants de philosophie, mais tous ceux qui, &#224; des titres divers, s'int&#233;ressent &#224; elle parce qu'ils enseignent d'autres disciplines, parce qu'ils ont des responsabilit&#233;s syndicales ou politiques, parce qu'ils sont &#233;l&#232;ves, parents d'&#233;l&#232;ves, ou tout simplement des citoyens &#224; qui l'avenir de cet enseignement importe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour leur part, les professeurs de philosophie du secondaire se retrouvent extraordinairement d&#233;munis : il n'existe parmi eux aucune structure institutionnelle d'&#233;change didactique et p&#233;dagogique. Chacun est seul dans ses classes, aussi bien pour faire face &#224; ses &#233;checs et &#224; ses besoins que pour soutenir et poursuivre dans la dur&#233;e ses propres innovations. La formation initiale des professeurs de philosophie et leur formation continue restent presque exclusivement th&#233;oriques. Pire : les exp&#233;riences et les recherches didactiques et p&#233;dagogiques sont parfois accueillies avec m&#233;fiance ou m&#233;pris. Celui qui en exprime le besoin est aussit&#244;t soup&#231;onn&#233; d'entretenir une conception techniciste ou formaliste de l'enseignement qui ferait perdre &#224; la philosophie son &#226;me : il passe simplement pour un pi&#232;tre professeur parce qu'il serait un mauvais philosophe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La &#8220;doctrine officieuse&#8221; et ses cons&#233;quences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, p&#232;se depuis 50 ans sur l'enseignement de philosophie une &lt;i&gt;doctrine officieuse &lt;/i&gt; qui impr&#232;gne et oriente de fait la profession. Elle est &lt;i&gt;officieuse&lt;/i&gt; parce qu'elle ne figure comme telle dans aucune instruction officielle ni aucun texte de programme. Mais c'est une &lt;i&gt;doctrine&lt;/i&gt; parce qu'elle est explicite et coh&#233;rente ; elle a &#233;t&#233; express&#233;ment formul&#233;e lors de colloques, de conf&#233;rences et dans divers articles ; elle est en permanence rappel&#233;e en filigrane dans les rapports des jurys de concours ou certains rapports d'inspection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette doctrine part d'un principe qui inspire l'enseignement de la philosophie en France depuis plus d'un si&#232;cle :&lt;i&gt; l'enseignement de la philosophie est un enseignement philosophique.&lt;/i&gt; Sa finalit&#233; premi&#232;re n'est pas que l'&#233;l&#232;ve sache ce qu'ont dit Platon ou Descartes, mais qu'il apprenne &#224; mener par lui-m&#234;me une r&#233;flexion philosophique et d&#233;veloppe ainsi son esprit critique et l'autonomie de son jugement. C'est l&#224; un principe que personne ne conteste. Ce qui est contestable en revanche, c'est la d&#233;formation que la doctrine officieuse lui fait subir, et ce sont les normes et les repr&#233;sentations qu'elle pr&#233;tend en tirer pour l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du principe qu'un enseignement de la philosophie doit &#234;tre philosophique, elle croit pouvoir en d&#233;duire deux autres :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'enseignement de la philosophie &lt;i&gt;n'&lt;/i&gt;aurait &#224; r&#233;pondre &lt;i&gt;qu'&#224; &lt;/i&gt; des exigences philosophiques, &#224; l'exclusion de toute autre ; et&lt;/li&gt;&lt;li&gt; il lui &lt;i&gt;suffirait&lt;/i&gt; de satisfaire &#224; ces exigences pour &#234;tre ce qu'il doit &#234;tre.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, c'est &#224; partir de la &lt;i&gt;seule&lt;/i&gt; consid&#233;ration de l'essence de la philosophie que devrait se r&#233;gler son enseignement. Le sophisme est manifeste : que l'enseignement de la philosophie doive r&#233;pondre &#224; des exigences philosophiques n'implique &#233;videmment pas qu'il doive, et puisse m&#234;me, en ignorer d'autres, celles qui d&#233;coulent du fait qu'il est un enseignement et qu'il s'adresse, dans un cadre scolaire pr&#233;cis, &#224; des &#233;l&#232;ves d&#233;termin&#233;s : des exigences p&#233;dagogiques et didactiques. Elaborer un programme qui soit formateur pour les &#233;l&#232;ves d'une s&#233;rie d&#233;termin&#233;e, s'entendre sur des crit&#232;res d'&#233;valuation, concevoir un enseignement dans les lyc&#233;es professionnels, etc. : aucun de ces probl&#232;mes ne peut &#234;tre r&#233;solu sans articuler ensemble exigences philosophiques, p&#233;dagogie et didactique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette articulation, la doctrine officieuse la rend impossible : constituant la philosophie en puissance r&#233;gulatrice qui n'a de compte &#224; rendre qu'&#224; elle-m&#234;me, elle conduit &#224; juger son enseignement en rapport avec des exigences abstraites et id&#233;ales, jamais en rapport avec ses effets de formation sur ceux &#224; qui il s'adresse. L'enseignant de philosophie n'aurait &#224; justifier ce qu'il dit et fait qu'au regard d'une id&#233;e de la philosophie comme pens&#233;e qui se fonde en permanence sur elle-m&#234;me. Or cette id&#233;e rel&#232;ve d'&lt;i&gt;une&lt;/i&gt; conception de la philosophie ; elle est r&#233;cus&#233;e dans d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, une telle doctrine conduit &#224; ignorer ou m&#233;priser les exigences p&#233;dagogiques propres &#224; la situation scolaire : ou bien on pr&#233;tend qu'elles sont magiquement satisfaites pourvu que celles de la philosophie le soient ; ou bien on les renvoie &#224; l'idiosyncrasie et &#224; la &#8220;petite cuisine&#8221; de chaque enseignant. Cela revient &#224; entretenir la c&#233;cit&#233; sur les processus par lesquels les &#233;l&#232;ves s'approprient peu &#224; peu les comp&#233;tences et les savoirs requis et sur les obstacles qu'ils peuvent rencontrer dans ces apprentissages. Cela revient &#224; la n&#233;gation pure et simple du &lt;i&gt;m&#233;tier&lt;/i&gt; d'enseignant et des pratiques diverses par lesquelles chacun dans ses classes, de mani&#232;re intuitive ou m&#233;thodique, s'efforce de conduire le travail et la progression de ses &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &lt;i&gt;le mythe d'une discipline &#8220; ascolaire &#8221;&lt;/i&gt; se paie cher. Au fil des ann&#233;es s'est d&#233;velopp&#233;e une scolarisation rampante et non assum&#233;e de la philosophie, une mauvaise scolarisation : ce sont les sujets du bac et les manuels qui fixent le programme r&#233;el et ce sont les fascicules de m&#233;thode qui codifient la dissertation. Et tant qu'on se contentera de d&#233;clarer que les candidats au baccalaur&#233;at doivent &#8220; prendre le risque de penser &#8221; et qu'une bonne copie est celle qui &#8220; &#233;tonne le correcteur &#8221;, il ne faudra pas s'&#233;tonner de voir les &#233;l&#232;ves chercher &#224; se rassurer, demander avec insistance ce qu'on attend d'eux et, faute de r&#233;ponse, se d&#233;brouiller avec l'aide en ligne sur l'Internet. Sous l'effet de cette r&#233;gulation par le mauvais bout, les contenus se normalisent et s'appauvrissent, les exigences m&#233;thodologiques tournent &#224; la caricature. Tout se passe comme si la doctrine officieuse produisait exactement ce qu'elle pr&#233;tend &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Articuler philosophie et p&#233;dagogie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne sortira pas l'enseignement de la philosophie de l'impasse o&#249; il s'est mis lui-m&#234;me sans un r&#233;examen collectif de ces id&#233;es re&#231;ues et de ces repr&#233;sentations qui gouvernent la profession depuis des d&#233;cennies, la replient sur elle-m&#234;me et paralysent son &#233;volution. Il ne s'agit pas de remplacer une doctrine par une autre, mais de lever les verrous et de lib&#233;rer les initiatives et les &#233;changes. Il s'agit d'&lt;i&gt;ouvrir un espace de d&#233;bat et de r&#233;flexion&lt;/i&gt; o&#249; l'exp&#233;rience de chacun &#8212; qu'il enseigne en s&#233;rie technologique dans un lyc&#233;e de zone sensible ou dans un grand lyc&#233;e parisien, qu'il soit agr&#233;g&#233; ou ma&#238;tre-auxiliaire &#8212; soit &#233;galement reconnue et o&#249; la pluralit&#233; des d&#233;marches p&#233;dagogiques ne soit plus consid&#233;r&#233;e comme une menace pour le caract&#232;re philosophique de l'enseignement, mais comme l'expression normale et stimulante d'un enseignement vivant et formateur de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la cr&#233;ation d'un tel espace, dans des conditions de reconnaissance institutionnelle (les IREPH : Instituts de Recherche sur l'Enseignement de la Philosophie), qui est la raison d'&#234;tre de notre association. En 20 ans d'existence, nous nous sommes efforc&#233;s, avec les moyens limit&#233;s qui sont les n&#244;tres, de le faire d'ores et d&#233;j&#224; vivre : nous avons tenu des colloques et des journ&#233;es d'&#233;tude, nous avons mis en place des groupes de travail r&#233;gionaux et th&#233;matiques, nous avons particip&#233; aux d&#233;bats sur les programmes et les &#233;preuves du baccalaur&#233;at en tentant d'y apporter des suggestions et des arguments. A partir de ces 20 ann&#233;es d'exp&#233;riences, de prises de conscience et de confrontations, ce manifeste propose d'ouvrir &lt;strong&gt;10 chantiers pour l'enseignement de la philosophie. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chantiers doivent contribuer &#224; faire vivre et &#233;tendre la philosophie au lyc&#233;e et &#224; l'Universit&#233;. Ils rel&#232;vent &#233;videmment de la responsabilit&#233; des professeurs. Ce sont eux qui doivent op&#233;rer, dans le respect de leur tradition, le renouvellement n&#233;cessaire de leur enseignement : ils sont en effet les mieux plac&#233;s et les mieux arm&#233;s (pour autant qu'ils s'en donnent et qu'on leur en donne les moyens) pour r&#233;fl&#233;chir, exp&#233;rimenter et &#233;changer collectivement sur leurs pratiques. Ces chantiers font concourir philosophie, p&#233;dagogie et didactique au d&#233;veloppement de l'esprit critique et de l'autonomie du jugement des &#233;l&#232;ves. Parce qu'ils d&#233;veloppent les moyens de favoriser l'appropriation et l'exercice par le plus grand nombre du savoir et de la r&#233;flexion philosophique, ces chantiers apportent par l&#224; m&#234;me leur pierre &#224; la difficile et n&#233;cessaire d&#233;mocratisation de la philosophie et de son enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dix chantiers pour l'enseignement de la philosophie&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premier chantier :
Reconna&#238;tre que la philosophie au lyc&#233;e est une discipline scolaire.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'identification pure et simple de l'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e &#224; la philosophie tout court emp&#234;che de penser la sp&#233;cificit&#233; de la philosophie comme discipline scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie, en effet, existe pr&#233;alablement &#224;, et ind&#233;pendamment de, son enseignement au lyc&#233;e. Elle vit d'abord ailleurs : dans les recherches, les livres et les d&#233;bats des philosophes et &#8212; plus ou moins &#8212; dans ce que tout un chacun peut dire ou &#233;crire quand il philosophe. Ce qui fait sa sp&#233;cificit&#233; comme discipline scolaire, c'est sa valeur formatrice, ce sont les finalit&#233;s qui lui sont assign&#233;es en tant qu'elle participe, avec les autres disciplines, &#224; la formation intellectuelle des &#233;l&#232;ves des lyc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, l'enseignement n'a pas &#224; &#234;tre con&#231;u &#224; partir d'une id&#233;e a priori de ce qu'est la philosophie &#8212; il y en a d'ailleurs de multiples &#8212; mais &#224; partir de la question : &lt;i&gt;qu'est-ce qui dans l'h&#233;ritage de 2500 ans de philosophie et dans la vie philosophique contemporaine peut le mieux contribuer &#224; permettre aux &#233;l&#232;ves de se forger un esprit critique, de d&#233;velopper leurs capacit&#233;s de r&#233;flexion et l'autonomie de leur jugement, de se construire une culture qui soit un instrument d'intelligibilit&#233; du monde qui les entoure ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette question d&#233;coule une s&#233;rie d'autres sur lesquelles doit porter la r&#233;flexion collective des professeurs de philosophie. Quels sont les contenus de connaissances et les outils intellectuels que, comme dans toutes les autres disciplines, les &#233;l&#232;ves doivent apprendre &#224; ma&#238;triser ? Quelles comp&#233;tences doivent-ils acqu&#233;rir ? Que peut-on exiger d'un &#233;l&#232;ve de terminale de telle ou telle s&#233;rie ? A l'aune de quels crit&#232;res son travail sera-t-il &#233;valu&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie nullement que l'on r&#233;duise la philosophie au bachotage ou la subordonne au baccalaur&#233;at, ni qu'on l'enferme dans une perspective &#233;troitement utilitaire ou techniciste, ni qu'on lui enl&#232;ve son caract&#232;re de recherche et de d&#233;couverte intellectuelle. Cela signifie au contraire qu'on lui redonne, contre la &#8220; mauvaise scolarisation par les manuels &#8221;, son plein sens de discipline scolaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Etudier la philosophie au lyc&#233;e, c'est se former &#224; la philosophie et se former par la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me chantier :
Reconna&#238;tre qu'apprendre &#224; philosopher est un apprentissage et qu'enseigner la philosophie est un m&#233;tier.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait sans dommage identifier purement et simplement le professeur de philosophie &#224; un philosophe. Celui qui fait le philosophe devant ses &#233;l&#232;ves ne les forme pas puisqu'il les traite comme des disciples qu'ils ne seront jamais. Et sa &#8220;philosophie&#8221; restera faible, r&#233;p&#233;titive, victime de cette confusion des genres. Cette identification, avec les images de soi qui l'accompagnent, reste pourtant fortement ancr&#233;e dans les esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On la r&#233;sume souvent dans la formule : &lt;i&gt;&#8220; le professeur de philosophie est l'auteur de son cours &#8221;&lt;/i&gt;. Si on entend par l&#224; que chaque professeur organise comme il le veut et sous sa pleine responsabilit&#233; son ann&#233;e et son approche des notions et des textes avec telle ou telle classe, selon son propre style d'enseignement, alors c'est trivial, et il n'est pas besoin d'en faire un dogme. Mais si cela veut dire qu'un cours est un texte, faisant &#339;uvre, que le professeur &#233;crit et dit (ou qu'il improvise sans l'avoir &#233;crit) devant ses &#233;l&#232;ves, ou m&#234;me avec eux, alors cette formule est fausse et n&#233;faste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est &lt;i&gt;fausse&lt;/i&gt;, sur le plan intellectuel : lorsqu'un philosophe est l'auteur d'une &#339;uvre, il la publie, ce qui signifie qu'il prend le risque de la soumettre &#224; la critique de ses pairs. Or les &#233;l&#232;ves ne sont pas nos pairs, et leur critique, si elle a lieu, ne nous fait pas courir grand risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est &lt;i&gt;n&#233;faste&lt;/i&gt;, sur le plan p&#233;dagogique : elle fait l'impasse sur l'activit&#233; des &#233;l&#232;ves, et emp&#234;che de se poser la question de &lt;i&gt;ce que font les &#233;l&#232;ves&lt;/i&gt; lorsqu'ils &#233;coutent un tel texte. Ou plus pr&#233;cis&#233;ment, elle pr&#233;suppose acquise la capacit&#233; d'une &#233;coute active et critique de la parole de l'enseignant : la capacit&#233; de se l'approprier pour son propre compte, d'en saisir la dimension probl&#233;matique et de s'en servir pour mettre en &#339;uvre sa propre pens&#233;e, dans une dissertation par exemple. Elle pr&#233;suppose donc acquis ce qui, en r&#233;alit&#233;, ne l'est que par un tout petit nombre &#224; l'entr&#233;e en terminale, et doit au contraire &#234;tre appris par la grande majorit&#233; des &#233;l&#232;ves aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre formule exprime la m&#234;me occultation de la dimension d'apprentissage : &lt;i&gt;&#8220; la philosophie est &#224; elle-m&#234;me sa propre p&#233;dagogie &#8221;&lt;/i&gt;. Si on veut simplement signifier qu'en classe de philosophie on doit philosopher, personne ne saurait la contester s&#233;rieusement. Mais si on entend par l&#224; que, pour apprendre &#224; philosopher, il suffirait d'entendre ou de lire de la philosophie et que le professeur peut se passer de toute r&#233;flexion sur les moyens &#224; mettre en &#339;uvre pour amener ses &#233;l&#232;ves &#224; faire de la philosophie, alors elle est trompeuse et nocive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler des conditions de l'apprentissage de la philosophie au lieu de parler philosophie est encore trop souvent per&#231;u comme une faiblesse ou un signe d'insuffisance philosophique, ce qui a pour effet pervers d'instiller un sentiment de culpabilit&#233; ou d'&#233;chec chez l'enseignant qui, dans sa pratique, a besoin d'outils p&#233;dagogiques, et de l'isoler : comment r&#233;soudre des difficult&#233;s d'ordre p&#233;dagogique quand la seule discussion admise est la discussion philosophique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concevoir l'enseignement de la philosophie comme un apprentissage, c'est justement s'atteler &#224; cette difficult&#233; : comment faire entrer des &#233;l&#232;ves dans l'ensemble des d&#233;marches intellectuelles qui constituent l'activit&#233; philosophique ? Cela suppose de r&#233;fl&#233;chir &#224; la fa&#231;on dont les connaissances et les comp&#233;tences philosophiques acquises par l'enseignant au cours de ses &#233;tudes universitaires &#8212; qui sont, rappelons-le, essentiellement des connaissances d'histoire de la philosophie &#8212; vont pouvoir &#234;tre mises au service de cette t&#226;che de formation &#224; l'activit&#233; philosophique ; de clarifier les buts que l'on vise et d'ajuster au mieux les moyens (quels concepts, quels textes, quelles d&#233;marches, quels exercices&#8230;) pour atteindre ces buts avec les &#233;l&#232;ves ; de r&#233;organiser en permanence, &#224; l'&#233;preuve de l'exp&#233;rience et au plus pr&#232;s de la r&#233;alit&#233; des classes, ce rapport entre comp&#233;tences philosophiques et comp&#233;tences p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail, chacun certes l'effectue plus ou moins, m&#234;me si c'est souvent de mani&#232;re intuitive ; mais il l'effectuera d'autant mieux qu'il en prendra une claire conscience &#224; travers le partage des exp&#233;riences et la r&#233;flexion commune. Cela suppose de reconna&#238;tre et d'assumer son &lt;i&gt;m&#233;tier de professeur&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Troisi&#232;me chantier :
Assumer la diversification des formes d'enseignement de la philosophie qu'entra&#238;ne sa d&#233;mocratisation.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici le mod&#232;le philosophique fran&#231;ais s'est &#233;tendu en g&#233;n&#233;ralisant l'enseignement de la classe de philosophie : les &lt;i&gt;Instructions de 1925&lt;/i&gt;, texte de r&#233;f&#233;rence d'une aristocratie intellectuelle, sont devenues, &#224; la virgule pr&#232;s, la bible d'un enseignement de masse. Mais en un si&#232;cle, la position d'exception de la philosophie, &#8220; couronnement des humanit&#233;s &#8221;, est devenue par l'effet conjugu&#233; de l'extension de la philosophie et de la massification de l'enseignement une position de &lt;i&gt;repli sur soi&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'introduction de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques en est l'exemple flagrant : on a d'abord choisi de transplanter directement aupr&#232;s de publics nouveaux, sans aucun souci de leur cursus et de leurs sp&#233;cificit&#233;s, le programme, la p&#233;dagogie et le mode d'&#233;valuation de la &#8220;classe de philosophie&#8221;. Puis on a fait le silence non seulement sur les difficult&#233;s p&#233;dagogiques et les &#233;checs caract&#233;ris&#233;s dans ces classes, souvent v&#233;cus dans la honte et la solitude, mais aussi sur le tr&#233;sor d'inventions que les professeurs y d&#233;ploient quotidiennement : on consid&#232;re celles-ci comme de simples exp&#233;dients, in&#233;vitables de la part d'un enseignement &#224; la d&#233;rive ou d'un enseignant en p&#233;ril ; elles appellent au mieux la sympathie, mais on leur refuse la reconnaissance et la possibilit&#233; de circuler parmi les enseignants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, les professeurs qui se sont investis aupr&#232;s des &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques sont nombreux &#224; juger que le travail pour aller &#224; ce qui est philosophiquement essentiel et l'effort d'imagination p&#233;dagogique que cet enseignement exige d'eux sont tout &#224; fait salutaires. Ils sont une source de renouvellement particuli&#232;rement f&#233;conde dont les effets s'&#233;tendent, avec b&#233;n&#233;fice, &#224; leur enseignement dans toutes les autres s&#233;ries. On peut enseigner dans ces s&#233;ries sans avoir le sentiment ni de &#8220;brader&#8221; la philosophie ni de d&#233;choir, mais bien au contraire d'y exercer pleinement son m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose &#233;videmment que la diversification des formes d'enseignement de la philosophie qu'entra&#238;ne n&#233;cessairement sa d&#233;mocratisation soit reconnue de plein droit et soit collectivement assum&#233;e, au lieu d'&#234;tre laiss&#233;e au bricolage individuel. Dispenser un enseignement diversifi&#233;, ce n'est pas m&#233;priser les &#233;l&#232;ves en leur dispensant une philosophie au rabais. C'est reconna&#238;tre que &lt;i&gt;les capacit&#233;s philosophiques qu'on rencontre chez tous les &#233;l&#232;ves ne s'expriment pas chez tous de la m&#234;me mani&#232;re et ne peuvent pas &#234;tre cultiv&#233;es chez tous selon les m&#234;mes modalit&#233;s&lt;/i&gt;. La mani&#232;re dont des &#233;l&#232;ves peuvent se former &#224; la philosophie ne saurait &#234;tre ind&#233;pendante ni de leur parcours scolaire ant&#233;rieur, ni de leur bagage culturel, ni des rapports qu'ils entretiennent avec le langage, avec l'&#233;cole ou avec les adultes, ni non plus de leur projet professionnel et de la fa&#231;on dont plus g&#233;n&#233;ralement ils envisagent leur avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'enseignement de la philosophie veut vraiment s'adresser &#224; tous, il doit s'interroger : qu'est-ce qui, dans ses formes d'enseignement, est ins&#233;parable et constitutif de la discipline ? qu'est-ce qui rel&#232;ve d'une histoire contingente, c'est-&#224;-dire du r&#244;le institutionnel, de la fonction sociale et du public que la discipline a pu avoir &#224; telle ou telle &#233;poque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quatri&#232;me chantier :
Reconna&#238;tre que faire de la philosophie ne sert pas seulement &#224; philosopher.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La philosophie fait appel &#224; un &lt;i&gt;riche &#233;ventail de comp&#233;tences&lt;/i&gt; : poser des probl&#232;mes ; analyser des concepts ; se d&#233;centrer de son propre point de vue et prendre de la distance &#224; l'&#233;gard de ses opinions ; exercer son esprit critique &#224; l'&#233;gard des id&#233;es re&#231;ues et des sch&#232;mes de pens&#233;e &#233;tablis ; passer de l'expression imm&#233;diate et spontan&#233;e de son avis au d&#233;veloppement argument&#233; et nuanc&#233; d'une position ; pratiquer un va-et-vient permanent entre l'abstrait et le concret, entre le particulier et l'universel ; tirer les le&#231;ons d'un exemple et envisager les cons&#233;quences d'un principe ; faire &#233;voluer le contenu et la formulation de ses id&#233;es pour tenir compte d'objections dont on reconna&#238;t la l&#233;gitimit&#233; ; conduire une r&#233;flexion depuis l'exposition d'une question jusqu'&#224; la formulation d'une r&#233;ponse ; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cours de philosophie, ces comp&#233;tences sont des moyens au service d'un seul but : le libre exercice de la pens&#233;e, pratiqu&#233; pour lui-m&#234;me. Mais ces comp&#233;tences ont aussi une valeur en elles-m&#234;mes. Elles constituent des &#233;l&#233;ments indispensables de la formation de l'&#233;l&#232;ve, quel que soit son avenir scolaire et professionnel et quelles que soient les activit&#233;s dans lesquelles il s'engagera au cours de son existence future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la philosophie a d'autant plus de valeur qu'elle &#233;chappe au souci de l'utile. Et c'est en un sens vrai : quand on se forme &#224; la philosophie, comme quand on se forme &#224; la musique ou aux math&#233;matiques, on vise la philosophie pour elle-m&#234;me. Mais dans le m&#234;me temps, on se forme par la philosophie, comme on se forme par la musique ou par les math&#233;matiques ; et en ce sens-l&#224;, la philosophie n'a pas &#224; rougir d'&#234;tre utile, et m&#234;me de revendiquer son utilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie ne saurait justifier la position qu'il occupe aujourd'hui &#8212; et encore moins le renforcement de sa pr&#233;sence dans les cursus scolaires et universitaires &#8212; s'il ne fait pas la preuve de son &lt;i&gt;utilit&#233;&lt;/i&gt; dans la formation intellectuelle et culturelle de tous les &#233;l&#232;ves et s'il ne s'interroge pas sur son efficacit&#233; ainsi que sur les moyens de l'&#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cinqui&#232;me chantier :
Red&#233;finir l'&#233;l&#233;mentaire.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On entend souvent dire : &lt;i&gt;&#8220; les &#233;l&#232;ves ont droit &#224; toute la philosophie &#8221;&lt;/i&gt;. Si on entend par l&#224; qu'il n'y a aucune raison de ne pas proposer aux &#233;l&#232;ves des s&#233;ries litt&#233;raires de r&#233;fl&#233;chir sur les sciences, &#224; ceux des s&#233;ries scientifiques de s'interroger sur l'art et &#224; ceux des s&#233;ries technologiques de se poser des questions m&#233;taphysiques, tout le monde sera d'accord. Mais pr&#233;tendre que le programme d'une ann&#233;e de philosophie, quelle que soit la s&#233;rie et quel que soit l'horaire, doit avoir une vis&#233;e encyclop&#233;dique et &#234;tre aussi illimit&#233; dans son principe qu'ind&#233;termin&#233; dans son contenu puisque toute la philosophie en puissance doit y &#234;tre incluse, c'est une id&#233;e contestable et d&#233;sastreuse dans la pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est dans son principe solidaire d'une conception initiatique de l'enseignement : il faudrait faire op&#233;rer &#224; l'&#233;l&#232;ve une sorte de conversion intellectuelle par laquelle il acc&#233;derait en quelques mois &#224; une nouvelle mani&#232;re de consid&#233;rer toute chose et d'aborder tous les probl&#232;mes. C'est l&#224; simplement une doctrine p&#233;dagogique et nul n'a le droit de l'&#233;riger en norme unique. Mais surtout elle a, dans un cadre scolaire, des effets particuli&#232;rement n&#233;fastes : si toute la philosophie est au programme, rien n'est au programme et rien n'est exigible. Refuser ainsi d'indiquer &#224; l'&#233;l&#232;ve sur quoi il doit faire porter son effort, quels probl&#232;mes il doit comprendre, quelles connaissances ma&#238;triser et quelles comp&#233;tences acqu&#233;rir, ne lui permet pas de s'engager dans un v&#233;ritable travail de formation de soi. C'est l'entretenir dans l'id&#233;e qu'on est &#8220;dou&#233; pour la philo&#8221; ou pas et, &#224; l'examen, favoriser l'habile ignorant au d&#233;triment de celui qui a travaill&#233; et appris. En outre, &#224; refuser ainsi de d&#233;limiter et d'expliciter l'&#233;l&#233;mentaire, la discipline perd sa consistance et la philosophie se transforme peu &#224; peu en une &#8220;mati&#232;re d'&#233;veil&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que l'&#233;l&#233;mentaire, en philosophie, c'est ce qui est premier, ce dont tout d&#233;coule. Mais c'est confondre &lt;i&gt;deux sens du mot &#8220;&#233;l&#233;mentaire&#8221;&lt;/i&gt; : les &#233;l&#233;ments premiers d'un syst&#232;me &lt;i&gt;(philosophique)&lt;/i&gt; et les premiers pas d'une progression &lt;i&gt;(p&#233;dagogique)&lt;/i&gt;. La responsabilit&#233; collective des enseignants de philosophie est, comme dans n'importe quelle autre discipline, de discerner et de pr&#233;lever ce qui, dans les d&#233;marches, les probl&#232;mes, les concepts et les doctrines majeures de la tradition, peut &#234;tre formateur pour des &#233;l&#232;ves d&#233;butants qui, dans leur immense majorit&#233;, ne feront plus de philosophie ensuite. Refuser d'op&#233;rer une telle s&#233;lection, mettre d'un coup les &#233;l&#232;ves devant &#8220;toute la philosophie&#8221;, c'est en r&#233;alit&#233; d&#233;missionner. Bien entendu, ce choix n'est pas simple. Il ne peut se faire qu'&#224; partir de l'exp&#233;rience et de la r&#233;flexion de toute la profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fixer ainsi des exigences limit&#233;es et raisonnables, ce n'est ni renoncer ni baisser le niveau. Le pire est d'avoir des exigences d&#233;raisonnables qu'on est incapable de tenir et de faire respecter. Car on perd alors tout crit&#232;re pour juger des progr&#232;s ou des &#233;checs. C'est une des raisons des inextricables probl&#232;mes d'&#233;valuation rencontr&#233;s au baccalaur&#233;at. Mieux vaut moins, mais mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sixi&#232;me chantier : Articuler l'apprentissage philosophique et les savoirs.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se former &#224; la philosophie, c'est apprendre &#224; penser &#224; travers l'appropriation de connaissances philosophiques et non-philosophiques. On a us&#233; et abus&#233; de la formule de Kant selon laquelle &lt;i&gt;on ne peut apprendre la philosophie mais seulement &#224; philosopher&lt;/i&gt;. Certes, on veut souligner par l&#224; que l'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e ne saurait consister &#224; &#233;tudier pour elles-m&#234;mes des doctrines philosophiques, l'histoire de la philosophie ou celle des id&#233;es. Mais, sur ce principe, l'accord des professeurs de philosophie est unanime. En revanche, &#224; durcir souvent jusqu'&#224; la caricature les distinctions l&#233;gitimes entre penser et conna&#238;tre, entre la philosophie et les savoirs positifs ou entre le mouvement d'une pens&#233;e vivante et les id&#233;es des philosophes, on finit par s'interdire toute r&#233;flexion s&#233;rieuse sur la mani&#232;re de les articuler dans l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : si le cours de philosophie s'organise autour de probl&#232;mes, ceux-ci ne peuvent &#234;tre s&#233;rieusement abord&#233;s par les &#233;l&#232;ves qu'&#224; travers la connaissance des principales options philosophiques qu'ils ont engendr&#233;es et par la ma&#238;trise progressive des distinctions conceptuelles qui permettent de leur donner un sens. Ces options et ces distinctions n'ont rien de naturel ni de spontan&#233;. C'est dans l'histoire de la philosophie qu'elles ont &#233;t&#233; produites et c'est l&#224; seulement qu'on peut les rencontrer. On ne peut &#233;luder la question : qu'est-ce que des &#233;l&#232;ves d&#233;butants doivent savoir de l'histoire de la philosophie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : la philosophie s'est toujours nourrie de ce qui n'est pas elle et on ne saurait philosopher un tant soit peu sur les sciences, l'art ou la religion sans disposer d'&#233;l&#233;ments de connaissance solides et pr&#233;cis sur certains &#233;pisodes fondamentaux de l'histoire des sciences, sur certains courants artistiques et esth&#233;tiques, sur certains textes religieux. On ne peut &#233;luder la question : puisque ces connaissances indispensables ne sont pas fournies actuellement par le lyc&#233;e, quelle place l'enseignement de la philosophie doit-il leur donner s'il veut &#234;tre pertinent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : assimiler une id&#233;e de tel ou tel grand philosophe et l'exposer pour son propre compte, c'est une comp&#233;tence philosophique fondamentale. L'&#233;l&#232;ve qui a compris les arguments justifiant l'id&#233;e de &#8220;contrat social&#8221; ou celle d'&#8220;imp&#233;ratif cat&#233;gorique&#8221; et qui est capable de l'exposer intelligemment &lt;i&gt;pense&lt;/i&gt; tout autant que celui qui pose un probl&#232;me ou analyse un concept. On a fini par faire de la question de cours un &#233;pouvantail, comme s'il n'y avait pas de diff&#233;rence entre r&#233;citer des formules et s'approprier des id&#233;es. On ne peut &#233;luder la question : comment favoriser et valoriser ce travail par lequel l'&#233;l&#232;ve apprend &#224; int&#233;rioriser et &#224; faire siennes des id&#233;es qu'il n'a pas invent&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Septi&#232;me chantier : Articuler l'apprentissage philosophique et l'apprentissage de nouveaux usages de la langue.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se former &#224; la philosophie, c'est apprendre &#224; faire un usage philosophique de la langue orale et &#233;crite. Chacun sait que la plupart des &#233;l&#232;ves ont d'&#233;normes difficult&#233;s &#224; &#233;crire, ou &#224; articuler oralement, un discours un tant soit peu construit, suivi et coh&#233;rent. On impute un peu trop facilement ces difficult&#233;s &#224; un d&#233;faut de la pens&#233;e, ou &#224; ce qu'on a coutume d'appeler la &#8220; mauvaise ma&#238;trise de la langue &#8221;. Ce qui se passe est bien plut&#244;t d'abord que les &#233;l&#232;ves sont confront&#233;s pour la premi&#232;re fois &#224; cet usage particulier de la langue qui consiste &#224; r&#233;fl&#233;chir sur le sens des mots et des questions, sur le statut des propositions et la logique des discours, et &#224; faire de cette r&#233;flexion l'objet m&#234;me d'un discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est bien cet usage particulier de la langue qu'ils doivent apprendre. A cet &#233;gard, l'id&#233;e selon laquelle &lt;i&gt;&#8220; le mod&#232;le de la dissertation, c'est la le&#231;on du professeur &#8221;&lt;/i&gt; s'av&#232;re dramatiquement insuffisante, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle fait l'impasse sur cet apprentissage. Et pire encore est l'id&#233;e que &lt;i&gt;&#8220; pour faire une dissertation, il suffit de penser &#8221;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire de cet apprentissage un objet de r&#233;flexion, est-ce r&#233;duire la philosophie &#224; une &#8220; rh&#233;torique argumentative &#8221; ou au &#8220; d&#233;bat d'opinion &#8221; ? Cette objection fait resurgir la traditionnelle pr&#233;vention des philosophes &#224; l'&#233;gard de la rh&#233;torique, et cette pr&#233;vention n'est pas infond&#233;e : aucun de nous ne veut transformer ses &#233;l&#232;ves en apprentis sophistes qui mettraient en &#339;uvre de mani&#232;re m&#233;canique des artifices de langage. Mais nous n'en sommes pas l&#224;. Les &#233;l&#232;ves, dans leur grande majorit&#233;, sont tr&#232;s loin de courir le risque d'un exc&#232;s de rh&#233;torique. Le probl&#232;me est bien plut&#244;t qu'ils manquent g&#233;n&#233;ralement des outils de la rh&#233;torique la plus &#233;l&#233;mentaire, la plus n&#233;cessaire et la plus l&#233;gitime pour &#233;laborer et d&#233;velopper leur pens&#233;e. Par exemple, ils ne savent pas comment s'y prendre pour articuler un raisonnement et sa r&#233;futation, pour pr&#233;senter une objection et y r&#233;pondre, pour mener une analyse de notion ou de probl&#232;me ; ils ne savent ni comment &lt;i&gt;&#233;crire&lt;/i&gt; cela, ni comment le &lt;i&gt;lire&lt;/i&gt; dans un texte, ni non plus comment le &lt;i&gt;parler&lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;entendre&lt;/i&gt; dans une discussion orale. Tout cela, les professeurs ont &#224; le leur apprendre, &#224; leur en faire d&#233;couvrir les normes, &#224; leur en faire construire la comp&#233;tence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore la question ne peut &#234;tre &#233;lud&#233;e : comment conjuguer l'apprentissage de la pens&#233;e avec celui des outils langagiers et discursifs par lesquels cette pens&#233;e, non seulement s'exprime, mais plus encore s'&#233;labore, se forme, s'affermit et s'affine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Huiti&#232;me chantier : Enseigner la philosophie vivante.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apprendre &#224; philosopher, c'est &#234;tre confront&#233; &#224; la fois &#224; une tradition et &#224; la philosophie vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence d'un v&#233;ritable programme et le poids des sujets de baccalaur&#233;at sur une discipline qui n'existe qu'en ann&#233;e d'examen ont produit peu &#224; peu un r&#233;tr&#233;cissement des horizons de l'enseignement philosophique. Comme on ignore ce que traitent les coll&#232;gues, on fait ce qu'on croit qu'ils font (ce qui figure dans les manuels) et on se replie non seulement sur les auteurs canoniques, mais sur un tout petit nombre de textes et de doctrines qui ont acquis le statut de pont aux &#226;nes. Evidemment on a le droit d'&#234;tre original, mais c'est aux risques et p&#233;rils de l'&#233;l&#232;ve : m&#234;me si elle est m&#233;diocrement restitu&#233;e, le correcteur reconna&#238;tra toujours l'&lt;i&gt;All&#233;gorie de la caverne&lt;/i&gt; ; une id&#233;e de Vico, de Carnap, ou m&#234;me de Locke, risque de n'&#234;tre ni connue ni comprise et de s'attirer un point d'interrogation, quand ce n'est pas une grande rature en rouge. En une trentaine d'ann&#233;es, le programme de 1973 a &#233;t&#233; peu &#224; peu &#233;cr&#234;t&#233; de toutes ses innovations : les questions au choix ont &#224; peu pr&#232;s disparu ; on enseigne de moins en moins &#8220;la formation d'un concept scientifique&#8221; (peu utile au bac o&#249; les sujets de philosophie des sciences sont devenus de plus en plus g&#233;n&#233;raux) et &#8220;la constitution d'une science de l'homme&#8221; (le m&#233;pris des sciences humaines instill&#233; depuis 50 ans a fini par produire ses effets). L'enseignement de philosophie tend &#224; s'enfermer dans une &#8220;philosophie philosophante&#8221; et &#224; reprendre ind&#233;finiment quelques &#233;pisodes de l'histoire de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes de la 1&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle nous paraissent sans doute aujourd'hui poussi&#233;reux ; mais on y trouvait un &#233;cho des d&#233;bats philosophiques qui avaient alors cours en France ; les programmes des ann&#233;es 60-70 ont int&#233;gr&#233; la pr&#233;sence dans la pens&#233;e contemporaine de Marx, de Nietzsche, de Freud, de la tradition d'&#233;pist&#233;mologie et d'histoire des sciences fran&#231;aise. Mais aujourd'hui, la plupart des d&#233;bats contemporains particuli&#232;rement intenses en philosophie du langage, en philosophie de l'esprit ou en philosophie politique n'ont &#224; peu pr&#232;s aucune r&#233;sonance dans la philosophie telle qu'elle s'enseigne au lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que l'enseignement de la philosophie n'a pas &#224; suivre les modes et doit se tenir &#224; l'&#233;cart de l'actualit&#233;. Sans doute. Mais peut-on parler des rapports de l'&#226;me et du corps dans les &lt;i&gt;M&#233;ditations&lt;/i&gt; ou aborder le &lt;i&gt;Contrat social&lt;/i&gt; sans jamais se demander ce que Descartes et Rousseau ont &#224; nous dire aujourd'hui, par exemple au regard des questions soulev&#233;es par les penseurs cognitivistes ou contractualistes contemporains ? On ne peut entretenir une relation vivante avec les classiques que si on les lit en relation avec nos questions, qui sont pour une bonne part celles de la philosophie d'aujourd'hui. Les &#233;l&#232;ves lisent des journaux, des revues, regardent &#224; la t&#233;l&#233;vision des &#233;missions scientifiques ou des d&#233;bats d'id&#233;es ; et ils posent des questions. Le professeur de philosophie a sans doute &#224; leur parler de Platon, mais Platon ne saurait suffire &#224; leur curiosit&#233; ni leur donner tous les moyens de s'orienter dans la pens&#233;e d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discerner dans les travaux contemporains ce qui non seulement est important, mais ce qui peut &#234;tre formateur et utile aux &#233;l&#232;ves, ce devrait &#234;tre un souci collectif et permanent de notre profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Neuvi&#232;me chantier : Sortir l'enseignement de la philosophie de son enfermement en terminale.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie &#233;touffe en terminale ; l'avenir de l'enseignement de la philosophie passe par son extension en amont et en aval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des raisons purement historiques, l'enseignement de la philosophie occupe, dans l'institution scolaire fran&#231;aise, une position d'exception : install&#233; en classe terminale et dans cette seule ann&#233;e, assur&#233; par un enseignant qui restera &#224; jamais, dans la plupart des cas, l'unique professeur de philosophie rencontr&#233; par chacun dans sa vie, il est toujours con&#231;u, m&#234;me si on n'ose plus gu&#232;re employer cette expression, comme le &#8220; couronnement &#8221; des &#233;tudes secondaires. Or cette position est loin d'avoir les effets b&#233;n&#233;fiques qu'on lui suppose. Au lieu d'&#234;tre une ann&#233;e marquante et r&#233;ellement formatrice, elle est en r&#233;alit&#233; le plus souvent une parenth&#232;se dans le cursus des &#233;l&#232;ves, parenth&#232;se aussi vite referm&#233;e qu'elle a &#233;t&#233; ouverte : on se souvient d'un professeur charismatique et du sujet tomb&#233; au bac, mais il ne reste le plus souvent de la terminale ni culture ni savoir-faire philosophiques effectifs. Les professeurs de philosophie du sup&#233;rieur le savent bien, et ils ne pr&#233;supposent souvent aucun acquis d&#233;termin&#233; chez leurs &#233;tudiants de classes pr&#233;paratoires ou d'Universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'enseignement de la philosophie souffre de son confinement dans la classe de terminale. Il ne peut y avoir de vraie formation &#224; la philosophie si on ne reconna&#238;t pas que, comme toutes les autres disciplines, son apprentissage demande du temps et doit &#234;tre conduit selon une progression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir de l'enseignement de la philosophie passe par son extension en dehors de la terminale. &lt;i&gt;Extension en amont&lt;/i&gt; d'abord, c'est-&#224;-dire au moins &#224; partir de la classe de premi&#232;re : les &#233;l&#232;ves le demandent fr&#233;quemment, ce qui traduit l'inad&#233;quation du mod&#232;le actuel d'une &#8220; &#233;closion soudaine &#8221; et le besoin qu'ils ressentent d'avoir du temps devant eux pour se former efficacement. &lt;i&gt;Extension en aval&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire dans toutes les branches des &#233;tudes sup&#233;rieures : l'enseignement en terminale prendrait ainsi un sens nouveau en devenant la base d'une formation qui se continuerait de mani&#232;re diversifi&#233;e selon les &#233;tudes poursuivies. Concevoir et mettre en &#339;uvre les modalit&#233;s de cette extension est sans doute l'un des chantiers les plus ambitieux et les plus neufs pour l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dixi&#232;me chantier : Remodeler la formation initiale et continue des professeurs de philosophie &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les conditions et les modalit&#233;s de la formation des enseignants de philosophie n'apparaissent plus aujourd'hui satisfaisantes. On ne peut ici qu'indiquer quelques n&#339;uds de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cursus universitaires, de la 1&#232;re ann&#233;e de Licence au Master, sont rarement coh&#233;rents. Les &#233;tudiants se voient proposer chaque ann&#233;e des contenus d'enseignement souvent disparates qu'ils ont beaucoup de mal &#224; relier entre eux et &#224; faire tenir ensemble. Au bout de 4 ans, il n'est pas rare qu'ils n'aient jamais eu de cours sur des auteurs, des th&#232;mes ou des courants de pens&#233;e fondamentaux. C'est tout autant le cas pour les &#233;tudiants pass&#233;s par les classes pr&#233;paratoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;paration aux concours est de fait surtout assur&#233;e par les kh&#226;gnes, seul lieu o&#249; les &#233;tudiants sont r&#233;guli&#232;rement entra&#238;n&#233;s &#224; la dissertation et &#224; la le&#231;on qui sont actuellement la base des &#233;preuves de concours. L'Universit&#233; n'a pas autant de moyens de le faire. Il y a l&#224; une in&#233;galit&#233; grave et un dysfonctionnement majeur (qui n'est certes pas propre &#224; la philosophie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les concours, et tout particuli&#232;rement l'agr&#233;gation, sont con&#231;us et v&#233;cus comme des &#8220;brevets d'excellence philosophique&#8221; et des moyens de continuer d'&#8220;&#234;tre philosophe&#8221; plut&#244;t que comme la voie d'entr&#233;e dans le m&#233;tier de professeur de philosophie. Les &#233;preuves privil&#233;gient simultan&#233;ment la possession de connaissances tr&#232;s pr&#233;cises, voire pointues, d'histoire de la philosophie (auteurs de l'&#233;crit &#224; l'agr&#233;gation) et la capacit&#233; in&#233;vitablement rh&#233;torique &#224; traiter de toute question possible (oral d'agr&#233;gation). Passer une ann&#233;e enti&#232;re &#224; &#233;tudier des auteurs comme Fichte ou Plotin (qui ne figurent pas au programme de terminale) et se voir proposer &#224; l'oral de l'agr&#233;gation des sujets comme &#8220;L'insouciance&#8221; ou &#8220;Qu'est-ce qu'un paysage ?&#8221;, est-ce vraiment la meilleure mani&#232;re de se pr&#233;parer &#224; enseigner la philosophie ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les jeunes enseignants sont pour la plupart d&#233;&#231;us de l'ann&#233;e qu'ils passent &#224; la fois en stage et en INSPE. Manifestement, la confrontation de l'exp&#233;rience qu'ils font dans leur classe avec l'indispensable r&#233;flexion p&#233;dagogique et didactique ne se fait pas, ou tr&#232;s mal, ou trop peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me la formation continue des enseignants de philosophie est presque exclusivement &#233;rudite et ne fait pour ainsi dire aucune place &#224; l'&#233;change sur les pratiques, &#224; la r&#233;flexion sur les obstacles p&#233;dagogiques et &#224; la mise en circulation des innovations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans une connaissance s&#233;rieuse et non mythologique de la tradition de l'enseignement philosophique, il est difficile de la faire vivre et &#233;voluer, et de nourrir utilement le d&#233;bat entre professeurs de philosophie. Il para&#238;t n&#233;cessaire d'int&#233;grer &#224; la formation des nouveaux professeurs un enseignement de l'histoire de la discipline, en France et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; un ensemble de probl&#232;mes s&#233;rieux et d&#233;licats qu'on ne saurait traiter en quelques lignes ni r&#233;soudre par quelques mesures rapides. C'est un chantier de longue haleine qui suppose une analyse lucide, approfondie et non manich&#233;enne de la situation et qui conduira sans doute &#224; un certain nombre de remises en cause. Il est l'affaire de toute la profession : professeurs de terminale et de classes pr&#233;paratoires, universitaires et formateurs d'INSPE, inspecteurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment enseigner la philosophie pendant la fermeture des lyc&#233;es ? </title>
		<link>https://www.acireph.org/les-pratiques/echanges-de-pratiques/article/comment-enseigner-la-philosophie-pendant-la-fermeture-des-lycees</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/les-pratiques/echanges-de-pratiques/article/comment-enseigner-la-philosophie-pendant-la-fermeture-des-lycees</guid>
		<dc:date>2020-03-16T16:02:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;dagogie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous n'avons pas attendu la fermeture des lyc&#233;es pour r&#233;fl&#233;chir &#224; d'autres mani&#232;res de faire progresser nos &#233;l&#232;ves que le cours traditionnel. Voici, r&#233;dig&#233;e dans l'urgence vu les circonstances, une petite liste non exhaustive des possibilit&#233;s, test&#233;es par des membres de l'acireph.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acireph.org/les-pratiques/echanges-de-pratiques/" rel="directory"&gt;&#201;changes de pratiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/activites" rel="tag"&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/pedagogie" rel="tag"&gt;P&#233;dagogie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous n'avons pas attendu la fermeture des lyc&#233;es pour r&#233;fl&#233;chir &#224; d'autres mani&#232;res de faire progresser nos &#233;l&#232;ves que le cours traditionnel. Voici, r&#233;dig&#233;e dans l'urgence vu les circonstances, une petite s&#233;lection non exhaustive des possibilit&#233;s, test&#233;es par des membres de l'acireph, et appel&#233;e &#224; &#234;tre compl&#233;t&#233;e les prochains jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suggestions bienvenues (&#233;crire &#224; admin@acireph.org) !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Philosophie en vid&#233;o&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'excellente cha&#238;ne YouTube de M. Phi propose des vid&#233;os attractives, bien expliqu&#233;es, tout en restant tr&#232;s ambitieuses sur le plan th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acireph.org/local/cache-vignettes/L237xH130/p1-f7a2c.png?1707862401' width='237' height='130' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acireph.org/local/cache-vignettes/L239xH131/p2-25c34.png?1707862401' width='239' height='131' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UCqA8H22FwgBVcF3GJpp0MQw&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/channel/UCqA8H22FwgBVcF3GJpp0MQw&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut par exemple demander &#224; nos &#233;l&#232;ves de visionner une vid&#233;o puis de remplir un questionnaire ou de r&#233;diger un paragraphe sur le m&#234;me sujet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Exercices en ligne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des exercices sur le site &lt;a href=&#034;https://learningapps.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://learningapps.org&lt;/a&gt; (merci &#224; Fanny Bernard, C&#233;dric Eyssette et Guillaume Lequien). Ils sont principalement consacr&#233;s &#224; des rep&#232;res ou &#224; des points techniques du programme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_133 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acireph.org/IMG/png/p3.png?1707424854' width='500' height='205' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; en droit / en fait : &lt;a href=&#034;https://learningapps.org/display?v=p0gy5iuza19&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://learningapps.org/display?v=p0gy5iuza19&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; droits naturels / droit positif : &lt;a href=&#034;http://learningapps.org/display?v=p1hmdoawn16&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://learningapps.org/display?v=p1hmdoawn16&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Chacun peut s'emparer de cet outil pour cr&#233;er ses propres exercices.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;criture interactive&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur l'&#233;diteur collaboratif &lt;a href=&#034;https://framapad.org/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;framapad.org&lt;/a&gt;, on peut cr&#233;er des &#034;pads&#034; plus ou moins durables pour &#233;crire un texte, seul ou &#224; plusieurs. Le professeur, une fois que l'&#233;l&#232;ve lui a communiqu&#233; l'adresse du pad, peut venir voir l'avanc&#233;e du travail, faire des remarques directement dans la copie, et m&#234;me discuter en direct avec l'&#233;l&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_136 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acireph.org/IMG/png/p4.png?1707424854' width='500' height='227' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Certains ENT proposent des &#233;diteurs collaboratifs aussi, mais en cette p&#233;riode, ils sont souvent d&#233;pass&#233;s par le nombre de connexions simultan&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Activit&#233;s compl&#232;tes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un dossier tr&#232;s approfondi, bien qu'encore en construction, sur le rapport humain/animal du point de vue &#233;thique (merci &#224; St&#233;phane Dunand), qui comporte des &#233;l&#233;ments de cours, des textes d'auteurs, et des questionnaires pour valider la compr&#233;hension des uns et des autres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://docs.google.com/document/d/17wgaNfQiHmgO86ASFFqBEXXjDzxfaJUIRcTOGyctexo/edit#heading=h.kyoiqzym8vak&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://docs.google.com/document/d/17wgaNfQiHmgO86ASFFqBEXXjDzxfaJUIRcTOGyctexo/edit#heading=h.kyoiqzym8vak&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le site de l'acireph, on trouvera une pr&#233;sentation de diff&#233;rentes formes de questionnaires &#224; joindre par exemple &#224; des textes d'auteur : &lt;a href='https://www.acireph.org/les-pratiques/echanges-de-pratiques/article/des-q-c-m-en-philosophie' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Des QCM en philosophie ?&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;visions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses applications en ligne proposent de programmer des questionnaires corrig&#233;s. Citons &lt;a href=&#034;https://kahoot.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kahoot&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://quizlet.com/fr-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quizlet&lt;/a&gt; et d'autres encore. L'application pronote utilis&#233;e dans de nombreux lyc&#233;es le permet aussi. Certaines permettent des questions ouvertes, d'autres non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un usage local (sans passer par un site internet), il y a l'excellent et d&#233;j&#224; ancien &lt;a href=&#034;https://apps.ankiweb.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anki&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois l'application install&#233;e sur un ordinateur ou un smartphone, l'&#233;l&#232;ve peut t&#233;l&#233;charger des ensembles de cartes de r&#233;visions cr&#233;es par son professeur. L'application anki les lui pr&#233;sentera avec un algorithme permettant d'optimiser les intervalles entre deux r&#233;visions. Pour chaque question, c'est &#224; l'&#233;l&#232;ve d'&#233;valuer la pertinence de sa r&#233;ponse par rapport &#224; la correction donn&#233;e par la carte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques r&#233;serves...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les outils num&#233;riques peuvent &#234;tre d'une grande utilit&#233; dans l'enseignement. Nous devons tout de m&#234;me rappeler quelques r&#233;serves :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Tous les &#233;l&#232;ves n'ont pas un acc&#232;s aussi bon &#224; l'Internet, ni m&#234;me, &#224; un ordinateur performant.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le temps pass&#233; devant des &#233;crans est d&#233;j&#224; pr&#233;occupant pour certains.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pour certains enseignants, la production de ressources num&#233;riques demande un travail suppl&#233;mentaire et inhabituel, qu'on ne peut exiger du jour au lendemain.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; De nombreuses applications en ligne d&#233;di&#233;es &#224; l'enseignement (ou non) ont une vocation lucrative et donc collectent abondamment les donn&#233;es personnelles de leurs utilisateurs. Elles sont rarement de droit europ&#233;en. Nous ne devrions pas obliger nos &#233;l&#232;ves (ni &#234;tre oblig&#233;s nous-m&#234;mes) &#224; consentir aux politiques de collecte et d'usage des donn&#233;es de ces soci&#233;t&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'&#201;ducation nationale n'&#233;quipe pas les enseignants en ordinateurs personnels, contrairement &#224; de nombreuses entreprises priv&#233;es. Certains pourraient consid&#233;rer que leur mat&#233;riel personnel n'a pas &#224; &#234;tre utilis&#233; pour un usage professionnel.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peu d'applications appliquent les principes du logiciel libre.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une machine ne remplacera pas un &#234;tre humain pour l'enseignement, comme en t&#233;moigne par exemple &lt;a href=&#034;https://www.pnas.org/content/100/15/9096&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cet article&lt;/a&gt; de Kuhl,P.K.,Tsao,F.M.,&amp;Liu,H.M. paru en 2003 dans &lt;i&gt;PNAS&lt;/i&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des Q.C.M en philosophie ?</title>
		<link>https://www.acireph.org/les-pratiques/echanges-de-pratiques/article/des-q-c-m-en-philosophie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/les-pratiques/echanges-de-pratiques/article/des-q-c-m-en-philosophie</guid>
		<dc:date>2019-11-22T18:32:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Admin</dc:creator>


		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Explication de texte</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>Connaissances</dc:subject>
		<dc:subject>Raisonnement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Compte-rendu de l'atelier anim&#233; sur ce sujet lors des JE 2019 de l'acireph, en tenant compte des pr&#233;cieuses contributions des participants, que je remercie encore. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous parlons naturellement des Questionnaires &#224; Choix Multiples (QCM). &lt;br class='autobr' /&gt;
Commen&#231;ons par quelques objections courantes : &#171; Les QCM ne font pas r&#233;fl&#233;chir &#187; ; &#171; les QCM ne demandent pas de r&#233;daction &#187; ; &#171; en philosophie, aucune r&#233;ponse n'est vraie ou fausse, tout est discutable. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les QCM ne font pas r&#233;fl&#233;chir &#187;. C'est faux. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/les-pratiques/echanges-de-pratiques/" rel="directory"&gt;&#201;changes de pratiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/activites" rel="tag"&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/explication-de-texte" rel="tag"&gt;Explication de texte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/connaissances" rel="tag"&gt;Connaissances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/raisonnement" rel="tag"&gt;Raisonnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acireph.org/IMG/logo/arton194.png?1707424856' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='54' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Compte-rendu de l'atelier anim&#233; sur ce sujet lors des JE 2019 de l'acireph, en tenant compte des pr&#233;cieuses contributions des participants, que je remercie encore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous parlons naturellement des Questionnaires &#224; Choix Multiples (QCM).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par quelques objections courantes :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; Les QCM ne font pas r&#233;fl&#233;chir &#187; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; les QCM ne demandent pas de r&#233;daction &#187; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; en philosophie, aucune r&#233;ponse n'est vraie ou fausse, tout est discutable. &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les QCM ne font pas r&#233;fl&#233;chir &#187;&lt;/strong&gt;. C'est faux. Il serait certes possible de construire des QCM qui ne demandent qu'un simple rappel de connaissances, mais il est possible aussi d'en construire qui exigent de la d&#233;duction et de la finesse. Ainsi, par exemple, une des questions du concours Kangourou, un concours scolaire de math&#233;matiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://www.mathkang.org/default.html&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tomb&#233;e en 1997 pour les coll&#232;ges :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Cinq personnes sont assises autour d'une table ronde. Chacune affirme &#224; son tour : &#171; Mes deux voisins, de droite et de gauche, sont des menteurs &#187;. On sait que les menteurs mentent toujours et que quelqu'un qui n'est pas menteur dit toujours la v&#233;rit&#233;. De plus tout le monde conna&#238;t la v&#233;rit&#233; en ce qui concerne ses deux voisins. Combien y a-t-il de menteurs &#224; cette table ?&lt;br class='autobr' /&gt;
A) 2 B) 3 C) 4 D) 5 E) On ne peut pas le savoir&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Nous verrons que, &lt;i&gt;mutatis mutandis&lt;/i&gt;, de telles questions sont envisageables en philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; les QCM ne demandent pas de r&#233;daction &#187;&lt;/strong&gt;. C'est &#233;videmment vrai. Reste &#224; savoir &#224; quel point c'est une objection. Devons-nous admettre qu'il n'est pas d'activit&#233; philosophique sans r&#233;daction ? Si oui, les QCM ne peuvent avoir qu'un r&#244;le auxiliaire en philosophie. Ce n'est pas une raison pour en bannir l'utilisation. Par ailleurs, il est peut-&#234;tre regrettable que la r&#233;ussite en philosophie repose en si grande partie sur l'habilet&#233; &#224; r&#233;diger. La r&#233;daction se pr&#234;te aussi au bavardage st&#233;rile comme &#224; la simple restitution non r&#233;fl&#233;chie de connaissances, nous le savons bien. Tout en reconnaissant que la r&#233;daction est une dimension essentielle de l'activit&#233; philosophique, nous pouvons admettre que d'autres exercices et donc d'autres comp&#233;tences puissent y trouver leur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; En philosophie, aucune r&#233;ponse n'est vraie ou fausse, tout est discutable &#187;&lt;/strong&gt; Cette 3&#232;me objection est discutable, comme elle l'indique elle-m&#234;me. Tout d&#233;pend des questions. Par ex, est-il coh&#233;rent avec la philosophie morale de Kant, d'autoriser le mensonge s'il peut am&#233;liorer le bonheur de la majorit&#233; ? Non. Il existe un certain consensus des sp&#233;cialistes de cet auteur pour affirmer que non, et c'est ce consensus qui est enseign&#233; &#224; l'universit&#233;. Il est donc possible de proposer des r&#233;ponses vraies et fausses sur ce genre de question. Passons maintenant aux questions discutables. J'utilise beaucoup les QCM pour l'analyse d'extraits de texte, en proposant diff&#233;rentes phrases plus ou moins coh&#233;rentes avec le texte. M&#234;me dans le cas o&#249; au moins deux phrases (donc deux choix possibles) seraient admissibles, le simple fait, pour l'&#233;l&#232;ve, de devoir choisir entre elles, &#233;ventuellement en discutant ses hypoth&#232;ses de lecture avec un.e camarade, constitue d&#233;j&#224; un exercice passionnant et tr&#232;s formateur. La discussion peut ensuite &#234;tre men&#233;e collectivement en justifiant les choix pr&#233;f&#233;rables et en expliquant les contresens &#233;ventuels. Nul besoin d'affirmer qu'une seule r&#233;ponse est correcte et les autres fausses. Il suffit d'indiquer une classement des phrases selon leur coh&#233;rence avec le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les avantages g&#233;n&#233;raux des QCM&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Comme les QCM sont rapides &#224; corriger, surtout en version num&#233;rique (voir en fin d'article pour quelques outils&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;j'utilise plickers, qui permet de r&#233;aliser des QCM en classe en scannant des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), on peut en donner beaucoup et proposer rapidement les bonnes r&#233;ponses. Or on sait&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est une des lois les mieux v&#233;rifi&#233;es de la litt&#233;rature scientifique sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que les tests sont un moyen tr&#232;s efficace d'apprendre, surtout s'ils sont corrig&#233;s rapidement.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La n&#233;cessit&#233; de distinguer et de choisir entre plusieurs propositions souvent proches est susceptible de d&#233;velopper l'esprit de finesse.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'&#233;valuation d'un QCM, lorsqu'elle est pertinente (ce n'est pas toujours le cas), n'est pas aussi subjective que l'&#233;valuation d'un texte &#233;crit.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dans certaines conditions, les QCM suscitent une implication extraordinaire des &#233;l&#232;ves. Il arrive de voir des &#233;l&#232;ves, qui semblaient auparavant peu int&#233;ress&#233;s, se passionner pour la d&#233;fense de &#171; leur &#187; r&#233;ponse &#224; un QCM. &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les limites g&#233;n&#233;rales et les points &#224; surveiller&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En philosophie, il me semble rarement pertinent d'utiliser les QCM comme simple outil d'&#233;valuation. Dans tous les cas, il faut commencer par des questions tr&#232;s faciles pour que les &#233;l&#232;ves soient mis en confiance. Les QCM peuvent effrayer certains &#233;l&#232;ves habitu&#233;s &#224; t&#226;tonner dans leurs &#233;crits. Les r&#233;sultats &#224; un QCM suscitent une impression de v&#233;rit&#233; qui rendent les &#233;checs encore plus difficiles &#224; accepter. Il est important d'indiquer les mauvaises r&#233;ponses, quand il y en a, rapidement, afin d'&#233;viter de les ancrer en m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction d'un QCM est une t&#226;che difficile pour laquelle l'exp&#233;rience est indispensable. Il faut tester les questions &#224; plusieurs reprises pour d&#233;tecter celles qui sont ambigu&#235;s ou qui pr&#234;tent &#224; confusion, et bien choisir les &#171; distracteurs &#187; (mauvaises r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une premi&#232;re utilisation des QCM en philosophie : l'analyse d'extraits de textes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un premier exemple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique, on peut donner un tel QCM apr&#232;s la d&#233;couverte du texte par les &#233;l&#232;ves, texte cach&#233; si l'on veut solliciter en plus la m&#233;moire. Cela permettrait de pr&#233;parer une explication de texte. Mais donner les questions &lt;i&gt;apr&#232;s&lt;/i&gt; la r&#233;daction d'une explication peut aussi &#234;tre int&#233;ressant pourvu que les &#233;l&#232;ves aient la possibilit&#233; de revenir sur leur travail.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
On pose la question de savoir si l'homme est par nature moralement bon ou mauvais. Il n'est ni l'un ni l'autre, car l'homme par nature n'est pas du tout un &#234;tre moral, il ne devient un &#234;tre moral que lorsque sa raison s'&#233;l&#232;ve jusqu'aux concepts du devoir et de la loi. On peut cependant dire qu'il contient en lui-m&#234;me &#224; l'origine des impulsions menant &#224; tous les vices, car il poss&#232;de des penchants et des instincts qui le poussent d'un c&#244;t&#233;, bien que la raison le pousse du c&#244;t&#233; oppos&#233;. (...)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Kant, &lt;i&gt;Trait&#233; de P&#233;dagogie&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Question possible : Une des phrases suivantes est en accord avec le texte. Laquelle ?&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'Homme par nature est moralement mauvais.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'Homme par nature est moralement bon.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'Homme par nature n'est pas moralement mauvais.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'Homme par nature ne poss&#232;de pas la Raison.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;La discussion avec la classe fera voir que :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; il n'est ni l'un ni l'autre &#187; &#233;limine les choix 1 et 2.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le choix 1 est souvent fait, et correspond &#224; un contresens fr&#233;quent dans les explications de textes, qui s'explique par une lecture h&#226;tive du texte.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les 2 occurrences du mot &lt;i&gt;raison&lt;/i&gt; indiquent que la raison est bien pr&#233;sente d&#232;s l'origine donc vraisemblablement dans l'Homme par nature. Mais la discussion soulignera que cette raison a besoin de &#171; s'&#233;lever &#187;, ce qui constituera un sujet de r&#233;flexion pour l'explication de texte.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le choix 3 est correct, mais on aurait pu y remplacer &#171; mauvais &#187; par &#171; bon &#187;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cet exemple montre une mani&#232;re simple de construire les questions : il faut proposer des contresens possibles, et mettre en relation des expressions diff&#233;rentes du texte (ici : &#171; par nature &#187; et &#171; &#224; l'origine &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un deuxi&#232;me exemple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Voici en quoi nous diff&#233;rons des M&#233;gariques : notre sage est invincible &#224; toutes les disgr&#226;ces, mais il n'y est pas insensible, le leur ne les sent m&#234;me pas. Le point commun entre eux et nous, c'est que le sage se suffit : toutefois il d&#233;sire en outre les douceurs de l'amiti&#233;, du voisinage, du m&#234;me toit, bien qu'il trouve en soi assez de ressources. Il se suffit si bien &#224; lui-m&#234;me, que souvent une partie de lui-m&#234;me lui suffit, s'il perd une main par la maladie on sous le fer de l'ennemi. Qu'un accident le prive d'un &#339;il, il est satisfait de ce qui lui reste : mutilez, retranchez ses membres, il demeurera aussi serein que quand il les avait intacts. Les choses qui lui manquent, il ne les regrette pas ; mais il pr&#233;f&#232;re n'en pas &#234;tre priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;S&#233;n&#232;que &lt;i&gt;Lettre IX &#224; Lucilius&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sage que d&#233;crit S&#233;n&#232;que (&#171; notre sage &#187;) regretterait-t-il la perte d'un ami ?&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; oui, car il &#171; il d&#233;sire (...) les douceurs de l'amiti&#233; &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; oui, car il a besoin des &#171; douceurs de l'amiti&#233; &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; non, car il est &#171; insensible &#187; &#171; &#224; toutes les disgr&#226;ces &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; non, car &#171; les choses qui lui manquent, il ne les regrette pas &#187;.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Dans cette question, la difficult&#233; me semble &#234;tre de g&#233;n&#233;raliser l'exemple des membres mutil&#233;s &#224; tout ce qui peut manquer au sage, y compris les amis, alors que le terme &#171; choses &#187; peut sembler exclure les personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le QCM est construit en croisant une proposition et ses justifications possibles. Il permet de souligner aupr&#232;s des &#233;l&#232;ves qu'en philosophie, les raisons pour lesquelles on soutient une proposition sont parfois aussi importantes que la proposition elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un 3&#232; exemple : lecture de texte, ou contr&#244;le de connaissances&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces questions suivraient la lecture des &lt;i&gt;M&#233;ditations M&#233;taphysiques&lt;/i&gt; 1 et 2 de Descartes. Elle pourraient aussi arriver apr&#232;s un cours sur ce m&#234;me texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question 1 Dans ce texte, Descartes raconte qu'il avait d&#233;cid&#233; de douter de tout car :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; il pensait que la v&#233;rit&#233; n'existait pas ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; il voulait &#233;viter l'erreur ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; il &#233;tait certain qu'il &#233;tait en train de r&#234;ver ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; il &#233;tait devenu fou&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Question 2 M&#234;me s'il doute de tout, Descartes reconna&#238;t que :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; forc&#233;ment il est un &#234;tre humain&lt;/li&gt;&lt;li&gt; forc&#233;ment il a un corps qui existe&lt;/li&gt;&lt;li&gt; forc&#233;ment il pense&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les QCM comme contr&#244;le de connaissances&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples pr&#233;c&#233;dents peuvent &#234;tre convertis en contr&#244;le de connaissances, par exemple, la s&#233;ance suivante, ou m&#234;me pendant une s&#233;ance, pour r&#233;activer les notions &#233;tudi&#233;es auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple simple peut &#234;tre celui-ci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question : dans la phrase : &#171; J'ai envie d'aller me promener, donc je veux trouver mes baskets &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;trouver mes baskets&lt;/i&gt; est une fin subordonn&#233;e et &lt;i&gt;aller me promener&lt;/i&gt; est une fin souveraine&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;aller me promener&lt;/i&gt; est une fin subordonn&#233;e et &lt;i&gt;trouver mes baskets&lt;/i&gt; est une fin souveraine&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Certains des &lt;i&gt;rep&#232;res&lt;/i&gt; du programme de 2003 se pr&#234;tent assez bien &#224; de pareilles questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions peuvent porter sur des sujets qui ne sont pas directement philosophiques, comme la logique. Par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question : le raisonnement suivant est-il valide ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Tout nombre divisible par 4 est divisible par 2&lt;br class='autobr' /&gt;
Or 13 n'est pas divisible par 4&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
Donc 13 n'est pas divisible par 2
&lt;/blockquote&gt;&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Oui&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Non&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et apr&#232;s ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'atelier se terminait par la r&#233;daction de questions possibles sur ce texte extrait du &lt;i&gt;Trait&#233; Th&#233;ologico-Politique&lt;/i&gt; de Spinoza :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
On pense que l'esclave est celui qui agit par commandement et l'homme libre celui qui agit selon son bon plaisir. Cela cependant n'est pas absolument vrai, car en r&#233;alit&#233; &#234;tre captif de son plaisir et incapable de rien voir ni faire qui nous soit vraiment utile, c'est le pire esclavage, et la libert&#233; n'est qu'&#224; celui qui de son entier consentement vit sous la seule conduite de la raison. Quant &#224; l'action par commandement, c'est- &#224;-dire &#224; l'ob&#233;issance, elle &#244;te bien en quelque mani&#232;re la libert&#233;, elle ne fait cependant pas sur-le-champ un esclave, c'est la raison d&#233;terminante de l'action qui le fait. Si la -n de l'action n'est pas l'utilit&#233; de l'agent lui-m&#234;me, mais de celui qui la commande, alors l'agent est un esclave, inutile &#224; lui-m&#234;me (. . . ). De m&#234;me les enfants, bien qu'ils soient oblig&#233;s d'ob&#233;ir &#224; tous les ordres de leurs parents, ne sont pas tenus pour esclaves, parce que les ordres des parents ont surtout pour but l'int&#233;r&#234;t des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re avoir convaincu le lecteur que les QCM ne m&#233;ritent pas le m&#233;pris dans lequel certains esprits, par manque d'imagination, les tiennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Meyer, avec le concours des participants aux JE 2019 de l'acireph.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mathkang.org/default.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.mathkang.org/default.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;j'utilise &lt;a href=&#034;https://www.plickers.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;plickers&lt;/a&gt;, qui permet de r&#233;aliser des QCM en classe en scannant des cartes-r&#233;ponses, mais il existe une multitude d'autres syst&#232;mes&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est une des lois les mieux v&#233;rifi&#233;es de la litt&#233;rature scientifique sur l'apprentissage : voir par ex Roediger &amp; Karpicke, 2006 &lt;i&gt;Test-Enhanced Learning Taking Memory Tests Improves Long-Term Retention&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Atelier &#034;d&#233;bat &amp; p&#233;dagogie coop&#233;rative&#034; </title>
		<link>https://www.acireph.org/journees-d-etude/article/atelier-debat-pedagogie-cooperative</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/journees-d-etude/article/atelier-debat-pedagogie-cooperative</guid>
		<dc:date>2016-11-07T21:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;dagogie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les journ&#233;es d'&#233;tude de l'Acireph ont eu lieu les 20 et 21 octobre 2016 autour de la question : &#034;que vaut le travail aujourd'hui ?&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Lucie Chanu, professeure de philosophie, a propos&#233; un atelier autour du d&#233;bat dans les p&#233;dagogies coop&#233;ratives.&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/journees-d-etude/" rel="directory"&gt;Journ&#233;es d'&#233;tude&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/activites" rel="tag"&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/pedagogie" rel="tag"&gt;P&#233;dagogie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les journ&#233;es d'&#233;tude de l'Acireph ont eu lieu les 20 et 21 octobre 2016 autour de la question : &#034;que vaut le travail aujourd'hui ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lucie Chanu, professeure de philosophie, a propos&#233; un atelier autour du d&#233;bat dans les p&#233;dagogies coop&#233;ratives.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/NfF3GXxQupQ&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;sultats de l'enqu&#234;te ACIREPh-SNES sur l'enseignement de la philosophie</title>
		<link>https://www.acireph.org/l-acireph/article/resultats-de-l-enquete-acireph-snes-sur-l-enseignement-de-la-philosophie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/l-acireph/article/resultats-de-l-enquete-acireph-snes-sur-l-enseignement-de-la-philosophie</guid>
		<dc:date>2016-01-22T18:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>Sujets</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;sultats de l'enqu&#234;te men&#233;e de juin &#224; octobre 2015 par l'ACIREPh et le groupe Philosophie du SNES pour dresser un &#233;tat des lieux de l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acireph.org/l-acireph/" rel="directory"&gt;L'ACIREPh&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/activites" rel="tag"&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/notions" rel="tag"&gt;Notions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/sujets" rel="tag"&gt;Sujets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/avenir-de-la-philosophie" rel="tag"&gt;Avenir de la philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_13 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;113&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acireph.org/IMG/png/nuagelexicalq22.png?1707424854' width='500' height='319' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Question 22 : quelles autres raisons que les horaires expliquent selon vous les difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves au bac ?
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;**********************************************************************&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette enqu&#234;te a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e par Internet, du 21 juin &#224; la mi-octobre 2015. Elle fut propos&#233;e conjointement par l'Acireph et le Snes et communiqu&#233;e sur nos listes de diffusion respectives, ainsi que sur le groupe Facebook &#171; Enseigner la philosophie &#187;. Elle a &#233;galement &#233;t&#233; transmise par le biais du dernier envoi r&#233;alis&#233; par l'Acireph dans tous les lyc&#233;es publics et priv&#233;s de France. Le questionnaire comportait &#224; la fois des questions ferm&#233;es et des questions ouvertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus de 400 coll&#232;gues&lt;/strong&gt; (420) enseignant la philosophie ont r&#233;pondu &#224; cette enqu&#234;te. 420 r&#233;ponses, sur 4000 professeurs de philosophie, cela peut para&#238;tre peu repr&#233;sentatif. Pourtant ce pourcentage doit &#234;tre rapport&#233; &#224; l'isolement traditionnel des professeurs de philosophie, &#224; leur faible taux d'engagement syndical ou dans les associations professionnelles, ainsi qu'&#224; l'in&#233;vitable suspicion de partialit&#233; politique ou p&#233;dagogique que pouvait susciter un questionnaire &#233;labor&#233; par un syndicat et une association professionnelle. Reste qu'il s'agit de &lt;strong&gt;la plus vaste consultation des professeurs de philosophie depuis l'entr&#233;e en vigueur des derniers programmes&lt;/strong&gt; (2003 pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales, 2005 pour les technologiques). La derni&#232;re consultation avait &#233;t&#233; organis&#233;e en 2000 dans un contexte mouvement&#233;, par l'Inspection g&#233;n&#233;rale.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On trouvera un r&#233;cit &#233;difiant de cet &#233;pisode dans notre histoire critique de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Chapitre I : le m&#233;tier&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Caract&#233;ristiques des participants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur la composition de l'&#233;chantillon des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu, il faut souligner qu'une majorit&#233; d'entre eux est &lt;strong&gt;jeune &lt;/strong&gt; : 55 % enseignent la philosophie depuis moins de 15 ans. C'est un biais en termes de repr&#233;sentativit&#233;, puisque la pyramide des &#226;ges des professeurs de philosophie montre toujours une nette majorit&#233; de coll&#232;gues n&#233;s avant 1975 (voir le rapport &#171; Poirier &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#201;tat de l'enseignement de la philosophie en 2007-2008 &#187;, rapport de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Mais d'un autre c&#244;t&#233;, on peut voir ce biais positivement : il semble que les coll&#232;gues les plus fra&#238;chement arriv&#233;s dans le m&#233;tier s'expriment en faveur de certaines transformations importantes de leur enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours sur le profil des participants, une &#233;crasante majorit&#233; d'entre eux enseigne dans le public (87 %). Les acad&#233;mies les mieux repr&#233;sent&#233;es sont, par ordre d&#233;croissant : Versailles, Cr&#233;teil, Grenoble, Lille, Nantes, Amiens, Lyon, Paris, Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les effectifs en classe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;63 %&lt;/strong&gt; des enseignants ayant r&#233;pondu ont &lt;strong&gt;plus de 100 &#233;l&#232;ves en charge&lt;/strong&gt; pendant l'ann&#233;e scolaire, et &lt;strong&gt;30 % plus de 130 &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt;. On ne peut pas attendre une formation d'une qualit&#233; &#233;gale lorsqu'on a plus de 150 &#233;l&#232;ves (15 % des r&#233;ponses) ou bien lorsqu'on en a moins de 80 (15 % &#233;galement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos coll&#232;gues ont r&#233;pondu que les effectifs trop lourds avaient pour cons&#233;quences :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une &#233;nergie &#224; faire cours et une qualit&#233; d'&#233;coute des &#233;l&#232;ves en baisse (85 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des travaux demand&#233;s aux &#233;l&#232;ves moins nombreux (75 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une moindre qualit&#233; des corrections (45 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les d&#233;doublements, la quasi-totalit&#233; des enseignants (93 %) estime que les heures &#224; effectifs d&#233;doubl&#233;s sont n&#233;cessaires. Pourtant, les cons&#233;quences de la derni&#232;re r&#233;forme du lyc&#233;e se font sentir : en &lt;strong&gt;s&#233;ries technologiques, 69 % des coll&#232;gues n'ont aucune heure d&#233;doubl&#233;e&lt;/strong&gt;. En s&#233;rie S, 83 % n'ont aucune heure d&#233;doubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on se demande sous quelle forme ont lieu les heures d&#233;doubl&#233;es : c'est l'EMC, ex-ECJS, et l'AP, qui permettent &#224; une nette majorit&#233; de professeurs de philosophie (environ 70 %) de pouvoir enseigner en classe d&#233;doubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Acireph s'est plusieurs fois exprim&#233;e dans le sens d'un maintien ou d'un r&#233;tablissement des d&#233;doublements et continuera &#224; le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche l'EMC ne semble pas sp&#233;cialement pris en charge par les professeurs de philosophie. Ainsi seulement 22 % des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu sont concern&#233;s par l'EMC &#224; la rentr&#233;e 2015, contre 37 % qui ne le sont pas et 41 % qui ne le savaient pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les causes des difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question 17 &#233;tait la suivante : &#171; Quelles sont selon vous les principales raisons des difficult&#233;s rencontr&#233;es par nos &#233;l&#232;ves ? &#187; Chacune des raisons propos&#233;es devait &#234;tre estim&#233;e avoir un r&#244;le tr&#232;s important, important, moins important ou n&#233;gligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les coll&#232;gues ayant r&#233;pondu, &lt;strong&gt;les principales raisons des difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves en philosophie, class&#233;es par ordre d'importance (r&#244;le jug&#233; &#171; important &#187; ou &#171; tr&#232;s important &#187;), sont les suivantes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) La ma&#238;trise de la langue (91 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Les effectifs (85 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Les acquis scolaires (culturels, m&#233;thodologiques) des &#233;l&#232;ves inadapt&#233;s (81 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) L'absence de d&#233;doublement (77 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 ex aequo) Les &#233;preuves du bac et l'absence de philo avant la terminale (60 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) le programme (52 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces raisons, certaines font partie de choses qui ne d&#233;pendent absolument pas de nous, professeurs de philosophie, ni individuellement, ni collectivement. Pour d'autres, on peut discuter de notre pouvoir, ou des cons&#233;quences qu'il nous faudrait en tirer pour ajuster notre enseignement &#224; l'&#233;tat r&#233;el dans lequel nous arrivent nos &#233;l&#232;ves, pour rendre la philosophie au lyc&#233;e plus formatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait consid&#233;rer que &lt;strong&gt;la ma&#238;trise de la langue&lt;/strong&gt; d'une part, &lt;strong&gt;les acquis scolaires des &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt; d'autre part, &#233;chappent assez largement au pouvoir des professeurs de philosophie. Bien s&#251;r, nous pouvons le d&#233;plorer. Ce serait une mani&#232;re de reconna&#238;tre qu'en effet notre enseignement ne tient pas ses promesses mais que ce n'est pas de sa faute et que nous n'y pouvons rien &#224; notre niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, on pourrait aussi croiser ce r&#233;sultat avec la question de &lt;strong&gt;la &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;philosophie avant la terminale&lt;/strong&gt; : son absence est jug&#233;e importante ou tr&#232;s importante pour expliquer les difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves par 60 % des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu. S'il faut am&#233;liorer la formation des &#233;l&#232;ves du double point de vue de leur ma&#238;trise linguistique et de leurs acquis m&#233;thodologiques ou culturels, est-ce qu'il n'y aurait pas une solution &#224; chercher dans un v&#233;ritable cursus de philosophie au lyc&#233;e, de la seconde &#224; la terminale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait alors imaginer un vrai travail de la profession, de l'Inspection ou du Conseil Sup&#233;rieur des Programmes visant &#224; &#233;tablir clairement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quels sont les savoir-faire linguistiques &#224; ma&#238;triser pour pouvoir mener un raisonnement philosophiquement solide ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quels sont les acquis culturels et m&#233;thodologiques fondamentaux qui devraient &#234;tre enseign&#233;s avant la Terminale pour permettre &#224; l'ann&#233;e du bac d'&#234;tre philosophiquement formatrice pour les &#233;l&#232;ves ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Acireph se bat depuis sa cr&#233;ation pour 3 changements d&#233;cisifs dans l'enseignement de la philosophie : une transformation des programmes, une transformation des &#233;preuves du bac, et l'introduction de la philosophie avant (et apr&#232;s) la terminale. Or &lt;strong&gt;une tr&#232;s nette majorit&#233; des coll&#232;gues (60 %) trouvent que l'absence de philosophie avant la terminale et les &#233;preuves du bac ont un r&#244;le important ou tr&#232;s important pour expliquer les difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question 18 &#233;tait une question ouverte, qui demandait si &lt;strong&gt;d'autres raisons&lt;/strong&gt; expliquent les difficult&#233;s rencontr&#233;es par les &#233;l&#232;ves. Sur les 420 personnes qui ont r&#233;pondu au questionnaire, 93 ont ajout&#233; quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de r&#233;ponses reprennent finalement des &#233;l&#233;ments cit&#233;s dans la question 17, ce qui t&#233;moigne sans doute de l'importance accord&#233;e &#224; ces &#233;l&#233;ments : les lacunes des &#233;l&#232;ves (20 r&#233;ponses), l'inadaptation des programmes par rapport aux volumes horaires (16 r&#233;ponses), l'inadaptation des &#233;preuves (15 r&#233;ponses). Cependant, deux autres raisons cit&#233;es m&#233;ritent d'&#234;tre mentionn&#233;es : la d&#233;valorisation de l'&#233;cole, de la culture, de la philosophie (13 r&#233;ponses) ; les coefficients trop faibles de la philosophie dans certaines s&#233;ries (5 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre II : les programmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la question 12 &#171; Avez-vous une mani&#232;re diff&#233;rente de faire cours en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et en s&#233;ries technologiques ? &#187; (plusieurs r&#233;ponses possibles), 72 % des coll&#232;gues r&#233;pondent &#171; oui, dans les contenus des cours (supports, textes) &#187; et 66 % &#171; oui, dans la nature des travaux exig&#233;s &#187;. Il y a probablement l&#224; quelque chose de s&#233;rieux &#224; penser : car les programmes et les &#233;preuves du bac sont, de leur c&#244;t&#233;, rigoureusement de m&#234;me nature en s&#233;ries technologiques qu'en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales (&#224; la nuance pr&#232;s des 3 questions pour l'explication de texte). Nous trouvons bien, d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre, une liste de notions, une liste de rep&#232;res, une liste d'auteurs &#8211; et la dissertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur &lt;strong&gt;appr&#233;ciation des programmes&lt;/strong&gt; (Q.15), les participants au questionnaire se montrent tr&#232;s majoritairement, voire &lt;strong&gt;massivement &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;insatisfaits du statu quo&lt;/strong&gt;. En s&#233;rie ES, 75 % des r&#233;ponses d&#233;clarent le programme &#171; trop lourd &#187; et/ou &#171; trop ind&#233;termin&#233; &#187;. Cette proportion atteint 81 % pour la s&#233;rie S et 60 % pour les s&#233;ries technologiques. Seule une courte majorit&#233; trouve les programmes &#171; bien en l'&#233;tat &#187; en s&#233;rie L (54 %) ; pour les autres s&#233;ries, ils sont seulement 25 % en ES, 19 % en S et presque 40 % en s&#233;ries technologiques &#224; exprimer cet avis. Par ailleurs, 77 % des coll&#232;gues d&#233;clarent souhaiter un &#171; dialogue collectif de la profession &#187; sur la question des programmes (Q.36).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il s'agit de proposer des &lt;strong&gt;transformations des programmes actuels&lt;/strong&gt;, l'interpr&#233;tation est rendue difficile par la formulation des r&#233;ponses possibles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une premi&#232;re chose est claire : c'&lt;strong&gt;est le &#171; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;moins de notions&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &#187; qui l'emporte largement (oui &#224; 77 %).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une seconde chose est claire : le &#171; non &#187; l'emporte largement contre des notions davantage reli&#233;es entre elles (par couplage), et contre remplacer des notions par des questions (non &#224; 70 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En revanche l'id&#233;e de &lt;strong&gt;remplacer des notions par des probl&#232;mes&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;divise&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; la profession : le pour et le contre obtiennent chacun la moiti&#233; des suffrages. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faut-il entendre par &#171; probl&#232;mes &#187; ? Quelle diff&#233;rence avec les &#171; questions &#187; ? Des exemples &#233;taient donn&#233;s entre parenth&#232;ses. Pour les questions : &#171; qu'est-ce qui fait qu'une action est bonne ou mauvaise ? &#187; ou &#171; pourquoi devrions-nous &#234;tre gouvern&#233;s ? &#187;. Pour les probl&#232;mes : &#171; libert&#233; et d&#233;terminisme &#187; ou &#171; art et imitation &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble donc que nos coll&#232;gues soient hostiles &#224; ce que les notions soient remplac&#233;es par des probl&#232;mes formul&#233;s sous forme de questions explicites, mais qu'ils soient plut&#244;t partag&#233;s lorsqu'il s'agit de probl&#232;mes formul&#233;s sous forme de couplage de notions, alors que par ailleurs ils rejettent des notions reli&#233;es entre elles&#8230; On pourrait proposer une hypoth&#232;se : relier les notions entre elles ne change pas grand-chose &#224; l'ind&#233;termination des programmes, nous le savons d&#232;s maintenant car c'est d&#233;j&#224; le cas (le travail et la technique, th&#233;orie et exp&#233;rience, la justice et le droit, l'existence et le temps). Or cela n'emp&#234;che pas certains sujets du bac de porter sur une seule des notions pr&#233;tendument coupl&#233;es, si bien qu'en r&#233;alit&#233; tout se passe comme si ni les champs notionnels (la culture, le sujet, etc.), ni les couplages de notions ne r&#233;duisaient l'&#233;tendue des sujets possiblement trait&#233;s par les &#233;l&#232;ves au bac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, si l'id&#233;e de remplacer les notions par des probl&#232;mes sous la forme &#171; libert&#233; et d&#233;terminisme &#187; para&#238;t int&#233;ressante pour la moiti&#233; des coll&#232;gues qui ont r&#233;pondu, c'est sans doute parce que des probl&#232;mes ainsi formul&#233;s r&#233;duisent clairement le champ des possibles. &#171; Libert&#233; et d&#233;terminisme &#187; ne recouvre pas la libert&#233; politique, par exemple. Et en m&#234;me temps, des probl&#232;mes sous cette forme laissent encore une marge de man&#339;uvre importante, probablement plus importante que des questions formul&#233;es directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur le chemin de la d&#233;termination des programmes&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;,&lt;/strong&gt; il semble donc que nos coll&#232;gues restent encore oppos&#233;s &#224; une pr&#233;cision vraiment cibl&#233;e, et sont partag&#233;s pour ce qui est de pr&#233;ciser en partie ce qu'il faut &#233;tudier pendant l'ann&#233;e, ce &#224; propos de quoi les &#233;l&#232;ves sont cens&#233;s arriver arm&#233;s au bac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier constat remarquable &lt;strong&gt;&#224; propos des &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;rep&#232;res &lt;/strong&gt; : seuls 27 % des professeurs ayant r&#233;pondu traitent explicitement tous les rep&#232;res pendant l'ann&#233;e ; 36 % ne les prennent pas explicitement en compte ; et 60 % en font quelques-uns mais sont embarrass&#233;s par d'autres&#8230; (plusieurs r&#233;ponses &#233;taient possibles, Q.19).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre III : les &#233;preuves du baccalaur&#233;at&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous avons demand&#233; : &#171; Dans les conditions actuelles de notre enseignement, pensez-vous que, &#224; la fin de l'ann&#233;e scolaire, les &#233;l&#232;ves soient pr&#233;par&#233;s &#224; traiter l'ensemble des sujets possibles au bac ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s&#233;rie L, o&#249; pourtant une majorit&#233; de coll&#232;gues trouvent les programmes &#171; bien en l'&#233;tat &#187;, et o&#249; nous disposons de 8 heures par semaine, seules 43 % des r&#233;ponses sont positives, tandis que 44 % r&#233;pondent &#171; non, il y a toujours un sujet pour lequel mes &#233;l&#232;ves n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s &#187;. Le pire constat concerne &lt;strong&gt;les &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;s&#233;ries ES et S&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, o&#249; une petite minorit&#233; (environ 20 %) des r&#233;ponses sont positives, tandis qu'une &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;tr&#232;s nette majorit&#233; (environ 60 %)&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; des coll&#232;gues r&#233;pondent &#171; non, il y a toujours un sujet pour lequel mes &#233;l&#232;ves n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s &#187;.&lt;/strong&gt; Pour les s&#233;ries technologiques, ils sont 47 % &#224; r&#233;pondre &#171; non, il y a toujours un sujet pour lequel mes &#233;l&#232;ves n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s &#187; ; c'est pour ces s&#233;ries que la r&#233;ponse &#171; non, je suis content quand il y a au moins un sujet sur les trois pour lequel le cours peut directement les aider &#187; obtient le plus fort pourcentage : 25 %, contre environ 22 % en ES et S et 12 % en L.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ainsi, les professeurs ont &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;pleinement conscience&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; que les conditions actuelles ne permettent pas de &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;pr&#233;parer s&#233;rieusement&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; les &#233;l&#232;ves &#224; l'&#233;preuve de philosophie du baccalaur&#233;at.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question suivante (Q.21) demandait : &#171; en cas de r&#233;ponse n&#233;gative, y a-t-il une autre raison que les horaires ? &#187; et 69 % des r&#233;ponses sont positives. Ce n'est donc pas qu'un probl&#232;me de temps. Mais alors, d'&lt;i&gt;o&#249; provient cette impr&#233;paration des &#233;l&#232;ves au bac de philo ? &lt;/i&gt;Les coll&#232;gues &#233;taient alors invit&#233;s &#224; s'exprimer (question ouverte, Q.22) sur ces autres raisons. 212 personnes ont r&#233;pondu. Voici les raisons donn&#233;es par ordre d&#233;croissant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) L'ind&#233;termination des programmes (80 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) La lourdeur des programmes (50 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Le mauvais choix des sujets (40 r&#233;ponses), dont : des sujets trop difficiles (14 r&#233;ponses), des sujets qui croisent des notions non conform&#233;ment au tableau (14 r&#233;ponses), des sujets trop pr&#233;cis (7 r&#233;ponses), trop originaux (3 r&#233;ponses), mal formul&#233;s (2 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) L'insuffisance des acquis scolaires (20 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Les classes surcharg&#233;es (12 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Les horaires insuffisants, notamment en s&#233;rie S (10 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur les &#233;preuves du bac que les r&#233;sultats sont les plus int&#233;ressants, du point de vue d'une transformation de l'enseignement de la philosophie. En effet, &lt;strong&gt;seule une faible minorit&#233; (18 %) des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu estime que les &#233;preuves de philosophie au baccalaur&#233;at sont &#171; &#224; conserver en l'&#233;tat &#187;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;en s&#233;ries technologiques &lt;/strong&gt; ;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;ils sont 49 % pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales, &#224; peine la moiti&#233; des coll&#232;gues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, 51 % des coll&#232;gues pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et &lt;strong&gt;82 % pour les s&#233;ries technologiques&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; jugent que les &#233;preuves du bac philo doivent &#234;tre, soit &#171; conserv&#233;es mais am&#233;nag&#233;es &#187;, soit &#171; enrichies par de nouvelles &#233;preuves &#187;, soit &#171; &#224; remplacer totalement &#187;. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s&#233;ries technologiques, les suffrages les plus nombreux reviennent m&#234;me &#224; la r&#233;ponse la plus radicale : &lt;strong&gt;37 % des professeurs souhaitent &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;remplacer totalement&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; les &#233;preuves du bac de philosophie en ST&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;ponses sont &#224; mettre en rapport avec la question pr&#233;c&#233;dente (Q.23), qui demandait : &#171; pr&#233;parez-vous &#233;quitablement aux deux types d'&#233;preuve, ou bien en privil&#233;giez-vous une ? &#187; En tendance les 2 types d'&#233;preuves sont pr&#233;par&#233;s de fa&#231;on &#233;quitable y compris en s&#233;ries technologiques (57 % contre 76 % en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales). En revanche lorsque les professeurs mettent davantage l'accent sur l'une des &#233;preuves, c'est l'explication de texte qui est privil&#233;gi&#233;e pour les s&#233;ries technologiques (26 %). On s'aper&#231;oit donc ici que la cible des critiques des &#233;preuves de philo au bac technologique est sans doute &#224; rechercher dans la dissertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, 75 % des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu d&#233;clarent souhaiter un &#171; dialogue collectif de la profession &#187; sur la question des &#233;preuves du bac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les questions ouvertes, de nombreux coll&#232;gues proposent un oral pour &#233;valuer la philo au bac, notamment pour les &#233;l&#232;ves de s&#233;ries technologiques. La proposition d'une dissertation &lt;i&gt;guid&#233;e&lt;/i&gt; revient aussi tr&#232;s souvent. En s&#233;ries technologiques, la dissertation est tr&#232;s critiqu&#233;e, souvent qualifi&#233;e d'impossible &#224; r&#233;ussir. L'&#233;preuve texte-questions est aussi critiqu&#233;e pour sa forme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Chapitre IV : les perspectives&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La philosophie avant la Terminale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les professeurs ayant r&#233;pondu &#224; notre enqu&#234;te estiment tr&#232;s majoritairement (65 %) que la possibilit&#233; d'intervenir en Seconde et en Premi&#232;re est une bonne chose mais &lt;strong&gt;doit &#234;tre &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;renforc&#233;e&lt;/strong&gt; (Q.26).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant un enseignement de philosophie d&#232;s la classe de Premi&#232;re (Q.27), &lt;strong&gt;u&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;ne franche&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; majorit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu souhaitent que la philosophie soit enseign&#233;e d&#232;s la Premi&#232;re, suivant une approche soit disciplinaire, soit interdisciplinaire, en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales&lt;/strong&gt; : 89 % en L, et environ 80 % en ES et en S ; &lt;strong&gt;une &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;nette majorit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; le souhaite &#233;galement, de fa&#231;on remarquable, &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;pour les s&#233;ries technologiques&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;(66 %). En s&#233;rie L, une &#171; approche disciplinaire &#187; de cet enseignement est pl&#233;biscit&#233;e (68 %) mais pas dans les autres s&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales raisons mentionn&#233;es (Q.28, question ouverte, 139 personnes ont r&#233;pondu) sont les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le oui : cela permettrait que les &#233;l&#232;ves se familiarisent avec la discipline, son esprit, ses m&#233;thodes (89 r&#233;ponses), notamment gr&#226;ce &#224; un travail interdisciplinaire (23/89 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le non : du fait de l'immaturit&#233; intellectuelle et/ou culturelle des &#233;l&#232;ves (10 r&#233;ponses), du fait que le travail interdisciplinaire constituerait une dilution de la discipline (6 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enseigner la philosophie de la Premi&#232;re &#224; la Terminale, pour toutes les s&#233;ries, cela obligerait n&#233;cessairement l'institution &#224; introduire une progressivit&#233;, ce que demande l'Acireph depuis sa cr&#233;ation. Il s'agirait l&#224; clairement d'une premi&#232;re &#233;tape vers un v&#233;ritable cursus de philosophie au lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La philosophie en lyc&#233;e professionnel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La philosophie n'est actuellement enseign&#233;e qu'&#224; la moiti&#233; d'une classe d'&#226;ge. La Q.29 demandait aux coll&#232;gues si l'enseignement de la philosophie en lyc&#233;e professionnel leur semblait envisageable : sur le mod&#232;le de l'existant ; OU sous une autre forme. &lt;strong&gt;Sur le mod&#232;le de l'existant&lt;/strong&gt;, c'est le &#171; non &#187; qui l'emporte tr&#232;s largement &#224; 87 %. En revanche, &lt;strong&gt;sous une autre forme&lt;/strong&gt;, le &#171; oui &#187; obtient 72 % de r&#233;ponses positives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;ponses contiennent implicitement une affirmation int&#233;ressante : les professeurs de philosophie reconnaissent que la mani&#232;re dont la philosophie est enseign&#233;e n'est &lt;strong&gt;pas si universelle&lt;/strong&gt; qu'elle le pr&#233;tend ; qu'il serait donc possible de faire autrement, et que ce serait m&#234;me indispensable pour pouvoir d&#233;mocratiser la philosophie. La d&#233;mocratisation de l'enseignement de la philosophie semble donc avoir de beaux jours devant elle, mais &#224; condition de repenser s&#233;rieusement notre p&#233;dagogie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, &#224; la question &#171; seriez-vous volontaires ? &#187;, les professeurs de philosophie sont h&#233;sitants et plut&#244;t r&#233;serv&#233;s : 53/47 entre le non et le oui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La formation professionnelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une tr&#232;s franche majorit&#233; des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu souhaitent que les formations propos&#233;es aux professeurs de philosophie int&#232;grent davantage une r&#233;flexion sur les pratiques d'enseignement : 75 % souhaiteraient ainsi pouvoir travailler sur les mani&#232;res de faire cours, 70 % sur les mani&#232;res de pr&#233;parer aux &#233;preuves du bac ; ce dont l'Acireph ne peut que se r&#233;jouir, puisque tel serait le sens m&#234;me des Instituts de recherche sur l'enseignement de la philosophie dont nous demandons la cr&#233;ation : donner des moyens institutionnels de partager des pratiques p&#233;dagogiques, d'en d&#233;battre entre coll&#232;gues et d'en &#233;valuer collectivement les effets sur la formation philosophique des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'analyse du SNES des r&#233;sultats de cette enqu&#234;te est consultable ici :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.snes.edu/-Pour-un-etat-des-lieux-de-l-enseignement-de-la-philosophie-dans-le-secondaire-.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.snes.edu/-Pour-un-etat-des-lieux-de-l-enseignement-de-la-philosophie-dans-le-secondaire-.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On trouvera un r&#233;cit &#233;difiant de cet &#233;pisode dans notre histoire critique de la &#171; guerre des programmes &#187;, consultable sur ce site.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#201;tat de l'enseignement de la philosophie en 2007-2008 &#187;, rapport de l'Inspection g&#233;n&#233;rale de l'&#201;ducation nationale, septembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.acireph.org/IMG/pdf/enquete2015_resultats_complets.pdf" length="2266097" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="https://www.acireph.org/IMG/pdf/synthese_courte_enquete_2015.pdf" length="75910" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="https://www.acireph.org/IMG/pdf/synthese_enquete_acireph_snes_courte.pdf" length="142932" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enseigner la philosophie d&#232;s la classe de Premi&#232;re</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/avant-la-terminale/article/enseigner-la-philosophie-des-la-classe-de-premiere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/nos-recherches/avant-la-terminale/article/enseigner-la-philosophie-des-la-classe-de-premiere</guid>
		<dc:date>2006-01-01T18:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Institutions</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Connaissances</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La majorit&#233; des professeurs de philosophie sont favorables &#224; l'enseignement de philosophie d&#232;s la Premi&#232;re et beaucoup le pratiquent d&#233;j&#224;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les positions de l'ACIREPh sont souvent d&#233;form&#233;es. Il en a &#233;t&#233; de m&#234;me de celle-ci : commencer la philosophie d&#232;s la classe de Premi&#232;re. Nous nous r&#233;jouissons toutefois que cette id&#233;e (que l'ACIREPh a longtemps &#233;t&#233; seule &#224; d&#233;fendre) soit majoritairement soutenue par les nouvelles g&#233;n&#233;rations de professeurs de philosophie. Au point que m&#234;mes ceux qui, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/avant-la-terminale/" rel="directory"&gt;Avant la Terminale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/pratiques" rel="tag"&gt;Pratiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/activites" rel="tag"&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/institutions" rel="tag"&gt;Institutions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/avenir-de-la-philosophie" rel="tag"&gt;Avenir de la philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/connaissances" rel="tag"&gt;Connaissances&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La majorit&#233; des professeurs de philosophie sont favorables &#224; l'enseignement de philosophie d&#232;s la Premi&#232;re et beaucoup le pratiquent d&#233;j&#224;. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les positions de l'ACIREPh sont souvent d&#233;form&#233;es. Il en a &#233;t&#233; de m&#234;me de celle-ci : commencer la philosophie d&#232;s la classe de Premi&#232;re. Nous nous r&#233;jouissons toutefois que cette id&#233;e (que l'ACIREPh a longtemps &#233;t&#233; seule &#224; d&#233;fendre) soit majoritairement soutenue par les nouvelles g&#233;n&#233;rations de professeurs de philosophie. Au point que m&#234;mes ceux qui, hier, la combattaient violemment, semblent aujourd'hui en soutenir le principe, au moins dans leur d&#233;clarations publiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais pourquoi cette proposition de l'ACIREPh d'enseigner la philosophie d&#233;range-t-elle ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ACIREPh s'oppose, on le sait, aux forces qui, sur un mode conservateur, d&#233;fendent le statu quo et la classe de &#171; Terminale &#187; telle qu'elle est. Elle s'oppose tout aussi fermement &#224; toute r&#233;forme visant &#224; dissoudre ou supprimer l'enseignement de philosophie sous couvert de le r&#233;nover. Cela nous vaut beaucoup d'hostilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de la philosophie d&#232;s la Premi&#232;re, nous observons que ses opposants n'ont jamais pu articuler un seul argument (un tant soit peu cr&#233;dible) &#224; l'appui de leur position. Ils se bornent &#224; affirmer rituellement, et parfois de fa&#231;on compulsive, qu'un enseignement &#171; authentiquement philosophique de la philosophie &#187; (sic !) n'est possible qu'en Terminale ; qu'accepter d'enseigner la philo d&#232;s la Premi&#232;re signifierait imm&#233;diatement la mort de la philosophie. Pour eux, c'est &#171; d&#233;fendre la philosophie &#187; que de refuser son extension. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que ne comprennent pas les conservateurs. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est bien la &#171; d&#233;fense &#187; crisp&#233;e et r&#233;active d'un enseignement dont le programme - &#233;norme s&#233;diment, h&#233;ritage &#233;clectique et immuable sous des rajeunissements de fa&#231;ade - n'a jamais pu &#234;tre couvert en un an qui dessert la cause de l'enseignement de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;tendue d&#233;fense de &#171; la-classe-de-philosophie &#187; n'a JAMAIS rien d&#233;fendu ni sauv&#233; : bien au contraire, la philosophie n'a cess&#233; de perdre du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui sont les fossoyeurs de l'enseignement de Philosophie ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La position conservatrice sert directement les int&#233;r&#234;ts de ceux avec qui veulent encore r&#233;duire voire supprimer l'enseignement de philosophie arguant, non sans raison, de son &#233;vidente incapacit&#233; &#224; se r&#233;nover. Il est vrai que, en cas de menace, personne ne se l&#232;vera parmi les anciens &#233;l&#232;ves de lyc&#233;es et leurs parents, ou m&#234;me nos coll&#232;gues des autres disciplines, pour d&#233;fendre cet enseignement-l&#224;, tel qu'il est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui ont fait &#233;chouer les pr&#233;c&#233;dents projets de r&#233;formes un tant soit peu s&#233;rieux &#8211; le projet Derrida-Bouveresse de 1989, le projet Jean-Marie Beyssade en 1992 et la modeste r&#233;forme des programmes &#233;labor&#233;e par Alain Renaut en 2000 &#8211; portent directement la responsabilit&#233; de la d&#233;composition actuelle. Gr&#226;ce &#224; eux la philosophe d&#233;p&#233;rit en Terminale. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;fendre et renforcer l'enseignement de Philosophie. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable &#171; d&#233;fense &#187; de l'enseignement de philosophie passe par la critique lucide de l'&#233;tat actuel de la philosophie scolaire, et l'&#233;laboration d'un projet red&#233;finissant la place de philo au lyc&#233;e (commencement d&#232;s la 1&#232;re), mais aussi de nouveaux programmes, de nouvelles pratiques et exercices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ACIREPh y travaille constamment. Elle est toujours dispos&#233;e &#224; participer &#224; une recherche qui partirait de l'analyse - sans complaisance - de ce qui ne va pas, et - sans masochisme - de ce qui marche et qui est prometteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Atelier : la lecture des textes par les &#233;l&#232;ves des sections technologiques en cours de philosophie</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/atelier-la-lecture-des-textes-par-les-eleves-des-sections-technologiques-en</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/atelier-la-lecture-des-textes-par-les-eleves-des-sections-technologiques-en</guid>
		<dc:date>2001-10-28T18:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Compte-rendu de l'atelier propos&#233; lors des journ&#233;es d'&#233;tude d'octobre 2001. &lt;br class='autobr' /&gt; 1. Quel genre de textes devrions-nous leur faire lire et les entra&#238;ner &#224; lire ? &lt;br class='autobr' /&gt;
2. Sur quel genre de textes devrions-nous les &#233;valuer ? &lt;br class='autobr' /&gt;
3. Au travers de quelles questions faudrait-il proc&#233;der &#224; cette &#233;valuation ? &lt;br class='autobr' /&gt; Sur ce dernier point, il &#233;tait envisag&#233; de comparer des travaux d'&#233;l&#232;ves ayant r&#233;pondu &#224; diff&#233;rents types de questions sous les textes philosophiques qui ont &#233;t&#233; donn&#233;s au bac dans l'espoir de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/" rel="directory"&gt;En s&#233;ries technologiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/activites" rel="tag"&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Compte-rendu de l'atelier propos&#233; lors des journ&#233;es d'&#233;tude d'octobre 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Quel genre de textes devrions-nous leur faire lire et les entra&#238;ner &#224; lire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Sur quel genre de textes devrions-nous les &#233;valuer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Au travers de quelles questions faudrait-il proc&#233;der &#224; cette &#233;valuation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce dernier point, il &#233;tait envisag&#233; de comparer des travaux d'&#233;l&#232;ves ayant r&#233;pondu &#224; diff&#233;rents types de questions sous les textes philosophiques qui ont &#233;t&#233; donn&#233;s au bac dans l'espoir de d&#233;couvrir quelles sont les questions qui aident &#224; la compr&#233;hension du texte, par opposition aux questions actuelles qui sont d'une part st&#233;r&#233;otyp&#233;es (&#171; montrez l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale et ses parties &#187;) et qui d'autre part interrogent l'&#233;l&#232;ve sur les pi&#232;ges du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'atelier, tout le monde a regrett&#233; que les &#233;l&#232;ves face &#224; des textes de philosophes, des grands auteurs, soient confront&#233;s &#224; des difficult&#233;s de langue sans int&#233;r&#234;t philosophique. Si l'on juge que les textes sont incontournables, quelle que soit la raison de ce jugement, alors il faudrait donner aux &#233;l&#232;ves toutes les explications et traductions, tous les compl&#233;ments d'information sur l'arri&#232;re plan et le contexte et les allusions de l'extrait. &#192; la limite, il serait peut-&#234;tre plus honn&#234;te d'&#233;tudier avec eux un texte complet, et de les interroger sur lui, plut&#244;t que de jouer aux devinettes avec des morceaux incomplets et d'une langue aux tournures anciennes. Question : l'examen ne serait alors qu'un contr&#244;le des connaissances ? Faciliter la lecture par une sorte de traduction du texte ? Par un appareil de notes ? Par des questions incitant &#224; l'analyse du texte, incitant &#224; rep&#233;rer les d&#233;finitions, les distinctions, le th&#232;me abord&#233;, la th&#232;se d&#233;fendue, l'ordre des arguments, la valeur de ces arguments ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on juge que l'on ne peut pas &#233;liminer la lecture des textes mais qu'on n'a pas de raison de soumettre aux &#233;l&#232;ves des textes qui sont inaccessibles sur bien des plans ind&#233;pendants de la difficult&#233; des id&#233;es qui y sont expos&#233;es, alors se pose la question : quels textes ? R&#233;ponse propos&#233;es : toutes sortes de textes, emprunt&#233;s &#224; diff&#233;rents genres, parfois &#224; l'actualit&#233;, dans lesquels sont engag&#233;s des questions philosophiques, avec pour objectif de leur apprendre &#224; en faire une lecture philosophique. Le nom de Val&#233;ry a &#233;t&#233; avanc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question y a-t-il des textes d'auteurs et n&#233;anmoins simples ? L'exemple de l'Apologie de Socrate a &#233;t&#233; propos&#233;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce donc que lire philosophiquement un texte ? Le probl&#233;matiser ou l'&#233;clairer ? R&#233;ponse propos&#233;e : l'obscurit&#233; d'un texte tient en partie au fait qu'il porte sur un probl&#232;me, et un d&#233;bat, dont le lecteur n'a pas connaissance. Probl&#233;matiser, ce n'est ajouter un probl&#232;me &#224; un discours, c'est situer un discours dans son probl&#232;me. Faut-il donner &#224; lire des textes dans lesquels sont visibles et manifestes la th&#232;se et l'antith&#232;se ? Ou des textes contenant une position, l'&#233;l&#232;ve ayant &#224; retrouver dans son cours l'analyse critique de cette position ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos de l'id&#233;e de probl&#232;me philosophique, un d&#233;bat anim&#233; a eu lieu. Un probl&#232;me, est-ce une question d&#233;finitivement ind&#233;cidable ? Est-ce une question qu'une &#233;tude rigoureuse permet de r&#233;soudre ? Est-ce la confrontation entre des r&#233;ponses divergentes mais rationnelles en vue de conclure en tenant compte des deux ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre probl&#232;me abord&#233; : comment donner envie de lire ? Devrions-nous acqu&#233;rir une &#171; technique &#187; pour susciter cette envie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;change a permis de constater qu'il y avait de fortes similitudes dans ce que nous disons aux &#233;l&#232;ves pour leur faire comprendre ce qu'ils doivent chercher dans un texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos des batteries de questions sous les textes, un test a &#233;t&#233; effectu&#233; sur deux classes. Il en ressort que des &#233;l&#232;ves veulent des questions dans l'ordre des phrases du texte, d'autres ont appr&#233;ci&#233; des questions pos&#233;es dans un ordre logique afin que l'acquis permette de progresser. De toute fa&#231;on, il est pr&#233;f&#233;rable que les questions constituent un guide de lecture, faisant comprendre &#224; l'&#233;l&#232;ve o&#249; se situe l'int&#233;r&#234;t du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte rendu r&#233;dig&#233; &#224; partir de plusieurs prises de notes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
