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Communiqué sur la session du baccalauréat 2026

Le sujets, l’évaluation des copies et les conditions de correction

vendredi 19 juin 2026, par Acireph

Les sujets

Si les sujets de série générale correspondent à l’esprit du programme, les sujets de séries technologiques ne semblent toujours pas adaptés aux élèves.

Plus particulièrement, le troisième sujet de séries technologiques proposait un texte de Paul Ricoeur tiré du Juste.

D’abord, son niveau de langue est élevé, au point que trois notes de bas de page ont été données avec pour éclairer son sens. La compréhension littérale du texte ne peut être immédiate pour les élèves.

En outre, l’analyse dans la série de « questions A » fait appel à des éléments de culture qui ne sont pas dans le texte. Elle présuppose un capital culturel qui n’est pas transmis aux élèves lors de leur scolarité. On peut noter que peu d’arguments sont présents dans cet extrait : pour traiter « les questions C », les élèves doivent apporter d’eux-même des arguments, alors que la distinction justice/vengeance n’a pas forcément été étudiée dans l’année. La première « question C » de commentaire précise que la réponse attendue doit être « selon le texte », mais la deuxième question ne l’explicite pas. Il serait préférable que toute question spécifie si la réponse doit se faire selon le texte, selon l’élève ou selon les deux points de vue. L’absence de cadrage officiel concernant la formulation de ces questions - et donc les réponses attendues - ne peut que pénaliser les élèves qui ne savent pas à quoi ils doivent se préparer pendant l’année.

L’évaluation du bac

Nous saluons depuis plusieurs années l’élaboration d’une grille d’évaluation disponible sur EDUSCOL pour aider l’harmonisation et l’explicitation des pratiques de notation pour les élèves comme pour les professeur.es.

Mais nous regrettons deux points. Premièrement, toutes les Académies ne renvoient pas systématiquement à cette grille pour l’évaluation du Baccalauréat. Deuxièmement, cette grille semble taillée pour les travaux de la voie générale.

Nous demandons une grille spécifique pour aider à l’évaluation des séries technologiques, notamment pour le sujet d’explication de texte qui a une forme différente des séries générales . Il est important que les attentes et exigences de l’épreuve en bac technologique soient claires pour les élèves dans l’année. Ce travail a déjà été en partie réalisé par des collègues de l’académie de Montpellier.

Comme cela est fait dans cette académie, nous notons que les réunions du baccalauréat peuvent être un moment de co-formation entre pairs, et non seulement d’encadrement ou de surveillance de l’évaluation. A ce titre, des éléments de correction a posteriori à partir d’un échantillon de copies sont plus pertinents que les éléments a priori qui nous sont envoyés par les inspections, très éloignés de ce qu’écrivent effectivement les élèves dans leur copie.

Conditions de correction

Les réunions d’entente et d’harmonisation en présentiel sont nécessaires pour que la notation soit collégiale à condition qu’elles soient préparées et organisées de façon à ce qu’un échange soit possible entre toutes les personnes missionnées pour la correction. L’ACIREPh regrette la disparité des conditions de corrections selon les académies : réunion d’entente en distanciel dans certaines académies et en présentiel dans d’autres, ainsi qu’un nombre de copies qui peut être très élevé (135 copies par personne).

Par ailleurs, nous déplorons que les professeur.es de philosophie aient une charge de travail beaucoup plus forte que leurs collègues d’autre disciplines en fin d’année puisqu’il est désormais possible de les convoquer pour des surveillances d’épreuve (français, mathématiques et philosophie cette année) jusqu’à la réception de leur copie. Nous renouvelons la demande d’une dispense de surveillance pour les professeur.es de philosophie qui ont une charge élevée de correction sur la fin du mois de juin.

La correction ayant déjà lieu sur la plateforme en ligne Santorin, l’ACIREPh renouvelle sa demande que les copies originales de l’épreuve de philosophie soient fournies aux correcteurs et correctrices du baccalauréat qui en font la demande, afin de ne pas imposer des conditions de travail dont les bénéfices sont loin d’être reconnus. Elle rappelle qu’avec les copies originales, les correcteurs et correctrices récupéraient leur lot - incluant les copies-test - dès le lendemain de l’épreuve.

Comme toutes les années précédentes depuis la mise en place de la réforme Blanquer, l’ACIREPh rappelle que le sens de cette épreuve d’examen se trouve grandement mis en cause, dans le cadre d’un calendrier où elle intervient après la remontée des premiers trimestres sur la plateforme Parcoursup. L’ACIREPh demande au Ministre de l’éducation nationale de mettre en œuvre une concertation visant à établir un bilan des réformes Blanquer et de leurs effets sur la formation intellectuelle des élèves.