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	<title>ACIREPh</title>
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		<title>ACIREPh</title>
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		<title>Pistes de r&#233;flexions pour am&#233;liorer l'enseignement de la philosophie en s&#233;ries technologiques</title>
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		<dc:date>2017-05-26T08:52:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Si donc on posait en principe que penser, parler et &#233;crire sont les armes de l'homme... &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
ALAIN, &#171; Les cours et l'enseignement &#187;, Propos, la Pl&#233;iade, pp.1044-1045 &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre minist&#232;re r&#233;fl&#233;chit &#224; un &#233;ventuel am&#233;nagement de l'&#233;preuve de philosophie en s&#233;ries technologiques. A titre de test, une dissertation guid&#233;e et une version l&#233;g&#232;rement modifi&#233;e du sujet texte devraient ainsi &#234;tre propos&#233;es aux &#233;l&#232;ves de STHR l'an prochain. C'est une bonne nouvelle, dans la mesure o&#249; cela montre une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/" rel="directory"&gt;En s&#233;ries technologiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si donc on posait en principe que penser, parler et &#233;crire sont les armes de l'homme... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALAIN, &#171; Les cours et l'enseignement &#187;, &lt;i&gt;Propos, &lt;/i&gt;la Pl&#233;iade, pp.1044-1045&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Notre minist&#232;re r&#233;fl&#233;chit &#224; un &#233;ventuel am&#233;nagement de l'&#233;preuve de philosophie en s&#233;ries technologiques. A titre de test, une dissertation guid&#233;e et une version l&#233;g&#232;rement modifi&#233;e du sujet texte devraient ainsi &#234;tre propos&#233;es aux &#233;l&#232;ves de STHR l'an prochain. C'est une bonne nouvelle, dans la mesure o&#249; cela montre une prise en compte des probl&#232;mes rencontr&#233;s par les &#233;l&#232;ves et de s&#233;ries technologiques au moment de l'&#233;preuve de philosophie du baccalaur&#233;at. N&#233;anmoins, je crains que le rem&#232;de propos&#233; ne permette gu&#232;re de corriger ces probl&#232;mes, car il repose &#224; mon avis sur un mauvais diagnostic. En effet, ce qui pose probl&#232;me, en s&#233;ries technologiques, ce n'est pas tant l'&#233;preuve finale que le programme trait&#233; (ou plut&#244;t maltrait&#233;) durant l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une dizaine d'ann&#233;e, j'enseigne dans un lyc&#233;e &#224; forte dominante technologique (STI/STL/STG/STSS), ce qui m'a permis d'avoir environ quatre classe de s&#233;rie technologique chaque ann&#233;e, de mesurer la diff&#233;rence avec les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et de tester diff&#233;rentes techniques p&#233;dagogiques. L'une d'elle a consist&#233; &#224; tenter de suivre la m&#233;thode d&#233;crite par Alain dans l'un de ses &lt;i&gt;Propos&lt;/i&gt; et qui serait elle-m&#234;me inspir&#233;e du mod&#232;le de l'instructeur militaire. Il y a sans doute une part de provocation de la part de l'auteur de &lt;i&gt;Mars ou la guerre jug&#233;e &lt;/i&gt;&#224; aller chercher dans l'arm&#233;e un mod&#232;le p&#233;dagogique permettant de fonder le libre exercice du jugement. Le paradoxe se redouble, quand on constate que les qualit&#233;s sp&#233;cifiques de l'instructeur militaire ne sont pas celles qu'on attendrait : l'officier n'est pas un bon p&#233;dagogue, parce qu'il serait autoritaire et ferme sur la discipline, mais parce qu'il est soumis &#224; un imp&#233;ratif d'efficacit&#233; d&#233;mocratique. Il est en effet vital que tous les soldats sachent utiliser correctement un fusil. C'est pourquoi l'instructeur fait r&#233;p&#233;ter syst&#233;matiquement tous les exercices, pour permettre &#224; chacun d'acqu&#233;rir les connaissances &#233;l&#233;mentaires n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon but n'est pas de discuter ici l'int&#233;gralit&#233; de ce &lt;i&gt;Propos&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le texte int&#233;gral est cit&#233; en annexe.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais plut&#244;t de montrer comment j'ai tent&#233; de m'en inspirer, pour finir, apr&#232;s plusieurs t&#226;tonnements, par mettre au point une d&#233;marche qui me donne satisfaction, mais que les programmes actuels ne permettent pas vraiment de mettre en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pr&#233;senterai donc pour commencer un exemple de cours fait avec des terminales technologiques les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes et les r&#233;sultats positifs de ce cours ; puis les raisons qui rendent un tel cours relativement incompatible avec le programme actuel. Pour finir, j'ajouterai quelques remarques sur l'indigence des copies de s&#233;ries technologiques &#224; l'examen et une proposition de modification du programme qu'on peut tirer de ces analyses.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1) Un exemple de cours sur le bonheur.&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; On n'apprend pas le piano en &#233;coutant un virtuose. De m&#234;me, me suis-je dit souvent, on n'apprend pas &#224; &#233;crire et &#224; penser en &#233;coutant un homme qui parle bien et qui pense bien. Il faut essayer, faire, refaire, jusqu'&#224; ce que le m&#233;tier entre, comme on dit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALAIN, &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
A) le cours sur Rousseau.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un cours fait au tout d&#233;but de l'ann&#233;e, qui s'appuie sur un sujet d'annales l&#233;g&#232;rement modifi&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Sujet Bac 2010 (M&#233;tropole, TMD)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est l'imagination qui &#233;tend pour nous la mesure des possibles, soit en bien, soit en mal, et qui, par cons&#233;quent, excite et nourrit les d&#233;sirs par l'espoir de les satisfaire. Mais l'objet qui paraissait d'abord sous la main fuit plus vite qu'on ne peut le poursuivre ; quand on croit l'atteindre, il se transforme et se montre au loin devant nous. Ne voyant plus le pays d&#233;j&#224; parcouru, nous le comptons pour rien ; celui qui reste &#224; parcourir s'agrandit, s'&#233;tend sans cesse. Ainsi l'on s'&#233;puise sans arriver au terme ; et plus nous gagnons sur1 la jouissance, plus le bonheur s'&#233;loigne de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, plus l'homme est rest&#233; pr&#232;s de sa condition naturelle, plus la diff&#233;rence de ses facult&#233;s &#224; ses d&#233;sirs est petite, et moins par cons&#233;quent il est &#233;loign&#233; d'&#234;tre heureux. Il n'est jamais moins mis&#233;rable que quand il para&#238;t d&#233;pourvu de tout ; car la mis&#232;re ne consiste pas dans la privation des choses2, mais dans le besoin qui s'en fait sentir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 - gagner sur : gagner du terrain sur, se rapprocher de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 - &#171; la privation des choses &#187; : le fait de ne pas poss&#233;der certaines choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ROUSSEAU, &lt;i&gt;Emile ou de l'&#233;ducation&lt;/i&gt; (1762) Livre II (GF p.94)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;QUESTIONS&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Formulez la th&#232;se de ce texte et montrez comment elle est &#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Expliquez :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) &#171; l'imagination [&#8230;] &#233;tend pour nous la mesures des possibles &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) &#171; plus nous gagnons sur la jouissance, plus le bonheur s'&#233;loigne de nous &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) &#171; la mis&#232;re ne consiste pas dans la privation des choses, mais dans le besoin qui s'en fait sentir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; Pour &#234;tre heureux, faut-il limiter ses d&#233;sirs ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pendant trois ou quatre semaines, nous expliquons patiemment le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord nous le lisons en classe afin d'&#233;claircir le vocabulaire et de d&#233;gager le plan et la th&#232;se (1h). Cela nous permet de faire la m&#233;thode de la question 1 et de commencer &#224; habituer les &#233;l&#232;ves &#224; lire patiemment un texte. En les interrogeant tr&#232;s souvent, on fait surgir les faux-sens et les contresens et surtout on leur montre comment apprendre &#224; rectifier une mauvaise interpr&#233;tation en s'appuyant sur l'&#233;tymologie, les mots de la m&#234;me famille, la structure grammaticale, les connecteurs logiques et surtout les &#233;l&#233;ments de contexte. En d&#233;but d'ann&#233;e, les &#233;l&#232;ves interpr&#232;tent tout trop vite et sans la moindre prudence. Quiconque a fait un peu d'EMC avec des &#233;l&#232;ves de s&#233;ries technologiques sait &#224; quel point les textes les plus simples font l'objet de contresens grossiers, qu'un peu d'attention et de rigueur permettrait d'&#233;viter. Mais il ne suffit pas de dire aux &#233;l&#232;ves de faire attention et v&#233;rifier leurs interpr&#233;tations, il faut le faire avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de la s&#233;ance suivante, comme au d&#233;but de chaque s&#233;ance pendant toute l'ann&#233;e, un &#233;l&#232;ve est tir&#233; au sort et interrog&#233; sur le cours pr&#233;c&#233;dent qu'il devait relire en soulignant les points importants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;l&#232;ve est not&#233; sur 10 (2 points pour la prise de note ; 2 points pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis nous &#233;claircissons les arguments de Rousseau, en faisant des exercices multiples autour des Q2. L'erreur la plus fr&#233;quente en d&#233;but d'ann&#233;e consiste ici &#224; aller trop vite en r&#233;pondant par une simple paraphrase d'une ou deux lignes. J'impose au contraire une r&#233;ponse en quatre points : reformulation, exemple, argument, conclusion (qu'on peut retenir &#224; l'aide du moyen mn&#233;motechnique &#171; REAC &#187;). La m&#233;thode est explicit&#233;e et justifi&#233;e : on l'applique &#224; des phrases tir&#233;es de l'actualit&#233; pour montrer &#224; quoi sert chacune des &#233;tapes et bien faire comprendre la diff&#233;rence entre argument et exemple. Parall&#232;lement, nous r&#233;digeons tous ensemble la r&#233;ponse &#224; la question 2A : plusieurs &#233;l&#232;ves reformulent, trouvent un exemple, etc. et nous notons dans le cahier les meilleures formules. Cette pratique, qui s'inspire du cours imagin&#233; par Alain (&#171; les meilleures [trouvailles des &#233;l&#232;ves] auront l'honneur du tableau noir &#187;), flatte souvent les &#233;l&#232;ves, puisque le professeur dicte leurs propres phrases, et en incite certains &#224; participer davantage &#224; l'oral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me s&#233;ance est consacr&#233;e &#224; la Q2B. Cette fois-ci l'exercice est tir&#233; directement du texte d'Alain. Les &#233;l&#232;ves sont pr&#233;venus au d&#233;but de l'heure qu'ils vont faire un exercice not&#233; sur la Q2B. Tout d'abord je fais personnellement l'explication avec un d&#233;bit assez rapide. Ceux qui veulent prendre des notes le peuvent. Puis les &#233;l&#232;ves ont quinze minutes pour r&#233;diger sur feuille leur version de la r&#233;ponse ; la seule consigne est qu'ils ne doivent pas r&#233;utiliser exactement les mots que moi et trouver un exemple original&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme il est impossible de ramasser et corriger toutes les copies (sachant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une fois l'exercice termin&#233;, nous &#233;laborons ensemble une correction dict&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les copies ramass&#233;es sont corrig&#233;es avant la s&#233;ance suivante. Les meilleures r&#233;ponses sont tap&#233;es &#224; l'ordinateur, tr&#232;s l&#233;g&#232;rement amend&#233;es au besoin, photocopi&#233;es et distribu&#233;es au cours suivant en compl&#233;ment du cours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deux de ces exercices ont &#233;t&#233; reproduits en annexe.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pr&#233;parer la quatri&#232;me s&#233;ance, les &#233;l&#232;ves doivent faire seuls la Q2C &#224; la maison&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A nouveau quelques exercices tir&#233;s au sort seront corrig&#233;s, ainsi que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'id&#233;al est qu'ils le fassent via moodle afin que je puisse v&#233;rifier sans peine que le travail est fait, lire &#224; l'avance leurs r&#233;ponses et en choisir quelques unes qui seront video-projet&#233;es en classe. La quatri&#232;me s&#233;ance est consacr&#233;e &#224; la correction collective de ces exercices. On video-projette (ou on lit) quelques r&#233;ponses, on les commente ensemble, on les note &#233;ventuellement et je dicte une correction qui pioche des passages dans les exercices que l'on vient de corriger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite nous passons &#224; la Q3. Une premi&#232;re s&#233;ance est consacr&#233;e &#224; un cours de m&#233;thode sur la dissertation qui pr&#233;sente et justifie les exigences de l'exercice (1h).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant le texte de Rousseau, le cours sur la Q3 suivra le plan suivant : I) A premi&#232;re vue, limiter ses d&#233;sirs apporterait le bonheur (rappel des arguments tir&#233;s des Q2). II) Objections. III) R&#233;ponses &#224; ces objections. Une version r&#233;dig&#233;e de la premi&#232;re partie est distribu&#233;e aux &#233;l&#232;ves &#224; la fin de la s&#233;ance de m&#233;thodologie ; ils doivent la lire en soulignant les points importants pour la s&#233;ance suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sixi&#232;me s&#233;ance est consacr&#233;e &#224; la formulation d'objection contre la th&#232;se de Rousseau. Les &#233;l&#232;ves en trouvent (souvent m&#234;me on avait d&#233;j&#224; mis de c&#244;t&#233; des objections formul&#233;es spontan&#233;ment lors des s&#233;ances pr&#233;c&#233;dentes) et, avec un peu d'aide du professeur, ces objections finissent par &#234;tre d'assez bonne qualit&#233; pour m&#233;riter d'&#234;tre not&#233;es dans le cahier et &#234;tre rapproch&#233;es de ce que disent certains philosophes de la tradition. Le plus souvent ce sont les deux suivantes : d'une part, limiter ses d&#233;sirs est impossible, car l'homme en veut n&#233;cessairement toujours plus. On peut d&#233;cider de ne pas satisfaire un d&#233;sir, mais on ne peut pas d&#233;cider de ne plus l'&#233;prouver. D'autre part, limiter ses d&#233;sirs, si c'&#233;tait possible, ne conduirait pas au bonheur, mais &#224; une vie monotone et ennuyeuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la septi&#232;me s&#233;ance montre comment Rousseau r&#233;pondrait aux objections trouv&#233;es par les &#233;l&#232;ves. D'une part, limiter ses d&#233;sirs ne conduit pas &#224; l'ennui, car limiter le d&#233;sir, ce n'est pas le d&#233;truire. Rousseau ne nous recommande donc pas de ne rien d&#233;sirer, mais d'apprendre &#224; nous concentrer sur des d&#233;sirs accessibles et &#224; les traiter un par un, sans nous presser, mais en nous investissant pleinement dans nos actions, afin de tirer de chacune de nos satisfactions un plaisir plein et entier. D'autre part, limiter ses d&#233;sirs n'est pas impossible, mais simplement difficile, car cela suppose une r&#233;orientation de nos d&#233;sirs, qui suppose elle-m&#234;me une solide r&#233;flexion personnelle sur les impasses d'un d&#233;sir non ma&#238;tris&#233; et une capacit&#233; &#224; faire abstraction du regard des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B) Le DM sur Nietzsche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement au cours, les &#233;l&#232;ves r&#233;digent en D.M., les questions 1 et 2 portant sur le texte suivant de Nietzsche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le texte est une construction &#224; destination des &#233;l&#232;ves puisqu'il juxtapose (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le fait de ne pas satisfaire nos d&#233;sirs, par exemple la faim [&#8230;] ou le d&#233;sir de bouger librement, n'entra&#238;ne en lui-m&#234;me rien de d&#233;primant, lorsque cette non-satisfaction en reste &#224; un niveau normal. Au contraire m&#234;me, cela stimule nos facult&#233;s vitales, de m&#234;me que des petites douleurs fortifient notre corps et notre esprit. Quoi qu'en disent les pessimistes, le fait de ne pas satisfaire nos d&#233;sirs, bien loin de nous d&#233;go&#251;ter de la vie, est un grand stimulant. [&#8230;] [L'erreur des pessimistes vient de ce qu'] ils ont confondu le d&#233;plaisir en g&#233;n&#233;ral et un type particulier de d&#233;plaisir : l'&#233;puisement. L'&#233;puisement est une profonde diminution et un abaissement de notre volont&#233; de puissance, une consid&#233;rable perte de notre &#233;nergie. Il faut donc distinguer un d&#233;plaisir excitant, qui augmente notre puissance, et un d&#233;plaisir n&#233; d'un gaspillage de nos forces. Dans le premier cas, c'est un stimulant ; dans le dernier, c'est la cons&#233;quence d'une douleur trop violente. Ce dernier d&#233;plaisir se caract&#233;rise donc par l'incapacit&#233; &#224; r&#233;sister, tandis que le premier se caract&#233;rise par un d&#233;fi lanc&#233; &#224; ce qui nous r&#233;siste. Le seul plaisir que l'on ressente encore dans l'&#233;tat d'&#233;puisement, c'est le plaisir de s'endormir ; dans l'autre cas, c'est le plaisir de la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande m&#233;prise des psychologues (1) a &#233;t&#233; de ne pas s&#233;parer les deux esp&#232;ces de plaisir - celui de s'endormir et celui de vaincre. Les fatigu&#233;s de la vie veulent le repos, le d&#233;lassement, la paix, la tranquillit&#233;, - c'est le bonheur des religions et des philosophies nihilistes (2) ; les riches et les vivants veulent la victoire : les adversaires surmont&#233;s et l'extension de notre sentiment de puissance &#224; des domaines nouveaux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Friedrich NIETZSCHE, &lt;i&gt;La Volont&#233; de puissance &lt;/i&gt;(&#233;dition posthume, 1901)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 &#8211; &#171; les psychologues &#187; : d&#233;signe ici tous les penseurs qui ont r&#233;fl&#233;chi sur la nature de l'esprit humain et donc sur la question du bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 &#8211; &#171; les philosophies nihilistes &#187; : d&#233;signe ici les philosophes qui d&#233;finissent le bonheur par la tranquillit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUESTIONS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Quelle est la th&#232;se du texte et comment est-elle &#233;tablie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) a) Expliquez : &#171; Au contraire m&#234;me, cela stimule nos facult&#233;s vitales &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Expliquez : &#171; L'&#233;puisement est une profonde diminution et un abaissement de notre volont&#233; de puissance, une consid&#233;rable perte de notre &#233;nergie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) La fin du texte distingue deux conceptions du bonheur ; lesquelles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Rechercher le bonheur, est-ce aspirer &#224; la s&#233;r&#233;nit&#233; ou &#224; la victoire ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#232;ves rendent ce travail au moment o&#249; l'on commence le cours sur la Q3 du texte de Rousseau et, dans l'id&#233;al (ce qui n'est pas toujours facile si on a 6 classes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Souvent le d&#233;lai est trop court et il faut tricher un peu avec certaines (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), ils r&#233;cup&#232;rent les copies corrig&#233;es &#224; la fin du cours sur Rousseau. On encha&#238;ne alors avec deux heures consacr&#233;es &#224; la correction du DM, qui porte &#224; la fois sur le fond et sur la m&#233;thode (s&#233;ances 8 et 9).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais le texte de Nietzsche est lui aussi compris et les &#233;l&#232;ves peuvent faire la Q3 &#224; la maison, tandis qu'on commence un autre chapitre. Dans cette Q3 ils doivent reprendre les principaux arguments de Nietzsche en les confrontant avec les th&#232;ses de Rousseau vues en cours, afin de construire leur propre th&#232;se sur le bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des &#233;l&#232;ves jouent le jeu, les copies sont satisfaisantes et on atteint une moyenne autour de 10 ou 11/20 sans avoir besoin de tricher sur le bar&#232;me, mais en exigeant au contraire argumentation, clart&#233; et nuances. Par ailleurs, on peut consid&#233;rer que ces travaux repr&#233;sentent une r&#233;elle r&#233;flexion personnelle, dans la mesure o&#249; les r&#233;ponses propos&#233;es sont diverses : certaines copies sont clairement nietzsch&#233;ennes, d'autres r&#233;solument rousseauistes et d'autres proposent des synth&#232;ses plus ou moins habiles. Une derni&#232;re heure sera consacr&#233;e &#224; ce chapitre afin de proposer une correction aux &#233;l&#232;ves (s&#233;ance 10)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que conclure de cette exp&#233;rience ? Tout d'abord, il faut en conclure que l'exercice propos&#233; aux &#233;l&#232;ves est &#224; leur port&#233;e. Si on a pris le temps de v&#233;rifier l'acquisition des connaissances et de la m&#233;thode et si le cours a fourni des arguments adapt&#233;s au sujet, sans avoir fourni de r&#233;ponse toute faite, les &#233;l&#232;ves de s&#233;ries technologiques sont capables de rendre des copies honorables et de d&#233;velopper une r&#233;flexion personnelle et critique. Bien s&#251;r, tous ne r&#233;ussissent pas et seuls quelques uns r&#233;ussissent tr&#232;s bien, mais le niveau moyen des copies est satisfaisant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2) Pourquoi un tel cours est incompatible avec notre programme ?&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette patience d'atelier, on ne la trouve point dans nos classes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALAIN, &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le cours m'apporte donc satisfaction ; pourtant je ne pourrai pas r&#233;utiliser ce sch&#233;ma le reste de l'ann&#233;e. En effet nous avons &#171; d&#233;pens&#233; &#187; 10 ou 11 heures de cours pour traiter un chapitre, ce qui est beaucoup trop long. Nous nous sommes volontairement mis en retard et il faudra acc&#233;l&#233;rer nettement sur les autres chapitres ou nous r&#233;soudre &#224; ne traiter que la moiti&#233; du programme si nous continuons &#224; ce rythme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le programme contient 10 notions distinctes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le couple &#171; l'art et la technique &#187; regroupe tr&#232;s artificiellement des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pour trente-trois semaines de cours. Donc si on veut tout traiter &#224; &#233;galit&#233;, il faudrait consacrer environ 6 heures &#224; chaque notion (devoirs et corrig&#233;s compris).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, dans la suite de l'ann&#233;e, nous allons encore &#171; perdre &#187; du temps sur la question du bonheur, en consacrant un des sujets du bac blanc &#224; cette notion. Par exemple : &#171; Le bonheur d&#233;pend-il de notre volont&#233; ? &#187;. Ce sujet recoupe ce qui a &#233;t&#233; vu en cours, mais suppose aussi une r&#233;flexion personnelle et la notation est s&#233;v&#232;re sur ce point : si un &#233;l&#232;ve se contente de r&#233;p&#233;ter son cours, il sera lourdement sanctionn&#233; (plus s&#233;v&#232;rement que ce qui l'attend au baccalaur&#233;at), parce qu'il a gliss&#233; hors-sujet et a repris le cours au lieu de r&#233;fl&#233;chir par lui-m&#234;me. Pour obtenir une note correcte, j'exige au contraire des &#233;l&#232;ves qu'ils trouvent quelle r&#233;ponse d&#233;duire des th&#232;ses Rousseau : si on sait limiter ses d&#233;sirs, on se met &#224; l'abri de la malchance, car les d&#233;sirs modestes sont faciles &#224; satisfaire. Ou bien : le bonheur d&#233;pend avant tout de notre mod&#233;ration, ce qui nous am&#232;ne donc &#224; nous demander si la mod&#233;ration est une question de volont&#233; ou un don de la nature. Je demande &#233;galement que les copies accordent une place &#224; une r&#233;flexion d'inspiration nietzsch&#233;enne : si la qu&#234;te du bonheur repose sur un d&#233;veloppement de la volont&#233; de puissance, le bonheur d&#233;pend clairement de notre volont&#233;, prise au sens d'effort et de d&#233;passement de soi. Une telle attitude nous met &#233;galement &#224; l'abri de la malchance, puisqu'un revers de la fortune sera consid&#233;r&#233; par &#171; les riches et les vivants &#187; comme &#171; un stimulant &#187; qui ne diminue pas notre volont&#233; de puissance, mais au contraire la fortifie. Ainsi, en rejouant habilement le d&#233;bat entre Nietzsche et Rousseau, l'&#233;l&#232;ve traitera correctement le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tout meilleurs &#233;l&#232;ves de s&#233;ries technologiques arrivent tr&#232;s vite &#224; faire ce genre de gymnastique intellectuelle. Cependant, si on veut qu'une majorit&#233; des &#233;l&#232;ves y arrive plus ou moins, cela demande un nouvel entra&#238;nement sp&#233;cifique, pour leur apprendre &#224; mettre leur le&#231;on &#171; en cent visages &#187; comme disait Montaigne. Apr&#232;s avoir d&#233;j&#224; pass&#233; beaucoup de temps &#224; traiter notre cours sur le bonheur en septembre, nous aurons donc encore besoin d'au moins deux heures de corrig&#233; du bac blanc pour leur montrer &#224; tous comment s'entra&#238;ner &#224; r&#233;utiliser un cours sans le r&#233;p&#233;ter, en faisant notamment des petits exercices de rem&#233;diation &#224; partir d'extraits de copies maladroites.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3) Prendre beaucoup de temps sur une notion ne garantit m&#234;me pas la bonne pr&#233;paration des &#233;l&#232;ves &#224; l'examen sur cette notion.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le cours sur le bonheur nous aura donc co&#251;t&#233; une bonne douzaine d'heures, soit un cinqui&#232;me du volume horaire disponible sur toute l'ann&#233;e ! C'est tr&#232;s long et pourtant les &#233;l&#232;ves pourraient encore &#234;tre totalement d&#233;munis face un sujet portant sur cette notion !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, notre cours ne dit rien sur les rapports entre bonheur et politique (&#171; Est-ce &#224; la loi de d&#233;cider de mon bonheur ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les sujets cit&#233;s ici et plus bas ont &#233;t&#233; donn&#233;s en s&#233;ries (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; L'existence de r&#232;gles communes est-elle un obstacle au bonheur ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nouvelle Cal&#233;donie, 2010.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; L'Etat doit-il garantir le bonheur des citoyens ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;TMD, M&#233;tropole 2010.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, etc.). Le cours ne dit rien non plus sur les rapports entre morale et bonheur (sujet-texte sur un extrait de Kant disant que rechercher par sympathie le bonheur d'autrui n'est pas une action purement morale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;TMD, M&#233;tropole 2005, septembre.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; Peut-on &#234;tre heureux dans un monde injuste ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nouvelle Cal&#233;donie, 2011.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, etc. ) ou encore des sujets comme &#171; Suffit-il de croire que l'on est heureux pour l'&#234;tre ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antilles, 2011, septembre.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , &#171; Peut-on ne pas vouloir &#234;tre heureux ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;TMD, M&#233;tropole, septembre 2011.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , &#171; Puis-je &#234;tre heureux sans &#234;tre libre ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antilles, septembre 2009&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, apr&#232;s avoir consacr&#233; un cinqui&#232;me de notre temps &#224; une seule notion, il est encore possible que des &#233;l&#232;ves s&#233;rieux soient d&#233;munis face &#224; un sujet portant pourtant sur cette notion. D&#232;s lors comment veut-on que les &#233;l&#232;ves soient incit&#233;s &#224; travailler ? Comment &#233;viter que ne se propagent les rumeurs concernant la philosophie, disant qu'il ne sert &#224; rien de travailler pendant l'ann&#233;e, alors que ces rumeurs, concernant les s&#233;ries technologiques, sont malheureusement en assez grande partie v&#233;rifi&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4) Ce qui a &#233;t&#233; dit sur la question du bonheur vaut pour les autres notions du programme.&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; On dira que c'est long ; mais &#224; quoi sert un travail qui ne laisse rien ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain, &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On pourrait faire le m&#234;me constat sur toutes les notions du programme des s&#233;ries technologiques. Je ne vois pas du tout comment faire un cours sur une notion en six heures (corrig&#233; compris) qui pr&#233;pare efficacement les &#233;l&#232;ves de s&#233;ries technologiques &#224; ce qui les attend &#224; l'examen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vue la lenteur des &#233;l&#232;ves en s&#233;ries technologiques, 6 heures pour faire le tour d'une notion (corrig&#233; compris), c'est d&#233;j&#224; un principe compl&#232;tement fou, qui ne tient pas compte du temps perdu &#224; faire la discipline dans certaines classes, du fait que les &#233;l&#232;ves ne savent pas prendre des notes, de la pauvret&#233; du vocabulaire qui nous oblige &#224; nous arr&#234;ter sans cesse pour faire noter le sens des mots &#233;l&#233;mentaires, de la faible culture g&#233;n&#233;rale des &#233;l&#232;ves qui nous demande de pallier &#224; ce manque en apportant nous-m&#234;mes des connaissances positives pour ne pas tenir un discours purement abstrait &#8211; par exemple en &#233;tudiant des exemples d'oeuvre d'art &#8211; , de la n&#233;cessit&#233; de faire souvent des contr&#244;les de connaissances si on veut que les &#233;l&#232;ves retravaillent un minimum le cours et la n&#233;cessit&#233; de faire sans arr&#234;t des rappels de m&#233;thode &#233;l&#233;mentaires et des exercices d'application tant l'exercice demand&#233; en philosophie est inhabituel pour des &#233;l&#232;ves qui ne r&#233;digent des dissertations dans aucune autre discipline. Boucler une notion en trois petites semaines en s&#233;ries technologiques, c'est courir &#224; toute vitesse &#224; un rythme que seuls les meilleurs &#233;l&#232;ves peuvent suivre. Pour la majorit&#233; des &#233;l&#232;ves, ils ne restera rien. Les autres auront quelques vagues souvenirs r&#233;duisant les th&#232;ses philosophiques &#233;tudi&#233;es dans l'ann&#233;e &#224; de simples opinions. Pour avoir souvent corrig&#233; le bac en s&#233;ries technologiques, je peux t&#233;moigner qu'un cours sur le bonheur chez Rousseau ou Epicure se r&#233;duit souvent &#224; l'id&#233;e qu' &#171; il en faut peu pour &#234;tre heureux &#187;. De toute la subtilit&#233; d'un Rousseau ou d'un Epicure, il ne reste qu'un ours chantant une chanson chez Disney ! Si on veut que tous apprennent &#224; r&#233;fl&#233;chir, il est indispensable d'aller moins vite. Cinq ou six chapitres, pendant l'ann&#233;e, c'est le grand maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bonheur est m&#234;me une notion relativement d&#233;termin&#233;e par opposition &#224; l'art (qui implique qu'on r&#233;fl&#233;chisse &#224; la cr&#233;ation et &#224; la r&#233;ception des &#339;uvres), la culture (puisque les sujets d'examen peuvent porter &#224; la fois sur &#171; la &#187; culture et &#171; les &#187; cultures), l'exp&#233;rience (exp&#233;rimentation scientifique et exp&#233;rience courante), sans parler de la polys&#233;mie d'une notion comme &#171; la libert&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En six heures de cours (corrig&#233; compris), je peux &#224; peine esquisser un cours sur le rapport l'art et la v&#233;rit&#233; (&#171; l'art est-il un moyen d'acc&#233;der &#224; la v&#233;rit&#233; ? &#187; M&#233;tropole 2011) ou bien le rapport entre art et technique (&#171; L'art peut-il se passer d'une ma&#238;trise technique ? &#187;, M&#233;tropole 2010), ou bien le rapport entre art et moralit&#233; (&#171; L'art nous rend-il meilleurs ? &#187;, &#233;tranger 2006) ou bien la question du jugement de go&#251;t (&#171; Peut-on admettre que toutes les cr&#233;ations artistiques se valent ? &#187; Polyn&#233;sie 2004) ou bien &#8211; soyons fous ! &#8211; le rapport du fond et de la forme dans une &#339;uvre d'art (texte de Merleau-Ponty, m&#233;tropole 2016). En six heures, il est d&#233;j&#224; presque impossible de transmettre des connaissances permettant &#224; un &#233;l&#232;ve moyen de faire une vraie dissertation sur un seul de ces probl&#232;mes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est d'ailleurs ce que notait le rapport de l'inspection g&#233;n&#233;rale paru il y (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il est &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; totalement impossible de pr&#233;tendre le former correctement &#224; tout ce qui l'attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc rien d'&#233;tonnant &#224; ce que les &#233;l&#232;ves n'aient souvent rien &#224; dire dans les copies, puisque leur cours leur a souvent fourni, au mieux, un ou deux arguments pour traiter le sujet et parfois ne leur a rien donn&#233; du tout.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5) la d&#233;primante v&#233;rit&#233; des r&#233;unions d'entente et d'harmonisation en s&#233;ries technologiques&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; il aura seulement le souvenir d'avoir entendu un discours de quelqu'un qui savait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALAIN, &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comme mon lyc&#233;e a une forte dominante technologique, en plus d'avoir la chance d'avoir beaucoup d'&#233;l&#232;ves, j'ai la chance de si&#233;ger souvent au jury du baccalaur&#233;at technologique. C'est une exp&#233;rience tr&#232;s formatrice et, tant qu'on ne l'a pas v&#233;cue, on ne mesure pas l'ampleur de notre &#233;chec en s&#233;rie technologique. Pendant l'ann&#233;e, on interroge en effet les &#233;l&#232;ves sur des sujets qui correspondent un peu &#224; ce qu'on a fait en cours, parce qu'on n'est pas fou. Mais &#224; l'examen le hasard des sujets am&#232;ne souvent les candidats &#224; plancher sur des questions auxquelles ils ne comprennent rien, m&#234;me s'ils ont travaill&#233; le cours, parce qu'elles portent sur des probl&#233;matiques totalement &#233;trang&#232;res au cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant l'ann&#233;e les &#233;l&#232;ves rendent des copies de 4 &#224; 5 pages en moyenne ; au bac blanc beaucoup restent jusqu'&#224; la troisi&#232;me heure ou plus, beaucoup pr&#233;sentent, plus ou moins bien, quelques r&#233;f&#233;rences tir&#233;es du cours. Les copies sont souvent faibles, mais pas d&#233;shonorantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'examen, au contraire, c'est la catastrophe (y compris pour mes propres &#233;l&#232;ves). Sur les 130 copies que je corrige en juin, une dizaine &#224; peine m&#233;riteraient la moyenne pendant l'ann&#233;e. De tr&#232;s nombreuses copies ne contiennent aucune r&#233;f&#233;rence &#224; un cours, tr&#232;s peu d'&#233;l&#232;ves atteignent la deuxi&#232;me copie d'examen. L'extr&#234;me pauvret&#233; des copies repr&#233;sente alors un casse-t&#234;te pour le correcteur qui cherche &#224; tout prix quelques &#233;l&#233;ments &#224; valoriser pour ne pas mettre 6 &#224; 80 % des copies. On sur-valorise alors tout et n'importe quoi pour que la copie m&#233;diane puisse atteindre 8 ou 9 : une reprise du cours m&#234;me si c'est hors-sujet, une d&#233;finition correcte m&#234;me si le candidat ne s'en sert pas pour construire un raisonnement, le fait de s'exprimer clairement m&#234;me si c'est pour dire des b&#234;tises, un r&#233;f&#233;rence correcte m&#234;me si elle est utilis&#233;e comme un pur argument d'autorit&#233;, un bon exemple m&#234;me s'il n'est pas conceptualis&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quelques exemples &#233;difiants : une ann&#233;e tombe un texte de Bachelard dans lequel il affirme que la science construit son objet. La Q2 demande aux &#233;l&#232;ves d'expliquer &#171; Rien n'est donn&#233;. Tout est construit. &#187; Lors de la r&#233;union, devant l'&#233;chec de tous les &#233;l&#232;ves sur cette question, on d&#233;cide de mettre des points aux copies qui nous expliquent que, dans la vie, on n'a rien sans rien, que si on ne fait pas d'efforts, les choses n'arriveront pas toutes seules. Une autre ann&#233;e, je corrige &#171; La technique nous &#233;loigne-t-elle de la nature ? &#187;. Les copies m&#233;dianes contiennent des affirmations du type &#171; le d&#233;veloppement technique nous a coup&#233;s de la nature. Mais aujourd'hui la nature se venge et les tsunamis d&#233;truisent nos usines &#187;. Puisque c'est la copie m&#233;diane, on est bien oblig&#233; de ne pas descendre trop bas&#8230; Une autre ann&#233;e, je corrige les copies sur un texte de Hobbes comparant la loi &#224; une r&#232;gle du jeu. La Q3 demande : &#171; le r&#244;le des lois, est-ce seulement d'emp&#234;cher les hommes de se nuire &#224; eux-m&#234;mes ? &#187;. L'enjeu de la question et son rapport avec le conventionnalisme d&#233;fendu dans le texte &#233;chappe totalement aux &#233;l&#232;ves qui r&#233;pondent massivement avec le plan suivant : la loi m'emp&#234;che de me nuire moi-m&#234;me (exemple : les limitations de vitesse emp&#234;chent que je ne me tue), mais elle m'emp&#234;che aussi de nuire aux autres (les limitations de vitesse emp&#234;chent que je ne tue les autres). Des copies de ce style ont eu jusqu'&#224; 12/20...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement la notation est d'une indulgence extraordinaire, mais en plus elle devient alors en grande partie al&#233;atoire : puisqu'il faut &#224; tout prix trouver des points l&#224; o&#249; il n'y a rien, une simple phrase interpr&#233;t&#233;e favorablement fera gagner deux points &#224; l'&#233;l&#232;ve. Lors de la r&#233;union d'harmonisation, c'est-&#224;-dire la deuxi&#232;me r&#233;union, j'ai ainsi vu des correcteurs proposer des notes allant de 7 &#224; 14 pour une m&#234;me copie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne bl&#226;me pas les correcteurs d'agir ainsi, car il serait injuste de sanctionner s&#233;v&#232;rement les &#233;l&#232;ves pour n'avoir pas r&#233;ussi un exercice que, bien souvent, ils ne pouvaient pas r&#233;ussir. Un programme beaucoup trop exigeant, qui refuse de prendre les &#233;l&#232;ves comme ils sont, nous conduit m&#233;caniquement &#224; une &#233;valuation &#224; l'examen beaucoup trop laxiste, bien forc&#233;e de prendre les copies comme elles sont.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;6) Une proposition de refonte du programme.&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; au lieu de d&#233;monter et remonter devant eux en quelques mois tous les syst&#232;mes connus de fusils, je veux dire toutes les mani&#232;res de parler et de raisonner, on leur mettrait les pi&#232;ces en mains jusqu'&#224; ce qu'ils sachent remonter d'abord une arme, puis une autre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALAIN, &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai dit plus haut, l'indigence des copies n'est pas une fatalit&#233; ; non seulement parce que durant l'ann&#233;e les &#233;l&#232;ves sont meilleurs qu'au bac, mais encore parce qu'ils peuvent &#234;tre nettement meilleurs si on prend le temps de traiter patiemment un chapitre, comme j'ai tent&#233; de le montrer en pr&#233;sentant ci dessus un exemple du cours sur le bonheur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il faudrait c'est donc un programme beaucoup plus r&#233;aliste, qui ne nous demanderait de former les &#233;l&#232;ves que sur deux ou trois notions. On aurait le temps de leur faire acqu&#233;rir les connaissances par des exercices r&#233;p&#233;t&#233;s, puis de v&#233;rifier cette acquisition par des contr&#244;les syst&#233;matiques et d'habituer les &#233;l&#232;ves &#224; d&#233;cliner ces connaissances sur des sujets divers et relativement surprenants &#224; l'aide d'autres exercices sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme ressemblerait un peu au programme de fran&#231;ais-philosophie en CPGE scientifiques (moins les &#339;uvres impos&#233;es). Par exemple, l'an dernier le th&#232;me &#233;tait &#171; le monde des passions &#187;. C'est un th&#232;me relativement ferm&#233; ; mais il ouvre la porte &#224; de multiples probl&#233;matisations possibles : passions et bonheur, passions et morale, passions et v&#233;rit&#233;, passions et libert&#233;, etc. Les &#233;l&#232;ves vont donc &#234;tre fortement incit&#233;s &#224; travailler le cours, car ils savent que les correcteurs seront exigeants &#224; l'examen&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est clair que les &#233;l&#232;ves de s&#233;ries technologiques sont en moyenne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour autant, ce travail ne se r&#233;duit pas &#224; un bachotage et l'&#233;preuve n'est pas une simple &#233;preuve de r&#233;citation, car le sujet donn&#233; &#224; l'examen reste relativement surprenant. L'&#233;l&#232;ve qui a travaill&#233; sera s&#251;r d'avoir des choses &#224; dire, mais pas de r&#233;ponse toute faite pour autant. Un programme cibl&#233; n'emp&#234;che pas la r&#233;flexion personnelle. Dire le contraire consisterait &#224; penser que moins on a de connaissances sur un sujet et plus on peut y r&#233;fl&#233;chir de fa&#231;on critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux notions du programme devraient toutefois &#234;tre choisies avec soin. Il ne faut pas que le programme soit trop mou, comme certaines notions du programme de culture g&#233;n&#233;rale en BTS qui offrent des notions fourre-tout (par exemple : &#171; je me souviens &#187;) ne renvoyant &#224; aucun champ d'&#233;tudes pr&#233;cis, ce qui ne peut pas permettre, &#224; mon avis, de pr&#233;parer efficacement &#224; une dissertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas non plus des notions trop pr&#233;cises, qui nous conduiraient &#224; d&#233;velopper des analyses trop complexes et pointues pour des &#233;l&#232;ves de s&#233;ries technologiques. Un &#233;l&#232;ve de s&#233;ries technologiques n'est pas un agr&#233;gatif r&#233;fl&#233;chissant pendant six mois &#224; un probl&#232;me comme &#171; le corps et l'esprit &#187; ou &#171; la volont&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas que la notion soit un simple probl&#232;me tr&#232;s d&#233;termin&#233;, car cela conduirait &#224; un fort risque de bachotage, semblable &#224; ce qui se passe actuellement en histoire en TS, o&#249; le candidat sait &#224; l'avance quel plan il fera sur chacun des sujets potentiels &#224; l'examen. Par exemple, &#171; le libre arbitre &#187; ne fournirait pas une bonne notion, car tous les sujets de dissertation en liaison avec ce point du programme pourraient &#234;tre trait&#233;s avec le m&#234;me plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait plut&#244;t des notions qui ressemblent &#224; celles que l'on a actuellement au programme : l'art, la religion, le bonheur, la justice, la loi, etc. Ou bien : la science, les passions, le mal, etc. Sur toutes ces notions, on peut faire cours pendant une douzaine de semaines, tout en restant &#224; un niveau accessible aux &#233;l&#232;ves, en ayant le temps de faire des exercices et sans tourner en rond. De plus, elles offrent un &#233;ventail de sujets suffisamment vaste pour que l'&#233;l&#232;ve soit contraint de r&#233;fl&#233;chir au libell&#233; original qui lui est propos&#233; sans se contenter de r&#233;citer un cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les notions seraient r&#233;guli&#232;rement renouvel&#233;es. Par exemple, tous les deux ans, une nouvelle notion remplacerait l'une des anciennes. Cela nous laisserait suffisamment de temps pour trouver des documents adapt&#233;s au niveau des &#233;l&#232;ves, sans nous enfermer dans une routine qui risquerait de nuire &#224; un enseignement vivant et stimulant pour les professeurs et les &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7) Les objections formul&#233;es contre ce projet.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les professeurs auxquels j'ai soumis cette id&#233;e ont parfois soulev&#233; certaines objections auxquelles je voudrais r&#233;pondre pour finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est qu'un programme r&#233;duit &#224; deux ou trois notions risquerait d'ennuyer les &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque existe, mais m&#233;rite d'&#234;tre affront&#233;. De fait, les &#233;l&#232;ves pr&#233;f&#232;rent le zapping, ils n'aiment pas que le cours revienne sur des points d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;s sous pr&#233;texte qu'ils sont mal ma&#238;tris&#233;s. Ils aiment plut&#244;t la nouveaut&#233; et la superficialit&#233;. Mais pr&#233;cis&#233;ment, si on veut leur apprendre &#224; r&#233;fl&#233;chir, il faut les habituer &#224; ne pas se contenter de connaissances vagues et superficielles et de raisonnements boiteux. Il faut leur apprendre &#224; exigeants avec eux-m&#234;mes et &#224; d&#233;velopper le go&#251;t du travail bien fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me est qu'un tel programme favoriserait le bachotage et formerait des singes savants plut&#244;t que des esprits libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;pondrai que c'est plut&#244;t le programme actuel qui incite au bachotage et qui r&#233;compense les singes savants : comme nous sommes tr&#232;s laxistes au moment de la notation au bac, nous r&#233;compensons, de fait, les candidats qui ont appris des fiches d'annabac sans les comprendre, nous valorisons les citations tr&#232;s approximativement comprises et un &#233;l&#232;ve peut avoir une bonne note sans r&#233;fl&#233;chir, s'il a la chance d'&#234;tre interrog&#233; sur ce que son professeur a fait pendant l'ann&#233;e ; alors que dans le syst&#232;me que je propose on pourrait se permettre d'&#234;tre s&#233;v&#232;re avec ces caricatures de r&#233;flexion personnelle, car en lisant une copie de sept pages le correcteur fait ais&#233;ment la diff&#233;rence entre un &#233;l&#232;ve qui se contente de r&#233;citer un cours et un &#233;l&#232;ve qui r&#233;fl&#233;chit vraiment. Bien que, sur le papier, le programme actuel soit con&#231;u pour favoriser l'esprit critique, dans les faits, il favorise le psittacisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On m'a &#233;galement fait remarquer qu'un programme d&#233;termin&#233; renouvel&#233; r&#233;guli&#232;rement peut &#234;tre adapt&#233; en CPGE, mais pas en terminale. La terminale est en effet la seule ann&#233;e o&#249; les &#233;l&#232;ves font de la philosophie ; or un programme cibl&#233; et tournant laisserait n&#233;cessairement de c&#244;t&#233; chaque ann&#233;es certaines notions essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objection est solide, mais, &#224; mon avis, elle se trompe sur la d&#233;finition de l'essentiel. Le coeur de notre enseignement ce n'est pas de parler de telle ou telle notion sur laquelle nous aurions des v&#233;rit&#233;s fondamentales &#224; transmettre &#224; nos &#233;l&#232;ves. C'est plut&#244;t de d&#233;velopper chez l'&#233;l&#232;ve un go&#251;t de la r&#233;flexion critique. Comme le disent les programmes officiels, nous esp&#233;rons faire passer l'&#233;l&#232;ve &#171; de l'argument d'autorit&#233; &#224; l'autorit&#233; de l'argument &#187;. Nous voulons, principalement, que chaque esprit s'&#233;veille &#224; la lumi&#232;re int&#233;rieure et toujours solitaire de la r&#233;flexion. L'esprit philosophique, c'est le d&#233;mon int&#233;rieur de Socrate dans l'&lt;i&gt;Hippias Majeur&lt;/i&gt;, c'est la foi de ceux qui ne croient en rien d&#233;crite par Alain dans &#171; les &#226;nes rouges &#187;, c'est passage d'un genre connaissance &#224; l'autre chez Spinoza, c'est l'&#233;cole de l'&#233;vidence logique d&#233;crite par Descartes. Je pense ici en particulier &#224; un passage des &lt;i&gt;R&#232;gles pour la direction de l'esprit &lt;/i&gt;dans lequel Descartes fait remarquer que c'est en r&#233;fl&#233;chissant sur op&#233;rations les plus simples que l'esprit apprend &#224; mesurer sa propre puissance et d&#233;couvre qu'on peut penser sans croire. Le probl&#232;me du programme actuel des s&#233;ries technologiques, c'est qu'il nous am&#232;ne, malgr&#233; nous, &#224; faire une sorte de cat&#233;chisme, en avan&#231;ant tr&#232;s souvent des th&#232;ses sans vraiment les discuter. Si, par exemple, je fais un cours en six heures sur la v&#233;rit&#233;, j'expliquerai tr&#232;s vite l'opposition entre croire et savoir et, notamment, entre religion et science. Mais, ce faisant, je ne peux pas vraiment amener les &#233;l&#232;ves &#224; r&#233;fl&#233;chir par eux-m&#234;mes &#224; l'hypoth&#232;se sceptique ou l'&#233;ventualit&#233; d'une v&#233;rit&#233; religieuse. Faire de la philosophie trop rapidement, ce n'est plus vraiment faire de la philosophie. Ou plus exactement, en s&#233;ries technologiques, le professeur pense, mais les &#233;l&#232;ves pensent assez peu, comme en t&#233;moignent les copies d'examen, dans lesquelles nous sommes amen&#233;s &#224; valoriser des pseudos raisonnements qui n'ont rien de philosophique. Dans les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales, la plupart des &#233;l&#232;ves acc&#232;dent au raisonnement philosophique ; un programme plus cibl&#233; leur permettrait seulement d'y p&#233;n&#233;trer plus profond&#233;ment. On peut alors h&#233;siter entre approfondir quelques notions ou en traiter davantage. Dans les s&#233;ries technologiques, la plupart des &#233;l&#232;ves restent pour l'instant en dehors du raisonnement philosophique et seul un programme plus cibl&#233; permettrait, selon moi, de les aider &#224; en franchir le seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette troisi&#232;me objection a &#233;t&#233; un jour compl&#233;t&#233;e par la remarque suivante : on ne peut pas vraiment se fier &#224; ce qu'on constate &#224; l'examen pour mesurer la r&#233;ussite ou l'&#233;chec de notre enseignement. En effet, nous semons des graines, dont certaines &#233;cloront bien apr&#232;s l'ann&#233;e de terminale. C'est pourquoi il est important de balayer de nombreuses notions, sans exiger des r&#233;sultats imm&#233;diatement mesurables, mais en faisant confiance &#224; un lent travail de germination qui portera ses fruits plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objection se place alors sur le terrain de l'impond&#233;rable et elle a, de ce fait, la solidit&#233; et la fragilit&#233; de toutes les affirmations non falsifiables empiriquement. Toutefois, je crois pouvoir y r&#233;pondre par une fable :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau ministre de l'&#233;ducation nationale d&#233;cide de rendre obligatoire un enseignement d'initiation aux m&#233;tiers du b&#226;timent, afin de donner &#224; tous les jeunes gens de dix-huit ans le go&#251;t du travail manuel et la confiance en leur intelligence pratique. Cette initiation entend balayer une dizaine corps de m&#233;tiers en deux heures par semaine : peinture, soudure, plomberie, &#233;lectricit&#233;, ma&#231;onnerie, etc. A l'examen, l'&#233;l&#232;ve peut &#234;tre interrog&#233; sur n'importe quelle sous cat&#233;gorie de ces diff&#233;rents m&#233;tiers : souder &#224; l'&#233;tain, souder du cuivre &#224; la brasure, souder du m&#233;tal &#224; l'ac&#233;tyl&#232;ne, souder &#224; l'arc &#233;lectrique, etc. Il ne s'est au mieux entra&#238;n&#233; qu'une fois, rapidement, sur chaque exercice, mais il a vu son habile professeur r&#233;aliser d'excellentes soudures sur presque tous les mat&#233;riaux ! Lors de l'&#233;preuve, les prestations des &#233;l&#232;ves sont catastrophiques et les examinateurs sont amen&#233;s &#224; r&#233;viser (sans l'avouer officiellement) tous les bar&#232;mes pour atteindre p&#233;niblement un 9 de moyenne. L'apprenti soudeur rate sa soudure, mais il a r&#233;ussi &#224; r&#233;gler correctement les d&#233;bits d'oxyg&#232;ne et d'ac&#233;tyl&#232;ne de son chalumeau ; l'apprenti plombier est incapable de couper un tuyau &#224; la dimension exacte ou de faire un raccord qui ne fuie pas, mais il sait &#224; peu pr&#232;s faire un filetage ; l'&#233;lectricien ne branche qu'un fil sur deux et ne raccorde aucune prise &#224; la terre, mais c'est d&#233;j&#224; un fil sur deux, etc. Face &#224; cet &#233;chec manifeste, les professeurs restent sto&#239;ques et expliquent qu'ils ont sem&#233; des graines qui germeront plus tard. Mais quelles graines ont-ils sem&#233;es ? Ils ont appris &#224; leurs &#233;l&#232;ves &#224; &#234;tre n&#233;gligents, &#224; g&#226;cher le mat&#233;riel, &#224; prendre des mesures sans r&#233;fl&#233;chir et &#224; b&#226;cler le travail. Ils leur ont donn&#233; le go&#251;t du travail mal fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, tant qu'il n'a pas atteint un certain degr&#233; de qualit&#233; minimum dans l'argumentation, l'&#233;l&#232;ve ne fait pas de philosophie, il reste au niveau de l'opinion et le travail rendu n'est pas une dissertation. Si on est attach&#233; &#224; l'exercice de la dissertation, si on croit sinc&#232;rement qu'il manifeste la capacit&#233; de l'&#233;l&#232;ve &#224; construire une r&#233;flexion autonome et critique ; alors il faut cesser de se mettre 10 ou 11 &#224; des caricatures de dissertation. Abandonnons les programmes trop ambitieux qui conduisent &#224; une indulgence honteuse. Soyons au contraire r&#233;alistes et exigeants : que l'apprenti n'apprenne qu'&#224; souder le cuivre, qu'&#224; la fin la soudure tienne bon, sans quoi on ne lui valide pas son examen.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le programme actuel est beaucoup trop vaste et nous condamne &#224; choisir entre deux alternatives toutes deux insatisfaisantes : soit, prendre son temps et habituer les &#233;l&#232;ves &#224; r&#233;fl&#233;chir sinc&#232;rement, mais en sacrifiant plus de la moiti&#233; du programme (sans m&#234;me pouvoir garantir aux &#233;l&#232;ves qu'ils seront bien pr&#233;par&#233;s si un sujet tombe sur les notions vues en classe, car elles peuvent toujours &#234;tre abord&#233;s sous un angle totalement nouveau). Soit avancer &#224; toute vitesse pour traiter tout le programme, mais en laissant de c&#244;t&#233; une partie des &#233;l&#232;ves, qui oublieront tr&#232;s vite tout ce qu'on a dit, et en r&#233;duisant souvent nos th&#232;ses philosophiques &#224; de simples opinions, admises par les assez bons &#233;l&#232;ves sans r&#233;elle r&#233;flexion afin de construire, le jour de l'examen, une caricature de dissertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce programme totalement irr&#233;aliste produit des copies d'un niveau lamentable &#224; l'examen, dont on ne peut avoir conscience que si on a si&#233;g&#233; d&#233;j&#224; plusieurs ann&#233;es au jury de baccalaur&#233;at technologique. Cette exp&#233;rience &#233;prouvante montre de fa&#231;on indiscutable notre &#233;chec patent en s&#233;rie technologique. Actuellement, nous n'arrivons pas &#224; apprendre aux &#233;l&#232;ves &#224; raisonner et &#224; disserter. Cela nous condamne &#224; mettre des notes correctes &#224; des copies qui ne satisfont aucune des exigences affich&#233;es dans notre programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, l'exp&#233;rience prouve &#233;galement que si on prend le temps d'avancer pas &#224; pas avec les &#233;l&#232;ves et de leur faire faire de nombreux petits exercices, ils sont capables de faire l'exercice demand&#233;, car ils ne sont pas stupides. Par cons&#233;quent, si nous voulons sinc&#232;rement conserver l'exercice de la dissertation et offrir aux &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques l'occasion de d&#233;velopper leur esprit critique, donnons-nous les moyens de cette exigence en resserrant le programme sur deux ou trois notions auxquelles les &#233;l&#232;ves aient vraiment le temps de r&#233;fl&#233;chir pendant l'ann&#233;e et sur lesquelles ils pourront faire de v&#233;ritables dissertations &#224; l'examen.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Annexes : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) Des exemples de Q2B r&#233;dig&#233;s par des &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#233;l&#232;ves dont les copies ont &#233;t&#233; choisies ici n'&#233;taient pas vraiment de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juliette B. (&#233;l&#232;ve de T.STSS)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Plus nous gagnons sur la jouissance, plus le bonheur s'&#233;loigne de nous &#187;, c'est-&#224;-dire, qu'au fur et &#224; mesure que l'on se rapproche de la chose que l'on d&#233;sire, que l'on obtiendra avec plaisir, le bonheur, lui, s'&#233;loigne de plus en plus. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bonheur est un &#233;tat de bien &#234;tre complet, c'est-&#224;-dire qu'il dure sur le long terme et correspond &#224; un bien &#234;tre total, tandis que le plaisir se concentre sur un moment pr&#233;cis, donn&#233;. Plus nous gagnons sur la jouissance, plus le bonheur s'&#233;loigne de nous, car en d&#233;sirons toujours plus ; le moment de jouissance est &#233;ph&#233;m&#232;re ; il ne dure pas et pour le renouveler, il nous faut &#224; nouveau acqu&#233;rir une nouvelle chose que nous d&#233;sirons. Cela veut dire que nous ne serons jamais satisfaits de notre vie et donc jamais vraiment heureux. Par exemple, si, il y a un an, nous avons eu l'I-Phone 5, qui est un t&#233;l&#233;phone tr&#232;s bien, aujourd'hui nous voudrions l'I-Phone 6. Par cons&#233;quent nous ne sommes d&#233;j&#224; plus satisfaits de notre t&#233;l&#233;phone et nous vivons d&#233;j&#224; dans l'attente du nouveau t&#233;l&#233;phone de nos r&#234;ves. Nous sommes incapables de penser &#224; ce que nous avons et nous pensons uniquement &#224; ce qui nous manque, c'est pourquoi le bonheur s'&#233;loignera : nous croyons toujours avoir besoin de plus de choses pour &#234;tre heureux. Donc, tant que nous n'aurons pas appris &#224; limiter nos d&#233;sirs, nous ne serons jamais heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thomas B. (&#233;l&#232;ve de T.STI2D)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans le texte, l'auteur dit &#171; plus nous gagnons sur la jouissance, plus le bonheur s'&#233;loigne de nous &#187;. Il explique donc que, lorsqu'on commence &#224; atteindre un de ses d&#233;sirs, un autre se cr&#233;e. Lorsqu'on est proche de satisfaire, ou lorsqu'on a satisfait un de ses d&#233;sirs, on ressent un sentiment de plaisir, mais un autre d&#233;sir se cr&#233;e ; ce nouveau d&#233;sir insatisfait nous &#233;loigne donc du bonheur complet. Si je suis, par exemple, sur le point de m'acheter la console de jeu que je d&#233;sire depuis quelque temps, avec laquelle je m'imagine jouer, je vais t&#244;t ou tard avoir d'autres envies : m'acheter la derni&#232;re t&#233;l&#233;vision pour pouvoir jouer avec une image de meilleure qualit&#233; ou bien m'acheter le dernier jeu sorti pour cette console.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela montre que je ressentirai du plaisir, mais seulement temporairement ; le fait de d&#233;sirer encore autre chose m'&#233;loigne du bonheur, qui serait une satisfaction compl&#232;te et durable. Je n'arrive jamais &#224; &#234;tre pleinement content de ma vie, car je ne fais pas assez attention &#224; ce que j'ai et je pense toujours &#224; ce que je n'ai pas. Au contraire, si je limite mes d&#233;sirs et si je me contente de ce que j'ai, je ne m'int&#233;resserai par exemple plus aux publicit&#233;s, car je ne ressentirai pas le besoin d'avoir quelque chose de nouveau. Le fait de se rapprocher de la jouissance (c'est-&#224;-dire du plaisir), qui est temporaire, m'&#233;loigne donc d'un sentiment de bonheur durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) le &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Propos&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; d'Alain qui a servi de point de d&#233;part &#224; cette r&#233;flexion :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; LES COURS ET L'ENSEIGNEMENT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cours magistraux sont temps perdu. Les notes prises ne servent jamais. J'ai remarqu&#233; qu'&#224; la caserne on n'explique pas seulement en style clair ce que c'est qu'un fusil ; mais chacun est invit&#233; &#224; d&#233;monter et &#224; remonter le fusil en disant les m&#234;mes mots que le ma&#238;tre ; et celui qui n'aura pas fait et refait, dit et redit, et plus de vingt fois, ne saura pas ce que c'est qu'un fusil ; il aura seulement le souvenir d'avoir entendu un discours de quelqu'un qui savait. On n'apprend pas &#224; dessiner en regardant un professeur qui dessine tr&#232;s bien. On n'apprend pas le piano en &#233;coutant un virtuose. De m&#234;me, me suis-je dit souvent, on n'apprend pas &#224; &#233;crire et &#224; penser en &#233;coutant un homme qui parle bien et qui pense bien. Il faut essayer, faire, refaire, jusqu'&#224; ce que le m&#233;tier entre, comme on dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette patience d'atelier, on ne la trouve point dans nos classes, peut-&#234;tre parce que le ma&#238;tre s'admire lui-m&#234;me parlant ; peut-&#234;tre parce que toute sa carri&#232;re d&#233;pend de ce talent qu'il montre &#224; parler longtemps tout seul ; vraisemblablement aussi de ce que l'enseignement a pour fin de distinguer quelques sujets d'&#233;lite, qui arrivent d'eux-m&#234;mes &#224; singer et &#224; inventer ; car il est vrai que l'on n'a pas de grandes places pour tous. Il faudrait imiter la rude patience de l'instructeur militaire, qui veut que tous sachent d&#233;monter et remonter un fusil ; car il ne s'agit pas seulement d'apprendre le m&#233;tier &#224; deux ou trois instructeurs ; tous doivent le savoir. Si donc on posait en principe que penser, parler et &#233;crire sont les armes de l'homme, au lieu de d&#233;monter et remonter devant eux en quelques mois tous les syst&#232;mes connus de fusils, je veux dire toutes les mani&#232;res de parler et de raisonner, on leur mettrait les pi&#232;ces en mains jusqu'&#224; ce qu'ils sachent remonter d'abord une arme, puis une autre. Et les plus habiles n'y perdraient rien, car, &#224; recommencer plus d'une fois ce qu'ils savent faire, ils se le rendraient familier ; et ce genre de savoir, qui est au bout des doigts, est toujours ce qui manque. Par exemple, si quelqu'un veut &#233;crire des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, je lui dirai : &#171; Soyez acteur, soyez souffleur, soyez copiste ; occupez, si vous pouvez, toutes les places du m&#233;tier ; et en m&#234;me temps &#233;crivez vingt ou trente pi&#232;ces ; on verra bien ensuite si vous &#234;tes capable d'en &#233;crire une. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que serait-ce donc qu'un cours, &#224; ce compte ? Voici ; vous faites trois phrases devant l'auditoire, qui &#233;coute, au lieu d'&#233;crire &#224; toute vitesse. Et chacun doit essayer de reproduire ensuite les trois phrases en belle &#233;criture. Les plus habiles changeront un peu, ce qui est inventer ; les moins dou&#233;s feront des fautes bien visibles, et bien ais&#233;es &#224; corriger. Tous ces devoirs seront vus par le ma&#238;tre, et remis aussit&#244;t en forme. Apr&#232;s cela ils apprendront &#224; intercaler une phrase entre deux autres, ou &#224; compl&#233;ter les trois phrases par une quatri&#232;me ; non sans variations et inventions, dont les meilleures auront l'honneur du tableau noir ; et c'est l&#224; que se fera le dernier nettoyage. Et puis encore, tout effac&#233;, il faudra refaire, r&#233;citer, varier en r&#233;citant, chercher des exemples, changer les exemples. On dira que c'est long ; mais &#224; quoi sert un travail qui ne laisse rien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand inconv&#233;nient d'une telle m&#233;thode c'est qu'&#233;tant assez difficile &#224; pratiquer, elle n'en a pas l'air. Le ma&#238;tre n'apportera pas un paquet de copies corrig&#233;es et vingt pages de pr&#233;parations ; il n'arrivera pas fatigu&#233;, comme un vrai travailleur. Il improvisera, et, s'il ignore quelque chose, il fera ouvrir le dictionnaire. L'heure passera bien vite, et l'inspecteur trouvera que cet argent est bient&#244;t gagn&#233;. Il estime plus le penseur aux nu&#233;es, qui tend des fils sur des ab&#238;mes, pendant que les jeunes spectateurs admirent l'acrobate. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALAIN, &lt;i&gt;Propos, &lt;/i&gt;17 octobre 1931&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade, pp.1044-1045&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le texte int&#233;gral est cit&#233; en annexe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;l&#232;ve est not&#233; sur 10 (2 points pour la prise de note ; 2 points pour avoir effectivement rep&#233;r&#233; et soulign&#233; les points importants ; 6 points pour la qualit&#233; des r&#233;ponses aux questions portant sur le cours pr&#233;c&#233;dent). Le tirage au sort est totalement al&#233;atoire et un m&#234;me &#233;l&#232;ve peut interrog&#233; plusieurs fois. A la fin du trimestre, tous les &#233;l&#232;ves n'auront donc pas le m&#234;me nombre de notes sur 10. Pour &#233;viter qu'un &#233;l&#232;ve souvent interrog&#233;s ne soit favoris&#233;, c'est la moyenne de toutes les notes sur 10 qui sera int&#233;gr&#233;e dans le calcul de la moyenne trimestrielle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme il est impossible de ramasser et corriger toutes les copies (sachant que dans mon lyc&#233;e le professeur de philosophie a entre 170 et 180 &#233;l&#232;ves en moyenne), un tirage au sort d&#233;termine les copies qui seront corrig&#233;es. Si un &#233;l&#232;ve tra&#238;ne au lieu de se mettre au travail, il est pr&#233;venu que sa copie sera ramass&#233;e et not&#233;e sans passer par le tirage au sort. De plus, quelques &#233;l&#232;ves volontaires peuvent rendre leur copie, dont la note ne comptera que si elle am&#233;liore leur moyenne des notes sur 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deux de ces exercices ont &#233;t&#233; reproduits en annexe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A nouveau quelques exercices tir&#233;s au sort seront corrig&#233;s, ainsi que quelques copies donn&#233;es volontairement. Les volontaires sont vite assez nombreux volontaires, si bien que je dois parfois refuser des copies, pour maintenir un rythme de correction rapide.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le texte est une construction &#224; destination des &#233;l&#232;ves puisqu'il juxtapose deux fragments (&#167; 308 et une partie du &#167; 303) en intervertissant l'ordre choisi par l'&#233;diteur du texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Souvent le d&#233;lai est trop court et il faut tricher un peu avec certaines classes, en ajoutant une heure de plus pour ralentir le cours afin de ne pas commencer un nouveau chapitre qui serait imm&#233;diatement interrompu par la correction du DM. Par exemple, on pr&#233;pare un peu le cours sur la culture en faisant lire un extrait de Malinovski sur les peuples des &#238;les du Pacifique afin d'illustrer l'id&#233;e d'une vie centr&#233;es sur des d&#233;sirs simples. S&#233;duire les jeunes filles en jouant &#224; cache-cache les soirs de pleine lune, voil&#224; des d&#233;sirs simples qui peuvent apporter autant de bonheur que chercher &#224; les s&#233;duire en achetant une voiture de sport&#8230; Ou bien on pr&#233;pare le cours sur l'art en analysant des &#339;uvres d'art qui &#233;voquent soit l'id&#233;e rousseauiste du bonheur dans la simplicit&#233; ou du malheur caus&#233; par des d&#233;sirs excessifs et artificiels, soit au contraire la vision nietzsch&#233;enne d'un bonheur obtenu dans le d&#233;passement et la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le couple &#171; l'art et la technique &#187; regroupe tr&#232;s artificiellement des notions, alors que les sujets &#224; l'examen peuvent porter sur la technique sans l'art (&#171; La technique s'oppose-t-elle &#224; la nature ? &#187;, M&#233;tropole 2009) ou sur l'art sans la technique ( ex : &#171; Peut-on reprocher &#224; une &#339;uvre d'art d'&#234;tre choquante ? &#187; La R&#233;union, 2006).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tous les sujets cit&#233;s ici et plus bas ont &#233;t&#233; donn&#233;s en s&#233;ries technologiques et ont &#233;t&#233; trouv&#233;s gr&#226;ce &#224; l'application bdbac qui permet de faire une recherche rapide et efficace de sujets d'annales. Celui-ci a &#233;t&#233; donn&#233; en m&#233;tropole en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nouvelle Cal&#233;donie, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;TMD, M&#233;tropole 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;TMD, M&#233;tropole 2005, septembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nouvelle Cal&#233;donie, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antilles, 2011, septembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;TMD, M&#233;tropole, septembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antilles, septembre 2009&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est d'ailleurs ce que notait le rapport de l'inspection g&#233;n&#233;rale paru il y a une dizaine d'ann&#233;es : dans les s&#233;ries technologiques, &#171; quel que soit le d&#233;vouement des enseignants (et il est grand !), il est pratiquement impossible d'obtenir des &#233;l&#232;ves un travail v&#233;ritable, et surtout un travail qui ressemble &#224; une dissertation, en particulier en STI (exception faite de STI-AA). &#187; (&lt;i&gt;Etat de l'enseignement de la philosophie en 2007-2008&lt;/i&gt;, p.36.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est clair que les &#233;l&#232;ves de s&#233;ries technologiques sont en moyenne relativement peu travailleurs (surtout compar&#233;s &#224; des &#233;l&#232;ves de CPGE) et, quel que soit notre programme, ils le resteront. Cependant notre programme nous dessert : il d&#233;courage les &#233;l&#232;ves scolaires, qui comprennent qu'ils risquent d'&#234;tre interrog&#233;s sur des probl&#232;mes tr&#232;s &#233;loign&#233;s du cours ; et inversement il encourage les &#233;l&#232;ves un peu malins mais peu scolaires &#224; ne pas trop travailler, car ils comprennent qu'ils peuvent avoir des notes correctes, m&#234;me en travaillant tr&#232;s peu, mais en faisant simplement preuve de bon sens &#224; l'examen.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les &#233;l&#232;ves dont les copies ont &#233;t&#233; choisies ici n'&#233;taient pas vraiment de bons &#233;l&#232;ves. Certaines copies, meilleures, avaient &#233;t&#233; &#233;cart&#233;es ; ce choix permettait de montrer &#224; toute la classe que l'exercice demand&#233; n'est ni insurmontable, ni accessible uniquement aux tout meilleurs &#233;l&#232;ves, pourvu qu'on applique consciencieusement la m&#233;thode exig&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelques rep&#232;res sur l'enseignement philosophique dans les s&#233;ries technologiques</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/quelques-reperes-sur-l-enseignement-philosophique-dans-les-series</link>
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		<dc:date>2005-01-01T18:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>Sujets</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D'abord quelques chiffres : dans les ann&#233;es 50, 5% d'une classe d'&#226;ge ont un cours de philosophie, dans les ann&#233;es 2000, plus de 50% d'une classe d'&#226;ge. Cette augmentation r&#233;sulte d'une part de l'augmentation du taux de scolarisation en lyc&#233;e (mouvement continu des ann&#233;es 60 aux ann&#233;es 90, avec une acc&#233;l&#233;ration importante dans les ann&#233;es 80) et, d'autre part, de l'extension progressive de la philosophie &#224; toutes les s&#233;ries technologiques (ann&#233;es 80). &lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;sence de la philosophie dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/" rel="directory"&gt;En s&#233;ries technologiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/notions" rel="tag"&gt;Notions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/sujets" rel="tag"&gt;Sujets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord quelques chiffres : dans les ann&#233;es 50, 5% d'une classe d'&#226;ge ont un cours de philosophie, dans les ann&#233;es 2000, plus de 50% d'une classe d'&#226;ge. Cette augmentation r&#233;sulte d'une part de l'augmentation du taux de scolarisation en lyc&#233;e (mouvement continu des ann&#233;es 60 aux ann&#233;es 90, avec une acc&#233;l&#233;ration importante dans les ann&#233;es 80) et, d'autre part, de l'extension progressive de la philosophie &#224; toutes les s&#233;ries technologiques (ann&#233;es 80).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de la philosophie dans les s&#233;ries techniques date de 1958, un nombre tr&#232;s r&#233;duit d'&#233;l&#232;ves pr&#233;parent alors le Brevet Sup&#233;rieur d'&#201;tudes Commerciales (B.S.E.C.) cr&#233;&#233; en 1947 avec ses trois s&#233;ries : Secr&#233;tariat, Comptabilit&#233;, Gestion). Le B.S.E.C. &#233;tait un dipl&#244;me de l'enseignement primaire sup&#233;rieur donnant acc&#232;s &#224; la vie professionnelle, &#224; certains BTS et aux Facult&#233;s de Droit (permettant m&#234;me d'y pr&#233;parer une licence). L'&#233;preuve de philosophie comportait trois sujets de dissertation, sanctionnant un enseignement hebdomadaire de 3 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1969&lt;/strong&gt;, le B.S.E.C. est transform&#233; en baccalaur&#233;at de technicien et on retrouve les trois s&#233;ries dans l'intitul&#233; des nouvelles G &#171; techniques administratives &#187;, &#171; techniques quantitatives de gestion &#187; et &#171; techniques commerciales &#187; (= actuelles STMG). L'enseignement de la philosophie est alors dispens&#233; en G et en H, &#224; raison de deux heures par semaine ; l'arr&#234;t&#233; du 5 d&#233;cembre 1969 institue l'&#233;preuve de philosophie au baccalaur&#233;at (coefficient 1 et dur&#233;e de 3 heures) qui comprend d&#233;sormais une nouveau genre d'&#233;preuve le sujet texte assorti de question (c'est de l'exp&#233;rience du sujet texte en G qu'est issue la g&#233;n&#233;ralisation du troisi&#232;me sujet texte &#224; toutes les s&#233;ries du baccalaur&#233;at g&#233;n&#233;ral).&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme comporte alors trois &lt;i&gt;th&#232;mes&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. La diversit&#233; des cultures et l'id&#233;e de civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nature et culture - Technique, art, religion, science - Le progr&#232;s. L'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. Communication et langage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signe et symbole- la langue et la parole - le discours et la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. Libert&#233; et soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Volont&#233; et libert&#233; - la reconnaissance d'autrui. La justice - Politique et morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Remarques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le soin d'expliciter les significations des trois th&#232;mes qui constituent le programme est confi&#233; &#224; l'initiative du professeur. Les d&#233;terminations qui figurent sous chacun des titres indiquent, non pas des chapitres successifs, mais les directions dans lesquelles la recherche et la r&#233;flexion sont invit&#233;es &#224; s'engager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;tude de ces th&#232;mes, il est conseill&#233;, d'une part, de s'appuyer sur l'analyse de textes classiques et modernes, de faire appel, d'autre part, aux travaux contemporains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1973&lt;/strong&gt;, le programme est chang&#233; (B.0. du 1er novembre 1973), le funeste mod&#232;le pens&#233; pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales vaut d&#233;sormais pour les s&#233;ries technologiques : d&#233;sormais, le programme &#171; &lt;i&gt;se compose uniquement de notions non regroup&#233;es en th&#232;mes&lt;/i&gt; &#187; et il vaut pour les sections F3, G1, G2, G3, et H&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nature et histoire&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Langage et V&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;changes, le Droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art. La religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi en 73 que la philosophie est introduite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; en &lt;strong&gt;F8&lt;/strong&gt; (actuelles SMS), mais avec un horaire plus favorable (pour un m&#234;me programme !) de 3 heures par semaine et un coefficient 1 &#224; l'examen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2' en &lt;strong&gt;F11&lt;/strong&gt; (musique, actuelle s&#233;rie &#171; techniques de la musique et de la danse &#187;), le programme (non modifi&#233; depuis - ni en 83, ni en 94) y est celui des classes scientifiques de l'enseignement g&#233;n&#233;ral (C, D et E) mais avec un horaire sup&#233;rieur et un coefficient de 2 au baccalaur&#233;at ; les &#233;l&#232;ves ont alors le choix entre une &#233;preuve &#233;crite de philosophie ou de math&#233;matiques, passant &#224; l'oral l'&#233;preuve non choisie &#224; l'&#233;crit. Ceux qui choisissent la philosophie &#224; l'oral ont 4 heures par semaine, les autres b&#233;n&#233;ficient de 6 heures (soit le double de leurs camarades des s&#233;ries g&#233;n&#233;rales pour un m&#234;me programme et les m&#234;mes &#233;preuves !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1981, &lt;/strong&gt;la philosophie est introduite en F12 (s&#233;rie &#171; arts appliqu&#233;s &#187;) avec un horaire de 3 heures par semaine et un programme sp&#233;cial (non modifi&#233; depuis), celui des F8, G et H avec en plus &lt;strong&gt;L'espace. La perception. L'imagination.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A partir de 1983 &lt;/strong&gt;est d&#233;cid&#233;e &lt;strong&gt;l'extension de la philosophie &#224; toutes les s&#233;ries de la voie technologique.&lt;/strong&gt; L'arr&#234;t&#233; du 5 octobre &lt;strong&gt;1983 (B.O. &lt;/strong&gt;n030 du 1er septembre 1983) fixe le programme pour les F1, F2, F3, F4, FS, F6, F7, F7', F8, F9 et F10 (donc except&#233; les F11 et F12) sous la forme d'une liste de &#171; notions &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature. L'art. La technique. L'histoire, Le droit La libert&#233;, La conscience. La raison. La v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horaire hebdomadaire est de deux heures (sauf en F8, toujours 3 heures) et le coefficient de l'&#233;preuve (dur&#233;e 3 heures port&#233;e &#224; 4 heures &#224; partir de la session 1989) est de 1 (sauf en G1 o&#249; il est de 2). Le programme est donc fix&#233; en 83, mais l'extension se fera progressivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1983, &lt;/strong&gt;application en F5, F6, F7 et F7'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1984, &lt;/strong&gt;en F2, F4, F9 et F10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1985, &lt;/strong&gt;en F3 et &lt;strong&gt;en 1986, &lt;/strong&gt;en F1. Toutes ces sections correspondent aux actuelles STI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1994, une circulaire indique la possibilit&#233; de d&#233;doubler l'une des heures d'enseignement de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques. L'application s'en av&#232;re bien difficile ; puis l'habitude s'installe au d&#233;but des ann&#233;es 2000 avant la brutale remise en cause de cette mesure. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1970, il y avait &#224; peu pr&#232;s 255.000 candidats au baccalaur&#233;at dont 55.000 pour les s&#233;ries technologiques, soit 21% ; en 1995, il y avait 574.000 candidats (bac pro non compris) dont 184.000 pour le technologique, soit 32% ; en 2009, 622.322 candidats (bac pro compris) dont 163.085 pour les s&#233;ries technologiques (26%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La massification des &#233;tudes a entra&#238;n&#233; le syst&#232;me &#233;ducatif dans une s&#233;rie d'ajustements dont on attend encore la r&#233;alisation en philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le d&#233;doublement d'une des heures d'enseignement.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;doublement avait pour but d'am&#233;liorer les conditions de l'enseignement et cela tant pour les &#233;l&#232;ves que pour les professeurs. Pour les &#233;l&#232;ves les &#171; travaux dirig&#233;s &#187; en demi-classes devaient permettre de les aider plus efficacement gr&#226;ce &#224; des exercices gradu&#233;s, &#224; une aide m&#233;thodologique, &#224; des pratiques sollicitant davantage leur participation et leur activit&#233; (ce qui est le plus souvent impossible en classe compl&#232;te o&#249; s'installe alors rapidement un bavardage g&#233;n&#233;ralis&#233;). Pour les professeurs, les classes &#224; 2 heures aux effectifs d&#233;passant souvent la trentaine conduisaient &#224; des charges de travail insupportables, et en v&#233;rit&#233;, &#224; l'impossibilit&#233; de tout travail r&#233;ellement s&#233;rieux (comment avec 7, 8 ou 9 classes et 230, 270 et parfois 300 &#233;l&#232;ves appliquer les instructions de 1977 par exemple relatives au travail des &#233;l&#232;ves et demandant que les &#233;l&#232;ves fassent 3 devoirs par trimestre - dont un en temps limit&#233; ! - et au moins deux exercices par mois ! Avec &#171; seulement &#187; 200 &#233;l&#232;ves... cela ferait 1800 travaux &#224; corriger ?). Le d&#233;doublement devait permettre de diminuer le nombre de classes et le nombre d'&#233;l&#232;ves, et faciliter la r&#233;alisation des exercices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; r&#233;novation p&#233;dagogique &#187; des lyc&#233;es met en place le d&#233;doublement. Mais la Direction des Lyc&#233;es et Coll&#232;ges (D.L.C.), dans un courrier adress&#233; aux Recteurs et pr&#233;cisait : &#171; &lt;i&gt;s'agissant de cette discipline et de ces s&#233;ries, il n'y a pas lieu de fixer nationalement de seuil pour ce d&#233;doublement&lt;/i&gt; &#187;. Profitant de cette &#233;quivoque, certains Recteurs, voire certains chefs d'&#233;tablissement, en conclurent qu'ils avaient loisir de fixer eux-m&#234;mes ce seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite ensuite, les restrictions budg&#233;taires (la diminution de la D.G.H.) ont conduit &#224; une interpr&#233;tation tr&#232;s restrictive du texte. Dans les divers Rectorat on explique que &lt;strong&gt;&#171; le calcul des charges norm&#233;es &#224; partir desquelles sont notifi&#233;es les D.G.H. inclut le d&#233;doublement de la philosophie au 25&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&#232;me&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&#233;l&#232;ve &#187;&lt;/strong&gt;, ce qui &#8211; en clair &#8211; signifie que la dotation horaire des lyc&#233;es ne permet donc pas un d&#233;doublement en de&#231;&#224;&#8230; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'importe aux gestionnaires le fait que dans de nombreuses classes de ces s&#233;ries, il soit devenu quasiment impossible de travailler en classe compl&#232;te. La d&#233;mocratisation des conditions de l'acc&#232;s &#224; la culture a encore de beaux jours devant elle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{}&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Propositions de l'Acireph pour le programme des s&#233;ries technologiques</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/propositions-de-l-acireph-pour-le-programme-des-series-technologiques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/propositions-de-l-acireph-pour-le-programme-des-series-technologiques</guid>
		<dc:date>2001-11-09T18:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 9 novembre 2001, deux repr&#233;sentants de l'Acireph, Jean-Jacques Rosat et Michel Vignard, ont &#233;t&#233; re&#231;us par le Groupe d'Experts, pr&#233;sid&#233; par Michel Fichant, qui &#233;tait en charge de la r&#233;daction de nouveaux programmes pour les s&#233;ries technologiques. Ce texte reprend l'essentiel de l'expos&#233; initial de Jean-Jacques Rosat. Finalement, le GE Fichant d&#233;cidera &#8230; de ne rien changer ! Les propositions faites alors conservent toute leur pertinence et expriment aujourd'hui encore la position de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/pratiques" rel="tag"&gt;Pratiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le 9 novembre 2001, deux repr&#233;sentants de l'Acireph, Jean-Jacques Rosat et Michel Vignard, ont &#233;t&#233; re&#231;us par le Groupe d'Experts, pr&#233;sid&#233; par Michel Fichant, qui &#233;tait en charge de la r&#233;daction de nouveaux programmes pour les s&#233;ries technologiques. Ce texte reprend l'essentiel de l'expos&#233; initial de Jean-Jacques Rosat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, le GE Fichant d&#233;cidera &#8230; de ne rien changer ! Les propositions faites alors conservent toute leur pertinence et expriment aujourd'hui encore la position de l'ACIREPh.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. CE QUI DOIT &#202;TRE PRIS EN COMPTE DANS L'&#201;LABORATION D'UN PROGRAMME&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. 1. Ne pas se masquer les tr&#232;s grandes difficult&#233;s de l'enseignement de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. 1. 1. Du c&#244;t&#233; des professeurs :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a les classes o&#249; notre enseignement est parfois ouvertement en &#233;chec : des classes o&#249; l'on est dans une situation telle qu'on ne peut plus vraiment faire cours, o&#249; l'on fait semblant, o&#249; l'on a fini par baisser les bras ; ou bien, des classes o&#249; l'on a pass&#233; un compromis un peu honteux (on fait cours avec quelques &#233;l&#232;ves de bonne volont&#233; en laissant ouvertement le reste de la classe faire autre chose).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a les classes o&#249;, m&#234;me quand elles fonctionnent vaille que vaille, nous avons souvent le sentiment de perdre notre temps : parce que nous n'arrivons pas &#224; mettre les &#233;l&#232;ves au travail ; parce que nous avons le sentiment qu'il n'y a aucune diff&#233;rence entre les copies qu'ils nous remettent en mai et celles qu'ils nous remettaient en septembre. Bref, o&#249; nous avons souvent le sentiment que &lt;strong&gt;notre enseignement n'a aucune prise&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes des s&#233;ries technologiques sont des classes o&#249; &lt;strong&gt;une majorit&#233; de profs va &#224; reculons&lt;/strong&gt; : l'enseignement de la philosophie y est souvent v&#233;cu comme un mal n&#233;cessaire, comme un purgatoire en attendant la mutation lib&#233;ratrice. Et combien d'enseignants disent &#224; mi-voix - &#224; mi-voix parce que ce n'est ni politiquement, ni corporativement correct - : en l'&#233;tat actuel des choses, ' on ne peut pas s&#233;rieusement enseigner la philosophie dans ces s&#233;ries-l&#224; ', ou : ' je fais du fran&#231;ais, de l'animation culturelle, mais pas de la philo ', ou ' &#231;a devrait &#234;tre une mati&#232;re optionnelle '. C'est un enseignement dont la l&#233;gitimit&#233; parmi nous n'est pas acquise, ou acquise seulement du bout des l&#232;vres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et m&#234;me quand on y croit et qu'on se bagarre pour tenir, on a le sentiment de mener une bataille &#233;puisante : parce que tout se passe comme si, &#224; chaque cours, il fallait &#224; nouveau justifier sa pr&#233;sence et la pr&#233;sence de la philosophie ; parce que les choses y sont extr&#234;mement volatiles et, si un cours s'est bien pass&#233; et qu'on a le sentiment d'avoir avanc&#233;, le suivant peut &#234;tre, sans qu'on comprenne toujours bien pourquoi, une catastrophe. On a souvent le sentiment de se battre tout seul contre les moulins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. 1. 2. Du c&#244;t&#233; des &#233;l&#232;ves&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La philosophie est une discipline o&#249;, quand ils ont envie de s'int&#233;resser, de travailler, de bien faire, les &#233;l&#232;ves ont vite le sentiment de &lt;strong&gt;ne pas savoir par quel bout prendre les choses pour progresser&lt;/strong&gt;, que tous les efforts qu'ils font sont inutiles et que de toute fa&#231;on ils auront une sale note au bac : ce en quoi statistiquement ils ont raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons nous demander si notre enseignement n'a pas souvent &lt;strong&gt;l'effet inverse de celui auquel il pr&#233;tend&lt;/strong&gt;. Quand on met syst&#233;matiquement des &#233;l&#232;ves en &#233;chec parce qu'il ne savent pas et ne peuvent pas savoir faire ce que nous leur demandons, et quand ils savent qu'ils ne savent pas le faire, alors non seulement on les humilie, mais on les persuade que la pens&#233;e et la culture, &#231;a n'est pas pour eux (ou on les conforte dans cette id&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1.2. Prendre en compte les sp&#233;cificit&#233;s de ces s&#233;ries&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette question de la sp&#233;cificit&#233; des s&#233;ries technologiques est une de celles dont nous avons beaucoup parl&#233; lors de notre r&#233;cent Colloque des 27 et 28 octobre : &lt;i&gt;Enseignement de la philosophie et d&#233;mocratisation : le d&#233;fi des s&#233;ries technologiques&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, il n'y a pas partout et sur tous les points un foss&#233; entre les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et les s&#233;ries technologiques : il y a des classes de L et de ES o&#249; la moiti&#233; la plus faible de la classe a un niveau qui ne diff&#232;re gu&#232;re de celui de bien des STT ; et la situation n'est pas la m&#234;me selon qu'on est dans un lyc&#233;e exclusivement technologique ou dans un lyc&#233;e polyvalent, et surtout selon les politiques d'orientation et de s&#233;lection qui varient beaucoup d'un lyc&#233;e &#224; l'autre ou d'une acad&#233;mie &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu &#233;galement, il y a entre les diff&#233;rentes s&#233;ries technologiques une extr&#234;me h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, &#224; mon avis plut&#244;t plus grande encore qu'entre les diff&#233;rentes s&#233;ries g&#233;n&#233;rales, une h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; notamment dans l'attitude vis &#224; vis de l'&#233;cole et vis-&#224;-vis d'une discipline comme la philosophie - l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; la plus grande &#233;tant d'ailleurs sans doute celle qu'on observe entre les classes exclusivement (ou presque exclusivement) f&#233;minines et les classes exclusivement masculines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en demeure pas moins - c'est en tout cas ce qui se d&#233;gage de nos discussions - qu'il y a des sp&#233;cificit&#233;s des classes technologiques et qu'il est d&#233;raisonnable de ne pas les prendre en compte comme on continue de le faire aujourd'hui. - Je ne rel&#232;ve que quelques points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, &lt;strong&gt;la plupart de ces &#233;l&#232;ves sont l&#224; parce que &#231;a s'est mal pass&#233; pour eux les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes dans les enseignements g&#233;n&#233;raux &lt;/strong&gt;et qu'ils ont &#233;t&#233;, comme on dit, orient&#233;s, avec tous les m&#233;canismes de d&#233;pr&#233;ciation de soi qui sont la cons&#233;quence des proc&#233;dures de s&#233;lection. Tr&#232;s souvent, ils ont pu, dans les mati&#232;res technologiques et professionnelles retrouver une identit&#233; positive et un peu de confiance en eux-m&#234;mes. Mais la philosophie - la plus g&#233;n&#233;rale des disciplines g&#233;n&#233;rales - les remet en pr&#233;sence de leurs insuffisances, surtout si les modalit&#233;s de l'enseignement restent les modalit&#233;s traditionnelles, c'est-&#224;-dire un enseignement dispens&#233; sous la forme canonique de la le&#231;on, o&#249; l'activit&#233; principale de l'&#233;l&#232;ve - c'est bien ce que nous dit la fameuse circulaire de De Monzie qui, depuis 1925, r&#233;gule toujours notre enseignement dans toutes les s&#233;ries - est de prendre des notes (chose que pour bon nombre d'entre eux ils ne savent pas faire) et o&#249; l'exercice canonique est la dissertation (exercice qui leur est extr&#234;mement difficile, pour ne pas &#233;tranger, et que dans certaines s&#233;ries, comme les STI, il n'y a m&#234;me vraisemblablement pas de sens &#224; leur faire faire, dans les conditions actuelles en tout cas - j'y reviendrai).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, la plupart de ces &#233;l&#232;ves ne se destinent pas &#224; l'universit&#233;, mais &#224; un enseignement court et professionnalis&#233; - enseignement qui, s'ils y r&#233;ussissent pourra s'allonger, mais toujours, la plupart du temps, avec une forte marque pr&#233;-professionnelle, non seulement dans les mati&#232;res &#233;tudi&#233;es, mais dans la forme m&#234;me de l'enseignement (importance des stages, par exemple). Or, comme nous nous sommes content&#233;s jusqu'&#224; pr&#233;sent, en philosophie, de transposer les modalit&#233;s adopt&#233;es dans les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales - et qui plus est, adopt&#233;es &#224; une &#233;poque o&#249; l'enseignement dans les lyc&#233;es n'&#233;tait pas un enseignement de masse -, il y a &#233;videmment un hiatus entre eux et nous. Je ne prends qu'un exemple : les &#233;l&#232;ves de ces s&#233;ries ont l'habitude de faire l'essentiel de leur travail en classe (puisqu'ils ont beaucoup d'heures de cours et que leur travail est fortement encadr&#233;) et proportionnellement beaucoup moins &#224; la maison. Quand nous arrivons en d&#233;but d'ann&#233;e en leur disant : il faudra passer au moins 4 heures, voire 6 ou 7, sur votre premier devoir de philo, nous leur parlons tout simplement une langue &#233;trang&#232;re : &#231;a n'a pas de sens pour eux de travailler de cette mani&#232;re-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me et dernier trait sur lequel je voudrais insister, c'est que les classes de ces s&#233;ries sont souvent aujourd'hui des classes tr&#232;s multiculturelles. C'est un trait qui varie &#233;videmment beaucoup d'un lyc&#233;e &#224; l'autre et d'une s&#233;rie &#224; l'autre, mais nous ne pouvons pas ne pas le prendre en consid&#233;ration. Je veux dire simplement que l'exigence souvent formul&#233;e de construire les bases d'une culture commune et de fournir aux &#233;l&#232;ves des outils intellectuels qui les aident &#224; se situer dans la soci&#233;t&#233; o&#249; ils vivent nous para&#238;t encore plus pressante que dans les autres s&#233;ries. Sans vouloir rouvrir des pol&#233;miques, je voudrais quand m&#234;me vous poser une question &#224; vous qui &#234;tes en charge de r&#233;diger aujourd'hui un programme : dans quel monde vivent les professeurs de philosophie pour que, s'agissant des s&#233;ries g&#233;n&#233;rales, on ait, il y a quelque mois, rendu facultative la question ' Religion et rationalit&#233; ' ? Quelle id&#233;e du r&#244;le de la philosophie et de l'enseignement de la philosophie dans notre soci&#233;t&#233; cela suppose-t-il ? A quel citoyen fera-t-on aujourd'hui comprendre une d&#233;cision pareille ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que conclure de tout cela ? Tout simplement que nous ne pourrons continuer tr&#232;s longtemps &#224; justifier un enseignement de la philosophie dans ces s&#233;ries si nous n'inventons pas pour elles un mod&#232;le diff&#233;rent de celui qui y a &#233;t&#233; implant&#233;, et qui vient des s&#233;ries g&#233;n&#233;rales d'autrefois. Nous ne pensons pas qu'on y arrivera du premier coup. Mais nous pensons que le travail de votre GE ne se justifie que s'il permet de faire un premier pas dans cette direction. Sinon, si votre travail aboutissait simplement &#224; remplacer trois notions par trois autres, il ne servirait &#224; rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je connais bien l'objection &#224; un tel constat : 'mais nous connaissons aussi toutes sortes de difficult&#233;s dans les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales : les s&#233;ries technologiques n'en offrent souvent que le miroir grossissant'. C'est vrai, &#224; ceci pr&#232;s que, si les difficult&#233;s se concentrent trop et s'aggravent trop, on n'est plus seulement en pr&#233;sence d'une diff&#233;rence de degr&#233; : les probl&#232;mes changent de nature. C'est une exp&#233;rience que certains d'entre vous ont peut-&#234;tre faite : quand je suis pass&#233; du gros lyc&#233;e technique o&#249; j'ai enseign&#233; pendant 8 ans &#224; Reims &#224; un lyc&#233;e g&#233;n&#233;ral parisien, de r&#233;putation pourtant m&#233;diocre, j'ai eu le sentiment tout simplement que je changeais de m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1.3. Poser explicitement les finalit&#233;s de la formation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il nous faut reconna&#238;tre que l'int&#233;r&#234;t et la l&#233;gitimit&#233; de l'enseignement de la philo dans ces s&#233;ries ne vont pas de soi &lt;/strong&gt;parce que, jusqu'&#224; pr&#233;sent, collectivement, nous n'avons pas &#233;t&#233; &#224; m&#234;me de d&#233;montrer qu'il a pour les &#233;l&#232;ves de ces s&#233;ries, tels qu'ils sont et telles que sont ces s&#233;ries, une valeur formatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut &lt;strong&gt;pas se satisfaire de r&#233;p&#233;ter des formules abstraites du type&lt;/strong&gt; : 'apprendre &#224; penser par soi-m&#234;me' / 'd&#233;velopper l'esprit critique et l'autonomie du jugement'. Ce n'est pas qu'elles soient fausses ou mauvaises. C'est qu'elles ne nous aident pas &#224; d&#233;finir en quoi nous pouvons pr&#233;tendre &#234;tre utile &#224; ces &#233;l&#232;ves, et encore moins, comment nous pourrons parvenir &#224; l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un programme, s'il veut &#234;tre digne de ce nom, doit formuler de mani&#232;re forte, claire, explicite, les finalit&#233;s que peut s&#233;rieusement se proposer un enseignement de philo dans ces s&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne prendrai qu'un exemple. Beaucoup d'&#233;l&#232;ves de ces s&#233;ries ont des capacit&#233;s assez limit&#233;es &#224; &lt;strong&gt;participer &#224; un d&#233;bat d'id&#233;es&lt;/strong&gt;. D&#233;battre, pour eux, c'est souvent 'dire ce que je pense' ; et si quelqu'un dit autre chose, on ne l'&#233;coute pas, ou on se f&#226;che. Comment esp&#233;rer que des &#233;l&#232;ves qui n'ont pas de pratique du d&#233;bat oral puissent un jour faire des dissertations o&#249; ils ont &#224; faire d&#233;battre entre elles des positions philosophiques diff&#233;rentes ? Plut&#244;t que des affirmations g&#233;n&#233;rales sur &#171; la philosophie est n&#233;cessaire &#224; la formation du citoyen &#187;, il vaudrait mieux &#233;tablir que l'un des objectifs de l'enseignement de la philosophie, c'est l'apprentissage &#224; la participation &#224; un vrai d&#233;bat d'id&#233;es, un d&#233;bat o&#249; on prend de la distance par rapport &#224; sa propre position, o&#249; l'on se d&#233;centre, o&#249; l'on &#233;volue ; d&#233;bat d'abord oral, et ensuite &#233;crit. Cela ne veut pas du tout dire : transformer la classe en caf&#233; du commerce, ou en caf&#233; philo. Mais le d&#233;bat, comme beaucoup d'autres choses, cela s'apprend. C'est une question p&#233;dagogique : il y a des m&#233;thodes pour apprendre &#224; d&#233;battre. &#199;a peut &#234;tre ce que nos amis du GFEN appellent le &lt;i&gt;Colloque des philosophes&lt;/i&gt; ; &#231;a peut &#234;tre la m&#233;thode du &lt;i&gt;Journal de bord &lt;/i&gt;essay&#233;e avec un certain succ&#232;s dans les exp&#233;rimentations d'enseignement de la philo dans les lyc&#233;es professionnels (j'y reviendrai) ; et puis il y a vraisemblablement des d&#233;marches qui ont &#233;t&#233; essay&#233;es par nos coll&#232;gues qui inventent, exp&#233;rimentent dans leurs classes : il faut faire circuler les id&#233;es, exp&#233;rimenter, r&#233;fl&#233;chir. Mais la condition premi&#232;re c'est de se fixer un tel objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. A QUELLES EXIGENCES DEVRAIT R&#201;PONDRE LE PROGRAMME&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
2.1. Reconna&#238;tre qu'un programme de notions est compl&#232;tement inad&#233;quat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu unanimit&#233; &#224; notre Colloque contre le maintien d'un programme de notions nues. S'est manifest&#233;, en revanche, un vif int&#233;r&#234;t pour le programme de 1969 (dont beaucoup ont d&#233;couvert l'existence) qui a dur&#233; jusqu'en 1973. Ce programme n'&#233;tait pas du tout un programme de notions ; il &#233;tait constitu&#233; de 3 th&#232;mes avec des d&#233;terminations ; &#224; ma connaissance, ce programme avait &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; &#224; l'&#233;poque par deux personnalit&#233;s qui passeraient aujourd'hui sans doute pour de dangereux h&#233;r&#233;tiques : Dina Dreyfus et Etienne Borne, qui &#233;taient l'un et l'autre Inspecteurs G&#233;n&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion n'est peut-&#234;tre pas si naturellement et consubstantiellement li&#233;e &#224; l'enseignement de la philosophie qu'on le pr&#233;tend souvent. Mais un programme de notions est encore plus inappropri&#233; pour l'enseignement technologique que pour l'enseignement g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&#232;re raison&lt;/strong&gt; : Son ind&#233;termination rend impossible une &#233;valuation s&#233;rieuse &#224; l'examen. Ceux qui d&#233;fendent un programme de notions, d&#233;clarent que c'est au professeur de mener le travail de probl&#233;matisation. Et si on leur fait remarquer : 'mais sur chaque notion, il y a 5 ou 10 ou 15 probl&#232;mes qui peuvent donner lieu &#224; des sujets d'examen', la r&#233;ponse est g&#233;n&#233;ralement la suivante : 'si la notion a &#233;t&#233; philosophiquement trait&#233;e par le professeur, alors l'&#233;l&#232;ve doit pouvoir r&#233;utiliser son cours, c'est-&#224;-dire, transposer &#224; un probl&#232;me diff&#233;rent'. Pour le dire franchement, nous pensons que, quand il s'agit des s&#233;ries technologiques, cette r&#233;ponse n'est pas s&#233;rieuse : d'une part, &#224; raison de 2 heures de cours par semaine, le traitement philosophique de la notion (n'y en aurait-il plus que 5 en 6) ne peut gu&#232;re aller loin ; et surtout, parce que, &#224; quelques exceptions pr&#232;s, aucun &#233;l&#232;ve des s&#233;ries technologiques n'est capable d'effectuer la transposition requise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne prendrai qu'un seul exemple, celui de l'Histoire. Y en a-t-il un seul parmi nous qui puisse pr&#233;tendre faire &#224; ses &#233;l&#232;ves des s&#233;ries des technologiques un cours qui les rende capables de traiter des sujets aussi diff&#233;rents que : &lt;i&gt;Pourquoi s'int&#233;resser &#224; l'histoire ? &lt;/i&gt;(2000) &lt;probl&#232;me de l'utilit&#233; de l'histoire&gt; - &lt;i&gt;Les historiens ne se bornent-ils pas &#224; raconter des histoires ? &lt;/i&gt;(1991) &lt;probl&#232;me de la v&#233;rit&#233; en histoire&gt; - &lt;i&gt;L'histoire a-t-elle n&#233;cessairement recours au t&#233;moignage ? &lt;/i&gt;(1999) &lt;probl&#232;me de la m&#233;thode historique &gt; - &lt;i&gt;Le pr&#233;sent peut-il s'expliquer int&#233;gralement par l'histoire ? &lt;/i&gt;(2000) &lt;probl&#232;me du rapport pass&#233;-pr&#233;sent&gt; -&lt;i&gt;L'histoire des hommes est-elle uniquement d&#233;termin&#233;e par les circonstances ?&lt;/i&gt; (1998) &lt;Probl&#232;me du r&#244;le de l'action humaine dans l'histoire&gt; - &lt;i&gt;Le cours de l'histoire est-il pr&#233;visible ? &lt;/i&gt;(2001) &lt;probl&#232;me du d&#233;terminisme en histoire&gt; &lt;i&gt;Le d&#233;roulement de l'histoire manifeste-t-il un progr&#232;s de l'humanit&#233; ? &lt;/i&gt;(1995) &lt;probl&#232;me du rapport entre histoire et progr&#232;s&gt; = soit au moins 7 probl&#232;mes extr&#234;mement diff&#233;rents. &lt;strong&gt;On voudrait programmer l'incomp&#233;tence et la nullit&#233; philosophique des copies de bac qu'on ne s'y prendrait pas autrement. &lt;/strong&gt;Je pourrais faire la m&#234;me d&#233;monstration avec chacune des notions du programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2&#232;me raison :&lt;/strong&gt; Plus que les autres encore, les &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques ont besoin d'un cadre pour travailler, de savoir ce qu'ils doivent apprendre, ce sur quoi il doivent faire porter leurs efforts. Comment veut-on qu'avec un tel programme ils ne restent pas convaincus que la philo est une discipline o&#249; ce qui compte c'est le ' baratin ', la ' tchatche ' ? Et honn&#234;tement, ont-ils tout &#224; fait tort ? Si aucun contenu n'est exigible le fumiste habile s'en sort toujours mieux que l'&#233;l&#232;ve scolaire un peu laborieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2.2. Libeller les questions (probl&#232;mes) de telle sorte qu'elles aient un sens pour les &#233;l&#232;ves&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il nous semble qu'il faut passer &#224; un programme de questions (ou de probl&#232;mes) plus d&#233;termin&#233;es. Celle-ci doivent &#233;videmment &#234;tre des questions philosophiques reconnues comme telles, mais pas des questions purement internes &#224; la philosophie : elles doivent &#234;tre des questions philosophiques &#233;videmment, mais qui ont imm&#233;diatement un sens pour les &#233;l&#232;ves, c'est-&#224;-dire : o&#249; ils voient imm&#233;diatement qu'il y a quelque chose qui fait difficult&#233; et o&#249; ils entrevoient qu'il y a des enjeux &#224; prendre position de telle mani&#232;re plut&#244;t que de telle autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bon crit&#232;re pour s&#233;lectionner de tels probl&#232;mes n'est s&#251;rement pas : 'qu'est-ce qui les int&#233;resse ?' 'Ou de quoi ont-ils envie qu'on parle ?' - C'est plut&#244;t : &lt;strong&gt;'quels sont les probl&#232;mes dont ils peuvent faire sans trop de difficult&#233;s &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;leurs probl&#232;mes&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; ?'&lt;/strong&gt; Quelques exemples, dont il faudrait bien entendu discuter : &lt;i&gt;La libert&#233; et la loi. - Les v&#233;rit&#233;s sont-elles absolues ou relatives &#224; ceux qui les &#233;noncent ? -Egalit&#233; et diff&#233;rence. - D&#233;sir, amour et amiti&#233;. - La pens&#233;e, le cerveau, les machines. -Religion et politique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais faire une remarque sur ce dernier probl&#232;me : un enseignement de philosophie n'a aucun sens ni aucune justification s'il ne fournit pas aux &#233;l&#232;ves quelques outils intellectuels et critiques pour mieux comprendre les discours qu'ils entendent et les probl&#232;mes du monde o&#249; ils vivent. Le programme de 1983 a fait dispara&#238;tre la religion au motif, &#224; l'&#233;poque, que les professeurs faisaient trop de science humaines, de Marx ou de Freud, et pas assez de vraie philosophie. Ce qui suppose une conception extraordinairement &#233;troite de l'enseignement philosophique. Mais m&#234;me un cours sur la religion en g&#233;n&#233;ral peut &#234;tre compl&#232;tement d&#233;connect&#233;, et peut ignorer des probl&#232;mes o&#249; se jouent l'identit&#233; de chacun et la nature du lien social. Et traiter s&#233;rieusement religion et politique, cela ne veut pas dire n&#233;cessairement commenter le dernier article du Monde. Cela peut parfaitement passer par telle page du &lt;i&gt;Trait&#233; th&#233;ologico-politique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2.3. Lier aux questions des &#233;l&#233;ments de connaissance indispensables et exigibles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulons que nos &#233;l&#232;ves puissent traiter avec un minimum de s&#233;rieux les questions sur lesquelles nous voulons les inviter &#224; r&#233;fl&#233;chir, il faut non seulement que nous leur donnions les outils qui leur permettent de le faire avec un minimum de pertinence, mais il faut aussi qu'ils sachent que ce sont ces outils-l&#224; qu'il leur faire s'approprier. Il faut leur dire ce qu'il faut qu'ils sachent et ce faute de quoi ils ne produiront que du verbiage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;l&#233;ments de connaissance peuvent &#234;tre de diverses sortes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce peuvent &#234;tre des distinctions conceptuelles (par exemple : si la question est &lt;i&gt;Loi et libert&#233;&lt;/i&gt;, des distinctions pourraient &#234;tre : &lt;i&gt;contrainte et obligation&lt;/i&gt; - ou &lt;i&gt;fait et droit&lt;/i&gt;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce peuvent &#234;tre des cat&#233;gories d&#233;finissant par exemple des positions fondamentales en philosophie. Si une question s'intitulait : &lt;i&gt;Les v&#233;rit&#233;s sont-elles absolues ou relatives &#224; ceux qui les &#233;noncent ?&lt;/i&gt; un de ces &#233;l&#233;ments de connaissance pourrait &#234;tre &#233;videmment : &lt;i&gt;le scepticisme&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Enfin, on peut parfaitement concevoir que des textes classiques et fondamentaux qui sont des points de passage quasi oblig&#233;s pour traiter philosophiquement ces questions figurent comme tel au programme : par exemple, comme je l'&#233;voquais &#224; l'instant, quelques pages du &lt;i&gt;Trait&#233; th&#233;ologico-politique&lt;/i&gt; pour traiter : &lt;i&gt;religion et politique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.4. Diversifier partiellement les programmes selon les s&#233;ries &#224; partir du contenu des disciplines principales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons que dans chaque s&#233;rie une partie du programme, une question au moins par exemple, devrait &#234;tre sp&#233;cifique &#224; la s&#233;rie en question. D'une part, on renforcerait et on rendrait plus compr&#233;hensible la place de l'enseignement philosophique dans chacune de ces s&#233;ries si on &#233;tablissait un lien explicite avec la mati&#232;re qui y occupe la place principale. D'autre part, on renforcerait la confiance des &#233;l&#232;ves (ils en ont tr&#232;s peu) dans leurs capacit&#233;s de r&#233;flexion si on reconnaissait la valeur intellectuelle, et l'int&#233;r&#234;t pour la r&#233;flexion, des connaissances et des comp&#233;tences qu'ils ont acquises dans les disciplines dites technologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut penser &#224; toutes sortes de choses : une r&#233;flexion sur &lt;i&gt;La vie et les normes&lt;/i&gt; en SMS, ou sur &lt;i&gt;Justice et &#233;conomie &lt;/i&gt;dans certaines s&#233;ries tertiaires. Mais peut-&#234;tre faudrait-il d'abord conna&#238;tre et examiner les programmes de ces disciplines pour d&#233;cider de la meilleure mani&#232;re de mener sur elles un retour r&#233;flexif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2.5. Proposer de nouveaux exercices ou de nouvelles modalit&#233;s des exercices actuels&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'ignore si la commande que vous a pass&#233;e le Ministre concerne aussi les &#233;preuves du bac, mais il nous semble que, dans une discipline qui n'existe que pour l'ann&#233;e d'examen, on ne peut pas r&#233;fl&#233;chir au programme sans r&#233;fl&#233;chir aux exercices terminaux qui sont aussi ceux &#224; travers lesquels les &#233;l&#232;ves se forment pendant l'ann&#233;e. Et, de ce point de vue, comme le montre la correction du bac, la dissertation dans sa forme actuelle fonctionne tr&#232;s mal, c'est le moins qu'on puisse dire. Il nous semble qu'on pourrait essayer d'avancer dans deux directions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, &lt;strong&gt;pour qu'une dissertation de philosophie soit une dissertation de philosophie, faut-il absolument que le sujet soit en soit un &#233;nonc&#233; elliptique et sibyllin ? &lt;/strong&gt;Pour dire les choses un peu fortement : nous sommes oblig&#233;s de dire &#224; nos &#233;l&#232;ves : ' surtout, ne r&#233;pondez pas directement &#224; la question qui est pos&#233;e ; derri&#232;re cette question est cach&#233; un probl&#232;me : &#224; vous de le trouver et de le formuler, puis alors seulement de le traiter. (Par exemple, derri&#232;re la question : &lt;i&gt;Les historiens ne se bornent-ils pas &#224; raconter des histoires ? &lt;/i&gt;il faut, &#224; partir d'une distinction entre deux sens du mot histoire, voir que le probl&#232;me est en r&#233;alit&#233; de savoir ce qui diff&#233;rencie un historien d'un romancier, c'est-&#224;-dire, au bout de compte, si l'histoire peut pr&#233;tendre &#224; une v&#233;rit&#233; ; et si oui, de quel type, etc.) Ce jeu purement rh&#233;torique est peut-&#234;tre formateur pour les kh&#226;gneux. Mais il a des effets d&#233;sastreux pour les &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques puisqu'ils sont totalement incapables de le jouer. Il conduit non seulement aux hors sujet mais surtout &#224; toutes les copies o&#249; il n'y a pas un gramme de philosophie, tout simplement parce que l'&#233;l&#232;ve n'a pas vu et encore moins su formuler le probl&#232;me qui &#233;tait cach&#233;, comme le bonhomme dans l'arbre dans une image-devinette. La probl&#233;matisation est devenu un mot magique parmi les profs de philo. Mais il est compl&#232;tement &#233;sot&#233;rique pour les &#233;l&#232;ves. Est-ce qu'on ne pourrait pas &#233;pargner aux &#233;l&#232;ves cette phase 'chic' mais vaine et trompeuse. Cela supposerait de construire des sujets de dissertation qui formulent et exposent clairement un probl&#232;me en plusieurs phrases, c'est-&#224;-dire qui explicitent ce qui fait difficult&#233;, ou indiquent les diverses options classiques possibles. - Certains vont s'&#233;crier : mais les &#233;l&#232;ves n'auront plus &#224; penser. - Je n'en crois rien : comprendre un probl&#232;me, lui donner sens, trouver des exemples &#224; partir desquels y r&#233;fl&#233;chir, explorer certaines des mani&#232;res d'y r&#233;pondre dont la direction a &#233;t&#233; indiqu&#233;e, et r&#233;pondre finalement au probl&#232;me pos&#233;, cela laisse il me semble beaucoup de travail &#224; la pens&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, on peut concevoir une &#233;preuve sur texte d'un type diff&#233;rent de celle qui existe aujourd'hui, une &#233;preuve guid&#233;e que la philosophie est la seule discipline de l'enseignement secondaire &#224; n'avoir pas encore &#233;t&#233; capable d'inventer : un texte plus long (une cinquantaine de lignes) et une s&#233;rie de questions allant de la question de vocabulaire &#224; la demande d'une r&#233;flexion personnelle sur le probl&#232;me soulev&#233; par le texte, en passant par la demande formulation d'une objection ou de recherche d'un exemple pertinent. - Un des probl&#232;mes majeurs de la dissertation est qu'elle demande non seulement de multiples comp&#233;tences, mais surtout de les exercer toutes simultan&#233;ment. Un tel exercice aurait l'avantage de faire appel &#224; ces comp&#233;tences une &#224; une, c'est-&#224;-dire &#224; la fois de les expliciter et de mieux les &#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2.6. Indiquer des orientations p&#233;dagogiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le programme lui-m&#234;me, ou des documents d'accompagnement, devraient inclure un certain nombre d'orientations p&#233;dagogiques pour aider et soutenir le travail des professeurs, notamment des jeunes profs qui se retrouvent, &#224; la sortie des concours, en territoire compl&#232;tement inconnu, mais aussi de tous les autres qui essaient de tenir et de ne pas baisser les bras. L&#224; encore, juste un exemple : la question de l'&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je partirai de l'exp&#233;rimentation men&#233;e en bac pro dont je voudrais retenir un point : les coll&#232;gues se sont aper&#231;us qu'il y avait un grand d&#233;calage entre la qualit&#233; des r&#233;flexions que, ponctuellement au moins, les &#233;l&#232;ves &#233;taient capables d'exprimer &#224; l'oral et l'indigence de leurs productions &#233;crite ; ils ont fait l'hypoth&#232;se que les difficult&#233;s &#224; l'&#233;crit n'&#233;taient pas seulement des 'difficult&#233;s d'expression' comme on dit, des difficult&#233;s avec la langue, mais des difficult&#233;s avec la situation scolaire et abstraite qui est celle de l'&#233;l&#232;ve devant sa feuille blanche, &#233;crivant sur un sujet impos&#233;, et surtout pour personne : ce qui les conduit soit &#224; ne presque rien &#233;crire, soit &#224; &#233;crire des choses totalement impersonnelles. On conna&#238;t bien ces probl&#232;mes avec tous les &#233;l&#232;ves qui copient ce qu'ils trouvent &#224; droite &#224; gauche, pas forc&#233;ment par paresse, mais parce que ce qu'ils &#233;crivent en classe est quelque chose qui leur est totalement ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coll&#232;gues ont donc eu l'id&#233;e, pour d&#233;bloquer et modifier le rapport de ces &#233;l&#232;ves &#224; l'&#233;crit, d'instaurer ce qu'ils ont appel&#233; un &lt;i&gt;journal de bord&lt;/i&gt;, soit individuel, soit collectif, qui permet un va-et-vient entre l'oral et l'&#233;crit, et une appropriation de l'&#233;crit. Par exemple, le cours d&#233;marre sur un probl&#232;me, le prof parle, les &#233;l&#232;ves interviennent, discutent ; &#224; un moment donn&#233;, la discussion s'arr&#234;te, et les &#233;l&#232;ves ont alors pour t&#226;che de consigner dans leur cahier ce qui vient de se dire (c'est-&#224;-dire, pas seulement ce qu'ils ont dit eux-m&#234;mes : ce qui s'est dit). Puis des &#233;l&#232;ves lisent ce qu'ils ont &#233;crit, et on relance une discussion et une r&#233;flexion &#224; partir de l&#224;, etc. - Il ne s'agit pas d'imposer aux professeurs des pratiques p&#233;dagogiques d&#233;termin&#233;e, mais de dire aux enseignants : un de vos objectifs, c'est de faire en sorte que l'&#233;crit soit moins &#233;tranger, moins ext&#233;rieur, &#224; ces &#233;l&#232;ves ; ces difficult&#233;s ne tiennent pas seulement &#224; la mauvaise ma&#238;trise de la langue, mais &#224; un certain rapport fauss&#233; ou malheureux rapport &#224; l'&#233;crit qui a toutes sortes de raisons. Vous pouvez par exemple, vous engager dans telle ou telle d&#233;marche, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'avancera pas dans ces s&#233;ries si le programme ou les instructions n'invitent pas les professeurs &#224; l'innovation, mais aussi ne leur indiquent pas un certain nombre de pistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2.7. Sur l'enseignement de la philo en premi&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bernard Decomps, Directeur de l'ENS Cachan, qui est l'auteur d'un r&#233;cent Rapport intitul&#233;&lt;i&gt;Une nouvelle ambition pour les s&#233;ries de sciences et de technologie &lt;/i&gt;et qui est venu nous en parler &#224; notre Colloque, a fait figurer comme proposition le doublement des heures de philo dans ces s&#233;ries, sous forme d'un enseignement de deux heures en premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question n'entre pas &lt;i&gt;stricto sensu &lt;/i&gt;dans la mission de votre Commission, mais tout de m&#234;me : vous avez dit, Michel Fichant, dans une interview donn&#233;e en juin dernier, que vous n'&#233;tiez pas hostile &#224; l'id&#233;e d'introduire de la philo en premi&#232;re. Ce serait particuli&#232;rement important dans ces s&#233;ries, o&#249; l'on pourrait construire un enseignement progressif, et surtout, travailler pendant un an sans avoir au-dessus de la t&#234;te l'&#233;p&#233;e de Damocl&#232;s de l'examen. Cela donnerait beaucoup plus de libert&#233; pour imaginer des formes de travail avec les &#233;l&#232;ves et pour les aider &#224; construire la culture qui leur manque. - L'&#233;talement de l'enseignement sur 2 ans dans ces s&#233;ries changerait compl&#232;tement la donne. Il nous semble que rien ne vous interdit de faire cette pr&#233;conisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. FAIRE DE L'&#201;LABORATION DE CE PROGRAMME L'AFFAIRE DE TOUS LES PROFESSEURS DE PHILOSOPHIE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3.1. Ne pas inscrire votre travail dans un calendrier court&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que je viens de dire montre que l'&#233;laboration d'un vrai programme pour les s&#233;ries technologiques suppose de dresser un bilan de ce qui s'y passe, de mener une r&#233;flexion approfondie, de consulter et d'associer le plus possible de ceux qui y enseignent : nous ne voyons pas comment il est possible de mener ce travail en profondeur en 3 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, nous savons bien qu'il y a une commande du Ministre et que vous n'&#234;tes pas compl&#232;tement ma&#238;tre de votre calendrier. Mais il nous semble que, si vous remettez un projet au ministre dans 2 mois, &lt;strong&gt;vous aurez ferm&#233; le dossier avant de l'avoir ouvert&lt;/strong&gt;. Ce sera ressenti par tous ceux de nos coll&#232;gues qui enseignent dans ces s&#233;ries, et qui attendent souvent depuis des ann&#233;es qu'on prenne leurs probl&#232;mes vraiment au s&#233;rieux, comme une immense d&#233;ception et, une nouvelle fois, comme une non-reconnaissance du travail qu'ils y font.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous semble que vous ne pouvez pas raisonnablement vous caler dans ce calendrier et qu'il faut saisir l'occasion de la r&#233;daction de ce nouveau programme pour cr&#233;er les conditions d'une vraie r&#233;flexion collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3.2. Ne pas mener la consultation sur un projet enti&#232;rement boucl&#233; mais offrir des options et des alternatives&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il nous semble aussi qu'il faut tirer la le&#231;on des exp&#233;riences pass&#233;es et &#233;viter cette fois de mener une consultation sur un programme d&#233;j&#224; boucl&#233;, ce qui conduit &#224; une esp&#232;ce de vote bloqu&#233;, ou pl&#233;biscitaire, qui emp&#234;che qu'on discute de ce qui se passe dans les classes et qui emp&#234;che l'apparition d'id&#233;es neuves, mais favorise les affrontements sur des &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons donc que votre Groupe d'Experts devrait proposer des alternatives : par exemple : pensez-vous qu'il est pr&#233;f&#233;rable que le programme soit constitu&#233; de notions nues ? ou notions avec des d&#233;terminations ? ou probl&#232;mes ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;mocratisation : le d&#233;fi des s&#233;ries technologiques (2)</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/democratisation-le-defi-des-series-technologiques-2</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/democratisation-le-defi-des-series-technologiques-2</guid>
		<dc:date>2001-10-28T19:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;PARADOXES&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre colloque s'ouvre &#224; un moment tout &#224; fait sp&#233;cifique : l'institution officielle fait soudain mine de s'int&#233;resser &#224; ce parent pauvre que sont les s&#233;ries technologiques, apr&#232;s des d&#233;cennies d'ignorance et de m&#233;pris condescendant. Examinons ce moment, sondons ce silence pesant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Paradoxe : le Groupe d'experts pr&#233;sid&#233;s par Michel Fichant, successeur du groupe Renaut dans les conditions que l'on sait, est charg&#233; de remettre un nouveau programme de philosophie pour les s&#233;ries (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/" rel="directory"&gt;En s&#233;ries technologiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PARADOXES&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notre colloque s'ouvre &#224; un moment tout &#224; fait sp&#233;cifique : l'institution officielle fait soudain mine de s'int&#233;resser &#224; ce parent pauvre que sont les s&#233;ries technologiques, apr&#232;s des d&#233;cennies d'ignorance et de m&#233;pris condescendant. Examinons ce moment, sondons ce silence pesant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paradoxe&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; :&lt;/i&gt; le Groupe d'experts pr&#233;sid&#233;s par Michel Fichant, successeur du groupe Renaut dans les conditions que l'on sait, est charg&#233; de remettre un nouveau programme de philosophie pour les s&#233;ries technologiques, alors qu'aucun bilan n'a jamais &#233;t&#233; tir&#233; de l'application de l'actuel programme &#8211; donc &lt;strong&gt;pourquoi un nouveau programme&lt;/strong&gt;, en raison de quelles insuffisances de l'ancien ? La question n'a pas &#233;t&#233; pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me incoh&#233;rence, bien plus grave encore : &lt;strong&gt;un nouveau programme pour qui ?&lt;/strong&gt; En haut lieu, tout se passe encore et toujours comme si nos &#233;l&#232;ves restaient des abstractions, &#224; la hauteur pour ainsi dire, de l'abstraction de l'id&#233;e de la philosophie qui est cens&#233;e leur &#234;tre enseign&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi pas un nouveau programme, certes ? Ou bien, permettons-nous un brin de provocation, pourquoi pas un ancien programme ? &lt;strong&gt;Qui sait encore que l'actuel, celui de 1983, avait eu deux anc&#234;tres, dont l'un, le premier, contenait des audaces qui seraient aujourd'hui r&#233;volutionnaires ? &lt;/strong&gt;J'avoue que nous-m&#234;mes &#224; l'Acireph ignorions jusqu'&#224; peu ce pass&#233;, et que nous devons &#224; un v&#233;t&#233;ran du GREPH de nous avoir tout r&#233;cemment &#233;clair&#233;s. Faisons un peu d'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1969, les terminales G et H se virent attribuer de la philosophie. Et un programme comprenant des couples et m&#234;me des triades de notions, organis&#233;s selon trois axes que je vous livre : 1. La diversit&#233; des cultures et l'id&#233;e de civilisation ; 2. Communication et langage ; 3. Libert&#233; et soci&#233;t&#233;. Donc &lt;strong&gt;un programme de &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;probl&#232;mes&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, au fond, avec des &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;d&#233;terminations &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;r&#233;elles.&lt;/strong&gt; Ce programme ne v&#233;cut pourtant que quatre ans. En 1973 il fut d&#233;sarticul&#233; et transform&#233; en une liste de notions juxtapos&#233;es, o&#249; ne survivaient comme couples que &#171; nature et histoire &#187; et &#171; langage et v&#233;rit&#233; &#187;. Dix ans plus tard, victoire d&#233;finitive (pour le moment ?) de la liste s&#232;che et absolument ind&#233;termin&#233;e que nous subissons actuellement. Je me rappelle comment un IPR justifiait l'&#233;vacuation de la religion par l'habitude qu'avaient prise trop de coll&#232;gues de la traiter sous l'angle des sciences humaines, ou de ne mobiliser que Marx et Freud&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra faire un jour l'historique de la doctrine officieuse en philosophie, comme nous la nommons dans notre &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt;. Une restauration, une glaciation intellectuelle et p&#233;dagogique que nous continuons &#224; payer au prix fort. En tout cas, nous nous ferons un plaisir, lorsque l'Acireph rencontrera en novembre le GE charg&#233; de proposer un nouveau programme en ST, de lui rappeler le grand anc&#234;tre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment actuel intervient, donc, sur fond de &lt;strong&gt;carence et de myopie durables&lt;/strong&gt;. Pas de bilan, pas de vue d'ensemble d'un enseignement qui touche tout de m&#234;me 200 000 lyc&#233;ens par an, population en augmentation r&#233;guli&#232;re : ce sont eux les nouveaux bacheliers, tandis que les effectifs des s&#233;ries g&#233;n&#233;rales ne progressent plus gu&#232;re. Or, en France, c'est avec eux que l'acc&#232;s aux &#233;tudes secondaires puis sup&#233;rieures s'&#233;largit depuis les ann&#233;es quatre-vingt. Il y a donc l&#224; pour nous une ind&#233;niable responsabilit&#233; p&#233;dagogique, intellectuelle, sociale et m&#234;me politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;TYPOLOGIE DE NOS ATTITUDES&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette responsabilit&#233;, comment l'exer&#231;ons-nous ? Faute d'un bilan s&#233;rieux, venu de l'institution ou m&#234;me de la profession elle-m&#234;me, permettez-moi de tenter une &lt;strong&gt;typologie des attitudes &lt;/strong&gt;qui sont les n&#244;tres. J'en retiendrai quatre. Nous pouvons en effet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; faire le gros dos en attendant un sort meilleur (qui sera la mutation heureusement obtenue ou au moins l'anciennet&#233; suffisante dans son &#233;tablissement pour acc&#233;der aux s&#233;ries nobles) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;fendre avec raideur et parfois agressivit&#233; une philosophie de rupture et de refus de l'id&#233;ologie dominante, id&#233;ologie cens&#233;e entacher par d&#233;finition tout enseignement professionnel ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; nous adapter &#224; regret au niveau suppos&#233; tr&#232;s faible des &#233;l&#232;ves, donc projeter sur eux un regard compassionnel, autrement dit pater- ou maternaliste ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ou bien, apparemment en sens contraire, mais &#224; y bien r&#233;fl&#233;chir pas tant que cela, nous pouvons voir dans les tribus technos de plus ou moins aimables sauvages chez qui l'authenticit&#233; serait exploitable &#224; l'&#233;tat brut (une attitude actuellement illustr&#233;e par un certain &lt;i&gt;Anti-manuel de philosophie&lt;/i&gt;, sans doute un bon coup m&#233;diatique pour son auteur, mais qui en serait un plut&#244;t m&#233;diocre pour les &#233;l&#232;ves).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous trouverez peut-&#234;tre cette galerie caricaturale. Mais qui d'entre nous n'a pas &#233;t&#233; &#224; un moment ou &#224; un autre guett&#233; par tel ou tel de ces avatars : le r&#233;sign&#233;, le militant r&#233;publicain, le compatissant, l'anarcho-p&#233;dagogue ? Si le miroir est trop cruel, convenons que nous connaissons tous un ou une coll&#232;gue qui correspondrait au signalement&#8230; Toute m&#233;chancet&#233; mise &#224; part, nous serions sans doute plus nombreux &#224; nous reconna&#238;tre dans une figure plus positive : le &lt;i&gt;bricoleur&lt;/i&gt;. R&#233;ussir ou parfois simplement tenir le coup en ST, c'est inventer, retoucher, passer des compromis et aussi repousser des limites. H&#233;las chacun dans son coin, sans circulation ni confrontation, et surtout sans aucune reconnaissance ni m&#234;me int&#233;r&#234;t de l'institution officielle. C'est bien l&#224; que tous, &#224; l'ACIREPH, nous avons notre carte &#224; jouer : suppl&#233;er d&#233;j&#224;, vaille que vaille, dans la limite de nos moyens, les carences des gens qui ont la responsabilit&#233; de la profession, chroniquement incapables de remplir leur mission de r&#233;flexion, d'animation, de formation, mais aussi rappeler, r&#233;clamer, encore et encore, les IREPH ou toute forme &#233;quivalente de champ de rencontre professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons l'essentiel et disons-le franchement : ce n'est peut-&#234;tre pas pour eux que nous avons d&#233;cid&#233; d'&#234;tre professeurs de philosophie, mais ils sont bien l&#224;. La pire des attitudes, c'est de les ignorer ou de les vouloir autres qu'ils ne sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;QUI SONT LES &#201;L&#200;VES ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il s'agit donc de les reconna&#238;tre&lt;/strong&gt;, aux deux sens du verbe bien s&#251;r. Qui sont-ils ? Que font-ils ? Et m&#234;me, &lt;strong&gt;quel effet nous font-ils ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne sont pas des h&#233;ritiers au capital culturel solide : tout ce qui, hors de l'&#233;cole, rend l'&#233;cole tellement plus facile, ils ne le poss&#232;dent pas pour la plupart. Je me r&#233;f&#233;rerai &#224; un article au titre &#233;loquent &#171; Le recrutement social de l'&#233;lite scolaire depuis quarante ans &#187; : au milieu des ann&#233;es 90, les jeunes d'origine populaire, soit 74 % de la population des 20-24 ans, repr&#233;sentaient 69 % des &#233;tudiants des STS (sections de techniciens sup&#233;rieurs) 42 % seulement des &#233;tudiants des universit&#233;s (en ne comptant pas les IUT) et&#8230; 29 % seulement des &#233;tudiants de troisi&#232;me cycle comme des classes pr&#233;paratoires aux grandes &#233;coles. Or quelles sont les &#233;tudes secondaires qui conduisent aux &#233;tudes sup&#233;rieures directement professionnelles sinon les s&#233;ries technologiques, et pourquoi les choses auraient-elles subitement chang&#233; en ce nouveau si&#232;cle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La massification n'est pas une d&#233;mocratisation. Les chances restent socialement in&#233;gales. Nous avons en face de nous des jeunes avec lesquels la connivence socio-culturelle ne joue pas. Ou bien nous n'appartenons pas &#224; leur classe sociale, ou bien, si individuellement l'&#233;cart social n'est pas tr&#232;s important, nos &#233;tudes et notre formation l'ont creus&#233; culturellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel effet ou plut&#244;t quels effets nous font ces &#233;l&#232;ves ? Je dirais qu'in&#233;luctablement ils nous d&#233;stabilisent, et cela par la &lt;strong&gt;rupture d'&#233;quilibres qui nous paraissent naturels&lt;/strong&gt;, et que nous ne trouvons pas chez eux. Je vous propose de faire le tour, peut-&#234;tre pas exhaustif, de ces &#233;quilibres rompus. J'en verrais cinq :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;quilibre entre les sexes&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt; L'&#233;cole fran&#231;aise est mixte depuis quarante ans, et les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales des lyc&#233;es le confirment, mais pas les s&#233;ries technologiques. Choc de la jeune certifi&#233;e qui d&#233;couvre sa premi&#232;re classe de STI : une trentaine de gar&#231;ons qui n'ont pas vraiment la lecture et la m&#233;ditation pour activit&#233;s favorites. Effets culturels plus impr&#233;visibles de la f&#233;minisation tr&#232;s forte des STT Communication administrative ou des SMS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;quilibre des &#226;ges individuels&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt; Souvent arr&#234;t&#233;s dans leur carri&#232;re scolaire par un ou deux redoublements, les &#233;l&#232;ves des ST sont en moyenne plus &#226;g&#233;s que les autres, et sans doute que ne l'&#233;tait l'enseignant lors de sa propre terminale. La relation immaturit&#233; scolaire / immaturit&#233; sociale &#171; normale &#187; est donc perturb&#233;e : ces d&#233;butants en philosophie sont d&#233;j&#224; de jeunes adultes en situation scolaire. Or ce n'est que dans ses &#233;tudes de philosophie, donc en fac ou en pr&#233;pa que le professeur de philosophie a pour sa part atteint le stade adulte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;quilibre entre lyc&#233;e et &#233;tudes sup&#233;rieures&lt;/strong&gt; aussi est rompu, du moins sous sa forme &#224; nos yeux classique. Voil&#224; notre exp&#233;rience pass&#233;e : trois ann&#233;es de lyc&#233;e faisant sym&#233;trie avec trois ann&#233;es au moins d'&#233;tudes sup&#233;rieures th&#233;oriques, elles-m&#234;mes peu ouvertes sur l'id&#233;e d'un m&#233;tier. Et nous nous retrouvons face &#224; des &#233;l&#232;ves vou&#233;s &#224; et d&#233;sireux d'&#233;tudes courtes et directement professionnelles. Il faut avouer que nous n'avons en g&#233;n&#233;ral qu'une vue tr&#232;s floue et peut-&#234;tre accompagn&#233;e d'un certain malaise de ces BTS, DUT si obstin&#233;ment enferm&#233;s dans la gestion, l'&#233;tude de march&#233;, quand ce n'est pas la logistique, la productique ou la maintenance&#8230; Notre formation et notre culture ne nous pr&#233;parent pas &#224; la compr&#233;hension de cet univers des comp&#233;tences, on peut m&#234;me dire qu'ils nous entretiennent facilement dans la condescendance ou le d&#233;dain&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;quilibre &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;du cours et du devoir&lt;/strong&gt;, scolarit&#233; collective effectu&#233;e en classe et scolarit&#233; individuelle compl&#233;mentaire &#224; la maison, c'est l'&#233;quilibre, si l'on peut dire, dans lequel nous sommes tomb&#233;s tout petits &#8211; cet &#233;quilibre-l&#224; n'existe pas ou gu&#232;re en ST. Lire, prendre des notes, relire ses notes en les approfondissant, techniques famili&#232;res et pourquoi ne pas l'avouer ? plaisirs qui sont les n&#244;tres. Pas les leurs ! Tout le travail ou presque devra se faire en classe. Or l'horaire est si exigu&#8230; Litanie connue. Nous nous demanderons sans doute ici si un certain travail, dans des formes diff&#233;rentes, n'est quand m&#234;me pas possible de leur part m&#234;me en notre absence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terminons sur le dernier &#233;quilibre rompu, celui de &lt;i&gt;l&lt;/i&gt;'&lt;strong&gt;&#233;cole et du monde social&lt;/strong&gt;. Dans la profession, les r&#233;publicains (dans le sens que la formule a pris) sont les plus douloureusement sensibles, et partant, les plus v&#233;h&#233;ments sur ce point. Pour les &#233;l&#232;ves des ST, la vraie vie est souvent ailleurs : copains, consommation, petits boulots. La concurrence du monde non-scolaire est rude, de la part de ces &#233;l&#232;ves on l'a vu socialement, culturellement moins pourvus de capital. Le lyc&#233;e-temple de la culture, l'&#233;cole sanctuaire ou citadelle est un non sens. Ils ne fuient pas pour autant, dans leur grande majorit&#233;, l'espace lyc&#233;en, puisqu'il correspond &#224; leur sens &#224; un v&#233;ritable droit. Seulement ils ne lui reconnaissent pas l'infaillibilit&#233; du dogme. Le lyc&#233;e et l'enseignant doivent fournir la preuve de leur positivit&#233;. Ni l'un ni l'autre ne b&#233;n&#233;ficieront d'un cr&#233;dit de principe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bref, les ST mettent en crise notre enseignement&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus ou moins nettement selon les cas, car il faut se garder ici des g&#233;n&#233;ralisations fatalistes : il n'y a pas plus d'identit&#233; entre en STT et un STI qu'entre un ES et un S, peut-&#234;tre m&#234;me moins. Chaque s&#233;rie et ses sp&#233;cificit&#233;s internes se rattache &#224; l'univers professionnel qui lui sert d'horizon : l'entreprise, l'usine, le laboratoire sont des lieux, des milieux qui projettent leur mani&#232;re d'&#234;tre et de penser. M&#234;me si tous n'aboutiront pas, &#224; terme, dans ces univers, l'ann&#233;e o&#249; nous les prenons en charge, ils se d&#233;finissent bon gr&#233; mal gr&#233; par rapport &#224; cette identit&#233; projet&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui met en crise le mod&#232;le classique de la philosophie, c'est que ces &#233;l&#232;ves ne sont pas d&#233;f&#233;rents. M&#234;me plein de doute sur l'int&#233;r&#234;t de ce que nous lui disons ou lui faisons faire, m&#234;me mal &#224; l'aise, un &#233;l&#232;ve de L ou de S cherchera encore (et r&#233;ussira souvent) &#224; donner le change en r&#233;citant des doctrines, en se pliant formellement &#224; nos exigences. Nous lirons de sa part des esp&#232;ces de dissertations, celles que nous nous sentons tenus de valoriser au bac en tant que correcteurs. Rien de tel en ST, o&#249; l'&#233;l&#232;ve ne le peut pas et/ou ne le veut pas. Dans l'ensemble du moins. Cette exp&#233;rience de remise en cause peut &#234;tre fort rude. D'autant plus qu'une question s'impose in&#233;vitablement : en termes d'efficacit&#233; scolaire, y a-t-il effectivement une diff&#233;rence de nature ou simplement une diff&#233;rence de degr&#233; entre les &#233;l&#232;ves des ST et beaucoup de ceux des SG ? Peut-&#234;tre les &#233;l&#232;ves des ST nous renvoient-ils simplement une image grossissante de quelque chose de beaucoup plus g&#233;n&#233;ral&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si cette blessure narcissique &#233;tait un service qu'ils nous rendaient ? C'est le sens m&#234;me de notre travail que nous devons trouver, inventer, r&#233;inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Notre colloque est b&#226;ti sur au moins trois id&#233;es fortes ou chantiers :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Faire l'&#233;tat des lieux : &lt;/strong&gt;qu'est-ce qui marche ? qu'est-ce qui ne marche pas ou mal ? M&#233;thodes et objectifs, vis&#233;es que nous nous fixons : qu'attendons-nous de notre enseignement ? des &#233;l&#232;ves ? d'&#233;ventuelles nouvelles fa&#231;ons de travailler ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes les mieux plac&#233;s pour &#233;valuer ce qui se passe sur le terrain. Si nous ne disons pas clairement notre exp&#233;rience et nos attentes, personne ne le fera ou alors de pseudo-experts isol&#233;s de la pratique r&#233;elle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Esquisser les possibles : &lt;/strong&gt;les cadres actuels ne sont que de paresseuses r&#233;ductions de ceux qui ont &#233;t&#233; fix&#233;s &#224; l'enseignement dans les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales. Il est grand temps de changer de logique : passer de celle du moins (moins d'heures, moins de notions, des &#233;preuves th&#233;oriquement moins difficiles) &#224; celle de l'autrement. Questions : - faut-il maintenir un programme de notions ? &#8211; et m&#234;me, faut-il maintenir un programme unique face &#224; la diversit&#233; des s&#233;ries ? &#8211; faut-il maintenir la dissertation et l'&#233;tude de texte, m&#234;me &#171; am&#233;nag&#233;e &#187; dans ce dernier cas, comme des formules canoniques, intangibles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Enfin explorer la relation que nous avons voulu donner comme titre &#224; notre colloque, entre &lt;strong&gt;enseignement de la philosophie et d&#233;mocratisation&lt;/strong&gt;. Cela peut se lire en deux sens : d&#233;mocratisation &lt;i&gt;de &lt;/i&gt;la philosophie ou d&#233;mocratisation &lt;i&gt;par &lt;/i&gt;la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;mocratiser la philosophie&lt;/strong&gt; : travail de p&#233;dagogie, d'adaptation. La rendre accessible &#224; tous. Qu'elle soit au programme est une chose, que le rendez-vous de terminale ne soit pas manqu&#233; en est une autre. La profession tout enti&#232;re serait d'accord sur cet objectif ? Aurions-nous donc affaire &#224; un consensus, mou comme il se doit ? Rassurons-nous : m&#234;me en ce sens, les discussions peuvent &#234;tre vives, car il faut encore se mettre d'accord sur la nature et les limites de l'&#233;l&#233;mentaire, l'enseignable indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;mocratiser par la philosophie : &lt;/strong&gt;j'&#233;carte les formules rituelles, incantatoires, comme &#171; d&#233;velopper l'esprit critique &#187;, &#171; faire penser par soi-m&#234;me &#187;, &#171; apprendre &#224; philosopher et non la philosophie &#187;, etc. On est &#224; la fois vague et pr&#233;tentieux quand on revendique pour la philosophie le titre d'&#233;cole de la citoyennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit en fait de quelque chose de plus modeste, quotidien, qui n'est pas imm&#233;diatement politique. Apprendre &#224; se servir des mots, &#224; trouver le terme juste, d&#233;velopper la capacit&#233; &#224; &#233;couter et d&#233;battre. Comme nous l'avons &#233;crit dans notre &lt;i&gt;Manifest&lt;/i&gt;&lt;i&gt;e &lt;/i&gt;(c'est notre quatri&#232;me chantier), il faut &#171; reconna&#238;tre que faire de la philosophie ne sert pas seulement &#224; philosopher &#187;. Le professeur de philosophie livre aux &#233;l&#232;ves des outils intellectuels d'analyse de mots et d'id&#233;es, il peut ainsi &lt;strong&gt;les aider&#224; clarifier et &#224; rendre int&#233;ressants les conflits &lt;/strong&gt;qu'ils vivent. Il peut aussi les aider &#224; faire l'exp&#233;rience de leur propre pens&#233;e, &#224; se d&#233;couvrir capables d'inventer. Comme l'a &#233;crit anonymement, et en remplissant un questionnaire hors de ma pr&#233;sence, donc dans des conditions de franchise correctes, un de mes &#233;l&#232;ves de STT de l'ann&#233;e derni&#232;re, &#171; je ne peux pas dire au bout du compte que la philo ait chang&#233; ma mani&#232;re de voir, je pense les m&#234;mes choses qu'avant, mais &lt;strong&gt;mieux&lt;/strong&gt; &#187;. Or ce sont justement les &#233;l&#232;ves qui, on l'a vu, peuvent le moins compter sur l'univers extra-scolaire pour y trouver les moyens d'expression et de confrontation pr&#233;cise dont ils ont besoin. En s'y prenant bien, c'est ainsi que la philosophie peut avoir des effets de d&#233;mocratisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Atelier : la lecture des textes par les &#233;l&#232;ves des sections technologiques en cours de philosophie</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/atelier-la-lecture-des-textes-par-les-eleves-des-sections-technologiques-en</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/atelier-la-lecture-des-textes-par-les-eleves-des-sections-technologiques-en</guid>
		<dc:date>2001-10-28T18:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Compte-rendu de l'atelier propos&#233; lors des journ&#233;es d'&#233;tude d'octobre 2001. &lt;br class='autobr' /&gt; 1. Quel genre de textes devrions-nous leur faire lire et les entra&#238;ner &#224; lire ? &lt;br class='autobr' /&gt;
2. Sur quel genre de textes devrions-nous les &#233;valuer ? &lt;br class='autobr' /&gt;
3. Au travers de quelles questions faudrait-il proc&#233;der &#224; cette &#233;valuation ? &lt;br class='autobr' /&gt; Sur ce dernier point, il &#233;tait envisag&#233; de comparer des travaux d'&#233;l&#232;ves ayant r&#233;pondu &#224; diff&#233;rents types de questions sous les textes philosophiques qui ont &#233;t&#233; donn&#233;s au bac dans l'espoir de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Compte-rendu de l'atelier propos&#233; lors des journ&#233;es d'&#233;tude d'octobre 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Quel genre de textes devrions-nous leur faire lire et les entra&#238;ner &#224; lire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Sur quel genre de textes devrions-nous les &#233;valuer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Au travers de quelles questions faudrait-il proc&#233;der &#224; cette &#233;valuation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce dernier point, il &#233;tait envisag&#233; de comparer des travaux d'&#233;l&#232;ves ayant r&#233;pondu &#224; diff&#233;rents types de questions sous les textes philosophiques qui ont &#233;t&#233; donn&#233;s au bac dans l'espoir de d&#233;couvrir quelles sont les questions qui aident &#224; la compr&#233;hension du texte, par opposition aux questions actuelles qui sont d'une part st&#233;r&#233;otyp&#233;es (&#171; montrez l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale et ses parties &#187;) et qui d'autre part interrogent l'&#233;l&#232;ve sur les pi&#232;ges du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'atelier, tout le monde a regrett&#233; que les &#233;l&#232;ves face &#224; des textes de philosophes, des grands auteurs, soient confront&#233;s &#224; des difficult&#233;s de langue sans int&#233;r&#234;t philosophique. Si l'on juge que les textes sont incontournables, quelle que soit la raison de ce jugement, alors il faudrait donner aux &#233;l&#232;ves toutes les explications et traductions, tous les compl&#233;ments d'information sur l'arri&#232;re plan et le contexte et les allusions de l'extrait. &#192; la limite, il serait peut-&#234;tre plus honn&#234;te d'&#233;tudier avec eux un texte complet, et de les interroger sur lui, plut&#244;t que de jouer aux devinettes avec des morceaux incomplets et d'une langue aux tournures anciennes. Question : l'examen ne serait alors qu'un contr&#244;le des connaissances ? Faciliter la lecture par une sorte de traduction du texte ? Par un appareil de notes ? Par des questions incitant &#224; l'analyse du texte, incitant &#224; rep&#233;rer les d&#233;finitions, les distinctions, le th&#232;me abord&#233;, la th&#232;se d&#233;fendue, l'ordre des arguments, la valeur de ces arguments ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on juge que l'on ne peut pas &#233;liminer la lecture des textes mais qu'on n'a pas de raison de soumettre aux &#233;l&#232;ves des textes qui sont inaccessibles sur bien des plans ind&#233;pendants de la difficult&#233; des id&#233;es qui y sont expos&#233;es, alors se pose la question : quels textes ? R&#233;ponse propos&#233;es : toutes sortes de textes, emprunt&#233;s &#224; diff&#233;rents genres, parfois &#224; l'actualit&#233;, dans lesquels sont engag&#233;s des questions philosophiques, avec pour objectif de leur apprendre &#224; en faire une lecture philosophique. Le nom de Val&#233;ry a &#233;t&#233; avanc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question y a-t-il des textes d'auteurs et n&#233;anmoins simples ? L'exemple de l'Apologie de Socrate a &#233;t&#233; propos&#233;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce donc que lire philosophiquement un texte ? Le probl&#233;matiser ou l'&#233;clairer ? R&#233;ponse propos&#233;e : l'obscurit&#233; d'un texte tient en partie au fait qu'il porte sur un probl&#232;me, et un d&#233;bat, dont le lecteur n'a pas connaissance. Probl&#233;matiser, ce n'est ajouter un probl&#232;me &#224; un discours, c'est situer un discours dans son probl&#232;me. Faut-il donner &#224; lire des textes dans lesquels sont visibles et manifestes la th&#232;se et l'antith&#232;se ? Ou des textes contenant une position, l'&#233;l&#232;ve ayant &#224; retrouver dans son cours l'analyse critique de cette position ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos de l'id&#233;e de probl&#232;me philosophique, un d&#233;bat anim&#233; a eu lieu. Un probl&#232;me, est-ce une question d&#233;finitivement ind&#233;cidable ? Est-ce une question qu'une &#233;tude rigoureuse permet de r&#233;soudre ? Est-ce la confrontation entre des r&#233;ponses divergentes mais rationnelles en vue de conclure en tenant compte des deux ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre probl&#232;me abord&#233; : comment donner envie de lire ? Devrions-nous acqu&#233;rir une &#171; technique &#187; pour susciter cette envie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;change a permis de constater qu'il y avait de fortes similitudes dans ce que nous disons aux &#233;l&#232;ves pour leur faire comprendre ce qu'ils doivent chercher dans un texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos des batteries de questions sous les textes, un test a &#233;t&#233; effectu&#233; sur deux classes. Il en ressort que des &#233;l&#232;ves veulent des questions dans l'ordre des phrases du texte, d'autres ont appr&#233;ci&#233; des questions pos&#233;es dans un ordre logique afin que l'acquis permette de progresser. De toute fa&#231;on, il est pr&#233;f&#233;rable que les questions constituent un guide de lecture, faisant comprendre &#224; l'&#233;l&#232;ve o&#249; se situe l'int&#233;r&#234;t du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte rendu r&#233;dig&#233; &#224; partir de plusieurs prises de notes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Atelier : &#171; Travailler &#187; pour le professeur, &#171; travailler &#187; pour l'&#233;l&#232;ve</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/atelier-travailler-pour-le-professeur-travailler-pour-l-eleve</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/atelier-travailler-pour-le-professeur-travailler-pour-l-eleve</guid>
		<dc:date>2001-10-28T18:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par Jean-Jacques GUINCHARD &lt;br class='autobr' /&gt; Pr&#233;sentant le livre d'Yves Schwartz, Exp&#233;rience et connaissance du travail (1988), Georges Canguilhem &#233;crit : &#171; Travailler, c'est produire par des moyens n&#233;cessaires, instruments et/ou conduites, un effet estim&#233; satisfaisant pour un certain besoin &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le philosophe a bien s&#251;r en vue dans cette phrase le travail productif, celui du &#171; monde du travail &#187; ; mais n'est-elle pas applicable au travail scolaire ? On pourrait le v&#233;rifier en sp&#233;cifiant les moyens, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par &lt;strong&gt;Jean-Jacques GUINCHARD&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentant le livre d'Yves Schwartz, &lt;i&gt;Exp&#233;rience et connaissance du travail&lt;/i&gt; (1988), Georges Canguilhem &#233;crit : &#171; Travailler, c'est produire par des moyens n&#233;cessaires, instruments et/ou conduites, un effet estim&#233; satisfaisant pour un certain besoin &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe a bien s&#251;r en vue dans cette phrase le travail productif, celui du &#171; monde du travail &#187; ; mais n'est-elle pas applicable au travail scolaire ? On pourrait le v&#233;rifier en sp&#233;cifiant les moyens, instruments et conduites en vigueur au lyc&#233;e, en se demandant quand et comment l'effet qu'est l'objet scolaire (principalement mais pas seulement le devoir &#233;crit) est jug&#233; satisfaisant, et, ce qui ne serait pas le moins essentiel , quel besoin il est cens&#233; remplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment penser les &#233;l&#233;ments communs mais aussi les sp&#233;cificit&#233;s des deux types de travail : celui des adultes dans le champ professionnel et celui des scolaires occup&#233;s par la production d'eux-m&#234;mes ? Cette question est th&#233;orique, anthropologique et sociologique, mais aussi pratique, c'est-&#224;-dire p&#233;dagogique. Nous butons en effet sur elle en classe, dans la difficult&#233; de faire travailler les &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques, ainsi que de mesurer la qualit&#233;, voire m&#234;me la r&#233;alit&#233; du travail qu'ils effectuent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposant que je n'&#233;tais pas le seul &#224; m'interroger, j'ai propos&#233; que cela fasse l'objet d'un atelier de notre colloque. Cet atelier a donn&#233; lieu &#224; un &#233;change stimulant entre les neuf participants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je remercie vivement Fran&#231;ois Athan&#233; d'avoir bien voulu prendre des notes au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Y ont certainement contribu&#233; trois &#233;l&#233;ments : - toutes les s&#233;ries technologiques &#233;taient repr&#233;sent&#233;es ; - des lyc&#233;es tr&#232;s diff&#233;rents aussi ; - enfin des niveaux d'exp&#233;rience professionnelle tr&#232;s divers &#233;taient confront&#233;s, puisqu'ils allaient d'une &#224; trente ann&#233;es d'anciennet&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nos colloques de l'Acireph sont pr&#233;cis&#233;ment de ces occasions rares, sinon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprendre le fil du d&#233;bat serait difficile et fastidieux ; je vais donc synth&#233;tiser ici des interventions qui ont oscill&#233; entre les exp&#233;riences personnelles tr&#232;s concr&#232;tes (ce qui fonctionne bien et ce qui &#233;choue, les recettes &#233;prouv&#233;es et les &#171; ratages &#187; significatifs) et les observations ou th&#233;orisations g&#233;n&#233;rales (&#171; ce qu'ils aiment, ce qu'ils n'aiment pas ; ce qu'ils savent faire, ce qu'ils ne savent pas faire &#187;). Je reproduirai parfois entre guillemets des propos tenus litt&#233;ralement par tel(le) d'entre nous et qui m'ont paru embl&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose frappante, surtout pour l'animateur de la discussion, nos r&#233;flexions se sont spontan&#233;ment orient&#233;es dans deux directions, explor&#233;es de front au gr&#233; des remarques, et qu'il sera plus clair de d&#233;velopper ici successivement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; puisque notre conception du travail philosophique et intellectuel en g&#233;n&#233;ral (&#224; nous &#171; profs de philo &#187;) et la leur (&#224; eux &#171; lyc&#233;ens technos &#187;) ne co&#239;ncident pas et m&#234;me s'opposent (I),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quelles sont les formes &#224; trouver, inventer, pour &#171; habiller &#187; et plus profond&#233;ment modifier l'enseignement de la philosophie, de mani&#232;re &#224; ce qu'il apparaisse et soit accept&#233; par nos &#233;l&#232;ves comme un v&#233;ritable travail (II) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;DES IMAGES ET DES NORMES DU TRAVAIL DIVERGENTES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Monsieur, vous savez bien parler, mais est-ce que vous savez souder ? &#187; Ainsi des &#233;l&#232;ves de STI interpellent-ils leur professeur&#8230; Nous faudrait-il donc des comp&#233;tences industrielles, ou commerciales, etc. ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ind&#233;pendamment d'un int&#233;r&#234;t sinc&#232;re et manifeste de notre part pour les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le sens de la question est bien s&#251;r plus profond : elle signifie que parler n'est pas travailler, que faire un cours, exposer des id&#233;es n'est pas un travail. On peut penser qu'il en irait un peu autrement pour des STT Action commerciale, en principe futurs vendeurs, donc praticiens de la parole. Mais eux aussi sans doute jugeraient que la parole enseignante n'est pas un vrai travail puisqu'elle ne rapporte rien directement. On voit donc poindre ici une deuxi&#232;me dimension du travail (fort classique) : tout travail m&#233;rite salaire. Point sur lequel la philosophie para&#238;t encore hors-travail, peu fiable et peu s&#233;rieuse. Que gagne-t-on &#224; faire de la philosophie ? Cette question, les &#233;l&#232;ves des s&#233;ries g&#233;n&#233;rales peuvent &#224; la rigueur admettre qu'on ne la pose pas (ou pas ouvertement), mais les &#171; technos &#187; ne veulent pas l'&#233;luder, s'agissant d'une mati&#232;re qui vient &#224; l'&#233;vidence en plus, sinon en trop ! Puis se manifeste la conviction qu'il y a travail s'il y a des r&#232;gles explicites. L&#224; encore, la philosophie est en d&#233;faut. Elle est beaucoup trop floue si on la compare aux proc&#233;dures et aux normes des activit&#233;s professionnelles. Enfin, une derni&#232;re caract&#233;ristique (au moins) discrimine n&#233;gativement notre enseignement : le travail se pratique en un lieu et en un temps uniques et sp&#233;cifiques, alors que nous demandons en outre un autre travail, laiss&#233; &#224; l'initiative personnelle et &#224; r&#233;aliser dans la sph&#232;re priv&#233;e, sous la forme des devoirs &#224; la maison (effectu&#233;s ou liquid&#233;s puisqu'ils sont contraints) et des le&#231;ons &#224; apprendre (cette fois la plupart du temps ignor&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier point appelle deux remarques. D'abord, c'est le travail scolaire dans son ensemble et non pas la seule philosophie qui est fragilis&#233; ou m&#234;me disqualifi&#233; par le mod&#232;le du travail professionnel adulte sous sa forme dominante, mod&#232;le vers lequel tendent ou sont orient&#233;s les &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut dire que le conflit s'aggrave lorsqu'au travail scolaire au lyc&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Deuxi&#232;mement, et en cons&#233;quence, incriminer la paresse ou la faiblesse intellectuelle, comme sont tent&#233;s de le faire de nombreux enseignants, est une fausse piste, justement parce que le d&#233;saccord passe entre deux mod&#232;les de l'activit&#233; (celle de l'intellectuel qu'est le professeur, celle des futurs salari&#233;s d'organisations en g&#233;n&#233;ral marchandes). Nous verrons d'ailleurs que ces &#233;l&#232;ves sont tout &#224; fait susceptibles de s'investir &#233;nergiquement dans certaines t&#226;ches philosophiques d&#232;s lors qu'elles leur paraissent faisables et l&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont donc les formes qu'il faudra ou faudrait donner au travail que nous faisons faire aux &#233;l&#232;ves pour que sa nature, voire sa dignit&#233; &#171; laborieuse &#187; ne fasse pas de doute ? Et s'agit-il justement de simples formes, emballant les t&#226;ches pour les faire passer, ou de modifications en profondeur de l'enseignement de la philosophie ? Serions-nous condamn&#233;s &#224; une alternative peu enthousiasmante, entre les artifices de pr&#233;sentation plus ou moins superficiels, et une d&#233;naturation de ce que nous voulons continuer &#224; pouvoir consid&#233;rer comme v&#233;ritablement philosophique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;DES COMPROMIS P&#201;DAGOGIQUES &#192; UNE R&#201;FLEXION SUR LES DIFF&#201;RENTES FORMES DU TRAVAIL PHILOSOPHIQUE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si la coop&#233;ration des &#233;l&#232;ves n'est en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale obtenue qu'en classe, lorsque nous sommes face &#224; eux, il faut privil&#233;gier les s&#233;ances. Unit&#233; de temps, unit&#233; d'espace, unit&#233; d' &#171; action &#187; si l'on peut dire : chaque s&#233;ance doit &#234;tre un tout autonome de cinquante minutes. Le d&#233;coupage du contenu est donc essentiel. Faut-il renoncer &#224; toute capitalisation ? Nous avons tous rencontr&#233; cette exp&#233;rience d&#233;courageante de devoir nous semble-t-il recommencer &#224; chaque heure, &#224; z&#233;ro ou presque . Une parade est possible cependant, &#224; condition de la mettre en place d&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e : inscrire le temps d'apprendre la le&#231;on pr&#233;c&#233;dente dans celui de la classe, en demandant &#224; tous de relire leur cours en d&#233;but d'heure, &#233;ventuellement en demandant &#224; un &#233;l&#232;ve de faire un r&#233;sum&#233; oral pour toute la classe. Bien s&#251;r, cela pr&#233;suppose une fiabilit&#233; raisonnable des notes prises : cette condition n'est pas automatiquement remplie, nous le savons tous ! Il est vrai, &#224; la r&#233;flexion, que nous n'avons pas trait&#233; cette &#233;pineuse question de la prise de notes par les &#233;l&#232;ves ; sans doute aurait-elle pu (ou pourrait-elle encore) faire l'objet d'un atelier sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, l'&#233;vocation de ces proc&#233;dures destin&#233;es &#224; pallier la discontinuit&#233; de notre efficacit&#233; p&#233;dagogique, voire le d&#233;courageant effet de fonctionnement en boucle, nous a conduits &#224; un constat unanime : &#171; tout cela marche s'il y a ritualisation &#187;. A l'instar des habitudes de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire, il faut des formules de d&#233;but de s&#233;ances (faire &#233;crire la date, l'objet&#8230;, &#233;veillant ainsi l'attention, comme, toutes proportions gard&#233;es, nous produirions chez des enfants l'effet de commutation sur un monde fictif en pronon&#231;ant au d&#233;but d'un conte l'expression oblig&#233;e &#171; il &#233;tait une fois &#187;). Si nous sommes tent&#233;s de prendre de haut ces contraintes - rep&#232;res et de les juger infantilisantes, demandons-nous si elles n'existent pas discr&#232;tement dans nos cours destin&#233;s aux s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et aussi dans notre propre travail. La diff&#233;rence est ici simplement qu'il faut les rendre plus visibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car &#171; on ne doit pas d&#233;guiser le travail en non-travail, tout au contraire ! &#187;. Tirer ce qu'on propose vers l'agr&#233;able, le ludique n'est non seulement pas tr&#232;s honn&#234;te mais surtout pas tr&#232;s efficace, puisque beaucoup d'&#233;l&#232;ves suspectent d&#233;j&#224; le s&#233;rieux de la philosophie. Pourtant, une objection se pr&#233;sente aussit&#244;t : &#171; Cela ne risque-t-il pas de nous emmener vers un tout proc&#233;dural qui risque de discr&#233;diter la discipline ? &#187;. Ou bien encore : &#171; Il ne faut pas aller trop loin dans l'identification du travail philosophique &#224; d'autres travaux, parce qu'on perd alors le charme sp&#233;cifique de la mati&#232;re &#187;. Bon, mais aux yeux de qui ? Distinguons le point de vue de l'enseignant et celui de l'&#233;l&#232;ve. D&#233;sir l&#233;gitime de l'un que la philosophie garde son identit&#233; (l'interrogation critique, la recherche m&#233;thodique mais pas st&#233;rilis&#233;e par un cadre trop strict), mais en face d&#233;sir de l'autre dans une certaine mesure de souffler ou de respirer entre deux cours de disciplines professionnelles (un certain d&#233;sir aussi d'&#234;tre s&#233;duit), contrebalanc&#233; par un d&#233;sir aussi l&#233;gitime de solidit&#233; et de fiabilit&#233; : &#171; A quoi &#231;a sert de se poser des questions auxquelles personne ne peut r&#233;pondre ? &#187; . Ce dernier d&#233;sir peut &#234;tre satisfait sans que la philosophie soit trahie si en somme la question d&#233;bouche sur deux ou trois r&#233;ponses diff&#233;rentes mais suffisamment &#233;tay&#233;es pour qu'un choix soit possible entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, il faut accepter le formalisme normalement li&#233; au travail. Ce qui est vrai pour l'enseignement &#171; frontal &#187;, lorsque nous faisons cours, l'est encore plus pour les productions des &#233;l&#232;ves eux-m&#234;mes. Ainsi, par exemple, &#171; une &#233;l&#232;ve de SMS qui va faire un expos&#233; en classe a l'impression de travailler s'il y a d&#233;marche : organisation, interaction sociale, pr&#233;paration et planification explicites, impliquant d'aller au CDI, de demander du mat&#233;riel, de mettre en place et d'utiliser un r&#233;troprojecteur, etc. &#187; Car &#171; il faut des signes ext&#233;rieurs de travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant des activit&#233;s de production que nous demandons aux &#233;l&#232;ves, nous nous reconnaissons tous plac&#233;s devant une p&#233;nible contradiction : leur ann&#233;e de philosophie, au bac, sera jug&#233;e &#224; l'&#233;crit, alors que la r&#233;daction est justement leur point faible. La tentation serait alors de r&#233;duire au minimum la part de l'&#233;crit. Surtout &#224; un moment o&#249; la discussion a socialement et p&#233;dagogiquement le vent en poupe. Pourtant nous sommes tomb&#233;s d'accord sur le principe que &#171; le tout-oral est probablement une grosse erreur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, une certaine dose d'oral est concevable, en se fixant des modalit&#233;s d'organisation pr&#233;cises, &#224; la fois mat&#233;rielles, pratiques et logiques. Mais il ne faut pas perdre de vue certains dangers ou faiblesses de cet oral. Nous les avons recens&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord que pour les &#233;l&#232;ves parler n'est pas un travail. Il faut donc un prolongement &#233;crit, une sorte de mat&#233;rialisation des propos tenus si l'on veut que les &#233;changes oraux soient pris au s&#233;rieux. &#171; Ils remettent beaucoup en cause dans la philosophie : la r&#233;ussite ne serait pas affaire de travail, mais de don, d'intelligence pr&#233;sente d&#232;s le d&#233;part ou pas &#187; ; et l'oral n'est-il pas encore plus in&#233;galitaire que l'&#233;crit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, &#171; l'effervescence &#224; l'oral peut &#234;tre un masque. Cinq &#233;l&#232;ves &#171; carburent &#187; et les autres restent d&#233;mobilis&#233;s &#187;. &#171; Il y a des enjeux de pouvoir. Prendre la parole, c'est la refuser &#224; l'autre &#187;. Des blocages, des inhibitions li&#233;es &#224; l'&#226;ge, au regard du groupe sur soi interviennent et paralysent ou parasitent le travail. C'est parfois une classe enti&#232;re qui reste frapp&#233;e de mutisme ! Que faire ? &#171; Expliquer que la parole s'inscrit dans une relation sociale, voire une fracture sociale. Et cela peut ensuite &#234;tre repris par l'&#233;l&#232;ve dans sa propre perception de sa situation sociale [dans le groupe de la classe surtout, plus sans doute qu'en termes d'origine sociale personnelle] : on est jug&#233; sur sa parole, sur sa capacit&#233; &#224; d&#233;finir, etc. &#187;, d&#233;veloppe un coll&#232;gue qui pratique beaucoup le travail oral. Ici il faudrait sans doute distinguer entre jugement des autres, reconnaissance d'un r&#244;le ou pas, et &#233;valuation par l'enseignant. Justement, l'oral collectif n'est-il pas un peu dangereux en ce qu'il se pr&#234;te &#224; une certaine confusion des deux jugements ? Comme le note une participante plus proche de ses d&#233;buts professionnels, &#171; ce genre d'obstacle devrait conna&#238;tre un d&#233;but de traitement &#224; l'IUFM ! &#187;. Comment ne pas &#234;tre d'accord ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on il faut cadrer cet oral. Des r&#232;gles, et m&#234;me des &#171; tabous &#187; (dit l'un d'entre nous d'une fa&#231;on int&#233;ressante) logiques et organisationnels s'imposent. &#171; La libert&#233; de parole n'est pas la libert&#233; de dire n'importe quoi &#187;. Par exemple, dans le cas d'un d&#233;bat sur la &#171; nature f&#233;minine &#187;, le tabou logique (l'interdiction intellectuelle) sera de confondre nature et soci&#233;t&#233; : comprenons qu'on n'autorisera pas le flou contradictoire, que celui ou celle qui enfreindra la norme sera invit&#233;(e) &#224; rectifier son argument. Parall&#232;lement, on retrouvera mat&#233;riellement et socialement le principe de ritualisation, de diverses mani&#232;res. &#171; C'est un groupe qui se r&#233;unit, avec un pr&#233;sident, un secr&#233;taire, des gens qui prennent des notes. &#187; &#171; Pour que l'exercice soit valoris&#233;, on pourra s'inspirer de techniques d'exposition pr&#233;sentes dans d'autres mati&#232;res, la communication d'entreprise, la vente. &#187; &#171; Il importe qu'ils puissent se prendre au s&#233;rieux &#8211; par exemple en adoptant la consigne de penser qu'on est un sup&#233;rieur hi&#233;rarchique qui doit pr&#233;senter quelque chose &#224; des collaborateurs. &#187; R&#233;unir quinze &#233;l&#232;ves selon le principe d'une table ronde sur l'id&#233;e de la&#239;cit&#233;, pourtant tr&#232;s abstraite, et qui durera vingt ou trente minutes, c'est en r&#233;sum&#233; possible d&#232;s lors que sont respect&#233;es des r&#232;gles d'organisation et des r&#232;gles de pertinence. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part n'oublions pas que certains &#233;l&#232;ves ne se r&#233;v&#232;lent (leurs capacit&#233;s, leurs &#171; positions &#187;) qu'&#224; l'&#233;crit. L'&#233;crit, individuel, discret, permet une interaction quasi-priv&#233;e. Pourquoi faudrait-il imposer &#224; des personnalit&#233;s plus r&#233;serv&#233;es la contrainte de s'exposer en public ? En outre, m&#234;me s'il est difficile, sinon p&#233;nible pour beaucoup d'&#233;l&#232;ves, il est agr&#233;able pour certains autres, qui ne sont pas forc&#233;ment pour autant d&#233;tenteurs d'un capital socio-culturel &#233;lev&#233;, autrement dit tr&#232;s habiles. On peut, dans le traitement des &#233;crits individuels, g&#233;rer des diff&#233;rences de niveau de motivation personnelle, donc de travail. Cela bien s&#251;r ne r&#232;gle pas le toujours &#233;pineux probl&#232;me de la note, mais &#171; on peut demander que l'&#233;l&#232;ve indique combien de temps il a travaill&#233;, quelle a &#233;t&#233; la dur&#233;e des phases successives de ce travail, ce qui lui donne l'occasion de regarder sa fa&#231;on de faire. &#187; Alors devient possible une prise de conscience que des &#233;tapes diff&#233;rentes sont n&#233;cessaires (ce qui n'est pas du tout &#233;vident pour le lyc&#233;en techno moyen&#8230;), d'autre part que la note, malheureusement, ne peut pas &#234;tre exactement proportionnelle au temps pass&#233; (pass&#233; &#224; quoi ?). On peut alors extrapoler : dans le travail professionnel, est-ce le temps pass&#233; la v&#233;ritable clef de la r&#233;mun&#233;ration ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque &#171; toute peine m&#233;rite salaire &#187;, on peut dans le m&#234;me esprit valoriser une mati&#232;re pauvrement lotie &#224; l'examen en termes de coefficient en montrant que &#171; la philosophie peut vous aider en BTS &#187;. En effet, tous les BTS comportent une &#233;preuve d'expression &#233;crite, constitu&#233;e d'une synth&#232;se de documents litt&#233;raires, m&#233;diatiques ou de sciences humaines, &#224; laquelle l'argumentation philosophique est une bonne pr&#233;paration. On peut par exemple jouer sur le pr&#233;sent et le futur en faisant &#233;tudier un sujet de BTS sur la politesse, - contrainte hypocrite ou huile dans les rouages sociaux -, qu'on va &#171; tirer &#187; vers la philosophie en axant le travail sur la notion de r&#232;gle. &#171; A ce moment-l&#224;, l'&#233;l&#232;ve a le sentiment d'investir &#224; long terme, de gagner du temps &#187;. D'une fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, ind&#233;pendamment du souci de l&#233;gitimer ce qui est &#224; faire, &#171; il faut toujours axer l'exercice sur un suivi ult&#233;rieur &#187; :dire comment ce que nous avons fait l&#224; nous resservira plus tard, r&#233;trospectivement, demander &#171; Vous rappelez-vous comment nous avions trait&#233; tel probl&#232;me ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours au registre de la bo&#238;te &#224; id&#233;es, &#171; ils adorent remplir des tableaux &#187;. Ce constat a &#233;t&#233; au cours de notre atelier un grand moment de connivence professionnelle... Et bien justement, faisons-leur faire des tableaux qui soient ensuite l'objet d'une transposition r&#233;dig&#233;e. Voici deux variantes du m&#234;me principe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; travail de d&#233;couverte, sans pr&#233;paration pr&#233;alable n&#233;cessaire : par deux, les &#233;l&#232;ves &#233;laborent une d&#233;finition de la d&#233;mocratie en construisant un tableau indiquant le genre prochain, les diff&#233;rences sp&#233;cifiques, les oppositions entre le r&#233;gime, le style, l'atmosph&#232;re d&#233;mocratiques et les autres. Les tableaux r&#233;alis&#233;s en bin&#244;me servent ensuite de base &#224; une mise en commun des r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Devoir individuel d'exploitation de connaissances, r&#233;alisable en temps limit&#233; sur place ou sans contrainte de dur&#233;e chez soi, selon les dimensions fix&#233;es : on a pr&#233;alablement cern&#233; les domaines de la science, de la technique et de l'art en cours. &#201;ventuellement on a pris un ou deux exemples d'activit&#233;s constituant des cas limites, qui obligent &#224; bien sp&#233;cifier et appliquer les crit&#232;res retenus. Puis on donne une liste alphab&#233;tique de cinq ou dix activit&#233;s &#224; classer dans une, deux ou trois colonnes d'un tableau Science, Technique, Art, voire dans aucune ! Le tableau rempli doit figurer en t&#234;te du devoir, mais ne suffit pas : les choix de classement doivent ensuite &#234;tre argument&#233;s. L'exp&#233;rience sur plusieurs ann&#233;es conduit &#224; juger le proc&#233;d&#233; positif : d'abord, les &#233;l&#232;ves passent sur ce travail, volontairement, plus de temps que sur une dissertation ou une &#233;tude de texte (souvent de trois &#224; cinq heures) ; ensuite, leurs remarques sont souvent fines et discutables dans le bon sens du terme, on constate alors que parfois &#171; il n'y a pas une seule bonne r&#233;ponse &#187;, et chacune, on peut le leur montrer facilement, est au moins l'&#233;quivalent d'un paragraphe de dissertation ; enfin, les bonnes et m&#234;me tr&#232;s bonnes notes sont possibles puisque chaque question peut &#234;tre &#233;valu&#233;e s&#233;par&#233;ment.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voici la liste (vicieuse&#8230;) des activit&#233;s &#224; traiter : astrologie, astronomie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;res remarques, concernant davantage les contenus du travail philosophique que ses processus : &#171; ce serait une tr&#232;s bonne chose de pouvoir faire une liste de concepts ou de distinctions conceptuelles sp&#233;cifiant le programme : les &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques appr&#233;cieraient. &#187; Nul doute que notre contrat ou notre cahier des charges avec eux serait beaucoup plus clair et plus rassurant. On pourrait m&#234;me aller plus loin. D'apr&#232;s l'un d'entre nous , &#171; il faut &#233;tablir une liste de termes d&#233;finis pendant le cours et qu'ils doivent imp&#233;rativement utiliser dans leurs dissertations, en les soulignant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment mieux conclure, en tout cas &#224; titre personnel, qu'en rappelant les questions qui ont pu momentan&#233;ment appara&#238;tre dans notre discussion mais sont rest&#233;es en pointill&#233;s ? Retenons-en trois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a la question de la lecture : on ne peut pas faire de la philosophie sans lire. Mais les &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques ne sont pas tr&#232;s lecteurs spontan&#233;ment&#8230; Pour eux justement (dans leur majorit&#233;) lire est un travail ou n'est qu'un travail. La lecture est captive (vous devez lire ce texte de Platon pour telle date) ou pratique (modes d'emploi, tableaux financiers&#8230;). Comment introduire une lecture plus libre ? Peut-&#234;tre en passant d'une lecture de textes brefs, lecture fatalement d&#233;cortiquante, &#224; une lecture qui prendrait davantage son &#233;lan. Ainsi, j'ai pratiqu&#233; avec un certain succ&#232;s la distribution de cinq pages des Derniers Rois de Thul&#233; de Jean Malaurie, description tr&#232;s concr&#232;te du mode de vie traditionnel des Inuits, o&#249; se trouvent en situation des r&#233;f&#233;rences philosophiques passag&#232;res, non centrales pour l'auteur, au Cogito et au contrat social. Cinq lignes de philosophie passent mieux dans cinq pages d'ethnologie que livr&#233;es &#224; part : il est ensuite possible de remonter &#224; la source chez Descartes et Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a celle de l'&#233;criture quotidienne, disons non directement finalis&#233;e par le devoir &#224; rendre. Prendre des notes &#224; partir d'un discours entendu (la situation scolaire de base ; mais nous ferions bien de nous interroger sur ses v&#233;ritables finalit&#233;s), mais aussi sur et pour ses propres id&#233;es. Comment initier &#224; une &#233;criture de production pour que nos &#233;l&#232;ves se rendent compte de la dynamique et pourquoi pas du plaisir qui nous sont familiers dans l'&#233;criture comme travail de mise au point ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a enfin celle de la sp&#233;cificit&#233; des univers professionnels auxquels se rattachent les diff&#233;rentes s&#233;ries technologiques. En effet, d&#232;s le d&#233;but de notre discussion, il a &#233;t&#233; dit et admis qu' &#171; il n'y a pas de diff&#233;rence notable entre les diff&#233;rentes sections technologiques &#187;. Est-ce si s&#251;r ? Nous avons adopt&#233; ce postulat simplificateur parce que toute discussion implique un espace d'accord initial sans lequel elle ne peut avoir lieu, et &#233;galement parce que, de notre point de vue, c'est notre mod&#232;le plus ou moins implicite du travail, celui de la &#171; communaut&#233; &#187; des professeurs de philosophie, qui est globalement perturb&#233; par les &#233;l&#232;ves. A la rigueur il nous semblerait possible de reconna&#238;tre ensuite des diff&#233;rences de degr&#233;. Nous &#233;tablirions alors entre nous une &#233;chelle de difficult&#233; p&#233;dagogique qui irait des SMS aux STI en passant par les STT. Pourtant, on pourrait fructueusement, du moins j'en fais l'hypoth&#232;se, renverser la perspective, et donc partir du genre de travail caract&#233;ristique des sp&#233;cialit&#233;s. D'autres ateliers du colloque, ax&#233;s sur la dimension interdisciplinaire, se sont pench&#233;s sur les contenus professionnels respectifs. Par exemple, celui qui a expos&#233; ceux des sciences m&#233;dico-sociales a permis aux professeurs de philosophie pr&#233;sents de reconna&#238;tre avec grand int&#233;r&#234;t des th&#232;mes &#224; r&#233;sonance indiscutablement philosophique et ouvrant donc des perspectives tr&#232;s f&#233;condes : la distinction entre pr&#233;vention et soins (une politique et la m&#233;decine), la dimension &#233;thique des soins palliatifs&#8230; Allons encore un peu plus loin que cette d&#233;j&#224; tr&#232;s souhaitable ouverture aux contenus professionnels (cr&#233;atrice d'un minimum de culture commune entre les &#233;l&#232;ves et nous). Nous pourrions nous pencher sur les diff&#233;rences entre les pens&#233;es professionnelles . Ainsi par exemple, entre les STT et les STI, jouent des diff&#233;rences de valeurs et corr&#233;lativement de modes de raisonnement. On ne proc&#232;de pas mentalement et socialement (dans l'interaction avec les autres, sup&#233;rieurs, coll&#232;gues, clients) dans la n&#233;gociation ou le contr&#244;le comptable de la m&#234;me fa&#231;on que dans la maintenance ou le diagnostic des pannes. Donc ne pourrions-nous pas, en identifiant ces modes de raisonnement, &#171; brancher &#187; en partie dessus notre enseignement de l'argumentation conceptuelle ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier point montre que pour &#234;tre efficace, le travail qui nous reste &#224; entreprendre doit &#234;tre collectif. En effet, nous sommes en g&#233;n&#233;ral cantonn&#233;s dans l'enseignement &#224; telle s&#233;rie et tenus &#224; l'&#233;cart des autres par les contingences des structures d'&#233;tablissement et des nominations. Le &#171; fonctionnement STT &#187; par exemple, finit par constituer une routine qui ne nous &#233;tonne plus. Il faudra donc prolonger les confrontations qui ont &#233;t&#233; amorc&#233;es au Colloque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je remercie vivement Fran&#231;ois Athan&#233; d'avoir bien voulu prendre des notes au cours de la s&#233;ance, puis de me les avoir confi&#233;es. Je suis seul responsable par ailleurs de ce compte-rendu et de ses &#233;ventuels oublis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nos colloques de l'Acireph sont pr&#233;cis&#233;ment de ces occasions rares, sinon uniques de confrontations &#171; coll&#233;giales &#187; interg&#233;n&#233;rationnelles, &#224; la fois sur une &#233;chelle significative et dans une ambiance de travail &#233;galitaire, qui pr&#233;figurent ce que serait une v&#233;ritable formation continue entre pairs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ind&#233;pendamment d'un int&#233;r&#234;t sinc&#232;re et manifeste de notre part pour les sp&#233;cialit&#233;s professionnelles, qui s'av&#232;re au moins une condition pour qu'un lien de communication ait lieu : mais nous n'avons pas d&#233;velopp&#233; ce point, qui s'est r&#233;v&#233;l&#233; en revanche au centre des ateliers consacr&#233;s aux diverses s&#233;ries technologiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut dire que le conflit s'aggrave lorsqu'au travail scolaire au lyc&#233;e s'ajoute l'emploi salari&#233; r&#233;gulier en parall&#232;le, une r&#233;alit&#233; fr&#233;quente dans les s&#233;ries technologiques, comme le montre Robert Ballion dans Les Lyc&#233;ens et leurs petits boulots (1994).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voici la liste (vicieuse&#8230;) des activit&#233;s &#224; traiter : astrologie, astronomie, basket, couture, dissertation, &#233;criture, m&#233;decine, p&#233;dagogie, politique, sommeil. On peut la r&#233;duire et la simplifier !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Atelier : du programme au cours</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/atelier-du-programme-au-cours</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/atelier-du-programme-au-cours</guid>
		<dc:date>2001-10-28T18:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Travail issu de l'atelier des journ&#233;es d'&#233;tude d'octobre 2001. Compte-rendu &#233;tabli par Christiane Vollaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit de confronter les fa&#231;ons dont nous organisons notre cours de l'ann&#233;e &#224; partir des neuf notions du programme actuel, pour en tirer de nouvelles fa&#231;ons de concevoir le programme des s&#233;ries technologiques, et proposer des recommandations. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'atelier d&#233;bute par la pr&#233;sentation successive, par chacun des participants, &#224; travers son exp&#233;rience et sa pratique, de la mani&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/" rel="directory"&gt;En s&#233;ries technologiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Travail issu de l'atelier des journ&#233;es d'&#233;tude d'octobre 2001.&lt;br class='autobr' /&gt;
Compte-rendu &#233;tabli par Christiane Vollaire.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de confronter les fa&#231;ons dont nous organisons notre cours de l'ann&#233;e &#224; partir des neuf notions du programme actuel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agissait alors du programme de 1983 et de ses neuf notions : La nature, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pour en tirer de nouvelles fa&#231;ons de concevoir le programme des s&#233;ries technologiques, et proposer des recommandations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atelier d&#233;bute par la pr&#233;sentation successive, par chacun des participants, &#224; travers son exp&#233;rience et sa pratique, de la mani&#232;re dont, par le cours, il tente de r&#233;aliser les objectifs du programme. Ensuite, &#224; partir de ces pr&#233;sentations, s'organise le d&#233;bat, &#224; la fois sur les objectifs &#224; atteindre et sur les conditions de r&#233;alisation qui sont les n&#244;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce compte-rendu ne pr&#233;tend pas pr&#233;senter l'int&#233;gralit&#233; de ce qui a &#233;t&#233; dit, mais en proposer une synth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les participants s'accordent sur la n&#233;cessit&#233; de se tenir &#224; l'&#233;coute de la r&#233;alit&#233; de notre public, pour des raisons qui ne sont pas seulement d'ordre moral, mais de simple efficacit&#233; : tenter de tenir devant les &#233;l&#232;ves un discours qui ne les concerne pas, sans faire l'effort d'aller vers eux, c'est courir &#224; l'&#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous s'accordent aussi &#224; reconna&#238;tre &#224; la fois la l&#233;gitimit&#233; des demandes des &#233;l&#232;ves, la valeur de leur effort de r&#233;flexion ou la pertinence de leurs interrogations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette demande, cet effort et ces interrogations, s'ils peuvent s'exprimer de fa&#231;on convaincante &#224; l'oral, se confrontent plus difficilement aux exigences de l'&#233;crit, qui ne suppose pas seulement de la spontan&#233;it&#233;, mais du travail, de l'exercice, et le respect d'un certain nombre de r&#232;gles incontournables d'expression, de coh&#233;rence logique et d'organisation des id&#233;es. Et la culture philosophique, ind&#233;pendamment m&#234;me de la r&#233;f&#233;rence aux auteurs, est une culture de l'&#233;crit, de la formalisation conceptuelle et argumentative, de la transmission (y compris critique) du discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, cette demande, cet effort et ces interrogations des &#233;l&#232;ves ne sont pas non plus ais&#233;ment ajustables aux r&#233;quisits du programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, m&#234;me si l'ensemble des terminales technologiques ne constitue pas une unit&#233; monolithique, mais au contraire une tr&#232;s grande diversit&#233; (d'origines culturelles, de niveaux, de projets professionnels), ils pr&#233;sentent un certain nombre de points communs dont le programme de philosophie, tel qu'il a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;, semble ne pas tenir compte. D'une part la faiblesse de leurs horaires ne permet pas de l'aborder de fa&#231;on efficace dans sa totalit&#233; : on fait remarquer que les deux heures d'enseignement ne permettent, de fait, qu'une heure de cours par semaine, puisque la deuxi&#232;me heure est cens&#233;e &#234;tre une heure d'exercice. D'autre part, la formation initiale des &#233;l&#232;ves ne les pr&#233;dispose pas aux exigences d'analyse et d'expression que requiert tout travail philosophique, et cette disposition ne peut &#234;tre que difficilement acquise avec un aussi mince quota horaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est autour de ces difficult&#233;s que s'est organis&#233; l'ensemble de la discussion, montrant que la fa&#231;on m&#234;me dont chacun tente d'y rem&#233;dier oblige &#224; mettre en &#233;vidence un certain nombre d'insuffisances dans la conception m&#234;me de ce programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage du programme au cours n&#233;cessite un ajustement : celui de la probl&#233;matisation des notions. Pour cela, plusieurs mani&#232;res de faire sont propos&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Partir de la demande brute des &#233;l&#232;ves : on commence le premier cours de l'ann&#233;e en leur demandant ce qui les int&#233;resse, ce sur quoi ils s'interrogent, ce dont ils aimeraient qu'on discute, ce qui fait probl&#232;me pour eux dans la r&#233;alit&#233; de leur existence. Et c'est &#224; partir de leur demande qu'on organisera l'ensemble des cours de l'ann&#233;e, en tentant d'ajuster cette demande aux exigences du programme. Ainsi, sur des th&#232;mes g&#233;n&#233;raux tels que le racisme, le sport, la mort, le futur, la discussion pourra &#234;tre infl&#233;chie vers les notions au programme (droit, nature, histoire, etc.), le cours se construisant &#224; partir de ces discussions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Partir d'un mat&#233;riau pr&#233;alablement choisi, dont on peut penser qu'il les concerne, et &#224; partir duquel on va &#233;laborer une r&#233;flexion commune qui permette de traiter les th&#232;mes au programme. Par exemple, on se donne pour objet de r&#233;flexion le r&#232;glement int&#233;rieur du lyc&#233;e . A partir de l&#224;, on pose la question de l'ob&#233;issance qui permet, en partant de leur r&#233;action premi&#232;re, d'&#233;laborer une probl&#233;matique du droit, de questionner le rapport entre raison et libert&#233;, ou entre nature et conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On peut &#233;galement s'appuyer sur une oeuvre cin&#233;matographique (Le Destin de Youssef Chahine pour interroger le rapport entre raison et religion), ou litt&#233;raire (Antigone de Sophocle pour interroger la libert&#233;, ou les Fables de La Fontaine pour questionner le droit), ou sur un texte philosophique (le discours de Callicl&#232;s dans le Gorgias pour probl&#233;matiser le rapport du droit &#224; la nature) ; ou sur un questionnement qui retient leur attention ou leur int&#233;r&#234;t (le d&#233;sir, par exemple, qui permet d'aborder la relation raison-conscience-v&#233;rit&#233;, ou l'objectivit&#233; journalistique, qui permet d'aborder la relation histoire-v&#233;rit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une autre solution consiste &#224; partir des notions elles-m&#234;mes, mais en les regroupant de telle sorte qu'elles constituent trois grandes orientations probl&#233;matiques : existentielle (conscience, nature, art), &#233;pist&#233;mologique (raison, technique, v&#233;rit&#233;) et politique (droit, libert&#233;, histoire). On leur pr&#233;sentera en d&#233;but d'ann&#233;e ce que signifient ces trois grandes orientations (du point de vue de la recherche de soi, du besoin de comprendre ce qui nous entoure et de la possibilit&#233; d'organiser une vie commune). Et la premi&#232;re notion &#233;tudi&#233;e, quelle qu'elle soit, sera l'occasion d'aborder toutes les autres et de les resituer. Par exemple, &#224; partir de la conscience, on abordera le rapport nature-culture (incluant art et technique), le rapport raison-libert&#233; (incluant droit et histoire) ou la question de l'&#233;tablissement des v&#233;rit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On peut &#233;galement partir d'une dimension pluridisciplinaire, pour les faire r&#233;fl&#233;chir sur la sp&#233;cificit&#233; de l'&#233;criture philosophique par rapport &#224; l'&#233;criture litt&#233;raire. Par exemple &#224; partir d'une oeuvre &#224; double statut comme La Naus&#233;e de Sartre. Ce qui permet &#224; la fois de leur fournir un bagage culturel, et d'aborder la question de la production artistique. Mais le traitement du programme de notions &#224; partir des oeuvres suppose aussi d'apprendre &#224; organiser ses id&#233;es : il est &#233;troitement li&#233; &#224; l'acquisition d'instruments m&#233;thodologiques qui leur permettent de s'exercer &#224; la dissertation. Ces acquis m&#233;thodologiques seront fournis &#224; partir des notions qui suscitent le plus d'&#233;lan ou d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'o&#249; l'id&#233;e, pour certains, de commencer toujours par ce qui est le plus attrayant (la question du d&#233;sir revient ici) pour les mener vers le plus difficile, ou ce qui leur semblait au d&#233;part le plus ingrat. Par exemple, l'opposition entre d&#233;sir et travail va croiser la r&#233;flexion sur l'antagonisme et l'interaction entre nature et culture. Il faut pour cela trouver des accroches au cours magistral, &#224; partir par exemple de l'actualit&#233; litt&#233;raire : Les Particules &#233;l&#233;mentaires de Houellebecque ont fourni le mat&#233;riau de base &#224; un cours sur conscience et sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On peut &#233;galement choisir une notion-pivot, autour de laquelle on fera tourner l'int&#233;gralit&#233; des autres, et qui servira en quelque sorte de fil rouge toute l'ann&#233;e, pour fournir aux &#233;l&#232;ves un point de rep&#232;re conceptuel plus solide. Par exemple, la notion de nature humaine peut constituer un angle d'attaque pour aborder le rapport entre conscience morale et libert&#233; (mais aussi le rapport entre l'inconscient et le libre-arbitre), ou le rapport entre droit et raison pratique, ou le rapport entre nature humaine et technicit&#233;. En ce sens, il peut &#234;tre aussi utile de partir de leur propre production &#233;crite pour lui donner son plein sens et la revaloriser ainsi &#224; leurs propres yeux, en pr&#233;alable &#224; un travail de r&#233;&#233;criture ou de reformulation qui prenne leur discours pour point d'appui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'accent a ainsi &#233;t&#233; mis sur la fa&#231;on positive de r&#233;pondre &#224; une exigence institutionnelle. La finalit&#233; de l'examen suppose la mise en oeuvre d'un programme ; mais celui-ci doit &#234;tre &#224; la fois l'occasion et le pr&#233;texte &#224; d&#233;ployer des capacit&#233;s de probl&#233;matisation et de r&#233;flexion. En ce sens, une solution peut passer par le couplage syst&#233;matique des notions, qui permet de leur donner une orientation probl&#233;matique claire et affich&#233;e d&#232;s le d&#233;part : nature/histoire, art/technique, droit/libert&#233;, raison/v&#233;rit&#233;, conscience/inconscient, etc. Il est l&#233;gitime qu'il y ait une commande institutionnelle, mais celle-ci doit &#234;tre adapt&#233;e aux r&#233;alit&#233;s de l'enseignement, sous peine de basculer dans une contradiction insoluble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette relation du cours au programme est indissociable de sa mise en oeuvre par l'exercice. Cet atelier a donc &#233;t&#233; l'occasion de r&#233;fl&#233;chir &#224; la r&#233;appropriation par l'&#233;l&#232;ve du contenu du cours, et de nombreuses difficult&#233;s ont &#233;t&#233; constat&#233;es &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, ce processus de r&#233;appropriation suppose du temps. Non seulement celui du cours, mais celui du travail personnel &#224; la maison. Il suppose aussi un v&#233;ritable entra&#238;nement, un exercice, une discipline volontaire ; bref, au sens propre, du travail. Or ce travail de r&#233;appropriation est lui-m&#234;me tributaire du temps consacr&#233; en cours &#224; l'exercice collectif de la r&#233;flexion et de l'analyse, et celui-ci n&#233;cessite, en pr&#233;alable incontournable, l'all&#233;gement du programme. Tous les participants ont constat&#233; &#224; ce propos &#224; quel point l'all&#233;gement permis par la mise en oeuvre du nouveau programme en terminale g&#233;n&#233;rale a permis un authentique approfondissement non seulement du cours lui-m&#234;me, mais du travail d'analyse et de r&#233;flexion des &#233;l&#232;ves, &#224; quel point il a &#233;t&#233; v&#233;ritablement l'occasion d'une bouff&#233;e d'air, de mettre en oeuvre une autre dynamique intellectuelle. C'est cela qu'on peut attendre aussi du n&#233;cessaire all&#233;gement des programmes en terminales technologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne suffit pas d'all&#233;ger, encore faut-il harmoniser les exigences, plus encore face &#224; des &#233;l&#232;ves moins pr&#233;par&#233;s par leur cursus ant&#233;rieur. C'est pr&#233;cis&#233;ment cela aussi qui justifie l'&#233;tablissement d'un programme probl&#233;matis&#233; (&#224; cet &#233;gard, le programme de 1969 pourrait constituer un int&#233;ressant point de d&#233;part).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons tous en effet constat&#233; chez les &#233;l&#232;ves un double &#233;cueil : soit une ignorance totale du cours (&#233;cueil plus grave, puisqu'il t&#233;moigne d'une absence totale de travail), qui les conduit &#224; faire de leur travail &#233;crit un alignement de platitudes ou de v&#233;rit&#233;s satisfaites sans le moindre recul analytique ; soit une r&#233;gurgitation textuelle du cours, qui les conduit &#224; une r&#233;citation sans le moindre recul critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, c'est la facult&#233; de probl&#233;matisation elle-m&#234;me qui est inhib&#233;e : absence de probl&#233;matisation d'un c&#244;t&#233;, impossibilit&#233; de sortir de la probl&#233;matique du cours de l'autre. C'est en ce sens que la r&#233;duction de l'ind&#233;termination du programme nous para&#238;t indispensable : pr&#233;ciser le champ probl&#233;matique (qui est originellement infini), c'est donner &#224; l'enseignant un socle sur lequel fonder son contrat de travail avec l'&#233;l&#232;ve ; mais c'est aussi permettre &#224; l'&#233;l&#232;ve d'affiner sa capacit&#233; &#224; susciter des probl&#233;matiques au sein du champ qui lui est ouvert : c'est notre m&#233;tier de savoir que la limite est la condition m&#234;me de la pens&#233;e. Et c'est de cette mani&#232;re permettre aux &#233;l&#232;ves de prendre confiance dans leur capacit&#233; r&#233;flexive, ou, pour reprendre une expression qui a fait l'unanimit&#233; au cours de cette s&#233;ance : 'restaurer &#224; leurs propres yeux leur capacit&#233; conceptuelle'.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agissait alors du programme de 1983 et de ses neuf notions : La nature, L'art, La technique, L'histoire, Le droit, La libert&#233;, La conscience, La raison, La v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;mocratisation : le d&#233;fi des s&#233;ries technologiques (1)</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/democratisation-le-defi-des-series-technologiques-1</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/democratisation-le-defi-des-series-technologiques-1</guid>
		<dc:date>2001-10-27T17:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La philosophie est enseign&#233;e depuis 1969 dans les s&#233;ries technologiques tertiaires, et depuis 1983 dans les s&#233;ries technologiques industrielles. Mais il aura fallu attendre 2001 pour qu'un Colloque national soit organis&#233;, qui fasse de cet enseignement un objet de r&#233;flexion pour la communaut&#233; des professeurs de philosophie. Aucun colloque de ce genre n'a jamais &#233;t&#233; organis&#233; par ceux dont &#231;'aurait d&#251; pourtant &#234;tre le r&#244;le : ni par le Minist&#232;re, ni par l'Inspection, ni par l'INRP, ni par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/" rel="directory"&gt;En s&#233;ries technologiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/notions" rel="tag"&gt;Notions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La philosophie est enseign&#233;e depuis 1969 dans les s&#233;ries technologiques tertiaires, et depuis 1983 dans les s&#233;ries technologiques industrielles. Mais il aura fallu attendre 2001 pour qu'un Colloque national soit organis&#233;, qui fasse de cet enseignement un objet de r&#233;flexion pour la communaut&#233; des professeurs de philosophie. Aucun colloque de ce genre n'a jamais &#233;t&#233; organis&#233; par ceux dont &#231;'aurait d&#251; pourtant &#234;tre le r&#244;le : ni par le Minist&#232;re, ni par l'Inspection, ni par l'INRP, ni par l'association professionnelle (l'APPEP). Dans le &lt;i&gt;Manifeste pour l'enseignement de la philosophie&lt;/i&gt;, que nous avons publi&#233; au printemps dernier, nous &#233;crivions : &#171; L'enseignement dans les s&#233;ries technologiques est un sujet tabou : le cadavre dans le placard. Les difficult&#233;s y sont criantes. Mais jamais on n'a pris la peine de r&#233;unir ceux qui y enseignent pour mesurer leurs succ&#232;s comme leurs &#233;checs, et en tirer les cons&#233;quences. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ce silence ? Pourquoi ce tabou ? Parce que, je crois, collectivement les professeurs de philosophie n'assument pas vraiment cet enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, individuellement, la plupart de ceux qui enseignent dans ces s&#233;ries essaient d'assumer, du mieux qu'ils peuvent et tant bien que mal, cette responsabilit&#233;. Certes, un certain nombre d'entre eux s'y investissent beaucoup &#224; titre personnel. Mais collectivement, en tant que profession, &lt;strong&gt;voulons-nous vraiment cet enseignement ? &lt;/strong&gt;Comme me l'a dit un jour le Doyen &#8212; c'&#233;tait en 1984, &#224; propos de l'extension aux s&#233;ries technologiques &#8212;, &#171; ce n'est pas &lt;i&gt;nous &lt;/i&gt;qui l'avons souhait&#233;e &#187;. Il parlait &#233;videmment au nom de l'Inspection g&#233;n&#233;rale ; mais il parlait aussi au nom des enseignants. Tout se passe comme si la profession n'avait jamais voulu vraiment cet enseignement, et comme si elle continuait, des ann&#233;es apr&#232;s, de le subir comme une n&#233;cessit&#233; &#224; laquelle il ne lui est pas possible d'&#233;chapper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les raisons qui nous forcent, nous professeurs de philosophie, &#224; accepter cet enseignement sans vraiment l'assumer ? J'en vois au moins deux : l'une est noble, l'autre l'est moins ; mais toutes deux nous placent en porte-&#224;-faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison noble est r&#233;sum&#233;e dans le principe : &#171; tous les &#233;l&#232;ves ont droit &#224; la philosophie &#187;. Ce qui, depuis plus d'un si&#232;cle, l&#233;gitime en France l'existence d'un enseignement de la philosophie dans le secondaire, c'est l'id&#233;e que la raison est &#171; la chose du monde la mieux partag&#233;e &#187;, que la philosophie est par excellence l'exercice de la raison en acte, et que par cons&#233;quent on ne saurait &#234;tre un humain accompli et un citoyen v&#233;ritable sans avoir &#233;tudi&#233; la philosophie. A partir du moment o&#249; d'autres &#233;l&#232;ves que ceux des s&#233;ries g&#233;n&#233;rales acc&#232;dent &#224; la terminale, il devient difficile, au nom de l'humanit&#233; et de la citoyennet&#233;, de leur refuser le droit &#224; la philosophie. Mais, si on s'en tient &#224; ce principe tout &#224; fait abstrait, il laisse le professeur compl&#232;tement d&#233;muni quand il se heurte dans sa classe &#224; la r&#233;alit&#233;, c'est-&#224;-dire &#224; tout un ensemble de difficult&#233;s qui sont d'ordre institutionnel, social, culturel, langagier, didactique et p&#233;dagogique &#8212; difficult&#233;s que l'on pouvait pr&#233;voir mais que ce principe, dans son abstraction, ne permet absolument pas de surmonter, voire, j'y reviendrai dans un instant, qu'il contribue plut&#244;t &#224; aggraver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison moins noble est &#233;videmment corporative : si les effectifs de notre profession ont &#224; peu pr&#232;s doubl&#233; en 25 ans, c'est avant tout gr&#226;ce aux s&#233;ries technologiques ; et chacun est &#233;videmment conscient que renoncer &#224; enseigner dans ces s&#233;ries reviendrait &#224; fermer les concours de recrutement pour une g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc, dans notre profession, extr&#234;mement incorrect de remettre en cause l'enseignement de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques : ce serait nous nier nous-m&#234;mes, &#224; la fois dans ce qui nous l&#233;gitime et dans notre existence institutionnelle. Aussi aucun responsable ne le fait-il jamais publiquement. Et pourtant&#8230; ! ! Et pourtant, combien connaissons-nous d'enseignants, voire d'inspecteurs ou m&#234;me de membres du Groupe d'Experts (pourtant charg&#233; d'&#233;tablir les nouveaux programmes de ces s&#233;ries) qui en priv&#233; vous glissent &#224; l'oreille : &#171; les &#233;l&#232;ves de ces s&#233;ries &#233;tant ce qu'ils sont, il est impossible d'y faire un enseignement &lt;i&gt;authentiquement &lt;/i&gt;philosophique ; les malheureux professeurs qui y enseignent ne peuvent, sauf exception, que faire un peu d'alphab&#233;tisation, ou d'instruction civique, ou tout simplement de la garderie, mais s&#251;rement pas de la philosophie ; la philosophie, dans ces s&#233;ries, ne devrait &#234;tre, au mieux, que facultative. Mais&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais peut-&#234;tre vous choquer, mais je trouverais pr&#233;f&#233;rable que les auteurs de tels propos les tiennent ouvertement et les proclament &#224; haute voix. A mes yeux, la conception &#233;litaire de l'enseignement de la philosophie qui sous-tend ces propos, n'a rien de m&#233;prisable. Ce qui est d&#233;plorable, c'est d'avoir comme nous l'avons aujourd'hui, des discours d&#233;mocratiques et des pratiques &#233;litistes, c'est-&#224;-dire des pratiques qui interdisent, &#224; ceux-l&#224; m&#234;me &#224; qui nous reconnaissons verbalement le droit &#224; la philosophie, tout acc&#232;s r&#233;el &#224; une formation philosophique. Mais on a tout &#224; fait le droit, me semble-t-il, d'estimer que la philosophie est par elle-m&#234;me une discipline telle que, pour &#234;tre profitable, elle suppose un bagage culturel et des capacit&#233;s intellectuelles qu'on ne saurait exiger de tous les lyc&#233;ens. Si la conception &#233;litaire s'affichait ouvertement et si ses d&#233;fenseurs mettaient en cause la l&#233;gitimit&#233; et la possibilit&#233; d'un enseignement de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques, alors tous ceux qui continueraient de vouloir la d&#233;mocratisation de la philosophie seraient mis au pied du mur : ils devraient expliquer quelles formes peut prendre son enseignement s'il doit vraiment s'adresser &#224; tous les lyc&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le dire autrement, il y a un point sur lequel nous devrions pouvoir nous mettre d'accord entre &#233;litaires et d&#233;mocrates &#8212; et un accord sur ce point serait un grand pas en avant pour la communaut&#233; des professeurs de philosophie : &lt;i&gt;si &lt;/i&gt;l'enseignement de la philosophie est indissociable de ses formes traditionnelles, &lt;i&gt;si &lt;/i&gt;pour rester authentique un enseignement de philosophie doit continuer de reposer sur ces deux piliers que sont la le&#231;on du ma&#238;tre et la dissertation de l'&#233;l&#232;ve dans leurs formes canoniques actuelles, alors il est urgent de cesser d'enseigner dans les s&#233;ries technologiques, car ce mod&#232;le y est manifestement inappropri&#233;. Inversement, &lt;i&gt;si &lt;/i&gt;on tient que les &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques, et m&#234;me ceux des lyc&#233;es professionnels, peuvent ou pourraient b&#233;n&#233;ficier utilement d'un enseignement philosophique, alors on est tenu de r&#233;fl&#233;chir s&#233;rieusement aux modalit&#233;s de cet enseignement qui ne sauraient &#234;tre un simple d&#233;calque du mod&#232;le traditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la question est un peu plus compliqu&#233;e, car nous savons tous que ce mod&#232;le est inappropri&#233; &#233;galement pour une bonne moiti&#233; au moins des &#233;l&#232;ves des s&#233;ries g&#233;n&#233;rales, et que les difficult&#233;s que nous rencontrons dans les s&#233;ries technologiques ne sont, pour un certain nombre d'entre elles tout au moins, que le miroir grossissant de difficult&#233;s que nous rencontrons aussi ailleurs. Ceux qui ne veulent rien changer aux formes et aux modalit&#233;s de l'enseignement de la philosophie dans les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales abandonneraient volontiers les s&#233;ries technologiques (dont en g&#233;n&#233;ral ils ne se soucient gu&#232;re) aux innovations de ceux qu'ils appellent un peu sottement les &#8220;p&#233;dagogistes&#8221;, s'ils ne craignaient que ces innovations ne soient contagieuses et ne gagnent aussi peu &#224; peu les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales. C'est &#233;videmment, au sein de notre profession, une raison suppl&#233;mentaire de ne pas &#233;voquer les difficult&#233;s des s&#233;ries technologiques, et c'est un frein consid&#233;rable &#224; tout d&#233;veloppement de l'exp&#233;rimentation p&#233;dagogique l&#224; o&#249; elle est pourtant la plus indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout du compte, je sugg&#233;rerais de sch&#233;matiser la situation de la fa&#231;on suivante : les &lt;strong&gt;&#233;litistes &lt;/strong&gt;sont ceux qui estiment que tout enseignement philosophique digne de ce nom ne peut qu'&#234;tre r&#233;serv&#233; &#224; une minorit&#233;, soit de par la nature m&#234;me de la philosophie, soit parce que son enseignement est ins&#233;parable d'un cadre p&#233;dagogique d&#233;termin&#233; qu'on ne saurait raisonnablement imposer &#224; tous les lyc&#233;ens ; les &lt;strong&gt;d&#233;mocrates&lt;/strong&gt; sont ceux qui pensent que rien dans la nature de la philosophie n'interdit qu'elle puisse &#234;tre enseign&#233;e utilement &#224; tous, et que, si nous n'y parvenons pas aujourd'hui, c'est parce que nous refusons d'admettre qu'on ne peut revendiquer la d&#233;mocratisation de la philosophie sans assumer la diversification des formes de son enseignement. Comme nous l'&#233;crivons dans notre &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt; : &#171; Dispenser un enseignement diversifi&#233;, ce n'est pas m&#233;priser les &#233;l&#232;ves en leur dispensant une philosophie au rabais. C'est reconna&#238;tre que les capacit&#233;s philosophiques qu'on rencontre chez tous les &#233;l&#232;ves ne s'expriment pas chez tous de la m&#234;me mani&#232;re et ne peuvent pas &#234;tre cultiv&#233;es chez tous selon les m&#234;mes modalit&#233;s. La mani&#232;re dont des &#233;l&#232;ves peuvent se former &#224; la philosophie ne saurait &#234;tre ind&#233;pendante ni de leur parcours scolaire ant&#233;rieur, ni des rapports qu'ils entretiennent avec le langage, avec l'&#233;cole ou avec les adultes, ni non plus de leur projet professionnel et de la fa&#231;on dont plus g&#233;n&#233;ralement il envisagent leur avenir. &#187; Quant &#224; ceux que j'appellerai les &lt;strong&gt;faux d&#233;mocrates&lt;/strong&gt;, d&#233;mocrates en parole et &#233;litistes en fait, ce sont ceux qui croient, ou qui voudraient faire croire, qu'on pourrait r&#233;ellement former &#224; la philosophie dans les s&#233;ries technologiques sans faire l'effort de se demander qui sont les &#233;l&#232;ves, quels sont leurs besoins de formation, et quels changements nous devons op&#233;rer dans nos mani&#232;res de concevoir notre enseignement si nous voulons essayer s&#233;rieusement de r&#233;pondre &#224; ces besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'avancera donc pas dans le d&#233;bat sur d&#233;mocratisation et enseignement de la philosophie si on ne se livre pas &#224; une critique un peu s&#233;v&#232;re du slogan &#171; tous les &#233;l&#232;ves ont droit &#224; la philosophie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne va pas, d'abord, dans ce slogan, c'est &lt;i&gt;droit &lt;/i&gt; : le droit &#224; la philosophie serait une sorte de droit civique, comme le droit de vote, un droit faute duquel il ne saurait y avoir de vraie d&#233;mocratie, un droit qui non seulement devrait &#234;tre reconnu &#224; chacun, mais que surtout chacun aurait le devoir d'exercer, faute de quoi il ne serait pas un citoyen &#224; part enti&#232;re. Cette mani&#232;re de lier le destin de la d&#233;mocratie &#224; celui de l'enseignement philosophique a quelque chose d'exorbitant, pour ne pas dire, d'un peu grotesque. On ne sache pas que les pays latins, o&#249; la philosophie s'enseigne souvent au lyc&#233;e, soient aujourd'hui plus d&#233;mocratiques que l'Allemagne, les pays scandinaves et les pays anglo-saxons, o&#249; elle ne l'est pas ! On ne sache pas non plus qu'aux heures d&#233;cisives de l'occupation et de la r&#233;sistance, les hommes et les femmes qui avaient fait de la philo au lyc&#233;e aient effectu&#233; de meilleurs choix que celles et ceux qui n'en avaient jamais fait ! On am&#233;liorerait certainement la qualit&#233; du d&#233;bat si on s'abstenait de recourir &#224; cette mythologie de l'ins&#233;parabilit&#233; entre enseignement de la philosophie et d&#233;mocratie, mythologie qui fournit trop souvent &#224; notre enseignement une auto-l&#233;gitimation &#224; bon compte. Non seulement elle emp&#234;che de s'interroger sur les vraies raisons qu'on peut avoir de penser qu'un enseignement de philosophie &#224; tous les &#233;l&#232;ves est ou serait une bonne chose &#8212; une question qui ne va pas de soi. Mais surtout, elle emp&#234;che de reconna&#238;tre qu'il ne suffit pas d'&#233;crire &#171; philosophie &#187; sur la porte de la classe pour que des effets intellectuellement lib&#233;rateurs et d&#233;mocratiques s'ensuivent aussit&#244;t. On peut m&#234;me penser que, dans les s&#233;ries technologiques notamment, c'est souvent, l'inverse qui est vrai. On pourrait s'interroger par exemple sur ce qui se passe quand on s'applique &#224; humilier les &#233;l&#232;ves de STI en les mettant syst&#233;matiquement en &#233;chec, c'est-&#224;-dire leur faisant faire des &#233;preuves, des dissertations, qu'ils ne savent pas faire, et qu'&lt;i&gt;ils savent tr&#232;s bien qu'ils ne savent pas faire&lt;/i&gt; : est-ce pour les renforcer dans leur pr&#233;jug&#233; que la pens&#233;e et la culture, ce n'est pas pour eux ? Est-ce pour d&#233;velopper chez eux les pr&#233;jug&#233;s contre les attitudes intellectuelles ou r&#233;flexives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne va pas non plus dans le slogan &#8220;tous les &#233;l&#232;ves ont droit &#224; la philosophie&#8221;, c'est la, LA philosophie, comme s'il y avait &lt;i&gt;une&lt;/i&gt; certaine chose, et une &lt;i&gt;m&#234;me&lt;/i&gt; chose, qui devait &#234;tre enseign&#233;e &#224; tous. Cette chose, comme chacun sait est totalement ind&#233;termin&#233;e : elle est &#224; la fois, selon la doctrine officieuse, toute l'encyclop&#233;die philosophique et une capacit&#233; g&#233;n&#233;rale de penser ind&#233;pendante de tout contenu. Mais elle doit surtout &#234;tre la m&#234;me dans toutes les s&#233;ries : comme me l'a dit encore ce jour-l&#224; le Doyen que j'&#233;voquais en commen&#231;ant &#8212; il y a d&#233;cid&#233;ment des s&#233;ances de confessionnal o&#249; l'on s'instruit &#8212; : &#171; nous devons &#224; nos &#233;l&#232;ves &lt;i&gt;toute &lt;/i&gt;la philosophie &#187;. On retrouve &#233;videmment ici l'obstacle p&#233;dagogique bien connu de l'ind&#233;termination du contenu du programme et de l'ann&#233;e de philo, obstacle qui est encore plus insurmontable pour les &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques qui ont moins d'heure et encore moins de bagage culturel &#224; partir duquel ils pourraient r&#233;fl&#233;chir. Mais se manifeste surtout ici, encore une fois, le refus de diff&#233;rencier les contenus et les d&#233;marches selon les s&#233;ries : le programme des s&#233;ries technologiques n'est rien d'autre que le programme des litt&#233;raires en miniature (&#224; moins qu'il ne soit le noyau essentiel de tout programme de philosophie dont le programme pour litt&#233;raires ne serait qu'une version expans&#233;e &#8212; peu importe, une &#233;galit&#233; se lit dans les deux sens) ; les sujets de bac glissent d'une ann&#233;e &#224; l'autre des s&#233;ries g&#233;n&#233;rales aux s&#233;ries technologiques sans que personne ne s'en &#233;meuve, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, le slogan &#171; tous les &#233;l&#232;ves ont droit &#224; la philosophie &#187; rel&#232;ve d'un universalisme abstrait : il conduit &#224; faire comme s'il existait un mod&#232;le unique et universel de l'enseignement philosophique applicable &#224; tous. En r&#233;alit&#233;, chacun le sait, ce mod&#232;le a une histoire : il a &#233;t&#233; construit il y a plus d'un si&#232;cle pour quelques milliers de lyc&#233;ens issus de la bourgeoisie et destin&#233;s &#224; constituer l'&#233;lite de la nation. Tant que l'on pr&#233;tendra d&#233;mocratiser l'enseignement de la philosophie en g&#233;n&#233;ralisant ce mod&#232;le et en se contentant de vouloir l'&#233;tendre &#224; toutes les fili&#232;res et &#224; toutes les populations lyc&#233;ennes, on risque plut&#244;t de renforcer les discriminations sociales dans l'&#233;cole et par l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Alors, demandera-t-on, comment faire ? Comment pr&#233;tendez-vous d&#233;mocratiser l'enseignement de la philosophie, dans les s&#233;ries technologiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;pondrai &#8212; c'est tout le sens de notre &lt;i&gt;Manifeste &lt;/i&gt;et c'est ce que nous allons vous proposer de faire durant ce Colloque &#8212; : en inversant la d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, au lieu de partir de LA philosophie, nous proposons de partir des &#233;l&#232;ves : qui sont-ils ? quels sont leurs besoins de formation ? et dans quelle mesure et sous quels aspects, la philosophie, avec d'autres disciplines et ni plus ni moins qu'elles, peut contribuer &#224; les armer intellectuellement pour leur existence &#224; la fois professionnelle et personnelle ? qu'est-ce qui, dans l'h&#233;ritage de 2500 ans de philosophie comme dans la vie philosophique contemporaine pourrait se r&#233;v&#233;ler b&#233;n&#233;fique pour leur formation ? Quels outils (quels concepts et distinctions conceptuelles, quels &#233;l&#233;ments de savoir et de culture) pouvons-nous pr&#233;tendre leur offrir ? Quelles d&#233;marches intellectuelles peuvent-ils esp&#233;rer acqu&#233;rir aupr&#232;s de nous ? Que pouvons-nous les aider &#224; comprendre et &#224; faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, une fois d&#233;finis ces besoins, objectifs et contenus de formation, nous aurons &#224; nous demander : comment y parvenir ? comment repenser et r&#233;organiser notre enseignement pour qu'il devienne utile aux &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques ? (C'est &#224; dessein que j'emploie ici le mot &#8220;utile&#8221; qui passe souvent chez nous pour un gros mot. Dire que notre enseignement doit &#234;tre utile aux &#233;l&#232;ves, c'est dire tout simplement qu'ils doivent pouvoir se l'approprier et en faire quelque chose, qu'il doit leur donner des outils au moyen desquels se former.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Technologie et philosophie : les pistes d'une alliance d'objectifs.</title>
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		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

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&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/" rel="directory"&gt;En s&#233;ries technologiques&lt;/a&gt;

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		<title>Histoire de l'enseignement de la philosophie dans les sections techniques</title>
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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
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