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	<title>ACIREPh</title>
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		<title>ACIREPh</title>
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		<title>Le complexe de la citadelle assi&#233;g&#233;e</title>
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		<dc:date>1990-05-25T16:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph, Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>
		<dc:subject>Derrida</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A quelles conditions 60 ou 80 % des &#233;l&#232;ves d'une g&#233;n&#233;ration peuvent-ils acqu&#233;rir les rudiments d'une formation philosophique qui les aidera &#224; construire leur pens&#233;e et leur discours, et &#224; fortifier leur libert&#233; d'homme et de citoyen ? Pos&#233;e par les faits, par la d&#233;mocratisation acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'acc&#232;s &#224; la terminale, la question vient r&#233;veiller la plus vieille et la plus sensible contradiction de l'enseignement philosophique ; si la philosophie s'adresse par principe &#224; tous les hommes, elle a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/derrida" rel="tag"&gt;Derrida&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A quelles conditions 60 ou 80 &lt;i&gt;% &lt;/i&gt;des &#233;l&#232;ves d'une g&#233;n&#233;ration peuvent-ils acqu&#233;rir les rudiments d'une formation philosophique qui les aidera &#224; construire leur pens&#233;e et leur discours, et &#224; fortifier leur libert&#233; d'homme et de citoyen ? Pos&#233;e par les faits, par la d&#233;mocratisation acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'acc&#232;s &#224; la terminale, la question vient r&#233;veiller la plus vieille et la plus sensible contradiction de l'enseignement philosophique ; si la philosophie s'adresse par principe &#224; tous les hommes, elle a toujours &#233;t&#233; en r&#233;alit&#233; r&#233;serv&#233;e &#224; une &#233;lite. L'arriv&#233;e dans nos classes d'&#233;l&#232;ves dont les origines sociales, l'univers culturel, le parcours scolaire et les motivations sont extr&#234;mement diff&#233;rents, vient mettre en question les mod&#232;les de la transmission philosophique et l'image que les enseignants de philosophie se font d'eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce par ce qu'il s'efforce de prendre acte lucidement de ce bouleversement et d'indiquer de quelle mani&#232;re on pourrait y faire face que le rapport de la commission Bouveresse Derrida a suscit&#233; des r&#233;actions aussi passionnelles et la mobilisation contre lui d'une partie de la corporation philosophique ? Nous ne sommes pourtant pas partis d'un discours a priori sur la philosophie mais du terrain, des difficult&#233;s concr&#232;tes que d&#233;crivent les professeurs d&#232;s qu'ils parlent de leur m&#233;tier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sentiment g&#233;n&#233;ral d'&#233;chec dans les sections techniques, le foss&#233; entre les travaux &#233;crits des &#233;l&#232;ves et les exigences intellectuelles minimales, l'angoisse des &#233;l&#232;ves devant l'ind&#233;termination des sujets et du programme, leur souhait de disposer d'une ann&#233;e suppl&#233;mentaire d'imitation, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne reviendrai pas sur nos propositions attentivement r&#233;sum&#233;es et analys&#233;es dans les colonnes de l'US (n&#176;234). Aucune ne va de soi Toutes doivent passer au crible de la discussion la plus large qui me para&#238;t d'autant plus urgente que les questions in&#233;dites pos&#233;es par la d&#233;mocratisation n'ont jusqu'&#224; pr&#233;sent fait l'objet au sein de la communaut&#233; philosophique d'aucune r&#233;flexion collective d'envergure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel d&#233;bat n'a de chance de toucher aux vrais probl&#232;mes et de d&#233;boucher sur des propositions constructives et novatrices qu'&#224; la condition que l'on rompe avec le discours illusoire qui fait de l'am&#233;lioration des conditions de travail des enseignants, et de l'augmentation de l'horaire des &#233;l&#232;ves, une v&#233;ritable panac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on ne me lise pas de travers ! J'enseigne depuis 11 ans dans des lyc&#233;es techniques : j'ai toujours eu entre 5 et 8 classes ; je connais les TG &#224; 40 et les TF le vendredi soit de 16 &#224; 18 ! Je sais tout ce que l'all&#232;gement des effectifs et m&#234;me le simple d&#233;doublement d'une heure dans les sections techniques repr&#233;senteraient pour mes &#233;l&#232;ves et pour moi. Mais qu'on ne me raconte pas que cela donnera &#224; mes F les moyens de r&#233;diger quelque chose qui ressemble &#224; une dissertation philosophique, ni &#224; mes D la comp&#233;tence requise pour commenter de fa&#231;on pertinente 15 lignes de Descartes tir&#233;es hors de tout contexte et dont m&#234;me le fran&#231;ais leur &#233;chappe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus grave : ceux qui pr&#233;tendent &#171; qu'en de&#231;&#224; d'un horaire minimal un enseignement ne peut produire d'effets significatifs &#187; n'en tirent pas toutes les cons&#233;quences : comme il est hors de question d'ajouter des heures aux &#233;l&#232;ves de F qui en font d&#233;j&#224; 36, ni d'amputer d'autres mati&#232;res, cela revient &#224; nier qu'on puisse s&#233;rieusement faire de la philosophie dans ces sections. Bel exemple de la contradiction o&#249; s'enferment beaucoup de coll&#232;gues par conviction d&#233;mocratique, ils ne peuvent que souhaiter l'acc&#232;s du plus grand nombre &#224; la philosophie, mais comme ils se refusent &#224; imaginer d'autres mod&#232;les d'enseignement et qu'ils constatent leurs &#233;checs face &#224; ce nouveau public, ils ne sont pas s&#251;rs au fond d'eux-m&#234;mes de le souhaiter v&#233;ritablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous objecte-t-on, insister sur la diversit&#233; des &#233;l&#232;ves, c 'est risquer de n'offrir aux moins favoris&#233;s, &#224; qui nous devons plus encore qu'aux autres, qu'un enseignement au rabais, c'est renforcer les in&#233;galit&#233;s. La place me manque ici pour discuter cet &#171; argument &#187; comme il le m&#233;riterait, je dirais simplement qu'&#224; mes yeux, il cache, sous l'exigence apparemment d&#233;mocratique et &#233;galitaire, l'&#233;litisme le plus conservateur et le plus m&#233;prisant. Car les faits sont l&#224;. C'est au nom de cet argument qu'on n'a pas voulu organiser depuis 20 ans que les sections G existent, la moindre r&#233;flexion collective, au nom de cet argument qu'on impose aux &#233;l&#232;ves des types de sujets sur lesquels ils n'ont rien &#224; dire, des types de travaux o&#249; l'on sait d'avance qu'ils &#233;choueront, et un cadre d'enseignement qui ignore superbement ce qui les int&#233;resse et ce qu'ils sont. Laissons l&#224; ces faux arguments, ces crispations identitaires et ces illusoires solutions en termes d'horaires qui peuvent flatter le corporatisme mais tournent le dos au vrai probl&#232;me. Ne nous trompons pas d'&#233;poque, personne ne veut aujourd'hui la mort de notre enseignement. Le complexe de la citadelle philosophique assi&#233;g&#233;e par les technocrates et les sciences humaines hante encore trop d'imaginations. Un public nouveau est entr&#233; dans nos classes et ne va cesser d'y affluer. Faisons la preuve de la vitalit&#233; de notre enseignement en r&#233;fl&#233;chissant ensemble s&#233;rieusement aux conditions dans lesquelles nous pourrons lui donner les moyens de faire vraiment de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Jacques ROSAT&lt;br class='autobr' /&gt; Lyc&#233;e technique Roosevelt - Reims&lt;br class='autobr' /&gt; Co-signataire du rapport Bouveresse-Derrida&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bulletin interne du GREPH, mai 1990</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/bulletin-interne-du-greph-mai-1990</link>
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		<dc:date>1990-05-01T16:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph, Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>
		<dc:subject>GREPH</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;[Les extraits pr&#233;sent&#233;s ici forment 3 des 11 pages de ce bulletin de mai 1990. Le GREPH fait le bilan des d&#233;bats et livre une analyse critique et document&#233;e de l'argumentaire du front conservateur. Cet argumentaire simpliste mais efficace forme un discours st&#233;r&#233;otyp&#233; sur l'enseignement de la philosophie qui devient dans la d&#233;cennie, sous l'impulsion de l'Inspection G&#233;n&#233;rale de Philosophie, la doctrine p&#233;dagogique officielle] &lt;br class='autobr' /&gt; GREPH groupe de recherches sur l'enseignement philosophique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/notions" rel="tag"&gt;Notions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/greph" rel="tag"&gt;GREPH&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;[Les extraits pr&#233;sent&#233;s ici forment 3 des 11 pages de ce bulletin de mai 1990. Le GREPH fait le bilan des d&#233;bats et livre une analyse critique et document&#233;e de l'argumentaire du front conservateur. Cet argumentaire simpliste mais efficace forme un discours st&#233;r&#233;otyp&#233; sur l'enseignement de la philosophie qui devient dans la d&#233;cennie, sous l'impulsion de l'Inspection G&#233;n&#233;rale de Philosophie, la doctrine p&#233;dagogique officielle] &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; GREPH
groupe de recherches sur l'enseignement philosophique&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PHILOSOPHIE DES MA&#206;TRES... OU P&#201;DAGOGIES DE LA PHILOSOPHIE ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;[ EXTRAIT o&#249; l'on voit l'APPEP d&#233;clarer p&#233;remptoirement que l'enseignement de la philosophie en amont de la terminale est &#171; ind&#233;fendable &#187; et revendiquer le lib&#233;ralisme le plus &#233;chevel&#233; en mati&#232;re des programmes&#8230; par o&#249; on mesure que la libert&#233; des professeurs n'est pas forc&#233;ment celle des &#233;l&#232;ves et l'APPEP moins r&#233;publicaine qu'elle ne le croit]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quelles que soient les suites que les instances &#224; pouvoir de d&#233;cision voudront lui donner, le Rapport de la Commission de Philosophie et d'&#201;pist&#233;mologie, co-pr&#233;sid&#233;e par Jacques Bouveresse et Jacques Derrida, aura au moins produit dans &lt;strong&gt;le microcosme corporatiste &lt;/strong&gt;un bel &lt;strong&gt;effet de pav&#233; dans la mare&lt;/strong&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'annonce dans la presse de la constitution de cette Commission, et sans attendre d'autre information, &lt;strong&gt;l'Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public &lt;/strong&gt;manifestait pr&#233;vention et hostilit&#233;, [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce fut constamment ensuite, dans la Revue de l'Association, '&lt;i&gt;L'Enseignement Philosophique&lt;/i&gt;', l'orchestration de toute une campagne de propagation de 'rumeurs', d'insinuations malveillantes, d'amalgames et de proc&#232;s d'intention &#233;ditoriaux, articles, et publication de lettres ouverte st&#233;r&#233;otyp&#233;es, &#224; 'Jacques Derrida' pour lui 'rappeler' comminatoirement les 'quelques principes' qui 'doivent guider les travaux de la Commission', &#224; savoir : '&lt;strong&gt;Le programme de philosophie doit subordonner l'histoire de la Philosophie au philosopher, et les auteurs aux notions. Le programme doit &#234;tre&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;lib&#233;ral&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;dans sa conception, afin que le professeur garde toujours l'initiative du choix des probl&#233;matiques et des auteurs. Le programme ne doit t&#233;moigner d'aucune subordination &#224; un auteur ou &#224; un courant philosophique particulier, pass&#233; ou pr&#233;sent... Th&#233;oriquement acceptable,&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;l'enseignement de la philosophie en amont de la classe terminale, en seconde et en premi&#232;re, est pratiquement ind&#233;fendable&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;..'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 89 [&#8230;] le &lt;strong&gt;Bureau national de l'Association&lt;/strong&gt;[&#8230;] distribuait [&#8230;]un &lt;strong&gt;fascicule de 'documentation critique&lt;/strong&gt;', destin&#233; &#224; 'alerter l'ensemble de nos coll&#232;gues', mais, bien s&#251;r, non accompagn&#233; de la citation int&#233;grale du texte critiqu&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agissait, en fait, d'un v&#233;ritable libelle de d&#233;sinformation et d'intoxication de l'opinion, pr&#233;sentant, &#224; coup d'amalgames de citations tronqu&#233;es, interverties et isol&#233;es du contexte, une caricature stup&#233;fiante des propositions de la Commission, visant manifestement &#224; susciter un toll&#233; chez les profs de philo, et &#224; fausser par avance, en provoquant &lt;i&gt;a priori &lt;/i&gt;la pr&#233;vention indign&#233;e et le rejet, toute lecture ult&#233;rieure de l'int&#233;gralit&#233; du Rapport sous sa forme authentique, de mani&#232;re &#224; &#233;touffer dans l'&#339;uf ce vrai &lt;strong&gt;d&#233;bat &lt;/strong&gt;que les auteurs du Rapport incrimin&#233; avaient pr&#233;cis&#233;ment, tr&#232;s explicitement, voulu contribuer &#224; instaurer.[&#8230;] &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[ EXTRAIT o&#249; l'on voit l'effet d'une opinion des &#171; philosophes &#187; savamment pr&#233;par&#233;e par les propagandistes du front conservateur ; l'APPEP r&#233;&#233;ditera l'exploit au moment des programmes Renaut ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le GREPH avait invit&#233; [&#8230;] les enseignants de philosophie de la r&#233;gion parisienne &#224; une premi&#232;re &lt;strong&gt;r&#233;union d'information, d'&#233;tude et de libre discussion&lt;/strong&gt;, &#224; partir d'une lecture critique de ce Rapport. [&#8230;] Mais force a bien &#233;t&#233; de constater l'efficacit&#233; de l'op&#233;ration de diffusion du fascicule de 'documentation critique' r&#233;dig&#233; par les dirigeants du Bureau national de l'Association des Professeurs de Philosophie, puisqu'on retrouvait, d'entr&#233;e de jeu, formul&#233;es presque mot pour mot en les m&#234;mes termes, les principales all&#233;gations de cet aide-m&#233;moire 'critique' dans le discours d'intervenants tr&#232;s sinc&#232;rement &#233;mus, et pourtant cens&#233;s avoir pris la peine de lire le texte int&#233;gral du Rapport, qui leur avait &#233;t&#233; envoy&#233;... [&#8230;] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[ EXTRAIT o&#249; l'on voit comment se forge l'opinion des &#171; philosophes &#187; ]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant d'&#233;tudier les 'arguments' de la r&#233;action conservatrice aux propositions du Rapport Bouveresse-Derrida en comparant les trois textes majeurs en lesquels elle s'est progressivement affirm&#233;e : d'abord, le fascicule du Bureau de l'Association (octobre 89) ; puis un article de Guy Coq dans '&lt;strong&gt;Esprit&lt;/strong&gt;' (janvier 90) ; enfin, un '&lt;strong&gt;Appel&lt;/strong&gt;' &#224; signature, &#233;manant d'un '&lt;strong&gt;Collectif pour l'Enseignement Philosophique&lt;/strong&gt;', qui a d'abord circul&#233; &#224; partir de janvier (avec des airs de constitution d'un r&#233;seau de r&#233;sistance...), avant d'&#234;tre finalement publi&#233; (avec des modifications de formulation non n&#233;gligeables) dans le n&#176; 4 (mars-avril 1990) de '&lt;i&gt;L'Enseignement Philosophique&lt;/i&gt;'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les r&#233;dacteurs du fascicule&lt;/strong&gt;, ignorant apparemment ce que c'est qu'une relation logique d'inclusion, accusent la Commission de renforcer et institutionnaliser 'une dichotomie qu'il s'agirait au contraire d'&#233;viter' entre le &lt;strong&gt;savoir &lt;/strong&gt;et la &lt;strong&gt;r&#233;flexion&lt;/strong&gt;, et parlent d'une '&lt;strong&gt;scission&lt;/strong&gt;' ruineuse aussi bien philosophiquement que p&#233;dagogiquement. Autrement dit, ils n'estiment pas seulement que 'reproduire un r&#233;sum&#233; de dix lignes sur Socrate ou sur l'abstraction' n'est nullement, '&lt;strong&gt;bien au contraire&lt;/strong&gt;' (sic), 'avoir fait preuve, si peu que ce soit de philosophie' (ce qu'on peut &#233;videmment - au 'bien au contraire' pr&#232;s... - facilement leur accorder), mais aussi (si l'on suit la logique de leur postulat dichotomique...) que la &lt;strong&gt;dissertation &lt;/strong&gt;serait &lt;strong&gt;pure 'r&#233;flexion' &lt;/strong&gt;en toute ignorance ! &#201;trange aveu de la 'd&#233;rive' de la 'Philosophie des Professeurs' en une logomachie du N'importe-Quoi... Et quelle &#233;tonnante conception de '&lt;strong&gt;l'unit&#233;&lt;/strong&gt;' de l'&#233;preuve de philosophie que celle qui se manifeste ainsi en l'exclusion du savoir ! (Car, qui donc, ici, oppose, et non pas dichotomiquement, mais &lt;strong&gt;exclusivement&lt;/strong&gt; le&lt;strong&gt;savoir&lt;/strong&gt; et la &lt;strong&gt;r&#233;flexion&lt;/strong&gt; ?!). Mais, au moins, la Commission n'est pas encore explicitement accus&#233;e de vouloir purement et simplement remplacer la 'Dissertation' par un QCM pour l'obtention du baccalaur&#233;at...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pas commence &#224; &#234;tre franchi dans l'article de &lt;strong&gt;Guy Coq,&lt;/strong&gt; qui m&#233;rite d'&#234;tre int&#233;gralement cit&#233; : '&lt;i&gt;La seconde disposition absurde est de pr&#233;voir une interrogation &#233;crite d'une heure (sur les quatre heures de l'&#233;preuve). Faut-il croire que l'alliance de certains responsables avec les &#233;diteurs va plus loin que ne le supposait H&#233;l&#232;ne Huot (dans son livre La Jungle des manuels scolaires) ? Car cette &#233;preuve est d&#233;finie de telle sorte qu'il suffira cette fois-ci de r&#233;citer par c&#339;ur les paragraphes des aide-m&#233;moire pour &#234;tre un philosophe g&#233;nial au bac ! Pourquoi ne pas imaginer, tout de suite, des QCM ? Ce serait plus clair&lt;/i&gt;.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement le m&#234;me terme '&lt;strong&gt;&#233;preuve&lt;/strong&gt;' est utilis&#233; de mani&#232;re &#224; induire &lt;strong&gt;la confusion entre le tout et la partie&lt;/strong&gt; ; non seulement l'insinuation (insidieusement diffamatoire...) de connivence entre les membres de la Commission et les &#233;diteurs de manuels scolaires t&#233;moigne d'une autre confusion que fait Guy Coq entre les adversaires qu'il vise et les gens avec lesquels il fait ici alliance ; mais affirmer qu'il '&lt;strong&gt;suffira&lt;/strong&gt;' d&#233;sormais de r&#233;citer par c&#339;ur les paragraphes des aide-m&#233;moire pour &#234;tre 'un philosophe g&#233;nial' au bac rel&#232;ve de la confusion, non seulement entre la partie et le tout, mais aussi entre le n&#233;cessaire et le suffisant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devrait &#234;tre clair (et l'on rougit d'avoir &#224; dire &#231;a &#224; des coll&#232;gues profs de philo...) qu'il '&lt;strong&gt;suffirait&lt;/strong&gt;' : a) de choisir convenablement le &lt;strong&gt;coefficient &lt;/strong&gt;attribu&#233; aux r&#233;ponses au Questionnaire pour &#233;viter que &#231;a 'suffise' pour avoir la moyenne en 'philo' ; b) de poser intelligemment les questions, de telle sorte qu'il faille quelque peu r&#233;fl&#233;chir pour y r&#233;pondre correctement, pour s'assurer que, m&#234;me si le candidat r&#233;cite quelque chose appris par c&#339;ur (et quel mal y a-t-il &#224; cela ? Ne soyons pas hypocrites !), il le fait &#224; bon escient et prouve qu'il a compris ce que &#231;a veut dire. Et l'existence de cette &lt;strong&gt;partie &lt;/strong&gt;de l'&#233;preuve inciterait les candidats &#224; &lt;strong&gt;travailler&lt;/strong&gt; : il est &lt;strong&gt;p&#233;dagogiquement &lt;/strong&gt;tr&#232;s important de convaincre les candidats que l'&#233;preuve de 'philo', &#231;a n'est pas la 'loterie', et que le travail (quel qu'il soit...) est 'payant'...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l' '&lt;strong&gt;Appel&lt;/strong&gt;' du '&lt;strong&gt;Collectif pour l'Enseignement Philosophique&lt;/strong&gt;', apr&#232;s avoir formul&#233; en 'principe' que : 'En philosophie, la connaissance v&#233;ritable est irr&#233;ductible &#224; la simple 'information', et que : 'Elle a partie li&#233;e avec le temps que requiert la pens&#233;e en acte', il affirme, &lt;strong&gt;sans autre pr&#233;cision&lt;/strong&gt;, que '&lt;strong&gt;Des &#233;preuves d'une heure, en forme de questionnaire, d&#233;riveraient presque in&#233;luctablement vers la doxographie, voire les QCM&lt;/strong&gt;.', donnant ainsi &#224; croire, &#224; qui n'aurait pas lu le texte du Rapport (et ceux qui ont n&#233;anmoins sign&#233; cette p&#233;tition sont plus nombreux qu'on oserait le penser...), qu'il y est propos&#233; de &lt;strong&gt;substituer&lt;/strong&gt; 'des &#233;preuves d'une heure, en forme de questionnaire' aux dissertations pour l'obtention du baccalaur&#233;at...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Extrait de la pr&#233;sentation du Rapport dans l'U.S. (SNES) de mars 1990</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/extrait-de-la-presentation-du-rapport-dans-l-u-s-snes-de-mars-1990</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/extrait-de-la-presentation-du-rapport-dans-l-u-s-snes-de-mars-1990</guid>
		<dc:date>1990-03-23T17:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph, Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>Sujets</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Connaissances</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>
		<dc:subject>GREPH</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;PHILOSOPHIE ET EPISTEMOLOGIE : &lt;br class='autobr' /&gt;
le rapport Derrida-Bouveresse &lt;br class='autobr' /&gt;
[extrait de L'Universit&#233; Syndicaliste N&#176; 234 &#8211; 23 mars 1990 &#8211; &#169; SNES] &lt;br class='autobr' /&gt; PROBL&#201;MATIQUE &lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapport de la commission a ce m&#233;rite particulier de partir des questions vraies et essentielles qui se posent aujourd'hui &#224; cet enseignement, et qui se poseront avec toujours plus d'acuit&#233; d&#232;s lorsque l'on &#233;tendra l'acc&#232;s &#224; l'enseignement philosophique &#224; de nouveaux &#233;l&#232;ves. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi ces questions, on rel&#232;vera celles qui fondent les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/" rel="directory"&gt;Documents relatifs &#224; la guerre des programmes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/notions" rel="tag"&gt;Notions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/sujets" rel="tag"&gt;Sujets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/connaissances" rel="tag"&gt;Connaissances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/greph" rel="tag"&gt;GREPH&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PHILOSOPHIE ET EPISTEMOLOGIE :
&lt;p&gt;le rapport Derrida-Bouveresse&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;[extrait de &lt;i&gt;L'Universit&#233; Syndicaliste&lt;/i&gt; N&#176; 234 &#8211; 23 mars 1990 &#8211; &#169; SNES]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PROBL&#201;MATIQUE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de la commission a ce m&#233;rite particulier de partir des questions vraies et essentielles qui se posent aujourd'hui &#224; cet enseignement, et qui se poseront avec toujours plus d'acuit&#233; d&#232;s lorsque l'on &#233;tendra l'acc&#232;s &#224; l'enseignement philosophique &#224; de nouveaux &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces questions, on rel&#232;vera celles qui fondent les quatre principes du rapport :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;La difficult&#233; majeure, en dix mois, d'op&#233;rer cette sorte de &#171; conversion qui devrait faire passer l'&#233;l&#232;ve de l'opinion commune &#224; l'esprit philosophique &#187; ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;La place de la philosophie par rapport aux autres disciplines : ne pouvant pas pr&#233;tendre &#224; &#171; une position de surplomb &#187;, elle a cependant un r&#244;le &#224; jouer &#171; pour contribuer &#224; l'unit&#233; de la formation &#187; ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Toutes les d&#233;rives r&#233;sultant d'une conception de l'enseignement qui, au nom du souci l&#233;gitime de pr&#233;servation de la libert&#233; p&#233;dagogique et de refus de l'appauvrissement, aboutit, aux yeux des &#233;l&#232;ves, &#224; situer l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at du c&#244;t&#233; de l'al&#233;atoire, sans exigences pr&#233;cises de comp&#233;tences, entra&#238;nant abandon ou bachotage ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Le divorce entre cette conception de l'enseignement de la philosophie, m&#233;caniquement transpos&#233;e, et les publics scolaires de l'enseignement technique, et, plus g&#233;n&#233;ralement les publics scolaires nouveaux qui acc&#233;deront au baccalaur&#233;at dans les prochaines ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les principales propositions d&#233;coulent de ces constats. Elles sont pr&#233;sent&#233;es avec d'infinies pr&#233;cautions, soucieuses de pr&#233;venir les objections, notamment celles qui rel&#232;vent des conditions de travail actuelles dans les lyc&#233;es : &#171; Les propositions que nous faisons n'auraient aucun sens, aucun, int&#233;r&#234;t, aucune chance, elles rencontreraient une opposition l&#233;gitime de la part de tous les professeurs si elles n'&#233;taient pas mises en &#339;uvre dans un contexte nouveau. &#187; On notera avec satisfaction &lt;strong&gt;la priorit&#233; absolue &lt;/strong&gt;accord&#233;e &#224; l'all&#232;gement des effectifs et du nombre maximal de classes &#224; la charge de chacun, comme condition premi&#232;re de ce nouveau contexte.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, les quatre principales propositions du rapport ne manqueront pas de susciter bien des interrogations : leur caract&#232;re novateur est ind&#233;niable mais elles soul&#232;vent presque autant de questions qu'elles pr&#233;tendent en r&#233;soudre. Il serait bon qu'elles fassent l'objet d'une large consultation des professeurs de philosophie. C'est aussi un appel &#224; contributions que lance le S.n.e.s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport qui a le m&#233;rite de rep&#233;rer les probl&#232;mes, de proposer des solutions. Faisons-les d&#233;battre par les professeurs de philosophie avant tout changement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sum&#233; des propositions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1. La philosophie doit intervenir comme constituant indispensable de toute information intellectuelle coh&#233;rente, structur&#233;e et soucieuse de comporter une dimension critique, &#224; partir d'un certain niveau de savoir et de culture ;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Elle doit avoir un caract&#232;re progressif ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Renforcer les liens entre l'enseignement de la philosophie et celui des autres disciplines ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Faciliter le lien entre les diff&#233;rents secteurs du savoir et de la culture aujourd'hui &#233;parpill&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;i&gt;Comme toute discipline fondamentale, la philosophie doit donner lieu &#224; un enseignement qui respecte son identit&#233;, s'articule sur d'autres disciplines et &#233;tende sur plusieurs ann&#233;es le cycle d'une initiation, d'une formation et d'un approfondissement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;*Initiation en premi&#232;re&lt;/strong&gt; &#224; raison de 2 h obligatoires par semaine r&#233;parties selon divers mod&#232;les au cours de l'ann&#233;e, en collaboration avec 3 groupes de disciplines philosophie / sciences-philosophie / sciences sociales philosophie / langages, arts et litt&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;*Formation en TD&lt;/strong&gt; avec horaires suffisants. En aucun cas inf&#233;rieur au volume actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;*Approfondissement en premier cycle universitaire&lt;/strong&gt; avec th&#232;mes appropri&#233;s aux dominantes de formation.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;strong&gt;Innovation prudente mais d&#233;termin&#233;e au baccalaur&#233;at&lt;/strong&gt; : contrat clair - diversification des exercices qui relativise la place de la dissertation : les &#233;l&#232;ves ne devront &#234;tre confront&#233;s qu'&#224; des questions avec lesquelles ils auront pu acqu&#233;rir une r&#233;elle familiarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lutter contre la diversit&#233; illimit&#233;e des sujets, leur extr&#234;me g&#233;n&#233;ralit&#233;, leurs liens trop indirects avec ce qui a &#233;t&#233; &#233;tudi&#233;, l'appel &#224; des capacit&#233;s rh&#233;toriques inaccessibles, proposition d'un &#233;preuve &#233;crite en 4 h combinant :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Une s&#233;rie de questions visant &#224; &#233;valuer l'assimilation du vocabulaire de base, des distinctions conceptuelles &#233;l&#233;mentaires, des points de rep&#232;res dans l'histoire de la philosophie : dur&#233;e 1 heure ; 6 questions avec r&#233;ponses de 10 &#224; 20 lignes, les candidats devraient en choisir 3 ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Une dissertation (ou un commentaire) portant exclusivement sur le programme sp&#233;cial -. dur&#233;e 3 h. Une &#233;preuve orale pour les baccalaur&#233;ats technologiques &#224; partir d'un dossier.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;4. &lt;strong&gt;R&#233;novation en profondeur des programmes et du baccalaur&#233;at.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Programme g&#233;n&#233;ral, d&#233;finir pour une longue p&#233;riode au niveau national (plus restreint que le programme actuel, r&#233;duit d'un tiers : notions, m&#233;thodologie).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Programme sp&#233;cial, constitu&#233; par deux ou trois probl&#232;mes philosophiques de base et l'&#233;tude de deux ou trois &#339;uvres philosophiques, &#224; partir du programme g&#233;n&#233;ral. Probl&#232;mes et &#339;uvres seraient formul&#233;s au plan acad&#233;mique avec pr&#233;sence ou repr&#233;sentation des enseignants (les &#339;uvres pourraient &#234;tre choisies dans un ensemble plus vaste que les &#339;uvres actuelles). Ces probl&#232;mes philosophiques seraient &#233;troitement reli&#233;s aux notions du programme g&#233;n&#233;ral.&lt;br class='autobr' /&gt;
La commission acad&#233;mique serait r&#233;guli&#232;rement renouvel&#233;e.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. &lt;strong&gt;Formation des ma&#238;tres&lt;/strong&gt; : y inclure &#224; tous les niveaux un enseignement de la philosophie comme dans les E.n. actuelles&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Interrogations sur la pratique p&#233;dagogique ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Doit permettre de former les ma&#238;tres &#224; la pratique pluridisciplinaire.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;Qui a peur de la philosophie ?&#034; Jacques Derrida</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/qui-a-peur-de-la-philosophie-jacques-derrida</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/qui-a-peur-de-la-philosophie-jacques-derrida</guid>
		<dc:date>1990-03-10T17:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph, Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Derrida</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1. LES ETATS G&#201;N&#201;RAUX DE LA PHILOSOPHIE &lt;br class='autobr' /&gt; 1. Pour commencer &#224; expliquer un &#233;v&#233;nement comme celui des &#201;tats G&#233;n&#233;raux, il faudrait d&#233;ployer plusieurs types d'analyses et les articuler prudemment entre elles. Il faudrait traiter de toutes les racines de la situation philosophique fran&#231;aise aujourd'hui, de la &#171; sociologie &#187; (disons pour faire vite) des intellectuels, des enseignants et des &#233;tudiants fran&#231;ais, des structures de l'enseignement fran&#231;ais &#224; l'universit&#233;, dans les lyc&#233;es et avant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/" rel="directory"&gt;Documents relatifs &#224; la guerre des programmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/derrida" rel="tag"&gt;Derrida&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. LES ETATS G&#201;N&#201;RAUX DE LA PHILOSOPHIE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Pour commencer &#224; expliquer un &#233;v&#233;nement comme celui des &#201;tats G&#233;n&#233;raux, il faudrait d&#233;ployer plusieurs types d'analyses et les articuler prudemment entre elles. Il faudrait traiter de toutes les racines de la situation philosophique fran&#231;aise aujourd'hui, de la &#171; sociologie &#187; (disons pour faire vite) des intellectuels, des enseignants et des &#233;tudiants fran&#231;ais, des structures de l'enseignement fran&#231;ais &#224; l'universit&#233;, dans les lyc&#233;es et avant les lyc&#233;es, etc. Ce n'est pas au cours d'un entretien que nous nous mesurerons &#224; ces probl&#232;mes. La s&#233;quence la plus proche et la plus apparente, la plus courte aussi nous renvoie &#224; la mise en place de la R&#233;forme Haby, depuis le vote du projet de R&#233;forme du syst&#232;me &#233;ducatif qui avait suscit&#233; une si grande opposition dans le pays, et notamment parmi ceux qui s'int&#233;ressent &#224; la philosophie, qui croient &#224; la n&#233;cessit&#233; de la recherche et du d&#233;bat philosophique dans notre soci&#233;t&#233;... Depuis que la lutte a &#233;t&#233; engag&#233;e contre cette R&#233;forme, certaines menaces n'ont pas cess&#233; de s'aggraver et de se pr&#233;ciser. Il est vrai qu'on &#233;vite prudemment de toucher au baccalaur&#233;at pour l'instant : le probl&#232;me est trop d&#233;licat pour qu'on l'aborde avant l'&#233;ch&#233;ance &#233;lectorale de 1981. Les effets d'une politique visant &#224; restreindre le champ de l'enseignement et de la recherche philosophiques se sont en tout cas accentu&#233;s. Les conditions sont de plus en plus difficiles, elles se d&#233;gradent d'ann&#233;e en ann&#233;e. La r&#233;duction massive du nombre de postes mis au concours n'en est qu'un signe mais il fut plus spectaculaire encore l'an dernier, au moment o&#249; d'autre part on privait de leur poste un grand nombre d'enseignants de philosophie dans les &#201;coles normales. L'ann&#233;e derni&#232;re la R&#233;forme Haby n'&#233;tait pas encore parvenue &#224; cette phase de son application qui concerne les Terminales. Nous attendons les d&#233;crets qui doivent tirer les cons&#233;quences de la R&#233;forme &#224; ce niveau du cursus. Nous ne les avons pas attendus pour nous opposer syst&#233;matiquement aux &lt;strong&gt;principes&lt;/strong&gt; qui doivent les inspirer dans l'ensemble de l'appareil scolaire mais nous ne savons pas encore pr&#233;cis&#233;ment ce que seront ces d&#233;crets quant &#224; la philosophie. Les bruits qui couraient &#224; ce sujet &#8212; comme cela fut dit et maintenant publi&#233; dans les actes des &#201;tats G&#233;n&#233;raux &#8212; &#233;taient inqui&#233;tants, au-del&#224; m&#234;me de ce que nous avions d'abord redout&#233;. Nous avons pens&#233; que cela devait alerter non seulement les enseignants et les &#233;tudiants mais tous ceux que pr&#233;occupe l'avenir de quelque chose comme la philosophie dans ce pays. Un certain nombre de professeurs (philosophes ou non) se sont rassembl&#233;s pour lancer l'Appel que vous savez. Ils l'ont fait dans un langage o&#249; ils pouvaient reconna&#238;tre leur souci commun au-del&#224; de diff&#233;rences philosophiques, politiques ou autres qu'il n'a jamais &#233;t&#233; question de m&#233;conna&#238;tre. Plus de 1 200 personnes ont donc particip&#233; &#224; ces &#201;tats G&#233;n&#233;raux les 16 et 17 juin, dans le Grand amphith&#233;&#226;tre de la Sorbonne. Cette affluence massive et exceptionnelle &#233;tait d&#233;j&#224; &#224; elle seule un &#233;v&#233;nement, un signe et un avertissement. D'autant plus que, il faut y insister, les participants n'&#233;taient pas seulement des philosophes de profession, enseignants ou &#233;tudiants, et pas seulement des universitaires. Ce qui s'est pass&#233; l&#224;, on peut maintenant en avoir une premi&#232;re id&#233;e en lisant la transcription des d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Il faut insister sur la grande diversit&#233; de ceux qui ont pris la responsabilit&#233; d'appeler aux &#201;tats G&#233;n&#233;raux. C'est en France un ph&#233;nom&#232;ne tr&#232;s rare et d'autant plus significatif. Le Comit&#233; des 21 &#233;tait form&#233;, pour une part, de philosophes qui, dans d'autres contextes, ne se trouvent pas si proches les uns des autres... Nous n'avions pas d'ordre du jour pr&#233;alable. Nous souhaitions favoriser un grand d&#233;bat (sans exclusive, sans r&#233;f&#233;rences hi&#233;rarchiques, sans code impos&#233;, sans ph&#233;nom&#232;nes d'autorit&#233; ou de comp&#233;tence), un grand d&#233;bat ouvert, et il s'est engag&#233; dans un lieu et m&#234;me dans une atmosph&#232;re qui rappelaient, beaucoup l'ont not&#233;, certains moments de 68, quand la parole se prenait le plus librement possible, pour discuter, interroger, faire des propositions, travailler, informer. Pour une large part ce que nous esp&#233;rions &#224; cet &#233;gard s'est produit. Comment l'&#233;v&#233;nement peut &#234;tre d&#233;chiffr&#233; &#224; long terme, je ne le sais pas. Il s'agissait en tout cas, me semble-t-il, de ne pas l'investir d'avance de telle ou telle signification historique. Le bilan imm&#233;diat (puisque vous posez la question du &#171; bilan &#187;) serait au moins de deux ordres : d'une part le rassemblement a eu lieu (et il pourrait se reproduire, tout le monde doit en tenir compte et se le tenir pour dit), l'information a circul&#233;, la prise de conscience a &#233;t&#233; acc&#233;l&#233;r&#233;e, des groupes se sont constitu&#233;s et continuent de travailler, &#224; Paris et en Province. Sans que cela nous limite &#224; un point de vue corporatiste (et tant et tant de questions non professionnelles ont &#233;t&#233; pos&#233;es et largement discut&#233;es pendant ces deux journ&#233;es), des r&#233;solutions ont &#233;t&#233; vot&#233;es qui concernent - par exemple - l'extension de l'enseignement philosophique hors de la Terminale. (De telles r&#233;solutions ont ensuite &#233;t&#233; reprises et confirm&#233;es par d'autres instances : c'est le cas de la motion sur l'extension, vot&#233;e quelques jours apr&#232;s par l'assembl&#233;e des correcteurs de philosophie au baccalaur&#233;at dans l'acad&#233;mie de Paris-Versailles.) La r&#233;union d'autres &#201;tats G&#233;n&#233;raux a &#233;t&#233; envisag&#233;e, et elle serait imm&#233;diate si les menaces gouvernementales r&#233;apparaissaient. Le soir du premier jour des EG une d&#233;claration du Ministre &#224; la t&#233;l&#233;vision s'est faite rassurante &#224; ce sujet mais nous attendons les d&#233;crets pour juger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Ce qui montre de fa&#231;on objective et v&#233;rifiable que ce n'&#233;taient pas les E.G. du &lt;strong&gt;Greph&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;c'est que les membres du &lt;strong&gt;Greph&lt;/strong&gt; &#233;taient en minorit&#233; dans le Comit&#233; de Pr&#233;paration et plus encore au cours des E.G. eux-m&#234;mes. Ce point de vue quantitatif, qui n'est pas toujours probant, l'est en tout cas chaque fois qu'il y a vote et toutes les r&#233;solutions ont &#233;t&#233; vot&#233;es d&#233;mocratiquement. Il est vrai que l'id&#233;e des E.G. a d'abord &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e par certains membres du &lt;strong&gt;Greph&lt;/strong&gt; (d'abord par Brunet, je l'ai rappel&#233; &#224; l'ouverture des E.G.), mais nous avons pens&#233; que le rassemblement le plus large &#233;tait n&#233;cessaire pour tout ce qui engageait cet &#233;v&#233;nement aussi bien que pour les ordres du jour, les r&#233;solutions, etc. Tout ce qui a maintenant &#233;t&#233; publi&#233; en t&#233;moigne : le &lt;strong&gt;Greph&lt;/strong&gt; a sans doute provoqu&#233; l'&#233;v&#233;nement mais n'a pas voulu se l'approprier ou le dominer &#8212; et ne l'a pas fait. Sans doute avons-nous d&#233;fendu les positions du &lt;strong&gt;Greph&lt;/strong&gt;dans les discussions mais quoi de plus l&#233;gitime ? Les membres d'autres associations l'ont fait aussi et c'est bien. Que le &lt;strong&gt;Greph&lt;/strong&gt; soit plus mobilis&#233; et depuis plus longtemps sur des positions de lutte qui parfois et de plus en plus emportent la conviction, c'est aussi vrai. Le meilleur exemple en a &#233;t&#233; la r&#233;solution vot&#233;e au sujet de l'extension de la philosophie &#224; partir de la seconde, mais il ne faut pas oublier que cette r&#233;solution reste encore en retrait par rapport &#224; nos propres perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Pr&#233;cisons encore, le &lt;strong&gt;Greph&lt;/strong&gt; n'est ni un syndicat ni une association corporative. Depuis 1975 il rassemble un grand nombre d'enseignants et d'&#233;tudiants, philosophes ou non, d&#233;cid&#233;s &#224; s'interroger sur l'institution philosophique, sur son histoire et son fonctionnement actuel, mais aussi &#224; y intervenir en posant de nouvelles questions et en y agissant autrement. Sur le programme de travail et les perspectives d'action du &lt;strong&gt;Greph&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;sur son avant-projet constitutif et ses premi&#232;res prises de position, je ne peux que vous renvoyer ici &#224; des textes publi&#233;s dans&lt;strong&gt;Qui a peur de la philosophie&lt;/strong&gt;&lt;i&gt; ? &lt;/i&gt;(Flammarion, Champs, 1977). Actuellement, partout en France, sans aucune centralisation, &#224; l'&#233;cart de toute orthodoxie et de toute hi&#233;rarchie, de nombreux groupes travaillent &#224; la transformation de l'enseignement et de la recherche philosophiques. Ils le font dans des conditions tr&#232;s variables d'un groupe &#224; l'autre. Toutes les questions abord&#233;es aux E.G. sont &#233;videmment des questions privil&#233;gi&#233;es par le &lt;strong&gt;Greph&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;qu'il s'agisse des m&#233;dias ou de la situation de la philosophie en France aujourd'hui, des programmes ou des sanctions &#233;valuatrices, de l'&#233;dition ou de la sc&#232;ne p&#233;dagogique dans tous ses &#233;l&#233;ments, du probl&#232;me des femmes dans la philosophie, mais aussi bien d'autres questions qui n'ont pas &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;es aux E.G. Bien que nous prenions des positions militantes sur les probl&#232;mes imm&#233;diats (par exemple pour riposter &#224; la R&#233;forme Haby selon un mot d'ordre offensif et nouveau qui n'&#233;tait plus celui de la d&#233;fense traditionnelle de la Terminale, ou encore au moment de l'exclusion d'un grand nombre de philosophes des &#201;coles normales, etc.), nous concevons notre travail comme une t&#226;che de longue haleine, tourn&#233;e vers ce que certains consid&#232;rent comme des utopies dangereuses (ce fut d&#233;j&#224; le cas pour l'extension de l'enseignement philosophique hors des terminales : les choses ont chang&#233; en quelques ann&#233;es dans l'esprit de beaucoup).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. L'engagement a &#233;t&#233; pris, aux E.G., d'&#233;largir et de renouveler cette exp&#233;rience. Dans chaque acad&#233;mie devraient se constituer des permanences qui ne concurrenceraient en rien les organisations syndicales et corporatives mais qui donneraient du mouvement, proposeraient de nouvelles probl&#233;matiques et de nouveaux modes d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Relever la diminution croissante des postes mis au concours, ce n'est pas simplement du corporatisme. Les effets de cette mesure sont tr&#232;s &#233;tendus, et bien au-del&#224; des probl&#232;mes de recrutement. Il y a de moins en moins d'&#233;tudiants de philosophie d&#232;s lors que tout avenir professionnel est interdit, et ils sont de plus en plus d&#233;courag&#233;s, d&#233;mobilis&#233;s, cela d&#233;t&#233;riore les conditions de la recherche, pour ne rien dire des conditions du d&#233;bat philosophique en dehors des lieux d'enseignement. A cet &#233;gard, les d&#233;clarations minist&#233;rielles qui se voulaient apaisantes au lendemain des E.G. sont loin de nous satisfaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. L'extension de l'enseignement philosophique aurait de telles cons&#233;quences sur la totalit&#233; du syst&#232;me &#233;ducatif qu'on ne peut absolument pas la consid&#233;rer comme une position de repli. Sur ces cons&#233;quences il est difficile de s'&#233;tendre ici mais les travaux du &lt;strong&gt;Greph &lt;/strong&gt;(cf. &lt;strong&gt;Qui a peur de la philosophie&lt;/strong&gt;&lt;i&gt; ?, &lt;/i&gt;par exemple) peuvent en donner une id&#233;e. Tout ce qui a &#233;t&#233; dit sous une forme programmatique aux E.G. est loin de correspondre &#224; un repli. Mais bien s&#251;r il ne s'agissait l&#224; que d'une phase pr&#233;liminaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. LA PHILOSOPHIE ET SON ENSEIGNEMENT&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. L'extension de la philosophie nous para&#238;t souhaitable (selon des modes &#224; inventer et des formes qui ne reviendraient pas &#224; &#171; dispenser &#187; ailleurs un enseignement d&#233;j&#224; connu et constitu&#233;, bien s&#251;r) non seulement en amont de la terminale mais aussi en aval, dans les Universit&#233;s, en dehors des sections de philosophie. Cela correspond d'ailleurs &#224; une demande tr&#232;s vivante de la part de scientifiques, de juristes, de litt&#233;raires, de m&#233;decins, de techniciens, etc. A propos de la comparaison avec des syst&#232;mes europ&#233;ens qui ne comportent pas d'enseignement philosophique avant l'Universit&#233;, notre revendication peut en effet para&#238;tre au premier abord insolite ou exorbitante. Mais nous nous battons dans un contexte fran&#231;ais qui a son histoire, et il est d'autre part remarquable que les questions soulev&#233;es par le &lt;strong&gt;Greph&lt;/strong&gt;int&#233;ressent beaucoup (et pour des raisons essentielles, qui tiennent &#224; des traits communs &#224; toutes les soci&#233;t&#233;s industrielles dans leur phase actuelle) hors de France, en Europe et aux &#201;tats-Unis. C'est au moment o&#249; certains r&#233;clament plus de philosophie, et d&#232;s avant l'Universit&#233;, hors de France, qu'on songe chez nous &#224; faire le chemin inverse. De cet int&#233;r&#234;t et de cette inqui&#233;tude nous avons des signes nombreux partout o&#249; des forces socio-politiques tentent de limiter certains types de recherche (la philosophie n'est pas la seule et nous sommes tr&#232;s attentifs &#224; ce qui d&#233;borde ici l'unit&#233; d'une &#171; discipline &#187;). Ces questions sont d'actualit&#233; dans de nombreux pays europ&#233;ens ou am&#233;ricains, en Afrique du Nord et dans plus d'un pays d'Afrique noire francophone. Des groupes analogues au &lt;strong&gt;Greph&lt;/strong&gt; et en relation avec lui s'y constituent et travaillent avec nous. Un des principes du &lt;strong&gt;Greph&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;c'est de ne pas s'enfermer dans les limites d'une discipline mais de tenter de repenser les rapports entre la pratique philosophique et les autres. Nous ne proposons jamais rien qui n'implique &#224; cet &#233;gard une r&#233;&#233;laboration fondamentale et elle ne peut &#234;tre engag&#233;e que dans un travail commun avec les chercheurs, enseignants, et &#233;tudiants d'autres disciplines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Toute r&#233;ponse &#224; cette question&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Question de Guy Coq : &#171; Que pourrait &#234;tre un enseignement secondaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d&#233;ploie d&#233;j&#224; &lt;strong&gt;une&lt;/strong&gt; philosophie. Parmi tous ceux qui militent aujourd'hui pour l'extension de l'enseignement philosophique, il y a bien des diff&#233;rences et des diff&#233;rends philosophiques. La conviction commune, pour l'instant, c'est que la question, le type de question que vous posez ne pourra &#234;tre s&#233;rieusement &#233;labor&#233; que le jour o&#249; les conditions mat&#233;rielles et techniques de l'enseignement et de la recherche seront am&#233;lior&#233;es et plus ouvertes. Mais lutter pour cela c'est d&#233;j&#224; prendre parti - et philosophiquement. Nous sommes tous d'accord pour que ce grand d&#233;bat philosophique se d&#233;veloppe : aujourd'hui, malgr&#233; certaines apparences, il est entrav&#233; de toutes parts. Plus le travail philosophique sera actif et vivant &#224; l'int&#233;rieur de l'institution, plus il le sera au-dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Il n'y a jamais eu d'unit&#233; pure du discours philosophique et sans doute pour des raisons essentielles. Difficile de s'engager ici dans ce probl&#232;me. Il reste qu'&#224; certaines p&#233;riodes (de l'histoire et de telle ou telle soci&#233;t&#233;) une &lt;strong&gt;repr&#233;sentation&lt;/strong&gt; a pu s'imposer de cette relative unit&#233; du code et du d&#233;bat philosophiques. Au prix de puissantes exclusions, naturellement. Aujourd'hui ce qui s'appelle philosophie est le lieu de la plus grande disparit&#233; des discours. Un indice &#8211;sur lequel il ne faut pas se lamenter, et dont il faut tenir compte&#8212; : un professeur de philosophie ressemble moins &#224; un autre professeur de philosophie qu'&#224; n'importe quel autre professeur, je crois que j'exag&#232;re &#224; peine. Si on pouvait entendre simultan&#233;ment tous les discours et tous les enseignements qui se produisent aujourd'hui sous le titre de la philosophie, on serait, je crois, ahuri non pas seulement par la diff&#233;rence des contenus, &#224; laquelle il est l&#233;gitime de s'attendre, mais par la diff&#233;rence des codes &#233;l&#233;mentaires, par l'intraductibilit&#233; des langages, des &#233;valuations les plus d&#233;cisives (par exemple dans la d&#233;termination des &#171; questions &#187; et des &#171; textes &#187; qu'un travail pr&#233;liminaire ne devrait pas contourner, la d&#233;termination de ce qu'on aurait nagu&#232;re appel&#233; une &#171; formation fondamentale &#187; : cette expression m&#234;me fait probl&#232;me et c'est encore un signe). Penser cet &#233;branlement profond, qui ne nous arrive pas par accident et de l'ext&#233;rieur, simplement, voil&#224; une de nos t&#226;ches, sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. DE QUELQUES CRITIQUES ET MALENTENDUS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; 11. On peut en venir aux critiques, si vous voulez. D'abord, il ne saurait &#234;tre question de vouloir mettre les E.G. &#224; l'abri de la critique ; il s'agissait au contraire d'ouvrir les discussions les plus larges et les plus contradictoires, et deux jours de d&#233;bats improvis&#233;s ne pouvaient, ni ne devaient donner lieu &#224; un corpus inattaquable de propositions absolument coh&#233;rentes et suffisantes, de forme doctrinale ou dogmatique. Cela dit, toute critique n'est pas juste pour autant. Par exemple celle qui accuse le geste d'auto-d&#233;fense. Il n'y aurait rien d'ill&#233;gitime pour des enseignants conscients de leur responsabilit&#233; &#224; d&#233;fendre leurs conditions de travail. Nous l'avons fait, mais nous ne nous y sommes pas limit&#233;s, comme peuvent en t&#233;moigner les actes des E.G. auxquels je ne peux ici que renvoyer. Comme vous savez, les participants aux E.G. &#233;taient dans une proportion que je crois assez importante des non-philosophes et m&#234;me des non-enseignants. Les questions pos&#233;es &#233;taient tr&#232;s larges, elles concernaient la place et les modes de la pratique philosophique dans la soci&#233;t&#233; et hors de l'institution, le sens de la pens&#233;e philosophique aujourd'hui, la destination g&#233;n&#233;rale de l'enseignement. Tout cela portait bien au-del&#224; de l'horizon professionnel. Et &#224; aucun moment, &#224; personne il n'a paru souhaitable de se replier vers les conditions anciennes de la pratique philosophique. Les transformations et l'extension propos&#233;es concernaient la recherche et l'enseignement en g&#233;n&#233;ral, au-del&#224; de la philosophie, et aussi bien la philosophie hors de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venons-en au caract&#232;re pr&#233;tendument &#171; h&#226;tif &#187; du discours sur les m&#233;dias. La question des m&#233;dias (de leur fonction et de leur fonctionnement actuel, de leur r&#244;le dans la culture, de leurs effets sur l'enseignement, etc.) a occup&#233; une place importante, et ce ne fut pas un &#171; faux d&#233;bat &#187;. Si par &#171; h&#226;tif &#187; on voulait souligner que ce d&#233;bat a &#233;t&#233; pour une part improvis&#233;, on n'aurait pas tout &#224; fait tort, encore que la probl&#233;matique des m&#233;dias ait &#233;t&#233; reconnue dans sa n&#233;cessit&#233; d&#232;s l'ouverture de la premi&#232;re journ&#233;e (dans des formules que je crois prudentes, diff&#233;renci&#233;es, programmatiques) et que ceux qui ont pris la part la plus active au groupe de travail sur les m&#233;dias (je pense en particulier &#224; Debray) y aient apport&#233; les r&#233;sultats d'un travail consid&#233;rable. On peut se f&#233;liciter que pour la premi&#232;re fois, f&#251;t-ce dans une relative improvisation, soit abord&#233; un type de questions que je crois fondamentales et jusqu'ici insuffisamment reconnues dans le milieu scolaire et universitaire. C'est pourquoi j'avais cru n&#233;cessaire de les mettre sous le projecteur d&#232;s la premi&#232;re s&#233;ance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les discours tenus ont-ils &#233;t&#233; &#171; h&#226;tifs &#187; ? Pour une &#233;valuation honn&#234;te il faut ne pas se contenter des simplifications scandaleuses auxquelles certains se sont livr&#233;s dans les jours suivants (je pense en particulier &#224; tel compte rendu, si on peut dire, haineux, on peut le dire, de l'&lt;strong&gt;Express&lt;/strong&gt; et &#224; telle note du &lt;strong&gt;Nouvel Observateur&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;). &lt;/i&gt;Il faut plut&#244;t revenir &#224; ce qui fut effectivement dit (qui se trouve maintenant publi&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tats G&#233;n&#233;raux de la Philosophie, op. cit.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) et qui fut prudent, compliqu&#233;, et je crois, pour un d&#233;bat si bref, assez &#233;labor&#233;. Le groupe sur l'enseignement et les m&#233;dias a travaill&#233; de longues heures, il a r&#233;uni un nombre tr&#232;s important de participants, la discussion qui pr&#233;c&#233;da l'approbation du rapport fut longue. En lisant la transcription des d&#233;bats aux EG, on s'apercevra (si du moins on &#233;tait d&#233;cid&#233; &#224; en douter) qu'ils ne comportent aucune critique des m&#233;dias en tant que tels et en g&#233;n&#233;ral, seulement de certaines conditions techniques ou politiques de leur fonctionnement actuel, et des effets g&#233;n&#233;raux que cela ne peut manquer d'avoir sur le discours, l'enseignement, la recherche, etc. Toutes sortes de pr&#233;cautions ont &#233;t&#233; prises pour que cela ne ressemble en aucun cas au proc&#232;s sommaire des m&#233;dias en g&#233;n&#233;ral. Qu'on relise ou qu'on lise. Les enjeux &#233;tant graves, les investissements nombreux et divers, on ne peut s'interroger sur la presse et sur les m&#233;dias sans faire na&#238;tre beaucoup de nervosit&#233;. Les r&#233;actions sont puissantes et elles viennent par d&#233;finition de lieux surarm&#233;s en ce domaine. Certains voudraient interdire que ces questions soient pos&#233;es en toute libert&#233; et au grand jour comme nous l'avons fait. Par exemple, c'est sans doute pour cela que le dimanche apr&#232;s-midi une petite troupe tr&#232;s d&#233;cid&#233;e avait tent&#233; de rendre le travail impossible et d'interrompre nos d&#233;bats : tapage continu, sifflements, hurlements hargneux pour couvrir ou brouiller toute parole, bref, la technique &#233;prouv&#233;e du petit commando terroriste. La troupe &#233;tait anim&#233;e par B.H. L&#233;vy et D. Grisoni. Il leur fut propos&#233; de prendre la parole au micro comme tout autre participant. Quand ils ont commenc&#233; &#224; le faire, certains ont protest&#233; dans la salle, sans doute exasp&#233;r&#233;s par le sabotage en cours et l'obstruction forcen&#233;e. Pr&#232;s de la tribune o&#249; se trouvait le micro, deux ou trois inconnus ont m&#234;me &lt;strong&gt;provoqu&#233; une br&#232;ve et l&#233;g&#232;re bousculade &lt;/strong&gt;(je p&#232;se mes mots). Mais les organisateurs, qui l'y avaient d'ailleurs invit&#233;, ont fait en sorte que B.H. L&#233;vy puisse avoir la parole en toute libert&#233;. Ce qui eut lieu, et cette intervention est maintenant publi&#233;e. Je ne m'attarderais pas sur cet incident, au demeurant fort &#233;clairant, si je ne venais d'apprendre qu'&#224; en croire un entretien entre Ph. Sollers et B.H. L&#233;vy, ce dernier aurait &#233;t&#233; &#171; pass&#233; &#224; tabac &#187; aux &#201;tats G&#233;n&#233;raux. &#171; Pass&#233; &#224; tabac &#187; ! On peut esp&#233;rer qu'un d&#233;fenseur aussi &#233;loquent des droits de l'homme conna&#238;t le sens et prend la mesure de cette expression qu'il avait d&#233;j&#224; employ&#233;e, &#224; propos du m&#234;me incident, au cours de l'une de ses apparitions &#224; la t&#233;l&#233;vision (entretien cette fois avec J.-L. Servan-Schreiber). Il s'agit l&#224;, de la part de B.H. L&#233;vy, de la plus ignoble diffamation. Au cours de cette &lt;strong&gt;br&#232;ve et l&#233;g&#232;re bousculade&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;j'y insiste, aucun coup ne fut port&#233; par personne : des gens qui crient dans la confusion, se pressent autour d'un micro ou se tirent par la veste, voil&#224; les faits, plus de mille personnes peuvent l'attester. Sachant comme tout le monde que B.H. L&#233;vy se soucie peu de distinguer entre le faux et le vrai (alors m&#234;me qu'il porte la V&#233;rit&#233;, la Loi et l'&#201;thique &#224; la boutonni&#232;re), j'aurais abandonn&#233; ces sympt&#244;mes &#224; leur contexte sinistre et d&#233;risoire &#224; la fois, je n'aurais pas relev&#233; une m&#233;prisable calomnie si le faux, cette fois, ne faisait injure &#224; tous ceux qui &#233;taient pr&#233;sents aux &#201;tats G&#233;n&#233;raux, &#224; &lt;strong&gt;tous&lt;/strong&gt; et non seulement aux ma&#238;tres-auxiliaires que B.H. L&#233;vy, dans le m&#234;me &#233;lan, renvoie si confortablement &#224; leurs petits probl&#232;mes. Propag&#233; et accr&#233;dit&#233; par des organes publics (t&#233;l&#233;vision, p&#233;riodique), ce faux constitue une agression trop grave et trop massive pour qu'on la laisse sans r&#233;ponse, si peu de go&#251;t qu'on ait pour de tels &#233;changes. Ah ! si la cause des droits de l'homme n'avait que des d&#233;fenseurs si prompts &#224; injurier et &#224; falsifier, nous devrions &#234;tre plus inquiets que jamais. Je ferme cette parenth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. C'est ici&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;ponse &#224; une intervention d'Olivier Mongin : &#171; ... Il faut aller plus loin, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'une analyse patiente et multiple, allant dans de nombreuses directions, devrait expliquer que &lt;strong&gt;telle&lt;/strong&gt; critique du totalitarisme -de &lt;strong&gt;tel&lt;/strong&gt; totalitarisme- n'a eu acc&#232;s &#224; la t&#233;l&#233;vision, sous &lt;strong&gt;telle&lt;/strong&gt; forme, qu'&#224; un moment pr&#233;cis de l'histoire de ce pays, alors qu'elle &#233;tait ailleurs clairement formul&#233;e, inform&#233;e, aiguis&#233;e depuis longtemps, et que depuis longtemps elle avait justifi&#233; chez certains des prises de position sans &#233;quivoque. Je ne crois pas que seule la difficult&#233; du discours soit en cause, mais tout un ensemble d'&#233;valuations lat&#233;rales qui accompagnent un contenu (par exemple ce que vous appelez la critique du totalitarisme, &#224; quoi tout est loin de se r&#233;sumer). Mais il ne faut pas se livrer &#224; l'improvisation dans ce domaine qui souffre d&#233;j&#224; de trop de st&#233;r&#233;otypies et de manipulations l&#224; o&#249; nous aurions besoin de travaux fins, diff&#233;renci&#233;s, ne c&#233;dant &#224; aucune intimidation. Et je me demande si la forme de l'entretien, si utile et &#233;clairante d'un autre point de vue, ne risque pas de nous pr&#233;cipiter vers des simplifications. Je me contenterai ici, &#224; la place d'une analyse difficile &#224; reconstituer dans ces conditions, de marquer une prise de position tr&#232;s claire, tout en renvoyant aux textes publi&#233;s : personne, je crois, aux &#201;tats G&#233;n&#233;raux, personne au &lt;strong&gt;Greph&lt;/strong&gt; n'a attaqu&#233; quelque chose comme les m&#233;dias en tant que tels et en g&#233;n&#233;ral mais, je le disais tout &#224; l'heure, un certain &#233;tat et un certain usage aujourd'hui, en France, de tel ou tel instrument du type &#171; m&#233;dias &#187;. Pour ma part, j'ai dit le plus clairement du monde ma d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de toute r&#233;activit&#233; contre les m&#233;dias, et j'ajouterai d'un mot : des m&#233;dias je trouve seulement qu'il &lt;strong&gt;n'y en a pas assez&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;&#199;a souffre plut&#244;t de monolithisme, de concentration, de monopolisation, d'uniformisation violente et arraisonn&#233;e. Bref, le sympt&#244;me le plus criant est de type oligarchique. Alors pourquoi ce petit nombre d'op&#233;rateurs, et pourquoi ceux-l&#224;, voil&#224; peut-&#234;tre de quelle question on peut partir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Question de Guy Coq : &#171; &lt;i&gt;Que pourrait &#234;tre un enseignement secondaire aujourd'hui, c'est-&#224;-dire une &#233;cole proposant aux adolescents un minimum de rapport aux traditions culturelles de leur collectivit&#233; historique ? C'est la question essentielle que personne n'a abord&#233;e&lt;/i&gt; (si l'on excepte le GREPH). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tats G&#233;n&#233;raux de la Philosophie, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;ponse &#224; une intervention d'Olivier Mongin : &#171; ... &lt;i&gt;Il faut aller plus loin, se demander si la TV d&#233;nature n&#233;cessairement un travail philosophique. Il faudrait se demander quel a &#233;t&#233; le r&#244;le de la nouvelle philosophie par rapport &#224; la critique du totalitarisme. Il faudrait se demander si elle est bien pass&#233;e &#224; la TV parce que sa forme de discours s'y pr&#234;tait alors que le discours de Lefort ou Castoriadis &#233;tait moins susceptible de passer la rampe. Ce n'est pas si s&#251;r. De toute fa&#231;on on s'exile et on exile le travail culturel si on pense qu'il n'est pas communicable en dehors de ceux qui savent d&#233;j&#224; lire&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bulletin interne du GREPH, f&#233;vrier 1990</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/bulletin-interne-du-greph-fevrier-1990</link>
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		<dc:date>1990-02-06T17:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph, Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;'Aussi n&#233;faste que soit une institution pour une soci&#233;t&#233; dont les conditions sont en train de changer, ce qui peut conduire &#224; modifier ou &#224; abandonner cette institution ne provient jamais d'un individu qui n'en souffrirait pas. Les innovations sociales sont faites par ceux qui souffrent des conditions existantes, et non par ceux qui en b&#233;n&#233;ficient.' (Ralph Linton, Le fondement culturel de la personnalit&#233;. Dunod, 1959, p. 26). &lt;br class='autobr' /&gt;
GREPH &lt;br class='autobr' /&gt;
groupe de recherches sur l'enseignement philosophique (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/" rel="directory"&gt;Documents relatifs &#224; la guerre des programmes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;'Aussi n&#233;faste que soit une institution pour une soci&#233;t&#233; dont les conditions sont en train de changer, ce qui peut conduire &#224; modifier ou &#224; abandonner cette institution ne provient jamais d'un individu qui n'en souffrirait pas. Les innovations sociales sont faites par ceux qui souffrent des conditions existantes, et non par ceux qui en b&#233;n&#233;ficient.' (Ralph Linton, &lt;i&gt;Le fondement culturel de la personnalit&#233;&lt;/i&gt;. Dunod, 1959, p. 26).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;GREPH
&lt;p&gt;groupe de recherches sur l'enseignement philosophique&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;BULLETIN INTERIEUR&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier 1990&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA R&#201;UNION DU 9 D&#201;CEMBRE 1989. &lt;/strong&gt;Suite. Voir &lt;i&gt;Bulletin &lt;/i&gt;de janvier 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'On s'est beaucoup inqui&#233;t&#233; de la r&#233;duction du nombre des th&#232;mes... Mais avec un seul th&#232;me on peut quadriller &#224; peu pr&#232;s un tiers du programme de notions... C'est-&#224;-dire qu'avec trois th&#232;mes, convenablement choisis, on pourrait faire un travail beaucoup plus efficace que celui que l'on fait actuellement avec tout ce catalogue de notions, et avoir une vue beaucoup plus globale, ensuite, de ce que c'est qu'une interrogation philosophique.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Sans doute ceux qui approuvent le Bureau de l'Association des Professeurs de Philosophie de s'&#234;tre empress&#233;, comme on sait, de proclamer, d&#232;s l'annonce de la constitution de la Commission, que '&lt;strong&gt;les principes, la conception g&#233;n&#233;rale des programmes actuels satisfont la majorit&#233; de nos coll&#232;gues &lt;/strong&gt;(sic. Lettre-circulaire du 17 janvier 1989, adress&#233;e par Jean Lefranc 'aux Professeurs de Philosophie'...) consid&#232;rent-ils qu'en fait l'actuel programme de notions, &#224; l'&#233;vidence d&#233;mesur&#233;, de la terminale A &#233;quivaut &#224; l'absence de tout programme (et qu'ainsi se trouve intangiblement assur&#233;e la libert&#233; individuelle du Professeur de Philosophie !)... Mais alors, il faut le dire clairement, et demander la suppression de tout programme scolaire officiel pour l'enseignement de la philosophie.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Mais certains de ceux qui disent que l'organisation actuelle des programmes (en notions, auteurs, questions libres) leur parait 'globalement satisfaisante' disent aussi et en m&#234;me temps, que 'le programme de philosophie doit subordonner les auteurs aux &lt;strong&gt;notions&lt;/strong&gt;' et que 'le programme doit &#234;tre &lt;strong&gt;suffisamment d&#233;fini et pr&#233;cis&#233; &lt;/strong&gt;pour que le professeur puisse pr&#233;parer efficacement les &#233;l&#232;ves aux &lt;strong&gt;sujets d'examen &lt;/strong&gt;du baccalaur&#233;at'... Autrement dit, selon eux, tout doit continuer d'&#234;tre r&#233;gi par le &lt;strong&gt;catalogue des 'notions du Programme'&lt;/strong&gt;, cens&#233;, actuellement, de fa&#231;on 'globalement satisfaisante' d&#233;finir et pr&#233;ciser ledit programme, et aussi par les Annales ('corrig&#233;es' ?&lt;i&gt;) &lt;/i&gt;de ces &lt;strong&gt;sujets d'examen&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;auxquels le professeur peut ainsi pr&#233;parer efficacement ses &#233;l&#232;ves... (Reste &#224; savoir si tel est vraiment l'avis de 'la majorit&#233; de nos coll&#232;gues' ; en tout cas, il ne semble pas que ce soit celui de la majorit&#233; de nos &#233;l&#232;ves...).'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Au fond, &#224; la base de toutes ces contradictions, il y a la confusion constante entre '&lt;strong&gt;notion&lt;/strong&gt;', et '&lt;strong&gt;th&#232;me&lt;/strong&gt;' au niveau du programme (et, corr&#233;lativement, entre 'probl&#232;me' et 'probl&#233;matique' en ce qui concerne la p&#233;dagogie, et entre 'question' et 'sujet' quand on parle des &#233;preuves pour. l'examen)... Et cette confusion intervient dans la r&#233;daction m&#234;me des actuels programmes, car s'il est express&#233;ment dit, d&#232;s l'abord, que 'dans les sections A,B,C,D,E,F11&lt;strong&gt;, les notions sont group&#233;es par th&#232;mes fondamentaux&lt;/strong&gt;' (et que d'autres regroupements - mais toujours au sein des &lt;strong&gt;groupements th&#233;matiques 'fondamentaux'&lt;/strong&gt;, &#224; savoir : '&lt;i&gt;L'homme et le monde&lt;/i&gt;', etc. - seraient tout aussi l&#233;gitimes...), dans l'&#233;num&#233;ration d&#233;taill&#233;e de ces 'notions' figurent, aussi bien que des termes simples tels que &lt;i&gt;'la conscience', 'le d&#233;sir', &lt;/i&gt;etc., des formules complexes, telles que &lt;i&gt;'La formation des concepts scientifiques (un exemple)' &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;'Logique et math&#233;matique'&lt;/i&gt;, ou &lt;i&gt;'La connaissance du vivant', &lt;/i&gt;qui d&#233;signent, &#224; l'&#233;vidence, d&#233;j&#224; un sous-groupement th&#233;matique, voire imposent une probl&#233;matique...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Il y a une fa&#231;on de r&#233;soudre le probl&#232;me du &lt;strong&gt;regroupement probl&#233;matique des notions, &lt;/strong&gt;c'est de travailler l&#224;-dessus, au d&#233;but de l'ann&#233;e, aven les &#233;l&#232;ves, &#224; partir du programme de notions tel qu'il est. Moi, je fais &#231;a comme &#231;a : je leur donne toutes les notions m&#233;lang&#233;es... et puis je leur dis : 'vous les classez...'. Et apr&#232;s, on fait tout un travail sur leur classement : ils expliquent les pr&#233;suppos&#233;s de leurs classements. Il y a donc tout un &lt;strong&gt;travail, &lt;/strong&gt;qui est d&#233;j&#224; un &lt;strong&gt;travail philosophique&lt;/strong&gt;, qui consiste &#224; s'interroger sur le sens des mots, se demander pourquoi tel mot 'va' avec tel autre, pourquoi un groupe a mis ce mot-l&#224; avec cet autre ; et pourquoi un autre groupe l'a mis avec un autre mot, etc. Donc, d&#233;j&#224; l&#224;, il y a un d&#233;but de &lt;strong&gt;conceptualisation&lt;/strong&gt;, un d&#233;but de &lt;strong&gt;r&#233;flexion &lt;/strong&gt;sur les pr&#233;suppos&#233;s d'une organisation non-conceptuelle... et, &#224; partir de l&#224;, c'est &lt;strong&gt;la classe toute enti&#232;re &lt;/strong&gt;qui va b&#226;tir le programme de l'ann&#233;e. A ce moment-l&#224;, les mots, les notions qui sont dans le programme ne sont plus, justement, la d&#233;nomination de chapitres &#224; enfiler, mais &#231;a devient des &#233;l&#233;ments de &lt;strong&gt;probl&#233;matiques &lt;/strong&gt;qu'ils ont eux-m&#234;mes con&#231;ues... Et c'est aussi une fa&#231;on d'&#233;viter de se r&#233;fugier &lt;i&gt;dans &lt;/i&gt;la fameuse 'libert&#233; p&#233;dagogique du Professeur', qui, lui seul, d&#233;cide que telle probl&#233;matique est int&#233;ressante et doit &#234;tre trait&#233;e en premier, ensuite que ce sera telle autre, etc. &lt;strong&gt;C'est la classe enti&#232;re qui d&#233;cide&lt;/strong&gt;, et qui r&#233;&#233;value, en cours d'ann&#233;e, le chemin parcouru, non pas sur le traitement morceau par morceau du programme, mais &#224; partir de probl&#233;matiques que les &#233;l&#232;ves ont eux-m&#234;mes d&#233;finies (et dont, par cons&#233;quent, on peut penser qu'ils les comprennent...).'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'&#201;viter de confondre '&lt;strong&gt;notions&lt;/strong&gt;' (ou concepts) avec 'th&#232;mes' (ou 'probl&#232;mes', 'questions', etc.) me parait - j'y insiste - quelque chose de fondamentalement important. Et, pour ma part, je sais gr&#233; au Rapport de la Commission d'avoir, par la proposition d'un &lt;strong&gt;double programme&lt;/strong&gt;, contribu&#233; &#224; clarifier les choses, en distinguant les 'notions' du '&lt;strong&gt;programme g&#233;n&#233;ral&lt;/strong&gt;' et les '&lt;strong&gt;probl&#232;mes&lt;/strong&gt;' (ou 'questions') du '&lt;strong&gt;programme sp&#233;cial&lt;/strong&gt;', annuellement renouvelable dans chaque Acad&#233;mie. Et toute l'astuce pol&#233;mique du fascicule 'critique' diffus&#233; par l'Association des Professeurs de Philosophie joue sur l'entretien de la confusion. Il faut le r&#233;p&#233;ter : le '&lt;strong&gt;programme g&#233;n&#233;ral&lt;/strong&gt;' propos&#233; par la Commission est un programme &lt;strong&gt;notionnel &lt;/strong&gt;(exclusivement notionnel...), tandis que le '&lt;strong&gt;programme sp&#233;cial&lt;/strong&gt;', acad&#233;mique, est un programme &lt;strong&gt;th&#233;matique&lt;/strong&gt;. Il est clair que cela ne fonctionne pas au m&#234;me niveau logico-s&#233;mantique dans la structure du discours...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'enl&#232;ve rien &#224; la 'libert&#233;' du professeur de subordonner organiquement l'&#233;tude des notions aux probl&#233;matiques de son choix.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition d'une &lt;strong&gt;d&#233;termination acad&#233;mique&lt;/strong&gt;, pour le renouvellement annuel des 'deux ou trois probl&#232;mes philosophiques fondamentaux' et des 'un &#224; trois grands textes philosophiques ou de port&#233;e philosophique incontestable' constituant le '&lt;strong&gt;programme sp&#233;cial&lt;/strong&gt;', soul&#232;ve, au cours de quelques interventions, certaines r&#233;serves ou inqui&#233;tudes quant &#224; sa mise en pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Le probl&#232;me serait celui &lt;strong&gt;du rapport &lt;/strong&gt;qui serait ainsi institu&#233; entre le 'national' et l'acad&#233;mique', puisqu'il n'y aurait plus qu'une plus qu'une partie du programme global qui serait 'nationale'... Et cela pose des &lt;strong&gt;questions &lt;/strong&gt;sur lesquelles il faudrait r&#233;fl&#233;chir : qu'est-ce que cela implique, quant &#224; la d&#233;termination d'une &lt;strong&gt;formation g&#233;n&#233;rale &lt;/strong&gt;des &#233;l&#232;ves, &#224; peu pr&#232;s &lt;strong&gt;&#233;quivalente &lt;/strong&gt;au niveau national ? Et aussi, est-ce que cela a un sens de vouloir d&#233;fendre une formation relativement homog&#232;ne pour l'ensemble du pays ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'En fait d'homog&#233;n&#233;it&#233;, il y a, avec le syst&#232;me actuel, et au nom de la sauvegarde de la 'libert&#233; individuelle du Professeur de Philosophie', &#224; peu pr&#232;s autant de formations diff&#233;rentes propos&#233;es aux &#233;l&#232;ves qu'il y a de profs de philo...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'S'il est question, comme il est propos&#233; dans le Rapport, que les enseignants concern&#233;s puissent participer, d'une mani&#232;re ou d'une autre, &#224; la d&#233;termination annuelle de cette esp&#232;ce de contenu optionnel acad&#233;mique du programme, je pense qu'il faut souligner &#224; quel point, actuellement, la &lt;strong&gt;consultation des coll&#232;gues, &lt;/strong&gt;en ce qui concerne le choix des sujets est fictive, inop&#233;rante. Il faut absolument que &#231;a soit dit &#224; tous ceux qui ont dit se pr&#234;ter &#224; cet esp&#232;ce de rituel &#224; Arcueil savent qu'il &lt;strong&gt;n'est tenu aucun compte des remarques des enseignants&lt;/strong&gt;. A voir des textes, comme par exemple celui de Descartes qui a &#233;t&#233; propos&#233; aux terminales B l'an dernier, il n'est pas pensable que des coll&#232;gues aient pu examiner un tel texte sans signaler l'aberration qui consistait &#224; le proposer ! '&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous pensons devoir aussi faire ici &#233;tat d'une remarque adress&#233;e par un de nos correspondants de province :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Je fais une r&#233;serve sur le programme acad&#233;mique. L'exp&#233;rience m'a malheureusement appris que cela serait tr&#232;s dangereux pour la relative libert&#233; actuelle. Une telle pratique supposerait un v&#233;ritable &lt;strong&gt;travail coll&#233;gial &lt;/strong&gt;entre les profs de philo. Et c'est un r&#234;ve, dans l'&#233;tat actuel des 'mentalit&#233;s' et recherche de hi&#233;rarchie...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette remarque indique, nous semble-t-il, un point crucial (et il y aura lieu d'en faire aussi &#233;tat pour expliquer les r&#233;ticences &#224; l'&#233;gard des propositions d'extension de l'enseignement philosophique en classe de Premi&#232;re mettant en jeu des pratiques interdisciplinaires) : il nous parait clair que l'un des obstacles majeurs &#224; toute tentative de r&#233;forme de l'enseignement philosophique demeure, en tout &#233;tat de cause, cette incroyable incapacit&#233;, end&#233;mique chez les Professeurs de Philosophie, &#224; sortir d'un individualisme narcissique, tribalement cultiv&#233;, et qui les voue &#224; l'isolement professionnel, au solipsisme magistral et &#224; un autoritarisme p&#233;dagogique autosatisfait et compulsivement hostile &#224; tout &lt;strong&gt;travail coll&#233;gial&lt;/strong&gt;. D'o&#249; le succ&#232;s assur&#233; du recours, dans le discours des conservateurs, au th&#232;me de la menace sur l'intangible '&lt;strong&gt;libert&#233; individuelle du Professeur de Philosophie&lt;/strong&gt;'(1). D'o&#249; le triomphe assur&#233;, aussi, du mison&#233;isme et de la routine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi a-t-il &#233;t&#233; r&#233;confortant de constater qu'&#224; cette r&#233;union aucun intervenant n'a fait &#233;cho aux j&#233;r&#233;miades des r&#233;dacteurs du fascicule diffus&#233; par l'Association des Professeurs de Philosophie sur l'obligation qui serait faite au Ma&#238;tre de Philosophie de se recycler p&#233;riodiquement (tel n'importe quel enseignant d'une autre discipline...) pour pouvoir expliquer des &#339;uvres qui ne lui seraient pas famili&#232;res (rappelons tout de m&#234;me que la Commission parle de 'grands textes philosophiques ou de port&#233;e philosophique incontestable'...), de sorte que le malheureux deviendrait 'agr&#233;gatif &#224; vie'(1) (sic). Bien au contraire, on a tenu &#224; souligner, pr&#233;cis&#233;ment &#224; cet &#233;gard, un aspect, consid&#233;r&#233; comme tr&#232;s &lt;strong&gt;positif&lt;/strong&gt;, de cette proposition de l'institution d'un &lt;strong&gt;renouvellement &lt;/strong&gt;annuel d'une partie du programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Il y a dans la proposition de l'institution d'un 'programme sp&#233;cial', acad&#233;mique, annuel, un aspect important, qui a &#233;t&#233; indiqu&#233; au d&#233;but de cette r&#233;union dans la pr&#233;sentation de Brunet : le souci d'auto-pr&#233;servation de nous-m&#234;mes, qui est quand m&#234;me de ne pas mourir compl&#232;tement idiots ! Il est certain que, si nous sommes somm&#233;s, chaque ann&#233;e, de travailler un peu en profondeur une &#339;uvre, une question, ce sera &lt;strong&gt;red&#233;couvrir le plaisir d'apprendre&#8230; &lt;/strong&gt;Et associer nos &#233;l&#232;ves &#224; ce plaisir qu'ainsi enseigner nous procure, les faire participer &#224; notre enthousiasme de travail, les faire assister au d&#233;veloppement d'une pens&#233;e qui n'est pas encore compl&#232;tement gel&#233;e, selon la fa&#231;on dont elle s'est form&#233;e il y a vingt ou trente ans, mais qui est encore capable d'&#234;tre en train de se chercher, c'est tr&#232;s formateur... Je pense que chacun de nous a fait l'exp&#233;rience de certains moments o&#249; l'on est amen&#233; &#224; faire part &#224; &lt;i&gt;ses &lt;/i&gt;&#233;l&#232;ves de ses 'dadas' de l'heure, de l'enthousiasme du moment, et c'est quelque chose qui, dans son authenticit&#233;, est communicatif. Et il est certain que les &#233;l&#232;ves sont toujours tr&#232;s sensibles &#224; cela il se passe toujours quelque chose, dans une classe, lorsque les &#233;l&#232;ves se rendent compte que nous leur parlons de quelque chose qui nous tient &#224; c&#339;ur, de choses qui, pour nous, sont int&#233;ressantes : je le r&#233;p&#232;te, &lt;strong&gt;l'int&#233;r&#234;t est communicatif&#8230; &lt;/strong&gt;Mais naturellement il faut aussi &#233;viter l'arbitraire, et c'est pourquoi il faut un &lt;strong&gt;programme contraignant&lt;/strong&gt;, et si une &#233;laboration annuelle nationale est pratiquement impossible, il faut au moins que ce soit acad&#233;mique.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le &lt;strong&gt;Questionnaire &lt;/strong&gt;&#224; l'examen et le &lt;strong&gt;renouvellement&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;acad&#233;mique annuel &lt;/strong&gt;pour une d&#233;termination plus pr&#233;cise d'une partie du programme, c'est la modification propos&#233;e pour &lt;strong&gt;l'&#233;preuve de philosophie aux baccalaur&#233;ats de technicien &lt;/strong&gt;qui aura suscit&#233; le plus fortement les r&#233;serves critiques ou les interrogations perplexes &lt;i&gt;(sans &lt;/i&gt;toutefois atteindre au m&#234;me degr&#233; manifest&#233; d'implication passionnelle dans les interventions - au demeurant, moins nombreuses et moins insistantes...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble d'ailleurs notable &#224; cet &#233;gard que, d'une mani&#232;re tr&#232;s g&#233;n&#233;rale, la v&#233;h&#233;mence et l'insistance r&#233;p&#233;titive des propos &#231;&#224; et l&#224; couramment entendus ces derniers temps ne soient pas, tant s'en faut, en corr&#233;lation directe avec l'importance relative r&#233;elle, pour l'avenir de l'enseignement philosophique, des probl&#232;mes &#233;voqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il est assez d&#233;plorable que tant d'un temps pr&#233;cieux ait &#233;t&#233; gaspill&#233;, ici ou l&#224;, en ergotages plus ou moins fond&#233;s sur les risques de bachotage ou de caporalisme (ou en agitation fr&#233;n&#233;tique autour de 'rumeurs', ou en proc&#232;s d'intention contre telle ou telle personnalit&#233;, soup&#231;onn&#233;e de nourrir les plus sinistres desseins &#224; l'&#233;gard de l'enseignement de la philosophie...), au d&#233;triment de celui qu'il aurait fallu pleinement et prioritairement pouvoir consacrer &#224; de &lt;strong&gt;vais d&#233;bats&lt;/strong&gt; - enfin &lt;strong&gt;constructifs&lt;/strong&gt; - face au d&#233;veloppement symptomatique de situations absolument intenables, tant pour les enseignants que pour les &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, le GREPH a, rappelons-le, depuis 1984, multipli&#233; les initiatives (questionnaires d'enqu&#234;te envoy&#233;s dans les lyc&#233;es, circulaires, organisation de journ&#233;es d'&#233;tude...) pour tenter de sensibiliser &#224; ces probl&#232;mes, encore locaux, mais sympt&#244;mes avant-coureurs du d&#233;veloppement prochain d'une &lt;strong&gt;crise g&#233;n&#233;rale&lt;/strong&gt;, secouer les inerties, donner la parole aux victimes du syst&#232;me, une parole trop souvent confisqu&#233;e par les haut-parleurs de ses &lt;strong&gt;profiteurs &lt;/strong&gt;de tout acabit (2), et mobiliser et rassembler les enseignants de plus en plus g&#233;n&#233;ralement directement concern&#233;s pour qu'ils prennent pr&#233;ventivement en compte (th&#233;orique et pratique) ce fait, devenu d'une criante &#233;vidence : aujourd'hui, &lt;strong&gt;l'avenir de l'enseignement philosophique se loue dans les lyc&#233;es techniques&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'a &#233;crit un des participants &#224; cette r&#233;union :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Ce qui se passe dans les classes du Technique ne fait que rendre hurlant ce qui est devenu criant dans &lt;strong&gt;toutes les sections...&lt;/strong&gt; Mais nous nous bouchons les oreilles, et nous feignons de ne pas voir &lt;strong&gt;l'homog&#233;n&#233;it&#233; dans les lacunes&lt;/strong&gt;, aussi bien de nos TC que de nos TA, en passant par les autres T... (exception faite de trois ou quatre lyc&#233;es parisiens, un lyc&#233;e par grande m&#233;tropole de province, et une demi-douzaine de boites priv&#233;es, &#233;videmment...).'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est bien &lt;i&gt;ce &lt;/i&gt;que note le &lt;strong&gt;Rapport de la Commission&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Si certaines difficult&#233;s sont tout &#224; fait sp&#233;cifiques aux classes techniques, beaucoup d'autres ne sont que la version accentu&#233;e et grossie de difficult&#233;s que les enseignants de philosophie rencontrent d&#233;j&#224; &#224; des degr&#233;s divers dans toutes les autres sections. Sur bien des points - notamment tout ce qui concerne les 'travaux dirig&#233;s', le suivi individuel des &#233;l&#232;ves, l'organisation de travaux de groupe, bref une p&#233;dagogie moins exclusivement centr&#233;e sur le cours magistral ce qui serait entrepris dans l'enseignement technique pourrait servir utilement &#224; am&#233;liorer l'enseignement de la philosophie dans les sections classiques apr&#232;s tout, les nouvelles couches d'&#233;l&#232;ves qui, dans les prochaines ann&#233;es, vont entrer en masse dans les sections classiques ont toute chance, par leur comportement et leur culture, de ressembler davantage aux actuels F ou G qu'&#224; de futurs kh&#226;gneux.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on lui en sait &lt;i&gt;gr&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Je crois que ce texte, honn&#234;tement, prend en compte la difficult&#233; de l'enseignement de la philosophie au niveau de l'enseignement technique et que l'enseignement technique risque de dimensionner de fa&#231;on beaucoup plus alertante l'enseignement de la philosophie dans l'ensemble de l'enseignement secondaire.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est ce qui explique aussi certaines r&#233;ticences quant aux '&lt;strong&gt;quelques mesures susceptibles, dans l'imm&#233;diat. d'aider &#224; d&#233;bloquer la situation&lt;/strong&gt;', propos&#233;es par la Commission '&lt;strong&gt;pour faire face &#224; la situation critique de l'enseignement de la philosophie dans le technique&lt;/strong&gt;' (pp. 13-14 et 21-22 du Rapport). Car on peut peut-&#234;tre craindre que ces mesures d'urgence (plus pr&#233;cis&#233;ment justifi&#233;es par la situation dans les sections industrielles, les sentions F...) ne soient de proche en proche abusivement &#233;tendues aux autres sections...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, si l'on s'accorde g&#233;n&#233;ralement (du moins chez les enseignants qui ont actuellement la charge de ces sections, et donc savent de quoi ils parlent...) &#224; estimer que, comme le dit le &lt;strong&gt;Rapport&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Il ne parait pas r&#233;aliste de vouloir &#233;valuer les &#233;l&#232;ves et organiser l'enseignement en fonction d'une &#233;preuve - la dissertation de philosophie -dont on sait parfaitement que l'immense majorit&#233; des &#233;l&#232;ves est hors d'&#233;tat d'y satisfaire (on peut admettre que, dans le meilleur des cas, le temps n&#233;cessaire pour les y pr&#233;parer convenablement reviendrait &#224; exiger en G ou F un horaire comparable pour la philosophie &#224; celui des sentions litt&#233;raires...).' (p. 21),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;on ne pense pas pour autant qu'il faille renoncer &#224; toute &lt;strong&gt;&#233;preuve &#233;crite&lt;/strong&gt;, pour ces sections techniques, &#224; l'examen. Et peut-&#234;tre ici la Commission n'a-t-elle pas os&#233; aller assez loin dans la d&#233;sacralisation de la Dissertation...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Il n'y a pas que la dissertation comme &#233;preuve possible, : il y a aussi &lt;strong&gt;l'&#233;tude de texte&lt;/strong&gt;, telle qu'elle actuellement propos&#233;e &#224; savoir une &#233;tude guid&#233;e par un questionnaire ad&#233;quat. Et il est &#233;trange que la Commission n'en fasse pas &#233;tat...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'&lt;strong&gt;L'&#233;tude de texte &lt;/strong&gt;(le 'troisi&#232;me sujet'), sous sa forme actuelle, est un type d'&#233;preuve qui a &#233;t&#233; sp&#233;cialement institu&#233;, d&#232;s la cr&#233;ation des baccalaur&#233;ats de techniciens. Et l'exp&#233;rience montre que le travail demand&#233; aux candidats peut &#234;tre men&#233; &#224; bien dans le temps imparti, et que les &#233;l&#232;ves peuvent y &#234;tre rigoureusement et efficacement pr&#233;par&#233;s.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Moi, je suis tr&#232;s g&#234;n&#233; par les propositions de la Commission concernant l'enseignement technique... Je suis contre la dissertation, &#233;tant donn&#233; qu'il m'arrive d'enseigner en technique, mais je ne vois pas comment, &#224; l'heure actuelle, substituer &#224; la dissertation un &lt;strong&gt;dossier &lt;/strong&gt;&#233;labor&#233; en cours d'ann&#233;e, ce n'est pas tomber d'un type de fumisterie &#224; un autre type de fumisterie...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Pourquoi faudrait-il &lt;strong&gt;substituer &lt;/strong&gt;une &#233;preuve orale &#224; l'&#233;preuve &#233;crite ? Pourquoi 'substituer' ? On peut tr&#232;s bien, plut&#244;t, ajouter... Apr&#232;s tout, il n'y a aucune raison pour qu'en sentions techniques il n'y ait pas de philo &#224; l'oral... Et il est certain que &lt;strong&gt;la soutenance orale d'un dossier &#233;labor&#233; pendant l'ann&#233;e &lt;/strong&gt;serait une forme tout &#224; fait pertinente d'&#233;preuve (et qui pourrait &#234;tre avantageusement &#233;tendue aux autres sections...).'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'On sait ce que &#231;a peut &#234;tre, la constitution d'un 'dossier'... On voit &#231;a, par exemple, en histoire... &#231;a se fabrique et &#231;a se n&#233;gocie avec le prof ! ... Et puis, de toute mani&#232;re, &#231;a serait tr&#232;s long, voire &#224; peu pr&#232;s impossible &#224; corriger s&#233;rieusement.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Il ne peut pas &#234;tre question, pratiquement, de donner une 'note d'&#233;crit' sur le dossier. Le dossier, pr&#233;sent&#233; &#224; l'examen par le candidat, ne doit &#234;tre que le support de &lt;strong&gt;l'interrogation orale&lt;/strong&gt; (et il n'a pas &#224; &#234;tre, intrins&#232;quement, corrig&#233; et not&#233; : tout au plus (mais ce n'est pas rien) peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme t&#233;moignant du s&#233;rieux de la pr&#233;paration et ce serait quelque chose de beaucoup plus &#233;clairant tout de m&#234;me que le livret scolaire...).'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#176;&#176;&#176;&#176;&#176;&#176;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition de cr&#233;er un enseignement &lt;strong&gt;d'initiation philosophique en classe de Premi&#232;re &lt;/strong&gt;n'a soulev&#233; &lt;strong&gt;aucune objection fondamentale&lt;/strong&gt;, quant &#224; son &lt;strong&gt;principe&lt;/strong&gt;. Et, sauf, bien s&#251;r, de tr&#232;s l&#233;gitimes interrogations sur les modalit&#233;s pratiques de mise en &#339;uvre, c'est, tout compte fait, une &lt;strong&gt;approbation &lt;/strong&gt;&#224; peu pr&#232;s g&#233;n&#233;rale qui s'est manifest&#233;e dans les interventions.(3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Il ressort des &#233;changes qu'on peut avoir aven les coll&#232;gues qu'une majorit&#233; est tout &#224; fait ouverte &#224; l'id&#233;e d'une introduction d&#232;s la Premi&#232;re...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Sur cette question de l'enseignement de la philosophie en Premi&#232;re, sans me faire l'avocat des absents, je dirai que, moi, j'observe depuis plusieurs ann&#233;es une &lt;strong&gt;demande des &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt;, une demande accrue, et non seulement de la part des &#233;l&#232;ves, mais de la part, aussi, d'autres &lt;strong&gt;coll&#232;gues&lt;/strong&gt;.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Je pense que l'on peut trouver un contenu et une justification &#224; l'extension en Premi&#232;re, ind&#233;pendamment de l'aspect interdisciplinaire que j'approuve tout &#224; fait (&#231;a me semble &#233;vident qu'on puisse faire un travail sur Antigone ou sur Candide, ou sur Jacques le Fataliste...) : il y a un aspect qui est constamment sous-estim&#233; (au niveau de l'Inspection, au niveau des CPR, au niveau de ce qui est dit aux futurs certifi&#233;s lorsqu'ils font leur stage....), c'est ce qui concerne les questions modestes &lt;strong&gt;de l'acquisition des m&#233;thodes de travail&lt;/strong&gt;, des m&#233;thodes de r&#233;flexion, des &lt;strong&gt;rudiments de la logique&lt;/strong&gt;, des rudiments de &lt;strong&gt;rh&#233;torique&lt;/strong&gt;, qui sont toujours suppos&#233;s d&#233;j&#224; acquis, toujours suppos&#233;s avoir &#233;t&#233; enseign&#233;s (toujours par quelqu'un d'autre...). Et alors, le r&#233;sultat, c'est qu'au d&#233;but de l'ann&#233;e, en Terminale, on se trouve devant des &#233;l&#232;ves qui ne savent pas ce que c'est que la diff&#233;rence entre d&#233;montrer et prouver, qui croient, par exemple, qu'une abstraction c'est 'quelque chose qui ne se voit pas' et que le concret, c'est 'les choses qui se voient', etc... Alors, je pense que &#231;a ne&lt;i&gt; &lt;/i&gt;serait pas du tout d&#233;choir que d'accepter au cours de l'ann&#233;e de Premi&#232;re de consacrer une partie de notre travail &#224; faire &lt;i&gt;ces &lt;/i&gt;taches modestes, mais qui sont absolument fondamentales, et qui ont un statut philosophique tr&#232;s digne.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Moi, j'ai un probl&#232;me avec l'horaire : &lt;strong&gt;les deux heures hebdomadaires&lt;/strong&gt;... Bon, alors, moi, je veux bien que l'on commence avant la Terminale, et aussi bien d&#232;s la Seconde, et m&#234;me au Cours Moyen Deuxi&#232;me Ann&#233;e : il y a des textes qui sont &#233;tudiables... Seulement voil&#224; : j'imagine ce que cette proposition risque de donner entre les mains du Ministre... Et, ce qui nous pend au nez (je sais bien que le Rapport demande tout autre chose...), c'est qu'on va nous supprimer deux heures en Terminale !... Alors, il faut tr&#232;s fermement le dire ces deux heures en Premi&#232;re sont acceptables, si (et seulement si&#8230; &lt;strong&gt;les heures de Terminale sont maintenues...&lt;/strong&gt;'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;' En ce qui concerne la question pr&#233;alable de savoir si on va toucher aux horaires de Terminale, je crois que cette question est assez mal pos&#233;e, dans la mesure o&#249;, on le sait bien, vraisemblablement, si la r&#233;forme arrive &#224; son terme, c'est &lt;strong&gt;la structure globale des fili&#232;res &lt;/strong&gt;qui va &#234;tre remise en question... Et donc, pour ce qui nous occupe, &#231;a n'a gu&#232;re de sens de poser, nomme une sorte de pr&#233;alable crisp&#233;, l'id&#233;e qu'on ne veut pas qu'il soit touch&#233; aux actuels horaires de philo en Terminale.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Moi, j'ai l'exp&#233;rience de la &lt;strong&gt;difficult&#233; &lt;/strong&gt;qu'il y a &#224; &lt;strong&gt;faire passer les &#233;l&#232;ves de l'opinion &#224; la r&#233;flexion&lt;/strong&gt;... J'ai appris, il y a quelques ann&#233;es - avec stupeur - que nous vivions une 'crise' de l'enseignement de la philosophie... Moi, je n'&#233;tais pas au courant... Je faisais mon boulot, nomme &#231;a, dans mon lyc&#233;e... et je ne savais pas qu'il y avait une crise... Et je ne le sais toujours pas !... &#201;videmment, je n'ignore pas les &lt;strong&gt;difficult&#233;s &lt;/strong&gt;(je ne vis pas, comme &#231;a, dans un nuage 1)... Et &lt;strong&gt;la grosse difficult&#233; que j'ai, c'est avec les classes &#224; deux heures, &lt;/strong&gt;surtout si l'horaire est fragment&#233; en deux fois une heure avec les d&#233;placements dans les couloirs, &#231;a fait deux fois trois quarts d'heure... Alors, ce qu'on fait est compl&#232;tement dilu&#233; par rapport aux autres enseignements, et on n'arrive pas &#224; r&#233;unir suffisamment d'&#233;l&#233;ments pour provoquer chez les &#233;l&#232;ves ce que je continue d'appeler, faute d'un meilleur terme, ce 'premier pas', cette&lt;strong&gt;'rupture avec l'opinion&lt;/strong&gt;'... Alors, je ne vois pas comment, en donnant &lt;strong&gt;deux heures &lt;/strong&gt;(deux fois une heure ?) en Premi&#232;re on y arriverait mieux ! Je ne comprends pas &#231;a... Par contre, en donnant &lt;strong&gt;quatre heures &#224; toutes les Terminales&lt;/strong&gt;, &#231;a serait autre chose...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;' Ne nous payons pas de mots : il n'est pas possible (ni les &#233;l&#232;ves, ni les profs des autres disciplines ne l'accepteraient !) de mettre quatre heures de philo en terminales techniques !... Alors, &#231;a veut dire quoi, pratiquement, cette revendication des quatre heures dans toutes les terminales ? !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Il n'est pas pertinent, pour l'introduction propos&#233;e en Premi&#232;re, de parler de 'deux heures hebdomadaires' selon le syst&#232;me actuellement institu&#233; pour les terminales techniques... Le Rapport parle de '&lt;strong&gt;l'&#233;quivalent de 2 heures hebdomadaires&lt;/strong&gt;' et il s'agit en fait d'&#233;valuer un 'volume horaire' fix&#233; sur une base annuelle, et qui ne serait pas inf&#233;rieur &#224; 75 heures. Ce qui est envisag&#233;, c'est un regroupement du quantum d'heures (de l'horaire global) en '&lt;strong&gt;modules&lt;/strong&gt;'... Donc, on peut parler seulement d'une &#233;quivalence quantitative &#224;, effectivement, 'deux heures hebdomadaires', mais, &lt;strong&gt;qualitativement&lt;/strong&gt;, &#231;a aurait un tout autre sens.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette question des lacunes &#224; combler dans la formation de nos &#233;l&#232;ves concernant les &lt;strong&gt;rudiments de la logique et de la rh&#233;torique&lt;/strong&gt;, et de &lt;strong&gt;l'argumentation &lt;/strong&gt;(on aurait, je crois, tout int&#233;r&#234;t &#224; se pencher sur les travaux de Perelman...), va se poser de fa&#231;on encore plus urgente dans la perspective de la fameuse arriv&#233;e des 80 % de la classe d'&#226;ge au niveau du baccalaur&#233;at. A l'&#233;poque o&#249; notre enseignement secondaire &#233;tait &#233;litiste, on pouvait, en gros, parier que ces choses rudimentaires avaient &#233;t&#233; faites, comme &#231;a, progressivement, par osmose, de fa&#231;on implicite, un peu par tout le monde.... Mais nous avons une population scolaire compl&#232;tement diff&#233;rente, et l'on voit bien, quand des &#233;l&#232;ves, apr&#232;s avoir fait un BEP, par des passerelles arrivent en Terminale, qu'ils ont des carences &#224; cet &#233;gard : il leur manque les rudiments du maniement de la langue, et je pense que c'est de notre responsabilit&#233; que de contribuer &#224; les leur faire acqu&#233;rir. Et c'est &#231;a que permettrait l'extension en Premi&#232;re... Actuellement, il n'y a pas de &lt;strong&gt;cadre institutionnel &lt;/strong&gt;pour l'enseignement de ces choses rudimentaires dont nous avons besoin, et tout rattrapage est impossible. En Premi&#232;re, actuellement, les professeurs de fran&#231;ais, bien que tout &#224; fait d'accord sur l'existence de ces carences, estiment qu'il leur est impossible d'y consacrer une part de leur enseignement. &lt;strong&gt;L'extension en Premi&#232;re fournirait ce cadre institutionnel&lt;/strong&gt;, qui nous manque actuellement, pour faire officiellement ces choses, qui sont tout &#224; fait importantes, mais que, finalement, personne ne fait, &#233;tant donn&#233; que nulle part, explicitement, il n'en est fait obligation statutaire.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'J'ai cru comprendre qu'en un premier temps on allait essayer &lt;strong&gt;d'enseigner des m&#233;thodes&lt;/strong&gt;, des types de r&#233;flexion... et le mot de '&lt;strong&gt;rh&#233;torique&lt;/strong&gt;' a &#233;t&#233; prononc&#233;... Alors, j'ai peur que l'on ne tente de constituer (avec la meilleure intention du monde, au demeurant...) une &lt;strong&gt;doctrine officielle &lt;/strong&gt;qui permette un certain 'type' de d&#233;monstration. C'est-&#224;-dire qu'en Premi&#232;re, on va dire : ' Voil&#224; ne que c'est qu'un 'raisonnement philosophique', voil&#224; le type de raisonnement sur la pratique duquel vous allez &#234;tre jug&#233;s... Alors, cela sous-entendrait que ce 'raisonnement philosophique' valide, cette rh&#233;torique 'philosophique' existe. Or, elle reste encore &#224; produire, que je sache... On a parl&#233; de '&lt;strong&gt;m&#233;thode&lt;/strong&gt;' : nous allons donc arriver en Premi&#232;re, nous les 'Philosophes', et nous allons dire aux &lt;i&gt;&#233;l&#232;ves &lt;/i&gt;'Voil&#224; ce qui n'a jamais &#233;t&#233; fait : nous allons vous apprendre &#224; r&#233;fl&#233;chir, on va vous apprendre la rationalit&#233; !'... ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Moi, je suis d'accord pour qu'on commence l'enseignement de la philosophie en Premi&#232;re, mais &#224; condition que nous n'ayons pas un cadre contraignant, &#224; condition que nous ayons la m&#234;me &lt;strong&gt;libert&#233; &lt;/strong&gt;que nous avons actuellement en Terminale... Parce que, si nous &lt;strong&gt;devons &lt;/strong&gt;faire de nouveaux Sophistes (car c'est &#231;a, l'enseignement de la rh&#233;torique...), alors, non !...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Personnellement, je pense que la rh&#233;torique et la philosophie, &#231;a n'est pas la m&#234;me chose, mais que &lt;strong&gt;la philosophie ne peut s'affirmer que dans une confrontation avec la rh&#233;torique&lt;/strong&gt;. L'argumentation, c'est rh&#233;torique, ce n'est pas philosophique (ce n'est pas la m&#234;me chose qu'une d&#233;duction, par exemple du genre de celle de Spinoza dans l'&#201;thique...), et nous avons &#224; rendre manifeste une diff&#233;rence. Et &#231;a peut &#234;tre une occasion, justement, cet enseignement en Premi&#232;re, pour le faire.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu le peu de temps dont on disposait, il n'a pas &#233;t&#233; possible de d&#233;velopper ou de relancer le d&#233;bat sur des points tr&#232;s importants, mais qui n'ont &#233;t&#233; que fugitivement indiqu&#233;s dans certaines interventions. Nous pensons &#224; tout &lt;i&gt;ce &lt;/i&gt;qui concerne la &lt;strong&gt;d&#233;termination objective de la sp&#233;cificit&#233; du 'philosophique&lt;/strong&gt;'. C'est le probl&#232;me de fond (th&#233;orique et pratique) que pose &lt;strong&gt;l'extension en Premi&#232;re&lt;/strong&gt;, &#224; la fois pour que soit assur&#233;e la continuit&#233; (et l'homog&#233;n&#233;it&#233;) de l'enseignement d'une ann&#233;e &#224; l'autre et pour affirmer distinctivement la d&#233;terminit&#233; du philosophique dans la coop&#233;ration interdisciplinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(1) Ainsi s'explique, sans doute, l'&#233;trange violence de certaines r&#233;actions d'imm&#233;diate hostilit&#233; aux propositions de la Commission. Cf. &#224; cet &#233;gard cet &#233;tonnant passage d'un article de Guy Coq, paru dans &lt;i&gt;Esprit &lt;/i&gt;de janvier 1990 : '&lt;i&gt;La commission balaie d'un trait de plume une donn&#233;e de fond de l'enseignement philosophique s la libert&#233; des professeurs. Ceux-ci devraient d&#233;sormais chaque ann&#233;e se plier aux directives des caporaux chefs de la philosophie, voire &#224; l'arbitraire des hauts fonctionnaires que sont les recteurs d'acad&#233;mie. Dans le m&#234;me sens, la libert&#233; des professeurs dans &lt;/i&gt;&lt;i&gt;le choix des textes est supprim&#233;e (il y aurait un programme 'acad&#233;mique' de textes !). Si Napol&#233;on III avait &#233;t&#233; malin, c'est une telle disposition qu'il aurait prise pour d&#233;naturer l'enseignement philosophique sans le supprimer !&lt;/i&gt;' (p, 127)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Il est clair, par exemple, que le renouvellement annuel et acad&#233;mique de la partie du programme sur laquelle porterait la dissertation ferait imm&#233;diatement obstacle &#224; l'&#233;dition rentable des multiples Annales corrig&#233;es (actuellement vendues comme 'pr&#233;paration' au bac de l'ann&#233;e suivante...), et l'on s'explique ais&#233;ment le z&#232;le 'lib&#233;ral' de certains Ma&#238;tres de Philosophie pour rameuter des opposants aux propositions de la Commission... Comme disait Ralph Linton : '&lt;i&gt;Aussi n&#233;faste que soit une institution pour une soci&#233;t&#233; dont les conditions sont en train de changer, ce qui peut conduire &#224; modifier ou &#224; abandonner cette institution ne provient jamais d'un individu qui n'en souffrirait pas. Les innovations sociales sont faites par ceux qui souffrent des conditions existantes, et non par ceux qui en b&#233;n&#233;ficient&lt;/i&gt;.' (&lt;i&gt;Le fondement culturel de la personnalit&#233;. &lt;/i&gt;Dunod, 1959, p. 26).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Ce n'est que dans une seule des interventions (et o&#249;, par ailleurs, il fut ni&#233;e l'existence d'une crise de l'enseignement philosophique aujourd'hui...) que s'est clairement manifest&#233; un attachement fondamental aux leitmotive bien connus de l'id&#233;ologie de la 'Philosophie des Professeurs' (&#224; savoir/ notamment, les th&#232;mes de la 'conversion' &#224; la r&#233;flexion et de la 'rupture avec l'opinion'...). Mais l'opposition - habituellement corr&#233;lative de ces th&#232;ses dans le discours des conservateurs - &#224; l'extension de l'enseignement de la philosophie 'en amont' de la Terminale s'y est exprim&#233;e de fa&#231;on beaucoup plus discr&#232;te et nuanc&#233;e que, par exemple, dans le fameux propos de Fran&#231;ois Dagognet au &lt;strong&gt;Colloque philosophique de S&#232;vres &lt;/strong&gt;(1984) : '&lt;i&gt;Un enseignement de la philosophie donn&#233; en seconde ou en premi&#232;re d&#233;finit la pire des perversions&lt;/i&gt;' (sic)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dagognet, rappelons-le, poursuivait ainsi son r&#233;quisitoire : 'on disperse, on feint d'&#233;tendre alors qu'on dilue. A mettre la philosophie partout, il est clair qu'on ne la met nulle part. Si elle se d&#233;finit comme 'rupture' ou 'effraction' on ne saurait la m&#234;ler &#224; d'autres disciplines ; nous avons assez montr&#233; qu'elle se devait de briser la continuit&#233; pr&#233;alable des acquisitions ou des connaissances.' (cf. &lt;i&gt;Philosophie/&#201;cole : m&#234;me combat. &lt;/i&gt;PUF, 1984, pp. 50-51).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que le Rapport de la Commission r&#233;cuse fondamentalement nette id&#233;ologie, traditionnelle chez les 'Ma&#238;tres' de Philosophie, de la 'rupture' abrupte et de l'effraction' initiatique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bulletin interne du GREPH, janvier 1990</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/bulletin-interne-du-greph-janvier-1990</link>
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		<dc:date>1990-01-10T17:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph, Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;'Pour ce qui est du bachotage (th&#232;me qui revient de fa&#231;on si insistante), s'il est un syst&#232;me qui favorise de fa&#231;on &#233;hont&#233;e le d&#233;veloppement de l'industrie du bachotage et l'exploitation mercantile de l'angoisse des candidats, c'est bien celui qui gouverne actuellement l'enseignement dit de 'philosophie', et nul n'ignore quels liens d'aucuns de ceux qui en d&#233;fendent si &#226;prement l'intangibibilit&#233; ont avec l'&#233;dition des 'guides pour la dissertation', annales 'corrig&#233;es', etc., de plus en plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/" rel="directory"&gt;Documents relatifs &#224; la guerre des programmes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;{}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;'Pour ce qui est du &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;bachotage&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(th&#232;me qui revient de fa&#231;on si insistante), s'il est un &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;syst&#232;me&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;qui favorise de fa&#231;on &#233;hont&#233;e le d&#233;veloppement de l'&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;industrie du bachotage &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;et l'exploitation mercantile de l'angoisse des candidats, c'est bien celui qui gouverne actuellement l'enseignement dit de 'philosophie', et nul n'ignore quels liens d'aucuns de ceux qui en d&#233;fendent si &#226;prement l'intangibibilit&#233; ont avec l'&#233;dition des 'guides pour la dissertation', annales 'corrig&#233;es', etc., de plus en plus scandaleusement florissante' &#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;GREPH
&lt;p&gt;groupe de recherches sur l'enseignement philosophique&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;BULLETIN INTERIEUR&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Janvier 1990&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA R&#201;UNION DU 9 D&#201;CEMBRE 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GREPH avait invit&#233; (le samedi 9 d&#233;cembre 1989, salle Halbwachs, &#224; la Sorbonne) les enseignants de philosophie de la r&#233;gion parisienne &#224; une &lt;strong&gt;r&#233;union d'information, d'&#233;tude et de libre discussion&lt;/strong&gt;, &#224; partir de la lecture critique du Rapport de la &lt;strong&gt;Commission de Philosophie et d'&#201;pist&#233;mologie&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on sait, l'Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public - dont les positions tr&#232;s &#233;troitement conservatrices sont bien connues - n'avait cess&#233; de manifester, d&#232;s l'annonce dans la presse de sa constitution et durant toute l'ann&#233;e scolaire, sa pr&#233;vention et son hostilit&#233; syst&#233;matique &#224; l'&#233;gard de cette Commission ; et ce, par l'orchestration de toute une campagne de 'rumeurs' et de proc&#232;s d'intention : envoi de circulaires aux enseignants et matraquage, dans la Revue &lt;i&gt;'L'Enseignement philosophique'&lt;/i&gt;, par &#233;ditoriaux, articles, publication de 'lettres ouvertes' st&#233;r&#233;otyp&#233;es, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, d&#232;s le mois d'octobre 89 - et alors que le texte du Rapport de la Commission ne devait &#234;tre officiellement rendu publiable que vers la mi-novembre - le Bureau de cette Association avait distribu&#233;, en 'suppl&#233;ment' (tir&#233; &#224; part et tr&#232;s largement diffus&#233;...) au num&#233;ro de Septembre-Octobre de &lt;i&gt;'L'enseignement philosophique'&lt;/i&gt;, un fascicule de 'documentation critique' explicitement destin&#233; &#224; 'alerter l'ensemble de nos coll&#232;gues', et, naturellement non accompagn&#233; de la reproduction int&#233;grale du texte critiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, c'&#233;tait un v&#233;ritable libelle de d&#233;sinformation et d'intoxication, pr&#233;sentant, &#224; coup d'amalgames de citations fallacieusement tronqu&#233;es et abusivement isol&#233;es du contexte, une caricature absolument ahurissante des propositions de la Commission, visant manifestement ainsi &#224; susciter a priori la pr&#233;vention et le rejet, et &#224; &#233;touffer dans l'&#339;uf tout d&#233;bat...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'&#233;tant &#233;videmment pas - pour toutes sortes de raisons - 'sur la m&#234;me longueur d'onde' que les membres du Bureau de l'Association des Professeurs de Philosophies, le GREPH avait, quant &#224; lui, tenu &#224; soumettre &#224; la Commission tout un dossier, tr&#232;s complet, de propositions constructives, patiemment &#233;labor&#233;es dans ses groupes de travail depuis une quinzaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il a &#233;t&#233; heureux de constater que beaucoup des principales propositions du Rapport de cette Commission vont, somme toute, dans le sens g&#233;n&#233;ral de ses pr&#233;occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi a-t-il consid&#233;r&#233; que, tout compte fait, l'existence de ce Rapport constituait un apport tr&#232;s positif pour le d&#233;veloppement de la recherche sur l'enseignement philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc que (quelle que soit la suite que les Instances minist&#233;rielles &#224; pouvoir de d&#233;cision voudront donner aux travaux de la Commission) il ne fallait pas manquer cette occasion qui nous &#233;tait offerte de relancer un &lt;strong&gt;d&#233;bat&lt;/strong&gt;, dont l'enjeu n'est autre que &lt;strong&gt;le renouveau et le d&#233;veloppement de l'enseignement philosophique &lt;/strong&gt;(ou, au contraire, et si l'on suit la d&#233;sastreuse et suicidaire politique de crispation sur la d&#233;fense d'un statu quo ind&#233;fendable, la consommation rapide de sa ruine totale, &#224; tr&#232;s br&#232;ve &#233;ch&#233;ance vu la conjoncture).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pourquoi, &#224; la circulaire d'invitation, envoy&#233;e dans quelque trois cents lyc&#233;es de la r&#233;gion parisienne, avait &#233;t&#233; jointe une photocopie de ce Rapport, afin que chacun dispose du texte authentique et int&#233;gral, et soit ainsi en mesure, jugeant lui-m&#234;me sur pi&#232;ces, de faire usage de son propre entendement, sans que des 'Tuteurs' pr&#233;tendent diriger a priori sa lecture et conditionner ses r&#233;actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs conform&#233;ment au m&#234;me souci d'authenticit&#233; quant &#224; la manifestation effective de la volont&#233; proclam&#233;e de provoquer &#224; un &lt;strong&gt;libre et public &lt;/strong&gt;examen que les membres du GREPH pr&#233;sents &#224; cette r&#233;union s'y sont abstenus - vu le peu de temps dont on disposait - de d&#233;velopper oralement leurs propres analyses (par ailleurs formul&#233;es en divers textes et documents), souhaitant surtout pouvoir &#233;couter leurs coll&#232;gues et permettre &#224; chacun d'exercer &#233;galement dans toute la mesure du possible son 'droit &#224; la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, ainsi que l'a rappel&#233; Roland Brunet en d&#233;but de s&#233;ance, il ne s'agissait pas l&#224; d'une r&#233;union interne au CREPH, ni d'une conf&#233;rence sur les trajets et les travaux du GREPH, mais d'une r&#233;union tr&#232;s ouverte &lt;strong&gt;d'enqu&#234;te &lt;/strong&gt;et de &lt;strong&gt;d&#233;bat&lt;/strong&gt;, sans doute organis&#233;e par le GREPH, mais simplement en tant qu'il est un '&lt;strong&gt;groupe de recherches sur l'enseignement philosophique&lt;/strong&gt;', et donc qu'il est de sa vocation originaire fondamentale de provoquer constamment, entre autres proc&#233;dures de communication et d'&#233;change, &#224; ce genre de r&#233;unions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu aussi de certains propos de la campagne de 'rumeurs' et d'amalgames se voulant disqualifiant lanc&#233;e par le Bureau de l'Association, il a fallu &#233;galement souligner que la Commission de Philosophie et d'&#201;pist&#233;mologie, co-pr&#233;sid&#233;e par Jacques Bouveresse et Jacques Derrida, a &#233;t&#233; institu&#233;e par le Minist&#232;re (&#224; titre consultatif), et n'est absolument pas, comme il a &#233;t&#233; insinu&#233;, une 'commission du GREPH' : seul, dans cette Commission, Derrida est, effectivement, un 'membre du GREPH'.. Et les 'membres du GREPH' entendent bien, de leur c&#244;t&#233;, critiquer tr&#232;s librement et diversement (il n'y a pas, r&#233;p&#233;tons-le, de 'doctrine' unanime, bureaucratiquement d&#233;finie, du GREPH...) les propositions de la Commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#176;&#176;&#176;&#176;&#176;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre du jour, liminairement assez rapidement n&#233;goci&#233; avec la trentaine de participants, proposait - conform&#233;ment d'ailleurs &#224; l'ordre de r&#233;daction du Rapport - les moments successifs suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; appr&#233;ciation globale, quant &#224; l'ensemble du Rapport ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; examen du principe de la &lt;strong&gt;progressivit&#233; &lt;/strong&gt;de l'enseignement philosophique, et par cons&#233;quent de l'institution d'un &lt;strong&gt;cursus &lt;/strong&gt;scolaire pour cet enseignement, qui cesserait d'&#234;tre exclusivement en position 'terminale' ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; examen des probl&#232;mes (th&#233;oriques, pratiques et p&#233;dagogiques) li&#233;s &#224; cette institution, et notamment des &lt;strong&gt;modalit&#233;s &lt;/strong&gt;de l'enseignement ainsi introduit en Premi&#232;re, compte tenu du fait que cette introduction ne doit pas apporter de surcharge horaire pour les &#233;l&#232;ves, et donc doit se faire par le biais institutionnel de &lt;strong&gt;l'interdisciplinarit&#233;&lt;/strong&gt;, tout en respectant int&#233;gralement (et m&#234;me en affirmant) la &lt;strong&gt;sp&#233;cificit&#233; &lt;/strong&gt;de l'enseignement philosophique. ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la question de la r&#233;organisation pratique de &lt;strong&gt;l'examen &lt;/strong&gt;et de la d&#233;termination des programmes (notamment en ce qui concerne l'enseignement technique) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la question de la &lt;strong&gt;formation des enseignants&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, tr&#232;s vite, la question de l'organisation des &lt;strong&gt;&#233;preuves de l'examen &lt;/strong&gt;est intervenue de fa&#231;on pr&#233;pond&#233;rante, avec focalisation r&#233;p&#233;titive et r&#233;currente sur les th&#232;mes inqui&#233;tants (mis en avant par les r&#233;dacteurs du fascicule de 'documentation critique' diffus&#233; par le Bureau de l'Association...) de 'l'incitation au pire bachotage', de 'l'abandon d&#233;magogique et d&#233;missionnaire de la formation rigoureuse des &#233;l&#232;ves &#224; la r&#233;flexion', et de la r&#233;duction totale, &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance de l'&#233;preuve de philosophie au bac &#224; un stupide &lt;strong&gt;questionnaire &#224; choix multiple &lt;/strong&gt;('antiphilosophique', par nature, et impossible &#224; corriger 'philosophiquement'...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Je dois dire que j'ai &#233;t&#233; ahuri par la proposition d'&#233;preuves de la Commission. Et autant je trouve tout &#224; fait justifi&#233; le premier point, autant le second me parait incompr&#233;hensible... Et, l&#224; ; je dois dire que j'ai les points de vue de l'Association des Professeurs de Philosophie... Est-ce que l'&#233;preuve qui est propos&#233;e est une &#233;preuve s&#233;rieuse ? Est-ce que &lt;strong&gt;poser des questions&lt;/strong&gt;, comme il est propos&#233; de le faire, c'est quelque chose qui rel&#232;ve du philosophique ? Est-ce que la consid&#233;ration des copies de baccalaur&#233;at (qui sont tr&#232;s mauvaises, je suis tout &#224; fait de cet avis, et j'ai &#233;t&#233; d&#233;sar&#231;onn&#233;, je dirais m&#234;me, par le dernier paquet de copies de Terminales C que j'ai corrig&#233;) doit nous faire c&#233;der de notre exigence philosophique ? Est-ce que, face &#224; des copies qui ressassent, qui ne font que 'r&#233;pondre', justement, &#224; des questions, qui se contentent d'&#233;grener un savoir qui est pris dans des aide-m&#233;moire, sans r&#233;flexion, il est l&#233;gitime d'aller dans le sens de cette &#233;volution catastrophique, dans le sens de &lt;strong&gt;l'absence de r&#233;flexion&lt;/strong&gt; ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Moi, je voudrais marquer ma tr&#232;s vive inqui&#233;tude &#224; l'id&#233;e de ce &lt;strong&gt;questionnaire de connaissances&lt;/strong&gt;... Pour trois raison : d'une part, parce qu'un questionnaire de connaissances est absolument li&#233; &#224; une &lt;strong&gt;philosophie officielle &lt;/strong&gt;ou &#224; un &lt;strong&gt;minimum commun obligatoire&lt;/strong&gt; ; deuxi&#232;mement, parce que &lt;strong&gt;c'est excessivement difficile &#224; corriger &lt;/strong&gt;(j'ai, honn&#234;tement, tent&#233; pendant une quinzaine d'ann&#233;es, p&#233;riodiquement, de voir ce que &#231;a pouvait donner de poser cinq ou dix questions en une heure ; conclusion : c'est &lt;strong&gt;incorrigeable&lt;/strong&gt;, et cela pour deux raisons : d'une part, parce que les &#233;l&#232;ves les meilleurs, les plus astucieux, per&#231;oivent la difficult&#233; de la premi&#232;re question... et ne traitent que cette premi&#232;re question, &#233;videmment !, ou bien parce qu'on a des choses qui sont tellement ni chair ni poisson qu'on ne sait pas comment les noter...) ; et la troisi&#232;me raison, c'est que, actuellement, on proposera un questionnaire avec six questions en une heure, et puis, &lt;strong&gt;dans dix ans, on posera quinze questions en une heure, et &#231;a sera un questionnaire &#224; choix multiple&lt;/strong&gt;... Et les questions &#224; choix multiple, &#231;a sera : Platon est-il un id&#233;aliste ou un r&#233;aliste ? ou : Y a-t-il une substance ou deux (non point chez Spinoza, mais en g&#233;n&#233;ral...) ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'&lt;strong&gt;Qu'est-ce qu'on enseigne&lt;/strong&gt; ? Est-ce qu'on enseigne aux &#233;l&#232;ves &#224; &lt;strong&gt;restituer ce qu'on leur a dit, &lt;/strong&gt;sous forme de &lt;strong&gt;r&#233;ponse &lt;/strong&gt;&#224; '&lt;i&gt;Qui &#233;tait Socrate ?&lt;/i&gt;', ou bien &#224; se rendre capables d'une activit&#233; de &lt;strong&gt;transcription&lt;/strong&gt; ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Je crois, comme l'ensemble des coll&#232;gues qui sont intervenus pr&#233;c&#233;demment, qu'il y a un risque &#233;norme de &lt;strong&gt;bachotage&lt;/strong&gt;...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui appara&#238;t clairement &#224; l'analyse de ce discours, c'est qu'il est fondamentalement r&#233;gi par &lt;strong&gt;l'opposition &lt;/strong&gt;(exclusive) : &lt;strong&gt;connaissances &lt;/strong&gt;vs &lt;strong&gt;r&#233;flexion&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se passe comme s'il &#233;tait postul&#233; par ceux qui le tiennent que &lt;strong&gt;connaissances &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;r&#233;flexion &lt;/strong&gt;sont radicalement antinomiques, que prouver qu'on sait quelque chose (et qu'on est capable de le dire clairement en quelques lignes) signifie, &lt;i&gt;ipso facto&lt;/i&gt;, l'absence de r&#233;flexion, que demander aux &#233;l&#232;ves, pour l'obtention d'un dipl&#244;me national, de faire preuve de l'acquisition d'un minimum commun obligatoire de connaissances est 'absolument li&#233;' &#224; l'imposition d'une 'philosophie officielle' et que &lt;strong&gt;poser des questions simples&lt;/strong&gt;, appelant sans &#233;quivoque une &lt;strong&gt;r&#233;ponse pr&#233;cise &lt;/strong&gt;(sans qu'on soit oblig&#233; de passer une heure &#224; faire preuve d'astuce pour comprendre ce qui est demand&#233;...), c'est anti-philosophique par essence... (N'est-il pas quelque peu symptomatique que soit si exemplairement r&#233;cus&#233;e la question :&lt;i&gt;'Qui &#233;tait Socrate&lt;/i&gt; ?', comme s'il &#233;tait 'anti-philosophique' de sensibiliser les &#233;l&#232;ves au souci de savoir de quoi on parle et si ce qu'on dit est vrai ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est du &lt;strong&gt;bachotage &lt;/strong&gt;(th&#232;me qui revient de fa&#231;on si insistante), s'il est un &lt;strong&gt;syst&#232;me &lt;/strong&gt;qui favorise de fa&#231;on &#233;hont&#233;e le d&#233;veloppement de &lt;strong&gt;l'industrie du bachotage &lt;/strong&gt;et l'exploitation mercantile de l'angoisse des candidats, c'est bien celui qui gouverne actuellement l'enseignement dit de 'philosophie', et nul n'ignore quels liens d'aucuns de ceux qui en d&#233;fendent si &#226;prement l'intangibibilit&#233; ont avec l'&#233;dition des 'guides pour la dissertation', annales 'corrig&#233;es', etc., de plus en plus scandaleusement florissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que dit, &#224; ce propos, le &lt;strong&gt;Rapport de la Commission&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Dans les conditions actuelles, la plupart des copies de baccalaur&#233;at ne r&#233;pondent pas aux exigences minimales d'une dissertation de philosophie et l'&#233;preuve n'offre pas un instrument fiable d'&#233;valuation des comp&#233;tences effectivement acquises par les &#233;l&#232;ves. Pour de multiples raisons - la diversit&#233; illimit&#233;e des sujets, leur extr&#234;me g&#233;n&#233;ralit&#233; et leurs liens trop indirects avec ce qui a &#233;t&#233; &#233;tudi&#233; pendant l'ann&#233;e, l'appel &#224; des capacit&#233;s rh&#233;toriques inaccessibles &#224; la majorit&#233; des &#233;l&#232;ves actuels, et particuli&#232;rement ceux de l'enseignement technique, etc. - elle appara&#238;t aux candidats comme myst&#233;rieuse et al&#233;atoire ; son caract&#232;re non ma&#238;trisable suscite l'angoisse, le bachotage, ou l'abandon et met peu &#224; peu en cause l'enseignement philosophique lui-m&#234;me.' (p. 3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Les conditions actuelles de l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at supposent de la part des &#233;l&#232;ves une capacit&#233; rh&#233;torique et une culture g&#233;n&#233;rale largement sup&#233;rieures &#224; ce qui peut &#234;tre raisonnablement demand&#233; aux &#233;l&#232;ves de terminale. Plut&#244;t le genre de dispositions qu'on exige traditionnellement des kh&#226;gneux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel fonctionnement est d&#233;sastreux quand 40% des &#233;l&#232;ves d'une classe d'&#226;ge passent le bac. S'il devait se perp&#233;tuer quand 60 ou 80% y auront acc&#232;s, il serait tout simplement suicidaire pour l'enseignement dans le secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de cette situation sont bien connues des professeurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;sarroi des &#233;l&#232;ves, sentiment d'impuissance et impression que l'&#233;preuve de philosophie du bac est une 'loterie' (voir 'La loterie philosophique', in &lt;i&gt;Le Monde de l'&#201;ducation, &lt;/i&gt;Avril 89).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;couragement et forte d&#233;valorisation de la philosophie dans les sections scientifiques notamment (pour ne pas parler du technique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; bachotage des &#233;l&#232;ves les plus s&#233;rieux qui ont besoin de se rassurer et qui pour se pr&#233;parer &#224; l'impr&#233;parable voient dans les notions du programme, contrairement &#224; son esprit, les t&#234;tes de chapitre d'un cours &#224; remplir, puis se ruent sur toutes sortes de manuels ou fascicules de plus ou moins bonne qualit&#233;, qui tous traitent le programme chapitre par chapitre.' (p. 11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Un &#233;l&#232;ve n'a pas &#224; &#234;tre original, ni &#224; tirer de son propre fonds ce qu'on ne lui a jamais appris ; il n'est pas un philosophe en herbe ou un penseur en germe.' (p. 11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Quoi qu'on pense de la phrase kantienne selon laquelle on n'apprend pas la philosophie mais &#224; philosopher, et quelle que soit l'interpr&#233;tation qu'on en donne, cette formule ne peut servir &#224; justifier la situation actuelle o&#249;, &#224; traiter les &#233;l&#232;ves comme de petits philosophes, on finit par ne plus trouver de philosophie dans leurs travaux. Qu'on parle d'apprendre &#224; philosopher ou d'apprendre la philosophie, il s'agit toujours d'apprendre et on doit donc pouvoir d&#233;terminer avec une pr&#233;cision suffisante, comme dans toute autre discipline, les savoirs et les comp&#233;tences exigibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;trange &#224; cet &#233;gard que l'&#233;pith&#232;te 'scolaire', dans l'enseignement secondaire en g&#233;n&#233;ral et dans celui de la philosophie en particulier, soit devenue syst&#233;matiquement p&#233;jorative. La hantise du scolaire ne conduit-elle pas trop souvent &#224; des sujets d&#233;mesur&#233;ment ambitieux, et &#224; des exigences insens&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la nature d'une &#233;preuve d'examen ou que le travail remis par un &#233;l&#232;ve soient 'scolaires' n'est pas une qualit&#233; qui devrait conduire &#224; les discr&#233;diter. Que demander &#224; un examen sinon de permettre de contr&#244;ler qu'un certain nombre de connaissances et de comp&#233;tences ont &#233;t&#233; acquises gr&#226;ce &#224; l'&#233;cole, c'est-&#224;-dire scolairement ? Que demander &#224; un &#233;l&#232;ve, sinon qu'il soit en mesure de restituer correctement et d'utiliser intelligemment un certain nombre de connaissances et de modes de raisonnement scolairement assimil&#233;s ? Le m&#233;pris g&#233;n&#233;ralement affich&#233; &#224; l'&#233;gard des questions de cours ne se justifie nullement si par 'questions ce cours' on entend, non pas des incitations &#224; r&#233;citer ce qui a &#233;t&#233; dit en cours, mais simplement des questions avec lesquelles on s'est familiaris&#233; et &#224; propos desquelles une r&#233;flexion a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; engag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient, nous semble-t-il, de r&#233;habiliter le 'scolaire' qu'on ne saurait confondre avec le bachotage. Le bachotage, c'est l'accumulation superficielle et h&#226;tive de connaissances destin&#233;es &#224; faire illusion le jour de l'examen. L'apprentissage scolaire, c'est ce qui rend capable de reproduire et d'utiliser &#224; bon escient des concepts et des distinctions qu'on n'a pas n&#233;cessairement invent&#233;s, de reconna&#238;tre des probl&#232;mes et des id&#233;es que l'on a d&#233;j&#224; rencontr&#233;s. Si certains &#233;l&#232;ves sont de surcro&#238;t originaux, cr&#233;atifs, cultiv&#233;s ou brillants, tant mieux. Mais un enseignement philosophique n'a pas &#224; rougir d'&#234;tre et de se reconna&#238;tre scolaire.' (pp. 12-13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu la pr&#233;gnance manifeste de ce motif du '&lt;strong&gt;bachotage&lt;/strong&gt;' dans le discours de beaucoup de ceux qui ont pris la parole, nous n'avons pas cru pouvoir nous dispenser de faire citation de cet assez long ensemble d'extraits du &lt;strong&gt;texte du Rapport&lt;/strong&gt;, car c'est, naturellement, tout cet &lt;strong&gt;expos&#233; des motifs&lt;/strong&gt;, par quoi s'affirme la &lt;strong&gt;coh&#233;rence &lt;/strong&gt;du propos (et qui montre assez clairement que la Commission a eu pr&#233;cis&#233;ment souci, quant &#224; la question du &lt;strong&gt;bachotage&lt;/strong&gt;, de s'attaquer aux &lt;strong&gt;racines du mal&lt;/strong&gt;, plut&#244;t que continuer, plus ou moins hypocritement, &#224; se payer de mots...), que les r&#233;dacteurs du fascicule de 'documentation critique' diffus&#233; par l'Association des Professeurs de Philosophie ont bien pris soin d'escamoter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et force a bien &#233;t&#233; de constater l'efficace effet de censure tut&#233;laire ainsi provoqu&#233;, puisqu'on retrouve (presque mot pour mot...) les principales all&#233;gations de cet aide-m&#233;moire 'critique' dans le discours, &#224; notre r&#233;union, d'intervenants tr&#232;s sinc&#232;rement &#233;mus, et pourtant cens&#233;s avoir pris la peine de lire attentivement le texte int&#233;gral du Rapport, que nous leur avions envoy&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et malheureusement cette r&#233;currence de l'&#233;vocation, comme en un rite d'exorcisme, du spectre du bachotage aura pris pas mal d'un temps d&#233;j&#224; trop limit&#233;, r&#233;duisant &#224; portion congrue les interventions constructives, comme a d&#251; finalement le faire observer Roland Brunet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Sur cette question du bachotage, on ne s'en sortira pas !... C'est sans doute quelque chose d'absolument in&#233;vitable. On peut certes essayer de r&#233;fl&#233;chir &#224; un type d'&#233;preuve qui le rende le moins op&#233;rant possible, mais enfin c'est quelque chose qui nous &#233;chappe, qui nous d&#233;passe ; c'est une chose que les marchands de soupe chercheront toujours &#224; exploiter et &#224; favoriser. &lt;strong&gt;Le bachotage existe actuellement aussi bien avec la dissertation &lt;/strong&gt;(annales corrig&#233;es, recueils de citations, etc.), et, donc, la dissertation n'est pas une panac&#233;e contre le bachotage, et, donc, le fait d'instituer des &#233;preuves qui ne se r&#233;duiraient pas &#224; la seule dissertation n'implique pas n&#233;cessairement l'augmentation du risque de bachotage... Et sur les &lt;strong&gt;Questions&lt;/strong&gt;, je crois qu'il faut &#233;viter de caricaturer...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup plus s&#233;rieuse, selon nous, que cette pr&#233;vention quasi obsessionnelle contre l'id&#233;e m&#234;me d'un &lt;strong&gt;questionnaire &lt;/strong&gt;(qui serait, comme par essence, la marque diabolique de l'intervention de l'Anti-Philosophique...) est la r&#233;ticence (d'ailleurs nuanc&#233;e) fond&#233;e sur l'objection que le &lt;strong&gt;temps &lt;/strong&gt;consacr&#233; &#224; ce questionnaire r&#233;duirait d'autant celui allou&#233; &#224; la &lt;strong&gt;dissertation&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Une dissertation, c'est difficile &#224; faire... Alors, proposer d'en faire une en trois heures, qu'est-ce que &#231;a veut dire ? Est-ce que c'est encore une dissertation ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'&lt;strong&gt;Diviser&lt;/strong&gt; l'&#233;preuve en, d'abord une heure 'question de cours', et puis, apr&#232;s, trois heures de 'dissertation', &#224; mon avis, &#231;a risque d'&#234;tre catastrophique... Parce que, les questions, &#231;a sera du 'par c&#339;ur', et la dissertation, &#231;a sera le pire !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'On dit que, pour la dissertation, trois heures c'est insuffisant. Bon... Mais il faut voir ce qui se passe, actuellement, avec les &#233;l&#232;ves des sections scientifiques et techniques : pour les &#233;l&#232;ves des sections F, d&#233;j&#224; arriver &#224; leur faire passer trois heures sur une dissertation, c'est un exploit !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'C'est vrai qu'on peut estimer que trois heures seulement, pour une dissertation, ce n'est pas suffisant... Mais il faut tenir compte aussi du niveau de l'examen et des capacit&#233;s des &#233;l&#232;ves, et se demander comment ils utilisent, actuellement, leurs quatre heures... On pourrait d'ailleurs moduler cela en fonction des sections... Tout cela est &#224; &lt;strong&gt;&#233;tudier &lt;/strong&gt;tr&#232;s s&#233;rieusement, et il faudrait commencer par tirer au clair ce qu'on peut attendre, raisonnablement, d'un candidat au bac, au titre de la dissertation... Et peut-&#234;tre faudrait-il enfin se d&#233;cider &#224; cesser de &lt;strong&gt;f&#233;tichiser la dissertation &lt;/strong&gt;(comme d'aucuns qui vont jusqu'&#224; dire - j'ai lu &#231;a quelque part -que la dissertation serait la 'mat&#233;rialisation' (sic) m&#234;me de l'enseignement philosophique... ce qui, eu &#233;gard au fait que 90 % des &#233;l&#232;ves se montrent incapables de produire, le jour du bac, une copie r&#233;pondant aux exigences minimales d'une dissertation de philosophie en dirait long quant &#224; la cr&#233;dibilit&#233; de notre enseignement !). Il faut relativiser la place de la dissertation et &lt;strong&gt;diversifier les exercices&lt;/strong&gt;... Ainsi, &lt;strong&gt;l'&#233;tude de texte&lt;/strong&gt; (d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, mais exemplairement dans les &lt;strong&gt;sections techniques&lt;/strong&gt;) est quelque chose de beaucoup plus formateur et de beaucoup plus probant.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question de la validit&#233; de la '&lt;strong&gt;dissertation philosophique&lt;/strong&gt;' (comme exercice authentiquement formateur et comme &#233;preuve v&#233;ritablement probante) les opinions divergent, mais on s'accorde g&#233;n&#233;ralement &#224; d&#233;noncer le libell&#233; des sujets actuellement propos&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Il est compr&#233;hensible que la dissertation ne soit pas consid&#233;r&#233;e comme un en-soi, et je comprends les r&#233;serves que fait la Commission &#224; cet &#233;gard - d'autant qu'il n'y a pas, me semble-t-il, &#224; l'heure actuelle, de th&#233;orie tr&#232;s pr&#233;cise de la dissertation philosophique, et qu'il y a quelque chose qui manque, de notre c&#244;t&#233;, quant aux pr&#233;cisions &#224; donner aux &#233;l&#232;ves sur ce que nous voulons. Mais il reste que c'est, empiriquement, &#224; peu pr&#232;s ce qui s'est d&#233;gag&#233; de mieux...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Je pense que, quand on sait r&#233;fl&#233;chir, on est capable de mettre par &#233;crit sa r&#233;flexion... Et je n'ai jamais eu d'autre conception de la dissertation que le fait de mettre par &#233;crit une r&#233;flexion.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Une &#233;preuve dont la moyenne de correction tourne autour de 7 n'est pas une &#233;preuve pertinente et il y a l&#224; quelque chose d'inacceptable... Bon, il est entendu que nous sommes tous d'excellents professeurs de philosophie, que nous avons tous de hautes exigences et que nous essayons tous d'&#233;lever nos &#233;l&#232;ves au maximum de ces exigences, mais le r&#233;sultat, il est celui-l&#224;, et &#231;a, &#231;a n'est pas acceptable, &#231;a me parait tout &#224; fait malhonn&#234;te... Alors, bien s&#251;r, je pense qu'il n'est pas question de r&#233;pondre de mani&#232;re d&#233;magogique aux demandes des &#233;l&#232;ves, mais, tout de m&#234;me, que r&#233;pondre &#224; ceux qui nous disent : 'De toute fa&#231;on, qu'on travaille ou non, on aura 5 au bac !' ? Et alors, dans ces conditions, essayer de les &#233;lever jusqu'&#224; la Pens&#233;e, &#231;a devient difficile, surtout quand ils sont trente-cinq...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, je pense qu'il faudrait &#234;tre tr&#232;s conscient, quand m&#234;me, aussi, de la &lt;strong&gt;rh&#233;torique &lt;/strong&gt;tr&#232;s singuli&#232;re qui intervient dans notre &lt;strong&gt;fa&#231;on de poser les sujets&lt;/strong&gt;... Et je voudrais seulement &#233;voquer &#224; ce propos un sujet qui avait &#233;t&#233; donn&#233; dans l'Acad&#233;mie de Lyon, il y a trois ou quatre ans ' &lt;i&gt;Suffit-il de voir le meilleur pour le suivre ? &#187;&lt;/i&gt;... Neuf candidats sur dix ont compris : suffit-il de voir le premier de la classe pour faire pareil ? Suffit-il de voir un coureur pour courir aussi vite ?, etc... Bon : &#231;a paraissait extr&#234;mement clair, sans doute, &#224; ceux qui avaient pos&#233; le sujet ; n'emp&#234;che que &#231;a a &#233;t&#233; compris comme &#231;a, par des &#233;l&#232;ves de 'C', qui, en principe, sont des &#233;l&#232;ves tout de m&#234;me r&#233;put&#233;s intelligents...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'A propos des sujets de dissertation, je pense que (ind&#233;pendamment du sort qui sera fait au Rapport de la Commission...), cette r&#233;union doit &#234;tre au moins l'occasion de condamner, de la fa&#231;on la plus formelle, cette esp&#232;ce de &lt;strong&gt;snobisme&lt;/strong&gt; qui actuellement pr&#233;side au &lt;strong&gt;libell&#233; des questions&lt;/strong&gt;, et qui fait que cette &#233;preuve devient absolument ridicule, puisque le probl&#232;me est moins ce r&#233;pondre que d'essayer de &lt;strong&gt;deviner la question&lt;/strong&gt; !... De sorte que, quand on fait une s&#233;ance de correction (nous en avons tous l'exp&#233;rience), l'essentiel de notre travail va consister &#224; montrer aux &#233;l&#232;ves qu'ils n'ont pas compris la question ! C'est-&#224;-dire qu'on se croirait d&#233;shonorer de formuler les questions de fa&#231;on simple (comme, par exemple, quand cela nous concerne, nous savons l'exiger : lorsqu'entre coll&#232;gues on discute d'un probl&#232;me, si l'on estime qu'une question n'a pas &#233;t&#233; formul&#233;e de fa&#231;on claire, on demande aux gens de s'expliquer !)... Pourquoi est-ce qu'un sujet de dissertation doit prendre la forme de la transformation en phrase interrogative d'une citation hors contexte (et de surcro&#238;t tir&#233;e d'un texte g&#233;n&#233;ralement peu connu !) de sorte que cela devient un aphorisme sibyllin, comme : '&lt;i&gt;La conscience peut-elle errer ?&lt;/i&gt;' (ou - sujet r&#233;cemment propos&#233; &#224; des &#233;l&#232;ves du technique : &lt;i&gt;'La conscience est-elle objective ?&lt;/i&gt;') ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question importante, dont le souci se d&#233;gage de la confrontation des interventions, est celle de la &lt;strong&gt;d&#233;termination des programmes&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'on s'accorde g&#233;n&#233;ralement pour consid&#233;rer que le troisi&#232;me des 'cinq points fondamentaux' indiqu&#233;s liminairement en synth&#232;se du Rapport, &#224; savoir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'La cr&#233;dibilit&#233; de l'&#233;preuve de philosophie au baccalaur&#233;at implique un &lt;strong&gt;contrat clair&lt;/strong&gt;avec les candidats quant aux comp&#233;tences exig&#233;es d'eux ; un ensemble de dispositions devra garantir que les &#233;l&#232;ves ne seront confront&#233;s qu'&#224; des &lt;strong&gt;questions avec lesquelles ils auront pr&#233;alablement pu acqu&#233;rir une r&#233;elle familiarit&#233;&lt;/strong&gt;.' (p. 3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;est quelque chose d'extr&#234;mement important et que cela constitue un apport v&#233;ritablement positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Je pense que ce qu'il y a de bien dans ce Rapport, c'est cette id&#233;e qu'il faut d&#233;finir l'esprit dans lequel on posera ces questions et ces sujets, &#224; partir d'un &lt;strong&gt;contrat clair&lt;/strong&gt;, pour que les &#233;l&#232;ves soient en mesure de satisfaire aux &#233;preuves sur un programme bien d&#233;termin&#233; en fonction de l'enseignement qu'ils auront effectivement re&#231;u.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Je voudrais dire que ce qui me parait int&#233;ressant, c'est en effet cette id&#233;e de '&lt;strong&gt;contrat clair&lt;/strong&gt;'... Et le probl&#232;me, c'est de savoir comment le mettre en pratique.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Former les &#233;l&#232;ves &#224; &lt;strong&gt;produire&lt;/strong&gt; quelque chose demande beaucoup de temps, et c'est assez peu compatible avec les programmes tels qu'il sont con&#231;us actuellement... Alors, je ne dis pas que le Rapport de la Commission donne la solution toute faite en ce qui concerne l'exercice qu'il convient d'instituer, mais il me semble qu'on pourrait chercher &#224; mieux concevoir des exercices qui correspondraient &#224; ce besoin de d&#233;finir clairement du '&lt;strong&gt;contractuel&lt;/strong&gt;'. Sur la base de &lt;strong&gt;programmes convenables&lt;/strong&gt;, on pourrait concevoir, effectivement, des types d'exercices qui, &#224; la fois, permettraient un contr&#244;le des connaissances et n'induiraient plus &#224; la restitution &#224; tort et &#224; travers de n'importe quoi, appris en d&#233;sordre... Pour r&#233;pondre &#224; ce que nous demandons, il faut avoir un &lt;strong&gt;temps&lt;/strong&gt; ouvert devant soi, et ne pas &#234;tre l&#224; &#224; courir le coche pour faire semblant de 'boucler', finalement, la moiti&#233; du Programme...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; l'&#233;gard des &lt;strong&gt;propositions&lt;/strong&gt; plus pr&#233;cises du Rapport pour la mise en &#339;uvre, pratiquement, de ce principe du '&lt;strong&gt;contrat clair&lt;/strong&gt;' avec les candidats, des divergences d'appr&#233;ciation se sont manifest&#233;es, polaris&#233;es en fonction de deux motifs de m&#233;fiance, voire d'hostilit&#233; : l'un, essentiellement aliment&#233; par la &lt;strong&gt;confusion&lt;/strong&gt; - devenue monnaie courante - &#224; propos de la fa&#231;on l&#233;gitime de se conformer aux dispositions des programmes actuellement en vigueur, entre '&lt;strong&gt;notion&lt;/strong&gt;' et '&lt;strong&gt;th&#232;me&lt;/strong&gt;' (avec pour corr&#233;lat d'autres assimilations intempestives, notamment, entre 'th&#232;me', 'question', 'sujet', 'probl&#232;me', 'probl&#233;matique'...) ; l'autre reprenant (mais beaucoup plus discr&#232;tement et sereinement qu'on ne l'a vu faire en d'autres lieux...) le vieux leitmotiv de l'&#233;vocation du spectre de l'inacceptable limitation de &lt;strong&gt;'la libert&#233; individuelle du Professeur de Philosophie'&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'On se plaint du manque de temps pour traiter convenablement de toutes les notions du programme, mais le seul temps qui peut manquer, c'est celui qu'il faut &#224; l'&#233;l&#232;ve pour passer au niveau de la &lt;strong&gt;r&#233;flexion&lt;/strong&gt;, et il manque, en effet, quand il n'y a pas le &lt;strong&gt;minimum horaire&lt;/strong&gt; (quatre heures hebdomadaires ?) qui rend seulement &lt;strong&gt;possible &lt;/strong&gt;un enseignement de la &lt;strong&gt;philosophie&lt;/strong&gt;. Il ne s'agit pas de parcourir une partie, plus ou moins largement d&#233;limit&#233;e, d'un domaine du savoir, mais de se soumettre aux &lt;strong&gt;exigences de la philosophie&lt;/strong&gt;. Et le programme de philosophie n'est pas autre chose que l'indication de '&lt;strong&gt;directions dans lesquelles la recherche et la r&#233;flexion sont invit&#233;es &#224; s'engager&lt;/strong&gt;' (je cite les Instructions officielles...) et, en ce sens, c'est aussi un '&lt;strong&gt;non-programme&lt;/strong&gt;'... Ces &lt;strong&gt;directions &lt;/strong&gt;ne sont que comme des points cardinaux pour toute &lt;strong&gt;r&#233;flexion&lt;/strong&gt; authentiquement philosophique.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Cela n'a aucun sens de restreindre et de sp&#233;cialiser un programme de &lt;strong&gt;philosophie,&lt;/strong&gt; et c'est tr&#232;s dangereux car alors le professeur ne sera plus libre de choisir lui-m&#234;me ses probl&#233;matiques, et la r&#233;duction du programme trait&#233; &#224; deux ou trois questions Impos&#233;es va augmenter le risque de bachotage.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'&lt;strong&gt;Tels qu'ils sont actuellement r&#233;dig&#233;s&lt;/strong&gt;, et malgr&#233; les mises en garde officielles, qui pr&#233;cisent bien qu'il ne s'agit pas de chapitres &#224; traiter successivement, les programmes fonctionnent comme une invite &#224; 'saucissonner' la philosophie en 42 tranches !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Actuellement, beaucoup de nos jeunes coll&#232;gues consid&#232;rent ce programme comme une obligation de succession notionnelle : j'ai vu &#231;a, l'autre jour, avec la dizaine de stagiaires que nous avons dans l'Acad&#233;mie o&#249; je me trouve, lors d'une s&#233;ance de formation : j'ai eu beaucoup de mal &#224; les convaincre qu'il ne s'agissait pas d'enfiler successivement les 42 notions... Ils ont &#233;t&#233; tr&#232;s surpris de ce que je leur disais l&#224;...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Que la liste des 'notions du programme' n'indique pas des chapitres successifs, l'Inspection, je peux en t&#233;moigner, insiste tr&#232;s fortement sur ce point-l&#224; aupr&#232;s des MA en stage, et... avec en effet le plus grand mal pour les convaincre...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Les Instructions sont tr&#232;s mal r&#233;dig&#233;es, car elles disent &lt;strong&gt;aussi&lt;/strong&gt;, non moins express&#233;ment : '&lt;strong&gt;il suffit que toutes les notions du programme soient examin&#233;es&lt;/strong&gt;'.. Et &#231;a veut dire quoi, pratiquement, '&lt;strong&gt;examiner&lt;/strong&gt; une notion' ?! Et jusqu'&#224; quel point convient-il, &#224; chaque fois, d''engager' la recherche et la r&#233;flexion ? Sur quels crit&#232;res d&#233;cidera-t-on qu'on s'est suffisamment 'engag&#233;' dans une de ces 40 'directions' et qu'on peut passer &#224; une autre ? Que '&lt;strong&gt;l'ordre d'&#233;num&#233;ration choisi pour les notions du programme n'impose pas d'ordre obligatoire &#224; leur examen&lt;/strong&gt;' (je cite, moi aussi, les Instructions...) ne change rien quant au partage du &lt;strong&gt;temps&lt;/strong&gt; disponible, et, qu'on le veuille ou non, &#231;a fera bien, pratiquement, deux heures pour 'l'exp&#233;rience', deux heures pour 'la connaissance du vivant', etc. !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Tous les manuels sur lesquels, dans leur d&#233;sarroi, se ruent, comme le note tr&#232;s justement le Rapport, beaucoup des &#233;l&#232;ves les plus s&#233;rieux (et, non seulement les &#233;l&#232;ves, mais aussi, il faut le dire, les enseignants d&#233;butants...) traitent le programme chapitre par chapitre. Et c'est la m&#234;me chose pour les anthologies et les recueils 'philosophiques' de citations, et les diverses annales (corrig&#233;es ou non, vendues comme 'pr&#233;paration' au bac de l'ann&#233;e suivante...), o&#249; les sujets ne sont plus class&#233;s par Acad&#233;mies, mais par 'th&#232;mes', lesquels ne sont autres que les fameuses 'notions du programme'...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{}&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour un vrai d&#233;bat, par Jacques Derrida</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/pour-un-vrai-debat-par-jacques-derrida</link>
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		<dc:date>1989-11-15T17:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph, Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>Derrida</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Premi&#232;res r&#233;ponses &#224; quelques objections &lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s le mois d'octobre 89 - et alors que le texte du Rapport de la Commission ne devait &#234;tre officiellement rendu publiable que vers la mi-novembre - le Bureau de la tr&#232;s conservatrice APPEP avait distribu&#233;, en 'suppl&#233;ment' (tir&#233; &#224; part et tr&#232;s largement diffus&#233;...) au num&#233;ro de Septembre-Octobre de 'L'enseignement philosophique', un fascicule de 'documentation critique' explicitement destin&#233; &#224; 'alerter l'ensemble de nos coll&#232;gues', et, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/" rel="directory"&gt;Documents relatifs &#224; la guerre des programmes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/derrida" rel="tag"&gt;Derrida&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premi&#232;res r&#233;ponses &#224; quelques objections&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D&#232;s le mois d'octobre 89 - et alors que le texte du Rapport de la Commission ne devait &#234;tre officiellement rendu publiable que vers la mi-novembre - le Bureau de la tr&#232;s conservatrice APPEP avait distribu&#233;, en 'suppl&#233;ment' (tir&#233; &#224; part et tr&#232;s largement diffus&#233;...) au num&#233;ro de Septembre-Octobre de '&lt;/i&gt;L'enseignement philosophique&lt;i&gt;', un fascicule de 'documentation critique' explicitement destin&#233; &#224; 'alerter l'ensemble de nos coll&#232;gues', et, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;naturellement non accompagn&#233; de la reproduction int&#233;grale du texte &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;critiqu&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En fait, c'&#233;tait un v&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&#233;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;ritable libelle de d&#233;sinformation et d'intoxication, pr&#233;sentant, &#224; coup d'amalgames de citations fallacieusement tronqu&#233;es et abusivement isol&#233;es du contexte, une &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;caricature absolument ahurissante&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;des propositions de la Commission, visant manifestement ainsi &#224; susciter &lt;/i&gt;a priori &lt;i&gt;la pr&#233;vention et le rejet, et &#224; &#233;touffer dans l'&#339;uf tout d&#233;bat...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La r&#233;ponse de Jacques Derrida est parue dans le num&#233;ro de Novembre-D&#233;cembre de '&lt;/i&gt;L'enseignement philosophique&lt;i&gt;' - organe de l'APPEP - qui par ailleurs continuait &#224; mener la charge contre les propositions de la Commission accus&#233;e d'&#234;tre &#171; &lt;/i&gt;un moyen de pression &lt;i&gt; &#187; pour imposer les dogmes d'une &#171; &lt;/i&gt;p&#233;dagogie officielle &lt;i&gt; &#187; (Jean-Lefranc &#8211; pr&#233;sident de l'APPEP, &#171; Une consultation discr&#233;dit&#233;e &#187;, &lt;/i&gt;dans ce m&#234;me num&#233;ro&lt;i&gt;).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A l'outrance de ces attaques qui ne pouvaient convaincre que ceux qui, nombreux, n'avaient pas lu le Rapport, Jacques Derrida, au nom de la Commission, eu l'&#233;l&#233;gance de r&#233;pondre de mani&#232;re non pol&#233;mique, invitant les professeurs de philosophie &#224; engager un d&#233;bat digne de ce nom. On conna&#238;t la suite&#8230; un &#171; Collectif &#187; contre le projet Derrida-Bouveresse se constitua &#171; spontan&#233;ment &#187; et sa propagande fut amplement relay&#233;e et soutenue par l'APPEP&#8230; ; il faut dire que parmi ses initiateurs figuraient d'&#233;minents responsables de l'APPEP, les m&#234;mes qui 13 ans plus tard monteront un nouveau 'Collectif' tout aussi spontan&#233; contre les programmes dits 'Renaut'&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****************************************************************&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Derrida nous a demand&#233; &#224; exposer le point de vue de la commission qu'il pr&#233;side avec Jacques Bouveresse. Nous lui donnons volontiers la parole. Nos lecteurs pourront comparer avec notre plaquette, suppl&#233;ment du pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux de notre commission n'ont pas donn&#233; lieu &#224; des conclusions mais &#224; propositions ouvertes, avanc&#233;es comme telles, et destin&#233;es &#224; nourrir une discussion large, patiente, scrupuleuse et inform&#233;e. Si la brochure sp&#233;ciale que vous y avez consacr&#233;e confirme la n&#233;cessit&#233; d'un tel d&#233;bat, elle nous parait malheureusement le limiter trop vite : une pr&#233;sentation qui ignore la coh&#233;rence de notre d&#233;marche et passe quasiment sous silence notre expos&#233; des motifs a toute chance de rendre nos propositions peu intelligibles et de susciter &#224; notre &#233;gard tous les soup&#231;ons. D'autant plus que la diffusion actuellement tr&#232;s restreinte de notre rapport emp&#234;che la plupart de vos lecteurs d'en avoir une connaissance directe et compl&#232;te. Aussi cette r&#233;ponse, dont nous vous remercions d'avoir bien voulu accepter la publication, ne vise-t-elle ni &#224; engager une pol&#233;mique, ni &#224; d&#233;fendre &#224; tout prix des id&#233;es qui, loin de constituer un syst&#232;me arr&#234;t&#233;, forment donc plut&#244;t un ensemble de perspectives et de suggestions &#224; pr&#233;ciser, infl&#233;chir ou compliquer. En esp&#233;rant que la lecture int&#233;grale de notre rapport r&#233;pondra &#224; bien des inqui&#233;tudes ou des objections et permettra &#224; la discussion de se d&#233;velopper parmi vos lecteurs, nous voudrions simplement, dans les limites du temps et de l'espace dont nous disposons, pr&#233;ciser ici la lettre et l'esprit de certaines de nos propositions. Nous poserons clairement quelques questions qui &#224; nos yeux m&#233;ritent la r&#233;flexion commune de tous ceux que pr&#233;occupent la situation et l'avenir de l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Comment, dans le contexte d'une r&#233;forme des lyc&#233;es, garantir &#224; l'enseignement de la philosophie toute sa place et toute sa coh&#233;rence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Born&#233; &#224; la seule Terminale, l'enseignement de la philosophie occupe une position d'exception qui est en r&#233;alit&#233; une position de faiblesse : il est &#224; la merci de toute modification des horaires ou de l'organisation du baccalaur&#233;at. Le meilleur moyen de le d&#233;fendre n'est pas de s'accrocher au statu quo, mais d'exiger &#171; &lt;i&gt;une extension, un espace, un temps, et une coh&#233;rence qui sont depuis longtemps des droits reconnus &#224; toutes es disciplines fondamentales. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Aucune discipline fondamentale n'est confin&#233;e dans le temps d'une seule ann&#233;e acad&#233;mique&lt;/strong&gt; &#187; Les passages en italique sont des extraits de notre rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est pourquoi nous proposons de r&#233;organiser la formation philosophique en l'articulant en trois temps :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1. Un temps &lt;/i&gt;d'&lt;strong&gt;initiation&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, d&#232;s la premi&#232;re, dans le cadre d'un enseignement interdisciplinaire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2. Un temps de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;formation&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; : la terminale doit rester le temps fort et la philosophie y conserver un volume horaire suffisant pour une formation efficace. Il ne devrait en aucun cas &#234;tre inf&#233;rieur &#224; l'horaire actuel.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3. Un temps &lt;/i&gt;d'&lt;strong&gt;approfondissement &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;au niveau du premier cycle des Universit&#233;s, non seulement litt&#233;raires, mais aussi scientifiques, juridiques, m&#233;dicales, etc. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 - &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Faut-il faire commencer la philosophie en Premi&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois raisons au moins militent en faveur de cette id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- &lt;/i&gt;la demande des &#233;l&#232;ves : &lt;i&gt;&#171; ils consid&#232;rent que la bri&#232;vet&#233; de l'enseignement philosophique est un handicap pour l'assimilation de cette discipline nouvelle. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'exigence de progressivit&#233; : &lt;i&gt;&#171; l'enseignement de la philosophie a trop souvent &#233;t&#233; con&#231;u sur le mod&#232;le de la conversion ; il doit plut&#244;t &#234;tre envisag&#233; comme un apprentissage m&#233;thodique et progressif des connaissances et des comp&#233;tences requises. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- &lt;/i&gt;L'int&#233;r&#234;t d'une initiation interdisciplinaire &#224; la philosophie : c'est sans doute en liaison avec les probl&#232;mes rencontr&#233;s dans les autres disciplines que l'int&#233;r&#234;t et la n&#233;cessit&#233; du questionnement philosophique peuvent &#234;tre le mieux compris et justifi&#233;s. &#171; La philosophie devrait consid&#233;rer comme une de ses obligations et l'une de ses ch&lt;i&gt;ances de favoriser la communication non seulement entre la culture litt&#233;raire et la culture scientifique, mais &#233;galement entre les diff&#233;rents secteurs du savoir et de la culture dont l'&#233;parpillement pose aujourd'hui tant de probl&#232;mes aux &#233;l&#232;ves &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet enseignement serait anim&#233; en permanence par le professeur de philosophie, mais il en partagerait la responsabilit&#233; avec les professeurs des autres disciplines qui y interviendraient dans des proportions et selon des modalit&#233;s &#224; d&#233;finir en commun (interventions altern&#233;es, cours &#224; 2 ou 3 voix, demi-journ&#233;es ou journ&#233;es banalis&#233;es et organis&#233;es en commun). Le volume horaire serait fix&#233; sur une base annuelle. Dans un premier temps au moins, il ne serait pas inf&#233;rieur &#224; 75 heures (soit l'&#233;quivalent de 2 heures hebdomadaires). Une r&#233;partition pourrait &#234;tre propos&#233;e en trois modules trimestriels de 25 heures chacun, respectivement intitul&#233;s : 1. Philosophie/Sciences (logique, math&#233;matiques, physique et biologie). 2. Philosophie/Sciences sociales (Histoire, g&#233;ographie, sociologie, droit, &#233;conomie, politique). 3. Philosophie/Langage (rh&#233;torique, traduction, langues, arts et litt&#233;ratures). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la mise en place d'une telle initiation soul&#232;ve de multiples probl&#232;mes et bouscule les habitudes, c'est l'&#233;vidence. Ce serait pourtant une politique frileuse et &#224; courte vue que de se r&#233;fugier derri&#232;re l'&#233;num&#233;ration de ces difficult&#233;s pour refuser une innovation capable d'&#233;largir et d'enrichir les perspectives de l'enseignement philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 - &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Les obstacles que rencontre l'enseignement philosophique tiennent-lis avant tout &#224; l'insuffisance des horaires, ou &#224; l'&#233;ca&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;rt entre ce dont les &#233;l&#232;ves sont capabl&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;es et les exigences impliqu&#233;es par le programme et la d&#233;finition de l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que le d&#233;veloppement des fili&#232;res techniques a entra&#238;n&#233; une d&#233;gradation des conditions de travail des professeurs, et non moins &#233;vident que le d&#233;doublement d'une heure dans les sections techniques et scientifiques serait une am&#233;lioration consid&#233;rable. Mais il ne nous para&#238;t ni lucide ni raisonnable de faire de la question des horaires le n&#339;ud des probl&#232;mes. Peu raisonnable, car quand bien m&#234;me on penserait qu'avec 4 ou 6 heures hebdomadaires on peut apprendre la dissertation philosophique aux &#233;l&#232;ves de G (ce qui est douteux), ni ceux-ci ni les enseignants des autres disciplines n'accepteraient, et &#224; juste titre, un tel horaire dans des sections d&#233;j&#224; surcharg&#233;es. Il faut renoncer &#224; enseigner la philosophie &#224; ces &#233;l&#232;ves ou b&#226;tir pour eux un enseignement compatible avec un faible volume horaire. Peu lucide car l'attention exclusive aux probl&#232;mes d'horaire masque les difficult&#233;s les plus graves. Ce n'est pas noircir le tableau ou monter en &#233;pingle une mauvaise humeur de correcteur que de constater que &#171; &lt;i&gt;la plupart des copies de baccalaur&#233;at ne r&#233;pondent pas aux exigences minimales d'une dissertation de philosophie. &#187; &lt;/i&gt;Pour &#234;tre affront&#233;es dans des conditions satisfaisantes, les &#233;preuves actuelles supposent &#224; la fois une capacit&#233; rh&#233;torique ou une culture g&#233;n&#233;rale hors de port&#233;e de 90% des &#233;l&#232;ves, et une familiarit&#233; avec une telle diversit&#233; de probl&#232;mes, un usage ma&#238;tris&#233; d'un tel nombre de concept et d'id&#233;es qu'il est rigoureusement impossible &#224; la plupart de les assimiler en un an, m&#234;me dans les sections b&#233;n&#233;ficiant d'un fort volume d'heures. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la cr&#233;dibilit&#233; de l'enseignement de la philosophie implique un contrat clair avec les &#233;l&#232;ves quant aux comp&#233;tences exig&#233;es d'eux, une diversification des exercices qui relativise la place de la dissertation et une r&#233;organisation des programmes qui permette de fixer clairement les savoirs et les savoir-faire exigibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 - Comment, concilier l'indispensable libert&#233; du professeur et la n&#233;cessit&#233; de sp&#233;cifier bien plus rigoureusement ce qui est exigible des &#233;l&#232;ves ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; et la responsabilit&#233; individuelle du professeur sont garantes du caract&#232;re authentiquement philosophique de son enseignement. Et nul ne songe &#224; remettre en cause un tel acquis. Reste que les &#233;l&#232;ves de doivent pas &#234;tre livr&#233;s &#224; l'ind&#233;termin&#233;, qu'ils sont en droit d'avoir pu apprendre par l'&#233;cole ce qu'on attend qu'ils sachent et sachent faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour concilier ces deux exigences, nous proposons un &lt;i&gt;double&lt;/i&gt; &lt;i&gt;programme : &lt;/i&gt;un programme &lt;i&gt;g&#233;n&#233;ral&lt;/i&gt; de notions fondamentales et d'outils conceptuels, cadre national et durable de l'enseignement, et un programme &lt;i&gt;sp&#233;cial&lt;/i&gt; de 2 &#224; 4 &#224; 4 probl&#232;mes, auxquels des textes seraient associ&#233;s, fix&#233; annuellement par acad&#233;mie. Les &#233;l&#232;ves pourraient ainsi acqu&#233;rir une r&#233;elle comp&#233;tence sur des questions d&#233;termin&#233;es tout en conservant un large horizon philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me esprit ; nous proposons d'associer &#224; l'&#233;preuve de &lt;i&gt;dissertation &lt;/i&gt;(dont il faut diversifier les modalit&#233;s) un &lt;i&gt;exercice de questions &#171; portant aussi bien sur le vocabulaire philosophique de base, ou des distinctions philosophiques &#233;l&#233;mentaires que sur des points de rep&#232;re essentiels dans l'histoire de la philosophie. &#187; &lt;/i&gt;On ne voit gu&#232;re ce qu'il y aurait d'anti-philosophique &#224; demander &#224; des &#233;l&#232;ves de dire en 10 ou 20 lignes &lt;i&gt;ce &lt;/i&gt;qu'ils comprennent sous les termes d'&#171; empirisme &#187;, d'&#171; essence &#187; et d'&#171; existence &#187; ou de &#171; philosophie des lumi&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 - &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;A quelles conditions un enseignement de philosophie dans le technique est-il possible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'enseignement de la philosophie dans les sections techniques constitue un enjeu d&#233;cisif. Pourtant les probl&#232;mes qu'il soul&#232;ve ont &#233;t&#233; syst&#233;matiquement minor&#233;s ou ignor&#233;s depuis vingt ans. Avec la multiplication des classes de section G, et l'extension de son enseignement aux sections F, la philosophie atteint d&#233;sormais un public qu'elle n'a jamais eu. Il y a l&#224; pour elle une chance historique qui jusqu'&#224; pr&#233;sent a &#233;t&#233; compl&#232;tement perdue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inad&#233;quation du mod&#232;le en vigueur est manifeste : l'indigence des copies les rend in&#233;valuables ; la plupart des &#233;l&#232;ves oscillent entre le d&#233;couragement et le m&#233;pris, entre croire qu'ils ne sont pas capables de faire de la philosophie et juger qu'elle ne vaut pas une heure de peine ; les professeurs ont le sentiment qu'on leur assigne une mission impossible et de n'&#234;tre pas en mesure tout simplement d'exercer leur m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne comprend gu&#232;re en quoi il serait anti-d&#233;mocratique &#171; de prendre en compte ce que les &#233;l&#232;ves sont &#187; : refuser de le faire trahirait plut&#244;t une attitude &#233;litiste et irr&#233;aliste qui pr&#233;tendrait imposer &#224; des &#233;l&#232;ves un moule qui n'a jamais &#233;t&#233; con&#231;u pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#171; la volont&#233; et les moyens d'&#233;laborer pour ces &#233;l&#232;ves un autre mod&#232;le d'enseignement, qui d'une part s'appuie davantage sur leurs questions, pr&#233;occupations et motivations, et qui d'autre part fasse appel &#224; une gamme diversifi&#233;e d'exercices et de travaux &#233;crits et oraux mieux adapt&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre rapport pr&#233;sente un certain nombre de suggestions : d&#233;doublement d'une heure, regroupement de cours sur un semestre, &#233;preuve de bac orale sur dossier ou contr&#244;le continu, etc. Mais ces probl&#232;mes exigent une confrontation des exp&#233;riences de tous ceux qui actuellement enseignent dans ces sections. Des &#201;tats G&#233;n&#233;raux de l'enseignement de la philosophie dans le technique sont urgents et indispensables. Pourquoi une Association comme la v&#244;tre n'en prendrait-elle pas l'initiative ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les Membres de la Commission&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rapport de la Commission de Philosophie et d'&#201;pist&#233;mologie</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/rapport-de-la-commission-de-philosophie-et-d-epistemologie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/rapport-de-la-commission-de-philosophie-et-d-epistemologie</guid>
		<dc:date>1989-06-15T16:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph, Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Connaissances</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>
		<dc:subject>Derrida</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;PR&#201;AMBULE &lt;br class='autobr' /&gt;
La Commission de Philosophie et d'&#201;pist&#233;mologie, co-pr&#233;sid&#233;e par Jacques Bouveresse et Jacques Derrida, et compos&#233;e de Jacques Brunschwig, Jean Dhombres, Catherine Malabou et Jean-Jacques Rosat, s'est r&#233;unie durant six mois, de janvier &#224; juin 1989. Son travail s'est effectu&#233; en deux temps : a) un premier temps de r&#233;flexion pr&#233;paratoire, de discussion, et de consultation des repr&#233;sentants de divers corps et associations comme l'Inspection g&#233;n&#233;rale de Philosophie, l'Inspection (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/" rel="directory"&gt;Documents relatifs &#224; la guerre des programmes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/pratiques" rel="tag"&gt;Pratiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/notions" rel="tag"&gt;Notions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/connaissances" rel="tag"&gt;Connaissances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/derrida" rel="tag"&gt;Derrida&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_96 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acireph.org/IMG/pdf/rapport_commission-derrida-bouveresse.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 189.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acireph.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772036340' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Rapport Derrida-Bouveresse - PDF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PR&#201;AMBULE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Commission de Philosophie et d'&#201;pist&#233;mologie, co-pr&#233;sid&#233;e par Jacques Bouveresse et Jacques Derrida, et compos&#233;e de Jacques Brunschwig, Jean Dhombres, Catherine Malabou et Jean-Jacques Rosat, s'est r&#233;unie durant six mois, de janvier &#224; juin 1989. Son travail s'est effectu&#233; en deux temps : a) un premier temps de r&#233;flexion pr&#233;paratoire, de discussion, et de consultation des repr&#233;sentants de divers corps et associations comme l'Inspection g&#233;n&#233;rale de Philosophie, l'Inspection G&#233;n&#233;rale de la Formation des Ma&#238;tres, les syndicats (SGEN, SNES, SNESUP), l'Association des Professeurs de Philosophie, le Greph, l'Association des Biblioth&#233;caires (FADBEN) ; b) un second temps d'&#233;laboration et de r&#233;daction du pr&#233;sent rapport. Celui-ci comporte quatre principes g&#233;n&#233;raux et sept propositions d&#233;taill&#233;es, dont l'expos&#233; est pr&#233;c&#233;d&#233; par le rappel de cinq points destin&#233;s &#224; synth&#233;tiser les orientations fondamentales de la r&#233;flexion de la Commission sur la situtation et l'avenir de l'enseignement de la philosophie en France, dans le secondaire, dans le premier cycle des Universit&#233;s, et dans les futurs Instituts de Formation des Ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;[Nous reproduisons ici le d&#233;but du &#171; Pr&#233;ambule aux &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Principes pour une r&#233;flexion sur les contenus de l'enseignement &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &#187; publi&#233;s en mars 1989 qui pr&#233;cise le statut de cette commission :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une Commission de R&#233;flexion sur les contenus de l'enseignement avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e, &#224; la fin de l'ann&#233;e 1988, par le ministre de l'&#201;ducation nationale. Pr&#233;sid&#233;e par Pierre Bourdieu et Fran&#231;ois Gros et compos&#233;e de Pierre Baqu&#233;, Pierre Berg&#233;, Ren&#233; Blanchet, Jacques Bouveresse, Jean-Claude Chevallier, Hubert Condamines, Didier DaCunha Castelle, Jacques Derrida, Philippe Joutard, Edmond Malinvaud, Fran&#231;ois Mathey, elle avait re&#231;u mission de proc&#233;der &#224; une r&#233;vision des savoirs enseign&#233;s en veillant &#224; renforcer la coh&#233;rence et l'unit&#233; de ces savoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re phase de leur travail, les membres de la Commission se sont donn&#233; pour t&#226;che de formuler les principes qui devront r&#233;gir leur travail. Conscients et soucieux des implications et des applications pratiques, p&#233;dagogiques notamment, de ces principes, ils se sont efforc&#233;s, pour les fonder, de n'ob&#233;ir qu'&#224; la discipline proprement intellectuelle qui d&#233;coule de la logique intrins&#232;que des connaissances disponibles et des anticipations ou des questions formulables. N'ayant pas pour mission d'intervenir directement et &#224; court terme dans la d&#233;finition des programmes, ils ont voulu dessiner les grandes orientations de la transformation &lt;i&gt;progressive &lt;/i&gt;des contenus de l'enseignement qui est indispensable, m&#234;me si elle doit prendre du temps, pour suivre, et m&#234;me devancer, autant que possible, l'&#233;volution de la science et de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des commissions de travail sp&#233;cialis&#233;es acceptant ces principes continueront ou commenceront un travail de r&#233;flexion plus approfondi sur chacune des grandes r&#233;gions du savoir. Elles essaieront de proposer, dans des notes d'&#233;tape qui pourraient &#234;tre remises au mois de juin 1989, non le programme id&#233;al d'un enseignement id&#233;al, mais un ensemble d'observations pr&#233;cises, d&#233;gageant les implications des principes propos&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'une de ces commissions (Philosophie et &#201;pist&#233;mologie), copr&#233;sid&#233;e par Jacques Bouveresse et Jacques Derrida, et compos&#233;e de Jacques Brunschwig, Jean Dhombres, Catherine Malabou et Jean-Jacques Rosat, remit au minist&#232;re en juin 1989 le &#171; Rapport de la Commission de Philosophie et d'&#201;pist&#233;mologie &#187;&lt;/strong&gt;.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;CINQ POINTS FONDAMENTAUX
&lt;p&gt;(synth&#232;se du Rapport)&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. La philosophie doit intervenir comme constituant indispensable de toute formation intellectuelle coh&#233;rente, structur&#233;e, et soucieuse de comporter une dimension critique, &#224; partir d'un certain niveau de savoir et de culture.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; que rien dans l'organisation actuelle du savoir et de la culture ne saurait justifier une position en surplomb de la philosophie par rapport aux autres disciplines, celle-ci ne doit pas &#234;tre comprise comme occupant une position sup&#233;rieure &#224; celles des autres disciplines enseign&#233;es, mais comme accompagnant leurs d&#233;marches en formulant ses propres questions. Une telle conception implique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Que, comme celui des autres disciplines, l'enseignement de la philosophie devrait avoir un caract&#232;re progressif qui respecte cependant la sp&#233;cificit&#233; de sa d&#233;marche et ne saurait &#233;videmment en aucun cas se r&#233;duire &#224; un simple processus cumulatif d'acquisition de connaissances philosophiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Que les liens entre l'enseignement de la philosophie et celui des autres disciplines devraient &#234;tre syst&#233;matiquement renforc&#233;s, d&#233;velopp&#233;s et consid&#233;r&#233;s comme constitutifs de toute pratique de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Que la philosophie devrait consid&#233;rer comme l'une de ses obligations et l'une de ses chances de faciliter la transition, l'interaction et la communication, non seulement entre la culture litt&#233;raire et la culture scientifique, mais &#233;galement, de fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, entre les diff&#233;rents secteurs du savoir et de la culture dont l'&#233;parpillement pose aujourd'hui tant de probl&#232;mes aux &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Comme toute discipline fondamentale, la philosophie doit donner lieu &#224; un enseignement qui respecte son identit&#233;, s'articule sur d'autres disciplines et &#233;tende sur plusieurs ann&#233;es le cycle d'une &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;initiation, &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;d'une &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;formation &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;et d'un&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;approfondissement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le &lt;i&gt;temps d'initiation &lt;/i&gt;commencera au moins en premi&#232;re, &#224; raison de deux heures obligatoires par semaine r&#233;parties selon divers mod&#232;les au cours de l'ann&#233;e. Le professeur de philosophie organisera l'initiation &#224; la philosophie &lt;i&gt;comme telle &lt;/i&gt;en collaboration avec les enseignants repr&#233;sentant trois groupes de disciplines :&lt;i&gt;philosophie/ sciences &lt;/i&gt;(math&#233;matiques, physique et biologie), &lt;i&gt;philosophie/sciences sociales &lt;/i&gt;(sociologie, histoire, g&#233;ographie, &#233;conomie), &lt;i&gt;philosophie/langages/ arts et litt&#233;ratures. &lt;/i&gt;Parmi tous les b&#233;n&#233;fices &#224; escompter de cette innovation et des intersections qui en tout &#233;tat de cause ne devraient jamais dissoudre l'unit&#233; des disciplines, cette nouvelle pratique permettrait d'&#233;quilibrer une formation philosophique jusqu'ici trop souvent voire exclusivement domin&#233;e par des mod&#232;les litt&#233;raires ou oppos&#233;e aux mod&#232;les des sciences sociales ou des sciences en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le &lt;i&gt;temps de formation &lt;/i&gt;ou le &#171; temps fort &#187; restera celui de la terminale. Enseign&#233;e maintenant dans toutes les sections des lyc&#233;es classiques et techniques, la philosophie doit conserver un volume horaire suffisant pour une formation efficace, ce qui exclut dilution, &#233;miettement ou r&#233;duction. Cet horaire ne devrait en aucun cas &#234;tre inf&#233;rieur au volume actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le &lt;i&gt;temps d'approfondissement &lt;/i&gt;appartiendra au cycle des Universit&#233;s, non seulement dans les cursus litt&#233;raires mais aussi scientifiques, juridiques, m&#233;dicaux, etc. Cet approfondissement de la culture philosophique &lt;i&gt;g&#233;n&#233;rale &lt;/i&gt;pourra chaque fois se lier &#224; une r&#233;flexion critique plus sp&#233;cifiquement appropri&#233;e &#224; la professionnalisation (par exemple, pour les futurs m&#233;decins, l'&#233;tude des questions d'&#233;thique m&#233;dicale, d'histoire et d'&#233;pist&#233;mologie de la biologie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. &#201;tant donn&#233; le r&#244;le organisateur que joue l'&#233;tape du baccalaur&#233;at, le syst&#232;me de nos propositions suppose &#224; ce sujet une innovation prudente, mais d&#233;termin&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La cr&#233;dibilit&#233; de l'&#233;preuve de philosophie au baccalaur&#233;at implique un &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;contrat&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;clair avec les candidats quant aux comp&#233;tences exig&#233;es d'eux, et une&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;diversification &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;des &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;exercices qui &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;relativise la place de la dissertation ; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;un ensemble de dispositions devra garantir que les &#233;l&#232;ves ne seront confront&#233;s qu'&#224; des &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;questions avec lesquelles ils auront pr&#233;alablement pu acqu&#233;rir une r&#233;elle familiarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les conditions actuelles, la plupart des copies de baccalaur&#233;at ne r&#233;pondent pas aux exigences minimales d'une dissertation de philosophie et l'&#233;preuve n'offre pas un instrument fiable d'&#233;valuation des comp&#233;tences effectivement acquises par les &#233;l&#232;ves. Pour de multiples raisons&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la diversit&#233; illimit&#233;e des sujets, leur extr&#234;me g&#233;n&#233;ralit&#233; et leurs liens trop indirects avec ce qui a &#233;t&#233; &#233;tudi&#233; pendant l'ann&#233;e, l'appel &#224; des capacit&#233;s rh&#233;toriques inaccessibles &#224; la majorit&#233; des &#233;l&#232;ves actuels, et particuli&#232;rement ceux de l'enseignement technique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elle appara&#238;t aux candidats comme myst&#233;rieuse et al&#233;atoire ; son caract&#232;re non ma&#238;trisable suscite l'angoisse, le bachotage, ou l'abandon, et met peu &#224; peu en cause l'enseignement philosophique lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au baccalaur&#233;at d'enseignement g&#233;n&#233;ral, nous proposons que l'&#233;preuve &#233;crite de quatre heures combine deux exercices :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une s&#233;rie de questions visant &#224; &#233;valuer l'assimilation du vocabulaire philosophique de base et des distinctions conceptuelles &#233;l&#233;mentaires, ainsi que la connaissance de points de rep&#232;res dans l'histoire de la philosophie (par exemple 6 questions propos&#233;es dans le cadre du programme g&#233;n&#233;ral, les &#233;l&#232;ves en choisissant 3 ; dur&#233;e : une heure) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une &#233;preuve de dissertation (ou, au choix, de commentaire de texte) portant exclusivement sur les notions, probl&#232;mes et textes d&#233;limit&#233;s par le programme sp&#233;cial (dur&#233;e : trois heures). Au baccalaur&#233;at d'enseignement technique, nous proposons que l'&#233;preuve devienne orale et consiste en une interrogation &#224; partir d'un dossier constitu&#233; par le candidat durant l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Les Programmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur d&#233;finition pr&#233;cise rel&#232;ve, bien entendu, du Conseil national des programmes d'enseignement. Toutefois, les principes &#233;nonc&#233;s et les r&#233;formes propos&#233;es ci-dessus impliquent une transformation profonde de leur conception, de leurs structures et de leur contenu. La cons&#233;quence la plus saillante est sans doute la distinction qu'il faudra faire (avec les diff&#233;renciations n&#233;cessaires pour chaque type de classe terminale) entre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.1. un programme &lt;i&gt;g&#233;n&#233;ral, &lt;/i&gt;d&#233;fini pour une longue p&#233;riode au niveau national, et&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.2. un programme &lt;i&gt;sp&#233;cial, &lt;/i&gt;d&#233;fini annuellement au niveau de chacune des Acad&#233;mies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme g&#233;n&#233;ral devrait comporter :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.1.1. Un ensemble de notions, prises parmi les plus fondamentales de la tradition et de l'activit&#233; philosophiques. Cet ensemble de &#171; contenus &#187; devrait &#234;tre significativement plus restreint que celui des programmes actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.1.2. Un ensemble de notions m&#233;thodologiques correspondant &#224; des outils fondamentaux de la r&#233;flexion th&#233;orique, qu'il s'agirait d'apprendre &#224; manier correctement, plus encore qu'&#224; d&#233;finir hors de tout contexte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.2. Le programme sp&#233;cial serait constitu&#233; par deux ou trois probl&#232;mes philosophiques de base, formul&#233;s &#224; partir de l'ensemble d&#233;fini en 4.1.1. Les enseignants de chaque Acad&#233;mie devront &#234;tre pr&#233;sents ou repr&#233;sent&#233;s aux instances responsables du choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.3. En ce qui concerne les textes &#224; &#233;tudier, une liste d'&#339;uvres philosophiques (deux ou trois) sera &#233;galement mise au programme annuellement, selon les m&#234;mes modalit&#233;s, dans chaque Acad&#233;mie. L'ensemble dans lequel ces &#339;uvres seront choisies pourrait &#234;tre sensiblement &#233;largi par rapport aux programmes actuels, notamment en ce qui concerne les &#339;uvres contemporaines. La port&#233;e philosophique des &#339;uvres devrait n&#233;anmoins rester dans tous les cas incontestable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
5. La Formation des Ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les ma&#238;tres du premier comme du second degr&#233;, quelles que soient les disciplines qu'ils se pr&#233;parent &#224; enseigner, devraient b&#233;n&#233;ficier, lors de leurs ann&#233;es de formation, d'un enseignement de philosophie.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation des ma&#238;tres doit avoir pour objectif, outre l'acquisition des qualit&#233;s professionnelles requises pour mener &#224; bien la t&#226;che &#233;ducative, celle d'une r&#233;flexion constructive et critique sur l'enseignement lui-m&#234;me. Tous les ma&#238;tres doivent pouvoir s'interroger sur l'aspect n&#233;cessairement probl&#233;matique de leur pratique, celle-ci ne pouvant bien s&#251;r se limiter &#224; l'application de recettes p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, une conception pluridisciplinaire de l'enseignement, telle qu'elle est ici d&#233;velopp&#233;e, implique que tous les ma&#238;tres puissent avoir les moyens de construire une r&#233;flexion sur les liens qu'entretiennent entre eux, historiquement et logiquement, les divers savoirs enseign&#233;s &#224; l'&#233;cole et au lyc&#233;e. C'est dire, &#224; partir de l'exigence d'une telle transversalit&#233;, que, dans toutes les branches de la formation des ma&#238;tres, un enseignement philosophique est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les futurs enseignants de philosophie, outre leur formation fondamentale, devraient &#234;tre pr&#233;par&#233;s : 1) &#224; suivre les &#233;volutions marquantes des savoirs contemporains, 2) &#224; ma&#238;triser les pratiques p&#233;dagogiques nouvelles appel&#233;es par les propositions pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PRINCIPES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PREMIER PRINCIPE
&lt;p&gt;&#201;tendre l'enseignement de la philosophie en l'articulant en trois temps avec un moment fort en terminale.&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;a) L'apprentissage de la philosophie demande du temps, plus que les huit mois actuels d'enseignement en terminale. Il faut davantage pour se familiariser avec une d&#233;marche, des probl&#232;mes, un vocabulaire, des auteurs. La philosophie est la seule discipline dont on demande l'apprentissage en un an. &lt;i&gt;Du point de vue des &#233;l&#232;ves : &lt;/i&gt;ce statut d'exception est une anomalie ; ils consid&#232;rent que la bri&#232;vet&#233; de l'enseignement philosophique est un handicap pour l'assimilation de cette discipline nouvelle ; ils souhaitent massivement commencer plus t&#244;t. &lt;i&gt;Du point de vue des enseignants : &lt;/i&gt;l'exp&#233;rience conduit &#224; constater que c'est bien souvent au bout de plusieurs mois seulement (en f&#233;vrier ou &#224; P&#226;ques) que des &#233;l&#232;ves (et m&#234;me souvent de bons &#233;l&#232;ves) commencent &#224; comprendre ce qu'on attend d'eux, et qu'ils arr&#234;tent de pratiquer la philosophie au moment m&#234;me o&#249; ils en deviennent vraiment capables. L'enseignement de la philosophie a trop souvent &#233;t&#233; con&#231;u sur le mod&#232;le de la conversion qui devrait faire passer l'&#233;l&#232;ve de l'opinion commune &#224; l'esprit philosophique d'un seul coup, en une seule fois. L'enseignement de la philosophie doit plut&#244;t &#234;tre envisag&#233; comme un apprentissage qui passe par une acquisition m&#233;thodique, progressive et adapt&#233;e au rythme des &#233;l&#232;ves, des connaissances et des comp&#233;tences requises pour mener une v&#233;ritable r&#233;flexion philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Malgr&#233; tout ce qui a pu pr&#233;tendre, dans l'histoire de la philosophie, justifier une position en surplomb de la philosophie par rapport aux autres disciplines, cette relation d'ext&#233;riorit&#233; h&#233;g&#233;monique est essentiellement une survivance ; elle est moins f&#233;conde et moins tenable que jamais. La philosophie n'est pas au-dessus des sciences et des humanit&#233;s ; elle accompagne leurs d&#233;marches en posant ses propres questions. Cela suppose &#233;galement qu'elle les accompagne &#224; diff&#233;rents niveaux de leur apprentissage. L'enseignement de la philosophie ne peut plus &#234;tre con&#231;u comme un couronnement final,&lt;i&gt;mais comme une s&#233;rie de moments constitutifs indispensables &#224; toute formation intellectuelle, &#224; partir d'un certain niveau de savoir et de culture.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi nous proposons de r&#233;organiser la formation philosophique en l'articulant en trois temps :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Un temps &lt;i&gt;d'initiation, &lt;/i&gt;d&#232;s la premi&#232;re, dans le cadre d'un enseignement interdisciplinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2&lt;/i&gt;. Un temps de &lt;i&gt;formation : &lt;/i&gt;la terminale doit rester le temps fort de l'enseignement philosophique. Enseign&#233;e maintenant dans toutes les sections des lyc&#233;es classiques et techniques, la philosophie doit conserver un volume horaire suffisant pour une formation efficace, ce qui exclut dilution, &#233;miettement ou r&#233;duction. &lt;i&gt;Cet horaire ne devrait en aucun cas &#234;tre inf&#233;rieur &#224; l'horaire actuel.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Un temps &lt;i&gt;d'approfondissement &lt;/i&gt;au niveau du premier cycle des Universit&#233;s, non seulement litt&#233;raires, mais aussi scientifiques, juridiques, m&#233;dicales, etc., qui permette &#224; la fois un &#233;largissement de la culture philosophique des &#233;tudiants, et des r&#233;flexions plus sp&#233;cifiquement li&#233;es &#224; ce qu'ils &#233;tudient et &#224; leurs futurs m&#233;tiers (par exemple, pour les futurs m&#233;decins, les questions d'&#233;thique m&#233;dicale et biologique, et d'&#233;pist&#233;mologie de la biologie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de risquer quelques propositions sur les formes et les contenus d'un enseignement philosophique hors de la terminale, il convient de rappeler dans quel esprit une telle innovation est con&#231;ue, autrement dit pourquoi elle para&#238;t n&#233;cessaire et quelles sont les conditions principales et minimales hors desquelles non seulement elle perdrait son sens mais pourrait m&#234;me avoir des effets n&#233;gatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit &#233;videmment &#224; nos yeux d'enrichir et de d&#233;velopper la r&#233;flexion et la connaissance philosophiques en assurant &#224; l'enseignement de la philosophie une extension, un espace, un temps et une consistance, c'est-&#224;-dire une &lt;i&gt;coh&#233;rence &lt;/i&gt;qui sont depuis longtemps des droits reconnus &#224; toutes les disciplines dites fondamentales.&lt;i&gt;Aucune discipline fondamentale n'est confin&#233;e dans le temps d'une seule ann&#233;e acad&#233;mique. &lt;/i&gt;Nous d&#233;sapprouverions donc radicalement toute interpr&#233;tation ou toute mise en &#339;uvre de notre projet qui n'irait pas dans le sens de ce d&#233;veloppement et de cette coh&#233;rence accrue. Il s'agirait l&#224; d'un d&#233;tournement grave. Rien ne doit compromettre, tout doit au contraire renforcer, indissociablement, l'unit&#233; de la discipline philosophique, l'originalit&#233; des modes de questionnement, de recherche et de discussion qui l'ont constitu&#233;e dans l'histoire, et donc l'identit&#233; professionnelle de ceux qui l'enseignent. Les propositions qui suivent ne devraient en aucun cas, sous pr&#233;texte d'interdisciplinarit&#233; ou d'ouverture n&#233;cessaire de la philosophie aux autres disciplines, et r&#233;ciproquement, donner lieu &#224; un processus de fractionnement, de dispersion ou de dissolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la m&#234;me raison, les conditions concr&#232;tes et intol&#233;rables qui sont faites actuellement &#224; tant de professeurs de philosophie (nombre excessif de classes &#224; horaire r&#233;duit, nombre excessif d'&#233;l&#232;ves par classe, etc.) devraient &#234;tre profond&#233;ment transform&#233;es. Les propositions que nous faisons n'auraient aucun sens, aucun int&#233;r&#234;t, aucune chance, elles rencontreraient une opposition l&#233;gitime de la part de tous les professeurs si elles n'&#233;taient pas mises en &#339;uvre dans un contexte nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi tous les &#233;l&#233;ments de cette nouveaut&#233;, une priorit&#233; absolue revient donc &#224; ces deux conditions : all&#233;gement des classes ou du nombre d'&#233;l&#232;ves par s&#233;ance et du nombre maximal des classes &#224; la charge d'un enseignant. Il serait du reste souhaitable que le service des enseignants soit d&#233;fini non pas, comme il l'est actuellement, uniquement en fonction du nombre d'heures de cours, mais &#233;galement en fonction du nombre d'&#233;l&#232;ves qu'un enseignant a sous sa responsabilit&#233; et du nombre de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans pouvoir rappeler ici tous les travaux et toutes les exp&#233;riences qui nous paraissent justifier la pr&#233;sence d'un enseignement philosophique avant la terminale, nous tenons pour certain que l'acc&#232;s &#224; la philosophie n'est pas et ne doit pas &#234;tre conditionn&#233; par un &#171; &#226;ge &#187; (qui serait d'ailleurs variable d'un &#233;l&#232;ve &#224; l'autre au moment du seul passage de la premi&#232;re &#224; la terminale), ni par la ligne d'une fronti&#232;re entre deux classes. Les racines de ce vieux pr&#233;jug&#233; ont &#233;t&#233; maintenant largement et publiquement reconnues, analys&#233;es, mises en cause. Ce pr&#233;jug&#233; est aujourd'hui plus n&#233;faste que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe que les enseignements fondamentaux, qu'ils soient scientifiques ou non, et surtout quand ils contribuent &#224; la formation du citoyen responsable, entra&#238;n&#233; &#224; la vigilance dans la lecture, le langage, l'interpr&#233;tation et l'&#233;valuation, soient articul&#233;s sur une culture critique et philosophique. Nous parlons ici aussi bien du citoyen fran&#231;ais que du citoyen europ&#233;en. &#171; De la philosophie &#187; est d'ailleurs enseign&#233;e ou inculqu&#233;e, sans &#171; professeur de philosophie &#187;, avant la terminale et hors de France, sous une forme non d&#233;clar&#233;e, au travers d'autres disciplines, et mieux vaut prendre conscience de ce fait et de ces probl&#232;mes. Nous proposons de les traiter explicitement, en th&#233;orie et en pratique, au lieu de les &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, qu'il s'agisse d'aptitude, de d&#233;sir ou de demande, nous devons encore y insister, beaucoup d'&#233;l&#232;ves sont pr&#234;ts &#224; aborder la philosophie avant la terminale et s'&#233;tonnent que cet acc&#232;s ne leur soit pas officiellement accord&#233;. D'autant plus, argument tr&#232;s grave pour un enseignement d&#233;mocratique, que les nombreux &#233;l&#232;ves qui ne parviennent pas &#224; la terminale, se voient ainsi refuser &lt;i&gt;tout &lt;/i&gt;acc&#232;s &#224; la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble enfin que bien des probl&#232;mes rencontr&#233;s par le professeur de philosophie et par ses &#233;l&#232;ves en terminale tiennent &#224; cette impr&#233;paration et &#224; la n&#233;cessit&#233;, qui est aussi l'impossibilit&#233;, de concentrer la richesse des programmes dans un laps de temps trop court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour avoir quelque chance de devenir effective, l'introduction de la philosophie en premi&#232;re devrait &#234;tre entreprise avec la plus grande d&#233;termination. Elle devrait faire l'objet d'une d&#233;cision structurelle profonde, et ne devrait donc en aucun cas avoir le statut d'une exp&#233;rimentation pr&#233;caire et facultative. Ce statut exp&#233;rimental devrait &#234;tre r&#233;serv&#233; &#224; l'extension du m&#234;me projet, selon le m&#234;me mod&#232;le, dans les ann&#233;es &#224; venir, en de&#231;&#224; de la classe de premi&#232;re et hors de France. Quels que soient ses pr&#233;misses et son &#233;tat actuel, la pr&#233;sence de la philosophie dans l'enseignement secondaire fran&#231;ais est, ne l'oublions jamais, une chance historique &#224; laquelle il est de notre devoir non seulement d'assurer la survie mais aussi les conditions de son d&#233;veloppement et de son rayonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons une autre condition indispensable : elle concerne l'inscription de ce nouvel enseignement dans un cycle organique couvrant au moins trois ans, de la premi&#232;re des lyc&#233;es &#224; la premi&#232;re ann&#233;e d'Universit&#233; ou des classes pr&#233;paratoires aux Grandes &#201;coles. Il est en particulier n&#233;cessaire d'articuler &#233;troitement les programmes de premi&#232;re et de terminale et d'orienter dans ce sens la formation des enseignants dans toutes les disciplines concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de cette innovation devront &#234;tre tir&#233;es de fa&#231;on ambitieuse et syst&#233;matique pour tout ce qui touche &#224; la formation th&#233;orique et p&#233;dagogique des enseignants, qu'il s'agisse des concours d'entr&#233;e dans les &#233;coles normales ou dans les Instituts de Formation des ma&#238;tres ou en g&#233;n&#233;ral des concours de recrutement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;tablissement et le renouvellement des programmes, il importe qu'&#224; l'&#233;chelle nationale, pour ce qui est de la g&#233;n&#233;ralit&#233; des normes et des programmes, &#224; l'&#233;chelle des r&#233;gions, des Acad&#233;mies et des lyc&#233;es, pour ce qui touche &#224; des choix et &#224; des d&#233;terminations plus sp&#233;cifiques, une r&#233;flexion commune associe d'abord les enseignants du secondaire et du sup&#233;rieur en philosophie, puis ceux-ci et les repr&#233;sentants des autres disciplines concern&#233;es. Ce serait l&#224; aussi une des t&#226;ches confi&#233;es &#224; la Commission permanente de r&#233;vision des programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des normes et des prescriptions nationales seront sans doute indispensables, qu'elles concernent les contenus ou les formes de ces nouveaux enseignements. Mais elles devront laisser une large place &#224; l'initiative des professeurs, entre l'Universit&#233; et les lyc&#233;es, puis &#224; l'int&#233;rieur de chaque &#233;tablissement o&#249; une pratique des contrats devrait associer, de fa&#231;on souple et renouvelable les enseignants de plusieurs disciplines. Ce serait l&#224; un espace privil&#233;gi&#233;, voire exemplaire, pour inaugurer ou d&#233;velopper des enseignements transdisciplinaires, pour y former aussi bien les &#233;l&#232;ves que les enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;SECOND PRINCIPE
&lt;p&gt;Associer plus &#233;troitement la philosophie aux autres disciplines afin qu'elle contribue &#224; l'unit&#233; et &#224; la coh&#233;rence de la formation, sans rien perdre de sa sp&#233;cificit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le besoin se fait sentir aujourd'hui de donner coh&#233;rence et unit&#233; aux programmes, de montrer que, si les domaines d'&#233;tude et les d&#233;marches diff&#232;rent, la formation de chaque &#233;l&#232;ve est un processus global qu'on doit s'efforcer de rendre le plus coh&#233;rent possible (cf. le rapport Bourdieu-Gros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie a un r&#244;le essentiel &#224; jouer pour contribuer &#224; l'unit&#233; de la formation, non parce qu'elle dominerait et totaliserait l'ensemble des savoirs, mais parce que, dans la mesure o&#249; elle est aussi, sinon seulement, une r&#233;flexion critique, parce qu'elle s'est toujours nourrie des probl&#232;mes, des concepts, des d&#233;bats n&#233;s en divers lieux du savoir et de la culture, elle est, traditionnellement, l'espace privil&#233;gi&#233; dans lequel les cat&#233;gories du savoir ou de la culture peuvent &#234;tre construites, assimil&#233;es, mais aussi interrog&#233;es et discut&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) d'une part, qu'aux diff&#233;rents niveaux de la formation, la philosophie soit plus &#233;troitement associ&#233;e aux autres disciplines, ce qui n'a de sens que si elle affirme et fait reconna&#238;tre &lt;i&gt;la sp&#233;cificit&#233; de sa d&#233;marche ; &lt;/i&gt;et ce qui suppose qu'&#224; tous les niveaux, ceux qui auront &#224; enseigner la philosophie soient bien eux-m&#234;mes des philosophes (voir proposition 1 ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) d'autre part, que la philosophie soit &#233;troitement int&#233;gr&#233;e &#224; la formation des ma&#238;tres de toutes les disciplines et de tous les niveaux, comme elle l'est d&#233;j&#224; actuellement &#224; la formation des instituteurs depuis 1986 (voir proposition 6 ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;TROISI&#200;ME PRINCIPE
&lt;p&gt;Sp&#233;cifier d'une mani&#232;re bien plus rigoureuse les exigences &#224; l'&#233;gard des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cours de philosophie est en particulier, doit &#234;tre en tout cas, le lieu de l'apprentissage de l'exercice d'une pens&#233;e libre. C'est pourquoi les instructions qui r&#233;gissent aujourd'hui l'enseignement de la philosophie donnent au professeur une enti&#232;re libert&#233; dans la mani&#232;re de conduire son enseignement, pourvu que celui-ci soit authentiquement philosophique ; elles d&#233;finissent en cons&#233;quence un programme de notions, con&#231;ues non comme les titres de chapitres successifs, mais comme des &#171; directions dans lesquelles la recherche et la r&#233;flexion sont invit&#233;es &#224; s'engager &#187;, l'&#233;tude des notions &#233;tant &#171; toujours d&#233;termin&#233;e par des probl&#232;mes philosophiques dont le choix et la formulation sont laiss&#233;s &#224; l'initiative du professeur &#187;. Les enseignants de philosophie sont tous tr&#232;s l&#233;gitimement attach&#233;s &#224; cette libert&#233;, garante du caract&#232;re r&#233;ellement philosophique de leur enseignement qui, s'il doit &#233;videmment fournir de solides connaissances en mati&#232;re d'histoire de la philosophie et de sciences humaines ou d'histoire des sciences, ne saurait s'y r&#233;duire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception, qui a trouv&#233; son expression la plus claire et la plus ferme dans la r&#233;forme du programme de 1973, ne saurait &#224; nos yeux &#234;tre remise en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, tous les t&#233;moignages que nous avons r&#233;unis le montrent, l'application de cette conception, notamment au moment de l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at, conduit &#224; une s&#233;rie de d&#233;rives, dont les effets n&#233;gatifs se sont d&#233;j&#224; fortement fait sentir dans les classes terminales, et qui risquent, &#224; terme, de d&#233;consid&#233;rer et de remettre en cause l'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le souci l&#233;gitime, autrement dit la bonne intention d'&#233;chapper &#224; la simple question de cours conduit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; ce que des questions d'une extr&#234;me diversit&#233; puissent &#234;tre pos&#233;es sans que les &#233;l&#232;ves aient eu mat&#233;riellement la possibilit&#233; de s'y pr&#233;parer efficacement ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#224; ce que le lien de ces questions avec le programme soit suffisamment oblique pour que les &#233;l&#232;ves soient contraints d'inventer de toutes pi&#232;ces le cadre m&#234;me de leur r&#233;flexion, ce qu'on ne saurait raisonnablement exiger d'un &#233;l&#232;ve moyen de terminale ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; ce que la formulation des questions elles-m&#234;mes soit souvent si &#233;nigmatique que la plupart des &#233;l&#232;ves sont hors d'&#233;tat d'identifier simplement le probl&#232;me pos&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#224; ce que le sens philosophique des textes soumis au commentaire, ind&#233;pendamment de tout contexte, de toute r&#233;f&#233;rence, de toute question (et souvent dans une langue, qui, de fait, qu'on le veuille ou non, est difficilement accessible aux &#233;l&#232;ves actuels) soit rigoureusement herm&#233;tique &#224; la plupart des candidats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, les conditions actuelles de l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at supposent de la part des &#233;l&#232;ves une capacit&#233; rh&#233;torique et une culture g&#233;n&#233;rale largement sup&#233;rieures &#224; ce qui peut &#234;tre raisonnablement demand&#233; aux &#233;l&#232;ves de terminale. Plut&#244;t le genre de dispositions qu'on exige traditionnellement des kh&#226;gneux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel fonctionnement est d&#233;sastreux quand 40 % des &#233;l&#232;ves d'une classe d'&#226;ge passent le bac. S'il devait se perp&#233;tuer quand &lt;i&gt;60 % &lt;/i&gt;ou 80 % y auront acc&#232;s, il serait tout simplement suicidaire pour l'enseignement de la philosophie dans le secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de cette situation sont bien connues des professeurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;sarroi des &#233;l&#232;ves ; sentiment d'impuissance et impression que l'&#233;preuve de philosophie au bac est une &#171; loterie &#187; (voir &#171; La loterie philosophique &#187;, dans &lt;i&gt;Le Monde de l'&#201;ducation, &lt;/i&gt;(avril 1989) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;couragement et forte d&#233;valorisation de la philosophie dans les sections scientifiques notamment (pour ne pas parler du technique) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; bachotage des &#233;l&#232;ves les plus s&#233;rieux qui ont besoin de se rassurer et qui pour se pr&#233;parer &#224; l'impr&#233;parable voient dans les notions du programme, contrairement &#224; son esprit, les t&#234;tes de chapitre d'un cours &#224; remplir, puis se ruent sur toutes sortes de manuels ou fascicules de plus ou moins bonne qualit&#233;, qui tous traitent le programme chapitre par chapitre ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; mise en difficult&#233; des enseignants &lt;i&gt;comme professeurs, &lt;/i&gt;partag&#233;s qu'ils sont entre le souci de former les &#233;l&#232;ves &#224; la r&#233;flexion et les contraintes du bachotage ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; mise en difficult&#233; des enseignants &lt;i&gt;comme correcteurs, &lt;/i&gt;puisque la plupart des copies ne satisfont ni aux exigences minimales de la dissertation ni &#224; celles d'un devoir de philosophie ; les moyennes sont trop faibles (anormales pour un &lt;i&gt;examen), &lt;/i&gt;et la notation devient passablement al&#233;atoire. Il n'est pas normal que des &#233;l&#232;ves simplement moyens, ayant s&#233;rieusement travaill&#233;, ne soient pas assur&#233;s d'obtenir une note avoisinant la moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire que les instructions officielles d&#233;terminent avec une pr&#233;cision suffisante les comp&#233;tences qu'on sera en droit d'exiger des &#233;l&#232;ves &#224; la sortie de terminale. S'il est vrai que tout enseignement philosophique doit contribuer &#224; former les &#233;l&#232;ves &#224; l'exercice d'une r&#233;flexion personnelle, on ne saurait pour autant les mettre en situation d'avoir &#224; construire une probl&#233;matique sur des questions avec lesquelles ils n'ont pas &#233;t&#233; directement familiaris&#233;s auparavant, ou avec lesquelles le cours suivi durant l'ann&#233;e n'a qu'un rapport oblique ; ni en situation d'avoir &#224; proposer une r&#233;ponse &#224; un probl&#232;me philosophique donn&#233; sans qu'on soit assur&#233; qu'ils ont pu durant l'ann&#233;e &#233;tudier s&#233;rieusement des doctrines et des th&#233;ories qui constituent des solutions appropri&#233;es &#224; ce probl&#232;me ; ni en situation d'avoir &#224; entreprendre la reconstitution hypoth&#233;tique de la pens&#233;e d'un philosophe qu'ils ne sont pas cens&#233;s conna&#238;tre &#224; partir de vingt lignes coup&#233;es de tout contexte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;l&#232;ve n'a pas &#224; &#234;tre original, ni &#224; tirer de son propre fonds ce qu'on ne lui a jamais appris ; il n'est pas un philosophe en herbe ou un penseur en germe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Savoir reconna&#238;tre dans un texte un probl&#232;me philosophique d&#233;j&#224; rencontr&#233;, pouvoir reproduire de mani&#232;re pertinente des id&#233;es et des arguments pr&#233;alablement &#233;tudi&#233;s, &#234;tre capable d'&#233;tablir un lien entre une id&#233;e philosophique connue et un exemple tir&#233; de sa culture ou de son exp&#233;rience personnelle : ce sont l&#224; des capacit&#233;s &#233;minemment philosophiques, constitutives d'une aptitude &#224; la r&#233;flexion, et en outre susceptibles d'&#234;tre m&#233;thodiquement acquises et s&#233;rieusement &#233;valu&#233;es. A cet &#233;gard, la formule &#171; apprendre &#224; penser par soi-m&#234;me &#187; &#224; quoi l'on r&#233;sume souvent l'ambition de notre enseignement, est pour le moins ambigu&#235; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; son ind&#233;termination semble autoriser &#224; poser toutes sortes de sujets auxquels les &#233;l&#232;ves n'ont pu &#234;tre directement pr&#233;par&#233;s et qui supposent de leur part bien autre chose qu'une application intelligente de connaissances acquises ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sa radicalit&#233; met les &#233;l&#232;ves devant une t&#226;che impossible et produit un d&#233;sarroi qui s'exprime aussi bien par la recherche de recettes que par le renoncement ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sa g&#233;n&#233;ralit&#233;, quoique justifi&#233;e &#224; bien des &#233;gards, rend bien hasardeuses les t&#226;ches de correction et d'&#233;valuation, et met fort mal &#224; l'aise le professeur qui veut pr&#233;parer s&#233;rieusement ses &#233;l&#232;ves aux &#233;preuves de l'examen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'on pense de la phrase kantienne selon laquelle on n'apprend pas la philosophie mais &#224; philosopher, et quelle que soit l'interpr&#233;tation qu'on en donne, cette formule ne peut servir &#224; justifier la situation actuelle o&#249;, &#224; traiter les &#233;l&#232;ves comme de petits philosophes, on finit par ne plus trouver de philosophie dans leurs travaux. Qu'on parle d'apprendre &#224; philosopher ou d'apprendre la philosophie, il s'agit toujours d'apprendre et on doit donc pouvoir d&#233;terminer avec une pr&#233;cision suffisante, comme dans toute autre discipline, les savoirs et les comp&#233;tences exigibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;trange &#224; cet &#233;gard que l'&#233;pith&#232;te &#171; scolaire &#187;, dans l'enseignement secondaire en g&#233;n&#233;ral et dans celui de la philosophie en particulier, soit devenue syst&#233;matiquement p&#233;jorative. La hantise du scolaire ne conduit-elle pas trop souvent &#224; des sujets d&#233;mesur&#233;ment ambitieux, et &#224; des exigences insens&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la nature d'une &#233;preuve d'examen ou que le travail remis par un &#233;l&#232;ve soient &#171; scolaires &#187; n'est pas une qualit&#233; qui devrait conduire &#224; les discr&#233;diter. Que demander &#224; un examen sinon de permettre de contr&#244;ler qu'un certain nombre de connaissances et de comp&#233;tences ont &#233;t&#233; acquises gr&#226;ce &#224; l'&#233;cole, c'est-&#224;-dire scolairement ? Que demander &#224; un &#233;l&#232;ve sinon qu'il soit en mesure de restituer correctement et d'utiliser intelligemment un certain nombre de connaissances et de modes de raisonnement scolairement assimil&#233;s ? Le m&#233;pris g&#233;n&#233;ralement affich&#233; &#224; l'&#233;gard des questions de cours ne se justifie nullement si par &#171; questions de cours &#187; on entend non pas des incitations &#224; r&#233;citer ce qui a &#233;t&#233; dit en cours, mais simplement des questions avec lesquelles on s'est familiaris&#233; et &#224; propos desquelles une r&#233;flexion a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; engag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient, nous semble-t-il, de r&#233;habiliter le &#171; scolaire &#187; qu'on ne saurait confondre avec le bachotage. Le bachotage, c'est l'accumulation superficielle et h&#226;tive de connaissances destin&#233;es &#224; faire illusion le jour de l'examen. L'apprentissage scolaire, c'est ce qui rend capable de reproduire et d'utiliser &#224; bon escient des concepts et des distinctions qu'on n'a pas n&#233;cessairement invent&#233;s, de reconna&#238;tre des probl&#232;mes et des id&#233;es que l'on a d&#233;j&#224; rencontr&#233;s. Si certains &#233;l&#232;ves sont de surcro&#238;t originaux, cr&#233;atifs, cultiv&#233;s ou brillants, tant mieux. Mais un enseignement philosophique n'a pas &#224; rougir d'&#234;tre et de se reconna&#238;tre scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, tout en conservant le cadre et l'esprit du programme actuel, il nous para&#238;t urgent de modifier profond&#233;ment les modalit&#233;s de l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at, &#224; la fois pour son meilleur d&#233;roulement, et pour les effets positifs qui en r&#233;sulteront sur l'enseignement lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
QUATRI&#200;ME PRINCIPE
&lt;p&gt;Penser enfin les probl&#232;mes sp&#233;cifiques de l'enseignement de la philosophie dans le technique, o&#249; la situation est franchement inacceptable pour les enseignants comme pour les &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie dans les sections techniques constitue un enjeu d&#233;cisif. Pourtant les probl&#232;mes qu'il soul&#232;ve ont &#233;t&#233; syst&#233;matiquement minor&#233;s ou ignor&#233;s depuis vingt ans ; il est aujourd'hui dans une situation de crise qui appelle des r&#233;formes urgentes et profondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la multiplication des classes de section G, et l'extension de son enseignement aux sections F, la philosophie atteint d&#233;sormais un public qu'elle n'a jamais eu, ni en nombre, ni quant &#224; son origine sociale, son h&#233;ritage culturel, et sa formation scolaire. Il y a l&#224; pour elle une &lt;i&gt;chance historique &lt;/i&gt;qui jusqu'&#224; pr&#233;sent a &#233;t&#233; compl&#232;tement perdue. L'enseignement de la philosophie dans le technique n'a en effet jamais &#233;t&#233; con&#231;u autrement que comme la transposition m&#233;canique, avec un horaire r&#233;duit, du programme, des exercices (dissertations), et des m&#233;thodes (cours essentiellement magistral) de la classe de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inad&#233;quation de ce mod&#232;le est manifeste : l'indigence des copies de baccalaur&#233;at les rend in&#233;valuables ; la plupart des &#233;l&#232;ves oscillent entre le d&#233;couragement et le m&#233;pris, entre croire qu'ils ne sont pas capables de faire de la philosophie et juger qu'elle ne vaut pas une heure de peine ; les professeurs ont le sentiment qu'on leur assigne une mission impossible et de n'&#234;tre pas en mesure tout simplement d'exercer leur m&#233;tier. Certains en viennent &#224; douter que l'enseignement de la philosophie ait un sens dans ces sections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience de l'extension de l'enseignement de la philosophie aux sections F est significative : fond&#233;e sur un principe l&#233;gitime (le droit &#224; la philosophie pour tous), cette mesure se solde aujourd'hui par un &#233;chec : rejet par une grande majorit&#233; des &#233;l&#232;ves, discr&#233;dit de la philosophie, amertume des enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le divorce entre ces &#233;l&#232;ves et les formes actuelles d'enseignement de la philosophie est si profond qu'il serait parfaitement illusoire de penser y faire face seulement par des am&#233;nagements horaires (m&#234;me si ceux-ci sont effectivement indispensables).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une majorit&#233; des enseignants de ces classes, nous sommes convaincus que les &#233;l&#232;ves de ces sections sont parfaitement capables de philosopher, &#224; condition que l'on ait la volont&#233; et les moyens d'&#233;laborer pour eux et avec eux un autre mod&#232;le d'enseignement, qui d'une part s'appuie davantage sur leurs questions, pr&#233;occupations et motivations, et qui d'autre part fasse appel &#224; une gamme diversifi&#233;e d'exercices et de travaux, &#233;crits et oraux, mieux adapt&#233;s. Face aux difficult&#233;s qu'ils rencontrent, beaucoup d'enseignants ont cherch&#233;, isol&#233;ment, &#224; inventer des pratiques p&#233;dagogiques diff&#233;rentes. Il est urgent de rassembler ces exp&#233;riences, de les faire circuler, et d'organiser une r&#233;flexion collective sur les r&#233;formes &#224; engager. Nous proposons plus loin quelques mesures susceptibles, dans l'imm&#233;diat, d'aider &#224; d&#233;bloquer la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut &#234;tre bien conscient que si on ne se d&#233;cide pas &#224; penser s&#233;rieusement et rapidement ce que peut &#234;tre un enseignement de philosophie dans les sections techniques, il sera discr&#233;dit&#233; et t&#244;t ou tard dispara&#238;tra ; bien des gens en concluront que ces &#171; &#233;l&#232;ves-l&#224; &#187; n'&#233;taient pas faits pour cela. Il y a donc l&#224; une t&#226;che tout &#224; fait urgente, et du point de vue d&#233;mocratique, et du point de vue philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que, si certaines difficult&#233;s sont tout &#224; fait sp&#233;cifiques aux classes techniques, beaucoup d'autres ne sont que la version accentu&#233;e et grossie de difficult&#233;s que les enseignants de philosophie rencontrent d&#233;j&#224; &#224; des degr&#233;s divers dans toutes les autres sections. Sur bien des points &#8212; notamment tout ce qui concerne les &#171; travaux dirig&#233;s &#187;, le suivi individuel des &#233;l&#232;ves, l'organisation de travaux de groupe, bref une p&#233;dagogie moins exclusivement centr&#233;e sur le cours magistral - ce qui serait entrepris dans l'enseignement technique pourrait servir utilement &#224; am&#233;liorer l'enseignement de la philosophie dans les sections classiques : apr&#232;s tout, les nouvelles couches d'&#233;l&#232;ves qui, dans les prochaines ann&#233;es, vont entrer en masse dans les sections classiques, ont toute chance, par leur comportement et leur culture, de ressembler davantage aux actuels F ou G qu'&#224; de futurs kh&#226;gneux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PROPOSITIONS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
PREMIERE PROPOSITION
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cr&#233;er un enseignement d'&#171; Initiation philosophique interdisciplinaire&lt;/strong&gt; &#187; &lt;strong&gt;en premi&#232;re.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet enseignement aurait un triple objectif :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Contribuer &#224; l'acquisition des cat&#233;gories fondamentales de la pens&#233;e, &#224; l'assimilation d'outils logiques de base n&#233;cessaires &#224; l'&#233;laboration des discours, du raisonnement et de l'argumentation dans toutes les disciplines : cat&#233;gories de cause, de cons&#233;quence, de finalit&#233;, sch&#233;mas de d&#233;monstration, r&#233;futation, concession, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Donner aux &#233;l&#232;ves les connaissances &#233;l&#233;mentaires et indispensables sur quelques moments d&#233;cisifs et constitutifs de l'histoire de notre culture en montrant les connexions entre les dimensions religieuse, sociale, scientifique, politique, philosophique de ces &#233;v&#233;nements : &#224; titre d'exemple seulement, le Ve si&#232;cle grec, l'av&#232;nement du christianisme, la r&#233;volution galil&#233;enne, la th&#233;orie darwinienne, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Familiariser les &#233;l&#232;ves avec la d&#233;marche philosophique en montrant &#224; la fois sa sp&#233;cificit&#233;, et son articulation avec les d&#233;marches auxquelles ils sont davantage habitu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet enseignement serait anim&#233; en permanence par le professeur de philosophie, mais il en partagerait la responsabilit&#233; avec les professeurs des autres disciplines qui y interviendraient dans des proportions et selon des modalit&#233;s &#224; d&#233;finir en commun (interventions altern&#233;es, cours &#224; 2 ou 3 voix, demi-journ&#233;es ou journ&#233;es banalis&#233;es et organis&#233;es en commun, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le volume horaire serait fix&#233; sur une base annuelle. Dans un premier temps au moins, il ne serait pas inf&#233;rieur &#224; 75 heures (soit l'&#233;quivalent de 2 heures hebdomadaires), seuil en de&#231;&#224; duquel un tel enseignement risquerait de perdre sa coh&#233;rence et son efficacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Du point de vue administratif, et pour ne pas alourdir l'emploi du temps des &#233;l&#232;ves, on peut imaginer que chaque discipline mette &#224; la disposition de cet enseignement commun quelques heures dans l'ann&#233;e ; ce &#171; pot commun &#187; pourrait repr&#233;senter la moiti&#233; de l'horaire, l'autre moiti&#233; repr&#233;senterait l'&#233;quivalent de l'introduction d'une heure hebdomadaire de philosophie.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'am&#233;nagement de ce volume d'heures devrait &#234;tre souple et mobile ; il serait &#233;tabli au d&#233;but de chaque ann&#233;e par concertation entre les enseignants des diff&#233;rentes disciplines et celui de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;partition pourrait &#234;tre propos&#233;e en trois modules trimestriels de 25 heures chacun, respectivement intitul&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Philosophie/Sciences (logique, math&#233;matiques, physique et biologie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Philosophie/Sciences sociales (Histoire, g&#233;ographie, sociologie, droit, &#233;conomie, politique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Philosophie/Langage (rh&#233;torique, traduction, langues, arts et litt&#233;ratures).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chacun de ces trois ensembles le professeur de philosophie aurait la responsabilit&#233; et les moyens d'une initiation sp&#233;cifique &#224; la philosophie comme telle (l'exp&#233;rience de la philosophie en tant que telle, ses attitudes et ses exigences typiques, ses modes de questionnement et d'argumentation, ses dimensions ontologique, m&#233;taphysique ou &#233;thique, l'histoire de ses textes canoniques, l'apprentissage de leur lecture, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sera sans doute difficile mais d'autant plus n&#233;cessaire de tenir compte &#224; la fois de cette sp&#233;cificit&#233; philosophique et de la provocation r&#233;ciproque entre la philosophie et les autres disciplines. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, dans le choix des sujets, comme dans leur traitement, une insistance particuli&#232;re devrait &#234;tre mise, au cours de cette premi&#232;re ann&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. sur les questions de &lt;i&gt;responsabilit&#233; &#233;thico-politique &lt;/i&gt;(sous leur forme la plus moderne et la plus urgente, en particulier pour ce qui est des exemples, mais aussi dans des perspectives fondamentales et historiques) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. sur l'apprentissage de la &lt;i&gt;logique, &lt;/i&gt;des r&#232;gles d'argumentation critique, et des modes d'appropriation du langage (parole, &#233;criture, traduction, instruments d'archivation, information, m&#233;dias).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contenus susceptibles d'&#234;tre enseign&#233;s dans le cadre de cette co-intervention seraient d&#233;finis dans un programme national &#233;tabli de fa&#231;on interdisciplinaire ; celui-ci proposerait un &#233;ventail assez large de possibilit&#233;s parmi lesquelles il reviendrait aux enseignants de choisir en fonction de ce qui leur para&#238;tra le plus conforme aux besoins et aux int&#233;r&#234;ts des &#233;l&#232;ves, ainsi que de leurs comp&#233;tences propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;DEUXI&#200;ME PROPOSITION
&lt;p&gt;Faire porter la partie principale de l'&#233;preuve de philosophie du baccalaur&#233;at d'enseignement g&#233;n&#233;ral sur un programme sp&#233;cial d&#233;fini annuellement dans chaque Acad&#233;mie, tout en conservant un programme g&#233;n&#233;ral, &#233;tabli nationalement, comme cadre de r&#233;f&#233;rence durable pour l'enseignement de la philosophie en terminale.&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;// &lt;i&gt;para&#238;t indispensable de maintenir un programme g&#233;n&#233;ral, d&#233;fini nationalement de fa&#231;on durable, qui puisse &#224; la fois constituer le cadre de r&#233;f&#233;rence de l'enseignement de philosophie en terminale et fournir la mati&#232;re d'une interrogation au baccalaur&#233;at.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait, comme actuellement, un programme de notions. Mais on y distinguerait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt;un ensemble de notions prises parmi les plus fondamentales de la tradition et de l'activit&#233; philosophique (par exemple, la conscience, la v&#233;rit&#233;, la justice, etc.) ; le nombre de ces notions serait pour chaque section sensiblement r&#233;duit par rapport au programme actuel : d'un tiers ou de moiti&#233; ;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt;un ensemble de notions m&#233;thodologiques, correspondant &#224; des outils fondamentaux de la r&#233;flexion th&#233;orique, qu'il s'agirait d'apprendre &#224; manier correctement plus encore qu'&#224; d&#233;finir hors de tout contexte (par exemple : d&#233;duction, dialectique, analyse, etc.).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le respect de l'unit&#233; de la philosophie et de sa vis&#233;e globalisante interdit une pr&#233;sentation fragmentaire qui la limiterait &#224; certaines de ses &#171; parties &#187; ; l'affirmation de sa sp&#233;cificit&#233; comme discipline scolaire exige le maintien d'un cadre programmatique national et durable. Un programme g&#233;n&#233;ral de notions doit donc &#234;tre maintenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le nombre de notions inscrites au programme actuel (plus de 40 en A ; une vingtaine en C), toutes susceptibles d'&#234;tre au baccalaur&#233;at le point de d&#233;part des questionnements les plus divers, conduit g&#233;n&#233;ralement les &#233;l&#232;ves &#224; les lire comme des t&#234;tes de chapitres, qui devraient &#234;tre &#233;tudi&#233;s successivement comme on le fait en math&#233;matiques ou en histoire. Les professeurs, soucieux de ne pas laisser de blancs dans la pr&#233;paration de leurs &#233;l&#232;ves &#224; l'examen, sont bien souvent conduits &#224; adopter la m&#234;me attitude, avec tous les risques de bachotage ou de saupoudrage qui en r&#233;sultent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter que la quasi-totalit&#233; des manuels et recueils de textes &#233;dit&#233;s pour la terminale, et qui ne sont pas sans influence, qu'on le veuille ou non, sur l'id&#233;e qu'&#233;l&#232;ves et professeurs se font de ce que doit &#234;tre un cours de philosophie, est b&#226;tie sur le m&#234;me mod&#232;le. Ainsi la routine scolaire et le poids du baccalaur&#233;at tendent &#224; transformer la liste des notions en catalogue et &#224; d&#233;tourner le programme de l'esprit dans lequel il a &#233;t&#233; con&#231;u : fournir un cadre authentiquement philosophique &#224; l'int&#233;rieur et &#224; partir duquel les probl&#232;mes doivent &#234;tre d&#233;finis et abord&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe donc que le libell&#233; du programme aussi bien que son contenu incitent plus encore qu'aujourd'hui les enseignants et les &#233;l&#232;ves &#224; se soucier moins du nombre, de l'&#233;tendue et de la diversit&#233; de chapitres &#224; traiter successivement que de la qualit&#233; et de l'approfondissement de la r&#233;flexion et des connaissances sur quelques questions philosophiques essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi nous proposons d'une part de r&#233;duire de fa&#231;on sensible (d'un tiers ou de moiti&#233;) l'actuel programme en le r&#233;organisant autour des concepts les plus fondamentaux de la tradition philosophique ; d'autre part, d'&#233;tablir une liste des outils conceptuels dont on devrait pouvoir exiger que les &#233;l&#232;ves aient appris &#224; les utiliser ; enfin, de bien d&#233;finir ce programme comme un cadre g&#233;n&#233;ral et durable de l'enseignement philosophique en terminale, et de le distinguer ainsi soigneusement du programme sp&#233;cial acad&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie restreinte de l'&#233;preuve de philosophie au baccalaur&#233;at devrait consister en une interrogation sur ce programme g&#233;n&#233;ral (voir plus loin proposition 3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la partie principale de l'&#233;preuve (dissertation ou commentaire de texte) porterait sur un programme sp&#233;cial, &#233;tabli annuellement dans chaque Acad&#233;mie. Il comprendrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt;2 ou 3 probl&#232;mes philosophiques fondamentaux, formul&#233;s de mani&#232;re tr&#232;s explicite, et &#233;troitement reli&#233;s &#224; une ou plusieurs notions du programme g&#233;n&#233;ral. Ces probl&#232;mes pourraient &#234;tre des probl&#232;mes philosophiques classiques (ceux par exemple du rapport entre &#201;tat et libert&#233;, ou entre &#226;me et corps), ou des probl&#232;mes philosophiques li&#233;s &#224; certaines interrogations contemporaines (l'&#233;valuation de l'id&#233;e de progr&#232;s, par exemple, ou les questions philosophiques li&#233;es &#224; la bio-&#233;thique) ;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt;1 &#224; 3 grands textes philosophiques, ou de port&#233;e philosophique incontestable, classiques ou du XX' si&#232;cle, dont l'&#233;tude permettrait de nourrir la r&#233;flexion sur les probl&#232;mes en question.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en place d'un programme de ce type devrait permettre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) une am&#233;lioration du fonctionnement de l'&#233;preuve de philosophie au baccalaur&#233;at et de sa correction ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) un changement positif dans le mode de pr&#233;paration des &#233;l&#232;ves ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) la possibilit&#233; pour les enseignants d'organiser avec plus d'intelligence et de libert&#233; l'ann&#233;e scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Si la grande majorit&#233; des copies de &#171; bac &#187; ne satisfait pas aujourd'hui &#224; des exigences philosophiques minimales, c'est principalement parce que les &#233;l&#232;ves, ayant d&#251; tout pr&#233;voir, n'ont rien pu pr&#233;parer, et manquant g&#233;n&#233;ralement des connaissances de base sur les questions qui leur sont pos&#233;es et de la familiarit&#233; la plus &#233;l&#233;mentaire avec les probl&#232;mes donn&#233;s, ne comprennent pas ce qu'on leur demande, et n'ont de toute fa&#231;on pas les outils th&#233;oriques pour y r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;l&#232;ve a pu centrer son apprentissage de la philosophie sur 2 ou 3 probl&#232;mes, on peut esp&#233;rer alors qu'il aura acquis dans l'ann&#233;e les connaissances n&#233;cessaires, qu'il aura appris &#224; rep&#233;rer certains probl&#232;mes, qu'il aura construit lui-m&#234;me sa propre r&#233;flexion, et sera donc en mesure de b&#226;tir une copie, peut-&#234;tre scolaire, mais honorable, c'est-&#224;-dire repr&#233;sentant un certain travail de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut esp&#233;rer d&#232;s lors dans ces conditions que la lecture des copies permettra de distinguer sans trop de risques d'erreur ceux qui auront travaill&#233; et assimil&#233; de ceux qui n'auront rien fait ni appris ; on &#244;terait pour l'essentiel &#224; l'&#233;preuve de philosophie du &#171; bac &#187; sa r&#233;putation non totalement injustifi&#233;e de &#171; loterie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Les notions constitutives d'un programme de philosophie, si elles ne forment pas un syst&#232;me, sont n&#233;anmoins solidaires les unes des autres : on n'&#233;tudie pas la conscience sans r&#233;fl&#233;chir aussi sur la v&#233;rit&#233; ou la libert&#233; ; on n'&#233;tudie pas l'art sans r&#233;fl&#233;chir aussi sur l'imagination ou le langage. Pourvu que les probl&#232;mes choisis au programme annuel le soient de mani&#232;re appropri&#233;e, aucun candidat s&#233;rieux ne pourra se dispenser d'une connaissance de l'ensemble du programme g&#233;n&#233;ral (et ce d'autant que la partie &#171; questions &#187; de l'&#233;preuve portera bien, elle, sur le programme g&#233;n&#233;ral). Mais il pourra dans sa pr&#233;paration mettre l'accent sur des probl&#232;mes nettement circonscrits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ainsi esp&#233;rer &#233;viter les 2 &#233;cueils que seraient d'une part la pr&#233;paration &#171; tous azimuts &#187;, comme dans le syst&#232;me actuel, qui conduit au bachotage ou &#224; n'avoir qu'un vernis sur tout ; une pr&#233;paration &#233;troitement limit&#233;e d'autre part &#224; un domaine trop pr&#233;cis, qui engendrerait une autre forme de bachotage et une technicit&#233; qu'il convient de proscrire absolument au niveau du baccalaur&#233;at. On peut esp&#233;rer au contraire que, tout en se pr&#233;parant efficacement &#224; une &#233;preuve au contenu clairement d&#233;limit&#233;, les &#233;l&#232;ves pourront progressivement d&#233;couvrir l'ampleur du champ de la r&#233;flexion philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) D&#233;livr&#233;s du souci d'avoir &#224; &#171; tout traiter &#224; fond &#187;, les professeurs pourront concevoir leur enseignement comme une formation &#224; la philosophie en g&#233;n&#233;ral, centr&#233;e chaque ann&#233;e sur des probl&#232;mes diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils n'en auront que plus de libert&#233; pour d&#233;terminer la progression de la classe en fonction des possibilit&#233;s des &#233;l&#232;ves, pour choisir d'aborder les probl&#232;mes sous l'angle qui leur para&#238;tra le plus appropri&#233;, pour faire d&#233;couvrir la philosophie et faire pratiquer de la philosophie &#224; leurs &#233;l&#232;ves &#224; partir de notions, de probl&#232;mes et de textes pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place des &#171; questions aux choix &#187;, actuellement beaucoup trop limit&#233;e (&#171; parce-qu'on-n'a-d&#233;j&#224;-pas-le-temps-de-faire-tout-le-programme &#187;) pourrait dans un tel contexte &#234;tre fortement r&#233;&#233;valu&#233;e, ce qui contribuerait utilement &#224; l'&#233;largissement de la culture des &#233;l&#232;ves &#224; une diversification des approches p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces programmes sp&#233;ciaux seraient &#233;tablis annuellement dans chaque Acad&#233;mie par une commission de quelques professeurs de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci serait r&#233;guli&#232;rement renouvel&#233;e de fa&#231;on que, sur quelques ann&#233;es, l'ensemble des professeurs de l'Acad&#233;mie aient la possibilit&#233; d'y participer. Ainsi &#233;labor&#233;s au plus pr&#232;s de l'exp&#233;rience des enseignants, ces programmes sp&#233;ciaux seraient mieux adapt&#233;s aux pr&#233;occupations et aux possibilit&#233;s des &#233;l&#232;ves. Articul&#233;s sur le programme g&#233;n&#233;ral - garantie de leur teneur philosophique et assurance contre l'arbitraire &#8212;, ils pourraient manifester la richesse, la diversit&#233; et l'actualit&#233; de la r&#233;flexion philosophique, et favoriseraient renouvellement et innovation dans les classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;TROISI&#200;ME PROPOSITION
&lt;p&gt;R&#233;organiser l'&#233;preuve &#233;crite du baccalaur&#233;at d'enseignement g&#233;n&#233;ral en associant &#224; la dissertation (ou commentaire de texte) un exercice de questions.&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle &#233;preuve (de 4 heures comme aujourd'hui) comprendrait donc deux parties :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Une s&#233;rie de questions&lt;/strong&gt; visant &#224; &#233;valuer l'assimilation des connaissances requises pour pratiquer la philosophie avec un minimum de s&#233;rieux. Elles porteraient sur le vocabulaire philosophique de base (d&#233;finir &#171; l'empirisme &#187; ou &#171; l'abstraction &#187;), sur les distinctions conceptuelles &#233;l&#233;mentaires (distinguer &#171; loi juridique &#187; et &#171; loi scientifique &#187;, ou &#171; essence &#187; et &#171; existence &#187;), et sur des points de rep&#232;re essentiels dans l'histoire de la philosophie (Qui &#233;tait Socrate ? Qu'est-ce que les Lumi&#232;res ?). Elles concerneraient l'ensemble du programme g&#233;n&#233;ral. Chaque question appellerait une r&#233;ponse br&#232;ve mais pr&#233;cise (10 &#224; 20 lignes), appuy&#233;e par des exemples. Les candidats se verraient poser 6 questions et devraient en choisir 3. Cette partie de l'&#233;preuve devrait pouvoir &#234;tre effectu&#233;e en une heure au maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence de cet exercice conduirait les enseignants de philosophie &#224; d&#233;finir progressivement quelles connaissances constituent le minimum exigible des &#233;l&#232;ves de terminale - et lesquelles n'en font pas partie. Elle aiderait tous les &#233;l&#232;ves &#224; prendre conscience de la n&#233;cessit&#233; d'acqu&#233;rir un ensemble de savoirs de base. Elle rassurerait les &#233;l&#232;ves qui ont des difficult&#233;s avec la rh&#233;torique de la dissertation et garantirait &#224; ceux qui ont appris qu'ils n'ont pas travaill&#233; pour rien. Elle contribuerait &#224; relativiser le r&#244;le de la dissertation dans notre enseignement et favoriserait le recours &#224; des exercices diff&#233;rents et compl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. La seconde et principale partie de l'&#233;preuve &lt;/strong&gt;consisterait en une dissertation ou un commentaire o&#249; le candidat aurait &#224; faire preuve de ses capacit&#233;s de r&#233;flexion, d'analyse, d'&#233;laboration d'une argumentation et de compr&#233;hension des probl&#232;mes philosophiques. Elle porterait exclusivement sur les probl&#232;mes et &#339;uvres philosophiques figurant au programme sp&#233;cial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, les formes de ces travaux devraient &#234;tre diversifi&#233;es : le sujet de dissertation peut &#234;tre pos&#233; seul (comme actuellement) ou accompagn&#233; d'un texte (ou de deux textes, &#233;ventuellement contradictoires) sur le probl&#232;me en jeu ; le texte &#224; commenter peut n'&#234;tre accompagn&#233; d'aucune indication (comme aujourd'hui) ou suivi d'une s&#233;rie de questions, les unes de compr&#233;hension, les autres plus ouvertes, de r&#233;flexion &#224; partir du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, les &#233;nonc&#233;s de sujet devraient imp&#233;rativement remplir deux conditions : d'une part, entretenir avec les questions au programme un rapport qui soit &#233;vident pour tout &#233;l&#232;ve ; d'autre part &#234;tre libell&#233;s de la mani&#232;re la plus explicite sans souci d'originalit&#233;, de brillant, ou de go&#251;t pour le paradoxe ou l'allusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;QUATRI&#200;ME PROPOSITION
&lt;p&gt;Concevoir des modalit&#233;s d'enseignement de la philosophie r&#233;ellement appropri&#233;es aux &#233;l&#232;ves de l'enseignement technique.&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face &#224; la situation critique de l'enseignement de la philosophie dans le technique, trois types de propositions nous semblent pouvoir &#234;tre faites, concernant a) son organisation, b) le programme et l'&#233;valuation des &#233;l&#232;ves, c) ses modalit&#233;s concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) plus encore que les autres, les &#233;l&#232;ves de l'enseignement technique ont besoin d'autres formes d'enseignement que le cours magistral (travail en petits groupes, suivi individuel, etc.) qui exigent des effectifs tr&#232;s r&#233;duits. Le d&#233;doublement de la classe, pour au moins une heure (2 heures pour l'&#233;l&#232;ve, 3 heures pour le professeur), revendication d&#233;j&#224; avanc&#233;e par plusieurs syndicats et associations, appara&#238;t comme une n&#233;cessit&#233;. Dans un premier temps, ce d&#233;doublement pourrait d&#233;j&#224; &#234;tre rendu obligatoire dans toutes les classes de plus de 24 &#233;l&#232;ves, comme c'est d&#233;j&#224; le cas dans d'autres disciplines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, pour &#233;viter le morcellement catastrophique du service des enseignants, et la dilution au compte-gouttes de la philosophie parmi les autres mati&#232;res, nous proposons que l'enseignement de la philosophie dans le technique soit organis&#233; de mani&#232;re semestrielle : 4 heures (ou 5 heures avec d&#233;doublement), sur un semestre, au lieu de 2 heures sur l'ann&#233;e actuellement. Ainsi aucun enseignant de philosophie n'aurait plus de 4 (ou 5) classes simultan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Il ne para&#238;t pas r&#233;aliste de vouloir &#233;valuer les &#233;l&#232;ves et organiser l'enseignement en fonction d'une &#233;preuve - la dissertation de philosophie &#8212; dont on sait parfaitement que l'immense majorit&#233; des &#233;l&#232;ves est hors d'&#233;tat d'y satisfaire (on peut admettre que, dans le meilleur des cas, le temps n&#233;cessaire pour les y pr&#233;parer convenablement reviendrait &#224; exiger en G ou F un horaire comparable pour la philosophie &#224; celui des sections litt&#233;raires...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons qu'au d&#233;but de chaque ann&#233;e, le professeur d&#233;finisse avec ses &#233;l&#232;ves, &#224; partir d'un &#233;ventail de notions plus large que l'actuel programme, les questions pr&#233;cises qu'ils aborderont ensemble ; qu'il leur fasse faire en cours d'ann&#233;e un certain nombre d'exercices divers, oraux et &#233;crits, de contr&#244;le de connaissances et de r&#233;flexion ; que les &#233;l&#232;ves, sur la fin de l'ann&#233;e, consacrent plusieurs semaines &#224; la constitution d'un dossier sur la question de leur choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de l&#224;, deux cas de figure peuvent &#234;tre envisag&#233;s : ou bien l'organisation du baccalaur&#233;at est modifi&#233;e, et une partie des &#233;preuves se d&#233;roule en contr&#244;le continu ; il serait alors souhaitable que l'&#233;valuation en philosophie, pour l'enseignement technique tout au moins, se fasse en contr&#244;le continu. Ou bien l'organisation du baccalaur&#233;at reste &#224; peu pr&#232;s ce qu'elle est, et nous proposons qu'au baccalaur&#233;at de technicien la philosophie fasse l'objet d'une &#233;preuve orale obligatoire, o&#249; le candidat pr&#233;senterait et d&#233;fendrait son dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Il est n&#233;cessaire qu'une r&#233;flexion collective soit men&#233;e sur les formes d'enseignement les plus appropri&#233;es aux &#233;l&#232;ves de l'enseignement technique, ce qui implique des rencontres entre professeurs ayant l'exp&#233;rience de ces classes, une pr&#233;paration des jeunes professeurs &#224; ce type d'enseignement, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;CINQUI&#200;ME PROPOSITION
&lt;p&gt;Organiser syst&#233;matiquement, &#224; l'int&#233;rieur du corps des professeurs de philosophie, une r&#233;flexion et des &#233;changes sur la didactique de leur discipline.&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette organisation reposerait sur un r&#233;seau d'enseignants de philosophie des lyc&#233;es (un par Acad&#233;mie par exemple) d&#233;tach&#233;s &#224; temps partiel et pour quelques ann&#233;es (trois &#224; cinq ans au maximum), c'est-&#224;-dire des professeurs qui gardent un contact effectif avec l'enseignement d'une part, et qui seraient destin&#233;s &#224; y retourner &#224; plein temps d'autre part. Ils travailleraient en collaboration &#233;troite avec certains Instituts Universitaires de Formation des Ma&#238;tres, qui pourraient &#234;tre sp&#233;cialis&#233;s dans la r&#233;flexion sur la didactique philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;seau d'enseignants aurait pour mission :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d'animer, parmi les 2 500 professeurs de philosophie, une r&#233;flexion sur les probl&#232;mes et les m&#233;thodes de l'enseignement de la philosophie ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d'assurer, entre les enseignants, souvent isol&#233;s et ayant, &#224; l'heure actuelle, tr&#232;s peu de moyens de communication entre eux, une circulation de l'information, un &#233;change de r&#233;flexions, et une diffusion des exp&#233;riences ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d'organiser la publication de documents susceptibles d'aider les enseignants, et notamment les nouveaux enseignants, dans leur travail (&#233;l&#233;ments bibliographiques, textes et articles de r&#233;f&#233;rence sur telle ou telle question, exemples de traitement de telle question, etc.) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de susciter aupr&#232;s des &#233;diteurs la publication de livres et de recueils susceptibles de constituer des outils de travail appropri&#233;s, pour les &#233;l&#232;ves (manuels, dossiers qui sortent de l'inadaptation ou de la m&#233;diocrit&#233; des instruments dont ils disposent le plus souvent aujourd'hui), mais aussi pour les enseignants (recueil d'articles permettant de conna&#238;tre l'&#233;tat actuel d'une question, ouvrages de synth&#232;se dans les domaines o&#249; l'enseignant doit &#234;tre solidement inform&#233; bien qu'il ne puisse en g&#233;n&#233;ral avoir acc&#232;s &#224; la litt&#233;rature sp&#233;cialis&#233;e, notamment pour ce qui concerne l'&#233;tat actuel des connaissances dans les sciences de la nature aussi bien que dans les sciences de l'homme) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de contribuer &#224; la formation permanente des enseignants de philosophie, en les aidant &#224; s'informer &#224; la fois de l'&#233;tat de la r&#233;flexion philosophique contemporaine et de l'&#233;tat des sciences,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d'organiser des colloques, des missions d'enqu&#234;te ou de documentation &#224; l'&#233;tranger, d'inviter des coll&#232;gues &#233;trangers, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
SIXI&#200;ME PROPOSITION
&lt;p&gt;Inclure un enseignement de philosophie dans la formation des ma&#238;tres de toutes les disciplines.&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La formation des ma&#238;tres doit donner &#224; tous les futurs enseignants, sans distinction, la possibilit&#233; d'acqu&#233;rir les qualit&#233;s professionnelles qui leur permettront de mener &#224; bien les t&#226;ches pr&#233;vues &#224; tous les niveaux de l'&#233;cole et du lyc&#233;e. Elle doit d'autre part leur offrir les moyens d'une r&#233;flexion constructive et critique sur la pratique de l'enseignement m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;triser un savoir conduit obligatoirement &#224; envisager la possibilit&#233; et les conditions de sa transmission. Tous les futurs enseignants devraient pouvoir interroger et mettre en perspective les divers points de vue existants sur la didactique des disciplines, les diverses pratiques p&#233;dagogiques, et enfin sur la dimension psychologique de l'acte &#233;ducatif. Conscients toutefois de ce que l'apprentissage de l'enseignement ne peut consister dans l'acquisition de recettes, ni dans la confiance aveugle faite &#224; tel dogme du moment, les futurs ma&#238;tres devraient travailler &#224; prendre en compte l'aspect n&#233;cessairement probl&#233;matique de l'acte d'enseigner qui en r&#233;v&#232;le seul, paradoxalement, la positivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dire que, quelles que soient les disciplines qu'ils se pr&#233;parent &#224; enseigner, tous les jeunes ma&#238;tres devraient pouvoir b&#233;n&#233;ficier, &#224; l'int&#233;rieur de leur domaine de formation sp&#233;cifique, d'un enseignement de philosophie. Celui-ci int&#233;grerait les apports fondamentaux des sciences humaines &#224; un questionnement sur l'&#233;ducation et &#224; la tr&#232;s ancienne tradition de pens&#233;e qui lui est attach&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait, pour concevoir un tel enseignement, prendre mod&#232;le sur la formation des instituteurs, telle que l'arr&#234;t&#233; du 20 mai 1986 l'a red&#233;finie. Dans les &#233;coles normales, tous les instituteurs re&#231;oivent aujourd'hui, en plus des unit&#233;s de formation disciplinaires, un enseignement de &#171; philosophie, histoire et sociologie de l'&#233;ducation, p&#233;dagogie g&#233;n&#233;rale, psychologie &#187;, n&#233;cessairement assur&#233;, &#224; raison de trois heures par semaine, par un professeur de philosophie. La r&#233;ussite remarquable, attest&#233;e par la grande majorit&#233; des normaliens et des enseignants, de cette rencontre entre la philosophie et la formation professionnelle, encouragerait &#224; en &#233;tendre la port&#233;e &#224; toute la formation des ma&#238;tres, c'est-&#224;-dire aux CPR, aux ENNA, aux ENS, et &#233;videmment aux futurs Instituts Universitaires de Formation des Ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une formation ainsi con&#231;ue aurait l'avantage de faire appara&#238;tre la communaut&#233; des probl&#232;mes que partagent les enseignants du premier et du second degr&#233;, les professeurs des lyc&#233;es classiques et techniques, ainsi que ceux des lyc&#233;es professionnels, et de mettre au jour l'unit&#233; diversifi&#233;e de leurs pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les futurs enseignants de philosophie, outre leur formation fondamentale, devraient &#234;tre pr&#233;par&#233;s : 1) &#224; suivre les &#233;volutions marquantes des savoirs contemporains, 2) &#224; ma&#238;triser les pratiques p&#233;dagogiques nouvelles appel&#233;es par les propositions pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;SEPTI&#200;ME PROPOSITION
&lt;p&gt;R&#233;organisation du premier cycle des Universit&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'air du temps et les principes g&#233;n&#233;raux qui guident nos travaux ne vont certes pas dans le sens d'une programmation autoritaire, d&#233;cid&#233;e au niveau national et impos&#233;e aux Universit&#233;s. Le principe de l'autonomie de ces derni&#232;res sera certainement r&#233;affirm&#233; et renforc&#233;, et nous n'avons pas de raisons de le regretter. Une Universit&#233; qui ne ressentirait pas le besoin d'avoir un d&#233;partement de philosophie ne lui consacrera pas l'attention et les moyens n&#233;cessaires, si on lui impose d'en garder ou d'en cr&#233;er un. Ce qui peut &#234;tre d&#233;fini au niveau national, c'est un ensemble d'exigences de forme simplement hypoth&#233;tique et de caract&#232;re tr&#232;s g&#233;n&#233;ral : si un D&#233;partement de Philosophie existe &#224; l'Universit&#233; de N., alors il doit respecter un minimum de conditions. Ces conditions ne pouvant &#234;tre remplies, d'ailleurs, si l'&#201;tat ne contribue pas au moins partiellement &#224; en procurer les moyens (personnel enseignant, administratif et technique, instruments de travail, locaux, etc.), la m&#233;thode &#224; suivre doit normalement prendre la forme d'un contrat entre l'&#201;tat et les Universit&#233;s, comme il est pr&#233;vu par le projet de circulaire du 13 mars 1989 (r&#233;sum&#233; dans &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;du 21 mars 1989).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Cette proc&#233;dure doit permettre d'&#233;viter les risques que comporterait une r&#233;gionalisation &lt;i&gt;excessive &lt;/i&gt;des Universit&#233;s. L'Universit&#233; fran&#231;aise, dans son ensemble, a souvent d&#233;plor&#233; son propre &#171; provincialisme &#187; ; il serait f&#226;cheux de voir celui-ci passer du singulier au pluriel, et chaque Universit&#233; ne se soucier que de r&#233;pondre aux demandes locales des &#233;tudiants, ou de leurs futurs employeurs &#233;ventuels. Pour s'en garder, les interventions &#233;tatiques ne sont pas les seuls rem&#232;des envisageables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut aussi songer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; inciter par tous les moyens possibles les Universit&#233;s &#224; &#233;changer de fa&#231;on permanente et institutionnelle leurs informations, leurs exp&#233;riences, leurs projets, d'abord entre elles, bien &#233;videmment, mais aussi avec les institutions et associations du niveau de l'enseignement secondaire (il serait sans doute int&#233;ressant pour nous d'obtenir des informations sur les activit&#233;s de l'association &#171; Promosciences &#187;, &#171; association de r&#233;flexion et de propositions sur l'ensemble des formations scientifiques post-baccalaur&#233;at &#187;, qui s'est fond&#233;e &#224; la suite de deux colloques sur la r&#233;novation des premiers cycles universitaires scientifiques, et qui est actuellement pr&#233;sid&#233;e par M. Michel Bornancin, pr&#233;sident de l'Universit&#233; de Nice).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; d&#233;velopper des proc&#233;dures d'&#233;valuation et d'&#171; audit &#187;, non pas seulement au niveau du Comit&#233; national d'&#201;valuation, que sa fonction multidisciplinaire oblige &#224; se cantonner dans les g&#233;n&#233;ralit&#233;s, mais aussi au moyen de commissions &lt;i&gt;ad hoc, &lt;/i&gt;sp&#233;cialis&#233;es en philosophie, et comportant, si possible, des &lt;i&gt;membres &#233;trangers &lt;/i&gt;aussi bien que des membres fran&#231;ais (d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, il semble que nous devrions recommander l'institutionnalisation de l'appel &#224; des experts provenant d'autres Universit&#233;s, fran&#231;aises&lt;i&gt;et &#233;trang&#232;res, &lt;/i&gt;pour toute une s&#233;rie de probl&#232;mes collectifs et m&#234;me individuels : organisation des &#233;tudes, acquisition et gestion des instruments de travail, d&#233;roulement des carri&#232;res, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La philosophie peut profiter du &#171; renouveau des humanit&#233;s &#187; qui se dessine actuellement, apr&#232;s des d&#233;cennies de domination des math&#233;matiques, des techniques et de la gestion rationalis&#233;e (voir &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;du 22 avril 1989). Cette &#171; vague porteuse &#187; comporte cependant des dangers manifestes : en se laissant enr&#244;ler dans le camp des &#171; Lettres &#187;, ou des &#171; Humanit&#233;s &#187;, pour faire pi&#232;ce aux &#171; Sciences &#187; et au &#171; professionnalisme &#187;, la philosophie risque de ne se voir demander qu'un vague &#171; suppl&#233;ment d'&#226;me &#187;, et de perdre dans l'aventure une bonne part de sa sp&#233;cificit&#233;. Il est souhaitable de r&#233;pondre enfin &#224; la &#171; demande &#187; de philosophie qui &#233;mane aujourd'hui des milieux les plus divers (sciences exactes, sciences humaines, disciplines techniques, m&#233;decine, droit, gestion et administration, animation culturelle, etc.) ; mais cette demande ne sera satisfaite dans des conditions correctes que si le caract&#232;re professionnel de la philosophie elle-m&#234;me reste vigoureusement affirm&#233; dans les contacts qu'elle peut nouer &#224; l'ext&#233;rieur, et du m&#234;me coup dans l'enseignement qui en est dispens&#233; dans les Universit&#233;s. La sp&#233;cificit&#233; de la philosophie, mot d'ordre sur lequel tout le monde s'accorde et qui n'en est pas moins ambigu, ne se prouvera pas par l'auto-affirmation, mais par un travail de la discipline sur elle-m&#234;me, et par une dialectique de la communication et de la coop&#233;ration avec ce qui n'est pas elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. S'il est souhaitable que l'enseignement de la philosophie, d&#232;s le premier cycle universitaire, soit technicis&#233; et professionnalis&#233;, plus qu'il ne l'est, semble-t-il, actuellement, ce r&#233;sultat ne devrait pas s'acqu&#233;rir aux prix d'un clivage dangereux entre les techniques purement scolaires, bonnes pour les &#233;tudiants (apprentissage de la dissertation, du commentaire de texte, etc.) et l'exercice prestigieux de l'activit&#233; philosophique, r&#233;serv&#233; aux ma&#238;tres (cours magistraux, s&#233;minaires libres, etc). Pour casser cette distribution des t&#226;ches, il serait sans doute bon d'inciter les Universit&#233;s &#224; encourager l'innovation dans le domaine des exercices propos&#233;s aux &#233;tudiants, en inventant d'autres formules que le couple traditionnel dissertation/ commentaire, en d&#233;veloppant des techniques d'analyse des concepts, des arguments, des raisonnements, des strat&#233;gies textuelles, des structures syst&#233;matiques, etc. Ces nouveaux types d'exercices pourraient d'ailleurs se faire aussi une place dans le contr&#244;le continu et m&#234;me dans les examens. Une transformation capitale du cours magistral serait engag&#233;e, de son c&#244;t&#233;, si l'on pouvait obtenir des professeurs fran&#231;ais qu'ils distribuent &#224; leurs &#233;tudiants, sous forme de &#171; syllabus &#187;, la liste des questions qu'ils traiteront, semaine apr&#232;s semaine, et celle des textes que les &#233;tudiants doivent lire &#224; l'avance pour se pr&#233;parer &#224; une audition active du cours : cette pratique, fr&#233;quente dans les Universit&#233;s &#233;trang&#232;res, modifie consid&#233;rablement le rapport p&#233;dagogique, en permettant aux &#233;tudiants de mieux comprendre comment le cours a &#233;t&#233; construit, sur la base d'un dossier de textes dont tous ont pu prendre connaissance, et de poser &#224; l'enseignant des questions pertinentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Les projets actuellement connus, concernant le premier cycle des Universit&#233;s, semblent se diriger vers la disparition des DEUG sp&#233;cialis&#233;s par discipline, et la cr&#233;ation (ou la r&#233;surrection) d'une sorte de prop&#233;deutique, sous forme d'un DEUG unique (en deux ans) pour chaque grand secteur disciplinaire, par exemple Lettres- Langues-Sciences humaines. Dans la perspective d'un tel projet, que nous n'avons pas de raison de repousser en principe (quitte, naturellement, &#224; souligner notre attachement &#224; l'existence d'une licence et d'une ma&#238;trise de philosophie), il semble que nous devrions demander, et obtenir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d'une part, que la philosophie soit pr&#233;sente obligatoirement dans cet ensemble de premier cycle, avec une place proportionnellement d&#233;cente (par exemple, un quart du total des UV), et un contenu qualitatif absolument sp&#233;cifique (ce qui n'exclut pas qu'&#224; l'int&#233;rieur de ce &#171; noyau dur &#187; philosophique, les &#233;tudiants puissent encore se voir offrir, &#224; c&#244;t&#233; d'un certain nombre d'enseignements obligatoires, des choix partiels correspondant &#224; leurs int&#233;r&#234;ts et &#224; leurs projets propres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; d'autre part, que l'ensemble comporte un certain nombre de &#171; cases vides &#187;, que chaque &#233;tudiant pourrait remplir comme il l'entend ; un &#233;tudiant tr&#232;s motiv&#233; d'embl&#233;e pour la philosophie pourrait, par exemple, remplir ces &#171; cases vides &#187; gr&#226;ce &#224; des disciplines compl&#233;mentaires, situ&#233;es &#224; des distances variables du &#171; noyau &#187; philosophique (par exemple, &#233;pist&#233;mologie et histoire des sciences, esth&#233;tique et sciences de l'art, psychologie, sociologie, linguistique, langues anciennes, histoire des religions, etc., mais aussi sciences exactes, droit, &#233;conomie, seconde langue vivante, etc.). Il serait important, si possible, d'obtenir des enseignants qui accueilleront ces &#233;tudiants qu'ils &#171; profilent &#187; leur enseignement &#224; l'intention d'auditeurs dont l'int&#233;r&#234;t central reste la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait sans doute utile de signaler que la disparition d'un DEUG sp&#233;cifique de philosophie ne doit pas impliquer, bien au contraire, que les enseignants de philosophie (et notamment les professeurs) se sentent moins concern&#233;s par le nouveau premier cycle que par l'ancien. Les d&#233;partements de philosophie, repr&#233;sent&#233;s par leur directeur, devraient n&#233;gocier les arrangements n&#233;cessaires avec les autres disciplines concern&#233;es ; et il serait sans doute envisageable d'exiger que des professeurs interviennent dans ce nouveau premier cycle, &#224; la fois comme responsables administratifs et comme enseignants actifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Les r&#233;formes universitaires les mieux inspir&#233;es, sur le plan de l'organisation des &#233;tudes, des programmes, du contr&#244;le des connaissances, p&#232;seront peut-&#234;tre moins lourd dans le destin de l'Universit&#233; fran&#231;aise qu'un certain nombre de transformations apparemment prosa&#239;ques et modestes, bien qu'assez co&#251;teuses parfois sur le plan financier, et qui pourraient modifier en profondeur, sur la longue dur&#233;e, les habitudes de travail des enseignants et des &#233;tudiants, les rapports p&#233;dagogiques, la productivit&#233; sociale et scientifique du milieu universitaire. Nous pensons par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; la situation pr&#233;caire des biblioth&#232;ques d'Universit&#233; et des biblioth&#232;ques de d&#233;partement, souvent mal utilis&#233;es, faute de cr&#233;dit d'achat, de place pour les lecteurs, d'initiation m&#233;thodique &#224; leur utilisation, etc. (voir le rapport alarmant d'Andr&#233; Miquel) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; l'absence g&#233;n&#233;rale de bureaux corrects, affect&#233;s personnellement aux enseignants, qui leur permettraient, moyennant quelque incitation peut-&#234;tre, de travailler sur place pendant une partie au moins de leur temps, et de recevoir les &#233;tudiants &#224; heures r&#233;guli&#232;rement fix&#233;es et affich&#233;es ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, &#224; l'absence g&#233;n&#233;rale de salles de r&#233;union, utilisables par les enseignants et les &#233;tudiants ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; l'insuffisance ou &#224; la sous-utilisation des moyens en personnel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et en mat&#233;riel de secr&#233;tariat ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; l'impossibilit&#233; pratique, compte tenu de l'insuffisance du budget et de la lourdeur des proc&#233;dures, d'inviter les coll&#232;gues fran&#231;ais, &#224; plus forte raison &#233;trangers, &#224; effectuer des s&#233;jours de courte dur&#233;e (s&#233;minaires, s&#233;rie de conf&#233;rences, participation &#224; des jurys de th&#232;se, etc.),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; aux trop fameuses, et scandaleuses, normes GARACES, qui ne prennent en compte, pour le calcul des obligations horaires des enseignants, que le nombre d'heures pendant lesquelles ceux-ci font leurs cours, c'est-&#224;-dire, en somme, s'arr&#234;tent provisoirement de travailler. Nous devrions exiger la prise en consid&#233;ration officielle, f&#251;t-elle symbolique et sans aucune incidence financi&#232;re, de ce qui fait la vie quotidienne des universitaires (pr&#233;paration des cours, recherche, documentation, direction de th&#232;ses et de m&#233;moires, &#171; tutorat &#187; plus ou moins institutionnalis&#233;, participation &#224; des jurys, &#224; des colloques et congr&#232;s, &#233;changes intellectuels de toute nature, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mise en place de l'enseignement organique de la philosophie&lt;/strong&gt; en trois temps, telle que nous la proposons (voir principe 1) implique que soit lev&#233;e la barri&#232;re qui coupe aujourd'hui totalement les Lyc&#233;es des Universit&#233;s. Deux exigences en d&#233;coulent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La possibilit&#233; d'une circulation des professeurs entre le Lyc&#233;e et l'Universit&#233;. Il serait souhaitable que les professeurs puissent contribuer &lt;i&gt;statutairement, &lt;/i&gt;et non pas seulement &#224; titre de charg&#233;s de cours, &#224; l'encadrement des &#233;tudiants de 1er cycle. Ce qui impliquerait que ces heures d'enseignement &#224; l'Universit&#233; soient partie int&#233;grante de leur service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Qu'on reconnaisse ces travaux de recherche (DEA, Th&#232;ses, etc.) engag&#233;s par les professeurs des lyc&#233;es non comme un luxe ou une affaire strictement personnelle, mais comme une contribution &#224; part enti&#232;re &#224; la recherche collective en philosophie et comme un &#233;l&#233;ment de formation permanente directement b&#233;n&#233;fique &#224; la qualit&#233; de l'enseignement. Ce qui suppose entre autres la reconnaissance d'un statut d'enseignant-chercheur qui donnerait droit, pour des dur&#233;es d&#233;termin&#233;es, &#224; des d&#233;charges de service et &#224; des am&#233;nagements horaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS. Ce Rapport ne constitue, cela va de soi mais nous le soulignons encore, qu'un ensemble de propositions soumises &#224; la discussion. Il reste d'ailleurs &#224; compl&#233;ter. Il le sera sans doute, dans des conditions &#224; d&#233;terminer, au cours des semaines ou des mois &#224; venir, et compte tenu des discussions qui ne manqueront pas de s'engager au cours des colloques pr&#233;vus par le minist&#232;re. Ces compl&#233;ments devraient concerner notamment certains points de l'articulation entre enseignement secondaire et enseignement sup&#233;rieur, l'&#233;largissement de la liste des auteurs et textes &#224; &#233;tudier, les rapports entre histoire de la philosophie et philosophie contemporaine dans l'enseignement de la philosophie en g&#233;n&#233;ral et dans la formation des professeurs en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En annexe aux consid&#233;rations et propositions sur la formation des ma&#238;tres, voir le texte ci-joint qui r&#232;gle actuellement le programme de l'enseignement philosophique dans les EN.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Principes pour une r&#233;flexion sur les contenus d'enseignement, par Pierre BOURDIEU et Fran&#231;ois GROS</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/principes-pour-une-reflexion-sur-les-contenus-d-enseignement-par-pierre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/principes-pour-une-reflexion-sur-les-contenus-d-enseignement-par-pierre</guid>
		<dc:date>1989-05-23T16:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph, Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>
		<dc:subject>Derrida</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;[folio de 14 pages, sans marque d'&#233;diteur ou d'imprimeur, distribu&#233; aux enseignants. Repris dans Le Monde de l'&#201;ducation, avril 1989, pp. 15-18] &lt;br class='autobr' /&gt;
En revanche, il va d&#233;clencher le tir de barrage de certains intellectuels conservateurs et de la tr&#232;s traditionnelle association des professeurs de philosophie(APPEP). C'est principalement la question du relativisme qui agite les passions. Le septi&#232;me principe propose en effet de &#171; concilier l'universalisme inh&#233;rent &#224; la pens&#233;e scientifique et le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/" rel="directory"&gt;Documents relatifs &#224; la guerre des programmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/derrida" rel="tag"&gt;Derrida&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;[folio de 14 pages, sans marque d'&#233;diteur ou d'imprimeur, distribu&#233; aux enseignants. Repris dans Le Monde de l'&#201;ducation, avril 1989, pp. 15-18]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En revanche, il va d&#233;clencher le tir de barrage de certains intellectuels conservateurs et de la tr&#232;s traditionnelle association des professeurs de philosophie(APPEP). C'est principalement la question du relativisme qui agite les passions. Le septi&#232;me principe propose en effet de &#171; concilier l'universalisme inh&#233;rent &#224; la pens&#233;e scientifique et le relativisme qu'enseignent les sciences historiques &#187;) ; il s'agit de sortir d'une conception fig&#233;e et restreintes des Humanit&#233;s et reconna&#238;tre l'apport des diff&#233;rentes civilisations &#224; l'&#233;laboration de la science, et cela dans le droit fil de ce que pr&#233;conisait le Coll&#232;ge de France (&#171; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;il importe avant tout de rompre avec la vision ethnocentrique de l'histoire de l'humanit&#233; qui fait de l'Europe l'origine de toutes les d&#233;couvertes et de tous les progr&#232;s &#187;).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D&#233;formant le texte et son intention (il suffit de le lire), ses adversaires n'y voient que la promotion d'un communautarisme anglo-saxon contraire aux valeurs et &#224; l'universalisme r&#233;publicain. Pour A. Finkielkraut cette &#171; critique de l'ethnocentrisme &#187; &#171; aboutit &#224; centrer tout individu sur son ethnie &#187; ; l'APPEP par la voix de son pr&#233;sident, tente de retourner l'argument relativiste contre Bourdieu ne voyant dans le rapport qu'une &#171; id&#233;ologie complaisante aux consensus culturels du lieu et du moment &#187;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;1&lt;/i&gt;&lt;i&gt;. Charles Coutel et Catherine Kintzler (de l'APPEP) critiquent &#171; les th&#233;ories sociologistes de la reproduction &#187;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;3 &lt;/i&gt;&lt;i&gt;et du conditionnement r&#233;affirmant la vertu &#233;mancipatrice de l'instruction. Cette derni&#232;re fustige aussi la soumission &#224; la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; : &#171; le rapport, &#233;crit-elle, s'acharne &#224; exclure la dimension du savoir et demande sans arr&#234;t &#224; se tourner vers l'ext&#233;rieur d'elle-m&#234;me, vers les forces de la soci&#233;t&#233; civile [&#8230;] Rentrer dans le rang de l'opinion et de l'&#233;conomie : c'est le culte des intervenants ext&#233;rieurs, c'est aussi l'id&#233;e que l'image et le livre sont &#233;quivalents ; c'est le culte des &#233;quipes et du collectif ; le culte des cercles et des associations, le culte de la production [&#8230;] Rentrer dans le rang de l'autorit&#233; politique, tout simplement et c'est dit sans ambages dans le rapport : le dogme de l'unification europ&#233;enne, qui n'est rien d'autre qu'une opinion politique, y est rudement appel&#233; &#224; la rescousse pour mettre au pas l'&#233;cole, et tout particuli&#232;rement les professeurs coupables de ne pas se plier devant le dieu soci&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;4&lt;/i&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les poncifs sont ici rassembl&#233;s, mais l'ensemble est tr&#232;s expressif d'un courant de pens&#233;e dit &#171; r&#233;publicain &#187; qui commencent &#224; se structurer autour de Jean-Pierre Chev&#232;nement &#224; la veille de la construction europ&#233;enne. Ce courant, tr&#232;s puissant chez les professeurs de philosophie (mais &#224; F.O. puis dans une partie du SNES) m&#232;nera ult&#233;rieurement les croisades contre la &#171; p&#233;dagogie &#187; et les &#171; p&#233;dagogues &#187;. ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1&lt;/i&gt; &lt;i&gt;La D&#233;faite de la pens&#233;e, p. 123&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2 &lt;/i&gt;&lt;i&gt;J. Lefranc, &#171; Et maintenant ? &#187; in L'enseignement philosophique, n&#176;6 juillet &#8211;ao&#251;t 1989&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3&lt;/i&gt; &lt;i&gt;C. Coutrel, C. Kintzler, Condorcet, Ecrits sur l'instruction publique, Edilig, 1989&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;4&lt;/i&gt; &lt;i&gt;KINTZLER Catherine, &#171; Aux fondements de la la&#239;cit&#233; &#187; in COUTEL Charles, La R&#233;publique et l'&#233;cole. Une anthologie, Paris, Agora, 1991, page 229.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Principes pour une r&#233;flexion sur les contenus d'enseignement&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Bourdieu et Fran&#231;ois Gros&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une commission de r&#233;flexion sur les contenus de l'enseignement a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e, &#224; la fin de l'ann&#233;e 1988, par le Ministre de l'&#201;ducation nationale. Pr&#233;sid&#233;e par Pierre Bourdieu et Fran&#231;ois Gros et compos&#233;e de Pierre Baqu&#233;, Pierre Berg&#233;, Ren&#233; Blanchet, Jacques Bouveresse, Jean-Claude Chevallier, Hubert Condamines, Didier DaCunha Castelle, Jacques Derrida, Philippe Joutard, Edmond Malinvaud, Fran&#231;ois Mathey, elle a re&#231;u mission de proc&#233;der &#224; une r&#233;vision des savoirs enseign&#233;s en veillant &#224; renforcer la coh&#233;rence et l'unit&#233; de ces savoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re phase de leur travail, les membres de la commission se sont donn&#233; pour t&#226;che de formuler les principes qui devront r&#233;gir leur travail. Conscients et soucieux des implications et des applications pratiques, p&#233;dagogiques notamment, de ces principes, ils se sont efforc&#233;s, pour les fonder, de n'ob&#233;ir qu'&#224; la discipline proprement intellectuelle qui d&#233;coule de la logique intrins&#232;que des connaissances disponibles et des anticipations ou des questions formulables. N'ayant pas pour mission d'intervenir directement et &#224; court terme dans la d&#233;finition des programmes, ils ont voulu dessiner les grandes orientations de la transformation &lt;i&gt;progressive&lt;/i&gt; des contenus de l'enseignement qui est indispensable, m&#234;me si elle doit prendre du temps, pour suivre, et m&#234;me devancer, autant que possible, l'&#233;volution de la science et de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des commissions de travail sp&#233;cialis&#233;es acceptant ces principes continueront ou commenceront un travail de r&#233;flexion plus approfondi sur chacune des grandes r&#233;gions du savoir. Elles essaieront de proposer, dans des notes d'&#233;tape qui pourraient &#234;tre remises au mois de juin 1989, non, le programme id&#233;al d'un enseignement id&#233;al, mais un ensemble d'observations pr&#233;cises, d&#233;gageant les implications des principes propos&#233;s. Ces propositions qui porteront essentiellement sur la restructuration des divisions du savoir et la red&#233;finition des conditions de leur transmission, sur l'&#233;limination des notions p&#233;rim&#233;es ou peu pertinentes et l'introduction des nouveaux savoirs impos&#233;s par les avanc&#233;es de la connaissance et les changements &#233;conomiques, techniques et sociaux, pourront &#234;tre pr&#233;sent&#233;es et discut&#233;es dans un Colloque regroupant des experts internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, dans le syst&#232;me d'enseignement comme ailleurs, le changement r&#233;fl&#233;chi constitue une exigence permanente, il ne s'agit pas, &#233;videmment, de faire, &#224; chaque moment, table rase du pass&#233;. En effet, entre toutes les innovations qui ont &#233;t&#233; introduites au cours des ann&#233;es r&#233;centes, beaucoup &#233;taient pleinement justifi&#233;es. S'il importe d'&#233;viter de reconduire sans examen tout ce qui est h&#233;rit&#233; du pass&#233;, il n'est pas possible de discerner &lt;i&gt;&#224; tous les moments &lt;/i&gt;&lt;i&gt;et dans tous les domaines &lt;/i&gt;la part du 'p&#233;rim&#233;' et du ''valide'. Il faut seulement prendre pour objet constant de r&#233;flexion le rapport nouveau qui peut et doit &#234;tre instaur&#233; entre la perp&#233;tuation n&#233;cessaire du pass&#233; et l'adaptation non moins n&#233;cessaire &#224; l'avenir. La forme, n&#233;cessairement abstraite et g&#233;n&#233;rale, des principes ainsi &#233;nonc&#233;s ne se justifie, par anticipation, que par &lt;i&gt;le travail &#224; venir&lt;/i&gt; qui devra en respecter la rigueur, tout en les mettant &#224; l'&#233;preuve pour en d&#233;terminer et en diff&#233;rencier le contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I. PREMIER PRINCIPE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Les programmes doivent &#234;tre soumis &#224; une remise en question p&#233;riodique visant &#224; y introduire les savoirs exig&#233;s par les progr&#232;s de la science et les changements de la soci&#233;t&#233; (au premier rang desquels l'unification europ&#233;enne), toute adjonction devant &#234;tre compens&#233;e par des suppressions.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diminuer l'&#233;tendue, voire la difficult&#233; d'un programme ne revient pas &#224; en abaisser le niveau. Au contraire, une telle r&#233;duction, op&#233;r&#233;e avec discernement, doit permettre une &#233;l&#233;vation du niveau dans la mesure (et dans la mesure seulement) o&#249; elle permet de travailler moins longtemps, mais mieux, en rempla&#231;ant l'apprentissage passif par la lecture active - qu'il s'agisse de livres ou de supports audio-visuels - par la discussion ou par l'exercice pratique, et en redonnant ainsi toute sa place &#224; la cr&#233;ativit&#233; et &#224; l'esprit d'invention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui implique, entre autres choses, que soit profond&#233;ment transform&#233; le contr&#244;le de l'apprentissage et le mode d'&#233;valuation des progr&#232;s accomplis : l'&#233;valuation du niveau atteint ne devrait plus reposer seulement sur un examen lourd et al&#233;atoire, mais devrait associer le contr&#244;le continu et un examen terminal portant sur l'essentiel et visant &#224; mesurer la capacit&#233; de mettre en &#339;uvre les connaissances dans un contexte totalement diff&#233;rent de celui dans lequel elles ont &#233;t&#233; acquises, avec, par exemple, dans le cas des sciences exp&#233;rimentales, des &#233;preuves pratiques permettant d'&#233;valuer l'inventivit&#233;, le sens critique et le &#8220;sens pratique&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. DEUXI&#200;ME PRINCIPE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;ducation doit privil&#233;gier tous les enseignements propres &#224; offrir des modes de pens&#233;e dot&#233;s d'une validit&#233; et d'une applicabilit&#233; g&#233;n&#233;rales par rapport aux enseignements proposant des savoirs susceptibles d'&#234;tre appris de mani&#232;re aussi efficace (et parfois plus agr&#233;able) par d'autres voies. Il faut en particulier veiller &#224; ce que l'enseignement ne laisse pas subsister des lacunes inadmissibles, parce que pr&#233;judiciables &#224; la r&#233;ussite de l'ensemble de l'entreprise p&#233;dagogique, notamment en mati&#232;re de modes de pens&#233;e ou de savoir-faire fondamentaux qui, parce qu'ils sont cens&#233;s &#234;tre enseign&#233;s par tout le monde, finissent par n'&#234;tre enseign&#233;s par personne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut r&#233;solument privil&#233;gier les enseignements qui sont charg&#233;s d'assurer l'assimilation r&#233;fl&#233;chie et critique des modes de pens&#233;e fondamentaux comme le mode de pens&#233;e d&#233;ductif, le mode de pens&#233;e exp&#233;rimental ou le mode de pens&#233;e historique, et aussi le mode de pens&#233;e r&#233;flexif et critique qui devrait leur &#234;tre toujours associ&#233;. Dans un souci de r&#233;&#233;quilibrage, il faudrait notamment rendre plus clairement perceptible la sp&#233;cificit&#233; du mode de pens&#233;e exp&#233;rimental, au prix d'une valorisation r&#233;solue du raisonnement qualitatif, d'une reconnaissance claire du caract&#232;re provisoire des mod&#232;les explicatifs et d'un encouragement et d'un entra&#238;nement constants au travail pratique de recherche. Il faudrait aussi examiner si et comment chacun des grands secteurs de la connaissance (et chacune des &#8220;disciplines&#8221; dans lesquelles ils se traduisent de mani&#232;re plus ou moins ad&#233;quate) peut contribuer &#224; la transmission des diff&#233;rents modes de pens&#233;e, et si certaines sp&#233;cialit&#233;s ne sont pas mieux plac&#233;es, par toute leur logique et leur tradition, pour assurer l'apprentissage r&#233;ussi de l'un ou l'autre d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il faudrait enfin veiller &#224; faire une place importante &#224; tout un ensemble de techniques qui, quoiqu'elles soient tacitement exig&#233;es par tous les enseignements, font rarement l'objet d'une transmission m&#233;thodique : utilisation du dictionnaire, usage des abr&#233;viations, rh&#233;torique de communication, &#233;tablissement d'un fichier, cr&#233;ation d'un index, utilisation d'un fichier signal&#233;tique ou d'une banque de donn&#233;es, pr&#233;paration d'un manuscrit, recherche documentaire, usage des instruments informatiques, lecture de tableaux de nombres et de graphiques, etc. Livrer &#224; tous les &#233;l&#232;ves cette technologie du travail intellectuel et, plus g&#233;n&#233;ralement, leur inculquer des m&#233;thodes rationnelles de travail (comme l'art de choisir entre les t&#226;ches impos&#233;es ou de les distribuer dans le temps) serait une mani&#232;re de contribuer &#224; r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s li&#233;es &#224; l'h&#233;ritage culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III. TROISI&#200;ME PRINCIPE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Ouverts, souples, r&#233;visables, les programmes sont un cadre et non un carcan : ils doivent &#234;tre de moins en moins contraignants &#224; mesure que l'on s'&#233;l&#232;ve dans la hi&#233;rarchie des ordres d'enseignement ; leur &#233;laboration et leur am&#233;nagement pratique doivent en appeler &#224; la collaboration des enseignants. Ils doivent &#234;tre progressifs - connexion verticale - et coh&#233;rents - connexion horizontale - tant &#224; l'int&#233;rieur d'une m&#234;me sp&#233;cialit&#233; qu'au niveau de l'ensemble du savoir enseign&#233; - (au niveau de chaque classe).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme n'a rien d'un code imp&#233;ratif. Il doit fonctionner comme un guide pour le professeur et pour les &#233;l&#232;ves - et les parents - qui doivent y trouver un expos&#233; clair des objectifs et des exigences du niveau d'enseignement consid&#233;r&#233; (on pourrait demander aux professeurs de le communiquer aux &#233;l&#232;ves en d&#233;but d'ann&#233;e). C'est pourquoi il doit &#234;tre accompagn&#233; d'&lt;i&gt;expos&#233;s des motifs&lt;/i&gt; indiquant la 'philosophie' qui l'a inspir&#233;, les objectifs recherch&#233;s, les pr&#233;suppos&#233;s et les conditions de sa mise en &#339;uvre et comportant aussi des exemples d'application.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objectifs et les contenus des diff&#233;rentes sp&#233;cialit&#233;s et des diff&#233;rents niveaux doivent &#234;tre per&#231;us et d&#233;finis dans leur interd&#233;pendance. Les programmes doivent pr&#233;voir &lt;i&gt;explicitement&lt;/i&gt; toutes les r&#233;p&#233;titions (&lt;i&gt;et celles-l&#224; seulement&lt;/i&gt;) qui sont indispensables pour assurer l'assimilation des connaissances fondamentales. S'il peut &#234;tre utile d'aborder la m&#234;me question &#224; partir de points de vue diff&#233;rents (par exemple, la perspective, du point de vue des math&#233;matiques et de l'histoire de l'art), il reste que l'on doit travailler &#224; abolir, du moins quand la preuve aura &#233;t&#233; faite de leur inutilit&#233;, tous les doubles emplois et chevauchements ind&#233;sirables, tant entre les niveaux successifs de la m&#234;me sp&#233;cialit&#233; qu'entre les diff&#233;rents enseignements du m&#234;me niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre en mesure de demander et d'obtenir des enseignements continus et coh&#233;rents, les programmes doivent pr&#233;voir de mani&#232;re &lt;i&gt;aussi pr&#233;cise que possible le niveau exig&#233; au d&#233;part&lt;/i&gt; (en &#233;vitant notamment les intitul&#233;s vagues laissant place &#224; des interpr&#233;tations &#233;lastiques) et le niveau exig&#233; &lt;i&gt;au terme&lt;/i&gt; de l'ann&#233;e consid&#233;r&#233;e. Ils doivent &#234;tre mis &#224; l'&#233;preuve, de mani&#232;re &#224; &#234;tre r&#233;alisables sans prouesse particuli&#232;re dans les limites du temps imparti (pour favoriser la mise en &#339;uvre r&#233;ussie, ils doivent &#234;tre assortis d'indications concernant le temps correspondant &#224; chacune des &#233;tapes principales). Toutes les sp&#233;cialit&#233;s fondamentales doivent faire l'objet d'un apprentissage dont le trajet doit, sur plusieurs ann&#233;es, d&#233;passer le stade de la simple initiation et conduire &#224; une ma&#238;trise suffisante des modes de pens&#233;e et des exigences qui lui sont propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coh&#233;rence et la compl&#233;mentarit&#233; entre les programmes des diff&#233;rentes sp&#233;cialit&#233;s doivent &#234;tre m&#233;thodiquement recherch&#233;es &#224; chaque niveau. Dans le cas o&#249; des commissions par sp&#233;cialit&#233; sont n&#233;cessaires, il faut pr&#233;voir une commission des programmes &lt;i&gt;commune&lt;/i&gt; (par niveau) pour assurer la coh&#233;rence et &#233;liminer les doubles emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans sacrifier &#224; l'imitation servile des mod&#232;les &#233;trangers, on devrait trouver une inspiration critique dans la comparaison m&#233;thodique avec les programmes en vigueur dans d'autres pays, europ&#233;ens notamment : moyen de porter au jour les oublis et les lacunes, la comparaison devrait permettre de d&#233;busquer les survivances li&#233;es &#224; l'arbitraire d'une tradition historique. Outre qu'elle pourrait conduire &#224; accro&#238;tre la compatibilit&#233; du syst&#232;me fran&#231;ais avec les autres syst&#232;mes europ&#233;ens, et &#224; r&#233;duire les handicaps par rapport &#224; des concurrents &#233;ventuels, elle aurait pour effet en tout cas de contraindre &#224; substituer la logique du choix conscient et explicite &#224; celle de la reconduction automatique et tacite des programmes &#233;tablis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV. QUATRI&#200;ME PRINCIPE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'examen critique des contenus actuellement exig&#233;s doit toujours concilier deux variables : leur exigibilit&#233; et leur transmissibilit&#233;. D'une part, la ma&#238;trise d'un savoir ou un mode de pens&#233;e est plus ou moins &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;indispensable&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;pour des raisons scientifiques ou sociales, &#224; un niveau d&#233;termin&#233; (dans telle ou telle classe) ; d'autre part, sa transmission est plus ou moins &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;difficile&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&#224; ce niveau du cursus, &#233;tant donn&#233; ce que sont les capacit&#233;s d'assimilation des &#233;l&#232;ves et la formation des ma&#238;tres concern&#233;s.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe devrait conduire &#224; exclure toute esp&#232;ce de transmission pr&#233;matur&#233;e. Il devrait conduire aussi &#224; mobiliser toutes les ressources n&#233;cessaires (notamment en&lt;i&gt;temps&lt;/i&gt; consacr&#233; &#224; la transmission et en moyens p&#233;dagogiques) pour assurer la transmission et l'assimilation effective des savoirs difficiles qui sont jug&#233;s absolument n&#233;cessaires. (Pour se donner une id&#233;e plus pr&#233;cise de la transmissibilit&#233; r&#233;elle, &#224; un niveau donn&#233; du cursus, d'un savoir ou d'un mode de pens&#233;e d&#233;termin&#233;, on devrait prendre en compte les r&#233;sultats des recherches &#233;valuant la ma&#238;trise que les &#233;l&#232;ves de diff&#233;rents niveaux et de diff&#233;rentes origines sociales ont des savoirs enseign&#233;s dans les diff&#233;rentes sp&#233;cialit&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation &#233;ventuelle des contenus et l'instauration d&#233;finitive d'une modification du programme ne devraient &#234;tre op&#233;r&#233;es qu'apr&#232;s un travail d'exp&#233;rimentation accompli en situation r&#233;elle, avec la collaboration des professeurs et apr&#232;s la transformation de la formation (initiale et continue) des ma&#238;tres charg&#233;s de les enseigner. L'effort d'adaptation qui serait exig&#233; des enseignants devrait &#234;tre soutenu par l'octroi de semestres ou d'ann&#233;es sabbatiques et par l'organisation de stages longs qui leur permettraient de s'initier &#224; des modes de pens&#233;e ou &#224; des savoirs nouveaux, d'acqu&#233;rir de nouvelles qualifications et, &#233;ventuellement, de changer d'orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, des instances devraient &#234;tre mises en place qui auraient mission de recueillir, de rassembler et d'analyser les r&#233;actions et les r&#233;flexions des enseignants charg&#233;s de l'application, suggestions, critiques, am&#233;nagements souhait&#233;s, innovations propos&#233;es, etc. (le r&#233;seau Minitel pourrait &#234;tre utilis&#233; &#224; cette fin). Un effort permanent de recherche p&#233;dagogique &#224; la fois m&#233;thodique et pratique, associant les ma&#238;tres directement engag&#233;s dans le travail de formation, pourrait ainsi s'instaurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;V. CINQUI&#200;ME PRINCIPE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Dans le souci d'am&#233;liorer le rendement de la transmission du savoir en&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;diversifiant les formes de la communication p&#233;dagogique&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;et en s'attachant &#224; la quantit&#233; de savoirs &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;r&#233;ellement assimil&#233;s&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;plut&#244;t qu'&#224; la quantit&#233; de savoirs th&#233;oriquement propos&#233;s, on distinguera, tant parmi les sp&#233;cialit&#233;s, qu'au sein de chaque sp&#233;cialit&#233;, ce qui est &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;obligatoire, optionnel ou facultatif&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;et, &#224; c&#244;t&#233; des cours, on introduira d'autres formes d'enseignement, &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;travaux dirig&#233;s &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;et&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;enseignements collectifs&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;regroupant des professeurs de deux ou plusieurs sp&#233;cialit&#233;s et pouvant rev&#234;tir la forme d'enqu&#234;tes ou d'observations sur le terrain.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accroissement de la connaissance rend vaine l'ambition de l'encyclop&#233;disme : on ne peut enseigner toutes les sp&#233;cialit&#233;s et la totalit&#233; de chaque sp&#233;cialit&#233;. En outre, des sp&#233;cialit&#233;s sont apparues qui allient la science fondamentale et l'application technique (c'est le cas de l'informatique dans tous les ordres d'enseignement ou de la technologie au coll&#232;ge). Leur introduction dans l'enseignement ne peut &#234;tre une simple addition : elle devrait avoir pour effet d'imposer &#224; plus ou moins long terme une red&#233;finition des divisions de l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe de substituer &#224; l'enseignement actuel, encyclop&#233;dique, additif et cloisonn&#233;, un dispositif articulant des enseignements obligatoires, charg&#233;s d'assurer l'assimilation r&#233;fl&#233;chie du minimum commun de connaissances, des enseignements optionnels, directement adapt&#233;s aux orientations intellectuelles et au niveau des &#233;l&#232;ves, et des enseignements facultatifs et interdisciplinaires relevant de l'initiative des enseignants. Cette diversification des formes p&#233;dagogiques et des statuts des diff&#233;rents enseignements devrait tenir compte de la sp&#233;cificit&#233; de chaque sp&#233;cialit&#233; tout en permettant d'&#233;chapper &#224; la simple comptabilit&#233; par &#8220;discipline&#8221; qui est un des obstacles majeurs &#224; toute transformation r&#233;elle des contenus des enseignements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette red&#233;finition des formes d'enseignement qui ferait alterner cours et travaux pratiques, cours obligatoires et cours optionnels ou facultatifs, enseignements individuels et enseignements collectifs, enseignement par petits groupes (ou aide individualis&#233;e aux &#233;l&#232;ves) et par groupes plus larges aurait pour effet de &lt;i&gt;diminuer le nombre des heures inscrites&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#224; l'emploi du temps des &#233;l&#232;ves sans augmenter le nombre des classes attribu&#233;es &#224; chaque &lt;/i&gt;&lt;i&gt;professeur&lt;/i&gt;. Elle accro&#238;trait &lt;i&gt;l'autonomie des enseignants&lt;/i&gt;qui, &#224; l'int&#233;rieur du cadre d'ensemble d&#233;fini par le programme, pourraient organiser eux-m&#234;mes leur plan d'&#233;tudes avant chaque rentr&#233;e annuelle. Elle devrait aussi conduire &#224; une utilisation plus souple et plus intensive des instruments et des b&#226;timents (les autorit&#233;s territoriales comp&#233;tentes - r&#233;gion, d&#233;partement, commune - devraient s'employer &#224; construire ou &#224; r&#233;nover les b&#226;timents scolaires, &lt;i&gt;en association avec les enseignants,&lt;/i&gt; de mani&#232;re &#224; offrir &#224; l'enseignement les locaux adapt&#233;s, en nombre et en qualit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les activit&#233;s collectives et multidimensionnelles conviendraient sans doute mieux &#224; l'apr&#232;s-midi. C'est le cas, par exemple, de l'enseignement des langages : englobant l'&#233;tude des usages du discours, oral ou &#233;crit, et de l'image, il est plac&#233; &#224; l'intersection de plusieurs sp&#233;cialit&#233;s ; il suppose une bonne utilisation de mat&#233;riels techniques ; il conduit &#224; des relations avec des &lt;i&gt;partenaires ext&#233;rieurs&lt;/i&gt; (artistes, industries de l'image, etc.) et appelle la production autant que le commentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VI. SIXI&#200;ME PRINCIPE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Le souci de renforcer la coh&#233;rence des enseignements devrait conduire &#224; favoriser les &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;enseignements donn&#233;s en commun&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;par des professeurs de diff&#233;rentes sp&#233;cialit&#233;s et m&#234;me &#224; repenser les divisions en 'disciplines', en soumettant &#224; l'examen certains regroupements h&#233;rit&#233;s de l'histoire et en op&#233;rant, toujours de mani&#232;re progressive, certains rapprochements impos&#233;s par l'&#233;volution de la science.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout devrait &#234;tre fait pour encourager les professeurs &lt;i&gt;&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;coordonner leurs actions&lt;/i&gt;, &#224; tout le moins par des r&#233;unions de travail visant &#224; &#233;changer l'information sur les contenus et les m&#233;thodes d'enseignement et pour leur donner le d&#233;sir et les moyens (en locaux adapt&#233;s, en &#233;quipement, etc.) d'enrichir, de diversifier et d'&#233;largir leur enseignement en sortant des fronti&#232;res strictes de leur sp&#233;cialit&#233; ou en donnant des enseignements en commun. (Il serait souhaitable que certains enseignants puissent &#234;tre officiellement autoris&#233;s &#224; consacrer une part de leur contingent d'heures d'enseignement aux t&#226;ches, indispensables, de coordination-organisation des r&#233;unions, reproduction des documents, transmission de l'information, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les s&#233;ances d'enseignement regroupant des professeurs de deux (ou plusieurs) sp&#233;cialit&#233;s diff&#233;rentes r&#233;unis selon leurs affinit&#233;s devraient avoir la m&#234;me dignit&#233; que les cours (chaque heure d'enseignement de ce type comptant, pratiquement, pour une heure pour chacun des professeurs qui y participent). Elles s'adresseraient &#224; des &#233;l&#232;ves qui seraient regroup&#233;s selon d'autres logiques que celles des fili&#232;res actuelles, plut&#244;t par niveau d'aptitude ou en fonction d'int&#233;r&#234;ts communs pour des th&#232;mes particuliers. Un contingent d'heures annuelles, dont l'emploi serait librement d&#233;cid&#233; par l'ensemble des professeurs concern&#233;s, pourrait leur &#234;tre officiellement r&#233;serv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les moyens disponibles - biblioth&#232;ques renouvel&#233;es, enrichies, modernis&#233;es, techniques audio-visuelles - devraient &#234;tre mobilis&#233;s pour en renforcer l'attrait et l'efficacit&#233;. L'effort, absolument n&#233;cessaire, pour repenser et surmonter les fronti&#232;res entre les &#8220;disciplines&#8221; et les unit&#233;s p&#233;dagogiques correspondantes, ne devrait pas se faire au d&#233;triment de l'identit&#233; et de la sp&#233;cificit&#233; des enseignements fondamentaux ; mais il devrait au contraire faire appara&#238;tre la coh&#233;rence et la particularit&#233; des probl&#233;matiques et des modes de pens&#233;e caract&#233;ristiques de chaque sp&#233;cialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VII. SEPTI&#200;ME PRINCIPE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;La recherche de la coh&#233;rence devrait se doubler d'une recherche de l'&#233;quilibre et de l'int&#233;gration entre les diff&#233;rentes sp&#233;cialit&#233;s et, en cons&#233;quence, entre les diff&#233;rentes formes d'excellence. Il importerait en particulier de concilier l'universalisme inh&#233;rent &#224; la pens&#233;e scientifique et le relativisme qu'enseignent les sciences historiques, attentives &#224; la pluralit&#233; des modes de vie et des traditions culturelles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout devrait &#234;tre mis en &#339;uvre pour r&#233;duire (toutes les fois que cela parait possible et souhaitable) l'opposition entre le th&#233;orique et le technique, entre le formel et leconcret, entre le pur et l'appliqu&#233; et pour r&#233;int&#233;grer la technique &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me des enseignements fondamentaux. La n&#233;cessit&#233; d'&#233;quilibrer les parts r&#233;serv&#233;es &#224; ce qu'on appellera, par commodit&#233;, le &#8220;conceptuel&#8221;, le &#8220;sensible&#8221; et le &#8220;corporel&#8221; s'impose &#224; tous les niveaux, mais tout sp&#233;cialement dans les premi&#232;res ann&#233;es. Le poids imparti aux exigences techniques et aux exigences th&#233;oriques devra &#234;tre d&#233;termin&#233; en fonction des caract&#233;ristiques propres &#224; chacun des niveaux de chacune des fili&#232;res, donc en tenant compte notamment des carri&#232;res professionnelles pr&#233;par&#233;es et des caract&#233;ristiques sociales et scolaires des &#233;l&#232;ves concern&#233;s, c'est-&#224;-dire de leurs capacit&#233;s d'abstraction ainsi que de leur vocation &#224; entrer plus ou moins vite dans la vie active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un enseignement moderne ne doit en aucun cas sacrifier l'histoire des langues et des litt&#233;ratures, des cultures et des religions, des philosophies et des sciences. Il doit au contraire se mesurer et travailler sans cesse &#224; ces histoires, de fa&#231;on de plus en plus subtile et critique. Mais pour cette raison m&#234;me, il ne doit pas se r&#233;gler sur la repr&#233;sentation qu'en donnent parfois ceux qui r&#233;duisent 'l'humanisme' &#224; une image fig&#233;e des 'humanit&#233;s'. L'enseignement des langages peut et doit, tout autant que celui de la physique ou de la biologie, &#234;tre l'occasion d'une initiation &#224; la logique ; l'enseignement des math&#233;matiques ou de la physique, tout autant que celui de la philosophie ou de l'histoire, peut et doit permettre de pr&#233;parer &#224; l'histoire des id&#233;es, des sciences ou des techniques (cela, &#233;videmment, &#224; condition que les enseignants soient form&#233;s en cons&#233;quence).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, l'acc&#232;s &#224; la m&#233;thode scientifique passe par l'apprentissage de la logique &#233;l&#233;mentaire et par l'acquisition d'habitudes de pens&#233;e, de techniques et d'outils cognitifs qui sont indispensables pour conduire un raisonnement rigoureux et r&#233;flexif. L'opposition entre les 'lettres' et les 'sciences', qui domine encore aujourd'hui l'organisation de l'enseignement et les 'mentalit&#233;s' des ma&#238;tres, des &#233;l&#232;ves et des parents d'&#233;l&#232;ves, peut et doit &#234;tre surmont&#233;e par un enseignement capable de professer &#224; la fois la science et l'histoire des sciences ou l'&#233;pist&#233;mologie, d'initier aussi bien &#224; l'art ou &#224; la litt&#233;rature qu'&#224; la r&#233;flexion esth&#233;tique ou logique sur ces objets, d'enseigner non seulement la ma&#238;trise de la langue et des discours litt&#233;raire, philosophique, scientifique, mais aussi la ma&#238;trise active des proc&#233;d&#233;s ou des proc&#233;dures logiques ou rh&#233;toriques qui y sont engag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#244;ter &#224; ces consid&#233;rations leur apparence abstraite, il suffirait de montrer dans un enseignement commun au professeur de math&#233;matiques (ou de physique) et au professeur de langages ou de philosophie que les m&#234;mes comp&#233;tences g&#233;n&#233;rales sont exig&#233;es par la lecture de textes scientifiques, de notices techniques, de discours argumentatifs. Un effort semblable devrait &#234;tre fait pour articuler les modes de pens&#233;e propres aux sciences de la nature et aux sciences de l'homme, pour inculquer le mode de pens&#233;e rationnel et critique qu'enseignent toutes les sciences, tout en rappelant l'enracinement historique de toutes les &#339;uvres culturelles, y compris les &#339;uvres scientifiques ou philosophiques, et en faisant d&#233;couvrir, comprendre et respecter la diversit&#233;, dans le temps et dans l'espace, des civilisations, des modes de vie et des traditions culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Conseil national des programmes d'enseignement aura pour t&#226;che de mettre en &#339;uvre l'ensemble des principes &#233;nonc&#233;s ci-dessus. Ses membres devront &#234;tre choisis en fonction de leur seule comp&#233;tence et agir &#224; titre personnel et non en tant que repr&#233;sentants de corps, d'institutions ou d'associations. Il devra travailler en permanence (ce qui suppose que ses membres soient lib&#233;r&#233;s d'une partie de leurs autres charges) pendant une dur&#233;e de cinq ans, mais les modifications qu'il entendra &#233;ventuellement apporter aux programmes en vigueur ne pourront &#234;tre mises en application que tous les cinq ans. Sa comp&#233;tence devra s'&#233;tendre &#224; tous les ordres et &#224; tous les types d'enseignement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Propositions pour l'enseignement de l'avenir, par Pierre BOURDIEU</title>
		<link>https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/propositions-pour-l-enseignement-de-l-avenir-par-pierre-bourdieu</link>
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		<dc:date>1985-03-27T17:34:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph, Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Connaissances</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Arr&#234;tons-nous seulement sur le premier principe que le Rapport explique ainsi : &#171; Le seul fondement universel que l'on puisse donner &#224; une culture r&#233;side dans la reconnaissance de la part d'arbitraire qu'elle doit &#224; son historicit&#233; : il s'agirait donc de mettre en &#233;vidence cet arbitraire et d'&#233;laborer les instruments n&#233;cessaires (ceux que fournissent la philosophie, la philologie, l'ethnologie, l'histoire ou la sociologie) pour comprendre et accepter d'autres formes de culture ; de l&#224;, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/" rel="directory"&gt;Documents relatifs &#224; la guerre des programmes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/notions" rel="tag"&gt;Notions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/connaissances" rel="tag"&gt;Connaissances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Arr&#234;tons-nous seulement sur le premier principe que le Rapport explique ainsi : &lt;/i&gt;&#171; Le seul fondement universel que l'on puisse donner &#224; une culture r&#233;side dans la reconnaissance de la part d'arbitraire qu'elle doit &#224; son historicit&#233; : il s'agirait donc de mettre en &#233;vidence cet arbitraire et d'&#233;laborer les instruments n&#233;cessaires (ceux que fournissent la philosophie, la philologie, l'ethnologie, l'histoire ou la sociologie) pour comprendre et accepter d'autres formes de culture ; de l&#224;, la n&#233;cessit&#233; de rappeler l'enracinement historique de toutes les &#339;uvres culturelles, y compris les &#339;uvres scientifiques. Parmi les fonctions possibles de la culture historique (int&#233;gration nationale, compr&#233;hension du monde pr&#233;sent, r&#233;appropriation de la gen&#232;se de la science), l'une des plus importantes, de ce point de vue, est la contribution qu'elle peut apporter &#224; l'apprentissage de la tol&#233;rance &#224; travers la d&#233;couverte de la diff&#233;rence, mais aussi de la solidarit&#233; entre les civilisations. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce premier principe gouverne pour ainsi dire les autres car sa reconnaissance permet de r&#233;voquer les hi&#233;rarchies intellectuelles traditionnellement consacr&#233;es par l'&#233;cole (qui se retrouve dans la hi&#233;rarchisation des fili&#232;res) et de valoriser la pluralit&#233; des formes d'excellence. On comprend pourquoi il fut insupportable aux conservateurs de tout poil d&#233;fenseurs auto-proclam&#233;s de &#171; la vraie culture &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les principes en bref : &lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;[Le texte int&#233;gral du rapport est donn&#233; ci-apr&#232;s]&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PRINCIPES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; I. L'UNIT&#201; DE LA SCIENCE ET LA PLURALIT&#201; DES CULTURES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un enseignement harmonieux doit pouvoir concilier l'universalisme inh&#233;rent &#224; la pens&#233;e scientifique et le relativisme qu'enseignent les sciences humaines, attentives &#224; la pluralit&#233; des modes de vie, des sagesses et des sensibilit&#233;s culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. LA DIVERSIFICATION DES FORMES D'EXCELLENCE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement devrait tout mettre en &#339;uvre pour combattre la vision moniste de 'l'intelligence' qui porte &#224; hi&#233;rarchiser les formes d'accomplissement par rapport &#224; l'une d'entre elles, et devrait multiplier les formes d'excellence culturelle socialement reconnues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. LA MULTIPLICATION DES CHANCES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importerait d'att&#233;nuer autant que possible les cons&#233;quences du verdict scolaire et d'emp&#234;cher que les r&#233;ussites n'aient un effet de cons&#233;cration ou les &#233;checs un effet de condamnation &#224; vie, en multipliant les fili&#232;res et les passages entre les fili&#232;res et en affaiblissant toutes les coupures irr&#233;versibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. L'UNIT&#201; DANS ET PAR LE PLURALISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement devrait d&#233;passer l'opposition entre le lib&#233;ralisme et l'&#233;tatisme en cr&#233;ant les conditions d'une &#233;mulation r&#233;elle entre des institutions autonomes et diversifi&#233;es, tout en prot&#233;geant les individus et les institutions les plus d&#233;favoris&#233;s contre la s&#233;gr&#233;gation scolaire pouvant r&#233;sulter d'une concurrence sauvage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. LA R&#201;VISION P&#201;RIODIQUE DES SAVOIRS ENSEIGN&#201;S&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu de l'enseignement devrait &#234;tre soumis &#224; une r&#233;vision p&#233;riodique visant &#224; moderniser les savoirs enseign&#233;s en &#233;laguant les connaissances p&#233;rim&#233;es ou secondaires et en introduisant le plus rapidement possible, mais sans c&#233;der au modernisme &#224; tout prix, les acquis nouveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI. L'UNIFICATION DES SAVOIRS TRANSMIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tous les &#233;tablissements scolaires devraient proposer un ensemble de connaissances consid&#233;r&#233;es comme n&#233;cessaires &#224; chaque niveau, dont le principe unificateur pourrait &#234;tre l'unit&#233; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII. UNE &#201;DUCATION ININTERROMPUE ET ALTERN&#201;E&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation devrait se poursuivre tout au long de la vie, et tout devrait &#234;tre fait pour r&#233;duire la coupure entre la fin de l'enseignement et l'entr&#233;e dans la vie active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIII. L'USAGE DES TECHNIQUES MODERNES DE DIFFUSION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action d'incitation, d'orientation et d'assistance de l'&#201;tat devrait s'exercer par un usage intensif et m&#233;thodique des techniques modernes de diffusion de la culture et notamment de la t&#233;l&#233;vision et de la t&#233;l&#233;matique, qui permettraient d'offrir &#224; tous et partout un enseignement exemplaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IX. L'OUVERTURE DANS ET PAR L'AUTONOMIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tablissements scolaires devraient associer des personnes ext&#233;rieures &#224; leurs d&#233;lib&#233;rations et &#224; leurs activit&#233;s, coordonner leur action avec celle des autres institutions de diffusion culturelle et devenir le foyer d'une nouvelle vie associative, lieu de l'exercice pratique d'une v&#233;ritable instruction civique ; parall&#232;lement, il faudrait renforcer l'autonomie du corps enseignant en revalorisant la fonction professorale et en renfor&#231;ant la comp&#233;tence des ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Propositions pour l'enseignement de l'avenir&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport du Coll&#232;ge de France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, &#201;ditions de Minuit, 1985, 48 pages ; publi&#233; dans &lt;i&gt;le Monde de l'&#233;ducation&lt;/i&gt;, n&#176;116, mai 1985, pp.61-68. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rapport a &#233;t&#233; demand&#233; par Fran&#231;ois Mitterrand, Pr&#233;sident de la R&#233;publique, au Coll&#232;ge de France. Il lui fut remis par Pierre Bourdieu, au nom de cette institution, le 27 mars 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;EXPOS&#201; DES MOTIFS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; La question des contenus et des fins de l'enseignement ne peut se satisfaire de r&#233;ponses g&#233;n&#233;rales mais vagues, et propres &#224; faire l'unanimit&#233; &#224; trop bon compte : nul ne saurait, en effet, contester que tout enseignement doit former des esprits ouverts, dot&#233;s des dispositions et des savoirs n&#233;cessaires pour acqu&#233;rir sans cesse de nouveaux savoirs et s'adapter &#224; des situations toujours renouvel&#233;es. Cette intention universelle appelle, &#224; chaque moment, des d&#233;terminations particuli&#232;res : en fonction, aujourd'hui, des changements de la science, qui ne cesse de red&#233;finir la repr&#233;sentation du monde naturel et du monde social ; en fonction aussi des transformations de l'environnement &#233;conomique et social, notamment des changements qui ont affect&#233; le march&#233; du travail du fait des innovations technologiques et des restructurations des entreprises industrielles, commerciales ou agricoles. De toutes ces transformations, celles qui touchent le plus directement le syst&#232;me d'enseignement sont sans doute le d&#233;veloppement des moyens de communication modernes (en particulier la t&#233;l&#233;vision), capables de concurrencer ou de contrecarrer l'action scolaire, et aussi les modifications profondes du r&#244;le qui incombait, surtout dans l'ordre &#233;thique, &#224; des instances p&#233;dagogiques comme la famille, l'atelier, les communaut&#233;s de village ou de quartier et les &#201;glises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi prendre acte des transformations du syst&#232;me d'enseignement lui-m&#234;me, en &#233;vitant d'adopter, pour les &#233;voquer, le langage apocalyptique de la crise ou, pis, le ton de la condamnation proph&#233;tique qui cherche ses boucs &#233;missaires dans le corps enseignant ou ses organes repr&#233;sentatifs. &#192; des degr&#233;s diff&#233;rents selon les secteurs et les niveaux, les rapports sociaux qui sont constitutifs de l'institution &#233;ducative - rapport entre les ma&#238;tres et les &#233;l&#232;ves, rapport entre les parents et les ma&#238;tres, rapport entre les ma&#238;tres de g&#233;n&#233;rations diff&#233;rentes - se sont profond&#233;ment transform&#233;s sous l'effet de facteurs sociaux tels que l'urbanisation, l'allongement g&#233;n&#233;ral de la scolarit&#233; et la transformation de la relation entre le syst&#232;me scolaire et le march&#233; du travail, en m&#234;me temps que se d&#233;valuaient les titres scolaires, avec pour cons&#233;quence une v&#233;ritable d&#233;ception collective &#224; propos de l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sentiment de d&#233;sarroi ou de r&#233;volte que suscitent ces changements r&#233;sulte, pour une part, du fait qu'ils n'ont &#233;t&#233; ni pens&#233;s ni voulus comme tels : la mise en question, plus ou moins consciente, du contrat tacite de d&#233;l&#233;gation qui unit une soci&#233;t&#233; &#224; son &#233;cole, laisse, au fondement m&#234;me du syst&#232;me d'enseignement, une sorte de vide, g&#233;n&#233;rateur d'angoisse. Pour conjurer les tentations r&#233;gressives que le sentiment de la crise renforce tant chez les ma&#238;tres que chez les &#233;l&#232;ves et les parents, il faut tenter de repenser les principes sur lesquels peut &#234;tre &#233;difi&#233; un syst&#232;me d'enseignement aussi d&#233;mocratique que possible en m&#234;me temps qu'adapt&#233; aux exigences du pr&#233;sent et capable de r&#233;pondre aux d&#233;fis de l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;flexion sur les fins de l'&#233;cole ne peut ignorer les contradictions qui sont inscrites dans une institution vou&#233;e &#224; servir des int&#233;r&#234;ts diff&#233;rents, voire antagonistes. Ces contradictions, que les limites de l'action proprement scolaire font appara&#238;tre souvent comme des antinomies ind&#233;passables ('d&#233;mocratisation' / 's&#233;lection', 'quantitatif' / 'qualitatif', 'public'/ 'priv&#233;', etc.), disponibles pour toutes les exploitations pol&#233;miques et politiques, resteront pr&#233;sentes ici dans l'effort m&#234;me pour surmonter les tensions entre des exigences oppos&#233;es ou entre les fins propos&#233;es et les moyens indispensables pour les atteindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut contester &#224; un individu ou &#224; un groupe, quels qu'ils soient, le droit de l&#233;gif&#233;rer en ces mati&#232;res, et de se substituer ainsi &#224; l'ensemble des groupes qui entendent peser sur les orientations du syst&#232;me d'enseignement pour y faire valoir leurs int&#233;r&#234;ts. Et il est peu probable qu'un programme &#233;ducatif puisse obtenir l'assentiment g&#233;n&#233;ral. Il reste que, dans l'&#233;tat actuel des institutions d'enseignement, il est r&#233;pondu en fait &#224; ces questions ultimes. D&#232;s lors, l'&#233;nonc&#233; explicite d'un ensemble coh&#233;rent de principes directeurs a au moins pour vertu de contraindre &#224; mettre en question et en discussion les pr&#233;suppos&#233;s, ou les pr&#233;jug&#233;s, qui sont le fondement incertain, parce que indiscut&#233;, des politiques scolaires. Il appara&#238;t, en outre, qu'il y a bien souvent accord entre les imp&#233;ratifs techniques visant &#224; assurer le progr&#232;s de la science et de l'enseignement de la science et les imp&#233;ratifs &#233;thiques inclus dans l'id&#233;e m&#234;me d'une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si bien que l'on peut aller tr&#232;s loin dans la d&#233;finition d'un enseignement &#224; la fois plus rationnel et plus juste sans rencontrer les probl&#232;mes qui divisent souvent les utilisateurs de l'&#233;cole ou leurs porte-parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte ne veut &#234;tre ni un plan ni un projet de r&#233;forme. II est le produit, modeste et provisoire, d'une r&#233;flexion. Ses auteurs, engag&#233;s dans la recherche et l'enseignement de la recherche, ont bien conscience d'&#234;tre &#233;loign&#233;s des r&#233;alit&#233;s les plus ingrates de l'enseignement ; mais peut-&#234;tre sont-ils, par l&#224; m&#234;me, lib&#233;r&#233;s des enjeux et des objectifs &#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PRINCIPES&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;I. L'UNIT&#201; DE LA SCIENCE ET LA PLURALIT&#201; DES CULTURES&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Un enseignement harmonieux doit pouvoir concilier l'universalisme inh&#233;rent &#224; la pens&#233;e scientifique et le relativisme qu'enseignent les sciences humaines, attentives &#224; la pluralit&#233; des modes de vie, des sagesses et des sensibilit&#233;s culturelles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en s'interdisant de se d&#233;finir par rapport &#224; telle ou telle orientation morale, l'&#233;cole ne peut se d&#233;rober aux responsabilit&#233;s &#233;thiques qui lui incombent in&#233;vitablement. C'est pourquoi l'un de ses objets majeurs pourrait &#234;tre d'inculquer les dispositions critiques qu'enseignent les sciences de la nature et les sciences de l'homme. Dans cette perspective, l'histoire des sciences et des &#339;uvres culturelles, enseign&#233;e dans les formes appropri&#233;es &#224; chaque niveau, devrait fournir des antidotes contre les formes anciennes ou nouvelles d'irrationalisme ou de fanatisme de la raison. De m&#234;me, les sciences sociales devraient introduire &#224; un jugement &#233;clair&#233; sur le monde social et offrir des armes contre les manipulations de toute nature. Tr&#232;s formateurs seraient, par exemple, l'examen critique du fonctionnement et des fonctions des sondages d'opinion ou le d&#233;montage des m&#233;canismes de d&#233;l&#233;gation, appuy&#233; sur l'histoire des institutions politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les fonctions imparties &#224; la culture, l'une des plus importantes est sans doute le r&#244;le de technique de d&#233;fense contre toutes les formes de pression id&#233;ologique, politique ou religieuse : cet instrument de pens&#233;e libre, &#224; la fa&#231;on des arts martiaux sur d'autres terrains, peut permettre au citoyen d'aujourd'hui de se prot&#233;ger contre les abus de pouvoir symbolique dont il est l'objet, ceux de la publicit&#233;, ceux de la propagande et du fanatisme politique ou religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette orientation p&#233;dagogique aurait pour fin de d&#233;velopper un respect sans f&#233;tichisme de la science comme forme accomplie de l'activit&#233; rationnelle, en m&#234;me temps qu'une vigilance arm&#233;e contre certains usages de l'activit&#233; scientifique et de ses produits. Il ne s'agit pas de fonder une morale sur la science, r&#233;elle ou id&#233;alis&#233;e, mais de transmettre une attitude critique &#224; l'&#233;gard de la science et de ses usages, qui se d&#233;gage de la science elle-m&#234;me ou de la connaissance des usages sociaux qui en sont faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul fondement universel que l'on puisse donner &#224; une culture r&#233;side dans la reconnaissance de la part d'arbitraire qu'elle doit &#224; son historicit&#233; : il s'agirait donc de mettre en &#233;vidence cet arbitraire et d'&#233;laborer les instruments n&#233;cessaires (ceux que fournissent la philosophie, la philologie, l'ethnologie, l'histoire ou la sociologie) pour comprendre et accepter d'autres formes de culture ; de l&#224;, la n&#233;cessit&#233; de rappeler l'enracinement historique de toutes les &#339;uvres culturelles, y compris les &#339;uvres scientifiques. Parmi les fonctions possibles de la culture historique (int&#233;gration nationale, compr&#233;hension du monde pr&#233;sent, r&#233;appropriation de la gen&#232;se de la science), l'une des plus importantes, de ce point de vue, est la contribution qu'elle peut apporter &#224; l'apprentissage de la tol&#233;rance &#224; travers la d&#233;couverte de la diff&#233;rence, mais aussi de la solidarit&#233; entre les civilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les raisons proprement scientifiques, notamment les progr&#232;s assur&#233;s par la m&#233;thode comparative, se conjuguent avec les raisons sociales - en particulier les transformations d'un monde social o&#249; des hommes appartenant &#224; des traditions diff&#233;rentes se trouvent de plus en plus souvent amen&#233;s &#224; communiquer ou &#224; cohabiter du fait de l'extension des mouvements migratoires - pour imposer d'ouvrir l'ensemble des civilisations historiques et des grandes religions, consid&#233;r&#233;es &#224; la fois dans leur coh&#233;rence interne et dans les conditions sociales de leur &#233;mergence et de leur d&#233;veloppement. Mais pour le faire sans alourdir &#224; l'exc&#232;s les programmes, il importe avant tout de rompre avec la vision ethnocentrique de l'histoire de l'humanit&#233; qui fait de l'Europe l'origine de toutes les d&#233;couvertes et de tous les progr&#232;s ; d'introduire, d&#232;s l'&#233;cole primaire, des &#233;l&#233;ments de culture g&#233;ographique et ethnographique propres &#224; habituer l'enfant &#224; admettre la diversit&#233; des usages (en mati&#232;re de techniques du corps, de v&#234;tement, d'habitation, d'alimentation...) et des syst&#232;mes de pens&#233;e ; de faire appara&#238;tre, notamment dans l'enseignement de l'histoire, des langues et de la g&#233;ographie, le m&#233;lange de n&#233;cessit&#233; &#233;cologique ou &#233;conomique et d'arbitraire social qui caract&#233;rise les choix propres aux diff&#233;rentes civilisations ; cela tout en rappelant les innombrables emprunts de techniques et d'instruments &#224; travers lesquels les diff&#233;rentes civilisations, &#224; commencer par la n&#244;tre, se sont constitu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement devrait ainsi r&#233;unir l'universalisme de la raison qui est inh&#233;rent &#224; l'intention scientifique et le relativisme qu'enseignent les sciences historiques, attentives &#224; la pluralit&#233; des sagesses et des sensibilit&#233;s culturelles. On ne peut concilier la confiance dans l'unit&#233; de la raison scientifique et la conscience de la pluralit&#233; des raisons culturelles qu'&#224; condition de renforcer la souplesse et l'adaptabilit&#233; cognitives qui s'acqui&#232;rent dans la confrontation constante de la pens&#233;e avec les univers ind&#233;finiment vari&#233;s et sans cesse renouvel&#233;s de la nature et de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. LA DIVERSIFICATION DES FORMES D'EXCELLENCE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'enseignement devrait tout mettre en &#339;uvre pour combattre la vision moniste de 'l'intelligence' qui porte &#224; hi&#233;rarchiser les formes d'accomplissement par rapport &#224; l'une d'entre elles, et devrait multiplier les formes d'excellence culturelle socialement reconnues.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le syst&#232;me scolaire n'a pas la ma&#238;trise compl&#232;te de la hi&#233;rarchie des comp&#233;tences qu'il garantit, puisque la valeur des diff&#233;rentes formations d&#233;pend fortement de la valeur des postes auxquels elles ouvrent, il reste que l'effet de cons&#233;cration qu'il exerce n'est pas n&#233;gligeable : travailler &#224; affaiblir ou &#224; abolir les hi&#233;rarchies entre les diff&#233;rentes formes d'aptitude, cela tant dans le fonctionnement institutionnel (les coefficients, par exemple) que dans l'esprit des ma&#238;tres et des &#233;l&#232;ves, serait un des moyens les plus efficaces (dans les limites du syst&#232;me d'enseignement) de contribuer &#224; l'affaiblissement des hi&#233;rarchies purement sociales. Un des vices les plus criants du syst&#232;me actuel r&#233;side dans le fait qu'il tend de plus en plus &#224; ne conna&#238;tre et &#224; ne reconna&#238;tre qu'une seule forme d'excellence intellectuelle, celle que repr&#233;sente la section C (ou S) des lyc&#233;es et son prolongement dans les grandes &#233;coles scientifiques. Par le privil&#232;ge de plus en plus absolu qu'il conf&#232;re &#224; une certaine technique math&#233;matique, trait&#233;e comme un instrument de s&#233;lection ou d'&#233;limination, il tend &#224; faire appara&#238;tre toutes les autres formes de comp&#233;tences comme inf&#233;rieures ; les d&#233;tenteurs de ces comp&#233;tences mutil&#233;es sont ainsi vou&#233;s &#224; une exp&#233;rience plus ou moins malheureuse et de la culture qu'ils ont re&#231;ue et de la culture scolairement dominante (c'est l&#224;, sans doute, une des origines de l'irrationalisme qui fleurit actuellement). Quant aux d&#233;tenteurs de la culture socialement consid&#233;r&#233;e comme sup&#233;rieure, ils sont de plus en plus souvent vou&#233;s, sauf effort exceptionnel et conditions sociales tr&#232;s favorables, &#224; la sp&#233;cialisation pr&#233;matur&#233;e, avec toutes les mutilations qui l'accompagnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des raisons ins&#233;parablement scientifiques et sociales, il faudrait combattre toutes les formes, m&#234;me les plus subtiles, de hi&#233;rarchisation des pratiques et des savoirs - notamment celles qui s'&#233;tablissent entre le 'pur' et 'l'appliqu&#233;', entre le 'th&#233;orique' et le 'pratique' ou le 'technique', et qui rev&#234;tent une force particuli&#232;re dans la tradition scolaire fran&#231;aise, - en m&#234;me temps qu'imposer la reconnaissance sociale d'une multiplicit&#233; de hi&#233;rarchies de comp&#233;tence distinctes et irr&#233;ductibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me d'enseignement et la recherche sont victimes, &#224; tous les niveaux, des effets de cette division hi&#233;rarchique entre le 'pur' et 'l'appliqu&#233;' qui s'&#233;tablit entre les disciplines et au sein de chaque discipline, et qui est une forme transform&#233;e de la hi&#233;rarchie sociale de 'l'intellectuel' et du 'manuel'. Il en r&#233;sulte deux perversions qu'il s'agit de combattre m&#233;thodiquement, par une action sur les institutions et sur les esprits : premi&#232;rement, la tendance au formalisme qui d&#233;courage certains esprits ; deuxi&#232;mement, la d&#233;valorisation des savoirs concrets, des manipulations pratiques et de l'intelligence pratique qui leur est associ&#233;e. Un enseignement harmonieux devrait r&#233;aliser un juste &#233;quilibre entre l'exercice de la logique rationnelle par l'apprentissage d'un instrument de pens&#233;e comme les math&#233;matiques et la pratique de la m&#233;thode exp&#233;rimentale, sans oublier toutes les formes de l'adresse manuelle et de l'habilet&#233; corporelle. L'accent pourrait &#234;tre mis sur les formes g&#233;n&#233;rales de pens&#233;e par lesquelles se sont constitu&#233;es, au long des si&#232;cles, sciences et techniques. Si les math&#233;matiques sont n&#233;es de la Gr&#232;ce, notre science n'a pu se constituer vraiment que deux mille ans plus tard, en un tissu dont la cha&#238;ne serait la th&#233;orie, souvent de type math&#233;matique, et la trame l'exp&#233;rimentation, gr&#226;ce &#224; un va-et-vient constant de l'hypoth&#232;se th&#233;orique &#224; l'exp&#233;rience qui l'infirme ou la confirme. En enserrant le r&#233;el dans un r&#233;seau d'observations ou d'exp&#233;rimentations privil&#233;gi&#233;es, la science a permis la conqu&#234;te d'espaces de v&#233;rit&#233; approch&#233;e, dont le degr&#233; d'approximation de plus en plus grand peut lui-m&#234;me &#234;tre &#233;valu&#233; gr&#226;ce au calcul des erreurs ou au calcul des probabilit&#233;s appliqu&#233;s &#224; la notion m&#234;me de mesure. La vigilance critique sur les limites de validit&#233; des op&#233;rations et des r&#233;sultats de la science s'impose particuli&#232;rement dans un monde o&#249; interviennent sans cesse pourcentages et probabilit&#233;s : rares sont les citoyens qui con&#231;oivent clairement ce que sont les cons&#233;quences, au bout de dix ans, d'une &#233;l&#233;vation (ou d'un abaissement) de 1 % d'un indice &#233;conomique et qui ont conscience du caract&#232;re artificiel, mais utile, d'un tel indice, fond&#233; sur des bases statistiques. Pourtant, nombre de nos d&#233;cisions courantes reposent, le plus souvent &#224; notre insu, sur de telles bases : par exemple, une voiture d&#233;termin&#233;e n'est pas en soi sup&#233;rieure &#224; telle concurrente comparable, mais, dans la centaine de milliers de voitures de ce mod&#232;le, nous pouvons trouver des &#233;l&#233;ments pour &#233;valuer les chances qu'elle le soit ; la m&#233;t&#233;orologie, localement, ne peut qu'&#233;valuer des chances de pluie, et c'est bien ainsi que la presse d&#233;crit, aux &#201;tats-Unis, ses pronostics. Il semble donc important qu'&#224; travers une initiation qui peut &#234;tre entreprise d&#232;s la scolarit&#233; obligatoire, chacun apprenne, au moins intuitivement, &#224; peser des risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en faisant sa juste place &#224; la th&#233;orie qui, dans sa d&#233;finition exacte, ne s'identifie ni au formalisme ni au verbalisme, et aux m&#233;thodes logiques de raisonnement qui, dans leur rigueur m&#234;me, enferment une extraordinaire efficacit&#233; heuristique, l'enseignement doit se donner pour fin, dans tous les domaines, de faire faire des produits et de mettre l'apprenti en position de d&#233;couvrir par lui-m&#234;me. On peut produire une 'manipulation' de chimie ou de physique au lieu de la recevoir toute mont&#233;e et d'enregistrer les r&#233;sultats ; on peut produire une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, un film, un op&#233;ra, mais aussi un discours, une critique de film, un compte-rendu d'ouvrage (de pr&#233;f&#233;rence &#224; l'intention d'un vrai journal d'&#233;l&#232;ves ou d'&#233;tudiants) ou encore une lettre &#224; la S&#233;curit&#233; sociale, un mode d'emploi ou un constat d'accident, au lieu de seulement disserter ; cela sans oublier qu'il y a place pour la d&#233;couverte active dans les activit&#233;s les plus th&#233;oriques, comme la logique ou les math&#233;matiques. Dans cet esprit, l'enseignement artistique con&#231;u comme enseignement approfondi de l'une des pratiques artistiques (musique, ou peinture, ou cin&#233;ma, etc.), librement et volontairement choisie (au lieu d'&#234;tre, comme aujourd'hui, indirectement impos&#233;e), retrouverait une place &#233;minente. En ce domaine, plus que partout ailleurs, il faudrait subordonner le discours &#224; la pratique (celle d'un instrument, voire de la composition, du dessin ou de la peinture, de l'am&#233;nagement du cadre de vie, etc.). La r&#233;vocation des hi&#233;rarchies devrait ici encore conduire, surtout aux niveaux &#233;l&#233;mentaires, &#224; enseigner, autant que les beaux-arts, les arts appliqu&#233;s, de grande utilit&#233; dans l'existence quotidienne, comme les arts graphiques, les arts de l'&#233;dition ou de la publicit&#233;, l'esth&#233;tique industrielle, les arts audiovisuels, la photographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III. LA MULTIPLICATION DES CHANCES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Il importerait d'att&#233;nuer autant que possible les cons&#233;quences du verdict scolaire et d'emp&#234;cher que les r&#233;ussites n'aient un effet de cons&#233;cration ou les &#233;checs un effet de condamnation &#224; vie, en multipliant les fili&#232;res et les passages entre les fili&#232;res et en affaiblissant toutes les coupures irr&#233;versibles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les moyens devraient &#234;tre mis en &#339;uvre pour att&#233;nuer les effets n&#233;gatifs des verdicts scolaires agissant en tant que proph&#233;ties auto-confirmatrices : il s'agirait de minimiser l'effet de cons&#233;cration lorsqu'il encourage une assurance statutaire et surtout l'effet de stigmatisation qui enferme les victimes socialement d&#233;sign&#233;es des verdicts scolaires dans le cercle vicieux de l'&#233;chec. Les sanctions n&#233;gatives, surtout lorsqu'elles s'appliquent &#224; des adolescents qui, plus que tout autre &#226;ge, sont confront&#233;s &#224; la question de leur identit&#233; et sont sp&#233;cialement expos&#233;s &#224; des crises plus ou moins dramatiques, peuvent condamner au d&#233;couragement, &#224; la d&#233;mission, voire au d&#233;sespoir. Veiller &#224; r&#233;duire les effets incontr&#244;l&#233;s de tous les verdicts contribuerait sans doute &#224; r&#233;duire l'anxi&#233;t&#233; &#224; l'&#233;gard de l'&#233;cole qui ne cesse de se d&#233;velopper, tant chez les parents que chez les enfants, avec toutes sortes de cons&#233;quences psychologiques, voire psychopathologiques, et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne signifie pas que l'on doive r&#233;soudre le probl&#232;me de la 's&#233;lection par l'&#233;chec', comme on dit parfois, par un refus de s&#233;lection qui conduit &#224; repousser toujours le moment de v&#233;rit&#233;, avec toutes sortes de cons&#233;quences funestes, tant pour les individus concern&#233;s que pour l'institution. Accorder un droit d'entr&#233;e fictif, c'est s'exposer &#224; faire payer tr&#232;s cher aux individus et &#224; toute l'institution les cons&#233;quences d'un mauvais d&#233;part. On ne peut pas tricher avec la logique r&#233;elle de l'apprentissage et l'on doit seulement assurer &#224; tous, f&#251;t-ce au prix d'un effort sp&#233;cial, un bon d&#233;part. Il s'agit de prendre toutes les mesures propres &#224; donner aux plus d&#233;munis de bonnes conditions de formation et de contrecarrer tous les m&#233;canismes qui conduisent &#224; les placer dans les pires conditions (comme l'&#233;trange logique qui voue aux classes difficiles les ma&#238;tres d&#233;butants ou les ma&#238;tres auxiliaires mal form&#233;s, sous-pay&#233;s, surcharg&#233;s de cours). Il est clair, en effet, qu'on ne saurait attendre d'une sorte de traitement psychosociologique qu'il fasse dispara&#238;tre comme par miracle des &#233;checs qu'on ne peut esp&#233;rer r&#233;duire r&#233;ellement qu'au prix d'une augmentation du nombre des ma&#238;tres et surtout d'une am&#233;lioration de leurs conditions de formation et de travail : on sait, en effet, les carences extr&#234;mes dont souffre l'enseignement fran&#231;ais, particuli&#232;rement au niveau sup&#233;rieur, pour tout ce qui touche &#224; l'infrastructure sp&#233;cifique de la vie intellectuelle - biblioth&#232;ques (dont on ne redira pas ici les insuffisances criantes), instruments de travail tels que manuels, recueils textes de qualit&#233;, traductions scientifiques, banques de donn&#233;es, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, des ma&#238;tres plus conscients de la pluralit&#233; des formes d'excellence, donc des limites de validit&#233; de leurs jugements et des effets traumatisants qu'ils peuvent exercer, devraient &#234;tre conduits &#224; &#233;viter tous les verdicts sans appel sur les capacit&#233;s de leurs &#233;l&#232;ves globalement caract&#233;ris&#233;es, et avoir sans cesse &#224; l'esprit que, dans tous les cas, ils jugent un accomplissement ponctuel et partiel, et non une personne saisie dans son essence ou sa nature. La pluralit&#233; des formes de r&#233;ussite reconnues, qui lib&#233;rerait les ma&#238;tres de l'obligation de fa&#231;onner et d'&#233;valuer tous les esprits selon un seul mod&#232;le, jointe &#224; la pluralit&#233; des p&#233;dagogies qui permettrait de valoriser et d'exiger des performances diff&#233;rentes (dans les limites du minimum culturel commun exigible &#224; chaque niveau), pourrait faire de l'&#233;cole non un lieu d'&#233;chec et de stigmatisation pour les plus d&#233;favoris&#233;s socialement, mais un lieu o&#249; tous pourraient et devraient trouver leur fa&#231;on propre de r&#233;ussir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que l'&#233;valuation n&#233;cessaire des aptitudes prenne la forme d'un conseil d'orientation plut&#244;t que d'un verdict d'exclusion, il faudrait multiplier les fili&#232;res socialement &#233;quivalentes (par opposition aux carri&#232;res hi&#233;rarchis&#233;es d'aujourd'hui). Toutes les facilit&#233;s institutionnelles devraient &#234;tre donn&#233;es &#224; ceux qui voudraient passer d'une fili&#232;re &#224; une autre ou combiner des apprentissages associ&#233;s &#224; des fili&#232;res diff&#233;rentes. La rigidit&#233; des trajectoires oblig&#233;es, des cursus irr&#233;versibles, qui donne un poids quasi fatal aux choix initiaux et aux verdicts scolaires d'exclusion, devrait &#234;tre combattue par tous les moyens. La prise en compte n&#233;cessaire des diff&#233;rences (dans les capacit&#233;s et les rythmes d'acquisition ou les formes d'esprit) et l'orientation des &#233;l&#232;ves vers des fili&#232;res diff&#233;rentes devraient s'accompagner de mesures visant concr&#232;tement - en leur fournissant, par exemple, de bons enseignants et des &#233;quipements de qualit&#233; - &#224; revaloriser les fili&#232;res que les hi&#233;rarchies en vigueur (dans les esprits et dans l'environnement social) portent &#224; tenir pour inf&#233;rieures. Le cursus prendrait la forme d'une sp&#233;cialisation progressive par l'orientation vers des &#233;tablissements pluridisciplinaires ouvrant l'acc&#232;s &#224; des &#233;tablissements plus sp&#233;cialis&#233;s. Il faudrait qu'avant de d&#233;cider du choix de leur sp&#233;cialit&#233;, les jeunes gens puissent faire des stages dans des &#233;tablissements diversifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait aussi travailler &#224; d&#233;truire ou &#224; r&#233;duire la tendance &#224; sacraliser le titre scolaire, sorte d'essence sociale scolairement garantie qui remplit dans nos soci&#233;t&#233;s une fonction tout &#224; fait semblable &#224; celle du titre nobiliaire en d'autres temps, interdisant aux uns de d&#233;roger en accomplissant certaines t&#226;ches jug&#233;es indignes, aux autres d'aspirer &#224; des avenirs interdits. Il importerait pour cela de revaloriser les accomplissements effectifs : par exemple en introduisant dans tous les recrutements un contingent d'&#233;lections et de promotions sur travaux effectu&#233;s et accomplissements r&#233;els (comme, dans le cas particulier des professeurs, l'introduction d'innovations p&#233;dagogiques exemplaires ou un d&#233;vouement exceptionnel). Une des tares les plus graves du syst&#232;me bureaucratique fran&#231;ais r&#233;side dans le fait qu'un incapable scolairement garanti et un comp&#233;tent scolairement d&#233;muni sont s&#233;par&#233;s &#224; vie, tels le roturier et le noble, &#224; tous les points de vue socialement pertinents. La s&#233;lection par le dipl&#244;me n'est dommageable que dans la mesure o&#249; elle continue d'agir, bien au-del&#224; de son but, pendant toute la dur&#233;e d'une carri&#232;re, l'&#233;valuation r&#233;elle du travail accompli &#233;tant injustement sacrifi&#233;e aux int&#233;r&#234;ts corporatistes et &#224; une d&#233;fense mal comprise des salari&#233;s. Il faudrait travailler &#224; une transformation des r&#232;glements et des mentalit&#233;s propre &#224; faire que, tout en conservant leur fonction de garantie ultime contre l'arbitraire, les titres scolaires soient pris en compte pour une dur&#233;e limit&#233;e et jamais de mani&#232;re exclusive, c'est-&#224;-dire comme une information parmi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les facteurs propres &#224; minimiser l'effet de stigmatisation, un des plus efficaces serait sans doute l'instauration de nouvelles formes de comp&#233;tition. La comp&#233;tition entre communaut&#233;s scolaires associant ma&#238;tres et &#233;l&#232;ves dans des projets communs - telle qu'elle se r&#233;alise aujourd'hui en mati&#232;re de sport entre classes ou entre &#233;tablissements - aurait pour effet de susciter une &#233;mulation et, par l&#224;, une incitation &#224; l'effort et &#224; la discipline qui n'aurait pas pour contrepartie, comme la comp&#233;tition entre les individus (&#233;l&#232;ves ou professeurs), l'atomisation du groupe et l'humiliation ou le d&#233;couragement de quelques-uns.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV. L'UNIT&#201; DANS ET PAR LE PLURALISME&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'enseignement devrait d&#233;passer l'opposition entre le lib&#233;ralisme et l'&#233;tatisme en cr&#233;ant les conditions d'une &#233;mulation r&#233;elle entre des institutions autonomes et diversifi&#233;es, tout en prot&#233;geant les individus et les institutions les plus d&#233;favoris&#233;s contre la s&#233;gr&#233;gation scolaire pouvant r&#233;sulter d'une concurrence sauvage.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence d'une offre scolaire diversifi&#233;e, propos&#233;e &#224; tous les niveaux par des institutions d'enseignement autonomes et concurrentes (au moins au niveau de l'enseignement sup&#233;rieur), pourrait &#234;tre le principe de toute une s&#233;rie d'effets convergents propres &#224; accro&#238;tre l'efficacit&#233; et l'&#233;quit&#233; du syst&#232;me d'enseignement en renfor&#231;ant l'&#233;mulation entre les &#233;tablissements, les &#233;quipes p&#233;dagogiques et les communaut&#233;s scolaires, et, par l&#224;, &#224; favoriser l'innovation et &#224; affaiblir les effets funestes de la condamnation scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organismes d'enseignement doivent &#234;tre plac&#233;s &#224; l'abri de toutes les pressions ext&#233;rieures et dot&#233;s d'une autonomie r&#233;elle, c'est-&#224;-dire dans le cas surtout des &#233;tablissements de recherche, du pouvoir de d&#233;terminer eux-m&#234;mes leurs objectifs. Parmi les conditions n&#233;cessaires pour assurer aux &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur l'autonomie, la sp&#233;cificit&#233; et la responsabilit&#233; qui d&#233;finissent une v&#233;ritable Universit&#233; r&#233;unissant l'enseignement fondamental et l'enseignement professionnel, et dot&#233;e des ressources diversifi&#233;es correspondant &#224; ces fonctions diverses, la plus importante est sans doute la ma&#238;trise d'un budget global qui pourrait &#234;tre assur&#233; par une pluralit&#233; de sources de financement : subventions de l'&#201;tat, des r&#233;gions, des municipalit&#233;s, de fondations priv&#233;es, contrats avec l'&#201;tat ou les entreprises publiques ou priv&#233;es et peut-&#234;tre m&#234;me participation financi&#232;re des &#233;tudiants ou des anciens &#233;l&#232;ves. Des &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur et de recherche &#224; financement priv&#233; ou semi-public pourraient ainsi coexister avec des &#233;tablissements &#224; financement exclusivement public. L'autonomie devrait &#234;tre aussi enti&#232;re en mati&#232;re de cr&#233;ation d'enseignements, de collation des grades et de r&#233;gulation des flux d'&#233;tudiants, l'&#201;tat se devant de soutenir des enseignements &#233;conomiquement non rentables mais culturellement importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'application relativement facile en ce qui concerne l'enseignement sup&#233;rieur, o&#249; le processus est d&#233;j&#224; engag&#233; - sans qu'aient &#233;t&#233; pr&#233;vues les mesures capables de contrecarrer les effets de la concurrence sauvage, - ce principe pourrait trouver une application progressive, &#224; travers des exp&#233;riences volontaires peu &#224; peu g&#233;n&#233;ralis&#233;es, d&#232;s l'enseignement secondaire (dont il faudrait sans doute &#233;tendre aujourd'hui la d&#233;finition jusqu'au niveau du DEUG inclus). Il s'agirait de cr&#233;er des &#233;tablissements offrant, &#224; c&#244;t&#233; des savoirs fondamentaux universellement exigibles, des enseignements sp&#233;ciaux &#224; option qui constitueraient leur sp&#233;cialit&#233; et, par l&#224;, un de leurs points forts dans la concurrence. Cela supposerait que les chefs d'&#233;tablissement ou les collectifs d'enseignants disposent d'une plus grande autonomie dans le recrutement des ma&#238;tres (par l'introduction de crit&#232;res multiples, au nombre desquels des crit&#232;res proprement p&#233;dagogiques, et par la prise en compte de la relation entre le profil des enseignants ainsi &#233;valu&#233;s et le profil des postes). On tendrait ainsi &#224; substituer &#224; la concurrence larv&#233;e une &#233;mulation ouverte, mais contr&#244;l&#233;e et corrig&#233;e gr&#226;ce &#224; une red&#233;finition profonde du r&#244;le de l'&#201;tat. Pour contrecarrer le renforcement que la s&#233;lection par les co&#251;ts de scolarit&#233; ou la distance g&#233;ographique pourrait apporter &#224; la s&#233;gr&#233;gation scolaire, le pouvoir central devrait conf&#233;rer aux individus et aux institutions les plus d&#233;munis des garanties explicites, efficaces et sans cesse repens&#233;es contre les effets de la concurrence sauvage. Il lui faudrait assurer &#224; tous les conditions institutionnelles de l'acquisition du minimum culturel commun en donnant des bourses d'&#201;tat, valables dans tous les &#233;tablissements, aux &#233;tudiants d&#233;pourvus des moyens &#233;conomiques de faire valoir leurs capacit&#233;s scolaires et en donnant aux &#233;tablissements (universit&#233;s ou lyc&#233;es ou coll&#232;ges) les moyens de leur assurer des formes individuelles ou collectives de tutorat ; en accordant des subventions et des avantages institutionnels (par exemple des primes pour les ma&#238;tres) aux &#233;tablissements accueillant les plus d&#233;favoris&#233;s, qui seraient ainsi non des d&#233;potoirs pour des adolescents vou&#233;s &#224; la d&#233;gradation, mais de v&#233;ritables zones d'&#233;ducation prioritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en respectant les particularismes culturels, linguistiques et religieux, l'&#201;tat doit assurer &#224; tous le minimum culturel commun qui est la condition de l'exercice d'une activit&#233; professionnelle r&#233;ussie et du maintien du minimum de communication indispensable &#224; l'exercice &#233;clair&#233; des droits de l'homme et du citoyen. En cons&#233;quence, il appartiendrait aux pouvoirs publics de veiller &#224; la qualit&#233; p&#233;dagogique de l'ensemble des institutions d'enseignement fondamental (de la maternelle &#224; la troisi&#232;me actuelle incluse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat devrait ainsi contribuer directement ou indirectement &#224; la formation des ma&#238;tres, &#224; la d&#233;finition et &#224; l'&#233;valuation de leurs pratiques p&#233;dagogiques, notamment &#224; travers la r&#233;vision p&#233;riodique des programmes, l'octroi d'instruments p&#233;dagogiques de qualit&#233; (manuels), la d&#233;finition du minimum culturel commun, mais aussi &#224; travers des actions incitatives d'orientation, comme l'offre universelle et gratuite de messages &#233;ducatifs de haute qualit&#233; que permettrait la cr&#233;ation d'une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des programmes nationaux devraient d&#233;finir le minimum culturel commun, c'est-&#224;-dire le noyau de savoirs et de savoir-faire fondamentaux et obligatoires que tous les citoyens doivent poss&#233;der. Cette formation &#233;l&#233;mentaire ne devrait pas &#234;tre con&#231;ue comme une sorte de formation achev&#233;e et terminale mais comme le point de d&#233;part d'une formation permanente. Elle devrait donc mettre l'accent sur les savoirs fondamentaux qui sont la condition de l'acquisition de tous les autres savoirs et sur la disposition &#224; acqu&#233;rir des savoirs (adaptabilit&#233; intellectuelle, ouverture de l'esprit, etc.). Elle devrait mettre aussi l'accent sur les formes de pens&#233;e et les m&#233;thodes les plus g&#233;n&#233;rales et les plus largement transposables, comme la ma&#238;trise de la proportion ou du raisonnement exp&#233;rimental. Tout devrait &#234;tre mis en &#339;uvre pour donner &#224; tous une ma&#238;trise r&#233;elle de la langue commune, &#233;crite et parl&#233;e - surtout en situation publique. Sur ce dernier point il convient de ne pas oublier que pour ceux qui n'ont pas le fran&#231;ais pour langue maternelle, cette acquisition suppose sans doute aussi l'acc&#232;s &#224; une ma&#238;trise r&#233;elle de leur premi&#232;re langue, qui conditionne le contr&#244;le des diff&#233;rences phon&#233;tiques, grammaticales et stylistiques. Il serait tr&#232;s souhaitable que soit enseign&#233;e aussi le plus t&#244;t possible une langue &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, l'&#233;cole maternelle, qui devrait recevoir partout les moyens d'accueillir les enfants d&#232;s l'&#226;ge de trois ans, pourrait, au moins dans sa phase finale, associer &#224; l'enseignement d'expression un enseignement de formation visant &#224; transmettre les savoirs fondamentaux dont l'&#233;cole primaire pr&#233;suppose tacitement la ma&#238;trise, &#224; commencer par la compr&#233;hension et l'usage de la langue commune et de diverses techniques verbales et graphiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vue de renforcer ou de restaurer la motivation des ma&#238;tres et de contrecarrer la dissolution des responsabilit&#233;s qu'encourage le recours &#224; la seule anciennet&#233; comme &#233;talon de toutes les formes de comp&#233;tence, le pouvoir de tutelle devrait instituer des instances d'&#233;valuation de l'activit&#233; p&#233;dagogique et scientifique des ma&#238;tres. Ces instances, d&#233;sign&#233;es pour une dur&#233;e limit&#233;e (cinq ans au maximum), compos&#233;es au moins pour partie de personnes &#233;trang&#232;res au corps consid&#233;r&#233; et choisies pour leurs contributions cr&#233;atrices aux activit&#233;s les plus diverses, auraient &#224; &#233;valuer la qualit&#233; des individus et des institutions (&#233;quipes &#233;ducatives, &#233;tablissements, etc.) en fonction de crit&#232;res multiples et nuanc&#233;s ; le poids des titres devrait &#234;tre par exemple contrebalanc&#233; ou supplant&#233; par la prise en compte de l'efficacit&#233; p&#233;dagogique, qui, &#233;tant donn&#233;es les disparit&#233;s du recrutement social des &#233;l&#232;ves selon l'&#233;tablissement, ne peut se mesurer au seul taux de r&#233;ussite aux examens. Elles pourraient ainsi orienter l'attribution aux institutions et aux ma&#238;tres d'avantages mat&#233;riels et symboliques (subventions, promotions, primes, stages de formation &#224; l'&#233;tranger, voyages d'&#233;tude, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces instances d'&#233;valuation pourraient remplir les m&#234;mes fonctions au niveau de l'enseignement secondaire. Une fois r&#233;ellement instaur&#233;es les conditions de la concurrence entre les &#233;tablissements, ainsi incit&#233;s &#224; s'attacher les meilleurs, leurs &#233;valuations pourraient guider les choix des parents et des &#233;l&#232;ves. &#192; ces instances permanentes pourraient s'ajouter des missions temporaires confi&#233;es &#224; des sp&#233;cialistes (fran&#231;ais et &#233;trangers) et destin&#233;es &#224; d&#233;crire de la mani&#232;re la plus pr&#233;cise, par r&#233;f&#233;rence &#224; ce qui existe et &#224; ce qui change en France et &#224; l'&#233;tranger, l'&#233;tat scientifique et p&#233;dagogique des personnels et des &#233;tablissements des diff&#233;rents niveaux dans la sp&#233;cialit&#233; consid&#233;r&#233;e. L'attribution d'une aide publique tendrait en fait &#224; &#234;tre subordonn&#233;e &#224; l'acceptation de se soumettre &#224; ces contr&#244;les incitatifs, propres &#224; assurer aux &#233;tablissements concern&#233;s des attestations de qualit&#233; et, par l&#224;, un avantage dans la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout devrait &#234;tre fait pour augmenter la part d'autonomie et de responsabilit&#233; des enseignants ou des &#233;quipes p&#233;dagogiques dans l'exercice de leur m&#233;tier, en associant les enseignants &#224; la production des instruments de grande diffusion (vid&#233;o-cassettes, manuels, etc.), &#224; l'&#233;laboration des techniques p&#233;dagogiques, &#224; la r&#233;vision des contenus. Ce qui supposerait la cr&#233;ation d'&#233;quipes d'animateurs itin&#233;rants charg&#233;s de recueillir les critiques et les suggestions &#224; propos des instruments et des m&#233;thodes en usage, d'assister techniquement et financi&#232;rement ceux qui innovent et de faire circuler l'information sur toutes les initiatives de progr&#232;s, bref, de d&#233;couvrir, d'encourager et d'aider de toutes les mani&#232;res possibles les ma&#238;tres les plus inventifs. Ces animateurs auraient aussi pour fonction d'organiser p&#233;riodiquement &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale, c'est-&#224;-dire en liaison avec les universit&#233;s locales, des r&#233;unions de travail o&#249; les ma&#238;tres pourraient poser les probl&#232;mes pratiques de leur enseignement devant des sp&#233;cialistes agissant non comme une instance de contr&#244;le et d'inspection, mais comme institution de conseil et d'assistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;V. LA R&#201;VISION P&#201;RIODIQUE DES SAVOIRS ENSEIGN&#201;S&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Le contenu de l'enseignement devrait &#234;tre soumis &#224; une r&#233;vision p&#233;riodique visant &#224; moderniser les savoirs enseign&#233;s en &#233;laguant les connaissances p&#233;rim&#233;es ou secondaires et en introduisant le plus rapidement possible, mais sans c&#233;der au &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;modernisme &#224; tout prix, les acquis nouveaux.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inertie structurale du syst&#232;me d'enseignement qui se traduit par un retard, plus ou moins grand selon les moments et selon les domaines, des contenus enseign&#233;s par rapport aux acquis de la recherche et aux demandes de la soci&#233;t&#233;, devrait &#234;tre m&#233;thodiquement corrig&#233;e par des interventions r&#233;glementaires ou des incitations indirectes visant &#224; favoriser la r&#233;vision des programmes, des manuels, des m&#233;thodes et instruments p&#233;dagogiques. Pour &#234;tre acceptables et applicables, ces r&#233;visions devraient &#233;videmment prendre en compte de la mani&#232;re la plus r&#233;aliste les contraintes et les limites propres &#224; l'institution scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accroissement continu des savoirs impos&#233;s tient pour une part aux effets de l'inertie institutionnelle et mentale qui porte &#224; reconduire ind&#233;finiment ce qui a une fois exist&#233;. C'est ainsi que le corporatisme de discipline porte &#224; perp&#233;tuer des savoirs p&#233;rim&#233;s ou d&#233;pass&#233;s, et des divisions, qui peuvent persister l'organigramme scolaire, &#224; travers des examens, des concours, des dipl&#244;mes, des exercices, des manuels et des enseignements alors qu'elles n'ont plus cours dans l'ordre de la recherche. Autre facteur de conservation, la tendance &#224; l'encyclop&#233;disme, la pr&#233;tention &#224; l'exhaustivit&#233; ou l'institution de pr&#233;alables donn&#233;s pour &lt;i&gt;pr&#233;r&#233;quisits&lt;/i&gt; absolus ('&lt;i&gt;on ne peut pas ignorer &#231;a&lt;/i&gt;'). Pour combler ces tendances, et les corporatismes qui les fondent, il faudrait r&#233;unir un comit&#233; de r&#233;vision des programme (des enseignements fondamental et secondaire) charg&#233; d'&#233;laguer les programmes de toutes les exigences vestigiales et d'introduire le plus rapidement possible les innovations utiles. Cela sans c&#233;der au modernisme &#224; tout prix surtout lorsque, comme c'est le cas par exemple en histoire, o&#249; elle ne correspond &#224; aucun changement d&#233;cisif, la modification consid&#233;r&#233;e des programmes a effet d'introduire des r&#233;p&#233;tition et des lacunes dans le cursus des &#233;l&#232;ves. Il faut certes initier les &#233;l&#232;ves aux grandes r&#233;volutions conceptuelles sur lesquelles repose la science moderne, mais il faut &#233;viter de faire trop t&#244;t et surtout au d&#233;triment d'une science classique, souvent plus formatrice, sur laquelle repose tout l'&#233;difice : pr&#233;tendre enseigner la relativit&#233; restreinte &#224; des d&#233;butants qui ne savent pas comment marche un transformateur n'a gu&#232;re de sens. Pareil comit&#233; de r&#233;vision devrait avoir le pouvoir d'orienter la politique d'investissements publics en mati&#232;re d'&#233;ducation, en d&#233;finissant les secteurs &#224; r&#233;duire ou &#224; augmenter, en orientant l'&#233;laboration et la mise en &#339;uvre d'instruments p&#233;dagogiques nouveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VI. L'UNIFICATION DES SAVOIRS TRANSMIS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Tous les &#233;tablissements scolaires devraient proposer un ensemble de connaissances consid&#233;r&#233;es comme n&#233;cessaires &#224; chaque niveau, dont le principe unificateur pourrait &#234;tre l'unit&#233; historique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour compenser les effets de la sp&#233;cialisation croissante, qui voue la plupart des individus &#224; des savoirs parcellaires, et notamment la scission, de plus en plus marqu&#233;e, entre les 'litt&#233;raires' et les 'scientifiques', il faut lutter contre l'insularisation des savoirs li&#233;e &#224; la division en disciplines juxtapos&#233;es ; il s'agit pour cela d'&#233;laborer et de diffuser, tout au long de l'enseignement secondaire, une culture int&#233;grant la culture scientifique et la culture historique, c'est-&#224;-dire non seulement l'histoire de la litt&#233;rature ou m&#234;me des arts et de la philosophie, mais aussi l'histoire des sciences et des techniques ; la m&#234;me tendance &#224; l'insularisation s'observe au sein d'un m&#234;me secteur de la culture et il faut encourager par exemple la progression coordonn&#233;e des enseignements scientifiques, notamment des math&#233;matiques et de la physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des principes unificateurs de la culture et de l'enseignement pourrait ainsi &#234;tre l'histoire sociale des &#339;uvres culturelles (des sciences, de la philosophie, du droit, des arts, de la litt&#233;rature, etc.) liant de mani&#232;re &#224; la fois logique et historique l'ensemble des acquis culturels et scientifiques (par exemple l'histoire de la peinture de la Renaissance et le d&#233;veloppement de la perspective math&#233;matique). La r&#233;int&#233;gration de la science et de son histoire dans la culture d'o&#249; elle est en fait exclue aurait pour effet de favoriser &#224; la fois une meilleure compr&#233;hension scientifique du mouvement historique et une meilleure compr&#233;hension de la science qui, pour se comprendre compl&#232;tement elle-m&#234;me, a besoin d'une connaissance rationnelle de son histoire, et qui livre sans doute mieux la v&#233;rit&#233; de sa d&#233;marche et de ses principes lorsqu'elle est appr&#233;hend&#233;e dans les incertitudes et les difficult&#233;s des commencements. L'enseignement d'une vision plus historique de la science aurait pour effet de favoriser une repr&#233;sentation moins dogmatique et de la science et de son enseignement et de porter les ma&#238;tres de tous les niveaux &#224; mettre au premier plan les probl&#232;mes autant que les solutions et &#224; rappeler ce qu'ont &#233;t&#233;, en chaque cas, les programmes de recherche concurrents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire des &#339;uvres culturelles (science, art, litt&#233;rature, etc.) devrait &#234;tre enseign&#233;e dans sa dimension internationale, notamment europ&#233;enne ; en cons&#233;quence, les enseignants de la langue et de la litt&#233;rature nationales et des langues et litt&#233;ratures &#233;trang&#232;res devraient &#234;tre &#233;troitement associ&#233;s, sans privil&#232;ge hi&#233;rarchique. Pour concilier les imp&#233;ratifs d'universalisme et les fonctions d'int&#233;gration culturelle de tout enseignement de culture, il importerait d'encourager et de favoriser la r&#233;daction de manuels d'histoire de la civilisation et des &#339;uvres culturelles du monde europ&#233;en, ainsi que d'autres grands ensembles culturels, en rassemblant des repr&#233;sentants &#233;minents, fran&#231;ais et &#233;trangers, des diff&#233;rentes disciplines et de traduire le r&#233;sultat de ces travaux dans des moyens de transmission comme la vid&#233;o-cassette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une v&#233;ritable Universit&#233; ouverte &#224; vocation europ&#233;enne, con&#231;ue sur un mod&#232;le inspir&#233; de l'&lt;i&gt;Open University&lt;/i&gt; anglaise, pourrait offrir un enseignement t&#233;l&#233;vis&#233; assorti de documents d'accompagnement et d'un encadrement (corrections d'exercices, &#233;claircissements compl&#233;mentaires, etc.) qui pourrait &#234;tre assur&#233;, dans le cadre r&#233;gional, par une antenne d'universit&#233; ; une des fonctions de cette institution serait de procurer aux enseignants de tous les niveaux un instrument commode de formation continue et, le cas &#233;ch&#233;ant, de promotion, ce qui aurait pour effet d'encourager des investissements propres &#224; favoriser l'entretien ou l'am&#233;lioration de la comp&#233;tence des ma&#238;tres. On pourrait m&#234;me concevoir qu'en s'appuyant sur le satellite europ&#233;en et au prix d'une ferme simplification des &#233;quivalences, cette Universit&#233; ouverte vienne &#224; diffuser &#224; l'&#233;chelle de l'Europe des enseignements multilingues de haut niveau et &#224; offrir une pr&#233;paration aux examens ordinaires de l'enseignement sup&#233;rieur, contribuant ainsi &#224; une unification europ&#233;enne des enseignements et des titres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VII. UNE &#201;DUCATION ININTERROMPUE ET ALTERN&#201;E&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;ducation devrait se poursuivre tout au long de la vie, et tout devrait &#234;tre fait pour r&#233;duire la coupure entre la fin de l'enseignement et l'entr&#233;e dans la vie active.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution scolaire est un des facteurs de la diff&#233;renciation en classes d'&#226;ge. Il faudrait travailler &#224; faire qu'il n'y ait pas d'&#226;ge pour aller &#224; l'&#233;cole, pas de limites sup&#233;rieures d'&#226;ge en tout cas. Ce qui supposerait que soit ouverte la possibilit&#233; de scolarisation &#224; tous les niveaux pour tous les &#226;ges au prix d'une transformation des repr&#233;sentations qui portent &#224; associer un certain niveau de comp&#233;tence &#224; un certain &#226;ge. Si l'on sait que les diff&#233;rences sociales se retraduisent tr&#232;s rapidement en diff&#233;rences d'&#226;ge scolaire (avance, 'pr&#233;cocit&#233;' ou retard, etc.), on voit qu'un accroissement de l'&#233;lasticit&#233; de l'&#226;ge scolaire pourrait avoir des effets sociaux importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on observe en fait l'apparition d'une classe d'&#226;ge de travailleurs-&#233;tudiants et d'&#233;tudiants-travailleurs, la combinaison du travail et des &#233;tudes n'a pas vraiment trouv&#233; sa sanction dans les institutions. Sans doute parce que cela supposerait que soient repens&#233;es compl&#232;tement la notion m&#234;me de travail et l'opposition entre l'inactivit&#233; et le travail, &#224; l'int&#233;rieur duquel il faudrait inclure activit&#233; professionnelle et formation. Pour des raisons ins&#233;parablement techniques et sociologiques, la formation devrait &#234;tre consid&#233;r&#233;e, notamment dans le cas des enseignants, comme un travail &#224; part enti&#232;re, conf&#233;rant un v&#233;ritable statut social et arrachant du m&#234;me coup les &#233;tudiants-travailleurs &#224; l'&#233;tat d'ind&#233;termination sociale o&#249; ils sont aujourd'hui, ce qui serait d'autant plus facile que la coupure entre th&#233;orie et pratique aurait &#233;t&#233; plus affaiblie. L'exercice d'une activit&#233; professionnelle pourrait souvent &#234;tre men&#233; de pair avec la poursuite d'&#233;tudes sup&#233;rieures au lieu d'&#234;tre renvoy&#233; au-del&#224; de la fin des &#233;tudes. Dans cette perspective, on pourrait concevoir l'enseignement sup&#233;rieur comme une institution d'&#233;ducation permanente mettant en &#339;uvre tous les moyens disponibles, scolaires et extra scolaires (radio, t&#233;l&#233;vision, vid&#233;o, etc.) et propre &#224; faire dispara&#238;tre la coupure, d'autant plus brutale et irr&#233;versible qu'elle est plus pr&#233;coce, entre les &#233;tudes et la vie professionnelle. Plus largement, toutes les occasions, et notamment le service national, devraient &#234;tre saisies pour donner une nouvelle chance de formation &#224; ceux qui sont d&#233;j&#224; au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pareil objectif ne peut &#234;tre atteint qu'au prix d'une profonde transformation de l'organisation scolaire et des mentalit&#233;s. En effet, pour que le droit de recevoir une formation &#224; tout &#226;ge devienne r&#233;el, il faudrait cesser d'identifier formation et scolarisation, en cr&#233;ant par exemple des institutions de formation appuy&#233;es sur la t&#233;l&#233;vision, en sanctionnant la formation acquise sur le tas ou par le travail personnel, etc. Il faudrait aussi repenser profond&#233;ment l'organisation scolaire de mani&#232;re &#224; permettre que les retours p&#233;riodiques &#224; l'&#233;cole puissent avoir des dur&#233;es multiples (pour une ann&#233;e, avec le mod&#232;le de l'ann&#233;e sabbatique, mais aussi pour six mois, ou trois mois, ou une semaine, ou pour deux heures par jour - avec les cours du soir par exemple) et prendre des formes tr&#232;s diverses : cycles de formation, stages intensifs, etc. Des formules d'&#233;change entre les institutions scolaires et les entreprises publiques ou priv&#233;es pourraient &#234;tre institu&#233;es, en particulier sous la forme de stages de formation ou de perfectionnement (aux niveaux &#233;lev&#233;s du cursus, ces &#233;changes seraient sans doute extr&#234;mement profitables aux deux parties), et r&#233;ciproquement, par des p&#233;riodes de formation ou de recyclage, dans l'Universit&#233;. Les formules d'alternance de l'&#233;tude &#224; l'&#233;cole et du travail dans l'entreprise ou le laboratoire devraient &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;es, donnant ainsi son plein sens &#224; l'&#233;ducation permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VIII. L'USAGE DES TECHNIQUES MODERNES DE DIFFUSION&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'action d'incitation, d'orientation et d'assistance de l'&#201;tat devrait s'exercer par un usage intensif et m&#233;thodique des techniques modernes de diffusion de la culture et notamment de la t&#233;l&#233;vision et de la t&#233;l&#233;matique, qui permettraient d'offrir &#224; tous et partout un enseignement exemplaire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation &#233;clair&#233;e des instruments modernes de communication, et notamment de la vid&#233;ocassette, permet aujourd'hui de confier la production d'instruments de transmission des savoirs et des savoir-faire &#233;l&#233;mentaires, c'est-&#224;-dire fondamentaux, &#224; des &#233;quipes associant des sp&#233;cialistes de la communication audio-visuelle, capables d'employer au mieux les capacit&#233;s sp&#233;cifiques de l'instrument, et des enseignants d&#233;sign&#233;s par leurs comp&#233;tences p&#233;dagogiques particuli&#232;res qui auraient &#233;videmment int&#233;r&#234;t &#224; s'entourer des avis de la communaut&#233; scientifique. &#192; la diff&#233;rence de l'enseignement t&#233;l&#233;vis&#233; qui, du fait de la rigidit&#233; de la programmation, s'int&#232;gre souvent mal dans la progression, n&#233;cessairement diverse, de l'enseignement dans les &#233;tablissements scolaires, la vid&#233;o permet d'offrir des enseignements courts, denses et p&#233;dagogiquement efficaces : d'un quart d'heure ou d'une demi-heure au maximum, ils laissent la place au commentaire, &#224; la discussion et &#224; l'exercice. Portant sur des savoirs et des points de programme o&#249; l'image (photographie, animation, etc.) est irrempla&#231;able, ces enseignements devraient &#234;tre d&#233;finis, pour chaque niveau d'enseignement et chaque domaine du savoir, dans des cahiers des charges destin&#233;s aux producteurs, publics ou priv&#233;s, de vid&#233;ocassettes susceptibles d'&#234;tre utilis&#233;es dans les &#233;tablissements scolaires. La vid&#233;ocassette, qui permet de combiner la souplesse de l'utilisation, chaque ma&#238;tre de chaque &#233;tablissement pouvant choisir son moment pour l'utiliser, et l'unit&#233; de conception et de r&#233;alisation, pourrait contribuer &#224; r&#233;unir la libert&#233; et la diversit&#233; des usages p&#233;dagogiques et l'unit&#233; et la qualit&#233; de la culture enseign&#233;e. L'usage raisonn&#233; et g&#233;n&#233;ralis&#233; d'enseignements enregistr&#233;s de haut niveau contribuerait par surcro&#238;t &#224; r&#233;duire l'effet des variations de la qualit&#233; des enseignements selon les &#233;tablissements, les r&#233;gions, etc. Il n'est pas douteux, par exemple, qu'en mati&#232;re d'art et de litt&#233;rature, et tout sp&#233;cialement de th&#233;&#226;tre, et aussi de g&#233;ographie ou de langues vivantes, l'image pourrait contribuer &#224; &#244;ter &#224; l'enseignement le caract&#232;re assez irr&#233;el qu'il rev&#234;t pour les enfants ou les adolescents d&#233;pourvus de l'exp&#233;rience directe du spectacle ou du voyage &#224; l'&#233;tranger. Pour favoriser la production de ces nouveaux instruments p&#233;dagogiques, il faudrait fournir aux enseignants int&#233;ress&#233;s les moyens d'acqu&#233;rir les nouvelles techniques de transmission du savoir et, &#224; ceux qui les auraient parfaitement ma&#238;tris&#233;es, les moyens de les mettre en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#233;l&#233;vision pourrait &#234;tre utilis&#233;e, notamment le samedi et le dimanche, comme base d'une v&#233;ritable &#233;ducation permanente (&#224; diff&#233;rents niveaux) qui satisferait une demande actuellement exploit&#233;e par les marchands de cours par correspondance, d'encyclop&#233;dies et autres ouvrages ou revues de vulgarisation et qui cr&#233;erait, autour de l'&#233;cole, un environnement culturel indispensable &#224; la r&#233;ussite g&#233;n&#233;ralis&#233;e de l'entreprise &#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une combinaison raisonn&#233;e de la vid&#233;ocassette et de la t&#233;l&#233;matique pourrait permettre &#224; des &#233;tablissements d'enseignement &#233;quip&#233;s de terminaux d'ordinateur de proposer une &#233;ducation personnalis&#233;e de haut niveau. On voit comment, par ce moyen, l'aide de l'&#201;tat, bien distribu&#233;e, pourrait compenser les d&#233;savantages g&#233;ographiques et sociaux. Il s'agirait, dans un premier temps, de lancer un petit nombre d'exp&#233;riences &#224; la fois sociologiquement valides (c'est-&#224;-dire assur&#233;es de toutes les conditions n&#233;cessaires pour avoir des chances de succ&#232;s) et susceptibles d'&#234;tre reproduites &#224; plus grande &#233;chelle apr&#232;s que les conclusions en seront tir&#233;es et les moyens trouv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter les illusions et surtout les d&#233;sillusions, il faut toutefois rappeler que les instruments modernes d'enseignement ne peuvent &#234;tre efficaces qu'&#224; condition qu'on ne leur demande pas de se substituer aux ma&#238;tres mais de les assister dans une t&#226;che renouvel&#233;e par leur utilisation : ils ne sont jamais qu'un outil suppl&#233;mentaire &#224; la disposition des ma&#238;tres dont la comp&#233;tence, le rayonnement et l'enthousiasme restent les facteurs principaux du succ&#232;s p&#233;dagogique. En outre, ils ne peuvent recevoir toute leur efficacit&#233; qu'au prix d'&#233;normes investissements &#233;conomiques et culturels. L'acc&#232;s &#224; la 'consommation individuelle' de l'&#233;ducation que permet le recours &#224; la t&#233;l&#233;matique a pour effet d'augmenter les co&#251;ts de l'&#233;ducation et non de les r&#233;duire comme on avait pu le croire. Non seulement parce qu'elle exige des d&#233;penses importantes en &#233;quipements (t&#233;l&#233;viseurs, magn&#233;tophones, micro-ordinateurs ou terminaux d'ordinateur, vid&#233;oth&#232;ques, etc.) qui, en favorisant une p&#233;dagogie active, et un travail individuel ou collectif de recherche, sont eux-m&#234;mes g&#233;n&#233;rateurs de nouveaux besoins (biblioth&#232;ques de recherche, banques de donn&#233;es, etc.) ; mais aussi parce qu'elle demande des ma&#238;tres tr&#232;s comp&#233;tents et tr&#232;s investis dans une entreprise p&#233;dagogique propre &#224; r&#233;v&#233;ler de nouveaux besoins p&#233;dagogiques - l'utilisation imparfaite &#233;tant propre, au contraire, &#224; d&#233;terminer des r&#233;gressions par rapport &#224; ce que les moyens traditionnels permettaient d'atteindre. L'effet d'homog&#233;n&#233;isation et de centralisation que produirait l'usage syst&#233;matique (mais n&#233;cessairement limit&#233;s &#224; une fraction restreinte de l'horaire) d'enseignements fabriqu&#233;s au niveau des instances centrales aurait pour contrepartie l'action diversifi&#233;e des ma&#238;tres : loin de se trouver r&#233;duits au r&#244;le de simples r&#233;p&#233;titeurs, ceux-ci auraient &#224; remplir une fonction compl&#232;tement nouvelle, d&#233;barrass&#233;e des t&#226;ches purement r&#233;p&#233;titives et combinant l'action continue et personnalis&#233;e qui est celle du tuteur, charg&#233; d'accompagner l'apprenti dans son travail, et l'action p&#233;dagogique du ma&#238;tre et de l'animateur, attach&#233;s &#224; transmettre les modes de pens&#233;e les plus fondamentaux et &#224; organiser le travail individuel ou collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement de v&#233;hicule appelle des changements dans le message. Les moyens de communication modernes ne peuvent obtenir leur plein rendement qu'&#224; condition que soit op&#233;r&#233;e une profonde transformation des contenus enseign&#233;s et des mani&#232;res d'enseigner : il s'agit en chaque cas de faire un effort m&#233;thodique pour maximiser le rendement de la communication (par un travail sur le langage employ&#233;, sur les documents pr&#233;sent&#233;s, les exp&#233;riences propos&#233;es) en prenant en compte explicitement les caract&#233;ristiques sociales et scolaires des destinataires. Pour r&#233;pondre &#224; la demande de formation et d'information que l'utilisation de ces nouveaux moyens ne pourrait manquer de faire surgir, l'autorit&#233; centrale devrait s'appuyer sur des &#233;quipes d'animateurs qui devraient permettre de trouver, dans une connaissance critique des meilleures solutions apport&#233;es par quelques-uns aux probl&#232;mes rencontr&#233;s par tous, les bases d'une g&#233;n&#233;ralisation progressive et volontaire des exp&#233;riences r&#233;ussies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IX. L'OUVERTURE DANS ET PAR L'AUTONOMIE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Les &#233;tablissements scolaires devraient associer des personnes ext&#233;rieures &#224; leurs d&#233;lib&#233;rations et &#224; leurs activit&#233;s, coordonner leur action avec celle des autres institutions de diffusion culturelle et devenir le foyer d'une nouvelle vie associative, lieu de l'exercice pratique d'une v&#233;ritable instruction civique ; parall&#232;lement, il faudrait renforcer l'autonomie du corps enseignant en revalorisant la fonction professorale et en renfor&#231;ant la comp&#233;tence des ma&#238;tres.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans sacrifier au mythe de 'l'ouverture sur la vie', qui peut conduire &#224; des aberrations, et sans compromettre l'autonomie indispensable de l'institution scolaire &#224; l'&#233;gard de la demande sociale, il faut &#233;viter que le syst&#232;me scolaire ne se constitue en univers s&#233;par&#233;, sacr&#233;, proposant une culture elle-m&#234;me sacr&#233;e et coup&#233;e de l'existence ordinaire. Pour cela, il serait indispensable que toutes les institutions de transmission culturelle (&#233;coles, mus&#233;es, biblioth&#232;ques, etc.) associent &#224; leurs conseils, de mani&#232;re beaucoup plus r&#233;elle et plus efficace qu'aujourd'hui, des personnalit&#233;s ext&#233;rieures (ce qui ne veut pas dire notables), non dans la logique d'un contr&#244;le qui ne peut que susciter des r&#233;actions de fermeture et de d&#233;fense corporatiste, mais dans la logique de la participation aux responsabilit&#233;s, m&#234;me financi&#232;res, &#224; l'inspiration et &#224; l'incitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole ne peut pas et ne doit &#234;tre le seul lieu de formation ; elle ne peut pas et ne doit pas viser &#224; tout enseigner. La transmission des savoirs ne pouvant, ni en fait ni en droit, &#234;tre monopolis&#233;s par une institution, il faut prendre en compte le r&#233;seau de lieux de formation compl&#233;mentaires &#224; l'int&#233;rieur duquel doit se d&#233;finir la fonction sp&#233;cifique de l'&#233;cole. Du fait de l'importance grandissante des actions de diffusion culturelle qui s'exercent en dehors de l'institution scolaire - par la t&#233;l&#233;vision sans doute, mais aussi par le th&#233;&#226;tre, le cin&#233;ma, les maisons des jeunes et de la culture, etc., - l'action scolaire pourrait avoir son rendement intensifi&#233; si elle s'int&#233;grait consciemment et m&#233;thodiquement dans l'univers des actions culturelles exerc&#233;es par les autres moyens de diffusion. Il faudrait rechercher, aussi bien &#224; l'&#233;chelle nationale qu'&#224; l'&#233;chelle des petites unit&#233;s locales, l'articulation de toutes les formes de diffusion culturelle, et favoriser, au moins &#224; l'&#233;chelle des petites villes, la coordination de l'action scolaire avec celle des diff&#233;rentes institutions de diffusion culturelle, biblioth&#232;ques, mus&#233;es, orchestres, etc., et aussi des diff&#233;rents agents de production et de diffusion culturelles, professeurs, artistes, &#233;crivains, chercheurs... Il importerait pour cela de lever les obstacles techniques, financiers, et surtout bureaucratiques ou juridiques (notamment en mati&#232;re de responsabilit&#233; civile), sans parler des r&#233;sistances psychologiques, qui freinent aujourd'hui ces &#233;changes, emp&#234;chant notamment la participation, b&#233;n&#233;vole ou r&#233;mun&#233;r&#233;e, &#224; l'enseignement de personnalit&#233;s des mondes artistique, scientifique ou professionnel. N&#233;cessaire au niveau de la production des &#339;uvres culturelles, la coupure institutionnelle, mais aussi mentale, entre producteurs de culture - chercheurs, artistes, &#233;crivains - et transmetteurs de culture - professeurs, journalistes, &#233;diteurs, directeurs de galerie, etc., - devrait &#234;tre r&#233;duite au niveau p&#233;dagogique. L'entr&#233;e dans l'univers scolaire de v&#233;ritables cr&#233;ateurs de culture, toujours appel&#233;s et accueillis par les enseignants agissant en m&#233;diateurs charg&#233;s de pr&#233;parer et de prolonger leurs interventions ponctuelles, aurait pour effet de rappeler la distinction, sans doute partiellement irr&#233;ductible, entre la culture et la culture scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction propre de l'action scolaire et le choix des contenus enseign&#233;s doivent &#234;tre repens&#233;s par r&#233;f&#233;rence &#224; l'ensemble des institutions de diffusion compl&#233;mentaires et concurrentes : cela afin d'&#233;viter les doubles emplois et pour concentrer l'effort p&#233;dagogique sur les terrains o&#249; l'action de l'&#233;cole est irrempla&#231;able. En fait, l'&#233;cole doit porter prioritairement son effort sur l'inculcation des dispositions g&#233;n&#233;rales et transposables, qui ne peuvent &#234;tre acquises que par la r&#233;p&#233;tition et l'exercice. Elle seule peut en effet transmettre les outils de pens&#233;e qui conditionnent la compr&#233;hension de tous les messages et l'int&#233;gration rationnelle de toutes les connaissances en m&#234;me temps que la synth&#232;se critique des savoirs susceptibles d'&#234;tre acquis par d'autres voies, savoirs ou demi-savoirs souvent dispers&#233;s, voire &#233;clat&#233;s, comme les conditions, plus ou moins al&#233;atoires, de leur acquisition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professeurs devraient &#234;tre pr&#233;par&#233;s et encourag&#233;s &#224; utiliser, de mani&#232;re r&#233;flexive et critique, les messages culturels fournis par la t&#233;l&#233;vision, le th&#233;&#226;tre, le cin&#233;ma, les journaux. Par exemple, ils devraient recevoir, &#224; un moment quelconque de leur formation, un enseignement sur la technique des nouveaux moyens de communication qui les rendrait aptes &#224; transmettre la conscience et la connaissance des proc&#233;d&#233;s et des effets (de montage et de prises de vue notamment) qui, aussi longtemps qu'ils restent ignor&#233;s, conf&#232;rent &#224; des messages ou des images socialement construits, les apparences du naturel et de l'&#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les efforts propres &#224; favoriser la constitution d'une v&#233;ritable communaut&#233; &#233;ducative unissant dans un &#233;change d'informations ou de services les parents et les &#233;ducateurs (ce qui est souvent le cas dans les &#233;tablissements priv&#233;s) devraient &#234;tre encourag&#233;s - en m&#234;me temps que serait clairement d&#233;limit&#233; le domaine propre de la comp&#233;tence professorale. L'&#233;cole ouverte devrait devenir une sorte de maison commune, foyer des rencontres entre les g&#233;n&#233;rations et entre les milieux, notamment entre les anciens r&#233;sidents et les nouveaux immigr&#233;s, &#224; la faveur par exemple de cours d'alphab&#233;tisation Ce serait un lieu o&#249; pourrait s'apprendre et s'exercer, surtout dans les petites agglom&#233;rations, &#224; l'occasion d'actions pratiques, d'entraide ou de secours, &#224; l'&#233;gard en particulier des personnes &#226;g&#233;es ou handicap&#233;es, ou &#224; travers des activit&#233;s associatives unissant des g&#233;n&#233;rations diff&#233;rentes (activit&#233;s artistiques, sportives, clubs de loisir, etc.), une morale de la responsabilit&#233;, de la solidarit&#233; et du respect d'autrui : l'&#233;ducation civique trouverait l&#224; ses travaux pratiques. Ces activit&#233;s collectives seraient en effet l'occasion d'inculquer un certain nombre de principes de l'existence sociale : en particulier que la vie collective, et singuli&#232;rement celle d'une classe active et orient&#233;e vers un projet commun, est impossible sans certaines restrictions que chacun doit s'imposer ; qu'on ne peut travailler en commun &#224; une m&#234;me activit&#233; sans une discipline minimale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre d'activit&#233;s d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral qui ont &#233;t&#233; d&#233;l&#233;gu&#233;es aux pouvoirs publics, qu'il s'agisse des activit&#233;s proprement culturelles, comme les expositions, les spectacles, les concerts, etc., ou de celles qui ont trait par exemple &#224; la beaut&#233; des lieux publics, &#224; la sauvegarde de l'environnement naturel, au respect des animaux, etc., pourraient &#234;tre organis&#233;es dans et par les institutions scolaires ou autour d'elles, redonnant aux &#233;ducateurs le r&#244;le social d'entra&#238;neurs exemplaires qui fut souvent le leur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corr&#233;lativement &#224; cet effort pour offrir aux ma&#238;tres une fonction enrichie et &#233;largie et, par l&#224;, plus attrayante, et pour revaloriser socialement cette fonction en donnant &#224; l'&#233;cole les moyens de jouer un r&#244;le de foyer de la vie sociale, on pourrait aussi pr&#233;voir la formation permanente qui est n&#233;cessaire pour assurer l'entretien et le renouvellement de la comp&#233;tence technique et p&#233;dagogique dans un univers o&#249; les savoirs &#233;voluent vite, du fait de la recherche scientifique et du d&#233;veloppement technologique, et o&#249; les sp&#233;cialit&#233;s se restructurent et se diversifient : le travail individuel de remise &#224; jour, qui devrait &#234;tre assorti d'avantages imm&#233;diats, pourrait &#234;tre favoris&#233; par une utilisation syst&#233;matique de l'enseignement t&#233;l&#233;vis&#233; (universit&#233; ouverte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;tier d'enseignant est un m&#233;tier difficile, parfois p&#233;nible et &#233;puisant, qui ne peut &#234;tre r&#233;ellement exaltant et efficace que s'il est exerc&#233; avec passion et conviction. Les ma&#238;tres de tous les ordres d'enseignement ne peuvent &#233;chapper &#224; l'usure psychologique et technique qu'&#224; condition qu'ils puissent rompre p&#233;riodiquement avec la routine scolaire en sortant de l'univers clos de l'&#233;cole pour faire des stages dans des laboratoires, des entreprises, etc. ; ou pour reprendre leur formation soit par un travail personnel soit en suivant des enseignements, &#224; la faveur d'ann&#233;es sabbatiques. Et sans doute serait-il n&#233;cessaire d'offrir aux ma&#238;tres d'un certain &#226;ge qui le souhaiteraient la possibilit&#233; d'achever leur carri&#232;re dans des fonctions d'administration, des t&#226;ches d'encadrement culturel moins &#233;prouvantes (comme les activit&#233;s de tuteur ou d'animateur itin&#233;rant), selon leurs pr&#233;f&#233;rences et leurs aptitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une forte comp&#233;tence sp&#233;cifique, tant en ce qui concerne la mati&#232;re enseign&#233;e qu'en ce qui touche &#224; la mani&#232;re de l'enseigner, constitue sans doute le meilleur, sinon le seul garant, de l'autonomie de l'&#233;cole et de l'ind&#233;pendance des ma&#238;tres &#224; l'&#233;gard de tous les groupes de pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;DE L'APPLICATION DES PRINCIPES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Ces propositions s'inspirent sans doute d'un parti pris d'optimisme qui se voit en particulier dans l'effort pour d&#233;passer les contradictions entre les objectifs oppos&#233;s que le syst&#232;me scolaire doit poursuivre. Mais comment ne pas avoir &#224; l'esprit les contraintes avec lesquelles doit compter toute action sur le fonctionnement de l'&#233;cole ? Et comment oublier qu'un discours bien intentionn&#233; ne peut suffire &#224; produire le meilleur des mondes scolaires possibles ? Tant de fois dans le pass&#233;, des mesures inspir&#233;es par les meilleures intentions ont abouti &#224; des r&#233;sultats qui allaient &#224; l'inverse des fins poursuivies. Et lorsqu'on est oblig&#233; de rappeler par exemple les vertus de l'apprentissage par l'exp&#233;rience, inlassablement exalt&#233;es, depuis Rousseau et Pestalozzi, par tous les r&#233;formateurs, on ne peut &#233;chapper au sentiment que l'institution est capable de neutraliser ou de d&#233;tourner toutes les mesures destin&#233;es &#224; la transformer. Ainsi, comment seront choisis ceux qui auront mission de choisir les innovations r&#233;elles et de r&#233;compenser les m&#233;rites v&#233;ritables ? Comment seront d&#233;couverts et encourag&#233;s les responsables capables de mobiliser, par leur comp&#233;tence et leur dynamisme, les immenses r&#233;serves d'imagination et de d&#233;vouement encore mal utilis&#233;es ? Comment lever les r&#233;sistances innombrables qui pourront trouver des justifications dans les difficult&#233;s techniques du m&#233;tier d'enseignant, souvent ignor&#233;es du grand public, et dans les conditions mat&#233;rielles souvent d&#233;plorables dans lesquelles il doit s'exercer ? Comment d&#233;jouer les ruses du formalisme &#233;galitariste qui permet d'&#233;viter de reconna&#238;tre l'in&#233;galit&#233; &#233;vidente des conditions de formation, et de confier les t&#226;ches les plus difficiles, sans pr&#233;paration particuli&#232;re et sans contrepartie sp&#233;ciale, aux ma&#238;tres les plus jeunes et les plus d&#233;munis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance des enjeux qui sont associ&#233;s &#224; l'&#233;ducation impose de tout mettre en &#339;uvre pour surmonter ces obstacles sociaux. On ne peut pas diff&#233;rer plus longtemps l'effort qui est n&#233;cessaire pour am&#233;liorer les conditions d'existence, de formation et de travail des ma&#238;tres &#224; tous les niveaux, et l'instauration des mesures r&#233;glementaires indispensables pour r&#233;compenser leurs r&#233;ussites. On ne peut pas faire plus longtemps l'&#233;conomie d'investissements importants dans l'infrastructure proprement culturelle (&#224; commencer par les biblioth&#232;ques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait parall&#232;lement entreprendre sans attendre un certain nombre d'exp&#233;riences limit&#233;es mais d&#233;cisives : universit&#233; ouverte, comit&#233; de r&#233;vision et d'unification des programmes, instituts r&#233;gionaux de formation continue des ma&#238;tres (travaillant en liaison avec l'universit&#233; ouverte), unit&#233;s exp&#233;rimentales d'enseignement personnalis&#233; utilisant la vid&#233;ocassette et la t&#233;l&#233;matique, corps d'animateurs, comit&#233; arm&#233;e-universit&#233; pour l'organisation de la formation, cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision culturelle, etc. Afin d'&#233;viter qu'elles ne viennent renforcer par l'&#233;chec ou l'apparence de r&#233;ussite les m&#233;canismes m&#234;mes qu'elles pr&#233;tendaient combattre, ces exp&#233;riences ne doivent &#234;tre entreprises qu'&#224; condition que se trouvent r&#233;unies toutes les conditions mat&#233;rielles et intellectuelles indispensables &#224; leur r&#233;ussite et qu'elles soient reproductibles et g&#233;n&#233;ralisables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enseigner n'est pas une activit&#233; comme les autres : peu de m&#233;tiers peuvent &#234;tre causes de risques plus graves que ceux que les mauvais ma&#238;tres font encourir aux &#233;l&#232;ves qui leur sont confi&#233;s ; peu de m&#233;tiers supposent autant de vertus, de g&#233;n&#233;rosit&#233;, de d&#233;vouement, et surtout peut-&#234;tre d'enthousiasme et de d&#233;sint&#233;ressement. Seule une politique inspir&#233;e par le souci d'attirer et de promouvoir les meilleurs, ces hommes et ces femmes de qualit&#233; que tous les syst&#232;mes d'&#233;ducation ont toujours c&#233;l&#233;br&#233;s, pourra faire du m&#233;tier d'&#233;ducateur de la jeunesse ce qu'il devrait &#234;tre, le premier des m&#233;tiers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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